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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive pour février 2010

Poésie et Philosophie : l’invention d’une vieille querelle

Publié par Hervé Moine le 19 février 2010

Pr. Glenn Most

Le Professeur Glenn Most, helléniste et philologue, donnera une conférence aujourd’hui vendredi 19 février à 14h00

à l’Institut de grec de l’Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV), 16, rue de la Sorbonne, dans la salle du premier étage.

Le thème de la conférence : “Poésie et philosophie : l’invention d’une vieille querelle (Platon, République X)”

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Philosopher avec les enfants

Publié par Hervé Moine le 18 février 2010

© Pierre Albouy/17 février 2010 | Jenia Jemmely animait l’atelier à Versoix hier. L’enseignante a été formée au Canada, berceau de la philosophie pour enfants.

PHILOSOPHIE | Des ateliers pour apprendre aux enfants à trouver leur place en société.

Par Marion MOUSSADEK

Source URL : http://www.tdg.ch/geneve/actu/philo-petits-outil-dernier-cri-2010-02-17

Est-ce qu’on peut avoir peur de son propre ami ou en être jaloux ? Nos rêves sont-ils des illusions ? Pourquoi certains pays ont accès à l’eau potable et d’autres pas ? Des énoncés d’examens de bac ? Non ! Des questions posées par des enfants hauts comme trois pommes, de 7 à 9 ans, installés douillettement dans la bibliothèque de Versoix hier après-midi.

Les élèves ne sont pas dans leur cadre habituel de salle de classe. Ils sont pourtant en cours, même si la leçon est peu ordinaire, puisqu’il s’agit
de philosophie. Peu ordinaire certes, mais de plus en plus courante.

Après s’être ancrée dans les écoles privées genevoises comme La Découverte, Notre-Dame du Lac, Moser ou encore l’école Active de Malagnou qui propose la discipline dès 5 ans, la philosophie pour les enfants est désormais accessible sous forme d’ateliers dans six bibliothèques communales genevoises, notamment le mercredi après-midi.

Dialoguer et reformuler

Dans ces séances, les petits Genevois sont invités à questionner, écouter et reformuler le dialogue qui se noue en classe autour d’une thématique qu’ils rencontrent dans leur vie: la peur, l’amitié, la mort… Derrière le désordre des interrogations qui fusent durant ces rencontres de vingt minutes pour les plus petits ou d’une heure pour les plus grands, il y a en fait une méthode: celle du pédagogue américain Matthew
Lipman, relayée au Québec et en Suisse par le Canadien Michel Sasseville.

Le principe ? Au fil de leurs interventions successives, les enfants apprennent à s’écouter, participent tour à tour à l’avancement de la discussion, formant ainsi «une communauté de recherche». Comme Socrate en son temps, l’enseignant est uniquement là pour les accompagner dans leur propre réflexion.

Dans ce cours de philo qui n’est en fait qu’un débat subtilement orchestré, l’animateur désigne : un président de séance, chargé de la bonne tenue du débat;  des reformulateurs, qui écoutent et réexpliquent les propos de leurs camarades ; des synthétiseurs qui, en fin de séance, restituent les propos échangés chronologiquement et résument l’essentiel.

Car dans le fond, ces cours de philo visent à «passer de l’anecdotique au dialogique» explique un enseignant de philo de l’école Moser, c’est-à-dire de «Ma grand-mère s’est fait mordre par un chien» à «Qu’est-ce que la peur ?»

Même l’Ecole-Club Migros s’y met: ses deux premières sessions, «Cours de philosophie pour les enfants» et «Dialogues philosophiques pour les adolescents» débutent bientôt. Devant un tel succès, on forme à tour de bras: à l’Institut de formation pédagogique des écoles privées (IFP), le stage «Les habiletés de pensée et les moyens didactiques en philosophie pour les enfants» affiche bientôt complet.

Le responsable pédagogique de l’IFP, Jean-Claude Bès, explique cet engouement: «Nous sommes dans une époque où nos enfants ont besoin de repères sociaux, moraux, éthiques. Avec la philosophie, on n’inculque pas la morale à l’enfant, mais on lui permet de se la construire.»

Des parents enthousiastes

Un parent d’élève confirme : «Personnellement, je trouve que ma fille écoute désormais avec intérêt les conversations, et prend du plaisir à discuter. La philo donne du relief à la vie. Au fond, le reste de leur enseignement est factuel. Nos enfants reçoivent trop d’informations. Ces cours de philosophie leur permettent d’être plus posés.»

