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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Articles Tagués ‘art’

Conférence à Toul.Vers une culture et une sagesse de l’imaginaire.

Publié par Hervé Moine le 30 mars 2011

 

Phaeton de Gustave Moreau

Faut-il éduquer l’imagination ?

Conférence de Florence Grumillier

Samedi 9 avril 2011

Médiathèque de Toul (54)

A notre époque, où, paradoxalement, la créativité est valorisée, mais, où nous ne sommes pas attentifs à une « culture et une sagesse de l’imaginaire », la question mérite d’être posée :

 

Faut-il éduquer l’imagination ?

C’est une question que Florence Grumillier se propose de traiter dans une conférence, illustrée par Sylvie Prévost, qui se tiendra le samedi 9 avril 2011, à 17h15, salle J. Pellerin, à la médiathèque de Toul. Cette conférence est organisée par l’association touloise Phil’Arts. A l’issue de la conférence un débat est possible autour d’une pot de l’amitié.

En outre, l’association Phil’arts propose un spectacle réjouissant et dérangeant à la fois, le printemps 2012, propose d’autres éléments de réponse à la question de l’éducation de l’imagination. Ce spectacle se déroulera le samedi 16 avril 2011 au Théâtre du Moulin, 2 rue des anciens combattants d’AFN à Toul, à 17h15 et à 20h30.

L’entrée libre de la conférence et du spectacle est libre.

Organisation : association PHIL’ARTS

Florence Grumillier

Florence Grumillier est agrégé de philosophie a enseigné en lycée dans les différentes séries des classes terminales et dans les classes préparatoires. Elle aide toujours à la préparation à l’épreuve de culture générale des concours d’entrée aux grandes écoles de commerce.

Nous pourrons nous référer aux réflexions sur l’imagination, notion au programme de Florence Grumillier sur son site philoflo.fr

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Exposition. Les philosophes à l’honneur : “Les portraits de la pensée”

Publié par Hervé Moine le 11 mars 2011

Palais des Beaux-Arts de Lille.

Velasquez, Ribera, Giordano et Bill Viola invitent à la réflexion

Article publié par Marie Tranchant sur Nord-Eclair, le vendredi 11 mars 2011

http://www.nordeclair.fr/Sorties/Bons_plans/2011/03/11/velasquez-ribera-giordano-et-bill-viola.shtml

Sur les toiles, de grands penseurs sont représentés, comme ici René Descartes peint par Jan Baptist Weenix en 1647-1648.

Sur les toiles, de grands penseurs sont représentés, comme ici René Descartes peint par Jan Baptist Weenix en 1647-1648.

Sur les toiles, de grands penseurs sont représentés, comme ici René Descartes peint par Jan Baptist Weenix en 1647-1648.

Pendant trois mois et ce dès aujourd’hui, le Palais des Beaux-Arts de Lille propose l’exposition « Portraits de la pensée ». Où cinquante portraits de philosophes peints au XVIIe siècle côtoient une oeuvre vidéo contemporaine.

Des regards qui se croisent. Celui d’Alain Tapié, directeur du Palais des Beaux-Arts de Lille, celui de Régis Cotentin, chargé de la programmation contemporaine du même musée, celui de Gilbert Glasman, délégué général de Citéphilo. Des points de vue qui se confrontent et donnent naissance à « Portraits de la pensée ». Inaugurée hier, l’exposition ouvre ce matin au grand public pour trois mois. Elle est donc le fruit d’une réflexion autour de la pensée et invite le visiteur à regarder l’invisible.

Car ici, toutes les oeuvres présentes se penchent sur la pensée. Avec des regards croisés, encore une fois. Celui de ces jeunes peintres du XVIIe siècle (Giordano, Ribera…) qui représentent en séries des philosophes grecs. Celui du visiteur confronté à ces portraits imaginaires, où attitudes, attributs, vêtements donnent au philosophe l’image qu’on attend de lui – ce vieux barbu l’air si concentré sur son livre. Celui, enfin, de l’artiste contemporain Bill Viola, qui s’est intéressé, lui, à la pensée de Saint-Jean de la Croix et en a fait une oeuvre qui incite à la méditation. À vous d’y ajouter votre propre regard.

Marie Tranchant

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Stéphane Vial : Design, Kierkegaard et réduplication

Publié par Hervé Moine le 15 février 2011

La prochaine édition du salon du livre de Paris sera l’occasion de présenter des auteurs, des livres et des événements relatifs à la philosophie. Aussi, nous commencerons aujourd’hui par la présentation de Stéphane Vial, philosophe, auteur de deux ouvrages.
Le Court traité du design de Stéphane Vial, sera au Salon du Livre de Paris le 20 mars 2011, de 18h30 à 19h30, sur le stand des Presses Universitaires de France. Rencontre animée par le journaliste Jean-Antoine Loiseau sur le thème « Le design, vrai ou faux concept », en compagnie de Samuel Zarka, auteur du livre “Art contemporain, le concept”.
Stéphane Vial est né en Isère à Bourgoin Jailleu en 1975. Stéphane Vial est notamment titulaire d’un DESS de Psychologie clinique et pathologique. Philosophe, enseignant la philosophie appliquée au design (en DSAA design d’espace et design de produits) et le multimédia interactif à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, au sein de l’UFR Arts plastiques et sciences de l’art (en Licence 3 et Master 1 “Métiers des Arts et de la Culture”), Stéphane Vial est directeur de création et architecte Drupal au sein de LEKTUM qu’il crée en 2007. LEKTUM est un atelier de design de contenus qui crée des identités interactives et des stratégies éditoriales en ligne pour les métiers de la création et le monde de la recherche, le secteur culturel et les institutions (http://www.lektum.com/).
Les thèmes de recherches de Stéphane Vial sont les suivants : la philosophie du numérique et de la technologie, la philosophie du design et du design interactif et la psychologie de la créativité et l’intellectualité. En outre, il est l’auteur d’un blog http://www.reduplikation.net/fr/reduplication.
Nous présentons son dernier ouvrage ainsi que celui qu’il a publé il y a quelques temps déjà sur le philosophe Kierkegaard, Kierkegaard, écrire ou mourir et un article de l’auteur lui-même qui définit la philosophie de la réduplication. Nous terminerons ce billet par un article paru dans le Figaro Nos états d’âme n’ont rien à voir avec la philosophie.
Hervé Moine
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Stéphane Vial

Court traité du design

PUF

Préface par Patrick Jouin

Le design, c’est quoi ? Cette activité reste difficile à définir comme si on ne voyait que son reflet troublé par les jeux de ses acteurs ou par les antagonismes de ses buts. Doit-on s’en tenir à la simple forme-fonction, si pratique mais pas si évidente à atteindre ? Ou réinventer ce qui existe déjà ? Faire de beaux objets bien stylés ? Donner envie d’acheter des produits écologiquement responsables ? Faut-il croire encore un peu au progrès ?

L’auteur nous dit que le designer serait comme un schizophrène. Il a raison. C’est aussi un équilibriste tentant d’impossibles figures où doivent s’unir des contraintes, d’un côté le marché, de l’autre l’être humain, le plastique et la nature, la fabrique et la légèreté, les pauvres et les riches. C’est infini. Voila où réside l’intérêt de ce métier, qui tente concrètement d’apporter des solutions au réel dans ce flux d’ambiguïtés. Quel designer suis-je ? Quel designer voulez-vous être ?

