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Archive pour le 5 février 2009

Etude du livre I du Contrat Social de Rousseau Cours n°6

Publié par Hervé Moine le 5 février 2009

Dans ce cours nous allons voir de plus près quelles seront les grandes thématiques du livre 1

2°) Etude du 2ème paragraphe : annonce du plan du livre I

-          La force et le droit

-          Le prétendu droit du plus fort

-          La force du droit

-          Droit naturel et droit conventionnel

-          « Je dois établir ce que je viens d’avancer »

Dans le deuxième paragraphe, Rousseau indique le plan qu’il va observer dans ce livre I. [Voir début du cours n°5] Nous avons évoqué déjà ce plan tout au début de ce cours. Ici, nous approfondirons certains points.

Ce sont les chapitres V et VI qui montreront que c’est par une convention que passe la légitimité du droit. Auparavant, Rousseau examinera d’autres hypothèses, telle que la force ou la nature. Son but sera celui de montrer que ces hypothèses ne sont pas tenables et qu’il s’agit de les réfuter. En somme, Rousseau commence par étudier ce que la justice, chapitres II, III et IV n’est pas avant d’étudier ce qu’elle est.

-          La force et le droit

C’est une thèse assez répandue celle qui considère que c’est la force qui fait le droit, que la force constituer un principe de légitimité du droit. En effet, ne parle-t-on pas de droit du plus fort ? N’est-ce pas le plus fort qui impose sa loi ? Rousseau entend montrer que la force n’est absolument pas un droit, et, pour ce faire, il va opposer le point de vue de la force et le point de vue du droit.

On peut certes constater que le recours de la force est possible, et, que peut-on faire face à la force ? Devant la force on ne peut s’incliner ou mourir, on retrouve là la thèse stoïcienne de la nécessité. Mais pour Rousseau se constat ne prouve rien, il montre seulement que le recours de la force est seulement de l’ordre du possible d’un point de vue factuel mais en aucun car qu’il est légitime. La force ne peut aucunement se justifier, car elle est toujours dans son usage temporaire. La force ne peut aucunement se justifier car dès lors qu’on est plus fort qu’elle, elle n’a plus de justification. Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître. Si la loi du plus fort est fondée, se révolter contre cette loi est tout aussi fondée. Si une révolte réussit, elle fait preuve de sa force. On le voit aucune force ne peut se justifier car toute force qui la dépasse la rend injustifiable. En revanche le droit lui est universel, il est indépassable.

-          Le prétendu droit du plus fort

Si l’on convient que la force est un droit et que doit régner la loi du plus fort, alors c’est qu’on a le droit de se révolter contre ce prétendu droit du plus fort, par la force. La révolte prend en quelque sorte aux mots le droit du plus fort par les mêmes armes que lui, à savoir, la force.

D’autre part, s’il l’on convient en revanche que le droit du plus fort n’est pas tenable en tant que droit, c’est-à-dire si la loi du plus fort n’est pas légitime, alors c’est qu’on le droit de se révolter contre l’injustice. Se révolter contre l’injustice est tout à fait légitime car combattre contre l’injustice est juste.

Pour Rousseau, c’est la force qui a ravi la liberté au peuple, c’est donc par la force qu’il recouvre sa liberté. On peut penser que les futurs révolutionnaires vont s’inspirer de cette idée. En fait ce que veut dire Rousseau, et nous l’avons déjà compris, c’est que si l’on se place sur le point de vue de l’hypothèse de la prééminence des rapports de force, hypothèse bien sûr contestable pour notre philosophe, alors en toute logique tous les coups sont permis. On peut d’ailleurs remarquer cette logique dans le cas des guerres civiles notamment. Est-ce à dire que la force est pour autant un droit ? En fait, Rousseau emploie ici le terme de « droit » par dérision. En effet la force, en tant que pouvoir physique ne peut en aucun cas conférer un quelconque pouvoir moral, aucun droit. Cette idée sera établie et développée dans le chapitre III du Contrat Social. Dans le cas de la guerre civile où règne le droit du plus fort, le mot droit n’a pas le sens de droit, car la guerre civile est plutôt le lieu du non-droit. Rousseau on le verra s’oppose radicalement à la pensée de Hobbes. [Vous pouvez d'ailleurs dès à présent travailler sur la pensée politique de Hobbes.]

