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	<description>Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l&#039;actualité</description>
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		<title>L’animal, atelier de philosophie</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 13:42:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cycles de Conférences La philosophie et l&#8217;animal L&#8217;animal par Didier Heulot Les lundis 21 mai, 28 mai et 04 juin 2012 Lorsque je regarde mon chat, il me laisse perplexe. Autant je peux croire, un instant, qu’il me regarde, que je suis dans sa ligne de mire, visé par ses yeux et son esprit, au [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4218&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><img class="alignleft" src="http://www.dauphinlibre.be/orangmother.jpg" alt="" width="302" height="481" />Cycles de Conférences</h2>
<h2>La philosophie et l&#8217;animal</h2>
<h2>L&#8217;animal par Didier Heulot</h2>
<h2>Les lundis 21 mai, 28 mai et 04 juin 2012</h2>
<blockquote>
<p align="JUSTIFY">Lorsque je regarde mon chat, il me laisse perplexe. Autant je peux croire, un instant, qu’il me regarde, que je suis dans sa ligne de mire, visé par ses yeux et son esprit, au point que l’envie me vient de lui parler, de lui sourire, comme si son regard était une attente, un souhait exprimer de ne pas le laisser seul. Autant, l’instant suivant, je suis repris par ce même regard et je suis désillusionné, car il n’est plus un regard, mais un objectif d’appareil photo ou une optique mécanique et froide, et il faut que je me rende à l’évidence, il ne me regarde pas, il ne me vise pas, ou si je veux vraiment qu’il me regarde alors j’ai affaire à un regard qui me cherche comme s’il ne me voyait pas, il se tourne dans ma direction mais ne me voit pas, ou en tout cas ne me voit pas comme je vois, son œil est trop fixe, trop froid, il n’est pas humain.</p>
<p align="JUSTIFY">Ne sommes-nous pas toujours dans ce balancement avec l’animal, hésitant sans cesse entre une commune nature avec nous et une étrangeté irréductible ? Descartes, contre Montaigne, a voulu résoudre le problème en prenant les animaux pour des machines : non qu’ils le soient vraiment, mais on peut sans doute s’en contenter. La reprise chrétienne par Malebranche scellera définitivement le sort des animaux : ce sont de pures mécaniques innocentes. Il faudra attendre 1789 et Jérémy Bentham pour qu’une souffrance animale soit possible, envisagée, conçue et ayant pour conséquences des droits animaux. Mais le droit est ambigu, la nature de l’animal n’est toujours pas déterminée, que sont-ils ou « qui sont-ils ? »</p>
<p align="JUSTIFY">C’est la phénoménologie de Heidegger qui nous mettra sur la voie : l’animal est pauvre en monde et, définitivement, différent de moi. Qu’est-ce qui rend impossible une continuité entre lui et moi ? Qu’est-ce qui, pourtant, n’en fait pas un étranger absolu ? N’est-il pas ce type particulier d’altérité, qui n’est ni l’altérité de l’autre homme, ni l’altérité complète ? Peut-on sans excès lui attribuer le rang et la dignité d’un sujet ?</p>
<p align="JUSTIFY">Il faudra aussi revoir notre attitude, à partir de cette ignorance : avons-nous tous les droits envers ceux qui n’en ont pas ? La question des droits animaux est-elle fondamentale ? Ne faut-il pas plutôt revoir notre attitude envers eux et envisager une communauté avec ceux dont, il faudra le reconnaître une bonne fois, on ne peut se passer ?</p>
</blockquote>
<h3 align="JUSTIFY">Bibliographie :</h3>
<p align="JUSTIFY"><strong>L’animal-machine.</strong></p>
<ul>
<li><strong>Descartes</strong>, <em>Lettre au Marquis de Newcastle, Lettre à Morus du 5 février 1649 </em>et<em> Discours de la méthode, 5ème partie, </em>dans <em>Œuvres complètes</em>, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1953.</li>
<li><strong>Montaigne</strong>, <em>Les Essais, </em>livre II chap. XII, <em>Apologie de Raimond Sebond,</em> dans <em>Œuvres complètes,</em>Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris,1962.</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><strong>L’animal comme sujet, entre la machine et l’homme.</strong></p>
<ul>
<li><strong>Husserl</strong>, <em>Le monde et nous. Le monde environnant des hommes et des bêtes.</em> Husserliana XV, 1934.</li>
<li><strong>Martin Heidegger</strong>, <em>Les Concepts fondamentaux de la métaphysique,</em> Gallimard, Paris, 1992.</li>
<li><strong>Elisabeth de Fontenay</strong>, <em>Le Silence des bêtes : la philosophie à l’épreuve de l’animalité. </em>Fayard, Paris, 1998.</li>
<li><strong>Jacques Derrida</strong>, <em>L’Animal donc que je suis</em>. Galilée, Paris, 2006.</li>
<li><strong>Dominique Lestel</strong>, <em>L’Animal est l’avenir de l’homme</em>. Fayard, Paris, 2010.</li>
<li><strong>Etienne Bimbenet</strong>, <em>L’Animal que je ne suis plus.</em> Folio-Essais, Gallimard, Paris, 2011.</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><strong>Des droits animaux ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>Tom Regan</strong>, <em>The Case for Animal Rights</em>, Berkeley, University of California Press, 1983.</li>
<li><strong>Peter Singer</strong>, <em>La Libération animale</em>, Grasset, Paris,1993.</li>
<li><strong>Jonathan Safran Foer</strong>, <em>Faut-il manger les animaux ?</em> Éditions de l’Olivier, Paris, 2010.</li>
<li><strong>Françoise Armengaud</strong>, <em>Réflexions sur la condition faite aux animaux,</em> Kimé, Paris, 2011</li>
</ul>
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			<media:title type="html">Hervé Moine</media:title>
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		<title>Des mots pour les maux de la société : inégalités, injustices, violences sociales</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 13:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Inégalités et violences sociales : &#8220;Dire l’injustice&#8221; Du 31 mai au 2 juin 2012 Université de Poitiers En partenariat avec l’espace Mendès-France (Poitiers), L’Observatoire des inégalités et la revueRaison publique et avec le soutien de la Région Poitou-Charentes, du Grand Poitiers, de l’Université de Poitiers, du laboratoire Forell, de l’Équipe d’Accueil MAPP, et de l’Association culturelle [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4213&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<h2 style="padding-left:30px;"><span style="color:#800000;"><strong><img class="alignleft" src="http://maison-des-sciences.org/wp-content/themes/emf2008/images/logo_label.gif" alt="Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle" width="291" height="120" />Inégalités et violences sociales : </strong></span></h2>
<h2 style="padding-left:30px;"><span style="color:#800000;"><strong>&#8220;Dire l’injustice&#8221;</strong></span></h2>
<h2 style="padding-left:30px;"><span style="color:#800000;">Du 31 mai au 2 juin 2012</span></h2>
<h2 style="padding-left:30px;"><span style="color:#800000;"><strong>Université de Poitiers</strong></span></h2>
<p style="text-align:justify;">En partenariat avec l’espace Mendès-France (Poitiers), L’Observatoire des inégalités et la revue<em>Raison publique et a</em>vec le soutien de la Région Poitou-Charentes, du Grand Poitiers, de l’Université de Poitiers, du laboratoire Forell, de l’Équipe d’Accueil MAPP, et de l’Association culturelle de l’UFR Lettres et Langues. L&#8217;entrée est libre.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><strong>&#8220;<span style="color:#800000;">À quoi reconnaît-on l’injustice d’une société ?</span></strong> Depuis le début des années 1980, un pan important de la recherche contemporaine et une part non moins significative des discours relayés ou construits par la littérature, l’art et les médias ont répondu à cette question essentiellement à travers le prisme de la misère et de l’exclusion. Tout en s’inscrivant dans la continuité de cette préoccupation éthique et politique, ce colloque tentera de penser dans un cadre plus vaste l’injustice sociale et ses représentations. Plutôt que la seule catégorie de l’exclusion, c’est la notion d’inégalité qui nous permettra d’interroger le caractère juste ou injuste de l’ordre social pris dans son ensemble. Plutôt que la figuration de l’opprimé en tant qu’exclu du champ social, ce sont les représentations de l’écart, de la cohabitation, des « misères de position » qui se trouveront au centre de la réflexion. L’ambition sera ici de saisir et de questionner, dans l’écriture et la forme elles-mêmes, telle que celles-ci se déploient en philosophie, en littérature, en art et dans le champ des sciences sociales, la diction de l’inégalité et le répertoire des perceptions, émotions, sentiments, représentations et idéaux à travers lequel elle se constitue comme injustice et comme violence. En proposant une analyse critique des représentations dominantes, des formes artistiques et des discours savants, on réfléchira ainsi autant aux mécanismes à travers lesquels se construisent des figurations communes de l’injustice qu’à la forme non pleinement figurée de la violence sociale (forme partielle, partiale, perverse, opaque, etc.).&#8221;</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"><strong>Contacts :</strong></p>
<ul>
<li>Raphaëlle Guidée, MCF Littératures comparées, Forell, <a href="mailto:raphaelle.guidee@univ-poitiers.fr">raphaelle.guidee@univ-poitiers.fr</a></li>
<li>Patrick Savidan, Professeur de Philosophie, MAPP, <a href="mailto:patricksavidan@gmail.com">patricksavidan@gmail.com</a></li>
</ul>
<h3 style="text-align:justify;"><span style="color:#800000;"><strong>Au programme du colloque</strong></span></h3>
<p style="text-align:justify;">Un colloque sur les inégalités et les injustices ne saurait se concevoir à l’écart du public. Toutes les communications seront donc conçues dans la mesure du possible dans un esprit d’ouverture au public non spécialiste et seront prolongées par un débat sous forme de table ronde.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#800000;"><strong>Jeudi 31 mai 2012</strong></span></p>
<ul>
<li><strong>18h30-20h, conférence d’ouverture du colloque, Maison de la Région </strong>: Pierre Rosanvallon (Professeur au Collège de France), suivie d’un apéritif dînatoire.</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#800000;"><strong>Vendredi 1<sup>er</sup> juin 2012</strong></span></p>
<ul>
<li><span style="color:#800000;"><strong>Matinée, 9h-11h, Espace Mendès-France :</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><span style="color:#800000;"><strong>INJUSTICES ET SOUFFRANCES SOCIALES : REPENSER LES INEGALITES</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;">Les représentations traditionnelles des inégalités associaient l’inégalité à la lutte des classes ou limitaient la souffrance sociale à l’expérience des exclus. Comment repenser les inégalités dans un cadre élargi, qui permette d’appréhender l’ensemble des expériences contemporaines de l’injustice ?</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Président de séance :</strong> Patrick Savidan (Pr. de philosophie, Université de Poitiers)</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Intervenants :</strong> Anne-Laure Bonvalot (doctorante en Littérature espagnole, Université Montpellier III), Nicolas Duvoux (MCF sociologie, Université Paris Descartes), Louis Maurin (directeur de l’observatoire des inégalités).</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>11h-12h30 : Représentations théâtrales des inégalités, espace Mendès-France : rencontre avec Didier Bezace </strong>(acteur, metteur en scène, directeur du <em>Théâtre de la Commune</em> d’Aubervilliers) animée par Monique Le Roux (MCF Littératures comparées à l’Université de Poitiers, critique théâtrale à <em>La Quinzaine Littéraire</em>).</p>
<ul>
