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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive pour le 20 octobre 2009

De nombreuses langues en danger

Publié par Hervé Moine le 20 octobre 2009

Doit-on assister, sans rien faire, à la mort inéluctable de nombreuses langues ?

the death of language

“Unicité de l’espèce, pluralité des langues”

article d’Hervé Moine

La mort en 2008 du Chef Marie Smith Jones la mort de sa langue

Avec la mort en 2008 de Marie Smith Jones disparaît l'Eyak / © photo AP

“Unicité de l’espèce, pluralité des langues” [1]

“Alors que l’anglais s’internationalise, la richesse linguistique s’amenuise. En effet, d’après certaines prédictions, 90% des langues parlées cesseraient d’exister d’ici 90 ans[2]. Sommes-nous en train de vivre un retour à l’”anté-babel”? La diversité des langues qui est perçue dans la Bible comme un châtiment, peut être ressentie, comme une barrière entre les hommes, une entrave à une commune communication. Si bien que cet appauvrissement annoncé ne semble pas nous apitoyer outre mesure. Mis à part quelques marginaux, qui peut honnêtement considérer grave ce phénomène ? La mondialisation de la langue de Shakespeare ou de Bill Gates est non seulement un fait indiscutable mais un bienfait pour les échanges entre les hommes quelque soit leur origine. En effet, si une langue meure c’est tout simplement parce qu’elle n’est plus parlée, et si l’anglais progresse doit-on envisager, pour autant, cette progression comme la fossoyeuse des langues minoritaires.  Si de nombreuses langues sont appelées à se taire, la diffusion de l’anglais apparaît bel et bien salutaire, ceci semblant répondre à l’éternel désir d’une langue universelle.

Cependant, cette passivité généralisée n’est-elle pas dommageable pour l’ensemble de l’humanité ? Devons-nous assister à la mort de la plupart des langues sans réagir. Cet appauvrissement n’est-elle pas celle de l’humanité elle-même ? Lorsqu’une espèce animale est menacée, publicité est faite et stratégies sont dessinées. Il est de bon ton aujourd’hui de verser dans l’écologie et de crier gare à la catastrophe généralisée. C’est ainsi que le rhinocéros blanc ou le panda devient le symbole de la richesse naturelle qu’il nous faut préserver à tout prix. Sans vouloir remettre en question le bien-fondé et les bons sentiments des luttes écologiques pourquoi le Toroto,  le Chipaya ou le Bikya ne deviendraient-ils pas le symbole de la richesse culturelle ?

Selon notre linguiste national Claude Hagège, “si l’on ne prend pas garde à la progression de l’anglais, il pourrait bien tuer la plupart des autres langues.” Or, chaque langue est précieuse et la pluralité des langues fait la richesse culturelle de l’humanité, celle-ci n’ayant vraisemblablement jamais connue une langue unique. De même que la langue universelle est la solution à un faux problème, une langue unique originelle est de l’ordre du mythe, l’homme n’étant pas fait pour cette unicité, certes imaginée et espérée, mais impossible sans détruire la diversité culturelle. “Et la chair se fit verbe. Contrairement à l’idée courante, il est très probable que l’immense diversité des idiomes aujourd’hui attestés ne se ramène pas à une langue originelle unique pour toute l’humanité. S’il y a unicité, c’est celle de la faculté de langage propres aux hominiens, et non celle de la langue elle-même.” [3]

Hervé Moine

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Notes :

[1] “Unicité de l’espèce, pluralité des langues” est le titre du chapitre 1 du célèbre ouvrage de Claude Hagège, l’homme de parole.

[2] Voir ci-dessous l’article “Et si les langues disparaissaient” paru sur slate.fr, rédigé à partir d’un article de la BBC auquel on pourra se référer.