Du côté de l’école publique, si la philosophie n’est pas au programme scolaire, la même méthode Lipman est néanmoins utilisée pour désamorcer les conflits entre élèves et enseignants, via la cellule de crise «Le Point» du Département d’instruction publique (DIP). François Bullat, qui y est consultant en médiation scolaire, a donné des pistes philo-pédagogiques à une dizaine d’écoles genevoises en 2009.

Remise au goût du jour pour apprendre à l’enfant à trouver sa place en société (prise de parole tour à tour, écoute, reformulation, synthèse), la philosophie peut aussi être un levier éducatif plus large.

A l’association Pro-Philo, Sophie Barathieu assure: «Le dialogue philosophique peut être au service de la médiation sociale, du dialogue intergénérationnel, interculturel, voire utile pour des problèmes
de délinquance juvénile.»

C’est aussi l’avis du psychiatre Nicolas Liengme, fondateur de l’association Païdos qui œuvre pour l’enfance et l’adolescence: «Ce type de méthode, qui instaure le dialogue sans jugement moral, construit l’enfant sur les plans intellectuel, émotionnel et social. Il instaure l’entraide entre les enfants et peut être utilisé comme moyen de prévention, notamment dans les cas de violence.»

La philosophie, qui fait aujourd’hui boule de neige à Genève, était préconisée en 1999 déjà, par l’Unesco et dès le plus jeune âge.

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La question de l’altérité

Publié par Hervé Moine le 17 février 2010

Les Rencontres de Sophie 2010

du 5 au 7 mars

à Nantes

Les autres

“Les autres” ne se peuvent nommer qu’en référence à un “nous” ou un “moi”, en tout cas à un homme qui a mis des millénaires à s’identifier comme “animal raisonnable”, situé entre le tout autre (l’être minéral, végétal et animal) et le Grand Autre (Dieu). Mais la modernité démocratique, du fait même de sa tentative de faire vivre ensemble des hommes déclarés “semblables” et donc d’égale dignité, a déplacé au sein même de l’humanité la question de l’altérité : les hommes ne diffèrent-ils pas plus qu’ils ne se ressemblent ? Aujourd’hui, la rencontre des cultures due à la mondialisation, les controverses politiques, morales et religieuses, l’évolution des sciences et des techniques mais aussi de la littérature et des arts, tout comme la libéralisation des moeurs, réactivent ces questions en déplaçant nombre de lignes de démarcation entre “les autres”, “eux et nous”, “toi et moi”, aussi bien dans la vie publique (discrimination, exclusion, choc des civilisations…) que dans la vie privée (jusqu’en amour et en amitié).

C’est à l’examen de ces questions que la dixième édition des Rencontres de Sophie invite le public, lors de conférences et débats, d’un abécédaire, d’un atelier philo-enfants, de cinés-philo et de projections vidéo.

Avec Michel Agier, Jean-Marc Ferry, Gilles Geneviève,  Sylvain George, Patrick Lang, Michela Marzano, Robert Misrahi, Catherine Portevin, Ollivier Pourriol, Joëlle Proust, Marie-Hélène Prouteau, Myriam Revault d’Allonnes, Christian Ruby, Jean Schneider, Paul Thibaud, Yves Touchefeu…

En partenariat avec

Télérama Arte RadioPhilosophie TV

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Gunter Gorhan, Philosophie et Psychanalyse

Publié par Hervé Moine le 16 février 2010

Conférence à Narbonne

Philosophie et Psychanalyse

conférence de Gunter GORHAN

lundi 1er mars à 18h30

Dans le cadre du pôle “Philosophie” de l’Université Populaire de Septimanie, Gunter GORHAN (Université Paris I ; animateur au Café Philo des Phares à Paris) interviendra le lundi 1er mars 2010 à partir de 18h30, au Club Léo Lagrange (27, Av. de Lattre de Tassigny 11100 Narbonne), autour du thème suivant : “Philosophie et psychanalyse”.