<li><span style="color:#800000;"><strong>Après-midi, 14h-16h30, Espace Mendès-France :</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><span style="color:#800000;"><strong>DE L’INEGALITE COMME INJUSTICE, CONSTRUCTIONS D’UN IMAGINAIRE COMMUN</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;">Comment se construit l’imaginaire commun des violences sociales d’une époque ? Quels sont les instruments de légitimation qui participent à la reconnaissance d’une inégalité comme injustice, ou qui conduisent inversement à masquer certaines souffrances sociales ? Quels sont les rôles des écrivains, des artistes, des experts ou des témoins ?</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Président de séance :</strong> Emmanuel Bouju (Pr de Littérature comparée, Université de Rennes II)</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Intervenants :</strong> Christine Baron (Pr. de Littérature comparée, Université de Poitiers), Jean-Paul Engélibert (Pr. de Littérature comparée, Bordeaux 3), Sylvie Laurent (MCF Littérature américaine Sciences po, Harvard), Ruwen Ogien (philosophe, directeur de recherche CNRS, CERCES).</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>20h30, Filmer les inégalités, TAP Cinéma </strong>: projection du film de Sylvain George, <em>Qu’ils reposent en révolte</em>, suivie d’un débat avec le réalisateur animé par Marie Martin (MCF études cinématographiques, Poitiers).</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#800000;"><strong>Samedi 2 juin 2012</strong></span></p>
<ul>
<li><span style="color:#800000;"><strong>Matinée, 10h-12h30, Espace Mendès-France</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><span style="color:#800000;"><strong>OBSERVER LES INEGALITES</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;">Quoi de commun entre l’expérience de la pauvreté dans un pays développé et dans un pays du tiers-monde ? Quels liens entre inégalités sociales et inégalités sexuelles, raciales, territoriales ? Quels instruments statistiques, rhétoriques ou artistiques pour appréhender l’écart et la similitude des situations de souffrance sociale ?</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Président de séance :</strong> Cédric Rio (Observatoire des inégalités,  coordonnateur de Inequality Watch)</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Intervenants :</strong> Vincent Bonnecase (historien, Chargé de recherche CNRS, section 40 Science politique et sociologie des organisations), Coline Cardi (MCF en sociologie, Université Paris 8), Raphaëlle Guidée (MCF en littérature comparée, Université de Poitiers), Wilfried Serisier (Institut français de géopolitique).</p>
<ul>
<li><span style="color:#800000;"><strong>Après-midi, 14h30-17h, Espace Mendès-France</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><span style="color:#800000;"><strong>EPROUVER L’INJUSTICE SOCIALE</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;">Quels sont les idées, les idéaux, les émotions qui peuvent nous conduire à voir dans un écart donné une forme inacceptable d’inégalité ? Comment articuler émotions et action, éthique et politique ?</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Présidente de séance :</strong> Raphaëlle Guidée (Université de Poitiers)</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>Intervenants :</strong> Solange Chavel (MCF philosophie, Université de Poitiers), Lucie Campos (Docteure en littérature comparée, Paris 8), Inès Cazalas (Docteure en Littérature comparée, ATER à l’Université de Provence), Marie Martin (MCF Etudes cinématographiques, Université de Poitiers).</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:60px;"><strong>18h-20h, Vernissage de l’exposition « Photographier les inégalités » au <em>Plan B</em> </strong>(30-32, Blvd du Grand Cerf, Poitiers) : apéritif de clôture du colloque et remise des prix du concours photo.</p>
</div>
<blockquote>
<div style="text-align:justify;">Responsable : <a href="mailto:raphaelle.guidee@univ-poitiers.fr" target="_blank">Raphaëlle Guidée (Forell) et Patrick Savidan (CRHIA)</a></div>
<div style="text-align:justify;">Url de référence :<br />
<a href="http://maison-des-sciences.org/7639/inegalites-et-violences-sociales-dire-linjustice/" target="_blank">http://maison-des-sciences.org/7639/inegalites-et-violences-sociales-dire-linjustice/</a></div>
<div style="text-align:justify;">Adresse : Université de Poitiers,15 rue de l&#8217;Hôtel Dieu86000 PoitiersEspace Mendès France1 place de la Cathédrale, 86000 POITIERS</div>
</blockquote>
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			<media:title type="html">Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle</media:title>
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		<item>
		<title>Réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d&#8217;être et de connaître</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 13:32:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
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		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Serres]]></category>
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		<description><![CDATA[Michel Serres Petite Poucette Edition le Pommier mars 2012  &#62; Se procurer Petite poucette de Michel Serres Présentation de l&#8217;éditeur Le monde a tellement changé que les jeunes se doivent de tout réinventer ! Pour Michel Serres, un nouvel humain est né, il le baptise &#8221; Petite Poucette &#8220;, notamment pour sa capacité à envoyer des messages [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4205&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Michel Serres Petites Poucette" href="http://www.amazon.fr/gp/product/274650605X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=274650605X" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://www.place-publique.fr/local/cache-vignettes/L198xH300/arton6562-b7066.jpg" alt="" width="198" height="300" /></a></p>
<blockquote>
<h2 style="text-align:justify;"><span style="color:#cb3440;">Michel Serres</span></h2>
<h2 style="text-align:justify;"><span style="color:#cb3440;">Petite Poucette</span></h2>
<h2 style="text-align:justify;"><span style="color:#cb3440;">Edition le Pommier mars 2012</span></h2>
<h3 style="text-align:justify;"> &gt; Se procurer <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/274650605X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=274650605X" target="_blank">Petite poucette</a> de Michel Serres<img style="border:none!important;margin:0!important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=actphi-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=274650605X" alt="" width="1" height="1" border="0" /></h3>
<h3 style="text-align:justify;">Présentation de l&#8217;éditeur</h3>
<div style="text-align:justify;">
<p>Le monde a tellement changé que les jeunes se doivent de tout réinventer ! Pour Michel Serres, un nouvel humain est né, il le baptise &#8221; Petite Poucette &#8220;, notamment pour sa capacité à envoyer des messages avec son pouce. Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l&#8217;oral à l&#8217;écrit, puis de l&#8217;écrit à l&#8217;imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, &#8211; le passage aux nouvelles technologies &#8211; tout aussi majeure, s&#8217;accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises. Devant ces métamorphoses, suspendons notre jugement. Ni progrès, ni catastrophe, ni bien ni mal, c&#8217;est la réalité et il faut faire avec. Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d&#8217;être et de connaître&#8230; mais il faut lui faire confiance !</p>
<div></div>
</div>
</blockquote>
<h3><img class=" wp-image-4206 alignright" title="Michel Serres" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2012/05/michel-serres.jpg?w=253&h=291" alt="" width="253" height="291" />Michel Serre</h3>
<div style="text-align:justify;">Professeur à Stanford University, membre de l&#8217;Académie française, Michel Serres est l&#8217;auteur de nombreux essais philosophiques et d&#8217;histoire des sciences, dont les derniers, Temps des crises et Musique ont été largement salués par la presse. Il est l&#8217;un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture. Ses chroniques sur &#8221; France info &#8221; sont très écoutées et lui ouvrent un plus large public.</div>
<h2>_________________________________</h2>
<blockquote>
<h2>Générations : Le Philosophe et la Jeune Fille</h2>
<h4><a href="http://www.place-publique.fr/spip.php?article6562">http://www.place-publique.fr/spip.php?article6562</a></h4>
<h4>Article de Caroline de Hugo paru dans le Magazine de mai 2012 de Place Publique</h4>
<div>
<p style="text-align:justify;">Dans un petit ouvrage en forme de plaidoyer, Michel Serres observe avec bienveillance la naissance d’une jeune génération qui va devoir réinventer le monde.</p>
</div>
<p style="text-align:justify;">Bien sûr, Michel Serres est l’un de nos plus célèbres philosophes. Mais c’est aussi un historien des sciences et un grand pédagogue, passionné par l’idée de la transmission du savoir. Dans Petite Poucette, il raconte l’histoire de la naissance d’une nouvelle race humaine : les Petit Poucet et Petite Poucette. Il les a ainsi baptisé à cause de l’impressionnante dextérité avec laquelle ces jeunes mutants utilisent leurs deux pouces pour envoyer des SMS à leurs milliers « d’amis » et twitter leur vie en temps réel. Michel Serres les envisage avec tendresse, ces écoliers qui grandissent dans un monde en plein bouleversement.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La troisième révolution est en marche.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Lui, comme nous tous est un enfant de la deuxième révolution, celle du passage de l’écrit à l’imprimé qui a succédé à la première, celle du passage de l’oral à l’écrit. En scrutateur avisé des transformations du monde et des hommes, il analyse le fossé qui se creuse entre nous et ces enfants de la troisième révolution, celle des nouvelles technologies.<br />
Cette faille est plus profonde encore que ceux qui marquèrent la fin de l’empire romain ou la Renaissance. Déjà, nous ne parlons plus la même langue. Alors que depuis Richelieu, l’Académie française publie tous les vingt ans un nouveau Dictionnaire, riche de quatre à cinq mille mots nouveaux, la prochaine version différera d’au moins trente cinq mille mots. À ce rythme, explique l’académicien, &#8220;assez vite nos successeurs pourraient se trouver aussi séparés de notre langue que nous le sommes de l’ancien français pratiqué par Chrétien de Troyes ou Joinville&#8221;. Leur géographie aussi est différente de la notre, eux qui n’habitent plus le même espace que nous : &#8220;Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la Toile, à tout le savoir ; ils hantent donc un espace topologique de voisinage, alors que nous vivons dans un espace métrique, référé par des distances&#8221;.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Cours Poucette, le vieux monde est derrière toi !</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Contrairement à leurs grands-parents, Petite Poucette et ses congénères n’ont pas connu la famine ou la guerre. À leur naissance programmée, ils peuvent espérer vivre quatre vingt ans et vivre plusieurs vies amoureuses successives, au cœur de mégapoles interconnectées. Ils vont pratiquer de nouveaux métiers et se déplacer sans cesse, dans un monde où le multiculturalisme est devenue la règle.<br />
Quand nous, &#8220;nous vivions d’appartenances à des régions, des religions, des cultures, rurales ou urbaines, des équipes, des communes un sexe, un patois, un parti, la Patrie&#8221;, eux sont redevenus des individus. D’après Michel Serres, c’est plutôt une bonne nouvelle, au vu des crimes du passé commis au nom du collectif. Un passé pour lequel le philosophe n’éprouve pas de nostalgie particulière, lui qui observe avec émerveillement les soubresauts d’un nouveau monde qui s’élabore. Il le sait bien, les périodes de crise se sont toujours accompagnées de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit, s’est inventée la pédagogie. Lors de l’invention de l’imprimerie, nous avons préféré, comme Montaigne posséder une tête bien faite à une tête bien pleine, sûrs que nous étions de pouvoir accéder au savoir accumulé dans les rayonnages remplis de livres et dispensé par les professeurs.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Comment penser, la tête dans les mains.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Or Petite Poucette, elle, n’a plus besoin de travailler dur pour apprendre le savoir. Il lui suffit d’ouvrir son ordinateur, cette tête qu’elle tient dans ses mains, &#8220;bien pleine en raison de la réserve énorme d’informations, mais aussi bien faite, puisque les moteurs de recherche y activent , à l’envi, textes et images, et que dix logiciels peuvent y traiter d’innombrables données, plus vite qu’elle ne le pourrait. Elle tient là, hors d’elle sa cognition jadis interne, comme saint Denis tint son chef hors du cou&#8221;. Avec ce décollement, le sujet même de la pensée vient de se métamorphoser.<br />