[3 ] Claude Hagège, L’homme de paroles, Contribution linguistique aux sciences humaines, 1985, chez Fayard, Folio Essais, p. 15

A propos de Marie Smith Jones :

Marie Smith Jones (1918-2008), chef de la nation Eyak, en Alaska, était le dernier locuteur de la langue eyak. “Elle avait participé, entre 2000 et 2005, à l’élaboration du « Eyak Language Project », projet visant à créer un mode d’apprentissage de la langue eyak accessible à tous. Elle travailla avec le linguiste Michael Krauss qui créa un dictionnaire et une grammaire de la langue. La dernière personne avec qui elle échangeait en eyak mourut dans les années 90. Après cela, Marie Smith Jones s’investit pour la défense des langues indiennes et la protection de l’environnement. Elle s’exprima deux fois aux Nations unies.” extrait de Wikipédia.

En savoir davantage sur Marie Smith Jones et la langue eyak :

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Halte à la mort des langues

Nous pourrons nous référer au dernier ouvrage de Claude Hagège, Halte à la mort des langues, traitant, comme le titre l’indique, ce phénomène d’extinction qui pèse sur de nombreuses langues. Nous ne manquerons pas également de lire ou de relire sa célèbre “contribution de la linguistique aux sciences humaines” qu’est L’homme de paroles.

Hagège Halte à la mort des langues

Claude Hagège, Halte à la mort des langues, chez Odile Jacob.

«Dans la mythologie hindoue, l’extinction marque la fin du désespoir et de la souffrance. Salutaire, elle fait place à un monde nouveau et meilleur. Je ne suis pas certain que ceux qui parlent des langues menacées envisagent leur extinction comme la promesse d’un monde meilleur.Les linguistes, eux, sont le plus souvent inquiets de la situation actuelle des langues .» Claude Hagège

Chaque année, vingt-cinq langues s’éteignent. Et, avec elles, disparaissent des communautés, des cultures.

Pourquoi autant de langues s’éteignent-elles ?

Comment peut-on expliquer ce processus d’extinction ?

Y a-t-il quelque chose à faire contre ce processus ? Que peut-on faire pour l’enrayer ?

Heureusement, peut-in remarquer, d’autres langues, parfois, naissent ou renaissent.

Toute la question est de savoir si nous parviendrons à conjurer le danger d’uniformisation qui menace l’humanité ?

Halte à la mort des langues de Claude Hagège, qui résonne comme un signal d’alarme, «Ce beau livre se lit aussi comme une longue méditation poétique inspirée par l’amour des langues. » Le Monde.

Homme de parole

Claude Hagège, L’homme de paroles, Contribution linguistique aux sciences humaines, chez Fayard, Folio/Essais.

“Cet ouvrage offre, sur le rapport entre l’homme et le langage à travers la diversité des langues humaines, une synthèse théorique nouvelles.

La première partie expose l’état présent de certaines des recherches principales sur le langage : unicité de la faculté de parler et pourtant diversité originelle des langues ; importance des créoles comme laboratoires naturels de naissance d’une langue ; enseignements qu’apporte la recherche des universaux linguistique ; intérêt historique et actuel de la relation entre l’écriture et l’oralité dans l’histoire.

La deuxième partie propose une visée anthropologique : elle étudie le signe linguistique, lieu des pressions contraire de l’expressif et de l’arbitraire, puis les rapport entre la langue d’une part, le réel, la logique d’autre part et le problème de l’ordre des mots comme distinct de l’ordre du monde, enfin l’utilisation de la parole à des fins de domination.

La troisième partie définit une théorie descriptive des langues qui fait sa place à la relation entre les participants du dialogue et à la production de sens, ainsi qu’à la variation.

Le tout s’achève sur un hymne aux langues, ces objets chatoyants d’une passion sans fin.” Fayard, Folio/Essais

L’homme de parole a reçu le prix de l’Académie française, 1986 ainsi que le prix de la Société des Gens de Lettres, 1986

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Slate.fr

Et si les langues disparaissaient ?