Le design contemporain a enfin sa philosophie par Laurent de Sutter

Le design est l’art d’enchanter l’existence quotidienne par les formes. Mais cet enchantement n’a rien de magique, ni même d’artistique : il est l’effet concret d’un certain nombre d’opérations techniques spécifiques au projet poursuivi par chaque designer. Car le designer est un projeteur. Et parce qu’il est un projeteur, l’effet qu’il cherche à produire ne se limite pas à concevoir des objets. Il implique aussi une vision complète du monde, incluant jusqu’au rêve de son futur. De ce rêve, chaque création d’un designer est la réalisation anticipée. Il ne reste plus au monde qu’à suivre. Ou pas ?

Lorsqu’il lui a soumis le manuscrit de son Court traité du design, Stéphane Vial s’est entendu répondre par le grand designer Patrick Jouin (qui en signe la belle préface) :

“C’est le livre que, étudiant, j’aurais voulu lire !”

Difficile de souligner avec plus de force combien l’ouvrage de Stéphane Vial vient combler un vide inimaginable : le design contemporain, phénomène capital de notre temps, n’avait encore fait l’objet d’aucun livre tentant d’en penser la spécificité ! Des histoires, oui des manifestes, oui mais pas encore de philosophie — pas encore de pensée. Avec ce Court traité du design, c’est désormais chose faite. Le design contemporain, dans toute sa complexité et dans toute son ambiguïté, s’y trouve pensé à la hauteur de son importance pour notre époque. Qu’il s’agisse de ses relations avec le capitalisme, la technique, le numérique ou la création tout court, Stéphane Vial en décrypte tous les enjeux avec une élégance et une originalité qui laissent pantois.

Culminant dans une magnifique théorie de « l’effet de design », ainsi que dans une théorie de la création prenant acte de ce que le design a transformé dans notre manière de comprendre l’art, son Court traité du design, seul du genre en langue française, est le livre à partir duquel tous les débats sur la question devront, dans les années à venir, prendre position.

Pour se procurer l’ouvrage de Stéphane Vial Court traité du design

Table des matières

Préface de Patrick Jouin

I. – Le paradoxe du design : Où l’on montre que le design pense, mais ne se pense pas

II. – Le désordre du discours ; Où l’on déconstruit et reconstruit le mot « design »

III. – Design, crime et marketing ; Où l’on raconte l’alliance très horrifique du design et du capital

IV. – Par-delà le capital ; Où l’on énonce la loi morale du designer

V. – L’effet de design ; Où l’on réduit la quiddité du design à trois critères

VI. – Faire du projet ; Où l’on montre que le designer n’est pas un artiste

VII. – L’idée de design numérique ; Où l’on examine les conséquences de la révolution interactive

VIII. – Inventer le futur : quelle innovation ? ; Où l’on s’interroge sur le rôle du design aujourd’hui

Postface de l’auteur. – Le système du design ; Où l’auteur ordonne ses principes dans le style géométrique

Pour se procurer l’ouvrage de Stéphane Vial Court traité du design

Stéphane Vial

Kierkegaard, écrire ou mourir

PUF

De 1838, année où paraît son premier livre, à 1855, année de sa mort, Kierkegaard écrit et publie pas moins de trente-quatre ouvrages, dont dix-sept d’entre eux en l’espace de trois ans ! Sans compter cette masse énorme de notes personnelles qu’il écrit parallèlement à son œuvre publique dès 1834, et qui remplissent les treize volumes des Papiers dont on a tiré son Journal. Pourquoi Kierkegaard a-t-il donc autant écrit ? Pourquoi l’écriture occupe-t-elle dans sa vie tant de place, au détriment d’une vie amoureuse et maritale qui lui tend les bras ? Quel est le sens de “l’hypergraphie” kierkegaardienne ? Telles sont les questions qui jalonnent cette méditation très personnelle, au carrefour de la biographie philosophique et de la psychanalyse, qui transporte le lecteur au cœur du drame privé de celui qu’on a parfois appelé ” le solitaire de Copenhague “.

Pour se procurer L’ouvrage de Stéphane Vial, Kierkegaard, écrire ou mourir

La réduplication

Une nouvelle approche de la philosophie

Consulter le blog de Stéphane Vial : http://www.reduplikation.net/fr/home

La réduplication est une méthode philosophique que je tente de définir depuis 2005 et dont j’ai tiré le nom d’un concept issu de la pensée de Søren Kierkegaard : « Rédupliquer, c’est être ce qu’on dit », écrit-il dans son Journal. Cette méthode consiste, pour la philosophie, à se détourner du seul « plaisir de pensée » pour se mettre au service de la société et agir sur l’existence concrète, en renonçant à la déréalisation métaphysique et l’abstraction gratuite. C’est pourquoi je l’appelle aussi parfois plus simplement philosophie appliquée afin de souligner son intention fondamentalement « alloplastique ». En voici le texte fondateur, rédigé en 2007.

Que veut dire « réduplication » ?

Du latin reduplicatio, « redoublement, réduplication », lui-même issu du verbe duplicare, « doubler, répéter, renouveler » , le terme réduplication signifie « répétition, recommencement, redoublement ». Par exemple, on dit d’un deuxième coup d’État qu’il est la réduplication du premier. À l’origine, il s’agit en fait d’un terme de rhétorique qui désigne soit le redoublement d’un mot ou d’un élément (par ex., en latin, les termes jamjam, « à l’instant, maintenant », ou quidquid, « n’importe quelle chose, n’importe quoi ») soit une figure de style consistant à répéter consécutivement un mot dans une même phrase ou portion de phrase (par ex., en français, les expressions « ce n’est pas joli joli » ou « il est un peu fou fou »). Dans un registre plus littéraire, on trouve aussi chez Verlaine (1) :

Ô triste, triste était mon âme

À cause, à cause d’une femme

En biologie, le terme réduplication désigne l’autoreproduction des organites cellulaires, en tant que celle-ci est une caractéristique fondamentale de la vie.

On parle aussi de réplication de l’ADN pour désigner le processus par lequel une molécule d’ADN se reproduit en deux molécules d’ADN identiques. De même, en informatique, la réplication est le « mécanisme de copie automatique d’une base de données vers une autre, permettant de rapprocher des données de l’utilisateur, dans un système distribué ».

Par là, on voit bien que la notion de réduplication, quel que soit son domaine d’application, désigne l’acte de dupliquer en redoublant, c’est-à-dire l’acte répétitif de produire une réplique, une copie, un double.

