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Articles Tagués ‘épistémologie’

Colloque : Écrire l’histoire des espaces géométriques

Publié par Hervé Moine le 15 janvier 2011

Écrire l’histoire des espaces géométriques

une approche biographique

Nancy – 27-28 janvier 2011

MSH Lorraine

Salle internationale

Ce colloque “Ecrire l’histoire des espaces géométriques: une approche biographique” est soutenu par la Maison des Sciences Humaines de Lorraine, le Zentrum für Wissenschafts-und Technikforschung der Bergischen Universität Wuppertal, l’université de Nancy 2, les Archives Poincaré et la région Lorraine.

Au programme du colloque

Jeudi 27 janvier 2011
  • 10h 30 – 11h 10 : La naissance du concept d’espace non euclidien par Jean-Daniel Voelke (Lausanne – Archives Poincaré)
  • 11h 10 – 11h 50 : Ways of space-making par Klaus Volkert (Université de Wuppertal – Archives Poincaré)
  • 11h 50 – 12h 30 : Discussion à partir des deux exposés précédents
  • 14h 30 – 15h 10 : Les espaces généralisés de Elie Cartan par Philippe Nabonnand (Université de Nancy 2 – Archives Poincaré)
  • 15h 10 – 15h 50 : On the genesis of the Cartan-Kähler theory par Alberto Cogliati (Université de Milan)
  • 16h – 16h 40 : Once more on Weyl’s space problem par Ehrard Scholz (Université de Wuppertal)
  • 17h – 17h 40 : À propos des sphères par Philippe Lombard (Université de Nancy 1 – Archives Poincaré)
  • 17h 40– 18h 40 : Discussion à partir des quatre exposés précédents

Vendredi 28 janvier 2011

  • 9h – 9h 40 : Les courbes podaires dans les journaux mathématiques au 19e siècle : un objet de recherche ou d’enseignement ? par Olivier Bruneau (Université de Nancy 2 – Archives Poincaré)
  • 9h 40 – 10h 20 : Projective Space by Möbius and Plücker par Mechthild Ulrike Köhler (Université de Wuppertal)
  • 10h 20 – 11h : Discussion à partir des deux exposés précédents
  • 11h 20 – 12h 20 : Présentation du programme de recherche « Les sciences mathématiques 1750-1850 : continuités et ruptures » et son application à la géométrie par Christian Gilain (Université de Paris 6 – IMJ) et Jean Delcourt (Université de Cergy Pontoise – Archives Poincaré
  • 14h – 14h 40 : Pratique de l’histoire et réflexion sur les mathématiques chez les praticiens de la géométrie projective par Karine Chemla (CNRS – Sphere)
  • 14h 40 – 15h 20 : Half-Rotations versa reflections par Jan Henke (Munich)
  • 15h 20 – 16h : Discussion à partir des deux exposés précédents

 

Le projet de recherche BIOESMAT de la Maison des Sciences de l’Homme – Lorraine

Le colloque “Ecrire l’histoire des espaces géométriques: une approche biographique.” se déroule dans le cadre des travaux du projet de recherche BIOESMAT.

Si de nombreuses études et monographies ont été consacrées à l’histoire des géométries aux 19e et 20e siècles, aucun de ces travaux ne prend en compte l’idée paradoxale qu’il est très peu question de la notion d’espace dans les travaux de géométrie. La nouveauté de l’approche de ce projet est d’appréhender la notion d’espace dans cette spécificité qu’elle n’est pas directement, contrairement aux idées reçues et aux discours des acteurs, un objet d’étude pour les géomètres.

Ce genre de notion semble donc adaptée à une étude historique que l’on qualifiera de biographique en ce sens que l’on s’intéresse à leur installation dans le paysage mathématique comme le résultat de l’émergence de méthodes, de pratiques, ou de modes de questionnement qui ne sont centrées, ni même directement concernée par ces notions. Par exemple, l’histoire de la géométrie projective n’est pas celle du cadre qu’elle définit rétrospectivement

Jusqu’au début du 19e siècle les mathématiques – comme toutes les sciences – n’ont connu qu’un seul et unique espace, celui de la tradition euclidienne qui était à la fois l’espace de notre expérience, celui de la physique, de l’astronomie et des sciences géométriques. Durant ce siècle, on a peu à peu accepté l’idée selon laquelle d’autres espaces étaient envisageable, par exemple, celui de la géométrie projective dans lequel toutes les droites se coupent ou ceux des géométries non-euclidiennes. Les objectifs sont donc multiples :