LU SUR LA BBC

Slate.fr [1]

Sunday, 18 October 2009

7000 langues sont aujourd’hui parlées dans le monde, mais ce nombre pourrait bien se réduire rapidement et considérablement, dans les décennies à venir [2].

En 1992, un linguiste américain prédit que d’ici l’année 2100, 90% des langues parlées cesseraient d’exister, rapporte la BBC. Mais le sujet ne fait pas encore réagir, et demeure à la marge, selon le linguiste français Claude Hagège, qui prévient de ce que «si l’on ne prend pas garde à la progression de l’anglais, il pourrait bien tuer la plupart des autres langues»

Selon l’association américaine Ethnologue, 473 langues sont actuellement considérées comme en danger. Le Lipan Apache n’est plus parlé, par exemple, que par deux individus vivant aux Etats-Unis; le Totoro compte quatre locuteurs en Colombie et le Bikya n’en aurait plus qu’un seul, au Cameroun.

Claude Hagège souligne qu’avec la disparition d’une langue, c’est tout un système qui disparaît. Pas seulement des mots, mais «la façon dont une communauté exprime son humour, son amour, sa vie. C’est le témoignage de communautés humaines, extrêmement précieux».

Le philosophe Gaston Bachelard explique que la langue maternelle, celle de l’éducation, conditionne notre perception du monde. Une langue, par la richesse, la pauvreté, les nuances de ses signes, découpe le monde d’une façon ou d’une autre. Apprendre une autre langue, c’est apprendre à découper le monde autrement. Ainsi, certaines langues ont des nuances de couleurs innombrables : dès lors, il est possible de percevoir le monde de façon plus nuancée. Les bretons n’ont qu’un mot pour le bleu et le vert. Les Inuits ont 17 mots pour la neige. Les rapports sociaux peuvent aussi être transformés. Dans certaines cultures, le «je» n’existe pas, on n’existe alors que dans le rapport aux autres, on se définit comme étant le fils de quelqu’un, le frère, la femme.

A travers une langue, une communauté atteste de sa différence, et de sa variété. Dans son petit opuscule Race et Histoire, l’ethnologue et philosophe Claude Lévi-Strauss [3] expliquait ainsi que le progrès n’est possible, dans l’humanité, que grâce à l’échange de différentes valeurs et de différents talents des communautés. C’est du cumul de ces différences que naît le progrès. Les langues marquent ces différences.

Paul Lewis, de l’association Ethnologue, interviewé par la BBC, la culture et la langue d’une communauté sont si étroitement liés, que si une communauté commence à penser sa langue comme inutile, elle peut se sentir inutile elle-même. Et sombrer dans la dépression, ce qui conduit alors à une rupture du lien social, à des taux de suicide, de consommation de drogue, de dépression élevés, et à des problèmes de transmissions.

Jusqu’à mars dernier, à la Fondation Cartier, à Paris, le photographe Raymond Depardon [4]présentait un petit film d’une demie-heure [5] présentant des populations de toute la planète parlant des langues en voie de disparition [4]. Qu’il s’agisse de l’occitan ou de langues plus exotiques comme le chipaya de Bolivie, toutes les personnes filmées disaient leur douleur et leur angoisse à voir leur langue et donc leur culture, en voie de disparition.

[Lire l'article complet sur la BBC [2]]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d’actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de Une: capture d’écran du film de R. Depardon, Terre natale


Source URL: http://www.slate.fr/story/11803/et-si-les-langues-disparaissaientLinks:
[1] http://www.slate.fr/source/slatefr
[2] http://news.bbc.co.uk/today/hi/today/newsid_8311000/8311069.stm
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Lévi-Strauss
[4] http://www.evene.fr/culture/agenda/raymond-depardon-paul-virilio-26165.php
[5] http://www.dailymotion.com/video/x84d38_terre-natale-fondation-cartier_creation

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Enseignement de la philosophie : les problèmes de l’évaluation

Publié par Hervé Moine le 20 octobre 2009

L’Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la philosophie

organise

Les Journées d’études de l’ACIREPh

L’évaluation en philosophie: quels problèmes?