-          La force du droit

Ainsi l’on voit que ce n’est pas sur la force qu’il convient de fonder le droit mais sur le droit « sacré ». Que signifie « droit sacré » ici ? Le sacré est ce qui est inviolable, tabou. Il s’agit de l’ordre social qui est légitime, c’est-à-dire le droit qui s’accorde avec les exigences de la morale. Mais en quoi cet ordre légitime est-il « sacré » ? La réponse est simple. Cet ordre légitime, au fondement duquel se trouve la raison universelle qui fonde elle-même la morale, est un droit « sacré » en ce qu’il est à la fois le garant de l’existence même de la société et la raison d’être de la société. A supposer que ce droit ne fût pas sacré, il serait alors permis de le transgresser, et, cette violation mènerait nécessairement au péril de la société.

Par conséquent, on ne peut justifier l’ordre social, par un état de fait, un état de fait étant potentiellement « violable » mais par un droit inviolable. Il est important de bien insister. Imaginons un état civil juste, que cet état civil juste soit juste en tant ou parce qu’il est état de fait, alors un renversement de cet état est également juste, car il ne fait que remplacer un état de fait par un autre état de fait. En revanche, un état de droit étant inviolable est toujours valable. Violer un état de droit c’est détruire le droit et passer au non-droit et non à un autre état de droit.

-          Droit naturel et droit conventionnel

Enfin, pour Rousseau, le droit qui consacre l’ordre social, droit qui, comme on vient de le voir, ne peut se fonder ni sur l’ordre des faits, ni sur celui de la force, ne peut trouver non plus son fondement dans la nature. Selon lui, le droit ne peut venir effectivement de la nature, pour la simple et bonne raison que dans l’état de nature, la société n’est pas instituée. Ainsi, Si le droit n’est pas naturel et qu’il ne peut se fonder sur la force alors il ne peut être que conventionnel. Et qu’est ce que cela signifie ? Cela signifie-t-il que toute convention a valeur de droit ? Toute convention n’a pas valeur de droit. Dire que le droit est de l’ordre de la convention c’est dire qu’il repose sur un pacte social, un consensus social, c’est-à-dire encore sur un contrat librement souscrit.

-          « Je dois établir ce que je viens d’avancer »

Rousseau, on le voit est en recherche de légitimation. Il convient pour lui de démontrer par des arguments philosophiques se fondant sur la raison et non de simples opinions dans un débat passionnel.

Hervé Moine

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Etude du livre 1 du Contrat Social de Rousseau Cours n°5

Publié par Hervé Moine le 5 février 2009

Chapitre I “sujet du premier livre”

Résumé du chapitre I

Etudions dès à présent le chapitre I du livre 1, intitulé « Sujet de ce premier livre ». Nous savons que la question à laquelle répond ce premier livre est : « Quels sont les fondements légitimes de l’ordre social ? »

Le chapitre II nous apprend que cela ne peut être la nature et les chapitres III et IV que cela ne peut être non plus la force. Pour trouver les fondements légitimes de l’ordre social, il faut remonter à une première convention Chapitre V. Le chapitre VI nous apprend que cette première convention c’est le pacte social dont les principes seront développés dans les trois derniers chapitres du livre I, chapitres VII, VIII et IX.

Le premier chapitre comporte deux paragraphes : dans le premier, Rousseau précise le problème qui sera examiné dans le livre 1 et dans le second, Rousseau donne la solution à ce problème, solution qu’il faudra démontrer.

1°) Etude du premier paragraphe : le problème

a) L’homme est né libre

b) L’homme naturellement libre, en dépit de sa liberté inaliénable est pourtant partout dans les fers

c) L’esclave n’est pas celui qu’on croit

d) Comment le passage de l’état de nature à l’état civil s’est-il effectué ?

e) Le problème n’est pas celui de rendre à l’homme sa liberté naturelle.