Les neurones activés des Petits Poucets diffèrent de ceux auxquels l’écriture et la lecture se référaient dans la tête des hommes du XXe siècle. Ils vivent et pensent dans un bruissement virtuel. Dès lors, comment enseigner le savoir ?<br />
Dans ce léger brouhaha des voix du XXIe siècle, tout reste à réinventer. Le vieux philosophe a décidé de suivre allégrement les petits cailloux blancs semés par les Petits Poucets pour imaginer avec eux ce que pourrait être notre vivre ensemble. Ce chemin qui nous mènera du modèle pyramidal et figé de l’antique Tour de Babel ou de la Tour Eiffel à celui, incandescent d’une « tour dansante, volubile, mobile, bariolée, fluctuante, nuée, musicale, vivace, kaléidoscopique ». Celle de notre avenir planétaire commun.</p>
</blockquote>
<h3>&gt; Se procurer <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/274650605X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=274650605X" target="_blank">Petite poucette</a> de Michel Serres<img src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=actphi-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=274650605X" alt="" width="1" height="1" border="0" /></h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/actuphilo.wordpress.com/4205/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/actuphilo.wordpress.com/4205/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4205&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Hervé Moine</media:title>
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			<media:title type="html">Michel Serres</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Une place pour rappeler la mission de l&#8217;éducateur</title>
		<link>http://actuphilo.com/2012/03/05/une-place-pour-rappeler-la-mission-de-leducateur/</link>
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		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 14:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
				<category><![CDATA[brève]]></category>
		<category><![CDATA[Madeleine Daniélou]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie de l'éducation]]></category>

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		<description><![CDATA[Longtemps restées dans l&#8217;ombre, des femmes sont mises à l&#8217;honneur dans la capitale. Des rues, des édifices,des places parisiennes portent leur nom. &#8220;Depuis 2001, ce sont 24 femmes remarquables qui ont leur nom gravé et affiché au regard des passants. Leurs actions héroïques ou leurs talents ne seront pas oubliés.&#8221; Paris honore donc des femmes en [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4189&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-full wp-image-4190 alignleft" style="border-color:initial;border-style:initial;" title="Madeleine Daniélou" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2012/03/madeleine-danic3a9lou.jpg" alt="" width="116" height="94" /></p>
<p style="text-align:justify;">Longtemps restées dans l&#8217;ombre, des femmes sont mises à l&#8217;honneur dans la capitale. Des rues, des édifices,des places parisiennes portent leur nom. &#8220;Depuis 2001, ce sont 24 femmes remarquables qui ont leur nom gravé et affiché au regard des passants. Leurs actions héroïques ou leurs talents ne seront pas oubliés.&#8221; Paris honore donc des femmes en leur attribuant des lieux pour que le temps n&#8217;efface pas la mémoire.</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 153px"><img src="http://www.liberte-scolaire.com/wp-content/uploads/2011/11/Madeleine-Danielou-liberte-scolaire.jpg" alt="Madeleine DaniéMadeleine Daniélou" width="143" height="229" /><p class="wp-caption-text">Madeleine Daniélou</p></div>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est le cas notamment de Madeleine Daniélou qui a &#8221; donné son nom à la partie de la place appartenant à la Ville de Paris, située en limite communale de Neuilly-sur-Seine et de Paris, à l’intersection de la rue Cino del Duca et du bd d’Aurelle de Paladines dans le 17e arrondissement.&#8221; Extrait de l&#8217;article publié sur le site de Paris &#8220;Ces femmes remarquable dont Paris s&#8217;honore (<a href="http://www.paris.fr/accueil/accueil-paris-fr/ces-femmes-remarquables-dont-paris-s-honore/rub_1_actu_111975_port_24329">Voir l&#8217;article complet</a>)</p>
<p style="text-align:justify;">Née en 1880 et morte en 1956, Madeleine Daniélou est la fondatrice d&#8217;un groupe d&#8217;écoles libres pour les jeunes filles : les collèges Sainte-Marie et les écoles Charles-Péguy. Elle fut reçue première à l&#8217;agrégation de lettres en 1903. Elle est en outre l&#8217;auteure de nombreux ouvrages sur la philosophie de l&#8217;éducation et notamment sur Fénelon.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>&#8220;Discerner la ligne de l’élan créateur dans un être et la suivre&#8221;, </strong>telle est l&#8217;une des missions de l&#8217;éducateur selon Madeleine Daniélou.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/actuphilo.wordpress.com/4189/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/actuphilo.wordpress.com/4189/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4189&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Hervé Moine</media:title>
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			<media:title type="html">Madeleine Daniélou</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Rhétorique et langage : l&#8217;usage commun de la vie&#8221; chez Sextus Empiricus</title>
		<link>http://actuphilo.com/2012/03/05/rhetorique-et-langage-lusage-commun-de-la-vie-chez-sextus-empiricus/</link>
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		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 13:49:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
				<category><![CDATA[annonces]]></category>
		<category><![CDATA[conférence]]></category>
		<category><![CDATA[philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Emidio Spinelli]]></category>
		<category><![CDATA[histoire de la philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie antique]]></category>
		<category><![CDATA[Pyrrhonisme]]></category>
		<category><![CDATA[scepticisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sextus Empiricus]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence sur Sextus Empiricus Le 7 mars 2012 à l&#8217;Université d&#8217;Aix-en-Provence Par Emidio SPINELLI (Università degli Studi di Roma « La Sapienza », Italie) « Rhétorique et langage : l&#8217;usage commun de la vie&#8221; chez Sextus Empiricus » Cette conférence a lieu à 18 heures à la salle des professeurs au deuxième étage. Elle est organisée par [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4185&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align:center;">Conférence sur Sextus Empiricus</h2>
<h2 style="text-align:center;">Le 7 mars 2012</h2>
<h2 style="text-align:center;">à l&#8217;Université d&#8217;Aix-en-Provence</h2>
<h2 style="text-align:center;">Par Emidio SPINELLI</h2>
<h2 style="text-align:center;">(Università degli Studi di Roma « La Sapienza », Italie)</h2>
<h3 style="text-align:center;">« Rhétorique et langage : l&#8217;usage commun de la vie&#8221; chez Sextus Empiricus »</h3>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://actuphilo.files.wordpress.com/2012/03/sextus-empiricus.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4186" title="Sextus Empiricus" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2012/03/sextus-empiricus.jpg" alt="" width="379" height="512" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Cette conférence a lieu à 18 heures à la salle des professeurs au deuxième étage. Elle est organisée par l&#8217;Institut d&#8217;histoire de la philosophie (EA 3276), le Centre d&#8217;études sur la pensée antique &#8220;kairos kai logos&#8221; et le Séminaire d&#8217;Histoire de la philosophie ancienne.</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 90px"><img title="Emidio SPINELLI" src="http://w3.uniroma1.it/episteme/file/Utenti20090910_spinelli.jpg" alt="Emidio SPINELLI" width="80" height="80" /><p class="wp-caption-text">Emidio SPINELLI</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le Conférencier en bref</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Emidio Spinelli, est spécialiste de la philosophie antique et en particulier du Pyrrhonisme et de la pensée de Sextus Empiricus, sur laquelle a porté sa thèse. En outre, iIl a publié de nombreux articles et monographies sur divers sujets de la philosophie antique, les prrésocratiques, les atomistes, Socrate, Platon, les stoïciens, épicuriens. Il s&#8217;est particulièrement concentré sur le courant scepticisme néo-pyrrhonien.</p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Adresse :</p>
<p>Université d&#8217;Aix-Marseille</p>
<p>Centre des Lettres et Sciences humaines</p>
<p>29, avenue Robert-Schuman</p>
<p>13621 Aix-en-Provence cedex 1</p>
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			<media:title type="html">Sextus Empiricus</media:title>
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			<media:title type="html">Emidio SPINELLI</media:title>
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		<title>Reconstruction d&#8217;Haïti, quel Etat pour quel société ?</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 10:45:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Auguste Joint, sociologue et philosophe Reconstruction d&#8217;Haïti Pour quel Etat pour quel société ? 27 janvier 2012 Médiathèque Caraïbe de Basse-Terre (Guadeloupe)<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4177&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;">Auguste Joint, sociologue et philosophe</span></h2>
<h2 style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;">Reconstruction d&#8217;Haïti</span></h2>
<h2 style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;">Pour quel Etat pour quel société ?</span></h2>
<h2 style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;">27 janvier 2012</span></h2>
<h2 style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;">Médiathèque Caraïbe de Basse-Terre (Guadeloupe)</span></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4178" title="image001" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2012/01/image001.jpg" alt="" width="1024" height="478" /></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/actuphilo.wordpress.com/4177/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/actuphilo.wordpress.com/4177/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4177&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Hervé Moine</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Devoir de mémoire. Après l&#8217;oubli la reconnaissance de la dissidence antillaise</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 13:49:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Lu sur la toile]]></category>
		<category><![CDATA[devoir de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[oubli]]></category>
		<category><![CDATA[reconnaissance]]></category>

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		<description><![CDATA[Un des rares témoins de cet engagement méconnu de la guerre 1939-1945 Antoine John, dissident antillais Article de Manessa Terrien, publié dans l&#8217;Union, lundi 14 novembre 2011 Antoine John, 88 ans, résidant à Warcq, est un ancien dissident. Comme des milliers de jeunes Antillais, il quitte en 1943 la Guadeloupe pour combattre Pétain et l&#8217;Allemagne [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4164&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/un-des-rares-temoins-de-cet-engagement-meconnu-de-la-guerre-1939-1945-antoine-j" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://www.lunion.presse.fr/sites/all/themes/ghmlunion/logo.png" alt="L'Union" width="196" height="100" /></a><span style="color:#ff6600;">Un des rares témoins de cet engagement méconnu de la guerre 1939-1945 Antoine John, dissident antillais</span></h2>
