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Archive pour le 7 novembre 2009

Comment comprendre les enjeux actuels de l’urbanisme ?

Publié par Hervé Moine le 7 novembre 2009

Aménagement du territoire et impacts sur l’humain

Comment s’organise notre société ? Souvent les réponses à cette question se situent au niveau des structures sociales elles-mêmes. Une autre manière d’aborder la société et de l’envisager au niveau de l’aménagement du territoire. Celui-ci est assurément significatif et en l’étudiant il peut révéler l’humain et la société ou plus précisément le sens que prend la société humaine, dans tous ses aspects, sens tant sur le plan de la signification que celui de l’orientation. D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Et où allons-nous ? Une attention particulière au développement du territoire, son histoire, les formes qu’il prend actuellement et vers quoi il s’oriente peut permettre de répondre à cette triple question chère à Gauguin.

Il n’est pas très difficile de constater que le développement actuel du territoire est une urbanisation, au point qu’on a peine parfois, pour ne pas dire souvent, de dire où se trouve, d’une part, le véritable centre (de la ville, du bourg ou du village) à un point tel qu’on nous inonde de panneaux indicateur de centre de toute sorte, et, d’autre part, la limite entre l’urbain et la ville. Le néologisme de “rurbanisation” est sur ce point particulièrement éloquent. L’urbanisation et la rurbanisation, urbanisation de l’environnement rural, ne sont aucunement anodines et ont un impact multiple sur la population, les relations sociales, les modes de vie, le travail, les loisirs, le sens de l’esthétique, la culture, les échanges et l’économie.., également sur l’environnement et l’écologie.

Thierry Paquot, philosophe spécialiste de l’urbain est intervenu dans le cadre d’un cycle conférence sur l’urbanisme au Havre, le but étant de mieux comprendre les enjeux de l’urbanisme. Ci-dessous, nous reprenons l’article de Paris Normandie qui rend compte de cette séance.

Hervé Moine

logo paris normandie

L’urbanisme et ses enjeux


Conférences. Une première introduction au concept a eu lieu mardi soir, dans les grands salons de hôtel de ville.

Thierry Paquot a ouvert le cycle de six conférences tous publics. Philosophe de l’urbain, éditeur d’Urbanisme, auteur de nombreux livres de référence, il a évoqué d’abord l’historique du terme. Le néologisme catalan urbanizacion attribué à Idelfonso Cerdà apparaît en 1867. Considéré à l’origine plus comme l’art de bâtir les villes dans le sens esthétique que comme l’art d’y vivre, l’urbanisme fait aujourd’hui le constat d’une urbanisation galopante et de la disparition de la culture rurale, sans que personne n’ai mesuré les répercussions démographiques, économiques, environnementales.

Des carences
Les « non-villes » prolifèrent, souvent sans recours aux urbanistes. Le philosophe en profite pour critiquer les tours, les villes sécuritaires. Pour lui, « il est temps d’imaginer un urbanisme sensoriel, avec une architecture valorisant les cinq sens, car l’humain est un être charnel qui ressent les ambiances. Pour cela, il faut éviter ce qui est anxiogène, monumental et agressant. L’urbanisme doit tenir compte des usages temporels des lieux aménagés, avec un réaménagement des horaires de transport et une meilleure harmonisation des temporalités et des rythmes des institutions. L’urbanisme doit être plus participatif, car il y a une grande carence dans ce domaine. Enfin, l’urbanisme doit être décroissant c’est-à-dire plus écologique : il ne faut pas mettre en avant la croissance mais la décroissance. Ce n’est pas le développement qu’il faut rendre durable, mais le durable qu’il faut développer. »

Article paru sur Paris Normandie le 6 novembre 2009 : http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/251539/L_urbanisme_et_ses_enjeux#

Prochaine conférence : Olivier Mongin. « Logiques des flux, logiques des lieux à l’heure du glocal », 1er décembre de 18 h à 20 h. Salons de l’hôtel de ville : www.aurh.asso.fr

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Rapports de pouvoir, sexe, race, classe…

Publié par Hervé Moine le 7 novembre 2009

Comment penser l’articulation des rapports de pouvoir ? Comment penser la domination? Tel est l’objet de cet ouvrage, écrit sous la direction d’Elsa Dorlin qui s’intitule Sexe, Race, Classe, pour une épistémologie de la domination, publié chez Actuel Marx.

