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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive pour le 10 novembre 2009

Choisit-on sa vie ?

Publié par Hervé Moine le 10 novembre 2009

Conférence

Samedi 14 novembre 2009 à 17h15

Médiathèque de Toul (Meurthe-et-Moselle)

Choisit-on sa vie?

par Florence Grumillier, agrégée de philosophie

conférence qui sera suivie d’un débat


hans baldung

Hans Baldung, les trois âges de la vie

Voir le site de Florence Grumillier

http://www.philoflo.fr/index.html

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La Réunion philosophique

Publié par Hervé Moine le 10 novembre 2009

Voici les premières actions programmées dans le cadre de la célébration 2009 de la Journée Mondiale de la Philosophie sous l’égide de l’UNESCO à La Réunion :

carte_reunion1

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Le Cercle Philosophique Réunionnais

organise le samedi 14 novembre 2009,

de 8 heures 30 à midi,

à la Salle Leconte de Lisle en ville de Saint-Paul,

un colloque ouvert à tout public intitulé

Philosopher à La Réunion: quels enjeux ?

Voici le déroulé de cette rencontre :

  • Brève ouverture et présentation du colloque par Laurent Médéa, président du Cercle Philosophique Réunionnais
  • Brigitte Croisier, professeure agrégée de philosophie: “Une philosophie à venir ?”
  • José Macarty, chef d’entreprise: “La philosophie réunionnaise: sa formation et ses perspectives”
  • Charlotte Rabesahala, anthropologue, docteure en civilisations: “Servis Zansèt : quelles conceptions du temps et de l’espace?”
  • Antoine Pitchaya, professeur de civilisation indienne à l’Université de La Réunion (en retraite): “Quel modèle philosophique pour La Réunion?”
  • Geoffroy Géraud, diplômé en sciences politiques, chercheur à l’université Dauphine : “Philosophie réunionnaise ou expérience réunionnaise de la philosophie?”
  • Arnaud Sabatier, professeur agrégé de philosophie, animateur des Rencontres de Bellepierre : “Que peut la philosophie, ici et maintenant?”
  • Radjah Véloupoulé, consultant en formation: “La philosophie: pourquoi?”
  • Débat avec le public.

 

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Conférence-débat

“L’injustice”

le mardi 17 novembre à 18 heures

à la mairie de Saint-Denis avec Robert Lloancy,

Robert Lloancy est professeur de philosophie, auteur de l’ouvrage : La notion de sacré, aperçu critique, paru en 2008, aux Éditions l’Harmattan

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Une conférence-débat

organisée le jeudi 19 novembre de 16 heures 15 à 18 heures

au Salon de l’Éducation (salle E à la NORDEV de Saint-Denis)

La question de l’enseignement de la philosophie pour les enfants dès l’école primaire

Une professeure des écoles, Karine Bélon, présentera un exposé pour répondre à ces questions :

  • A quoi cela sert-il, est-il utile d’enseigner la philo à des marmay?
  • Cela est-il possible?
  • Comment, avec quels moyens et avec quelle formation?

L’exposé sera complété par la lecture, par une autre professeure des écoles, Viviane Hoarau, d’extraits du livre de l’UNESCO, La philosophie, une école de la liberté. Le tout sera suivi d’un débat et d’échanges avec le public.

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Soirée philo

L’intention philosophique

oraganisée par l’association Athéna

le 19 novembre à 18 heures 30 à l’I.A.E. (Institut d’Administration des Entreprises),

Des lectures de textes philosophiques seront faites par des conférenciers d’Athéna: Jean Lombard, Yves Lorvellec et Bernard Jolibert. Des textes qu’ils commenteront ensuite.

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L’Université Solidaire,

en partenariat avec Les Amis du Monde Diplomatique,

recevra Bernard Téper

autour du thème “Le vivre ensemble et la laïcité”

le vendredi 4 décembre à 17 heures 30.