La réduplication kierkegaardienne

Dans la pensée de Søren Kierkegaard, ce terme a acquis un sens très particulier, dont la portée n’a pas encore été pleinement mesurée. La réduplication, pour Kierkegaard, c’est l’acte de reproduire sa pensée dans l’existence concrète. « Rédupliquer, c’est être ce qu’on dit », écrit-il magnifiquement dans son Journal (2). Autrement dit, la réduplication, c’est ce que j’appellerais l’adaequatio vitae et intellectus (3), c’est-à-dire le redoublement de la pensée dans la vie. Pour bien en saisir la portée, il faut dire un mot de la théorie kierkegaardienne de la vérité. Pour Kierkegaard, « La vérité ne consiste pas à la savoir, mais à l’être » (4). En effet :

L’être de la vérité n’est pas le redoublement direct de l’être rapporté à la pensée […]. Non, l’être de la vérité est son redoublement en toi, en moi, en lui de sorte que ta vie, la mienne, la sienne, dans l’effort où elle s’en approche est l’être de la vérité, comme la vérité fut en Christ une vie, car il fut la vérité. (5)

Au-delà de la référence religieuse à la personne du Christ, que l’on peut ici mettre de côté si on le souhaite, il faut relever la dimension intrinsèquement existentielle de toute vérité selon Kierkegaard, ce qui n’est pas sans faire écho à l’héritage socratique. Ainsi, il n’y a de vérité que de ce qui peut être redoublé dans la vie pratique ou l’existence concrète et, en se redoublant, se dire effectivement comme vérité. Il n’y a de vérité que rédupliquée. La vérité ne peut se dire que de manière indirecte et pratique, par les actes et le comportement (6), plutôt que de cette manière directe et théorique qui est celle de la pensée et du discours.

En ce sens, la réduplication appartient à ce que Kierkegaard appelle la « communication indirecte », qui s’oppose à la simple « communication de savoir », laquelle consiste seulement à dire les choses sans mettre à exécution ce qu’on dit. La communication indirecte, en effet, c’est l’art de communiquer ses idées par des actes et non par des discours (7). Sur ce point, Kierkegaard est une fois de plus on ne peut plus socratique. On se souvient en effet avec quelle magnanimité, après avoir été condamné à mort, Socrate refuse la proposition de Criton de s’évader de la prison où il attend sa mise à mort (8) : par son comportement — le choix de subir la peine de mort par respect pour les Lois de la cité —, il communique bien mieux ce qu’est la justice que ne le ferait un traité théorique sur le même sujet. Autrement dit, en termes kierkegaardiens, il réduplique. Force est de constater d’ailleurs avec Nietzsche que le souci de rédupliquer n’est plus tellement celui des philosophes d’aujourd’hu :

[ Aujourd’hui ] on pense, on écrit, on imprime, on parle, on enseigne philosophiquement ; dans cette mesure, tout est à peu près toléré : c’est seulement dans les actes, dans la vie, comme on dit, qu’il en va autrement. […] Sont-ce là des hommes, se demande-t-on alors, ou seulement des machines à penser, à écrire et à parler ? […] Personne n’ose appliquer à soi-même la loi de la philosophie, personne ne vit en philosophe, avec cette probité simple et virile qui obligeait un Ancien, une fois qu’il avait juré fidélité à la Stoa, à se conduire toujours et partout en stoïcien. (9)

La réduplication philosophique

Si la pensée ne devient vraie qu’en se rédupliquant dans la vie, ce que je crois très juste et très profond, alors il est possible de concevoir, en allant plus loin que l’inspiration kierkegaardienne, le projet général d’une « philosophie réduplicative ». Par là, j’entends une philosophie qui se reproduit dans la vie, la société, le réel. Une philosophie qui aboutit à l’action, la réalisation, la rencontre. Une philosophie qui augmente les possibilités d’expérience vécue, d’existence agie, d’échanges interactifs. Une philosophie qui augmente la vie.

Cela implique un renoncement au jargon schizophrénique de l’ontologie et aux objets déréalisants de la métaphysique. En ce sens, la philosophie réduplicative est une « philosophie positive » car elle se propose d’étudier dans sa pleine positivité tout objet psychologique, social ou culturel constitutif du réel humain. Par positivité, il faut entendre ici « consistance de réalité » par opposition à la déréalité métaphysique. La philosophie réduplicative est donc une « philosophie de l’homme », comme l’on parle de « sciences de l’homme » ou une « philosophie culturelle », comme jadis l’on parlait inversement de « philosophie naturelle ». C’est une philosophie de la culture, et non de la nature.

Une telle philosophie ne peut se porter que sur des objets exogènes, c’est-à-dire qui lui sont extérieurs et étrangers. Ainsi le premier axiome de la philosophie réduplicative tient tout entier dans cette déclaration de Georges Canguilhem : « La philosophie est une réflexion pour qui toute matière étrangère est bonne, et nous dirions volontiers pour qui toute bonne matière doit être étrangère » (10). En effet, la philosophie académique n’a guère de contenu propre et « positif ». Celui qu’on lui attribue généralement en Sorbonne n’est soit qu’un exercice scolastique et stérile — l’histoire de la philosophie et sa dérive commentariste qui fait que les « philosophes » de notre temps ont tendance à n’être plus que des auteurs de fiches de lecture savantes — soit une forme de pensée fantomatique et déréalisante inaccessible aux mortels — la métaphysique et sa vacuité psychique, qui n’est la plupart du temps que le résultat indigeste d’une intellectualisation et d’une rationalisation de fantasmes et d’idéaux inconscients.

À l’opposé de cela, la philosophie réduplicative déclare que le seul objet légitime de la philosophie est le réel humain dans sa pleine positivité et que sa tâche consiste à révéler les logiques invisibles qui oeuvrent en lui.

Investir le champ exceptionnel que l’Internet ouvre aux possibilités de l’intelligence collective est l’une des manières par laquelle la philosophie elle-même parvient à se « rédupliquer », pour une culture à la fois actuelle et virtuelle, locale et mondiale, individuelle et collective.

Stéphane Vial, http://www.reduplikation.net/fr/reduplication

Notes

1. P. Verlaine, Romances sans paroles, Gallimard, 1973, coll. Poésie, « Ariettes oubliées », VII, p. 132.

2. S. Kierkegaard, Journal, Paris, Gallimard, 1941-1961, vol. II, p. 292.

3. Traduisez : « l’adéquation de l’intellect et de la vie ». Pastiche de la célèbre phrase de Thomas d’Aquin définissant la vérité comme adaequatio rei et intellectus (« adéquation de l’intellect et de la chose »).

4. S. Kierkegaard, L’École du christianisme, in Oeuvres Complètes, éd. de l’Orante, 1982, vol. 17, p. 180-182.

5. Ibid.

6. Sur ce point, Kierkegaard n’est pas tellement éloigné de la conception pragmatiste de la vérité selon William James. D’après James, en effet, « La vérité d’une idée n’est pas une propriété qui se trouverait lui être inhérente et qui resterait inactive ». Au contraire, « la vérité est un événement qui se produit pour une idée. Celle-ci devient vraie ; elle est rendue vraie par certains faits ». Autrement dit, l’idée vraie, c’est l’idée véri-fiée, c’est-à-dire, étymologiquement, l’idée qui est faite vraie. Et James de conclure : « La vérité est une chose qui se fait ».

7. S. Kierkegaard, La dialectique de la communication, Paris, Payot et Rivages, 2004, p. 54 et 73-76. La « dialectique de la communication » consiste alors dans le mariage de la communication directe et de la communication indirecte, ibid., p. 64 et 76.