Philosophie et psychanalyse visent à répondre à  la même question : “Qu’est-ce que l’homme ?”, mais elles le font, chacune à sa façon. Cela peut prendre la forme d’un conflit ouvert, comme chez Freud : “La philosophie est d’essence paranoïaque”, ou chez Lacan qui parlait de la “racaille philosophique”. Les philosophes Deleuze et Guattari en revanche, ne voyaient dans la psychanalyse qu’un instrument d’asservissement au système dominant. D’autres conçoivent ces deux disciplines comme complémentaires, voire complices, en théorie et en pratique. Qu’en penser ?

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Séminaire : La cosmologie d’Ibn Ruchd

Publié par Hervé Moine le 15 février 2010

Séminaire du Centre d’Histoire des Sciences

et des Philosophies Arabes et Médiévales

UMR 7219 – CNRS

Université Paris-7 Denis Diderot

EPHE

Université Paris I

Détail de la toile du XIVe siècle, Triunfo de Santo Tomás, de Andrea de Bonaiuto

La cosmologie d’Averroès

le Commentaire moyen au De caelo d’Aristote

  • Séance du vendredi 19 février 2010, 15h-17h par Ahmad Hasnaoui (CNRS-UMR 7219) : L’unicité du monde
  • Salle des séminaires du Centre d’études anciennes

Ecole Normale Supérieure
45 rue d’Ulm, 75005 Paris

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Charles Wolfe et les mécanisme potentiellement émancipateurs de la globalisation

Publié par Hervé Moine le 15 février 2010

Dans le cadre des Rencontres de Bellepierre,

sur le thème de l’année “Vendre, échanger, donner”,

le philosophe Charles Wolfe donnera une conférence ce soir,

lundi 15 février 2010, sur le thème

“Empire et multitude.

Les mécanismes potentiellement émancipateurs de la globalisation.

Autour de Toni Negri”.

Rendez-vous à 18 heures au théâtre du Grand-Marché,

2, rue du Maréchal-Leclerc à Saint-Denis (Réunion).

Entrée libre et gratuite.

Tout public.

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“La mondialisation, pour le meilleur et pour le pire”

CLICANOO.COM | Publié le 15 février 2010

Charles Wolfe, historien et philosophe, donnera aujourd’hui à Saint-Denis une conférence sur “Les mécanismes potentiellement émancipateurs de la globalisation”.

Quelle est votre définition de la globalisation ?

C’est le processus, l’état de choses, la condition existentielle des échanges et de la déterritorialisation. Bien sûr il y a déjà là une sorte de romantisme à la Gauguin ou Conrad dans cette définition, car un grand capitaliste chinois ou britannique peut très bien passer toute une vie chez lui (ou elle) en spéculant sur des matières premières ou des devises à des dizaines de milliers de kilomètres de distance. Mais néanmoins, je pense que la mondialisation, pour le meilleur et le pire, c’est une destruction du vieux monde, au nom du profit mais aussi du changement en tant que valeur (le nouveau en tant que valeur intrinsèque) ; plutôt que d’être contre mieux vaut, en internaute, en penseur, en lecteur, “devenir-monde”.

Quels sont les mécanismes que vous jugez potentiellement émancipateurs ?

Apprendre des langues ; entrer dans la réalité virtuelle (à la World of Warcraft) ; réussir à voyager ; mais aussi tout bêtement travailler et se faire exploiter par une multinationale ; réussir à apprendre à parler à la fois dans la langue mineure de son chez soi et la langue majeure du pouvoir… Tout cela est émancipateur, potentiellement ou actuellement.

Dans une île comme la Réunion, avez-vous des inquiétudes ou des espoirs particuliers par rapport à la globalisation ?

Je ne connais pas encore la Réunion (sauf de réputation) ; mais quand on voit le désastre de l’affaire du voile islamique en France, sans parler du débat sur l’identité nationale, on est en droit de penser que la tolérance religieuse, l’hybridité, la souplesse par rapport au vieux “modèle-fantasme” républicain, est un atout pour une telle île, en comparaison avec la sclérose ou le manque de “compétitivité” de la métropole

Propos recueillis par Véronique Hummel

http://www.clicanoo.com/index.php?page=article&id_article=236525

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Qu’est-ce qu’une courbe ?

Publié par Hervé Moine le 14 février 2010

Vendredi 19 février 2010

Journée Nancy-Wuppertal

d’histoire des mathématiques

Qu’est-ce qu’une courbe ?

Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine

Salle internationale

Au programme de cette journée

10h 30 – 12h

René Guitart, Paris 7 – Centre Viete : La coordination curviligne de Lamé à Darboux

La coordination est une double question : générale d’abord, quand elle est liée à l’approche a priori de tout problème physique, de tous les corps, des formes quelconques dans l’espace et de la forme de l’espace lui-même ; et particulière ensuite, quand il faut déterminer quelles sont les coordinations analytiquement les plus simples suffisantes pour la résolution des problèmes physiques qui se présentent réellement.

Le premier aspect conduit à l’idée générale de variété, et sera par là utile à la mise en place notamment de la relativité générale, et le second aspect pointe sur les fonctions elliptiques et les équations fuchsiennes, par où s’exprimeront les équations précises de toutes les questions physiques classiques.

Dans cette conférence on va se limiter à pointer les origines historiques de cette double problématique au seul plan mathématique.

On va donc précisément articuler ce qui se passe à partir de l’invention des coordonnées curvilignes /générales/ par Lamé, et de l’invention des coordonnées curvilignes/ particulières/ cruciales que sont les coordonnées elliptiques, par le même Lamé, et du rapport qu’il expose entre celles-ci et les fonctions et courbes elliptiques. Puis on verra comment Darboux reprend la question générale dans l’ensemble de sa théorie des surfaces, et la question particulière autour des ovales cartésiennes, des cyclides et des courbes cycliques, et partant invente les coordonnées pentasphériques qui, si l’on peut dire, linéarise le circulaire, de sorte que la théorie des cyclides s’y métamorphose en théorie des quadriques. Avec ces outils, à savoir les coordonnées curvilignes générales et particulières adéquates dans l’espace, l’étude des problèmes physiques relève alors (et c’est encore une idée qui, dans sa forme générale systématique est due à Lamé) d’une analyse spectrale, de la détermination de fonctions propres d’un problème, et la résolution consiste en une décomposition (on pourrait dire encore une coordination du second ordre) des solutions dans la base des fonctions propres.

14h 15 – 15h 45

Evelyne Barbin, Nantes – Centre Viete, Interactions critiques entre courbes et fonctions de Leibniz à Jordan

L’instauration d’un concept de courbe au XVII^e siècle passe par la délimitation d’un univers d’objets nommés courbes et d’un procédé d’identification des différents objets dans cet univers. Dans les deux siècles suivants, les questions de délimitation, d’identification et de classement des courbes sont étroitement liées à l’introduction de la notion de fonction et à ses transformations, aux propriétés des fonctions et à leurs mises en relation. Nous examinerons de ce point de vue des interactions où, à différents moments historiques et chez certains mathématiciens, sont opposées, d’une part, une représentation géométrique de l’objet que l’on considère comme une courbe, et, d’autre part, une écriture symbolique qui a pour « fonction » de délimiter l’univers des courbes en identifiant et en classant ce même objet en tant que courbe.

16h – 17h 30

Jean Delcourt, Cergy-Pontoise, Qu’est ce qu’une courbe gauche au 18ème siècle ?

On sait que l’étude générale des courbe gauches a été initiée au dix-huitième siècle par Alexis- Claude Clairaut dans son traité sur les courbes à double courbure. Outre l’adaptation à l’espace des notions planes (tangente, courbure et cercle osculateur), des problèmes spécifiques à ces courbes se dégagent rapidement :

  • Comment reconnaître qu’une courbe de l’espace est une courbe plane (étudié par Clairaut,Tinseau, D’Alembert, Monge…) ?
  • Comment définir une seconde courbure, qui, avec la première, caractériserait une courbe de l’espace (Monge, Lacroix, Fourier, Lancret) ?
  • Comment généraliser la notion de développée, sachant que ce n’est plus l’ensemble des centres de courbure (Monge) ?

Nous allons nous intéresser à un autre aspect, celui du rapport entre les courbes de l’espace et les équations différentielles. Sachant qu’une équation aux dérivées partielles représente des surfaces, Monge affirme, dans un article aussi long que son titre : /Supplément où l’on fait voir que les équations au différences ordinaires, pour lesquelles les conditions d’intégrabilité ne sont pas satisfaites, sont susceptibles d’une véritable intégration, & que c’est de cette intégration que dépend celle des équations aux différences partielles élevées, que ce sont certaines équations différentielles ordinaires qui représentent les courbes de l’espace/.

Après avoir rappelé le cas des équations linéaires, cas traité par Clairaut et Euler, nous examinerons en détail l’article de Monge et ses prolongements dans certains textes de Lacroix.