1°) Etude du premier paragraphe : le problème

Commençons par lire et à analyser le premier paragraphe de ce chapitre. Cette analyse suivra quatre moments …

Tout d’abord, nous développerons l’idée selon laquelle est né libre pour ensuite comprendre ce qui fait que l’homme demeure cependant partout dans les fers, c’est-à-dire esclave. A ce propos, nous verrons que pour Rousseau que l’esclave n’est pas celui que l’on croit. Enfin nous poursuivrons, si la chose est possible, par l’étude du passage de l’état de nature à l’état civil, du passage de la liberté à l’esclavage. En effet, comprendre comment ce passage s’est effectué c’est comprendre comment l’homme pourtant naturellement libre et dans la société devenu esclave, c’est alors que nous pourrons saisir le problème que soulève Rousseau.

a) L’homme est né libre

Selon Rousseau, dans l’état de nature, l’homme était libre de jouir de ses forces, était libre de les employer sans entrave. Ce qu’il faut comprendre c’est que cette liberté initiale de l’homme était une conséquence du fait de la solitude originaire des hommes. Selon Rousseau, en effet, les hommes vivaient épars et isolés. Ainsi, dans cette solitude, nul ne pouvait s’opposer aux désirs des uns et des autres. L’homme pouvait donc jouir en toute quiétude et pleinement de ses forces, et ce, sans entrave. La question est donc de savoir ce qui a fait que les hommes se retrouvent dans l’état civil aussi peu libres.

-          La liberté naturelle n’est pas la liberté absolue

Il ne faut pas exagérer cette liberté naturelle en la considérant comme parfaite et absolue. Selon Rousseau cette liberté originaire de l’homme, cette liberté naturelle n’est pas liberté absolue. Il ne faut pas la voir comme une indépendance totale, cette indépendance n’est que par rapport aux autres hommes, puisqu’il vit de manière éparse et isolée. L’homme dépend de la nature. Que signifie cette dépendance de l’homme à l’état de nature vis-à-vis de la nature. On trouve la réponse à cette question au chapitre VIII du Contrat Social : « la liberté naturelle n’a pour bornes que les forces de l’individu ». Les forces de l’homme c’est bien la dimension naturelle de l’homme. Et il se trouve que les forces de l’homme sont plutôt limitées.  Il dépend donc de sa propre nature. Il dépend aussi de la nature extérieure, bêtes sauvages, aléas climatiques etc…  Ainsi, dire que l’homme est né libre, c’est dire que l’homme est naturellement indépendant par rapport à autrui et non par rapport à la nature.

-          Liberté naturelle, donc liberté inaliénable

Rousseau en exprimant cette idée de l’homme libre à l’état de nature s’oppose à l’affirmation de Bossuet que « les hommes naissent sujets ». Pour Bossuet, il y a l’idée parmi les hommes de l’existence d’un asservissement naturel. Il semble suivre la vieille idée d’Aristote qui considère qu’il y a des hommes qui naissent pour obéir et d’autres qui naissent pour commander. Chez ces deux auteurs, on ne peut pas dire que la liberté est ce qui appartient en propre à l’homme. C’est contre cette thèse que Rousseau affirme la sienne, à savoir celle de l’homme naturellement libre.

Pour Rousseau, l’important est d’affirmer que la liberté, à défaut d’être absolue, est naturelle, c’est-à-dire inaliénable. Dire que la liberté est inaliénable c’est affirmer qu’elle ne peut en aucun cas et pour aucune raison que ce soit être vendue ou donnée. Ce qui est absolue ce n’est pas la liberté elle-même dans le sens où la liberté ne connaîtrait aucune limite, serait sans borne, ce qui est absolue c’est son caractère inaliénable.

Cependant, il suffit d’ouvrir les yeux et de poser son regard sur l’homme à l’état civil pour constater que cette liberté pourtant inaliénable et partout bafouée. « L’homme est né libre et partout il est dans les fers ». La question est de savoir ce qui a bien pu se passer. Il convient pour nous d’envisager le passage de l’état de nature dans lequel l’homme est libre à l’état civil où l’homme se voit dépouillé de cette liberté.

b) L’homme naturellement libre, en dépit de sa liberté inaliénable est pourtant partout dans les fers

Selon Rousseau, le passage de l’état de nature à l’état social a complètement changé la donne initiale. En effet, selon lui, le passage à l’état social a instauré la contrainte. L’état civil est un état fondé sur la propriété privée. Celui qui possède va contraindre celui qui ne possède pas. Par exemple si le propriétaire possède dans son terrain le seul point d’eau de la contrée, il domine nécessairement celui qui ne possède rien et qui a besoin d’eau pour survivre. Cette exemple peut se généraliser et l’on peut ainsi comprendre les fondements de notre société qui instaure les inégalités et privent les hommes ou de nombreux hommes de leur liberté.