  • Etablir l’histoire des espaces alternatifs d’une manière précise et exacte y compris le rôle des modèles et des représentations graphiques ;
  • Tester si une telle histoire peut se présenter comme une « biographie » (c’est-à-dire avec des étapes typiques et communes à toutes les biographies)
  • Comprendre les bouleversements cognitifs et culturels qui sont à la base de l’acceptation des nouveaux espaces ;
  • Comprendre les obstacles épistémologiques qui ont bloqué l’acceptation des nouveaux espaces et le processus durant lequel on a surmonté ces obstacles (et pendant ce processus il y eut beaucoup de transferts entre les différentes cultures mathématiques, philosophiques, … nationales (France, Allemagne, Angleterre, …)

Ce projet permet de fédérer en Lorraine les chercheurs du Grand Est (Nancy, Strasbourg), et de renforcer les collaborations franco-allemandes et franco-suisses dans le champ de l’histoire et de l’épistémologie des sciences. Ce projet prouve que la recherche en France est aussi active en région qu’à Paris. Ainsi, plusieurs chercheurs de niveau international sont invités en 2010 aux archives Poincaré (J. J. Gray, J. Barrox-Green et D. Rowe).

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Eléments d’une biographie de l’Espace projectif

Collection Histoires de Géométries

Dirigée par Dominique Flament et Philippe Nabonnand

Presses Universitaires de Nancy

Contrairement à ce que l’on a tendance à croire aujourd’hui, la géométrie projective du 19esiècle — qu’elle soit synthétique ou analytique — ne mobilisait pas directement la notion d’espace projectif.

L’utilisation de nouveaux outils et de nouvelles méthodes, ainsi que le renouvellement spectaculaire des modes de questionnement, contribuent certes à construire un cadre inédit mais celui-ci sera dégagé et désigné très tard. En tant qu’objet d’étude ou à titre d’exemple, l’espace projectif, et plus généralement les espaces géométriques, interviennent essentiellement dans des domaines excentrés par rapport à leur lieu de construction. Ainsi, l’expression « espace projectif » n’apparaît pas avant que le plan projectif ne devienne un exemple emblématique dans le contexte ouvert par l’étude des surfaces. De fait, la géométrie projective — qu’elle soit axiomatisée ou non — n’apparaît jamais comme l’étude de l’espace projectif mais comme un ensemble de méthodes plus ou moins formalisées, pour étudier des propriétés qui apparaissent dans un contexte général de recherche de généralité et de recomposition des pratiques des géomètres. Et c’est la mise en œuvre de ces méthodes qui fera
émerger des propriétés inhabituelles entraînant la prise de conscience du changement du cadre même de la géométrie.

Une notion comme celle d’espace géométrique semble donc susceptible d’une étude historique que l’on qualifiera de biographique, en ce sens que son installation dans le paysage mathématique apparaît comme résultant de l’émergence de méthodes, de pratiques ou de modes de questionnement qui ne sont ni centrés sur elle ni même concernés par son introduction.

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Pour une anthropologie historique des pratiques savantes

Publié par Hervé Moine le 1 octobre 2010

Christian JACOB

Pour une anthropologie historique des pratiques savantes

Mer 10 nov (18h30-20h30)

Amphithéâtre 45 B, Université Paris 6-Pierre et Marie Curie,

4 place Jussieu, 75005 Paris

Cette conférence est organisée avec le soutien de l’université Paris 6-Pierre et Marie Curie.

Les savoirs ne naissent pas dans l’univers éthéré et intemporel des idées, où tout ne serait que raison et vérité. Comme tant d’autres aspects de l’activité humaine, ils sont construits au fil de chaînes d’opérations où les gestes de la  main accompagnent les opérations de l’esprit, où les mouvements de la pensée prennent forme et matérialité dans le maniement des objets, des inscriptions et leurs différents supports.
Ces opérations et ces mouvements ont une histoire et sont déterminés par leurs ancrages dans des cultures et des communautés savantes particulières. Ils sont des objets d’apprentissages, de réflexivité, de formalisation.
Observer, prélever, fabriquer, classer, comprendre, hiérarchiser, mémoriser, calculer, construire une synthèse ou un modèle, interpréter, lire et écrire, schématiser, manier les livres, travailler sur un ordinateur, déchiffrer des signes : ces multiples opérations, inscrites dans des projets de connaissance particuliers, ouvrent le champ d’une anthropologie historique et comparée des savoirs humains et de leurs pratiques.
La parution du second volume des Lieux de savoir, Les mains de l’intellect (Albin Michel, 2010) nous offrira l’occasion d’une réflexion à deux voix sur les enjeux d’une histoire culturelle des savoirs attentive aux acteurs et à leurs pratiques, aux objets et à leurs transformations, aux inscriptions et à leurs effets multiples.
  • Intervenant : Christian Jacob, directeur d’études à l’EHESS, Centre Anhima.
  • Discutant : Rafaël Mandressi, chargé de recherches au CNRS, Centre Koyré.