<p><a href="http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/un-des-rares-temoins-de-cet-engagement-meconnu-de-la-guerre-1939-1945-antoine-j" target="_blank">Article de Manessa Terrien, publié dans l&#8217;Union, lundi 14 novembre 2011</a></p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 410px"><img title="Antoine John rencontre Mauricette" src="http://www.lunion.presse.fr/media/imagecache/article-taille-normale/protec/2011-11/2011-11-14/201111144ec09ac378500-0-501796.jpg" alt="Antoine John rencontre Mauricette après la guerre dans le Nord. Il l'épouse, et ils viendront  habiter dans les années 60 à Warcq. Mauricette s'est aussi illustrée durant la guerre.  A 14 ans, partie à Vendargues (Hérault) avec sa mère, elle était « réceptionniste à la gare, donc on me communiquait tous les trains allemands venant de Montpellier.  Je le disais aux résistants dans le maquis ». Originaire du Nord, qu'elle a fui,  elle résidait dans le même quartier que la mère de De Gaulle, à la Madeleine." width="400" height="300" /><p class="wp-caption-text">Antoine John rencontre Mauricette après la guerre dans le Nord. Il l&#039;épouse, et ils viendront habiter dans les années 60 à Warcq. Mauricette s&#039;est aussi illustrée durant la guerre. A 14 ans, partie à Vendargues (Hérault) avec sa mère, elle était « réceptionniste à la gare, donc on me communiquait tous les trains allemands venant de Montpellier. Je le disais aux résistants dans le maquis ». Originaire du Nord, qu&#039;elle a fui, elle résidait dans le même quartier que la mère de De Gaulle, à la Madeleine.</p></div>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Antoine John, 88 ans, résidant à Warcq, est un ancien dissident. Comme des milliers de jeunes Antillais, il quitte en 1943 la Guadeloupe pour combattre Pétain et l&#8217;Allemagne nazie. Un engagement héroïque qui n&#8217;a été reconnu par la France qu&#8217;en 2009 ! Rencontre avec un des rares acteurs de l&#8217;époque.</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Pourquoi vous êtes-vous engagé à 20 ans du côté des résistants antillais, les fameux dissidents ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Je suis parti en 1943, en juillet ou août à l&#8217;île de la Dominique. J&#8217;ai embarqué la nuit sur un petit voilier. J&#8217;ai dû payer 200 francs pour le passage. […] Je ne supportais plus la répression. On n&#8217;était libre de rien. Je voulais partir à la guerre. On n&#8217;avait pas plus peur que ça. Je ne pouvais pas être volontaire avant parce que je n&#8217;avais pas l&#8217;âge. Vous savez, sur l&#8217;île il n&#8217;y avait plus d&#8217;hommes de plus de 20 ans, ils avaient tous été mobilisés pour servir ou bien étaient entrés en dissidence ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>En juillet 1943, les Antilles, jusqu&#8217;alors sous les ordres de Vichy par le biais de l&#8217;amiral Robert, rejoignent la France libre. La situation aurait dû s&#8217;améliorer&#8230;</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Mais il restait (les hommes) de la Jeanne-d&#8217;Arc (un croiseur) qui continuaient leurs agissements et l&#8217;oppression de l&#8217;Amiral Robert et de Vichy. Il y avait toujours le couvre-feu, on était comme prisonniers. Je me souviens d&#8217;une échauffourée qui a éclaté un soir à la sortie du cinéma, La Renaissance à Pointe-à-Pitre. Les militaires ont tiré sur les jeunes. C&#8217;était le pot de terre contre le pot de fer ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Du « trocage » pour vivre</strong></span><br />
<span style="color:#ff6600;"><strong>La Guadeloupe comme la Martinique, alors pétainistes, ont souffert d&#8217;un blocus mené par l&#8217;alliance anglo-américaine. Beaucoup d&#8217;Antillais ont souffert de pénurie et de conditions de vie particulièrement difficiles. Vous aussi ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Oui, c&#8217;était très dur. Je travaillais comme tailleur à Pointe-à-Pitre […] On faisait du trocage pour vivre. On travaillait pour les pêcheurs et les bouchers qui nous réservaient un bout de viande ou de poissons. Parce que sinon, c&#8217;était difficile d&#8217;en avoir. Il fallait faire la queue mais il ne restait que les morceaux pour les chiens parce que la Jeanne d&#8217;Arc était passée le matin à 8 heures et avait tout pris. Et l&#8217;huile et le sucre, tout était compliqué à trouver ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>D&#8217;où votre désir de fuir. Votre famille était-elle au courant ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Non, ma mère ne savait pas que je partais ce jour-là. Quand j&#8217;ai pris le voilier, un jeudi, elle repassait mon costume du dimanche. Mais au fond, elle s&#8217;en doutait. Je ne sais pas comment elles font, les mères, mais elles savent toujours ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>La traversée était réputée dangereuse. Beaucoup de dissidents y ont perdu la vie.</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Le canal de la Dominique, c&#8217;est le lieu de convergence entre l&#8217;océan Atlantique et la mer des Caraïbes, donc les courants sont forts. Vous auriez vu les vagues ! Je vous prie de croire qu&#8217;on faisait des signes de croix. On était huit dans le voilier. […] Et puis, quand on partait, les vedettes rapides de la Jeanne d&#8217;Arc pourchassaient les gens qui voulaient rejoindre Sainte-Lucie ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Quel fut votre parcours en Dominique ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Je me suis retrouvé sur l&#8217;île de la Dominique, en débarquant à Portsmouth. J&#8217;y suis resté trois semaines. Ensuite, on m&#8217;a rapatrié en Martinique pour faire le service militaire à Saint-Pierre. La Montagne Pelé avait brûlé la terre. On a été malade à tour de bras. On a eu la chique, c&#8217;est une puce qui se mettait entre l&#8217;ongle et la chair pour y pondre. Comme nous, les Antillais, on marche nu-pieds, c&#8217;était facile de l&#8217;attraper. Et on a dû tout faire. Construire notre caserne, les dortoirs avec de la paille de canne à sucre et du bambou parce qu&#8217;il n&#8217;y avait rien ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Un French black entraîné aux USA</strong></span><br />
<span style="color:#ff6600;"><strong>Ce sont les Américains qui ont pris en charge les dissidents. Êtes-vous allé à Fort Dix, New Jersey, pour vous y entraîner en vue du débarquement ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Nous, on a été à Steel Town. Les Américains voulaient qu&#8217;on aille faire le débarquement aux Philippines. On était 400 volontaires. J&#8217;y suis resté plusieurs mois. On nous appelait les French blacks. Ça ne rigolait pas, il n&#8217;y en avait que pour le drapeau, l&#8217;entraînement. Je les admire, ils sont d&#8217;une grande droiture. On devait débarquer aux Philippines (occupées par le Japon, NDLR) pour combattre, mais il en a été décidé autrement durant la traversée […] Ils nous ont transférés mon contingent et moi à Royan, puis à Fréjus […] puis au camp de Caïs. Là on nous a triés. Comme j&#8217;étais tailleur on m&#8217;a mis à l&#8217;Intendance jusqu&#8217;à la fin de la guerre. D&#8217;autres sont partis dans d&#8217;autres régiments ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Vous n&#8217;avez donc pas suivi les combats de la campagne d&#8217;Italie, ni les débarquements du Sud de la France ou de Normandie ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Non, mais je connaissais un ami pêcheur Vinçobe, qui est mort là-bas en Italie. Ça nous a fait un choc quand on l&#8217;a appris. Monte-Cassino a été le tombeau des Antillais. Les Allemands étaient en haut de la Crête et n&#8217;avaient qu&#8217;à dégoupiller les grenades sur le bataillon des Antillais. A la fin, il ne restait plus qu&#8217;une seule compagnie. Mais on n&#8217;en parle pas ».</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><span style="color:#ff6600;">Les dissidents antillais n&#8217;ont été reconnus par les autorités françaises qu&#8217;en 2009. Ressentez-vous de la rancœur contre cet oubli ?</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">« C&#8217;est malheureux qu&#8217;il ait fallu attendre tout ce temps pour parler de la dissidence et des Antillais. On a fait des choses mais elles ont été passées sous silence ».</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>Parce que vous étiez Antillais ?</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">« Je ne sais pas. […] A l&#8217;époque, les Français ne nous connaissaient pas, ni notre mode de vie, ni même notre existence. Donc ça n&#8217;a pas toujours été facile ».</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Propos recueillis par Manessa Terrien</strong></p>
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			<media:title type="html">Antoine John rencontre Mauricette</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Blumenberg. Pour une anthropologie philosophique</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 12:52:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
				<category><![CDATA[annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Les parutions]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Hans Blumenberg]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Hans Blumenberg Description de l&#8217;homme Collection passages aux éditions du Cerf Présentation de l&#8217;ouvrage de Hans Blumenberg, Description de l&#8217;homme Inlassablement Blumenberg explore la genèse de la phénoménologie, sa progression et sa consolidation. Ce travail est mis au service des acquis de la phénoménologie, pour l&#8217;enrichir et la rendre fructueuse. Même ses apories sont exploitées à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4160&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2204095095/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2204095095" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-4161" title="Hans Blumenberg Descrption de l'homme" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2011/11/hans-blumenberg-descrption-de-lhomme.jpg" alt="" width="298" height="501" /></a><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2204095095/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2204095095" target="_blank">Hans Blumenberg</a></h2>
<h2><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2204095095/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2204095095" target="_blank">Description de l&#8217;homme</a></h2>
<h2><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2204095095/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2204095095" target="_blank">Collection passages</a></h2>
<h2><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2204095095/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2204095095" target="_blank">aux éditions du Cerf</a></h2>
<p><strong>Présentation de l&#8217;ouvrage de Hans Blumenberg, <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2204095095/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2204095095" target="_blank">Description de l&#8217;homme</a></strong><img style="border:none!important;margin:0!important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=actphi-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2204095095" alt="" width="1" height="1" border="0" /></p>
<p style="text-align:justify;">Inlassablement Blumenberg explore la genèse de la phénoménologie, sa progression et sa consolidation. Ce travail est mis au service des acquis de la phénoménologie, pour l&#8217;enrichir et la rendre fructueuse. Même ses apories sont exploitées à son profit, mais jamais au profit de &#8221; cette forme dégradée de la phénoménologie qui se nomme &#8220;ontologie fondamentale&#8221; &#8220;.</p>
<p style="text-align:justify;">Le but de ces analyses est de montrer que l&#8217;interdit d&#8217;anthropologie qu&#8217;a édicté Husserl va à l&#8217;encontre même de son projet. C&#8217;est une contingence primordiale qui nécessite la recherche d&#8217;une anthropologie : l&#8217;absence de rapport entre l&#8217;eidos Moi avec l&#8217;eidos Homo sapiens. Il faut que soit pris en compte l&#8217;homme qui souffre, qui se cherche, s&#8217;interroge, se cultive, édifie des systèmes philosophiques et invente les sciences exactes, qui veut réussir sa vie et qui peut la rater ; l&#8217;homme qui a besoin de consolation, même si ce besoin est impossible à combler. C&#8217;est là comme un lieu vide qu&#8217;il revient à l&#8217;anthropologie d&#8217;investir. Ne subsiste alors que cette reformulation de la question de Kant : &#8221; Comment l&#8217;homme est-il seulement capable d&#8217;exister ? &#8221; Il l&#8217;est parce qu&#8217;il voit et, ce faisant, sait qu&#8217;il peut être vu. Voilà toute la dignité de la théorie. Pour autant, l&#8217;homme n&#8217;est jamais transparent, ni à lui-même ni aux autres.</p>