Les riches ont eu recours à la coercition pour forcer les pauvres au renoncement. Les lois sont faites en la faveur des premiers et oppriment les seconds. Les lois qui écrasent la classe dominée sont des lois scélérates. La police et l’armée sont au service de cet ordre établi favorable à ceux qui possèdent et asservissent le peuple. On le voit, à l’état civil, la liberté naturelle a disparu et ce sont les « fers » qui sont apparus. Les « fers » sont ce dont on se servait autrefois pour enchaîner les prisonniers. Ils sont donc le symbole de l’oppression subie par les pauvres. Ce que Rousseau veut mettre ici en évidence c’est l’urgence de la remise en cause de la société, c’est la nécessité d’une constitution afin de tenter de la réconcilier avec les hommes et ainsi de permettre à chacun d’entre eux de naître citoyen libre d’un Etat libre.

c) L’esclave n’est pas celui qu’on croit

Rousseau fait une constatation de fait : tout le monde est esclave, même les maître. Cette idée ne peut pas manquer de nous étonner. Pour Rousseau, soumettre la volonté d’autrui est contraire à la liberté. Pour lui on crée ses propres chaines en enchaînant les autres. Le maître (« dominus » = celui qui domine) normalement est celui qui domine l’esclave (« servus » = celui qui est au service du maître).  Or, pour Rousseau le maître est décrit comme davantage esclave que l’esclave lui-même.

-          La raison condamne l’esclavage

Essayons de comprendre cette position pour le moins surprenante. Outre l’idée selon laquelle maître est dépendant de l’esclave dépend matériellement de l’esclave, incapable est-il de se suffire à lui-même, Rousseau évoque également du point de vue de l’esprit. En effet, pour Rousseau, le maître, s’il accepte d’être le maître, c’est-à-dire, en d’autres termes, s’il tolère d’avoir des esclaves, c’est qu’il est esclaves lui-même de ses propres passions. La raison condamne l’esclavage. Il ne suffit d’interroger longtemps sa raison pour comprendre que l’esclavage ne peut être toléré. Pour être aussi sourd à aux préceptes de la raison, il faut vraiment être aveuglé par ses passions.

D’autre part, l’esclave lui-même, on ne peut rien lui reprocher, il ne fait aucun mal. L’esclave est la victime d’un contexte social et victime des passions du maître. L’esclave est esclave de corps et non d’esprit. Nul ni personne ne peut asservir l’esprit de l’homme, on peut tout au plus contraindre son corps afin de l’utiliser comme un machine ou un animal.

-          Le maître moralement inférieur à l’esclave

En revanche, en ce qui concerne le maître, en acceptant justement d’être maître, il ne fait pas autre chose que de perpétuer, l’immonde, l’injustice. Il succombe en fait à ses passions les plus égoïstes et égocentriques.

En conclusion, pour Rousseau, le maître est moralement très inférieur à l’esclave. L’esclave n’aliénant que son corps, le maître, lui, aliène son esprit.

Toute la question est maintenant de savoir ce qui a pu produire ce passage de l’état de nature, état dans lequel l’homme pouvait jouir de sa liberté sans entrave à cet état civil dans lequel règne injustices et inégalités, dans lequel l’esclavage à pu s’instituer ; comment a pu s’effectuer ce passage ?

d) Comment le passage de l’état de nature à l’état civil s’est-il effectué ?

La réponse à cette question, Rousseau répond de manière très brève : « je l’ignore ». Là aussi, on ne peut pas ne pas s’étonner de voir Rousseau de répondre ainsi, de prétendre ignorer comment s’est effectuer ce passage de l’état de nature à l’état civil. Il est en effet étonnant de voir un auteur ignorer ce qui a fait l’objet d’une description dans un livre, le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Comment peut-il ignorer ce qu’il a développé lui-même avec tant de minutie et de précision ? [D'ailleurs, soit dit en passant, je vous conseille la lecture de ce Discours de Rousseau.]