les 24 et 25 octobre 2009 au Lycée Maurice Ravel

(89 cours de Vincennes 75020 PARIS)

métro Porte de Vincennes

Les principaux intervenants des Journées

  • Pierre Merle, sociologue, professeur à l’IUFM de Bretagne
  • Jean-Jacques Guinchard, professeur de philosophie, membre de l’Acireph
  • Hervé Boillot, Professeur de Philosophie au lycée Descartes à Antony, doctorant en sociologie au Laboratoire Georges Friedmann à PARIS I

Les principales questions

  • L’évaluation des élèves. Connaissances sociologiques et pratiques professorales : quelles interactions ? Pierre Merle, (auteur de  La démocratisation de l’enseignement, La Découverte, 2002, nouvelle édition 2009, et Les notes, secrets de fabrication, PUF, 2007), développera des aspects psychologiques, sociologiques et institutionnels de la notation, et insistera sur  l’approche interactionniste de la notation comme « arrangement ».
  • L’évaluation en philosophie : problèmes et malentendus. Intervention de Jean-Jacques Guinchard : “Corriger des devoirs”: une banalité quotidienne et opaque… Le verbe recouvre en réalité des opérations bien différentes. Quel est exactement cet objet auquel on l’applique?  Quelle est cette valeur que nous reconnaissons (ou non!) au travail de nos élèves? Prenons du recul pour essayer de comprendre ce que nous faisons et leur faisons faire.
  • Etat des lieux : Exploration des obstacles et des difficultés que nous rencontrons quand nous évaluons nos élèves. Que choisissons-nous d’évaluer, parvenons-nous à évaluer et échouons-nous à évaluer, et pour quelles raisons ? On travaillera à partir d’un ensemble de documents présentant diverses modalités d’évaluation.
  • Quelles compétences et quels exercices pour les élèves de Terminales, en philosophie ? Premièrement, que voudrions-nous que les élèves aient acquis à la fin d’une année de Terminale en philosophie ? Et deuxièmement, quels exercices d’apprentissage et d’évaluation pouvons-nous concevoir à cette fin ?
  • Perspective historique : Intervention d’Hervé Boillot : La genèse de la doctrine de l’enseignement de la philosophie peut-elle éclairer les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui ?
  • L’actualité (rapport Poirier,  réforme des lycées etc..) : Une nouvelle donne ?Dans ce contexte, notre travail peut-il déboucher sur des propositions en direction de l’institution ?

Les arguments des journées

Évaluer est à la fois l’une des tâches quotidiennes du métier et l’une des missions professionnelles des enseignants. On évalue sans arrêt : quand on observe les réactions des élèves pendant le cours, quand on se demande comment a « marché » le cours, ce que les élèves ont compris ; quand on conçoit des exercices et des activités d’apprentissage, quand on corrige les copies, pendant l’année et pour l’examen final ; mais encore, en prenant du recul, quand on s’interroge sur la valeur formative de notre enseignement dans son ensemble, au regard des missions de l’École.

Si nous voulons revendiquer la légitimité de l’enseignement de la philosophie au lycée, il faut bien en assumer le caractère scolaire et institutionnel ; cela implique la nécessité d’une évaluation juste et formatrice. Pourtant une telle évaluation en philosophie paraît d’autant plus difficile que l’objectif officiel de notre enseignement est très général (« l’exercice réfléchi du jugement », dont l’acquisition d’une « culture philosophique initiale » (indéfinie) est une condition.

C’est pour tenter d’identifier précisément les difficultés  de l’évaluation, de chercher ensemble les moyens de les comprendre et peut-être de les résoudre que nous organisons ces deux journées d’étude. Question d’efficacité de notre travail, et de justice, de démocratisation de notre enseignement.

Voici quelques unes des hypothèses et des pistes que nous vous proposons de travailler.

1ère piste : évaluer, une entreprise difficile…. et douloureuse !