<p style="text-align:justify;">Avec la &#8221; description de l&#8217;homme &#8220;, la phénoménologie s&#8217;est pleinement approprié les conditions de sa propre possibilité. &#8221; Ce qui allait de soi ne va plus autant de soi qu&#8217;avant. &#8220;</p>
<p style="text-align:justify;">Hans Blumenberg est né à Lübeck le 13 juillet 1920 ; il meurt à Altenbergen le 28 mars 1996. Il a été professeur de philosophie dans diverses universités allemandes, en dernier lieu à Münster. Il a obtenu le prix K Fischer et le prix S Freud pour l&#8217;ensemble de son oeuvre. La Lisibilité du monde est paru en 2007 aux Editions du Cerf.</p>
<h2 style="text-align:justify;"><span style="color:#0000ff;">Le dossier du dernier numéro des <strong>Cahiers Philosophiques</strong> </span></h2>
<h2 style="text-align:justify;"><span style="color:#0000ff;">consacré à Hans Blumenberg.</span></h2>
<p><img class="alignright" src="http://cahiersphilosophiques.hypotheses.org/files/2010/10/blum.gif" alt="" width="100" height="164" /></p>
<p><strong>Au sommaire de ce numéro </strong></p>
<ul>
<li>Michèle Cohen-Halimi, “Hans Blumenberg révélateur”, pp.5-8 [<a href="http://www2.cndp.fr/RevueCPhil/123/H.BLUM-revelateur.pdf" target="_blank">à lire en pdf</a>]</li>
<li>Denis Trieweiler, “Autour d’une coquille”, pp. 9-18</li>
<li>Jean-Claude Monod, “Métaphore absolue et mythe sans fin. La lumière, les ombres, l’aveuglement”, pp. 19-35</li>
<li>Pierre Rusch, “L’ancien et le nouveau. Sur la méthode historiographique de Hans Blumenberg”, pp. 36-47</li>
<li>Jean-Pierre Faye, “Leibniz et Mallarmé. La lisibilité du ‘jet du hasard’ selon Blumenberg”, pp. 48-56</li>
<li>Georges-Arthur Goldschmidt, “Blumenberg à Kiel”, pp. 57-59</li>
<li>Bernard Lacorre, “Bibliographie”, pp. 59-62</li>
<li><strong>Etudes</strong> : Hamdi Mika, “Arguments d’indispensabilité et métascience chez Quine”, pp. 63-82</li>
<li>Les <strong>Introuvables</strong> : “Hans Blumenberg, “Pensivité”, traduit de l’allemand par Denis Trieweiler, pp. 83-88</li>
<li>Situations :”A propos de Hans Blumenberg”</li>
<li>Entretien avec Heinz Wismann, pp. 84-89 [<a href="http://www2.cndp.fr/RevueCPhil/123/H.WISMANN-entretien.pdf">à lire en pdf</a>]</li>
<li>Entretien avec Denis Trierweiler, p. 101. [<a href="http://www2.cndp.fr/RevueCPhil/123/D.TRIERWEILER-entretien.pdf">à lire en pdf</a>]</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<h2 style="text-align:left;">Entre Darwin et la phénoménologie :</h2>
<h2 style="text-align:left;">la voie étroite mais sûre d&#8217;une anthropologie.</h2>
<p><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5189-la_gentillesse_une_vertu_post_moderne.htm">Article de Hicham-Stéphane Afeissa paru dans nonfiction.fr le 14 novembre 2011</a></p>
<p><img class=" alignleft" src="http://www.nonfiction.fr/prximgsrv/rsz/195/x/x/repo/6/7/67a5a57777f34eb38c3d8417603d8884-0.jpg" alt="" width="195" height="195" /></p>
<p style="text-align:justify;">L’anthropologie – comprise comme enquête philosophique portant sur l’homme, sur sa vie, sur celui qui est là, en chair et en os, qui souffre, qui se cherche, qui s’interroge, qui édifie ses systèmes philosophiques et invente les sciences exactes, qui veut réussir sa vie aussi – a longtemps eu mauvaise presse en Allemagne à la fin du XIXe siècle et au cours des premières décennies du XXe siècle. Il n’est que de penser au sort que la tradition a réservé à l’Anthropologie d’un point de vue pragmatique de Kant, à laquelle fort peu d’attention a généralement été accordée – alors même que Kant faisait de la question &#8220;Qu’est-ce que l’homme ?&#8221; la question majeure que l’on peut poser en philosophie, celle en laquelle se ramènent les trois autres, à savoir &#8220;Que puis-je savoir ?&#8221;, &#8220;Que dois-je faire ?&#8221;, &#8220;Que m’est-il permis d’espérer ?&#8221;.</p>
<p style="text-align:justify;">Hans Blumenberg, dans ce livre à tous égards remarquable qui vient de paraître grâce aux bons soins de son infatigable traducteur Denis Trierweiler(1), et qui inaugure la série des livres posthumes dont la composition n’a pas été exhaustivement décidée par l’auteur, raconte, au seuil de l’ouvrage, une anecdote très révélatrice. Ernst Mach, le 16 avril 1886, est invité à prononcer une conférence à la session des collèges de Dortmund, sur le thème de la valeur formatrice relative des disciplines d’enseignement philologique, et celles relevant des sciences mathématiques de la nature dans les établissements supérieurs. A cette occasion, il s’interroge sur la relation entre intérêt pour soi et intérêt pour le monde. Et la conférence tourne alors au pamphlet dirigé contre l’humanisme culturel : depuis les Grecs, dit-il, nous avons appris à élever notre regard vers l’univers, et si l’histoire a délivré une leçon, c’est bien celle qui consiste à ne pas tenir l’homme pour le centre du monde. Soit, répond Blumenberg, &#8220;mais de quel droit peut-on en déduire que du coup, l’homme ne pourrait ou ne devrait pas être également le centre de son propre intérêt ?&#8221;(2).</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Anthropologie vs. Phénoménologie</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi débute l’enquête de Blumenberg, sur un ton polémique qui caractérise toute la première moitié de l’ouvrage (soit les 440 premières pages), en vue de fonder la légitimité de l’anthropologie comme entreprise philosophique. Le partenaire de cette polémique est nommé rapidement : Edmund Husserl, le père de la phénoménologie – et, secondairement, Martin Heidegger.</p>
<p style="text-align:justify;">Au fil d’analyses extrêmement denses et précises, Blumenberg s’efforce de démontrer que le manquement du thème anthropologique par la phénoménologie husserlienne est tout ce que l’on veut sauf fortuit, et que l’inspiration même de cette &#8220;philosophie comme science rigoureuse&#8221; la condamnait à ne pas pouvoir aborder la question de l’homme, en raison du privilège accordé en phénoménologie à la théorie de la connaissance. Selon Blumenberg, l’orientation des recherches conduites par Husserl en direction de l’élucidation des processus d’intellection, le rejet par ce dernier de tout naturalisme et de tout psychologisme dès les Recherches logiques au nom de l’idée selon laquelle les lois descriptibles de la conscience ne valent pour la conscience humaine que parce qu’elle valent pour toute conscience absolument, puis le tournant transcendantal pris au cours des années 1910 commandant de prendre en considération la conscience pure (et non pas la conscience humaine), ont rendu impossible l’élaboration d’une anthropologie comme discipline philosophique légitime, en dépit des vains efforts du dernier Husserl réagissant, au début des années 1930, aux &#8220;déviations&#8221; des nouveaux anthropologues issus de son école (à savoir Max Scheler et Martin Heidegger).</p>
<p style="text-align:justify;">Disons sans plus tarder que nous ne partageons pas les conclusions de Blumenberg. Sans pouvoir malheureusement développer ici l’argumentation nécessaire, disons simplement, d’une part, que, contrairement à ce que prétend l’auteur, le tournant anthropologique de la phénoménologie husserlienne ne nous semble pas être de nature réactive ou circonstancielle mais répondre bien plutôt à une évolution interne profonde de toute la phénoménologie en son inflexion génétique, et d’autre part, que l’anthropologie transcendantale à laquelle Husserl aura travaillé à partir des années 1930 nous paraît avoir délivré des résultats concrets de grande valeur sous la forme, entre autres, d’une réévaluation de la biologie, d’une psychologie de la personnalité transcendantale, d’une typologie des figures de moralité et de l’esquisse d’une anthropologie transcendantale de l’habitant du monde. Il est regrettable que Blumenberg ne dise rien sur la doctrine husserlienne de l’Einströmen qui assume pourtant une fonction centrale dans l’articulation de la phénoménologie génétique à une anthropologie transcendantale (alors même que certains des passages qu’il cite de Husserl y font clairement référence(3)), et qu’il consacre l’essentiel de ses analyses critiques à une lecture de la phénoménologie de l’intersubjectivité, dans le cadre de laquelle, pensons-nous, ne se trouvent pas les éléments principaux de ladite anthropologie phénoménologique qu’il recherche dans les écrits de Husserl.</p>
<p style="text-align:justify;">Le point d’interprétation qui, en revanche, nous paraît tout à fait exact dans la lecture de Blumenberg est qu’il existe effectivement une « résistance »(4) de Husserl à l’encontre de l’anthropologisation de la phénoménologie, mais il ne nous semble pas que l’auteur parvienne à bien en saisir les motifs, parce qu’il a eu le tort d’écarter de sa lecture de Husserl des pans entiers de sa doctrine en l’absence desquels sa démarche ne peut plus être comprise.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Anthropologie vs. Analytique existentiale</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Autant les analyses critiques que Blumenberg consacre à Husserl impressionnent par leur précision et leur abondance (sans doute ne savions-nous pas, avant cette publication, que l’auteur était à ce point nourri de lectures phénoménologiques), autant les remarques réservées à l’analytique existentiale de Heidegger déçoivent par leur pauvreté et leur manque flagrant de générosité interprétative (5).</p>
<p style="text-align:justify;">En lisant ces pages, nous songions au mot de Léon Brunschvicg au sujet de Bergson : &#8220;Ce qu’il y a de faible chez Bergson&#8221;, disait-il, &#8220;ce sont ses têtes de Turc&#8221;. L’aversion de l’auteur pour Heidegger, comme le dit Denis Trierweiler dans sa Préface, est manifeste(6). Avouons que la question de l’état des relations personnelles de Blumenberg avec Heidegger nous indiffère franchement : nous espérions une confrontation philosophique, et non pas un règlement de comptes. Mais lorsque les analyses concluent bien rapidement à dire que &#8220;la question de l’être n’existe absolument pas&#8221;, et que, &#8220;si elle existait, il serait permis de la disqualifier comme l’une des questions mineures, voire inintéressantes, de la philosophie&#8221;(7) ; lorsque l’analytique existentiale est bien vite qualifiée de &#8220;superficielle&#8221;(8) ; lorsque l’effort accompli dans Etre et Temps est tenu d’emblée, avant tout examen, pour &#8220;vain(9) – il ne nous semble pas que les règles élémentaires de la discussion philosophique aient été respectées, en sorte que la hâte avec laquelle le lecteur lira ces pages pour passer aux suivantes sera, par un juste retour des choses, elle aussi bien légitime.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Une anthropologie darwinienne</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Et c’est alors avec émerveillement que ledit lecteur découvrira, dans la seconde partie de l’ouvrage(10), les esquisses de l’anthropologie philosophique que Blumenberg tente de développer pour son propre compte.</p>