-          L’état de nature, un état hypothétique, non-historique

L’important est de dire que dans ce Discours, Rousseau n’entendait pas décrire ce qui s’est passé en réalité. Il ne faisait qu’une hypothèse sur ce que l’homme aurait pu être avant de devenir ce qu’il est. L’état de nature ainsi que le passage à l’état civile ne sont que fiction théorique afin de penser l’état civil. L’état de nature est en quelque sorte l’homme tel qu’il est dans l’état civil mais auquel on lui a enlevé tout ce qu’il a reçu par la société. Rien ne permet de dire que cette fiction théorique  soit conforme à la réalité. D’ailleurs, remarquons que cette conformité est tout à fait sans importance pour notre philosophe. Par ce « je l’ignore », il reconnaît même son ignorance dans ce domaine. Il avait d’ailleurs précisé dans son précédent Discours que l’état de nature « n’existe plus, n’a peut-être jamais existé et probablement n’existera jamais ».

-          L’important c’est l’état civil tel qu’il devrait être

La seule chose ici qu’il convient de retenir c’est qu’il importe peu de savoir ce qui a été effectivement. L’important c’est ce qui doit être ! C’est l’état tel qu’il devrait être. Ce qu’il est actuellement c’est un état où règne l’injustice les inégalités, l’esclavage. Or comme nous venons de le voir en ce qui concerne cette injustice qui marque une inégalité entre les hommes, à savoir l’esclavage, c’est précisément ce qui est mais qui ne devrait pas être. Cet état civil n’est pas légitime.

Alors que le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, indique le passage à l’esclavage, de manière théorique, le Contrat Social cherche à penser l’homme tel qu’il doit être dans une société juste, ce qui n’est pas.

e) Le problème n’est pas celui de rendre à l’homme sa liberté naturelle.

Tout le problème est maintenant de permettre la liberté civile et non de retourner dans un état de nature. Le tout est de savoir comment sera l’état social légitime.

L’état social actuel n’est pas légitime puisqu’il viole ce droit fondamental de la liberté. L’état civil est pourtant le seul état possible, l’état de nature étant invivable. Même dans un état civil injuste, l”état civil est préférable à l’état de nature. Il permet à l’homme notamment la survie, l’union faisant la force contre les bêtes sauvages par exemple. Cela dit, la tâche sera de rendre légitime cet état civil, non pas en légitimant l’esclavage mais en faisant en sorte que l’état civil garantisse la liberté humaine de tout homme sans exception. « Rendre légitime » cette expression implique la nécessité du changement. Le problème est de voir quelle pourrait être la liberté d’un homme dans la société afin de contraindre les faits aux droits. Pour résoudre ce problème il faudra trouver l’équivalent du de la liberté naturelle et de l’égalité naturelle dans l’état de société.

Hervé Moine

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Etats généraux de la bioéthique

Publié par Hervé Moine le 5 février 2009

biocelmol1D’après un article du Monde, du 5 février 2009, La ministre de la santé, Roselyne Bachelot a officiellement lancé hier les Etats généraux de la bioéthique, ceux-ci devant préparer la révision de la législation en 2010. Ils comporteront trois forums citoyens permettant à quiconque de s’exprimer sur les différents thèmes, dont un qui nous intéresse tout particulièrement du fait de ces questions philosophique qu’il soulève. Il s’agit de la « Recherche sur les cellules souches et sur l’embryon, diagnostics prénatal et préimplantatoire ».

Je vous propose d’entamer une réflexion sur ce thème.

Cela dit, la réflexion bioéthique ne se réduit pas à cette thématique.

Hervé Moine

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Le «médecin de la mort» serait décédé depuis 1992

Publié par Hervé Moine le 5 février 2009

Si l’on en croit deux médias allemand et américain, le criminel nazi le plus recherché au monde, en cavale depuis plus de 60 ans, Aribert Heim, serait décédé en 1992 en Egypte.