  • Evaluer le travail de ses élèves c’est aussi évaluer sa propre activité : comment faire la part des choses ? L’enseignant-évaluateur est toujours en quelque sorte juge et partie : dans la copie, c’est non seulement le cours, mais encore « la profession » qui est là. C’est le programme, l’esprit, les normes, les épreuves de la discipline qui sont là, tout autant que le travail particulier de cet élève-là. Ce fait irréductible prend une ampleur d’autant plus importante que l’institution laisse entière liberté au professeur quant aux moyens d’atteindre les objectifs qu’elle fixe… Et les professeurs de philosophie sont de ce point de vue particulièrement bien servis !
  • Evaluer le processus dans le résultat ? A la visibilité du résultat (la copie, l’exercice fait, la réponse à une question) s’oppose l’opacité des processus que l’élève a mis en œuvre pour le produire. Comment savoir (peut-on même le savoir ?) ce qui n’a pas été pertinent dans le processus, pour quelles raisons ça ne l’a pas été, et aussi, comment déceler une pertinence dans le processus qui pourtant ne se « voit » pas dans le résultat ? Comment alors proposer des conseils pour améliorer les choses, dans une perspective de formation ?
  • Le sens d’une note Symétriquement, pour l’élève, la note n’est-elle pas le visible, et les raisons pour lesquelles il a cette note, l’opaque ? Nombreux sont les malentendus sur la note obtenue et les raisons de cette note. Comment recentrer l’attention des élèves sur l’acquisition de compétences, sur le souci et sur les moyens de progresser, quand ils considèrent la note comme le salaire de leur travail ?

2ème piste : remettre l’évaluation à sa place.

  • L’évaluation comme finalité, ou l’évaluation au service d’une fin ? L’univers scolaire peut donner cette impression d’évaluation reine, absolue, « catégorique » dans les deux sens du mot,  ayant sa fin en soi, et présentée, non comme un choix de valeurs mais comme le bon sens et la rationalité mêmes. Or évaluer c’est d’abord prononcer un jugement hypothétique en termes d’importance (par exemple on « évalue » les forces de l’ennemi). On évalue dans le cadre d’une action générale, pour envisager les conditions d’une certaine opération. Mais on n’évalue pas pour évaluer. On peut donc s’interroger sur la valeur de notre évaluation  et sa finalité.
  • L’évaluation, entre normes et faits. L’évaluation confronte l’enseignant et l’élève à des normes qui les dépassent : normes langagières, normes propres de l’activité intellectuelle, normes spécifiques des épreuves de philosophie telles que l’institution les définit. Qu’elles les dépassent, au sens où ils n’en sont pas les auteurs et au sens où elles s’imposent également à tous, est nécessaire. Mais dans les faits, c’est le rapport à ces normes qui importe, tant du côté de l’enseignant que de celui de l’élève : de la stricte soumission au rejet pur et simple, toute la gamme des attitudes peut être parcourue par le sujet qui agit et qui pense. Que faire de cet écart entre les normes et les faits ? Comment faire du travail d’évaluation une dimension de l’apprentissage lui-même, et non pas une « tâche » dévolue au seul enseignant ?

3ème piste : évaluer quoi ?

