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Articles Tagués ‘bonheur’

Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Séries technologiques

Publié par Hervé Moine le 16 juin 2009

Sujet 1

L’ignorant peut-il être libre ?

Sujet 2

L’art nous éloigne-t-il de la réalité ?

Sujet 3

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Tant qu’on désire, on peut se passer d’être heureux ; on s’attend à le devenir: si le bonheur ne vient point, l’espoir se prolonge, et le charme de l’illusion dure autant que la passion qui le cause. Ainsi cet état se suffit à lui-même, et l’inquiétude qu’il donne est une sorte de jouissance qui supplée à la réalité, qui vaut mieux peut-être. Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme, avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte et, pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige* disparaît devant l’objet même;  rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance.

Rousseau

*Prestige : ici, illusion

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.

a)           En vous appuyant sur le texte, expliquez « l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux ».

b)           Montrez comment l’imagination « rend présent et sensible » à l’homme « tout ce qu’il désire ».

c)           En vous appuyant sur le texte, expliquez «l’illusion cesse où commence la jouissance ».

3. N’y a-t-il de bonheur que dans l’espoir d’être heureux ?

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Bac Blanc de Philosophie pour la terminale S

Publié par Hervé Moine le 16 avril 2009

Vous traiterez l’un des trois sujet suivant :

Durée : 4 heures

  1. Faut-il chercher à tout démontrer ?

  2. La vérité dépend-elle de nous ?

  3. Le bonheur est-il la finalité de la politique ?

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Qu’est-ce qui fait qu’il est si difficile d’aimer véritablement quelqu’un ?

Publié par Hervé Moine le 16 mars 2009

Dans le cadre de notre apprentissage à l’étude philosophique de texte philosophique, je vous propose de reprendre le beau texte d’Alain sur l’amour, et, à défaut d’une correction entièrement achevée, je vous donne des éléments assez détaillés pour justement construire cette étude de texte dans sa version définitive.

Alain, Emile Chartier

Alain, Emile Chartier

« AMOUR. Ce mot désigne à la fois une passion et un sentiment. Le départ de l’amour, et à chaque fois qu’on l’éprouve, est toujours un genre d’allégresse lié à la présence ou au souvenir d’une personne. On peut craindre cette allégresse et on la craint toujours un peu, puisqu’elle dépend d’autrui. La moindre réflexion développe cette terreur, qui vient de ce qu’une personne peut à son gré nous inonder de bonheur et nous retirer tout bonheur. D’où de folles entreprises par lesquelles nous cherchons à prendre pouvoir à notre tour sur cette personne ; et les mouvements de passion qu’elle éprouve elle-même ne manquent pas de rendre encore plus incertaine la situation de l’autre. Les échanges de signes arrivent à une sorte de folie, où il entre de la haine, un regret de cette haine, un regret de l’amour, enfin mille extravagances de pensée et d’action. Le mariage et les enfants terminent cette effervescence. De toute façon le courage d’aimer (sentiment du libre arbitre) nous tire de cet état de passion, qui est misérable, par le sentiment plus ou moins explicite d’être fidèle, c’est-à-dire de juger favorablement dans le doute, de découvrir en l’objet aimé de nouvelles perfections, et de se rendre soi-même digne de cet objet. Cet amour, qui est la vérité de l’amour, s’élève comme on voit du corps à l’âme, et même fait naître l’âme… »

ALAIN, Les Arts et les Dieux, Définitions

Travail préparatoire à l’étude de texte

Lecture du texte.

Il convient de rappeler que la lecture du texte est primordiale et ce qu’il faut entendre par lecture n’est pas un simple survol destiné à simplement repérer de quoi parle le texte pour ensuite pouvoir « broder » comme on dit. Repérer que le thème du texte est l’amour et ensuite développer sur ce thème ne peut évidemment donner lieu à l’étude philosophique de texte attendue.

Il faut lire le texte crayon en main et se mettre en mesure de répondre aux questions qui constituent ce que nous avons appelé le travail préparatoire.

Ajoutons une remarque qui n’est pas sans importance, des copies manifestent encore cette fâcheuse confusion : il ne faut pas confondre travail préparatoire à l’étude de texte et la version définitive de l’étude de texte, celle-ci étant rédigée dans les règles, le travail préparatoire étant évidemment de l’ordre de la recherche et de l’organisation alors que la version définitive de l’étude de l’ordre de l’exposition.

  • Points de méthode concernant le travail préparatoire à l’étude de texte.
  • Points de méthode concernant la version définitive de l’étude de texte

Pour notre part, et pour le texte d’Alain ici proposé, nous élaborerons notre travail de lecture et de préparation à l’étude de texte à travers les deux questions suivantes :

a)      Quel est le point de départ de l’amour ?

b)      Trouvez les oppositions « passion/sentiment en faisant un tableau.