Pour se procurer cet ouvrage, cliquez sur le lien suivant : Sexe, race, classe

 

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sexe, race, classeL’ouvrage

La pensée féministe s’est historiquement attachée, depuis — voire en dehors de — la tradition matérialiste, à montrer que le rapport de classe n’épuise pas l’expérience de la domination vécue par les femmes et, plus généralement, par les minorités sexuelles. Plus encore, en élaborant des outils d’analyse tels que le « mode de production domestique », les « rapports sociaux de sexe » ou le « rapport de genre », la pensée féministe a travaillé sur l’imbrication des rapports de pouvoir, dénaturalisant la catégorie de « sexe » à l’aune de ses déterminations historico-sociales.
Depuis quelques années en France, la réflexion sur l’imbrication des rapports de pouvoir s’est complexifiée davantage, notamment sous l’influence des travaux nord et sud-américains, mais aussi caribéens ou indiens. Les problématiques relatives aux identités sexuelles, aux régimes de sexualité, mais aussi celles articulant le genre et la nation, la religion et/ou la couleur, ont permis de développer un véritable champ de réflexion. La question cruciale de l’articulation du sexisme et du racisme, notamment, a ainsi renouvelé tout autant l’agenda des mouvements féministes que la recherche universitaire.

Cet ouvrage a pour but d’interroger les différents outils critiques pour penser l’articulation des rapports de pouvoir. Tout en interrogeant leur mode propre de catégorisation (les catégories de « sexe » et de « race » ont-elles méthodologiquement le même statut que la classe ? À quelles conditions utiliser la catégorie de « race » comme une catégorie d’analyse ? L’analyse en termes de classe a-t-elle été éclipsée par l’analyse croisée du sexisme et du racisme, après les avoir longtemps occultés ?…) cet ouvrage discute les différents modes de conceptualisation de ce que l’on pourrait appeler « l’hydre de la domination » : analogique, arithmétique, géométrique, généalogique.

À partir de différentes traditions disciplinaires (sociologie, science politique, philosophie, psychologie, littérature…), les contributions ici réunies présentent un état des lieux des diverses appréhensions de l’imbrication des rapports de pouvoir — « intersectionnalité », « consubstantialité », « mondialité », « postcolonialité », … et, ce faisant, (re)dessinent les contours d’une véritable épistémologie de la domination.

Table des matières

Introduction
Vers une épistémologie des résistances, par Elsa Dorlin

I. Division sexuelle et raciale du travail

De la servitude au travail de service : les continuités historiques de la division raciale du travail reproductif payé, par Evelyn Nakano Glenn

La règle du jeu. Repenser la co-formation des rapports sociaux de sexe, de classe et de « race » dans la mondialisation néolibérale, par Jules Falquet

Clivages ethniques, domination économique et rapports sociaux de sexe. Le cas des Chinois de Paris, par Marylène Lieber

II. L’intersectionnalité en débat

  • Dynamique et consubstantialité des rapports sociaux, par Danièle Kergoat
  • Différences, pouvoir, capital. Réflexions critiques sur l’intersectionnalité, par Patricia Purtschert et Katrin Meyer

III. Féminisme et orientalisme

  • Sous le regard de l’Occident : recherche féministe et discours colonial, par Chandra Talpade Mohanty
  • Sexe, race et colonialité. Point de vue d’une épistémologie postcoloniale latino-américaine féministe, par Sabine Masson
  • Antigone, le foulard et la République, par Sarah Bracke

IV. Généalogie de la « blanchité »

  • « Gare au Juif ! » : Le Gorille d’Oscar Méténier, portrait du Sémite enleveur de femmes, par Sarah Al-Matary
  • Autre chose qu’un désir de peau… Le Nègre, la Blanche et le Blanc dans deux romans de Dany Laferrière, par Pascale Molinier
  • Les défis des Critical Whiteness Studies, par Ina Kerner

V. Violence du pouvoir et pouvoir de la violence

  • Différences locales, générationnelles et biographiques dans les identités masculines en Colombie, par Mara Viveros
  • Les frontières de la violence sexuelle, par Eric Fassin

A propos de l’auteur

Elsa Dorlin est maître de conférences, UFR de philosophie, Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle est également l’auteur de Sexe, genre et sexualités (PUF, « Philosophies », 2008).

Pour se procurer l’ouvrage sur amazon.fr

Sexe, race, classe

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