  • Comment évaluer ce qu’on enseigne ? Dire ce qu’on évalue c’est dire ce qu’on enseigne. Inversement, en classe de philosophie, bac oblige, on enseigne en fonction de ce qui sera évalué. Or, en classe de philosophie on évalue les produits scolaires complexes (et mal définis) que sont la dissertation et le commentaire de texte. Ne pourrait-on  pas réduire les problèmes de l’évaluation en se demandant ce qui, de ce qu’on enseigne en classe de philosophie peut être vraiment évalué ?
  • Quelles compétences… Ce sont toujours des compétences qu’on évalue. Même quand on dit qu’on évalue des connaissances, on évalue la capacité de l’élève à comprendre, restituer, utiliser, mobiliser ces connaissances. Il faut donc d’une part, identifier ces compétences, distinguer celles qui sont propres à tout travail intellectuel, de celles qui sont spécifiques à la discipline ; d’autre part penser et organiser les apprentissages susceptibles de les faire acquérir.
  • Le problème des compétences. S’il faut enseigner aux élèves à faire une dissertation et une explication de texte, comment articuler cette compétence globale avec des compétences partielles ? Par exemple, faire une distinction conceptuelle, poser un problème, mettre des thèses en débat, trouver le plan d’un texte, analyser un concept etc. ? La compétence globale est-elle l’addition des compétences partielles ? à trop vouloir décomposer les tâches, ne risque-t-on pas de perdre le sens global de l’exercice ? à trop vouloir segmenter le travail, ne risque-t-on pas au contraire de l’entraver ?

4ème piste : évaluer autrement ?

  • Quelles modalités d’évaluation pour quelles finalités ? Sommes-nous en mesure de proposer d’autres modalités de l’évaluation « certificative »? Faut-il le faire ? Si nous devions définir les objectifs et les contenus de l’enseignement de la philosophie, pourrions-nous trouver des modalités d’évaluation satisfaisantes ?
  • En finir avec les notes ? Le recours aux notes chiffrées est-il inévitable ? Ne peut-on pas envisager d’autres moyens pour évaluer nos élèves ? Si une compétence doit être acquise, l’évaluation pourrait se réduire à la validation ou non de cet acquis. Cela est-il possible dans le cadre de l’enseignement de la philosophie ? Cela est-il souhaitable ?

Pour davantage de renseignements

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Les Mystère de l’Univers

Publié par Hervé Moine le 20 octobre 2009

mystère de l'univers

Du 21 octobre au 1er novembre 2009,

le CNRS présente

l’exposition “Les mystères de l’Univers”

dans les jardins du Trocadéro à Paris

mystère de l'univers2

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La Vie : le hors-série n°4 des Cahiers philosophiques vient de paraître

Publié par Hervé Moine le 20 octobre 2009

Sait-on ce qu’est vivre ?

Vient de paraître le hors-série n°4 des Cahiers Philosophiques. Le thème de cette revue trimestrielle est celui de la vie. “Sait-on ce qu’est vivre?” telle est la question par laquelle l’éditorial de ce numéro aborde ce thème.

” Ce « simple » mot n’est pas sans équivoque, puisqu’il évoque à la fois une manière d’être, doté de propriétés spécifiques relativement objectivables – on est vivant, on est en vie et ce qui vit n’est pas et ne fait pas la même chose que ce qui ne vit pas –, et l’expérience que nous – un certain type de sujets ou d’agents – sommes en mesure de faire de ou dans cette vie qu’il nous est donné de vivre. On dit ainsi que l’on a bien ou mal vécu tel événement ou telle situation, en parlant alors non seulement d’un état ou d’un processus dont on observerait le déploiement et les caractéristiques, mais de ce tissage de perceptions, de souvenirs et de paroles, en quoi consiste un itinéraire personnel, notre vie justement…” lire l’éditorial du numéro.

La sélection et la présentation d’ensemble des articles sur cette thématique est assurée par Franck Burbage.

Il est possible de lire certains articles de la revue en ligne, à savoir celui de Bernard Lacorre, Histoire de la notion d’âme celui et de Frédéric Worms, Problème et tâche de l’éducation selon Bergson.

Lien vers la page des Cahiers Philosophiques du site du CNDP (Centre National de Documentation Pédagogique) : http://www.cndp.fr/revuecphil/

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Pour ceux qui ont à cœur le développement d’un enseignement et d’une recherche philosophique de qualité. Et aussi pour tous ceux qui s’intéressent à l’élucidation philosophique des enjeux du temps présent.