Une première lecture nous donne à voir un texte qui nous parle de la notion d’amour. Tel est apparemment le thème du texte. En effet, Alain commence par nous donner une définition du terme (« AMOUR. Ce mot désignant à la fois une passion et un sentiment ») pour ensuite, nous dresser une sorte de généalogie de l’amour. Si le mot désigne à la fois passion et sentiment, cela ne veut pas dire que l’analyse doit nous montrer un mélange, une mixture de sentiment et de passion dans l’amour. Alain, dans ce texte, fait une distinction conceptuelle rigoureuse entre l’amour-passion et l’amour-sentiment, tout en décrivant une évolution possible de l’un vers l’autre. Autrement dit, Alain n’en reste pas à une analyse de vocabulaire mais s’intéresse à la réalité même de l’amour dans la vie, en montrant comment en matière d’amour les « choses » s’engendrent.

Pour en rendre compte, nous devons, pour notre part, commencer par étudier le point de départ à partir duquel l’amour se déclenche et évolue.

Quel est le point de départ de l’amour ?

« Le départ de l’amour » c’est l’amour à sa naissance. Et, l’amour à sa naissance est amour indifférencié qui ni passion, ni sentiment. Si nous nous en tenons à la définition du mot donné par Alain lui-même, peut-être n’est-ce pas encore l’amour, mais ce à partir de quoi l’amour naît. C’est la rencontre. Une rencontre particulière. Elle a la particularité de provoquer de la « l’allégresse ». L’allégresse, le mot employé par Alain est fort, et il nous faudra d’ailleurs l’analyser, il s’agit d’un « genre d’allégresse » mais allons jusqu’au bout de l’idée de notre auteur, à cette allégresse peut s’ajouter une légère crainte. L’amour qui débute par une rencontre est toujours un genre d’allégresse que l’on peut craindre et que l’on craint toujours un peu. Rencontre = genre d’allégresse + légère crainte : idée qui peut nous sembler étrange qui ne peut manquer de nous étonner et qu’il convient d’étudier au plus près.

Tout d’abord, que signifie allégresse ? L’allégresse est une joie, une grande joie. Il s’agit d’une joie très vive. Elle se manifeste extérieurement. Il s’agit donc de quelque chose qui nous augmente. Et quelle en est la raison ? Parce qu’il s’agit d’une joie liée à l’existence d’autrui, à la rencontre avec l’autre. Rien à voir avec l’obtention d’un objet matériel qui peut susciter un contentement ! Grâce à la rencontre, je ne suis plus seul, c’est donc grâce à l’autre que je ressens cette joie. Cette joie est en sorte une grâce, un cadeau quasi-divin qui me vient d’autrui.

Mais alors pourquoi Alain parle-t-il de cette crainte qui accompagne toujours un peu l’allégresse ? Si je ressens cette joie vive et intense grâce à l’autre, je suis certes heureux, mais ce bonheur, justement en tant qu’il vient de l’autre, il est imparfait. Cette joie est quelque peu entachée. Elle n’est pas pleine, complète. Elle est certes un bien, mais ce bien je le trouve hors de moi ; autrement dit, je sais qu’un rien peut me l’enlever. Je peux craindre que cette allégresse s’échappe car, en fait, je suis à la merci de l’autre.

Il convient de remarquer que la crainte, pour Alain, est neutre, elle n’est ni bonne ni mauvaise : elle est, c’est un fait. Inutile et vain alors de dire qu’il ne faut pas avoir peur. La crainte est une émotion, un « pathos » au sens aristotélicien. Cela dit, si la crainte est un fait, toute idée qui va graviter autour de celle-ci va la faire évoluer vers quelque chose qui risque de ne plus être neutre.

En effet, pour Alain, l’amour implique un risque de crainte. Et, ajoute-t-il, lorsque cette crainte devient terreur par le fait de la réflexion, naît la passion. A force de réfléchir, de « gamberger » comme on dit familièrement, de faire retour sur l’imperfection de cette joie, de la dépendance de cette joie à l’autre, la crainte de la voir s’échapper… cette émotion de crainte tout à fait « naturel » et neutre se transforme en terreur.

La terreur est une peur d’une extrême intensité qui bouleverse, voire paralyse. L’esprit se terrorise lui-même en réfléchissant en ressassant cette crainte. Cette terreur peut donc se comprendre comme la peur de la peur, et, en cela, elle est une évolution non naturelle de l’amour. Il s’agit d’une peur panique face au danger de perdre le bonheur. C’est à partir de cette terreur que naît, selon notre auteur, l’amour-passion. Et quelle est donc l’évolution naturelle de l’amour ? Le véritable amour c’est le sentiment : l’amour-sentiment.