8. Lire à ce sujet le Criton de Platon, in Apologie de Socrate – Criton, Paris, GF-Flammarion, 1997, p. 201-228.

9. F. Nietzsche, Considérations inactuelles, Seconde considération, Paris, Gallimard, coll. folio-essais, 1990, p. 124.

10. G. Canguilhem, Le normal et le pathologique (1966), Paris, PUF, Quadrige, 1996, p. 7.

Stéphane Vial est né en Isère à Bourgoin Jailleu en 1975. Philosophe, enseignant et designer interactif, il est directeur de création et architecte Drupal au sein de LEKTUM. Il enseigne la philosophie appliquée au design à l’École Boulle (en DSAA design d’espace et design de produits) et le multimédia interactif à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, au sein de l’UFR Arts plastiques et sciences de l’art (en Licence 3 et Master 1 “Métiers des Arts et de la Culture”). Ses thèmes de recherche sont les suivants : la philosophie du numérique et de la technologie, la philosophie du design et du design interactif et la psychologie de la créativité et l’intellectualité

 

 

«Nos états d’âme n’ont rien à voir avec la philosophie»
Article de Pascal Senk, paru le 15 février 2011 dans le Figaro

Ci-contre Stéphane Vial: «La philosophie nous donne le courage d’affronter la complexité des choses.»

INTERVIEW – Stéphane Vial, professeur de philosophie à l’école Boulle et ancien psychologue clinicien à l’hôpital Tenon, a publié Kierkegaard, écrire ou mourir et Court traité du design aux PUF.

LE FIGARO. – Dans votre parcours personnel, vous avez fait des allers-retours entre philosophie et psychologie. Pourquoi ?

Stéphane VIAL. – Comme beaucoup, à l’adolescence, je suis entré en philosophie comme on entre en religion. La sagesse des stoïciens, le réalisme existentiel de Sartre, tout cela m’aidait à l’époque à comprendre ce que je croyais être et croyais devoir être dans un monde que je ne comprenais pas. J’en ai donc fait un métier, en devenant prof de philo. Mais quand, des années après, j’ai vécu des événements vraiment difficiles, la philosophie ne m’a été d’aucun secours.

J’en ai été profondément déçu. Nos états d’âme n’ont rien à voir avec la philosophie. Ils ont à voir avec nous-mêmes, notre enfance, notre histoire, nos souffrances et nos échecs personnels. Seule une psychanalyse, longue et attentive, peut conduire à modifier ces états d’âme, chez ceux qui y sont prêts ou préparés. Fatigué et rebuté par la pure spéculation intellectuelle des philosophes, je me suis donc tourné vers la psychologie et notamment la psychanalyse.

Pourtant, la psychanalyse aussi peut être abstraite et jargonnante…

C’est vrai, parce que pour faire entendre des idées nouvelles il faut parfois jargonner! Mais les concepts psychanalytiques sont toujours étayables, observables sur des cas concrets alors que les constructions théoriques de certains philosophes, qui s’apparentent parfois à des délires, naissent seulement dans la vie mentale et obscure de leurs auteurs.

Si ceux-ci nous fascinent ou nous délectent, c’est en partie grâce à ce que la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor, elle-même de formation philosophique, appelle «le plaisir de pensée», c’est-à-dire «la capacité dont font preuve certains sujets pour retirer du plaisir de leur fonction d’intellection et de leur activité discursive».

Autrement dit, c’est le plaisir pur que l’on prend à l’abstraction pure. Ceux qui n’y ont pas accès appellent cela «masturbation intellectuelle» ou «prise de tête». Il faut dire qu’un tel plaisir est difficile à obtenir. Pour pouvoir se donner, le plaisir de pensée requiert du travail, de la méthode, de la rigueur. Et le simple fait de réussir à l’atteindre devient, par fierté, un plaisir qui s’ajoute au plaisir.

Reconnaissez-vous encore à la philosophie quelques effets bénéfiques ?

Bien sûr! Elle nous donne le courage d’affronter la complexité des choses et de «nuire à la bêtise», comme disait Nietzsche. Parfois même, elle peut être le «quelque chose qui sauve»: mais, dans ce cas, ce n’est pas selon moi en raison de ce qu’elle est ou de ce qu’elle a à offrir en tant que philosophie. C’est seulement en proportion de ce que l’on vient chercher en elle. Elle peut donc nous aider à aller mieux si l’on s’accroche à elle comme quelque chose à quoi on s’accroche pour survivre. Mais, dans ce cas, elle ne fait rien de plus pour nous aider à aller mieux que ce que peut faire le sport, l’art ou le travail.

Et aujourd’hui vous êtes revenu vers elle…

Oui, mais je ne crois désormais qu’à la philosophie appliquée à des objets concrets ou à des secteurs tangibles de la vie sociale: philosophie du soin dans les hôpitaux ou philosophie appliquée au design, telle que je l’enseigne aujourd’hui.

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“Vacarme”, une réflexion entre politique, art et sciences

Publié par Hervé Moine le 29 octobre 2010

ActuPhilo se penche aujourd’hui sur une revue originale, engagée, militante dont les articles nous interpellent, nous interrogent, nous désarçonnent. Bref, Vacarme nous réveillent de nos sommeils dogmatiques. Mais qu’est-ce que Vacarmes précisément ? Pour faire vite disons que Vacarme propose une réflexion entre politique, art et sciences, réflexion dont l’éclectisme devrait permettre à chacun d’y trouver son compte. En effet, depuis sa création il y a maintenant trois ans, Vacarme mène une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique.

Comment est né Vacarme ?

Vacarme est née en 1997 de la rencontre d’individus engagés dans différents mouvements sociaux, notamment la lutte contre le sida et la défense des sans-papiers, et de leur désir de confronter ce qu’ils apprenaient du monde depuis leur expérience politique au savoir qu’ils forgeaient dans leurs travaux respectifs de chercheurs, d’enseignants, d’écrivains, de thérapeutes ou d’artistes. Ils ont voulu que Vacarme soit un lieu d’échanges entre réseaux militants, intellectuels et artistiques, un espace qui échappe aux séparations traditionnelles entre la pratique et le savoir, la politique et l’art, l’urgence d’agir et la nécessité de penser.

Pierre Zaoui…

Vacarme résolument éclectique

Vacarme est un trimestriel résolument généraliste, qui refuse de choisir entre les articles d’opinion et les textes théoriques, la philosophie et les sciences sociales, la création littéraire et les enquêtes de terrain, l’économie et la poésie, l’image et le texte. On y trouvera aussi bien une réflexion sur l’art contemporain qu’un entretien avec Mike Davis, aussi bien une enquête sur les quartiers pavillonnaires que de la poésie américaine, aussi bien un portfolio photographique qu’un dossier sur les politiques de générations, aussi bien Olivier Cadiot qu’Anne Cheng. Au-delà d’un simple voisinage, il s’agit de rapprocher les savoirs, afin qu’ils se métissent.

Comment se compose la revue ?