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Hommage à un penseur de la raison

Publié par Hervé Moine le 15 juin 2010

Hommage au philosophe marocain Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ

Article de Dominique de Courcelles, Centre National de la Recherche Scientifique, paru le 14 juin dans le site du Collège Internationale de Philosophie

02508022_1GCi-contre, Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ, un penseur de la raison (1935-3 mai 2010)

En tant que directrice de programme au Collège International de Philosophie, ancienne membre de l’Ecole des Hautes Etudes Hispaniques-Casa de Velázquez, je suis heureuse de saluer ici la mémoire du philosophe marocain Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ dont l’itinéraire de la pensée est à la fois exemplaire, respectueux de l’histoire et audacieux, militant pour un islam de progrès, cet islam des Lumières et de la raison qu’admiraient tant les philosophes de l’Europe du 18ème siècle.

Né en 1935 à Figuig dans le sud-est marocain, c’est en tant qu’instituteur que Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ commence sa carrière d’enseignement et de recherche. Parallèlement à sa profession, il étudie la philosophie au Maroc à Rabat, également à Damas en Syrie, à Fouchena en Tunisie, à Paris. En 1967, il devient professeur de philosophie à l’Université Mohamed-V à Rabat, où il enseigne l’épistémologie et la philosophie. Philosophe musulman, il est l’héritier de la philosophie d’Ibn Rushd (1126-1198) et de la science de l’histoire d’Ibn Khaldoun (1332-1406).

Al-Jȃbirȋ passe l’essentiel de sa vie à explorer le patrimoine de la pensée méditerranéenne. Si sa thèse de doctorat porte sur Ibn Khaldoun (La pensée de Ibn Khaldoun : la assabiya et l’Etat : les grandes lignes d’une théorie khaldounienne de l’histoire musulmane, 1971), c’est la figure d’Ibn Rushd, originaire de l’ibérique Cordoue et célèbre dans l’Occident latin sous le nom d’Averroès, qui occupe une place centrale dans son œuvre. La pensée d’Ibn Rushd opère en effet une rupture avec la pensée orientale « mystique » et « illuministe » représentée par Avicenne (980-1037) et préfigure, en particulier dans son célèbre ouvrage Le Discours décisif , la possibilité d’une autonomisation complète de la raison au sein de la culture arabo-musulmane. Cette tradition rationaliste a connu un essor exceptionnel à Bagdad dès le 9ème siècle puis elle s’est épanouie en Afrique du Nord et en Andalousie. Ibn Rushd sait restreindre la sphère d’influence de la religion sans pour autant porter atteinte à son autorité. Le philosophe de Cordoue a inspiré de façon absolument déterminante la pensée scientifique occidentale à partir du théologien Thomas d’Aquin et du philosophe et philologue Raymond Lulle, en démontrant que la foi et la raison ne se contredisent pas. Un siècle plus tard, Ibn Khaldoun sillonne la Méditerranée de Tunis, à Bejaia, Fès, Grenade, Séville, Le Caire, et se montre attentif aux différentes cultures monothéistes des pays méditerranéens. Grand connaisseur du Coran et de la Sunna, il étudie aussi en détail les textes bibliques dans leur traduction en arabe. Il lit les textes philosophiques accessibles en son temps et construit de nouvelles méthodes d’investigation et de nouveaux concepts, anticipant sur bien des découvertes scientifiques modernes, dans la ligne d’Ibn Rushd. Al-Jȃbirȋ constate qu’après le déclin de la culture andalouse, l’islam s’est éloigné du chemin des Lumières que l’Occident a ouvert grâce à la pensée d’Ibn Rushd. C’est pourquoi Al-Jȃbirȋ  estime que l’idéal des Lumières appartient aussi à la civilisation arabe.

C’est dans cette perspective qu’Al-Jȃbirȋ conçoit la nécessité d’une Critique de la raison arabe, selon le titre de son célèbre ouvrage paru en 1982, suivi d’une Introduction à la critique de la raison arabe paru en 1995 ; il s’attache à une relecture de l’histoire culturelle arabo-islamique avec la perspective de réinvestir cette lecture dans l’élaboration d’une « modernité arabe ». La critique naqd signifie ici « mise en crise », dans le but d’évaluer la pensée, de la mettre au défi de son histoire et de son actualité. La pensée d’Ibn Rushd, selon Al-Jȃbirȋ, représente une « relève » au sein de la raison arabe et il importe de la lui rendre présente afin que cette raison arabe puisse fondre sa modernité dans la tradition. L’itinéraire philosophique d’Al-Jȃbirȋ est alors un plaidoyer en faveur d’un rationalisme arabe à la fois ouvert et bien enraciné dans la tradition et la culture.