Curieuse du monde et des questions qui le traversent, la revue Cahiers philosophiques allie l’exploration des différentes traditions de la philosophie à celle de ses déplacements contemporains. Elle est animée et réalisée par des professeurs de philosophie, chercheurs et enseignants du lycée à l’université, parfois associés à des spécialistes d’autres disciplines ou d’autres domaines.


Chaque numéro trimestriel traite d’un thème principal à travers différents articles et essais.


Les autres rubriques sont consacrées à des comptes rendus de lecture, des publications de textes de référence inédits, des entretiens en rapport avec l’actualité.

Cahiers philosophiques est une publication du Centre national de documentation pédagogique.

–> (4 numéros par an)
ISSN : 0241-2799

Sommaire hors série n° 4 – septembre 2009

ÉditorialÀ lire (PDF, 72 ko)
Dossier La vie
9 La vie éphémère
Georges Gastaud
22 Le problème de l’individu en biologie. L’organisme
Ernst Cassirer
40 Réflexions sur les rapports du mécanisme et de la finalité chez Descartes
Pierre Guenancia
60 L’âme, histoire d’une notion
Bernard Lacorre
À lire (PDF, 154 ko)
75 Problème et tâche de l’éducation selon Bergson
Frédéric Worms
À lire (PDF, 155 ko)
89 L’importance du concept de réflexe dans la philosophie de Georges Canguilhem
François Dagognet
97 Connaissance de l’artificiel et modèles artificiels de la connaissance
Jean-Pierre Séris
119 Foucault dans la psychanalyse
Questions à Judith Butler

Prochain numéro

– Numéro 119 / Octobre 2009 – Pouvoirs et démocratie locale

Les numéros précédents

La ville
N° 118, juin 2009
Derrida, Lyotard et l’éthique
N° 117, avril 2009
Nouvelles pratiques juridiques
N° 116, décembre 2008
La rationalité sceptique
N° 115, octobre 2008
La beauté
Hors série n° 3, septembre 2008
Montaigne
N° 114, juin 2008
Théâtre et philosophie
N° 113, avril 2008
Vernant, philosophe
N° 112, décembre 2007
Heidegger, politique et philosophie
N° 111, octobre 2007
L’action
Hors série, septembre 2007
La guerre
N° 110, juin 2007
La voix
N° 109, avril 2007
Histoire naturelle de l’homme
N° 108, décembre 2006
L’inconscient
N° 107, octobre 2006
La science
Hors-série, septembre 2006
La danse
N° 106, juin 2006
La pauvreté 2
N° 105, avril 2006
La pauvreté 1
N° 104, décembre 2005
Bergson
N° 103, octobre 2005
La justice
Hors-série, septembre 2005
Varia
N° 102, juin 2005
L’animal 2
N° 101, avril 2005
L’animal 1
N° 100, décembre 2004
Foucault
N° 99, octobre 2004
La décision
N° 98, juin 2004
Machiavel
N° 97, avril 2004
La couleur
N° 96, décembre 2003
Poètes et philosophes
N° 95, septembre 2003
Kant
N° 94, avril 2003
Géographies
N° 93, décembre 2002
La religion
N° 92, octobre 2002
L’infini mathématique
N° 91, juin 2002
Nietzsche
N° 90, mars 2002
Styles et genres en philosophie
N° 89, décembre 2001
Arts et raison
N° 88, septembre 2001
Autour de Merleau-Ponty
N° 87, juin 2001
La transmission
N° 86, mars 2001
Matières et matériaux
N° 85, décembre 2000
Questions de philosophie
N° 84, septembre 2000
Questions de philosophie
N° 83, juin 2000
Questions d’esthétique
N° 82, mars 2000
La phénoménologie
N° 81, décembre 1999

Contact

Rédacteur en chef
Nathalie Chouchan

Rédaction et réalisation
CNDP – Rédaction Cahiers philosophiques
Service national des productions imprimées et numériques
31, rue de la Vanne
BP 359
92541 Montrouge cedex

Tél. 01 46 12 83 29 ou 01 46 12 83 38
Fax 01 46 12 83 14

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