<p style="text-align:justify;">En quoi consiste-t-elle exactement ? La voie anthropologique que s’efforce d’ouvrir Blumenberg est d’abord darwinienne en ceci qu’elle est une anthropogenèse, laquelle vise à comprendre et à expliquer la connaissance que l’on a du monde et de ses objets comme un avantage de la sélection, comme le résultat de longs processus d’adaptation du système organique. L’anthropologie de Blumenberg est une anthropologie de l’Homo sapiens pris dans sa contingence primaire, c’est-à-dire tel qu’il aurait pu ne jamais voir le jour sous les traits sous lesquels nous le connaissons aujourd’hui. L’auteur, en des pages splendides et puissamment suggestives, invite à examiner cette possibilité de pensée consistant à &#8220;considérer la raison comme une déviation du système organique, comme un artifice et une issue de secours de tels systèmes organiques, qui se seraient retrouvés, au cours de leur développement, dans une situation si précaire et si pitoyable, dans un quasi cul-de-sac, que seul le développement de compensations plastiques (telles que l’on peut les regrouper sous le terme de &#8220;raison&#8221;) a pu les aider à survivre dans le combat pour l’existence&#8221;(11)</p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;L’homme&#8221;, écrit Blumenberg, &#8220;est cet être qui aurait pu se rater et qui peut encore se rater&#8221;(12), en ce sens, à la fois, où ce n’est pas seulement la vie qui est une apparition relativement improbable dans l’univers, mais encore la raison, et en ce sens où l’homme est cet être qui est toujours exposé à rater sa vie – et qui le fait si souvent. De là procède une double tâche de l’anthropologie selon Blumenberg : l’une qui se consacre à l’examen de la crise dans laquelle l’homme pourrait finir, laquelle demande à être observée à la lumière de la crise dont il a procédé, et dans laquelle &#8220;la perte de la disposition à l’adaptation a engendré de force la naissance de la sphère culturelle des adaptations institutionnelles&#8221;(13) ; et la seconde qui vise à élucider les structures anthropologiques de l’existence de cet être dont l’apparition radicalement contingente permet de comprendre bien des comportements et attitudes.</p>
<p style="text-align:justify;">Les analyses que Blumenberg développe au titre de la seconde tâche de son anthropologie philosophique sont parmi les plus belles du livre. On ne se lassera pas ainsi de lire et de relire le chapitre consacré au besoin de consolation de l’homme(14), où ce dernier est compris comme l’être qui veut avoir été voulu, selon une formule superbe qui fait irrésistiblement songer à Schopenhauer (lequel est effectivement régulièrement cité ici, ce qui constitue pour nous la seconde surprise que réservait cet ouvrage posthume : Blumenberg puise une bonne partie de son inspiration anthropologique de sa lecture de la métaphysique et de l’éthique schopenhaueriennes).</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Une anthropologie phénoménologique ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Mais en quel sens cette anthropologie peut-elle être dite phénoménologique(15) ?</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut avouer que, en première lecture, la réponse n’apparaît pas avec évidence. Mais à mieux y regarder il est manifeste que le thème de la visibilité, du devenir-visible, de l’être exposé à la vue des autres, de la phénoménalisation ou de la présentation de soi – ce que Blumenberg appelle &#8220;le complexe anthropologique de la visibilité, qui englobe le fait de pouvoir être vu, de se laisser voir et de se présenter&#8221;(16) – est omniprésent, au point d’assumer le rôle de cheville ouvrière entre la première et la seconde parties, non seulement parce que certaines analyses, en première partie, relèvent clairement de la phénoménologie de l’être-vu (par exemple la remarquable analyse de la quotidienneté dans laquelle, rectifiant la ligne d’interprétation adoptée par Heidegger, Blumenberg fait remarquer que la quotidienneté pourrait être comprise, dans sa globalité, comme l’effort pour passer inaperçu(17)), mais encore parce que la seconde partie entreprend, pour le fond, de mener à bien le projet d’une anthropologie phénoménologique que la phénoménologie husserlienne a précisément manqué, en procédant à ce que l’on pourrait appeler une naturalisation de la phénoménologie, par laquelle les principaux concepts de la phénoménologie font l’objet d’une réinterprétation en contexte naturaliste (par exemple le concept de conscience intentionnelle ou celui d’horizon, dont Blumenberg propose une genèse dans le cadre darwinien de la lutte pour la survie, et une interprétation dans laquelle l’accès à la visibilité joue un rôle central(18).</p>
<p style="text-align:justify;">Il est impossible de restituer l’étonnante richesse des analyses que propose Blumenberg, lesquelles concernent aussi bien le phénomène de la santé, que l’expérience de l’ennui, le sentiment de la honte, l’exhibition de la nudité, les émotions amoureuses, etc., que l’auteur développe d’une plume très élégante en mobilisant une vaste culture philosophique, psychanalytique et littéraire. Le livre de Blumenberg est l’un des grands livres de philosophie parus ces dernières années. Lucien Febvre notait, au terme de son compte rendu de la Méditerranée de Braudel, que ce livre n’était pas seulement un livre qui instruit, mais un livre qui grandit. Celui de Blumenberg fait partie de ce genre de livres – assurément très rare. .</p>
<p style="text-align:justify;">Hicham-Stéphane AFEISSA, Critique à nonfiction.fr</p>
<p style="text-align:justify;">Illustration : http://www.flickr.com/photos/periegese/4364180083/</p>
<p style="text-align:justify;">Notes :</p>
<ol>
<li>Auquel l’on devait déjà la traduction de La lisibilité du monde, paru aux éditions du Cerf, en 2007.</li>
<li>p. 31-32.</li>
<li>Voir ainsi le texte de Husserl daté de 1932, qu’il cite p. 433.</li>
<li>p. 241, p. 431.</li>
<li>Voir notamment p. 203-16.</li>
<li>p. 15.</li>
<li>p. 206.</li>
<li>p. 203.</li>
<li>p. 28.</li>
<li>p. 443-821.</li>
<li>p. 459-60.</li>
<li>p. 490.</li>
<li>p. 516.</li>
<li>p. 579-608.</li>
<li>D. Trierweiler note dans sa Préface que l’ouvrage devait s’intituler Anthropologie phénoménologique avant que l’auteur ne se ravise et opte pour Description de l’homme. Voir la Préface p. 21</li>
<li>p. 719.</li>
<li>p. 200-2.</li>
<li>p. 522 sq.</li>
</ol>
</blockquote>
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			<media:title type="html">Hervé Moine</media:title>
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		<title>A propos des &#8220;Ecrits Juifs&#8221;. Le regard du cinéaste Claude Lanzmann sur la philosophe Hannah Arendt</title>
		<link>http://actuphilo.com/2011/11/14/a-propos-des-ecrits-juifs-le-regard-du-cineaste-claude-lanzmann-sur-la-philosophe-hannah-arendt/</link>
		<comments>http://actuphilo.com/2011/11/14/a-propos-des-ecrits-juifs-le-regard-du-cineaste-claude-lanzmann-sur-la-philosophe-hannah-arendt/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 11:42:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
				<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[Les parutions]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>

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		<description><![CDATA[Hannah Arendt Ecrits juifs 500 pages d&#8217;inédits Chez Fayard Présentation de l&#8217;ouvrage Ecrits juifs Chassée d’Allemagne par l’arrivée d’Hitler au pouvoir, Hannah Arendt prend la route de l’exil, qui la conduit d’abord en France en 1933. Devenue « étrangère ennemie », elle émigre en 1940 en Amérique, où elle est naturalisée en 1951. Attaquée en tant [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4154&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
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<h2 style="text-align:justify;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-4155" title="Hannah Arendt Ecrits juifs" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2011/11/hannah-arendt-ecrits-juifs.jpg" alt="" width="325" height="500" /></a><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Hannah Arendt</a></h2>
<h2 style="text-align:left;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Ecrits juifs</a></h2>
<h2 style="text-align:left;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">500 pages d&#8217;inédits</a></h2>
<h2 style="text-align:left;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Chez Fayard</a></h2>
<p style="text-align:left;"><strong>Présentation de l&#8217;ouvrage <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Ecrits juifs</a><img style="border-color:initial!important;border-style:none!important;border-width:initial!important;margin:0!important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=actphi-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2213642583" alt="" width="1" height="1" border="0" /></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Chassée d’Allemagne par l’arrivée d’Hitler au pouvoir, Hannah Arendt prend la route de l’exil, qui la conduit d’abord en France en 1933. Devenue « étrangère ennemie », elle émigre en 1940 en Amérique, où elle est naturalisée en 1951.</p>
<p style="text-align:justify;">Attaquée en tant que Juive, elle se défendra toujours dans les termes de l’attaque. C’est pourquoi, les sionistes étant les seuls prêts à s’engager dans l’action, elle milite à leurs côtés dès 1933. À partir des années 1940, toutefois, elle prend ses distances avec le mouvement, lui reprochant principalement son absence d’analyse des fondements de l’antisémitisme en Allemagne, son désintérêt pour les Juifs européens – les sionistes n’ayant eu dès le départ aucune politique concernant la diaspora –, enfin et surtout sa totale méconnaissance de la réalité arabe : compte tenu de la situation géographique de la Palestine, la question la plus urgente à ses yeux est en effet de parvenir à un accord avec les peuples arabes frontaliers. Loin, donc, de partager l’objectif sioniste d’établissement d’un État-nation juif, Hannah Arendt place ses espoirs dans un système de gouvernement fédéral, seule alternative à ses yeux à la « balkanisation » de la région.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce volume rassemble la totalité des écrits que Hannah Arendt a consacrés, sinon à la « question juive », du moins aux « affaires juives ». Ils s’étendent sur quatre décennies, des années 1930 aux années 1960. Ce qui frappe à leur lecture, c’est, au-delà de la grande lucidité de la réflexion arendtienne, le fait que son propos soit – hélas – toujours d’actualité.</p>
<p style="text-align:justify;">Ouvrage traduit de l’allemand et de l’anglais par Sylvie Courtine-Denamy.</p>
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<li style="text-align:left;"><strong>Se procurer l&#8217;ouvrage <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Ecrits juifs</a></strong></li>
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<h2 style="text-align:justify;"><img class="alignleft" src="http://www.marianne2.fr/photo/titre_1160408.jpg" alt="Marianne2" width="247" height="107" />Lanzmann critique l&#8217;idée de banalité du mal d&#8217;Hannah Arendt</h2>
<p style="text-align:left;"><a href="http://www.marianne2.fr/Lanzmann-critique-l-idee-de-banalite-du-mal-d-Hannah-Arendt_a212319.html" target="_blank">Article d&#8217;Aude Lancelin paru dans Marianne le dimanche 13 Novembre 2011</a></p>
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<p><span class="Apple-style-span" style="font-size:15px;"><strong>Aussi controversée qu’adulée, la philosophe Hannah Arendt revient au centre des polémiques avec « <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Ecrits juifs</a> », recueil contenant cinq cents pages d’inédits. Cet évènement, ajouté à l’entretien exclusif que nous a accordé ici Claude Lanzmann, permet de jeter un regard neuf sur l’auteur d’Eichmann à Jérusalem.</strong></span></p>
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<p><img class="aligncenter" title="Hannah Arendt" src="http://www.marianne2.fr/photo/art/default/941165-1116869.jpg?v=1320942187" alt="(Hannah Arendt - Capture d'écran Dailymotion - arcobaleni - cc)" width="422" height="239" /><span style="color:#888888;">(Hannah Arendt &#8211; Capture d&#8217;écran Dailymotion &#8211; arcobaleni &#8211; cc)</span></p>
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<div>Son ami le philosophe Karl Jaspers lui avait un jour écrit : <em>« Arrivera le moment que tu ne connaîtras pas : celui où les Juifs t’érigeront en Israël, comme à Spinoza, un monument, et te revendiqueront fièrement comme une des leurs »</em>.</div>
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<p>Ce moment-là n’est toujours pas arrivé pour Hannah Arendt, trente-six ans après sa mort. Arrivera-t-il un jour ? Les éditions Fayard permettent en tout cas d’ouvrir aujourd’hui à nouveaux frais cet épineux dossier. Ces <em>« <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213642583/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2213642583" target="_blank">Ecrits juifs</a> »</em> ne contiennent pas l’intégralité des textes d’Arendt sur le judaïsme, l’antisémitisme et le sionisme écrits trente années durant. Un rayonnage entier n’y suffirait pas, tant celle qui put se voir accuser de désinvolture à l’égard de son peuple, passa en réalité une immense partie de sa vie de penseur à travailler sur ces thèmes.</p>