La journée Nancy-Wuppertal d’Histoire des mathématiques est organisée par les Archives Poincaré et supportée par la Région Lorraine, les universités de Nancy et Wuppertal, la MSH Lorraine et l’ANR.

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Camus, sa position par rapport au christianisme

Publié par Hervé Moine le 13 février 2010

Du 15 mars 2010 au 16 mars 2010

à l’Institut Catholique de Paris

Camus, la philosophie et le christianisme

A l’occasion du 50ème anniversaire de la Mort d’Albert Camus, la Faculté de Philosophie de l’Institut Catholique de Paris et le Laboratoire d’Anthropologie Philosophique et de philosophie pratique, en partenariat avec la Société d’études camusiennes, organisent un Colloque universitaire international les 15 et 16 mars 2010, intitulé : “Camus, la philosophie et le christianisme.

Ce colloque étudiera comment Camus, qui rejetait l’esprit de système et l’idéologie religieuse et s’efforçait de vivre selon une éthique de l’existence absurde et révoltée, s’est situé par rapport au Christianisme au cours de sa vie, dans son oeuvre littéraire et dans sa pensée philosophique.

Albert Camus 1913-1960

Camus n’était pas un philosophe professionnel, il rejetait l’esprit de système tant dans la pensée que dans l’action. Il avait autant besoin de la littérature que de la philosophie pour exprimer et réfléchir l’existence, l’absurde, la révolte et l’engagement. La philosophie était pour lui d’abord une éthique répondant au défi de l’existence.

Le philosophe en effet, qui récuse les dogmes et les systèmes sans verser pour autant dans le pessimisme et le nihilisme, veut assumer une existence sans Dieu mais non sans valeurs. Il veut “être dans l’histoire en se référant à des valeurs qui dépasse l’histoire”, “servir la justice parce que notre condition est injuste”. Autrement dit, il y a une morale même s’il n’y a pas de métaphysique ni de théologie. Cette morale n’est pas exempte de spiritualité. Dans cette perspective il est intéressant d’interroger les rapports de Camus et du Christianisme.

Tout au long de sa vie, Camus a rencontré le Christianisme, dans les contextes culturels et sociaux qui furent les siens, dans les personnes qu’il a connues ou qu’il a imaginées et mises en scène, dans ses études et dans les débats que son œuvre a suscités.

Quelle expérience en a-t-il eue ? Quel rapport a-t-il entretenu avec lui ? Le philosophe résolu à vivre dans l’esprit de la révolte a certes combattu sans relâche le système idéologique religieux, mais il n’a pas ignoré le Christianisme comme style de vie.

Une quinzaine de conférenciers interviendront notamment :

  • Hans Achterhuis, Professeur émérite de philosophie systématique de l’Université de Twente
  • Peter Dunwoodie, Professeur de littérature française de l’Université de Londres
  • Hubert Faes, Professeur de Philosophie, Doyen Honoraire de la Faculté de Philosophie de l’Institut Catholique de Paris
  • Lissa Lincoln, Professeur de littérature de l’Université Américaine de Paris
  • Agnès Spiquel, Professeur de Littérature de l’Université de Valenciennes, Présidente de la Société d’études camusiennes
  • Heinz Robert Schlette, Professeur émérite de Philosophie de l’Université de Bonn
  • Maurice Weyembergh, Professeur émérite de Philosophie de l’Université Libre de Bruxelles

Informations pratiques

Sur inscription : 10€ un jour – 20€ les deux jours
Lieu : 21 rue d’Assas 75006 Paris
Contact : +33 (0)1 44 39 84 86

Programme et coupon réponse du colloque Camus (399,11 kB)
Responsable du coloque : Lissa Lincoln
Adresse : 31, avenue Bosquet, 75007, Paris

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Descartes ne serait pas mort d’une pneumonie

Publié par Hervé Moine le 12 février 2010

Il y a des preuves que René Descartes a été assassiné

Publié par Rue89 http://www.rue89.com

“Il y a des preuves que René Descartes a été assassiné” By Books Created 02/12/2010 – 17:20

[1]Il y a trois cent soixante ans, jour pour jour, dans la lointaine et glaciale Suède, s’éteignait René Descartes. Officiellement, d’une pneumonie. Dans un livre non encore traduit, l’universitaire allemand Theodor Ebert (professeur de philosophie à l’université d’Erlangen, en Bavière) remet en cause la version officielle. Entretien.