Photo d'Aribert Heim datée de 1950 et diffusée par la police allemande (Photo Police/AFP)

Photo d'Aribert Heim datée de 1950 et diffusée par la police allemande (Photo Police/AFP)

Aribert Heim était surnommé le « médecin de la mort » ou encore le « boucher de Mauthausen ». Né l’année de la première guerre mondiale en Autriche, Heim a adhéré au parti nazi avant même l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne en 1938 et avait rejoint les SS en 1940.

Selon Serge Klarsfeld, célèbre avocat traqueur de nazis, Heim n’était pas un grand criminel dans la hiérarchie des criminels nazis. Il ne faisait pas partie des maîtres d’oeuvre, comme Eichmann par exemple. Parmi les médecins nazis, il y avait des noms plus connus, comme Mengele ou Schumann. Heim était cependant le dernier criminel allemand réputé recherché. Les autres sont Croates, Hongrois, Lettons… On est dans la phase ultime des recherches. Les criminels encore en fuite ont plus de 90 ans. Mais il faut les chercher jusqu’à leur dernier souffle. C’est important et symbolique qu’il n’y ait aucune impunité. Mais aujourd’hui, on peut dire que dans l’ensemble, la justice est passée. L’essentiel des meurtriers nazis ont été jugés et condamnés. (à partir des propos de Serge Klarsfeld recueillis par Sylvain MOUILLARD, Libération 5 février Serge Klarsfeld: «Chercher les criminels nazis jusqu’à leur dernier souffle»)

La question que l’on pourrait poser est celle de savoir à quoi cela sert-il de rechercher les criminels nazis jusqu’au dernier et jusqu’à leur dernier souffle. Pourquoi est-il si important de poursuivre cette traque alors que comme le dit Serge Klarsfeld lui-même “on peut dire que dans l’ensemble, la justice est passée” ? Certains considèrent qu’ils faut qu’on arrête de remuer l’horreur passée d’autres considèrent qu’il est important de faire devoir de mémoire.

Hervé Moine

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L’Enseignement vers la reprise ?

Publié par Hervé Moine le 5 février 2009

Extrait du site de l'Académie de Guadeloupe

Extrait du site de l'Académie de Guadeloupe

Monsieur le Recteur avait lancé un appel, lundi ou mardi, à la reprise des cours jeudi 5 février 2009. Hier, on diffusait un autre son de cloche aux informations à la télévision : les établissements scolaires resteront fermés.

Ce matin je me suis rendu au lycée, quelques élèves, les doigts d’une seule main pouvaient suffire pour les compter, et, quelques enseignants, guère plus…

Dans France Antilles, on peut lire :

“Reprise des cours : de probables perturbations

Elèves et personnel de l’Education sont appelés par le rectorat à rejoindre les établissements aujourd’hui. Des perturbations sont à prévoir.

Une reprise des cours aujourd’hui ? Pas si sûr…”

Réponse d’après ce que j’ai pu constater moi-même, en ce qui concerne le lycée de Pointe Noire : Les cours ne reprendront donc pas aujourd’hui… La question maintenant est de savoir quand peut-on espérer une effective reprise ?

La Classe Virtuelle de Philosophie est plus que jamais d’actualité.

Ci-dessous un extrait de RFO

Mouvement social : Malgré quelques améliorations, le blocage de l’île ne faiblit pas

Deux semaines après le début de la grève générale, une amorce de retour à la normale a été observée hier en Guadeloupe. Mercredi, le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves Jégo rencontre les dirigeants de la grève.

L’Enseignement vers la reprise

  • Le Primaire et le Secondaire :

Le recteur d’académie de la Guadeloupe, Laurent Devera a appelé à la reprise des cours le jeudi 5 février. Il ne répond pas pour autant à la demande des syndicats, concernant 19 postes d’enseignants dans le primaire, non affectés, qui pourraient trouver destinataires, si l’administration du Rectorat accordait, comme le veut les textes, attention aux demandes effectives d’enseignants sans emploi.

  • Le Supérieur :

C’est dans cette ambiance, tendue, que les enseignants de l’Université des Antilles et de la Guyane sont entrés en grève hier, pour une durée illimitée. Ils entendent ainsi protester contre la Loi Précresse qui “met en danger, la liberté de penser”, selon des enseignants.

D’après l’article de Catherine Le Pelletier et Timothy Mirthil RFO 4 février 2009

Hervé Moine

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