Alain, dans ce texte oppose la passion qui est la « mauvaise » réaction face à la rencontre avec l’autre alors que le sentiment est la « bonne » réaction.

La distinction passion / sentiment

Proposons-nous de lire le texte en relevant les oppositions, puisque c’est sur celle-ci que se construit la suite de l’argumentation d’Alain.

PASSION

SENTIMENT

Est une « mauvaise » réaction au danger, celui de perdre le bonheur reçu par la rencontre avec l’autre ; il s’agit de la peur d’aimer : « terreur » ; « d’où de folles entreprises » Est la bonne réaction, et si comme on dit la peur n’évite pas le danger, l’amour sentiment est, contrairement à la passion amoureuse est « courage d’aimer ».
Le but de ces « folles entreprises » est de chercher à « prendre pouvoir » sur l’autre ; l’amour-passion est amour-possession ou amour qui fait de la prise de pouvoir sur l’autre son objectif, son délire. Ce courage d’aimer s’exprime par l’acte du don, du don de soi : donner et se donner, « se rendre soi-même digne de cet objet » (de l’autre aimé)
L’amour-passion est un état : je suis amoureux. « état de passion qui est misérable » L’amour-sentiment est un acte : j’aime.
Quelle est la cause de la passion ? La réflexion = calcul, défiance… Je me méfie de l’autre. La réflexion transforme la crainte en terreur. Jalousie. L’amour-sentiment fait serment inconditionnel : j’aime l’autre sans poser de condition. La confiance à son égard est totale. J’accorde toute ma confiance à l’autre.
Comment se manifeste la passion ? J’interprète tout chez l’autre. Il s’agit d’un délire d’interprétation : « échanges de signes ». Ici, on tombe dans une sorte d’engrenage. Absence de liberté, sorte d’esclavage. Aucune interprétation dans l’amour sentiment. Je juge favorablement dans le doute (même dans le doute !) ; je découvre en l’objet aimé de nouvelles perfections.
La passion amoureuse se cantonne au niveau du corps ; le corps, ici, étant l’équivalent de la machine, la liberté est devenue impossible. L’amour sentiment est « sentiment du libre-arbitre « ; la volonté est non-contrainte. Ce sentiment de libre-arbitre fait naître l’âme.
Le pôle de la passion c’est MOI

Je veux être aimé ; je veux séduire « folles entreprises » => prise de pouvoir sur cette personne ; elle est prise comme moyen…

Amour qui tue l’amour.

Le pôle du sentiment c’est l’AUTRE

C’est l’autre que j’aime : « cet amour qui est la vérité de l’amour ».

Ici amour véritable.

Cette lecture du texte, nous permet de voir que pour Alain, la passion est un désordre égoïste alors que le sentiment est amour noble, et qu’il est plus facile de tomber dans le piège de la passion amoureuse par peur d’aimer que d’avoir le courage d’aimer véritablement.

Nous pouvons ainsi formuler le problème que soulève cet extrait de la manière suivante : qu’est-ce qui fait qu’il est si difficile d’aimer véritablement quelqu’un ?

Sans doute pour compléter ce travail préparatoire il conviendrait de reprendre chacune des notions importantes et de les analyser, cependant, nous ferons ici, l’économie de ce travail pour passer directement à l’élaboration de la version définitive de l’étude philosophique de ce texte et éviter trop de redites. Pour terminer, ce travail préparatoire nous devrions travailler notre jugement à l’égard des idées de l’auteur, à sa position face au problème. Pour la même raison, nous l’évoquerons dans la version définitive de notre étude. Nous pouvons tout de même affirmer que nous pouvons comprendre le texte comme critique de la passion amoureuse, or, n’est-ce pas elle qui fait rêver ou qui donne les plus belles histoires d’amour ?

Exemple d’introduction possible.

Qu’est-ce qui fait qu’il est difficile d’aimer véritablement quelqu’un ? C’est le problème traité par Alain dans ce texte. Selon lui, aimer véritablement quelqu’un, c’est avoir le « courage » de donner, or on préfère, d’ordinaire, avant tout, recevoir. Ce qui fait alors la difficulté d’aimer c’est une réaction purement passionnelle qui n’est autre que l’égoïsme, l’égocentrisme, alors que c’est, selon les termes de l’auteur, « le courage d’aimer qui nous tire de l’état de passion, qui est misérable». En définissant l’amour comme un mot désignant « à la fois une passion et un sentiment », Alain nous explique que la « passion » étant anti-amour (je veux être aimé) s’oppose au « sentiment », le véritable amour (c’est l’autre que j’aime). Pourtant, les plus belles histoires d’amour ne sont-elles pas les histoires de passions amoureuses ?

Proposition d’une base de travail pour la rédaction de l’analyse du texte.

