Philosophie du vivre
Publié par Hervé Moine le 22 mars 2011
François Jullien
Philosophie du vivre
Gallimard Nrf mars 2011
Présentation de l’éditeur
Vivre nous tend entre l’un et l’autre : il dit à la fois l’élémentaire de notre condition – être en vie – et l’absolu de notre aspiration : “Vivre enfin!” Car que pourrions-nous désirer d’autre que vivre ? Vivre est en quoi nous nous trouvons toujours déjà engagés en même temps que nous ne parvenons jamais – pleinement – à y accéder. Aussi la tentation de la philosophie, depuis les Grecs, a-t-elle été de le dédoubler : d’opposer au vivre répétitif, cantonné au biologique, ce qu’elle appellera, le projetant dans l’Etre, la ” vraie vie”. Refusant ce report et circulant entre pensée extrême-orientale et philosophie, j’envisagerai ici quels concepts peuvent faire entrer dans une philosophie du vivre : le moment, l’essor opposé à l’étalement, l’entre et l’ambiguïté ; ou ce que j’appellerai enfin, prenant l’expression en Chine, la “transparence du matin “. Je me demanderai, plus généralement, comment chaque concept, pour se saisir du vivre, doit s’ouvrir à son opposé. Car comment s’élever à l’ici et maintenant sans se laisser absorber dans cet immédiat, ni non plus le délaisser ? Ce qui impliquera de développer une stratégie du vivre en lieu et place de la morale. Le risque est sinon d’abandonner ce vivre aux truismes de la sagesse ; ou bien au grand marché du développement personnel comme au bazar de l’exotisme. Car cet entre-deux, entre santé et spiritualité, la philosophie ne l’a-t-elle pas – hélas! – imprudemment laissé en friche ?
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L’auteur : François Jullien
Philosophe et sinologue François Jullien est professeur à l’université Paris 7-Denis-Diderot et membre de l’Institut universitaire de France. Il dirige l’Institut de la pensée contemporaine.
L’œuvre de François Jullien trouve son point de départ dans l’écart qu’il fait travailler entre les pensées de l’Europe et de la Chine ainsi que dans le dialogue philosophique qui en découle. Non pas en prônant l’altérité de la Chine, mais en tirant stratégiquement parti de l’extériorité de la pensée chinoise vis-à-vis de l’européenne pour ouvrir des prises obliques sur notre impensé — et ce, dans de nombreux domaines : la morale (Dialogue sur la morale), les logiques du sens (Le Détour et l’accès), l’art (Éloge de la fadeur, Le Nu impossible), et aussi la stratégie (Traité de l’efficacité), la création poétique, les relations entre maîtres et disciples, etc.
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