Vacarme s’ouvre sur un long entretien, qui invite une personnalité du champ intellectuel, militant ou artistique à partager son travail. Suit un dossier : le chantier, thématique. Le cahier, lui, est une série délibérément éclectique de textes et d’images où s’entremêlent fiction, poésie, art et critique. Enfin, les lignes creusent de numéro en numéro les obsessions politiques de Vacarme. Par exemple : les psychotropes comme enjeu politique (série «  Drogues  ») ; l’inquiétante étrangeté que prennent les politiques européennes (série «  L’Europe du pire  ») ; les débats qui traversent l’école (série «  Éducation, Institutions  »)

Quel est le style de Vacarme ?

Formellement, Vacarme est un objet hybride, qui veut concilier la rigueur de pensée et d’écriture propre aux revues, et la variété des formats — textes, entretiens, enquêtes, images — qui fait la vivacité des journaux. Ce style, comme son contenu, la situent entre les revues de recherche confinées dans leur spécificité disciplinaire et les journaux issus de groupes militants qui peinent à être lus au-delà de leurs sympathisants ; entre les magazines dont la spécialité (culturelle, politique, économique) fait obstacle à une approche transversale, et les journaux dont la course à l’actualité empêche un traitement en profondeur.

Un mot sur l’éditeur de Vacarme…

L’éditeur de Vacarme est l’association du même nom, qui regroupe une vingtaine de membres, bénévoles. Régulièrement réunis en comité de rédaction, ceux-ci assurent collégialement la conception des numéros, coordonnée par une rédaction en chef collective et tournante. Refusant une certaine division professionnelle — c’est-à-dire, souvent, sexuelle — du travail éditorial, ils participent également à la fabrication matérielle de l’objet : si la réalisation de la maquette et de la couverture sont rémunérées, le secrétariat de rédaction est bénévole et collectif, tout comme les tâches administratives. Un travail d’amateurs, en somme, dans le sens joyeux du terme.

À partir du numéro 53, Vacarme devient partenaire des éditions Les Prairies ordinaires. Ce rapprochement, fondé sur des affinités politiques et intellectuelles anciennes et fortes, entend développer une étroite collaboration éditoriale et perpétuer la mutualisation de certains moyens logistiques  : Vacarme est distribuée en librairies par le diffuseur des éditions Les Prairies ordinaires, Belles Lettres Diffusion Distribution.

A noter que le trimestriel Vacarme est publié sur papier et archivé en ligne sur son site “vacarme.org“. Vous y trouverez ce qui vous permettra de commander un numéro de la revue ou bien de vous y abonner.

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Lu dans le blog de Simone Manon : un hommage à Benjamin Fondane

Publié par Hervé Moine le 22 septembre 2010

Plaque Commémorative rue Rollin à Paris LPLT / Wikimedia Commons

portrait de Fondane par Brauner

Dans son blog PhiloLog, Simone Manon, professeur de philosophie au lycée Vaugelas de Chambéry, à l’occasion des journées du Patrimoine, rend hommage à Benjamin Fondane, poète et philosophe roumain mort à Auschwitz en 1944, http://www.philolog.fr/hommage-au-poete-et-philosophe-benjamin-fondane/

Pour notre part, nous avions déjà évoqué l’an dernier sur ActuPhilo, Benjamin Fondane et son oeuvre :

Découverte du monde de Benjamin Fondane :

http://actuphilo.com/2009/10/30/decouverte-du-monde-de-benjamin-fondane/

Voir aussi Wikipédia sur Benjamin Fondane qui présente une bibliographie exhaustive :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Fondane

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A noter la parution d’un numéro de la revue littéraire Europe sur Benjamin Fondane


Benjamin Fondane, numéro 827

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Une réflexion fondamentale sur l’art de construire

Publié par Hervé Moine le 22 septembre 2010

Jean-Pierre Chupin, professeur titulaire et directeur scientifique du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle à l’Université de Montréal consacre l’essentiel de ses recherches et publications au projet d’architecture, au jugement architectural et au phénomène des concours.

Le premier volume de Analogie et théorie en architecture qui s’intitule “De la vie, de la ville et de la conception, même” vient de paraître.

Si on comprend aisément que les concepteurs de formes et d’espaces aient quotidiennement recours aux figures de l’analogie pour imaginer leurs projets, on sait moins que de nombreuses théories et doctrines de l’architecture lui sont tout autant redevables. Sorte de secret mal gardé, l’analogie serait de fait une des grandes matrices de l’architecture.

Examinant rigoureusement la portée pratique et théorique de cette hypothèse, les études d’histoire critique rassemblées dans ce premier ouvrage se consacrent à trois registres de la modernité qui éclairent l’architecture contemporaine : les conceptions de la vie et de la biologie (des images du corps aux principes de la génétique), des conceptions de la ville (en reconstituant les contours et les enjeux de ce que l’architecte Aldo Rossi appelait une « ville analogue »), et les conceptions mêmes de la conception (dont les modèles analogiques permettent de rendre compte des circonvolutions de l’imagination et de la réflexion architecturale).

Présentation de l’éditeur

L’architecture, communément associée à la pierre, au béton et au bois, est aussi faite d’idées, de connaissances et d’emprunts les plus divers, mêlant des échelles, des concepts, des impératifs et des attentes parfois contradictoires, sources de tensions menaçant jusqu’à sa cohérence. C’est pourquoi l’architecture recourt abondamment à cette puissante forme de pensée qu’est l’analogie. Mais les rapprochements qu’elle établit sont plus complexes et délicats qu’il n y paraît. Certaines analogies sont persistantes, d autres ne résistent pas à l exposition. Certaines accompagnent le mûrissement d’un projet, d’autres s imposent d’elles-mêmes, après le surgissement de l’édifice, à l’encontre, parfois, des intentions premières. Il se trouve des analogies trop littérales et trop visibles, tandis que d’autres n’émergent qu’à la suite d’explications et d’analyses fouillées.
Ce premier volet de l’enquête de Jean-Pierre Chupin propose un examen historique et critique. Il se concentre sur trois registres caractéristiques des usages et des théories modernes : la connaissance de la vie (et de la biologie) ; l’architecture de la ville ; la modélisation même de la conception.

Sommaire

Introduction Le spectre de l’analogie

Objet, Sujet, Projet / Au-delà de la ressemblance en architecture / Un exemple canonique / Pléthore des figures, rareté des théories / Trois ensembles d’études /

Volume 1 : histoire et critique / De la vie / De la ville / De la conception / Limites et perspectives

Chapitre 1 L’architecture de la vie

Destins croisés de l’architecture et de la biologie / L’analogie biologique / La conception évolutive des artefacts / Les racines biologiques de l’architecture / L’analogie et le fardeau de la preuve / Du cycle de vie de l’analogie

Chapitre 2 L’architecture de la ville

Reconstitution d’une figure énigmatique / L’infortune critique de la Città analoga / Métamorphoses de l’analogie / Mythologie de l’inversion (retour à la case départ)

Chapitre 3 L’architecture de la conception

La conception comme objet de recherche / Analogues cybernétiques et méthodologiques (1960-1970) / L’analogie comme technique de créativité (1960-1970) / Vers une approche cognitive de la conception (1970-1990) / La conception mise à nu par ses concepteurs, même (1960-1990)