Mais d’abord, la version « officielle » : la reine Christine, qui avait attiré le philosophe à sa cour, obligeait Descartes à lui donner des leçons dès 5 heures du matin dans une pièce très mal chauffée : il en serait mort.

Pourtant, il y eut aussi des soupçons d’empoisonnement, vite étouffés. Dans « La Mort mystérieuse de René Descartes » (« Der rätselhafte Tod des René Descartes », non traduit en français), Theodor Ebert soutient donc, documents à l’appui, la thèse de l’assassinat.

Quelle est la version officielle de la mort de Descartes ?

Officiellement, Descartes est mort d’une pneumonie. C’est la version rapportée par Pierre Chanut, ambassadeur de France à Stockholm, dans sa lettre à la princesse Elisabeth de Bohème du 19 février 1650, et répétée depuis dans presque tous les livres qui donnent un récit de la mort du philosophe.

Pourquoi pensez-vous que cette version est erronée ?

La version officielle ne s’accorde pas bien avec les symptômes constatés dans les rapports sur la maladie, surtout avec ce que nous trouvons dans la longue lettre (en latin) du médecin Van Wullen et dans la lettre (en néerlandais) de Henri Schluter, le valet de Descartes.

Van Wullen raconte qu’en examinant l’urine de Descartes, il a vu que le philosophe était atteint de quelque chose de très grave (il emploie le mot grec « deinon ») et en a conclu à une mort imminente. Cela veut sans doute dire qu’il y avait du sang dans l’urine.

Or, ce n’est pas là un symptôme de pneumonie. C’est en revanche un symptôme d’empoisonnement, notamment à l’arsenic.

Van Wullen rapporte en outre que Descartes s’est fait préparer un émétique [2] et qu’il l’a bu afin de provoquer un vomissement. Quelle conclusion en tirer, sinon que le philosophe, qui connaissait bien la médecine de son temps, croyait avoir été empoisonné ?

Par la suite, la reine Christine de Suède a obligé Van Wullen à ne pas divulguer sa lettre. Cela montre qu’elle aussi s’était aperçue que, dans cette lettre, il n’était pas question d’une pneumonie. Bien sûr, Van Wullen dit que Descartes est mort d’une pleurésie (« peripneumonia »), donc d’une maladie des poumons.

Mais il est évident qu’il n’aurait pas pu parler ouvertement d’un empoisonnement (pas plus que Chanut) : cela aurait été un scandale absolu, et en ce temps-là il n’y avait aucun moyen scientifique de démontrer qu’une mort avait été causée par l’arsenic.

Etes-vous le premier à émettre l’hypothèse d’un assassinat ?

L’hypothèse d’un assassinat a déjà été émise par Eike Pies dans son livre « Der Mordfall Descartes » (« L’Affaire Descartes »), paru en 1996. Malheureusement, Pies a fondé sa thèse sur un seul document -la lettre de Van Wullen. Il a ignoré les autres textes qui relatent la maladie et la mort de Descartes (surtout la lettre de Schluter et les lettres de Chanut à Elisabeth). Il ne connait aucun des documents qui existent sur François Viogué à qui il veut attribuer le meurtre.

De plus, il a commis une vraie bévue en se vantant de la découverte de la lettre en question, alors que ce document avait été publié dans l’édition des « Œuvres de Descartes » par Adam et Tannéry -qu’il cite pourtant dans la bibliographie de son livre.

Qui était ce François Viogué, à qui vous attribuez le meurtre du philosophe ?

Viogué était aumônier à l’ambassade de France à Stockholm depuis plusieurs années et en même temps missionnaire pour les pays du Nord de la congrégation pontificale de Propaganda Fide. Il a très probablement commis ce meurtre au moyen d’une hostie empoisonnée à l’arsenic le 2 février 1650, jour de la fête de la purification de la Vierge.

Adrien Baillet, à qui nous devons une grande biographie de Descartes (publiée en 1691), rapporte que le philosophe a reçu la communion de la main de Viogué ce jour-là. Il cite, pour étayer cette affirmation, un rapport d’un membre de l’ambassade français (rapport aujourd’hui perdu).

De plus, il est probable que Descartes a reçu une deuxième hostie empoisonnée le 8 février, si l’on en croit Catherine Descartes, nièce du philosophe, qui rapporte en 1693, les propos d’une personne qui était à Stockholm en 1650.