<p>Parmi les textes inédits aujourd’hui publiés : un essai majeur inachevé,<em>« l’Antisémitisme »</em>, aussi fondamental sur le sujet que la première partie des <em>« Origines du totalitarisme »</em>, ou encore les extraits d’un ouvrage de 1944, <em>« The Jew as Pariah »</em> (<em>« Le Juif comme paria »</em>), qui n’avait jusqu’ici été édité qu’aux Etats-Unis. Bien d’autres textes aussi, comme celui de 1941 où Arendt appelle à la constitution d’une armée juive, formée de volontaires de tous les pays, ou celui qui célèbre avec émotion la résistance du ghetto de Varsovie, et aussi des pièces importantes sur la controverse mondiale qui suivit la parution d’ <em>« Eichmann à Jerusalem »</em>.</p>
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<h3>« HANNAH ARENDT EST-ELLE NAZIE ? »</h3>
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<p>Au total, ce ne sont pas moins de 500 pages d’inédits auxquels ce volume permet d’accéder. Ils aideront à corriger, peut-être même à adoucir, le regard porté sur une intellectuelle encore souvent vouée aux gémonies dans la communauté juive. Il faudra d’ailleurs attendre l’an 2000 pour que le premier livre d’Arendt soit traduit en Israël : <em>« Eichmann à Jérusalem »</em> justement, celui-là qui avait mis le feu aux poudres en 1964.</p>
<p>Avant cette date, l’idée d’accuser Arendt de <em>« haine de soi »</em> eut simplement semblé burlesque. Toute sa vie Arendt affirmera en effet avoir parlé politiquement au nom des juifs. Et à l’exception du journaliste dreyfusard Bernard Lazare, personne avant elle n’avait fait preuve d’une compréhension aussi profonde de l’antisémitisme spécifique aux temps modernes, personne n’avait fourni de thèses aussi convaincantes sur cette arme politique de destruction massive.</p>
<p>Après la parution d’ <em>« Eichmann »</em> toutefois, l’ère du soupçon commence. Une excommunication d’un genre nouveau la frappe. Deux ans plus tard, lorsque le livre paraît en France, une pétition d’intellectuels, notamment signée par Vladimir Jankélévitch et Robert Misrahi, feint de s’interroger dans les colonnes du <a href="http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0107_19661130/OBS0107_19661130_037.pdf" target="_blank"><em>Nouvel Observateur</em> : <em>« Hannah Arendt est-elle nazie ? »</em></a>.</p>
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<h3>EICHMANN PLUS JUSQU&#8217;AUBOUTISTE D&#8217;HIMMLER ?</h3>
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<p>A l’origine d’une des plus violentes polémiques de la fin du siècle : un concept tout d’abord. Celui de <em>« banalité du mal »</em>, sur lequel elle aura toute sa vie à s’expliquer. Banalité n’a pourtant jamais voulu dire innocence. En maniant ce concept au sujet du criminel SS Adolf Eichmann, concept emprunté à son premier mari Heinrich Blücher ou à l’écrivain Joseph Conrad selon les versions, c’est une vision finalement confortable du sadisme nazi qu’Arendt entend en fait réfuter.</p>
<p>Le désir d’y voir une espèce d’hyperbole démoniaque qui le tient au fond radicalement à distance. Plus dérangeante, la vision d’Arendt fait de la monstruosité une option humaine à chaque instant du temps actualisable. Aucune complaisance à l’égard d’Eichmann dans cette affaire, constamment présenté dans le livre d’Arendt comme une créature certes subordonnée, mais aussi comme un salaud intégral, encore plus jusqu’auboutiste qu’Himmler, et qui fit <em>« de son mieux, jusqu’au bout, pour rendre réellement définitive la Solution finale »</em>.</p>
<p>Restent que les révélations aujourd’hui faites par Claude Lanzmann au sujet du vrai Eichmann, de l’Eichmann historique (voir ci-dessous) mettent sérieusement à mal la thèse d’Arendt, aussi subtile soit-elle. Reste un autre aspect encore de la polémique, sur lequel il faut bien sûr revenir. Il concerne l’insistance d’Hannah Arendt sur le rôle joué par les <em>« Conseils juifs »</em>, les Judenräte, dans la machine d’extermination nazie.</p>
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<h3>UN « TON SANS CŒUR, SOUVENT PRESQUE RICANEUR ET MALVEILLANT »</h3>
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<p>Pour Arendt, jamais cette dernière n’aurait pu déporter et tuer à une telle échelle si certains responsables des différentes communautés juives n’avaient aussi étroitement collaboré avec les assassins. On sait que la philosophe reporter se réclamait sur ce point de <em>« La Destruction des juifs d’Europe »</em> de Raul Hilberg, paru en 1961 dans l’indifférence générale et entretemps devenu l’une des études de référence sur le génocide opéré par le IIIème Reich.</p>
<p>On n’en reste pas moins troublé par le forçage indéniable qu’Arendt fait subir à certains faits, comme le cas du grand rabbin de Berlin Leo Baeck, présenté outrancièrement comme un véritable <em>« Fürher juif »</em>. On n’en reste pas moins étonné par sa vision finalement si peu compatissante des possibilités de rébellion qui s’offraient à ces gens. Rompant avec elle à cette occasion, Gershom Scholem, l’auteur des <em>« Grands courants de la mystique juive »</em>, lui reprochera à ce sujet d’avoir inexplicablement usé d’un <em>« ton sans cœur, souvent presque ricaneur et malveillant  (sneering and malicious) »</em>.</p>
<p>Un ton que l’on a depuis lors pris l’habitude d’associer à l’auteur des <em>« Origines du totalitarisme »</em>, avec une injustice que ces <em>« Ecrits juifs »</em> permettent cette fois nettement de réparer. Orgueilleuse autant qu’on voudra, inutilement rigide dans sa façon de vouloir fixer sans faiblesse le soleil noir nazi, il est tout à fait faux en revanche de prétendre qu’Hannah refusait toute communauté de destin avec ses frères.</p>
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<h3>« ACOSMIQUE »</h3>
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<p>Ayant perdu la foi très tôt comme elle le confia un jour au rabbin de Königsberg, Arendt ne saurait certes avoir le même vécu juif que Scholem. Certains textes ici publiés, <em>« Le Juif comme paria. Une tradition cachée »</em> ou <em>« Stefan Zweig : les juifs dans le monde d’hier »</em> (1943), montrent bien dans quel univers moral et intellectuel celle-ci évolue.</p>
<p>Arendt ne prend conscience de sa judéité dans son enfance que par les insultes antisémites de ses camarades – l’expérience même décrite par Sartre dans son fameux essai de 1946. Ayant perdu l’héritage hébraïque de ses ancêtres sans avoir pour autant gagné une citoyenneté ferme, le sol de la politique européenne étant partout en train de s’effondrer, son destin est à l’unisson de celui de toute une intelligentsia juive à la veille de la catastrophe.</p>
<p><em>« Acosmique »</em> écrit-elle, privée de monde autre que celui, idéal, de la haute culture, incertaine sur son identité alors même que celle-ci est devenue un chef d’inculpation, Arendt n’en demeure pas moins convaincue que <em>« lorsqu’on est attaquée en qualité de Juif, c’est en tant que Juif que l’on doit se défendre »</em>.</p>
<p>On finirait presque par l’oublier, mais l’idéal sioniste mobilisera en effet la jeune femme au plus haut point. Hostile à <em>« l’assimilation »</em>, qui à ses yeux est incapable de résoudre le problème de l’altérité et de supprimer l’équation <em>« l’étranger intérieur c’est l’ennemi »</em>, logique qui mène au camp, Arendt est même convaincue que le sionisme est <em>« la seule réponse que les Juifs aient jamais trouvé à l’antisémitisme et la seule idéologie qui ait tenu strictement compte d’une hostilité qui allait les placer au cœur des événements mondiaux. »</em></p>
<p>C’est du reste la mission que lui confia Kurt Blumenfeld, le président de <em>« L’Union sioniste d’Allemagne »</em>, qui provoquera l’arrestation d’Arendt en 1933, entraînant son départ précipité pour la France, qu’elle réussira à quitter en 1941 pour gagner<em>« l’heureuse Amérique »</em>. On sait moins quel fut l’enthousiasme d’Arendt durant les années de guerre à l’idée de voir naître un <em>« foyer national »</em>, seul à même de protéger à l’avenir les Juifs car pour elle, quiconque n’appartient pas de plein droit à un corps politique se voit exposé à l’atomisation, à la biologisation et finalement à la mort.</p>
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<div><span class="Apple-style-span" style="font-size:15px;font-weight:bold;">DU JUIF PARIA À L&#8217;ETAT PARIA</span></div>
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<p>Reste que son enthousiasme sera de courte durée, et cela non plus ne lui est pas toujours pardonné. Ainsi que de nombreux textes en témoignent ici, rapidement la philosophe se montre en effet très critique à l’égard de la tournure prise par cette expérience territoriale sur laquelle elle avait fondé tant d’espoirs.</p>
<p>Avec sa rectitude habituelle, Arendt exprime sa crainte de voir l’Etat-nation juif faire le choix de la coopération avec les puissances impérialistes plutôt qu’avec ses voisins, et se voir ainsi réduit à une Sparte moderne, à une tribu de guerriers <em>« environnés par une population arabe entièrement hostile, enfermés entre des frontières constamment menacées, occupés à leur autodéfense physique au point d’y perdre tous leurs autres intérêts. »</em></p>
<p>L’idée que l’antisémitisme des années 30 puisse muter en antisionisme une fois l’Etat d’Israël fondé, effleure Arendt avant même la fin de la guerre. L’idée qu’au <em>« Juif paria »</em> au sein de son propre Etat puisse dramatiquement succéder un <em>« Etat Paria »</em>à l’échelle du monde entier la hante littéralement. Faute de pouvoir infléchir le cours de l’Histoire, faute de croire qu’un sionisme <em>« antinationaliste »</em> et <em>« antichauvin »</em>puisse réellement voir le jour, Arendt fait le choix de se désinvestir totalement.</p>
<p>Dès octobre 1944, sa rupture avec l’Etat intensément rêvé est bel et bien consommée. Dans une lettre à son amie la journaliste Mary McCarthy, postérieure à la controverse sur Eichmann, Arendt écrit : « Je sais bien que toute catastrophe en Israël m’affecterait plus profondément que toute autre chose. » Si l’on a parfois pu reprocher à Arendt son apparente insensibilité, nul ne l’a jamais suspectée de dissimuler ses vrais sentiments.</p>
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<h3>LA FAUTE D’ARENDT</h3>
<p>Le prochain film de Claude Lanzmann, qui sera tourné en 2012, portera précisément sur Benjamin Murmelstein, un de ces présidents des «Conseils juifs » sur le rôle desquels Hannah Arendt insistait dans <em>Eichmann à Jérusalem</em>, n’hésitant pas à les accabler et à leur imputer une part du crime. En exclusivité pour « Marianne », l’auteur de « Shoah » livre un témoignage totalement inédit, de nature à ébranler décisivement le regard porté sur l’Obersturmbannführer Adolf Eichmann, responsable sous le IIIème Reich des « <em>affaires juives et de l’évacuation</em> », jugé et condamné à la pendaison en mai 1962 à Jérusalem.</p>
<p><strong>Marianne :</strong> <em>A vos yeux, Hannah Arendt se trompe totalement quant à la personnalité et aux responsabilités écrasantes d’Eichmann…</em></p>
<p><strong>Claude Lanzmann</strong>: Absolument et c’est une des raisons pour lesquelles j’entreprends de réaliser ce film. J’ai filmé le témoignage de Benjamin Murmelstein à Rome en 1975, pendant toute une semaine. Adjoint du grand rabbin d’Autriche, c’est lui qui fut contraint de négocier avec Eichmann après l’annexion de l’Autriche. Il le vit pratiquement chaque jour pendant trois ans et eut de lui la connaissance la plus profonde qu’on puisse imaginer. Plus tard, il devint le troisième président du Conseil juif de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, que Eichmann appelait un « ghetto modèle », c’est-à-dire destiné à être montré. Pour mille raisons, je n’ai pas inclus son témoignage dans «Shoah ». C’était un film en soi et l’intégrer à « Shoah » aurait rallongé le film de deux ou trois heures. Le témoignage de Murmelstein, capital, est aveuglant d’intelligence et de clarté: Eichmann n’était pas du tout le falot bureaucrate dont Arendt a brossé le portrait en même temps qu’elle inventait le concept de banalité du mal, qui n’était au fond que la banalité de ses propres conclusions. Dès la fin 39, c’est Eichmann qui organise la première déportation de Juifs. Tout au long de ses rencontres avec Murmelstein, Eichmann apparaît comme un antijuif fanatique aboyant des ordres inexécutables qu’il multipliait à dessein. Les anecdotes à ce sujet sont nombreuses, odieuses, et irrécusables. Tout cela sera montré dans le film, et définitivement établi.</p>