Définir « aimer »

Partons de la définition d’aimer. Comment définir ce verbe ? On peut le définir d’une part par la bienveillance, aimer c’est vouloir le bien de l’autre, et, d’autre part, c’est trouver un bien en l’autre, c’est-à-dire hors de soi.

Une contradiction.

Cela dit, définir ainsi aimer ne va pas sans poser problème. N’y a-t-il pas là, en effet, une contradiction ? Comment puis-je vouloir le bien de ce dont je dépends ? Alain, dans ce texte, nous donne à voir, tour à tour, les deux positions possibles par rapport à cette contradiction : la passion et le sentiment :

La passion résout la contradiction.

Tout d’abord, la passion résout la contradiction en ne voulant plus le bien de l’autre, mais seulement le sien propre. On pourrait dire qu’il s’agit du refus de la pauvreté et faire référence au thème platonicien d’Eros. Dans le cas de la passion, comme dirait Sartre « aimer, c’est vouloir être aimer », on le voit la bienveillance disparaît : c’est l’amour possessif.

Le sentiment accepte la contradiction.

Ensuite, le sentiment quant à lui, qui semble tenir du miracle étant, au contraire, la pauvreté acceptée, ne résout pas la contradiction. En fait, il n’y a pas de contradiction pour cet amour, qui est le véritable amour : le bien suprême étant celui de l’être aimé. Cet amour est altruiste contrairement à l’amour-passion, égoïste, égocentrique.

  • La joie que procure la rencontre
  • La crainte qui accompagne cette joie

La naissance de la passion.

La légère crainte évoquée précédemment devient terreur par le fait de la réflexion. La terreur étant la peur de la peur. Il s’agit là d’une évolution non naturelle de l’amour. Qui dit réflexion dit hésitation, résolution, retour sur soi. C’est la réflexion qui fait naître la passion, et, ce qui en ressort c’est l’égoïsme, l’égocentrisme. En effet, on ne s’intéresse pas vraiment à l’autre, on recherche bien davantage son bonheur, on est plutôt préoccuper de conserver coûte que coûte cette joie que procure la rencontre avec l’autre.

Caractère de la passion.

Le caractère essentiel de la passion souligné par Alain dans ce texte est la folie. La folie est la perte du sens de la réalité. Cette folie s’exprime, selon l’auteur, sous forme d’un double délire : le délire de la possession et le délire de l’interprétation. Et, par là on comprend bien que cette folie caractéristique de la passion amoureuse est en fait anti-amour.

Le délire de la possession.

Ici, l’amour s’énonce en terme de pouvoir, donc, forcément en termes de conflit, de guerre : je découvre que l’autre a un pouvoir, pouvoir de me laisser ou de me reprendre ma joie. Je comprends que ma joie ne m’appartient pas. Donc, pour faire cesser cette peur de voir se volatiliser cette joie, il faut que je prenne moi-même le pouvoir si l’autre, il faut que je parte à la conquête de ce territoire ! Mais comment ? Par la séduction !

(une question, implicite pour l’instant mais qui pourra faire l’objet d’une réflexion ultérieurement lors de l’évaluation critique de l’étude de texte : si la séduction arrive à ses fins, pourrai-je alors être certain que j’aime vraiment ? N’aimerai-je pas plutôt une image ? Un objet ? Avec Sartre, on peut penser que par la séduction, l’autre devient un objet.)

Le délire de l’interprétation.

Dans la relation amoureuse, il y a naturellement des échanges de signes, comme les gestes et les paroles. Mais, dans les conditions que l’on vient de décrire, on comprend immédiatement que ces signes deviennent signes à interpréter. Vouloir tout interpréter revient à avoir peur d’aimer, pour notre philosophe. Selon lui, la passion correspond à la peur d’aimer. En effet, on veut être sûr et certain de l’autre. Autrement dit, le passionné veut bien se donner à condition que l’autre se donne. On est en quelque sorte dans cette politique du « toi d’abord ! ». La passion dans ces conditions est bel et bien anti-amour : le passionné prête alors que le véritable amour est, en principe, un véritable don.

Dans le délire d’interprétation, on observe l’autre, il ne peut en ressortir qu’une ambivalence d’amour et de haine. Tout devient signe : tout comportement devient raison et non cause.

Ne suis-je pas capable d’interpréter le comportement de l’autre (une mauvaise humeur par exemple) comme m’étant directement adressé et en déduisant qu’aujourd’hui il ne m’aime pas. Une remarque en passant à ce propos, Raymond Ruyer, dans son art d’être toujours content, disait qu’il faut cesser d’interpréter la mauvaise humeur de l’autre et de la considérer comme mauvaise volonté.

Toujours est-il, dans cet état de passion, l’amour n’est que solitude à deux. En fait, on ne connaît pas l’autre. On n’a jamais cherché à le connaître. Le pôle de la passion étant soi.

