La peur comme ciment de l’union sociale
Publié par Hervé Moine le 10 octobre 2011
La société.
La peur est-elle au fondement du lien social ?
Conférence de Florence Grumillier
Samedi 15 octobre 2011
à 17h15
Salle Jean Pellerin à Toul
Peur ou angoisse
Article de Martine Schoenstein paru dans l’Est Républicain
Après “La beauté”, “La vie”, puis “L’imagination”, place à “La société”, le nouveau thème choisi par Florence Grumillier, dans le cadre de ses rendez-vous philosophiques, proposés par la médiathèque, à l’autonme puis au printemps. Toujours ssous l’égide de l’association Phil’Arts.
Pour ce nouveau rendez-vous, l’ex-enseignante de la Doctrine Chrétienne invite le public à gagner la salle Jean Pellerin, samedi 15 octobre 2011, à 17h15 afin d’évoquer “un sujet porteur et culturel” qu’elle développera, sous forme d’un questionnement : “La peur est-elle aux fondements du lien social ?”
L’occasion pour l’agrégée de philosophie d’évoquer la distinction entre peur et angoisse; Et de proposer une thèse selon laquelle l’origine de l’angoisse est difficile à désigner, alors que la peur peut- être nommée. A l’image des grandes peurs des siècles passés, comme la peste ou le choléra. L’angoisse en revanche pouvant être considérée comme un état latent, invisible et souvent difficile à déterminer, toutefois et parfois matérialisée par des signaux concrets “comme la fameuse gorge nouée” explique l’agrégée de philosophie qui souhaite encore et toujours ouvrir cette rencontre à un large public.
Cette conférence-débat sera d’ailleurs illustrée, cette fois aussi, par des tableaux et commentaires choisis par Sylvie Prévost, professeur de lettres au lycée Majorelle. Un tandem tourné vers la volonté de transmettre sa passion pour la philosophie et les bienfaits qu’elle peut engendrer, en ce siècle mouvementé…
Un extrait de la réflexion de Florence Grummillier
Qu’est ce qui fait la cohésion d’une société, quel est son fondement, autrement dit son assise, ce qui la soutient ? Comme nous l’indique l’expression « lien social », la société en effet n’est pas un simple agrégat ou une simple somme d’individus. Vivre en société, ce n’est pas vivre simplement regroupés. Une société est une union, une alliance de plusieurs individus autour d’intérêts communs. Ces liens peuvent être des valeurs, mais aussi des affects : passions, sentiments, émotions … La peur en ferait-elle partie? La peur recouvre une gamme de sentiments et d’émotions allant de la crainte et de l’appréhension aux terreurs les plus vives. Elle est dirigée vers l’avenir dans lequel elle redoute tel ou tel objet qui constitue une menace, un danger pour la vie (réel ou imaginaire). En cela, elle diffère, comme l’a bien montré Heidegger, de l’angoisse qui porte sur l’inconnu, alors que l’objet de la peur est connu. L’angoisse est un trouble, un malaise sans objet précis, au contraire de la peur, qui le nomme, l’identifie. Soit la célèbre scène du film d’Hitchcock, Psychose, la scène dans la douche où le meurtrier s’apprête à tuer l’héroïne. Cette scène est sans surprise, pour avoir déjà vu le film ou avoir entendu raconter cette scène, chacun sait qu’elle aura lieu. Et pourtant, quand elle arrive, elle fait très peur.
La question, à savoir si la peur peut être un ciment de l’union sociale, peut paraître choquant…
Lire la suite http://www.philoflo.fr/resources/La+peur+est+au+fondement+du+lien+social.pdf
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