<p><em>Qu’est-ce qui a pu à ce point induire Arendt en erreur ?</em></p>
<p>Le procès d’Eichmann a été un procès bâclé. Les historiens avaient encore très peu travaillé. On confondait les lieux, on bousculait les témoins, qui avaient vécu des expériences limite et étaient incapables de parler. Le procureur Gideon Hausner partageait l’ignorance générale. A la demande de Ben Gourion qui souhaitait en faire un acte fondateur pour Israël, Hausner a ouvert le procès par un immense discours moralisateur, insupportable. Cette ouverture a déplu à Arendt. A juste titre. Mais elle-même ne savait rien. C’était une juive allemande exilée qui ignorait tout de la réalité de ces choses et de ces gens.</p>
<p><em>Iriez-vous jusqu’à dire que l’insistance d’Arendt sur le rôle des « Conseils juifs» est suspecte ? Elle s’est toujours défendue sur ce point en invoquant les travaux de Raul Hilberg …</em></p>
<p>Hilberg a beaucoup évolué sur cette question, vous savez. Nous avons eu de longues discussions à ce sujet. Je l’ai rencontré en 1975 à New York, pendant un colloque d’historiens sur l’Holocauste. Contrairement aux autres, il n’était pas gai, exubérant, le travail sur ces questions le concernait intimement. Il avait la voix métallique, ironique, il m’a tout de suite plu, nous sommes devenus amis. C’est à lui que j’ai demandé de faire revivre dans « Shoah » la mémoire de Tcherniakov, le président du conseil juif de Varsovie qui, lui, a choisi de se suicider, le 23 juillet 1942, quand il a vu que les déportations vers Treblinka commençaient et qu’il ne pouvait rien y faire. Hilberg, dans « Shoah » incarne littéralement Tcherniakov. Beaucoup d’autres se sont également suicidés. Vingt-quatre membres du même Conseil juif se sont parfois donné la mort la même nuit. Pourquoi Arendt n’insiste pas plutôt là-dessus? La première chose face à une catastrophe pareille, c’est l’humilité. Moi je suis resté des mois sans comprendre, quand j’ai commencé « Shoah », sans même être capable de dire quel allait être mon sujet. Jusqu’au moment où j’ai su ce que je devais faire.<br />
<strong>Propos recueillis par Aude Lancelin</strong></p>
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<div style="padding-left:30px;">Dimanche 13 Novembre 2011</div>
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<div style="padding-left:30px;">Aude Lancelin &#8211; Marianne</div>
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<div style="text-align:justify;padding-left:30px;">Source : <span class="Apple-style-span" style="font-style:italic;">http://www.marianne2.fr</span></div>
<div style="text-align:justify;padding-left:30px;">
<h2><em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2867461820/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2867461820" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-4156" title="Tom Segev Le septieme million" src="http://actuphilo.files.wordpress.com/2011/11/tom-segev-le-septieme-million.jpg" alt="" width="356" height="473" /></a></em>Tom Segev</h2>
<h2>Le septième million</h2>
<h2>Les Israéliens et le Génocide</h2>
<h2>Chez Liana Lévi</h2>
<p><strong>Présentation de l&#8217;ouvrage de Tom segev <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2867461820/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=actphi-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2867461820" target="_blank">Le Septième Million</a><img style="border:none!important;margin:0!important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=actphi-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2867461820" alt="" width="1" height="1" border="0" /></strong></p>
<p>Cet ouvrage est l’un de ceux qui a le plus ébranlé le récit fondateur de l’État d’Israël. <em>Le Septième Million</em> raconte, en effet, une longue histoire : la réponse sioniste à la montée du nazisme et à l’arrivée des premiers réfugiés allemands ; la réaction dénuée de compassion de la communauté juive de Palestine face à la destruction des Juifs européens, les premières rencontres, douloureuses et sans compréhension entre cette communauté et les survivants.</p>
<p>Puis, après le procès Eichmann, le génocide devient l’évènement fondateur et la légitimation d’Israël. Ce <em>Septième Million</em> traite de la manière dont les amères vicissitudes du passé continuent à modeler la vie d’Israël et l’identité des Israéliens. On ne peut comprendre aujourd’hui la politique des gouvernements d’Israël, ni les réactions de ses ressortissants si l’on ne garde pas en tête ce qui les a constitué hier.</p>
<p><strong>Tom Segev</strong></p>
<p>Historien et chroniqueur au quotidien israélien Haaretz, Tom Segev est l’un des intellectuels israéliens les plus en vue. Ont aussi été traduits en français, <em>C’était en Palestine au temps des coquelicots</em> (Liana Levi, 2000) et <em>Les premiers israéliens</em> (Calmann-Lévy, 1998).</p>
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			<media:title type="html">Hannah Arendt Ecrits juifs</media:title>
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			<media:title type="html">Tom Segev Le septieme million</media:title>
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		<title>Quand philosophes, historiens des sciences, linguistes et philologues se rencontrent</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 11:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Moine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Berner]]></category>
		<category><![CDATA[discours]]></category>
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		<category><![CDATA[transmission des savoirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Mieux comprendre notre société avec STL Article publié dans l&#8217;édition de Nord Eclair du lundi 14 novembre 2011. Isabelle Dupont pour Nord Eclair a rencontré le philosophe Christian Berner. http://www.nordeclair.fr/Locales/Villeneuve-d-Ascq/2011/11/14/mieux-comprendre-notre-societe-avec-stl.shtml L&#8217;Unité mixte de recherches (Lille 3, Lille 1 et CNRS) intitulée « Savoirs, textes et langage » (STL) est née de la fusion d&#8217;équipes de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=actuphilo.com&#038;blog=6138127&#038;post=4152&#038;subd=actuphilo&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 295px"><img src="http://www.nordeclair.fr/stories/image285/mediastore/VDN/A2011/M11/825399-mieux-comp-4eb80d3f.jpg.jpg" alt="Les recherches menées par l'unité de recherche ont plusieurs domaines d'application concrets, en particulier la linguistique." width="285" height="353" /><p class="wp-caption-text">Les recherches menées par l&#039;unité de recherche ont plusieurs domaines d&#039;application concrets, en particulier la linguistique.</p></div>
<h2 style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Mieux comprendre notre société avec STL</span></h2>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#888888;">Article publié dans l&#8217;édition de Nord Eclair du lundi 14 novembre 2011. Isabelle Dupont pour Nord Eclair a rencontré le philosophe Christian Berner.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.nordeclair.fr/Locales/Villeneuve-d-Ascq/2011/11/14/mieux-comprendre-notre-societe-avec-stl.shtml">http://www.nordeclair.fr/Locales/Villeneuve-d-Ascq/2011/11/14/mieux-comprendre-notre-societe-avec-stl.shtml</a></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>L&#8217;Unité mixte de recherches (Lille 3, Lille 1 et CNRS) intitulée « Savoirs, textes et langage » (STL) est née de la fusion d&#8217;équipes de linguistes, philosophes, historiens des sciences, philologues&#8230; Explications avec le philosophe et directeur Christian Berner.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Nord Eclair :</strong> Quel est la fonction du laboratoire « Savoirs, textes, langage » ?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Christian Berner :</strong> Nos recherches portent sur les savoirs, les textes, les discours, la constitution et la transmission des savoirs. Le laboratoire est spécialisé dans l&#8217;étude du sens ou plus précisément de la constitution du sens. Chaque spécialité a cependant des champs d&#8217;investigation très précis, souvent en interaction avec les autres, dans une diversité difficile à résumer.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>NO : </strong>Ce qui en fait un gros laboratoire&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>CB :</strong> Oui, pour un laboratoire de sciences humaines, c&#8217;est un gros laboratoire employant, doctorats compris, près de 160 personnes. C&#8217;est une unité mixte de recherches (UMR) qui réunit chercheurs de Lille 3, de Lille 1 et du CNRS.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>NO :</strong> À quoi tient la spécialité du labo sur les antiquités grecques et latines ?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>CB :</strong> Nous avons eu à Lille un grand centre de philologie, L&#8217;École de Lille, fondée par Jean Bollack dans les années 70. Elle s&#8217;appuyait sur une méthode d&#8217;interprétation reposant sur l&#8217;idée que les textes se comprennent dans une analyse rigoureuse de la lettre du texte, qui fait la part des difficultés et ne croit pas trop vite comprendre, qui critique les préjugés, tient compte de sa transmission. Pour comprendre, il faut comprendre ce contre quoi le sens est bâti, car si on veut dire quelque chose de nouveau c&#8217;est aussi contre des savoirs antérieurs. Nous analysons ainsi sous plusieurs formes comment se construit le savoir chez les anciens, comment ils justifient leur discours et argumentent (Sophocle, les pré-socratiques, Platon, Aristote&#8230;) et quelle a été la réception de ces discours dans l&#8217;antiquité.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>NO :</strong> Les textes grecs ont encore beaucoup de choses à nous dévoiler ?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>CB :</strong> Ce qui semble le mieux connu l&#8217;est le moins bien car on se contente de transmettre des interprétations qu&#8217;on n&#8217;a pas vérifiées. Il faut alors revenir aux textes et reprendre l&#8217;effort de comprendre depuis le début. Par exemple les philosophes et poètes anciens se citent entre eux. Il faut alors reconstituer quelque chose de très complexe. La force de L&#8217;École de Lille, c&#8217;est d&#8217;avoir réussi à relire Homère, Sophocle, Héraclite, Empédocle&#8230;, de les avoir remis dans un contexte où un sens nouveau surgit, qui était caché par des interprétations qui deviennent des &#8220;on dit&#8221;, c&#8217;est ce qui fait les grands auteurs classiques.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>NO :</strong> Quels peuvent être les domaines d&#8217;application concrets de vos recherches ?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>CB :</strong> Cela varie suivant les domaines. D&#8217;une manière générale, nombreux sont ceux qui intéressent à l&#8217;argumentation, à la manière dont des savoirs se justifient. C&#8217;est notamment le cas des recherches en logique, qui analysent la validité des pensées et ce qui fait que nous les tenons pour vraies ou que nous changeons d&#8217;avis. Les philosophes, dans les différents champs, développent la pensée réfléchie et critique, que ce soit en éthique, en politique ou en esthétique, qui permet là aussi de justifier ce que nous pensons être vrai, bien ou beau.</p>
<p style="text-align:justify;">Le domaine immédiatement le plus concret concerne la linguistique et tout particulièrement le travail sur le traitement automatique des langues qui peut servir au développement de toutes sortes de logiciels (correction, indexation, apprentissage des langues, traduction automatique&#8230;). Ce travail nous a valu le label CREST (Centre régional d&#8217;expertise scientifique et technologique). Enfin, nous avons une spécialité très rare : la langue des signes (LSF). On étudie sa grammaire.</p>
<p style="text-align:right;">Propos recueillis par Isabelle Dupont</p>
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			<media:title type="html">Hervé Moine</media:title>
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