« Le mariage et les enfants terminent cette effervescence (…) »

Notons le verbe « terminer » qui, indique dans le contexte la fin du rêve. Rêve, ici est à prendre par opposition à réalité. Dans certaines histoires d’amour, on termine ainsi « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfant », pour signifier qu’il n’y a plus rien à raconter. Dans la passion amoureuse, nous pouvons bien nous l’imaginer, à partir de ce double délire décrit précédemment, qu’il se passe toujours quelque chose. Quand se termine la passion amoureuse, il n’y a plus rien à dire : « fin de l’histoire ». D’un point de vue littéraire et romanesque c’est quand Tristan et Iseult ne sont plus intéressants.

Cela dit, il ne faut sans doute pas accorder trop d’importance à cette phrase, en affirmant que le philosophe Alain fait une apologie moralisatrice ou moralisante du mariage. Disons que l’auteur veut nous montrer que c’est par un retour à la réalité, loin de cette folie que l’on aime véritablement. Avec le mariage et les enfants on est obligé par la force des choses de faire face à la réalité. Il y a une exigence de responsabilité qui s’impose. Par exemple, l’enfant oblige à être plus attentif au conjoint. On renonce à dire moi.

Le courage d’aimer.

  • Renoncer à prendre => fin du délire de possession
  • Faire confiance => fin du délire de l’interprétation
  • Renoncer à dire moi => fin de l’incommunicabilité

Ces trois points supposent du courage. Il s’agit en effet là, à la fois, d’un acte de liberté et de prise de conscience de cette liberté. L’amour n’est pas un état mais un acte, car il s’agit d’une relation vraie, une ouverture à l’autre, aux projets ensemble et à la vie.

Explication du serment.

La notion de serment n’est peut-être pas facile à cerner. Un angle possible pour la comprendre et de l’opposer à un autre acte qui semble être du même genre : la prophétie. Alors que la prophétie se conjugue sur le mode de la prédiction : « je serai », le serment lui est plutôt sur le mode de l’engagement : « je ferai ». Il s’agit d’une promesse forte, d’une parole qui engage, d’une parole qui est déjà un acte (cf. Austin). Par le serment on jure de faire et non pas d’être, en cela, le serment implique une parole efficace.

On comprend dès lors, dans ces conditions, que l’amour n’est pas chose faite mais chose à faire. (Nous sommes ici dans une perspective anti-Gidienne si l’on peut dire. Nourriture terrestre : je m’enchaîne par le serment.) Le serment pour Alain, loin de m’enchaîner, est un acte de liberté qui me rend libre car je fais en sorte que je sois l’auteur de ma vie, en refusant par exemple de « vivre comme une girouette ». Par le serment, ma parole sera plus forte que les évènements.

Mais quelle est la teneur de ce serment ?

Un serment de fidélité.

Ce serment est un serment de fidélité. Et, qu’est-ce qu’être fidèle ? Alain répond : c’est « juger favorablement dans le doute », même dans le doute. On est bien loin ici des échanges de signe, des folles entreprises, des extravagances de toute sorte et du délire de l’interprétation qui caractérisent la folie passionnelle d’une manière générale, la jalousie, plus particulièrement. Etre fidèle, c’est bien sûr ne pas tromper, ne pas trahir l’autre, mais c’est aussi faire confiance à l’autre de manière inconditionnelle. Faire ainsi confiance à l’autre, c’est peut-être prendre un risque, mais nous dit Alain, c’est un risque qui grandit.

Découvrir en l’autre aimé de nouvelles perfections

Faire confiance à l’autre c’est découvrir en l’autre aimé de nouvelles perfections. La fidélité est un enrichissement en ce que cela change tout le temps en profondeur. Chez Don Juan, ce qui change n’est que la surface, le superficiel, d’où sa pauvreté en définitive. Don Juan qui a cherche sans cesse à enrichir son tableau de chasse se retrouve bien pauvre et dans une grande misère affective.

« Découvrir » c’est susciter en l’autre ce qu’il y a de meilleur, pour qu’il tire ce meilleur qu’il a en lui ; c’est croire en l’embellissement de l’autre, c’est croire qu’il n’est pas tel pour l’éternité mais qu’il peut s’améliorer.

La contradiction est résolue.

Ici, se trouve la réconciliation entre l’amour bienveillance et trouver son bien.

Le véritable amour fait naître l’âme. Il conviendrait d’expliciter cette idée…

Etude à poursuivre… Ensemble si vous le voulez bien !

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Bonheur : question de la finalité de l’existence…

Publié par Hervé Moine le 16 février 2009

Je vous propose ici un travail personnel afin d’étudier cette question de la finalité de l’existence humaine en rapport avec la notion de bonheur. Cette dernière notion est une notion commune aux programmes de philosophie.