Bernard Téper est économiste de la santé, co-fondateur d’ATTAC et secrétaire national de l’UFAL (Union des Familles Laïques).

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La philosophie du communisme réunionnais

Des associations culturelles organisent des conférences-débats à l’occasion du 50ème anniversaire du Parti Communiste Réunionnais et dans le cadre de la Journée Mondiale de la Philosophie.
Un exposé sera présenté à ce sujet par Lucien Biedinger, professeur de philosophie, journaliste retraité, secrétaire du Cercle Philosophique Réunionnais.
D’ores et déjà une conférence-débat est prévue dans le Sud le jeudi 26 novembre et une autre dans l’Ouest, au Port, le mercredi 9 décembre. Ces rencontres sont ouvertes à tout public.

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Conférence-débat est organisée par le Cercle Philosophique Réunionnais

en partenariat avec la Commune de Sainte-Suzanne, à la salle du Rwa Kaf

Philosopher en Réunionnais en nous appuyant sur nos proverbes et dictons créoles ?

mardi 15 décembre à 18 heures avec l’écrivain Daniel Honoré

Annie Darencourt lira des poèmes illustrant ces textes.

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Philosopher près des malades. Réintégrer la dimension du “vulnérable”, de la souffrance ou de l’absence

Publié par Hervé Moine le 10 novembre 2009

Il n’est point besoin d’insister sur l’importance de cette valeur qu’est l’autonomie. L’éducation vise l’autonomie, éduquer c’est apprendre l’autonomie. Etre adulte c’est être autonome, physiquement, intellectuellement et moralement. Mais comment penser cette autonomie lorsqu’on est malade, handicapé ou vieux ? A défaut de présenter un dossier sur ce sujet, nous proposons ici, un colloque, Grandeur et leurres de l’autonomie, pour une prise en compte de la vulnérabilité qui aura lieu samedi 21 novembre prochain au centre de Sèvres à Paris et un ouvrage, celui de Corine Pelluchon, philosophe, spécialiste de la question de l’autonomie, La Raison du sensibles, entretiens autour de la bioéthique.

Hervé Moine

sèvres

samedi 21 novembre 2009

De 9 h 15 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30

COLLOQUE : Grandeur et leurres de l’autonomie

Pour une prise en compte de la vulnérabilité

Colloque est organisé en collaboration avec la Maison Médicale Jeanne Garnier


L’autonomie a une place centrale parmi les valeurs de notre temps. Une école bioéthique américaine avait même fait du « principe d’autonomie », compris comme « principe d’autodétermination », le cœur de l’éthique biomédicale. C’était oublier la vulnérabilité qu’entraîne la maladie chez l’être humain, et mettre en doute la pleine humanité de ceux dont les capacités de décision personnelle sont plus ou moins défaillantes.

Nous désirons tous être et demeurer autonomes, ne pas dépendre d’autrui dans les gestes de la vie quotidienne, ni subir ses décisions. L’autonomie a acquis une place centrale parmi les valeurs de notre culture. Les professionnels de la santé n’ont donc pas à décider seuls, sans avoir recueilli le consentement du malade. Leur mission comprend les efforts à déployer pour rendre une certaine indépendance et une capacité de décision à ceux-là même dont l’autonomie aurait été diminuée par une maladie, un handicap ou par l’âge.
Un individualisme croissant ainsi que des réactions de méfiance envers un corps médical jugé lointain ont conduit il y a trente ans une école américaine à prôner comme règle majeure d’éthique biomédicale un « principe
d’autonomie » compris comme principe « d’autodétermination ». Cette école a su évoluer, mais elle est encore souvent comprise de manière simpliste : en matière sanitaire, ce serait au malade de prendre, seul, les décisions
le concernant. C’est oublier la vulnérabilité qu’entraîne la maladie chez l’être humain, mettre en doute la pleine humanité de ceux dont les capacités de décision personnelle sont défaillantes, et alimenter sans retenue toutes
formes de revendications individuelles.