Quelles auraient été les motivations de Viogué ?

Viogué connaissait les tendances catholisantes de la reine Christine. Il en avait informé ses supérieurs à Rome dès juin 1648.

Il est très probable qu’il a vu en Descartes un obstacle à la conversion de la reine à la foi catholique (Christine, pourtant élevée dans le protestantisme et reine d’un pays protestant, se convertira au catholicisme après son abdication en 1654).

Viogué est convaincu que la métaphysique de Descartes est incompatible avec la théologie catholique de la transsubstantiation -de la présence physique du corps du Christ dans l’hostie- et que sa métaphysique s’accorde beaucoup mieux avec l » « hérésie » calviniste.

C’est ce qui ressort clairement de ses lettres à Claude Clerselier de 1654 (lettres publiées pour la première fois en français et en traduction allemande dans mon livre).

Fait significatif, Viogué n’a pas voulu donner à Descartes (après tout son pénitent ! ) l’extrême onction.

Viogué a-t-il agi seul ? N’était-il pas l’instrument d’une plus vaste machination, impliquant les plus hauts responsables de l’Eglise catholique ?

Je suis convaincu que Viogué a agi seul et surtout que ses supérieurs à Rome n’ont rien à voir avec son forfait. Viogué a vécu en Suède pendant tout le temps des négociations qui ont amené Descartes à Stockholm.

Et, durant cette période, aucun cardinal ne s’est rendu à Stockholm (la Suède protestante était territoire ennemi pour Rome). Viogué n’a donc pas eu l’occasion de s’entretenir de vive voix de son projet avec un prélat.

Discuter un tel plan avec ses supérieurs à Rome par correspondance aurait été trop dangereux (même avec le système d’écriture chiffrée dont disposait le Vatican). Il n’est même pas sûr que les cardinaux de Rome aient pris très au sérieux l’information fournie en juin 1648 par Viogué au sujet de la sympathie éprouvée par Christine pour la religion catholique. Peut-être, après tout, ce jeune moine ne voulait-il que faire son fanfaron…

Pourquoi cette thèse de l’assassinat ne s’est-elle pas imposée ?

Pour plusieurs raisons. Lorsqu’elle a été exposée pour la première fois dans le livre de Pies, à cause de fautes commises par l’auteur et de son ignorance de documents importants, elle n’a pas été prise au sérieux. En outre, pour les spécialistes français de Descartes -souvent des catholiques- l’idée qu’il ait été assassiné par un prêtre de l’Eglise n’a pas un grand charme…

C’est probablement pour cela que Jean-Luc Marion, professeur à la Sorbonne, déclare dans Le Point que « la question, purement anecdotique, n’a aucun intérêt ».

A tout cela s’ajoute que des documents importants pour l’éclaircissement de ce problème n’ont pas été publiés dans l’édition des Œuvres de Descartes par Adam et Tannery (reéditée par Costabel et al.). C’est le cas des deux textes écrits par Viogué au sujet de Descartes et publiés dans la biographie de Baillet (1691) ou de la lettre d’Isaac Vossius à Saumaise du 16 février 1650 (publiée en latin et en traduction allemande dans mon livre).

D’autres textes n’avaient, quant à eux, jamais été publiés auparavant, comme les lettres de Viogué à Clerselier. Enfin, la lettre de Van Wullen n’a jamais été analysée sous l’angle médical -sauf par Pies-, et la lettre de Schluter jamais analysée du tout par qui que ce soit. Il reste à espérer qu’à l’avenir les spécialistes français de ce grand philosophe prendront plus au sérieux les documents concernant sa maladie et sa mort.

► Der rätselhafte Tod des René Descartes (« La mort mystérieuse de René Descartes ») de Theodor Ebert – éd. Alibri.