Hervé Moine

Quelle est la finalité de la vie ?

Le bonheur peut-il être considéré comme la fin de la vie ?

  • Vous traiterez le texte d’Epicure et le texte de Kant ci-dessous proposés.
  • Un avant-propos vous est proposé ci-dessous pour vous aider à situer ces deux textes dans une problématique particulière.
  • Il conviendra de faire une étude philosophique en règle des deux textes.

Avant-propos :

Quelle est la finalité de l’existence humaine? Le bonheur peut-il, oui ou non, être considéré comme la fin de la vie?

Pour Epicure, « le plaisir est le commencement et la fin d’une vie bienheureuse ». Mais ce plaisir doit être un plaisir constant, stable, ce qu’Epicure nomme le « plaisir en repos», car si le plaisir est « en mouvement », c’est-à-dire si l’absence de plaisir ou la peine lui succèdent, le plaisir n’est pas complet ni parfait. Le bonheur consistera donc à éviter les plaisirs des sens, éphémères et causes de troubles, pour jouir de ce plaisir parfait qu’est la sérénité de l’âme délivrée de tout désordre et de toute crainte: l’ataraxie(1).

La morale d’Epicure qui est hédoniste(2), comme la plupart des morales de l’Antiquité, est un eudémonisme(3), c’est-à-dire qu’elle tient le bonheur pour le Souverain Bien(4) et la fin ultime de 1 ‘homme.

Selon le philosophe Kant, en revanche, on ne saurait fonder une morale sur le désir d’atteindre le bonheur(5) mais sur le seul devoir(6): on doit se rendre digne du bonheur, en subordonnant sa quête au respect des lois morales dictées par la raison.

Notes

1 L’ataraxie est chez les épicuriens comme chez les stoïciens, l’état d’absence complète de trouble, donc de tranquillité, de sérénité et de paix absolue de l’âme.

2 L’hédonisme est une doctrine qui voit dans le plaisir et fait de la recherche du plaisir le fondement de la morale.

3 Eudémonisme vient du grec « eudaimon » qui signifie «heureux»; l’Eudémonisme est un système de morale considérant que le bonheur constitue le but final de l’existence humaine, le souverain Bien.

4 Traduction du latin « summum bonum », le Souverain Bien signifie dans l’Antiquité, la finalité ultime qui doit être poursuivi par l’homme, autrement-dit, il est le bien supérieur à tous les autres biens. Pour Epicure, le souverain Bien est le bonheur et la vertu est ce qui conduit au bonheur.

5 Pour Kant, le désir d’atteindre le bonheur étant un idéal de l’imagination et non de la raison, ne peut être défini de manière précise.

6 La notion de devoir doit être prise au sens strict ici, à savoir comme l’obligation morale considérée en elle-­même. En d’autres termes, pour Kant, le devoir est l’intention et la volonté de bien faire, exigence purement désintéressée, simplement motivée par le respect de la loi universelle. Le devoir se fonde sur la raison et s’oppose au désir, au penchant.

TEXTE 1 Epicure, Lettre à Ménécée

epicure

« Quand nous disons que le plaisir est la fin de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des hommes débauches ni de ceux qui consistent dans la jouissance, comme l’imaginent certaines gens, mais nous entendons le plaisir comme l’absence de douleur pour le corps, l’absence de trouble pour l’âme. Car ce ne sont ni des beuveries et des festins à n’en plus finir, ni la jouissance de jeunes garçons ou de femmes, ni la dégustation de poissons et de toute la bonne chère que comporte une table somptueuse, qui engendrent la vie heureuse, mais c’est un entendement sobre et sage, qui sache rechercher les causes de tout choix et de toute aversion et chasser les opinions fausses, d’où provient pour la plus grande part le trouble qui saisit les âmes. Or le principe de tout cela, et par conséquent le plus grand bien, c’est la prudence? Et voilà pourquoi la prudence est une chose plus précieuse que la philosophie elle-même; car c’est elle qui donne naissance à toutes les autres vertus, en nous enseignant qu’il est impossible de vivre heureusement sans vivre avec prudence, honnêteté et justice, comme il est impossible de vivre avec prudence, honnêteté et justice sans vivre par là même heureusement. »

Epicure, Lettre à Ménécée

(Prudence = sagesse)

TEXTE 2 Kant, Métaphysique des moeurs

Emmanuel Kant

Emmanuel Kant

«Le maître: ce qui en toi tend au bonheur, c’est le penchant; ce qui restreint ce penchant à la condition d’être préalablement digne de ce bonheur, c’est ta raison, et que tu puisses limiter et dominer ton penchant par ta raison, c’est là la liberté de ta volonté.