Il importe donc aujourd’hui de revisiter la notion d’autonomie, de l’éclairer par la vulnérabilité qui fait partie de la condition humaine. Cela pour mieux comprendre le soin et la sollicitude dus à autrui, et mieux saisir que ce qu’il y a d’ humain en l’homme ne se réduit pas à sa capacité d’autodétermination.

=> S’inscrire si possible avant le 15 novembre.

Renseignements et inscriptions

Centre Sèvres
35bis, rue de Sèvres – 75006 Paris
Tél. : 01 44 39 75 00
Fax : 01 45 44 32 06
www.centresevres.com

A noter au programme de ce colloque :

  • Bioéthique et « principe d’autonomie » par P. Patrick VERSPIEREN, Responsable du Département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres
  • Place de l’autonomie dans les valeurs de notre société par Jean-Louis SCHLEGEL, Sociologue, Conseiller de la direction de la revue Esprit
  • L’autonomie : une liberté en relation par Agata ZIELINSKI, Professeur de philosophie, Bénévole à la Maison Médicale Jeanne Garnier
  • Accepter nos impuissances, construire notre autonomie par Nicole FABRE, Psychanalyste, Psychothérapeute, Professeur au Centre Sèvres
  • Promouvoir l’autonomie dans des contextes de grande vulnérabilité par le Dr Marie-Sylvie RICHARD, Médecin, Responsable scientifique de l’organisme de formation continue lié à la Maison Médicale Jeanne Garnier, Membre du Département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres
    • Lorsque l’on est atteint de mucoviscidose, une projection vidéo de l’interview d’une malade
    • Lorsque l’enfant est porteur de handicap par Michèle de PORTZAMPARC, Mère d’un enfant handicapé, Membre de la fraternité Foi et Lumière
    • Dans un service de gériatrie par Soeur NATHANAËLLE, Diaconesse de Reuilly, Formatrice à l’accompagnement des personnes en fin de vie
    • Dans une unité de soins palliatifs par Anne-Christine MERMET, Infirmière à la Maison Médicale Jeanne Garnier
    • Du principe d’autonomie à une éthique de la vulnérabilité par Corine PELLUCHON, Philosophe, Maître de conférences à l’Université de Poitiers

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Philosopher près des malades : la philosophie, “indispensables à la conduite de notre vie”

Un article intéressant paru dans le monde du critique Nicolas Weill à propos de la publication du livre de Corine Pelluchon, La Raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthique, chez Artège, Corine Pelluchon intervenant dans le colloque sur le principe d’autonomie et sur l’éthique de la vulnérabilité.

pelluchon bioéthique

“La Raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthique”, de Corine Pelluchon : philosopher près des malades

LE MONDE | 09.11.09 | 15h43

Si le nom de Corine Pelluchon s’est imposé dans les domaines de la bioéthique, c’est parce que cette philosophe de l’université de Poitiers incarne une position originale entre deux camps qui s’affrontent dans ce champ ouvert depuis les années 1970, en réaction à une certaine “toute puissance” prêtée naguère au corps médical. Renvoyant dos-à-dos l’”éthique minimaliste” qui se fonde sur la demande de droit des individus et son contraire, l’”éthique maximaliste” (pour qui les préceptes religieux ou moraux s’imposent), elle opte pour la troisième voie, l’“éthique de la vulnérabilité”. D’où ce livre destiné au grand public qui fait suite à son Autonomie brisée (PUF, 316 p., 35 euros).