En partenariat avec Books [1]


URL source: http://www.rue89.com/2010/02/12/il-y-a-des-preuves-que-rene-descartes-a-ete-assassine-138138 Links:
[1] http://www.booksmag.fr/
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Émétique
[3] http://www.rue89.com/2008/12/30/pourquoi-fillon-veut-il-le-crane-de-rene-descartes-chez-lui
[4] http://www.rue89.com/tag/philosophie
[5] http://livre.fnac.com/a2768143/Genevieve-Rodis-Lewis-Descartes?Origin=RUE89_EDITO

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Félicité à philocité

Publié par Hervé Moine le 12 février 2010

Ci-dessous une communication de Romain Jalabert à propos de la constitution d’un groupe de travail sur la philosophie dans la cité “PHILOCITE”

Un groupe de travail sur la philosophie dans la cité (« Philocité ») est en train de se constituer. Vous trouverez ci-dessous une brève présentation du chantier. Pour recevoir un document de présentation plus détaillé, il suffit d’en faire la demande auprès de romainjalabert@yahoo.fr

Vous pouvez d’ores et déjà rejoindre la liste de diffusion « chantierphilocite », qui sera à la fois un lieu d’échange d’informations et d’annonces concernant les pratiques diverses de la philosophie dans la cité (les informations, messages ou annonces de toute autre nature seront à proscrire, ainsi que tout propos en violation de la loi républicaine), un lieu de discussion sur ces mêmes pratiques, un lieu de diffusion (articles, témoignages, interrogations, enquêtes, etc.), et un lieu de rencontre entre les différents acteurs du chantier susceptibles de collaborer dans leurs pratiques respectives ; il suffit d’adresser un courriel (sans aucun contenu) à l’adresse suivante : chantierphilocite-subscribe@yahoogroupes.fr Vous recevrez alors automatiquement une demande de confirmation par courriel. Il suffira de faire « répondre » à ce courriel (toujours sans mettre aucun contenu dans le courriel) et vous serez alors inscrit(e).

Brève présentation du chantier « Philocité » :

Suite aux 9èmes Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques, qui se sont tenues au Siège de l’UNESCO (à Paris) au mois de novembre 2009, plusieurs chantiers de travail ont été ouverts (“Cité”, “Cursus”, “Ecole”, “Entreprise, “Formation” et “Soin”). Ces chantiers de travail sont des espaces collaboratifs regroupant toutes les personnes qui souhaitent réfléchir, partager et/ou monter des projets dans des domaines spécifiques. Ces chantiers de travail sont ouverts à tous.

Le chantier « Philocité » est animé et coordonné par Gunter Gorhan (Animateur au Café Philo des Phares à Paris ainsi que dans des foyers de jeunes travailleurs ; Enseignant de l’Université Paris I – Droit privé – à la retraite) et Romain Jalabert (Café Philo et Université Populaire de Narbonne ; A.T.E.R. à l’Université Paul Valéry – Montpellier III).

Ce chantier a pour visée principale de recenser et d’interroger les diverses pratiques actuelles de la philosophie dans la cité : dans un café, une université populaire, un théâtre, un cinéma, une médiathèque, une maison de détention, un musée, un foyer de jeunes travailleurs, au cours d’un repas ou au détour d’une déambulation,etc., qu’y a-t-il de commun et/ou de différent dans ces pratiques plus ou moins nouvelles de la philosophie ? Comment fonctionnent-elles ? Quels en sont les acteurs ? Quels publics ? Qu’en est-il de leur sens, de leur « utilité » (individuelle et sociale) et de leur impact ? Quelles nouvelles pratiques philosophiques dans la cité de demain ?

Le chantier « Philocité » est un vaste projet qui s’articule autour de trois objectifs au moins :

  • Constituer une communauté de recherche francophone autour de toutes les (plus ou moins) nouvelles pratiques philosophiques qui ont (ou auront) cours dans la cité aujourd’hui (ou demain), connues ou inconnues à ce jour.
  • Recenser au fur et à mesure, et de manière la plus détaillée possible, toutes ces pratiques de la philosophie dans la cité.
  • Interroger toutes ces pratiques à la fois par le biais de textes (témoignages, réflexions, etc.), de rencontres mais aussi en choisissant des thèmes communs de réflexion, susceptibles d’être abordés dans les différents lieux de pratique et de faire ensuite l’objet de restitutions (par le biais de comptes rendus).

La progression de ce chantier de travail fera l’objet de restitutions régulières (à la fois ciblées selon la pratique et le thème abordés, et générales pour conserver une vue d’ensemble de l’état  du chantier), sous la forme de publications et de communications. Chaque édition nouvelle des Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques sera bien entendu l’occasion de faire le point sur le travail accompli et à accomplir.

Pour plus de détails, n’hésitez pas à adresser un courriel à : romainjalabert@yahoo.fr

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