Afin de savoir comment tu dois t’y prendre pour participer au bonheur et aussi pour ne pas t’en rendre indigne, c’est dans ta raison seulement que tu trouveras la règle et l’initiation; ce qui signifie qu’il ne t’est pas nécessaire de dégager cette règle de ta conduite de l’expérience, ou de l’apprendre par l’enseignement des autres; ta propre raison t’enseigne et t’ordonne exactement ce que tu as à faire. Par exemple, si un cas survient en lequel tu peux te procurer à toi ou à un de tes amis un grand avantage grâce à un mensonge finement médité, qui même ne t’oblige pas à faire tort à qui que ce soit, que dit ta raison?

L’élève: Je ne dois pas mentir, si grand que puisse être l’avantage qui peut être le mien ou celui de mon ami. Mentir est avilissant et rend l’homme indigne d’être heureux.»                                                                 

Kant, Métaphysique des moeurs

Exercices :

1° ) A partir de l’étude de ces deux textes, faire une synthèse afin d’établir une réponse à la question de savoir si le bonheur est la fin de la vie.

Quelques éléments pour la synthèse :

L’eudémonisme épicurien répond que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse, il tient le bonheur pour le souverain bien et la fin ultime de l’homme. La morale kantienne répond quant à elle que le bonheur ne peut être la finalité de la vie de l’humaine. Une vie bonne est une vie morale qui se fonde sur le devoir qui vient de la raison. Proposons-nous de parcourir les idées de ces conceptions différentes à partir des deux extraits de textes proposés.

Dans le texte extrait de la Lettre à Ménécée, Epicure commence par énoncer une thèse générale, à savoir que « « le plaisir est la fin de la vie ». Il y apporte aussitôt une précision pour éviter tout contresens. Ce plaisir n’est le plaisir des sens, mais le plaisir parfait qui consiste dans l’absence de douleur dans le corps, l’aponie, et l’absence de trouble dans l’âme, l’ataraxie. Il doit être en effet constant est stable, autrement-dit en repos. La luxure, la bonne chère etc… ne peuvent engendrer qu’une illusion de bonheur, seules la sobriété et la simplicité peuvent permettre d’atteindre une vie sereine et heureuse. Le bonheur ne peut se trouver dans la débauche mais dans la sagesse. En effet, Epicure observe que c’est  par la sagesse, dans le texte « la prudence » que l’on peut atteindre cette absence de trouble. La prudence, phronêsis en grec, consistant dans la force de l’esprit et dans la connaissance de la vérité, « c’est elle qui donne naissance à toutes les autres vertus, en nous enseignant qu’il est impossible de vivre heureusement sans vivre avec prudence, honnêteté et justice ». En cela, et c’est ainsi que se termine cet extrait de la Lettre à Ménécée pour Epicure, la prudence est la condition nécessaire au bonheur ?

Si pour la morale d’Epicure, le bonheur est tenu pour la fin suprême de l’existence humaine, selon Kant en revanche, on ne peut fonder une morale sur le désir d’atteindre le bonheur. En effet, pour le philosophe Kant, le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison et celui-ci ne peut être défini de manière précise. Selon le philosophe de la Métaphysique des Mœurs, c’est sur le devoir qu’il convient de fonder la morale. On doit se rendre digne du bonheur, en subordonnant sa quête au respect des lois morales dictées par la raison.

Dans cet extrait de la Métaphysique des Mœurs, Kant analyse trois points importants chez l’homme, le penchant, la raison et la liberté. Tout d’abord, le penchant aspire au bonheur ; le bonheur étant la satisfaction complète de nos besoins et de nos désirs, qui relèvent de notre affectivité et de notre appartenance au monde sensible. Ensuite la raison, limite et contient ce penchant en nous faisant valoir que le bonheur n’est pas une fin par lui-même, mais que notre fin est d’être dignes du bonheur en faisant notre devoir, qui est notre fin véritable. Enfin la liberté consiste dans la possibilité d’accepter ou de refuser cette limitation du penchant.

Finalement pour Kant, la raison nous enseigne exactement et immédiatement comment nous rendre dignes du bonheur. En effet, les lois morales, les impératifs catégoriques qui forment ce devoir dont l’accomplissement  seul nous rend dignes du bonheur, nous sont dictées par la raison et elle seule, indépendamment de toute expérience. Si l’on prend par exemple le mensonge, nous n’avons pas besoin d’en avoir fait l’expérience pour savoir qu’en soi le mensonge est blâmable, avilissant, que notre devoir est de ne pas mentir.