Conclusion L’autre moitié d’un atlas universel

L’architecture de l’hétérogénéité / Jeux de la vie / Jeux de l’oie / Jeux électroniques / Serpents et échelles / Le moteur est dans la matrice / Analogie et sauts cognitifs / De phases en phases

Pour commander l’ouvrage de Jean-Pierre Chupin, Analogie et théorie en architecture

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Vous pouvez aussi vous procurer cet ouvrage sur le même thèmes,

il s’agit d’un ensemble de textes rassemblés par Jean-Pierre Chupin et Cyrille Simonet

Le projet tectonique

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La critique au crible

Publié par Hervé Moine le 18 mars 2010

Les facultés de juger

Critique et vérité

Du 7 avril 2010 au 10 avril 2010

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Les facultés de juger, Critique et vérité

Colloque organisé par le CERILAC/ Paris Diderot

Equipe Théorie Littéraire et Sciences Humaines
Centre Roland – Barthes

Responsables scientifiques:
Evelyne Grossman/ Martin Rueff

7, 8, 9, 10 Avril 2010

Université Paris Diderot-Paris 7/ site Paris Rive Gauche

Sous le titre Les facultés de juger (critique et vérité), on propose de faire se rencontrer des journalistes, des critiques professionnels, des critiques universitaires et des écrivains, pour parvenir à une formulation adéquate de la question du jugement esthétique aujourd’hui. Il s’agit de faire le point sur l’activité et la pensée critique : sur son sens, sur sa généalogie, sur sa portée. Mais aussi sur ses ambitions et sa nécessité : critique et vérité. Rien ne sert de déplorer une perte généralisée de l’esprit (ou du sens) critique, ou de se plaindre que la situation de la littérature (comme celle de l’art) soit de plus en plus difficile. Laissons la plainte aux idéologues. Critiquons et voyons comment on critique. Soyons résolument critiques.

La place du jugement dans l’exercice critique doit être repensée. Juger ce n’est pas expertiser (cf. la charge de Milner), c’est évaluer dans un accompagnement des oeuvres et des productions qui exige du tact, mais aussi des critères qui correspondent à des règles où le sensible et l’intelligible se mêlent d’une manière certainement complexe mais que rien n’interdit, en droit, de décrire. Les étudiants sont obsédés par cette question qui travaille tous les artistes.

On se souvient qu’en 1967 Georges Poulet dirigeait un ensemble décisif intitulé Les chemins actuels de la critique : il s’agissait d’exposer les avancées de la critique littéraire, de faire se croiser des approches différentes et parfois contradictoires. Les exposants les plus remarquables de la critique psychologique, de la critique formaliste, de la psychanalyse existentielle, mais aussi de la critique d’inspiration bachelardienne ou de la sociocritique se réunissaient pour exposer leurs thèses et en discuter. La pensée critique avançait. Avec quel profit on le sait.

Certes, on ne retracera plus les chemins actuels de la critique. Question d’époque. L’effort critique nécessite cependant qu’on pense le geste critique pour aujourd’hui.

On propose donc que se tienne un colloque de plusieurs jours consacrés à faire se rencontrer plusieurs corps de métier attachés à la critique : artistes, créateurs, enseignants de diverses disciplines, critiques journalistiques, éditeurs de revue critique, critiques universitaires. On pourrait peut-être essayer de lever les malentendus.

C’est pourquoi on propose un colloque qui porte sur les concepts, les supports, les effets de la critique.

Quant aux concepts, la chose est simple : il s’agit de se demander comment on juge, de conduire les participants à réfléchir sur les règles du goût, sur les conditions de possibilité du partage esthétique. On pourrait ici proposer une généalogie du geste critique dans laquelle Kant devrait occuper une place déterminante. Cette interrogation peut bien être mise sous le signe du titre ancien de Barthes : critique et vérité à condition qu’on la pense bien comme une interrogation dialectique et politique uniment.

Quant aux supports, il faudrait faire grand cas de la différence qui existe aujourd’hui entre plusieurs supports de l’activité critique : la critique de journal (quotidien ou hebdomadaire), le magazine, mais aussi la revue spécialisée doivent se confronter aujourd’hui à la critique sur support électronique : revues internet mais aussi blogs littéraires. A ce titre, nous pourrions profiter de la présence de nos collègues de cinéma et de théâtre pour nous interroger avec eux sur le rôle de la critique dans leurs disciplines.

Quant aux effets, il serait bon de s’interroger sur le rapport de la critique et de la création aujourd’hui. C’est aussi un moyen de penser la modernité des poétiques. Des écrivains pourraient être conduits à dire, en public, la manière dont s’articulent, dans leur création, la pensée critique et le jaillissement de l’oeuvre. Inutile de rappeler combien nos étudiants sont attachés à cette question. On mettrait peut-être fin aux soupçons anti-intellectuels qui animent une part de l’opinion publique et des médias.

Au programme du colloque

Mercredi 7 avril 2010 : Les concepts de la critique et les styles de la critique

  • Julia Kristeva (Paris Diderot – IUF) « D’un discours sans objet »
  • Martin Rueff (Paris-Diderot) « Les facultés de juger »
  • Evelyne Grossman (Paris Diderot – CIPh) « En finir avec le jugement ? »
  • Patrick Hochart (Paris Diderot) Juger (Hannah Arendt)
  • Pierre Zaoui (Paris Diderot) « De la critique à la position et à l’affirmation : un voyage sans retour? »
  • Laurent Jenny (Université de Genève) « Vies et morts de la critique »
  • Eric Marty (Paris Diderot) « Barthes, critique et philosophie »
  • Marielle Macé (CNRS/ EHESS) « Le tournant esthétique de la critique »
  • Marc Escola (Paris 8 ) « Petites querelles du Grand Siècle, ou l’accent circonflexe »
  • Pierre Pachet (Paris Diderot) « A la rencontre des écrits politiques d’André Chénier »
  • Florence Dupont (Paris Diderot), Malika Bastin-Hammou (Université Grenoble 3), Pierre Katuszewski (Université Bordeaux 3 et Paris Diderot) « Quand la critique théâtrale ‘fait théâtre’ : (Aristophane, Térence. Pasolini) »

Jeudi 8 avril 2010  : L’état critique de la critique,l’état critique de la littérature, les écrivains et la critique

  • Gilles Moutot (Montpellier) « “Faire des choses dont nous ne savons pas ce qu’elles sont” : esthétique et critique selon Adorno »
  • Laurent Dubreuil (Cornell University) « Literature now »
  • Bertrand Leclair (essayiste et romancier) « La communication triomphante ou la nécessité de redéfinir l’espace critique »
  • Jérémie Majorel (Paris Diderot) « La critique d’Albert Thibaudet »
  • Philippe Beck (Nantes) « Critique et poétique (la descendance de Genette) »
  • Jean Delabroy (Paris Diderot) « La tierce voix (voix de personne, voix de quelqu’un »
  • Philippe Forest (Nantes) « Du ‘surimpressionisme’ critique »
  • Tiphaine Samoyault (Paris 8 ) « Avons-nous des modèles ? »
  • Elisa Sclaunick (Paris Diderot) « La critique d’écrivain (Dupin et les peintres) »
  • Miguel Abensour (Paris Diderot) « Pour une philosophie politique critique »