Corine Pelluchon y évoque l’itinéraire intellectuel qui l’a conduite à l’observation des pratiques médicales, notamment en fréquentant le service du professeur Puybasset à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Sa méthode ne consiste pas à rechercher les normes et les valeurs qui sous-tendent nos sociétés démocratiques dans le ciel des idées ni dans le caprice de chacun. Elle s’efforce plutôt de les faire émerger de l’histoire et de l’activité morale tous les jours. On n’en renonce pas pour autant au concept, pourvu que celui-ci s’éprouve au contact des unités de soins palliatifs, auprès des patients atteint de la maladie d’Alzheimer et des grands vieillards. Quel est le “socle de valeurs” qui constitue la “charte d’une équipe médicale”, se demande-t-elle, et peut-on vraiment imposer au personnel soignant la prescription de tuer ou de proscrire des sédatifs à un malade en fin de vie ? Ses réponses sont proches de celle que donne la “loi Léonetti”, qui proscrit l’euthanasie.

De cette expérience, Corine Pelluchon tire une critique de notre conception moderne de l’autonomie. Notre idée d’un sujet libre n’admettant de limite que celle de son consentement s’avère, selon elle, parcourue par un élitisme qui laisse sur le bas-côté ceux auxquels la maladie ou le handicap retire les moyens d’exercer ce consentement. Il faut donc “reconfigurer” notre conception de l’humanité pour y réintégrer la dimension du “vulnérable”, de la souffrance ou de l’absence. Au-delà de cette discussion toujours claire et sensible sur des problèmes aussi divers que la procréation assistée, les biotechnologies ou la responsabilité des scientifiques, ce petit ouvrage fait une autre démonstration : la philosophie reste indispensable à la conduite de notre vie.

Nicolas Weill

Article paru dans l’édition du Monde du 10.11.09, http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/11/09/la-raison-du-sensible-entretiens-autour-de-la-bioethique-de-corine-pelluchon_1264736_3260.html

Pour obtenir l’ouvrage de Corine Pelluchon :

La raison du sensible, Entretiens autour de la bioéthique

Les autres ouvrages de Corine Pelluchon :

pelluchon bioéthique2Cet ouvrage couvre un ensemble de questions posées par le clonage, la décision d’arrêt et de limitation de traitement, l’euthanasie et le suicide assisté, la prise en charge des grands vieillards et des personnes handicapées, la procréation médicale assistée, les thérapies géniques germinales et somatiques.


Son originalité est que la bioéthique est étudiée du point de vue de la philosophie politique. Les principes qui guident les pratiques médicales sont explicités et les dilemmes relatifs aux biotechnologies sont examinés en fonction des choix de société et des valeurs qui soutiennent nos institutions. Il s’agit d’évaluer les propositions de lois en se fondant sur la description des valeurs phares d’une communauté politique.


L’objectif est de dépasser à la fois la bioéthique religieuse et l’éthique minimale. Ce travail passe par la déconstruction de l’éthique de l’autonomie qui subordonne la dignité à la possession de la raison, à la maîtrise de soi et à la compétitivité et colporte des représentations négatives de la vieillesse et du handicap qui s’opposent à l’idéal de solidarité affiché par certaines institutions. A cette éthique de l’autonomie s’oppose une éthique de la vulnérabilité inspirée par la philosophie de Levinas et par l’accompagnement des personnes en fin de vie et des malades atteints d’affections dégénératives du système nerveux.


Cette réflexion sur les fondements de l’éthique et du droit conduit à reconfigurer les notions d’autonomie et de dignité et à enrichir l’anthropologie sous-jacente à la philosophie des droits de l’homme. L’éthique de la vulnérabilité, qui repose sur la définition de la subjectivité comme sensibilité, ne supprime pas le sujet mais elle invite à le penser à la lumière d’une triple expérience de l’altérité : l’altérité du corps propre, l’altérité liée à l’autre homme et à ma responsabilité pour lui, la déréliction qui ne renvoie pas seulement à la perte de soi et à l’aliénation, comme chez Heidegger, mais souligne l’importance des relations sociales.


Solidaire de la dénonciation de certains traitements infligés aux animaux, cette éthique de la vulnérabilité peut inspirer le politique et promouvoir un humanism
e où notre responsabilité s’étend aux vivants non humains et aux générations futures.

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