2°) Pour aller plus loin…

a)       faire des recherches sur la doctrine stoïcienne et en particulier sur le philosophe Epictète ;

b)       comparer le stoïcisme et l’épicurisme ;

c)       étudier le texte proposé ci-dessous extrait du Manuel d’Epictète, dans lequel l’auteur énonce le principe de la sagesse qui consiste à proposer une certaine attitude face aux évènements et aux choses, à tout ce qui arrive, attitude qui soit en mesure de neutraliser et d’annuler tous les effets négatifs, tristesse, désespoir, emportement, colère…, qu’ils peuvent causer à notre âme, principe de la sagesse propre à nous fournir la clef de la liberté et du bonheur philosophique.

Texte 3 Epictète, Manuel

Epictète

Epictète

« 1. Il y a des choses qui dépendent de nous et d’autres qui ne dépendent pas de nous. Ce qui dépend de nous, c’est la croyance, la tendance, le désir, le refus, bref tout ce sur quoi nous pouvons avoir une action. Ce qui ne dépend pas de nous, c’est la santé, la richesse, l’opinion des autres, les honneurs, bref tout ce qui ne vient pas de notre action.

2. Ce qui dépend de nous est, par sa nature même, soumis à notre libre volonté ; nul ne peut nous empêcher de le faire, ni nous entraver dans notre action. Ce qui ne dépend pas de nous est sans force propre, esclave d’autrui ; une volonté étrangère peut nous en priver.

3. Souviens-toi donc de ceci : si tu crois soumis à ta volonté ce qui est par nature, esclave d’autrui, si tu crois que dépende de toi ce qui dépend d’un autre, tu te sentiras entravé, tu gémiras, tu auras l’âme inquiète, tu t’en prendras aux dieux et aux hommes. Mais si tu penses que seul dépend de toi ce qui dépend de toi, que dépend d’autrui ce qui réellement dépend d’autrui, tu ne te sentiras jamais contraint à agir, jamais entravé dans ton action, tu t’en prendras à personne, tu n’accuseras personne, tu ne feras aucun acte qui ne soit volontaire ; nul ne pourra te léser nul ne sera ton ennemi, car aucun malheur ne pourra t’atteindre. »

Epictète, Manuel

3°) A partir de l’étude de texte de Bergson,

Extrait de l’Energie spirituelle, qui affirme que la finalité de l’existence réside dans le fait de créer, compléter la réflexion sur la question du sens de l’existence.

Voir le texte de Bergson

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Etude de texte : Alain, à propos de l’amour

Publié par Hervé Moine le 1 février 2009

Devoir Maison : Etude de texte

Term. L : Pour lundi 16 février 2009

Term. ES : Pour jeudi 19 février 2009

Alain, Emile Chartier

Alain, Emile Chartier

“AMOUR Ce mot désigne à la fois une passion et un sentiment. Le départ de l’amour, et, à chaque fois qu’on l’éprouve, est toujours un genre d’allégresse lié à la présence ou au souvenir d’une personne. On peut craindre cette allégresse et on la craint toujours un peu, puisqu’elle dépend d’autrui. La moindre réflexion développe une terreur, qui vient de ce qu’une personne peut à son gré nous inonder de bonheur ou nous retirer tout bonheur. D’où de folles entreprises par lesquelles nous cherchons à prendre pouvoir à notre tour sur cette personne ; et les mouvements de passion qu’elle éprouve elle-même ne manquent pas de rendre encore plus incertaine la situation de l’autre. Les échanges de signes arrivent à une sorte de folie, où il entre de la haine, un regret de cette haine, un regret de l’amour, enfin mille extravagances de pensée et d’action. Le mariage et les enfants terminent  cette effervescence. De toute façon le courage d’aimer (sentiment du libre arbitre) nous tire de cet état de passion, qui est misérable, par le serment plus ou moins explicite d’être fidèle, c’est-à-dire de juger favorablement dans le doute, de découvrir en l’objet aimé de nouvelles perfections, et de se rendre soi-même digne de cet objet. Cet amour, qui est la vérité de l’amour, s’élève comme on voit du corps à l’âme, et même fait naître l’âme.”

Alain, Les arts et les dieux, Définitions.

On pourra si, vous le souhaitez, utiliser la fonction commentaire pour travailler le texte ensemble. Ce qui suppose de ne pas s’y prendre au dernier moment.

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Développer l’aptitude au bonheur ? Réflexions de Serge Hefez, psychiatre

Publié par Hervé Moine le 15 janvier 2009

Développer l’aptitude au bonheur ?

Fermetures d’entreprises et remontée du chômage mondial, faillites boursières, résurgence des inégalités sociales, tensions alimentaires dans les pays en voie de développement, ravages silencieux du réchauffement climatique, Proche-Orient à feu et à sang… Alors, heureux ? Et pourtant en ce début 2009, alors que nous nous souhaitons tous, et que je vous souhaite, une heureuse année, à en croire plusieurs titres de magazines, le bonheur, nous ne cessons d’y croire et d’y aspirer.

http://familles.blogs.liberation.fr/hefez/2009/01/fermetures-dent.html

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