Vendredi 9 avril 2010 : Les supports de la critique

  • Jean-Louis Jeannelle (Paris IV/ Le Monde des livres) « Les valeurs de la critique »
  • Table ronde animée par Evelyne Grossman avec Patrick Kéchichian (La Croix) Jean Louis Jeannelle (Paris IV/ Le Monde des livres) Alain Veinstein (France Culture)
  • Francis Marmande (Paris Diderot) « Critiques d’objets non identifiés »
  • Intervention d’Omar Merzoug (La Quinzaine Littéraire)
  • Table Ronde des revues (P Chartier) Michel Crépu pour la Revue des deux Mondes Thierry Guichard pour le Matricule des Anges Omar Merzoug pour La Quinzaine littéraire Jean-Baptiste Para pour Europe Philippe Roger pour Critique
  • Table ronde JP Courtois/ M. Rueff la critique sur le net – singularité exemplaire du poétique, avec Pierre Le Pillouër (poète, site sitaudis), Florence Trocmé (site pozibao) Sébastien Rongier (site remue.net) et François Rannou (poète, publie.net)

Samedi 10 avril 2010  : La critique est difficile : Les objets modernes de la critique et la critique d’art

  • Christophe Bident et Christophe Triau (Paris Diderot) « Critique théâtrale : une scène désertée ? »
  • Hervé Joubert-Laurencin (Amiens) « Sans rien changer, que tout soit différent ou Le renouvellement de l’objet critique comme éternelle continuation de la critique »
  • Yannick Seïté (Paris Diderot) « Habiliter un objet nouveau : la critique et le jazz »
  • Franz Anton Cramer (Université des Arts de Berlin) « Critique de sauvetage : à propos d’objets éphémères dansés et leur construction par le discours »
  • André Gunthert (EHESS) « Pourquoi l’art ne peut pas être numérique ? »
  • Baldine Saint-Girons (Paris 10) « Inventer ou juger? La tradition rhétorique »
  • Yan Ciret (France Culture, Art Press) « Figures de la critique désoeuvrée »
  • Bertrand Clavez (Rennes II) « Fluxus, un art critique de l’art du critique d’art ? »
  • Jean Pierre Cometti (Aix-en-Provence) « Pour une critique sans jugement »
  • Nathalie Heinich (CNRS) « Topiques de la critique en art contemporain »

Responsable : M. Rueff & E. Grossma

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Art et philosophie dans le cadre des conférences du Mouvement européen du Touquet

Publié par Hervé Moine le 10 mars 2010

Conférence

Art et philosophie de Rembrandt à Magritte

Photo de © ADAGP, Paris 2008 René Magritte, Le retour, 1940, Huile sur toile, 55 x 65 cm, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

par Alain Decaix, agrégé de philosophie

Lundi 29 mars 2010

au Touquet

Conscience européenne.

Créé dans le but de promouvoir la conscience européenne, le Mouvement européen du Touquet reste un des pionniers de la construction européenne. Il a pour vocation de favoriser les échanges culturels et renforcer les rapports harmonieux dans l’Union européenne.
A cet effet, diverses activités sont mises en avant, notamment des rencontres, des compétitions ou voyages au sein du mouvement.
Dans ce cadre, de mars à novembre 2010, des conférences seront organisées au Touquet, durant lesquelles seront traités des thèmes aussi contemporains qu’historiques et littéraires.

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Poésie et Philosophie : l’invention d’une vieille querelle

Publié par Hervé Moine le 19 février 2010

Pr. Glenn Most

Le Professeur Glenn Most, helléniste et philologue, donnera une conférence aujourd’hui vendredi 19 février à 14h00

à l’Institut de grec de l’Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV), 16, rue de la Sorbonne, dans la salle du premier étage.

Le thème de la conférence : “Poésie et philosophie : l’invention d’une vieille querelle (Platon, République X)”

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L’auteur de “la condition postmoderne” au centre d’un colloque

Publié par Hervé Moine le 13 octobre 2009

On sait le rôle que la pensée et l’activité de Lyotard ont joué dans le groupe Socialisme ou barbarie dès les années 50, puis dans le mouvement 22 mars en 1968, avant d’intégrer ensuite le département de philosophie de l’Université de Paris VIII à Vincennes et se faire connaître internationalement (non sans confusion) sous les désignations de « philosophie du désir » ou, plus tard, de « philosophie postmoderne ».

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Passages de Jean-François Lyotard

Jean-Francois_Lyotard3

14 octobre 2009 au 17 octobre 2009

Université de Paris 8 Vincennes à Saint-Denis

Rencontre internationale organisée par le département de philosophie de Paris 8,

Bruno Cany, Jacques Poulain et Plínio W. Prado, à l’occasion des 40 ans de « Vincennes ».

Rencontre organisée avec le soutien du Conseil scientifique de l’Université de Paris 8, du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de philosophie (LLCP) et de la Chaire UNESCO de Philosophie de la culture et des Institutions…

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Présentation du colloque

Passages Lyotard

“Le présent colloque international, consacré à la pensée de Jean-François Lyotard, s’inscrit à plus d’un titre dans le cadre des manifestations du 40e anniversaire de l’Université de Vincennes qui auront lieu en automne de 2009 à Paris, sur fond de la situation critique que traverse l’université française aujourd’hui.

On sait le rôle que la pensée et l’activité de Lyotard ont joué dans le groupe Socialisme ou barbarie dès les années 50, puis dans le mouvement 22 mars en 1968, avant d’intégrer ensuite le département de philosophie de l’Université de Paris VIII à Vincennes et se faire connaître internationalement (non sans confusion) sous les désignations de « philosophie du désir » ou, plus tard, de « philosophie postmoderne ».

Plus précisément encore, on ne saurait oublier le rôle décisif que La condition postmoderne, son livre le plus connu (mais dont on oublie souvent qu’il s’agit d’un « rapport sur le savoir »), a joué dans la survie de l’Université de Paris VIII Vincennes à la fin des années 70, déjà aux prises alors avec le diktat de l’« optimisation des performances ». Critiquant à la fois la philosophie analytique et la pragmatique communicationnelle anglo-américaine et allemande, le livre ouvrait en même temps l’espace d’une discussion internationale, dans le climat de laquelle naîtrait quelques années plus tard le Collège international de philosophie.

Onze ans après la disparition de Jean-François Lyotard, et à l’occasion aujourd’hui des quarante ans de l’Université de Vincennes, ce colloque international se propose de dresser un état des lieux des travaux consacrés, un peu partout dans le monde, à la pensée de Lyotard.

On vise à contribuer à une compréhension à la fois plus large et plus fine de la teneur et du ton singuliers de cette pensée, ainsi que de l’enjeu, plus actuel que jamais, qui est le sien (et ce à l’encontre de son assimilation courante à l’amalgame de « la pensée française », « poststructurale » ou « postmoderne »). Ce sera en particulier l’opportunité d’expérimenter la force et la pertinence particulières de l’apport de cette pensée à l’intelligence de la situation contemporaine, Université comprise.

Le thème des « passages », qui témoigne d’une exigence fondamentale, indéfectible de la pensée, servira de fil conducteur au cours de ces journées de réflexion et de discussion.

En effet, bien que le penseur ait cherché à distinguer ce qu’il a nommé « la condition postmoderne » de « ce qui s’appelle postmodernité ou postmodernisme sur le marché des idéologies contemporaines », il reste que c’est au terme courant de « postmoderne » que son nom demeure généralement associé. Une telle réception, internationalement répandue, appelle une sévère révision. S’en tenir à cela reviendrait à oublier l’exigence dont fait preuve ici la pensée, son sens des différences et du « différend » (ce sens même que s’attache à occulter toute idéologie, à commencer par celle d’une « rationalité » qui dénierait le cas singulier, la venue de ce qui advient en tant qu’événement). Ce serait, en somme, faire tort à sa « responsabilité criticiste » intransigeante, qui est justement d’être judicieuse dans le différend.

Or c’est de cette exigence que témoigne foncièrement le thème des « passages ». Il atteste l’incommensurabilité des régimes des « phrases » dont est fait ce qu’on appelle « le langage » et leur agonistique (pour le dire dans le lexique du Différend, lequel prend source notamment dans une lecture de Kant révisée par celle de Wittgenstein). À commencer par l’incommensurabilité entre figure et discours, forme et concept, événement et signification.

Lyotard écrit qu’il a constaté après-coup avoir toujours tenté de réserver cela : « l’inaccordable », sous des noms (et des déplacements) divers – figural, hétérogénéité, différend, événement – qui jalonnent l’œuvre, depuis les premiers écrits esthétiques, voire politiques, jusqu’aux tout derniers textes.

Dès lors le thème des « passages », à résonance benjaminienne (mais revenant sous la plume de Lyotard à travers surtout le Kant du « jugement esthétique »), pourra s’entendre ici dans deux sens, au moins.

D’abord, les « passages » tels que Lyotard les élabore, les pense et les fraye tout au long de son œuvre (en prenant acte très tôt, depuis toujours peut-être, de « l’inaccordable »). Ce qui renverra à la figure du penseur comme « veilleur critique », ayant à s’orienter, sans règle préétablie, à travers la guerre civile des phrases.

Ensuite, les passages auxquels la pensée des « passages » de Lyotard elle-même n’aura cessé de donner lieu à travers le monde (sa réception, comme on dit), engendrant de nouvelles « phrases », animant d’autres actions, traversant la multiplicité des champs qu’elle aura explorés : politique, psychanalyse, judaïsme, pédagogie, sciences humaines, technosciences, peinture, cinéma, musique, littérature.

C’est à l’examen et à l’exploration de ces champs, suivant le fil conducteur des passages, que seront consacrées les journées de ce colloque.

On ne manquera pas de remarquer que cela ouvrira, à nouveaux frais, sur la problématique de l’affect, qui fera un retour insistant dans les derniers écrits. C’est que non seulement l’affect constitue la dernière boussole du « veilleur critique » (y compris, donc, en matière politique), mais en tant que ce qui excède constitutivement l’humanité de l’humain, il est décisif aussi pour l’élaboration d’une pensée de l’art ou de l’artistique, à l’écart de l’esthétique culturelle.

De plus, et par là même, il est crucial pour penser ce qui est finalement en jeu avec le développement technoscientifique, s’il est vrai que celui-ci exige des humains qu’ils se dépassent, se « déshumanisent » désormais, pour se mettre à la hauteur du défi de la complexité et de son rythme.

Ce qui ouvre en grand la question du « conflit des inhumanités », celle du système et celle, native, constitutive de l’humain.”

Plínio W. Prado, Université de Paris VIII Vincennes à St Denis, Département de philosophie

E-mail : plinio.prado@univ-paris8.fr

Programme du colloque

Mercredi 14 Octobre

=> Ouverture Lyotard aujourd’hui

  • Plínio Prado, Paris 8 : « D’un Il faut y aller qui ne dit pas où »
  • René Schérer, Paris 8 : Jean-François à fleur de peau
  • Vladimir Safatle, Université de São Paulo : Pour une critique de l’économie libidinale : retour sur les rapports de Lyotard et de la psychanalyse
  • Modérateur : Bruno Cany, Paris 8

=> Les passages

  • Amparo Vega, Paris 8, Bogota : Des cas et des passages d’enchaînement
  • Denis Viennet, Paris 8, Bruyères : Un passage de ce qui ne passe pas : Lyotard et l’enfance de l’âme
  • Paulette Kayser, Paris : Inarticulée… passage d’une sensation sans âge
  • Modérateur : Plínio Prado, Paris 8

Jeudi 15 Octobre

=> La justice postmoderne

  • Marcelo Raffin, Buenos Aires : Liberté, identité et assujettissement : la capture de la subjectivité dans les politiques des disparitions et les apories de l’Etat de droit
  • Wang Xiaosheng, Guangzhou : Universal Pragmatics or Special Pragmatics: on Habermas and Lyotard’s conceptions of justice
  • Liu Zhuohong, Guangzhou : On Lyotard’s Thought of discursive justice
  • Modérateur : Jacques Poulain, Paris 8

=> Destins du « postmoderne »

  • Gaëlle Bernard, Lille 3 : Une critique de la raison altruiste : résistance ou souveraineté ?
  • Alberto Gualandi, Urbino : Relativisme postmoderne et exercice du jugement
  • Arild Utaker, Université de Bergen : « La condition postmoderne » 30 ans après
  • Modérateur : Marcelo Raffin, Buenos Aires

Vendredi 16 Octobre

=> L’art du pragmatique

  • Vicente Ulive Schnell, Paris 8, Caracas : La critique des théories des actes de parole par Jean-François Lyotard
  • Irma Angue Medoux, Paris 8, Libreville : Une critique pragmatique du postmoderne : Richard Rorty critique de Jean-François Lyotard
  • Eliane Beaufils, Strasbourg : Avatars du théâtre postmoderne
  • Modérateur : Amparo Vega, Bogota

=> L’art du politique

  • Bruno Cany, Paris 8 : Le philosophe artiste et la sophistique
  • Adrian Navigante, Darmstadt : Le sublime et l’enthousiasme chez JF Lyotard : la relation entre l’esthétique et le politique
  • René Schérer, Paris 8 : Un juste
  • Modérateur : Vicente Ulive Schnell, Paris 8, Caracas

Samedi 17 Octobre

=> Ouvertures paralogiques

  • Jacques Poulain, Paris 8 : Le passage Jean-François Lyotard
  • Plínio Prado, Paris 8 : L’impasse « esthétique » comme passage. Dérive à partir de Wittgenstein et Freud
  • Modérateur : Bruno Cany, Paris 8

Table ronde : voies, passages, ouvertures

Pour davantage de renseignements, vous pouvez télécharger l’affiche et le programme du colloque :

ou consulter la page du site calenda consacré au colloque : http://calenda.revues.org/nouvelle14669.html

enfin vous pouvez contacter :

  • Université de Paris VIII – Département de philosophie 2, rue de la Liberté 93526 – SAINT-DENIS cedex 02 tél : 01 49 40 66 13

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Cet article a été construit à partir des 2 sources suivantes :


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