A l’occasion d’une réunion du Comité Averroès, créé en 1996 pour le rapprochement entre les peuples marocain et espagnol, le philosophe marocain souligne que « trois règles régissent le dialogue entre les cultures : la compréhension de l’autre dans son propre système de référence, le droit à la différence et enfin la tolérance comme indulgence ». D’où son ouvrage de 2001 La raison éthique arabe, qui fait un long détour par la morale religieuse.
Si Al-Jȃbirȋ s’est intéressé à l’histoire philosophique de l’islam, c’est aussi pour mieux comprendre le fonctionnement de la pensée politique et ses usages dans les Etats arabes modernes. Lui-même a établi sa réputation sur un grand engagement politique. Né dans une famille du parti Istiqlal qui s’opposait à la colonisation française et militait pour l’indépendance du Maroc, il a été un membre actif de l’Union Socialiste des Forces Populaires et il a donné au parti des idées modernistes, progressistes, favorables à l’émancipation citoyenne de la société. Il a été rédacteur en chef de la revue Fikr wa Naqd (Pensée et Critique), spécialisée en philosophie, littérature et sciences humaines et sociales. Al-Jȃbirȋ a la conviction que la pensée politique est liée à la pensée éthique. Il veut ouvrir la possibilité d’un renouveau démocratique de La raison politique en islam, selon le titre d’un ouvrage paru en 2007, invitant les musulmans à adopter la consultation en tant que principe directeur de  l’organisation sociale. Al-Jȃbirȋ est bien l’homme de l’ijtihad moderne, soutenant que rien n’empêche l’islam d’offrir une base éthique à la liberté et aux activités humaines.

Suite aux attentats de septembre 2001 et à la stigmatisation de l’islam, Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ entreprend dans plusieurs publications de faire connaître le Coran aux lecteurs musulmans et non musulmans afin d’en démontrer la contemporanéité, tout en s’appuyant sur les sciences islamiques traditionnelles. Il écrit dans sa conclusion : « On peut dire que le Coran appelle à la religion de raison, il appelle à entendre la religion où la croyance se fonde sur l’usage de la raison, à partir de l’existence de Dieu et tout ce qui en découle en matière d’éléments culturels et de lois ».
C’est ainsi que le philosophe marocain Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ s’est efforcé de renouveler le regard arabe sur la tradition et d’historiciser le rapport des Arabes à leur passé. En démontrant la possibilité d’une autonomisation de la raison au sein de la culture arabo-musulmane, en considérant dans la perspective de Ibn Rushd les rapports entre la religion, la raison, la politique, il a favorisé la possibilité juste et mesurée du dialogue des cultures, en particulier monothéistes.

Dominique de Courcelles

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La prochaine Grande Conférence des Archives H. Poincaré

Publié par Hervé Moine le 26 mai 2010

La prochaine Grande Conférence des Archives H. Poincaré aura lieu mercredi 9 juin 2010, de 17h00 à 19h00, dans la Salle Internationale de la Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine (91 avenue de la Libération, Nancy, 3e étage, salle 324).

Alberto MARTINEZ (University of Texas, Austin) présentera une conférence intitulée :

Einstein’s X : The Rise of Abstraction at the École Polytechnique


Following the French Revolution, geometers and algebraists struggled for primacy in the elite national and imperial school for military engineers, the École Polytechnique. I will discuss their struggle as well as its later consequences in modern physics. In the 1900s, physicists led by Albert Einstein and Neils Bohr increasingly abandoned physical models and visualization in favor of the mechanical manipulation of algebraic signs.

Les Grandes conférences sont organisées par :

  • Archives Henri Poincaré (UMR 7117)
  • Département de Philosophie de l’Université Nancy 2
  • Colloque permanent transfrontalier Nancy-Saarbrücken
  • MSH Lorraine (USR 3261)

Le programme mis à jour : http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=5293

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Epistémologie, modélisation et simulation en chimie computationnelle

Publié par Hervé Moine le 23 avril 2010

29 avril 2010

Pratiques de modélisation et de simulation en chimie computationnelle des protéines (1960-1980)

Eléments historiques et épistémologiques

par Frédéric Wieber

Archives Henri Poincaré

Université Nancy 2

“Au cours de mon intervention, j’examinerai certaines pratiques de modélisation et de simulation ayant été développées en chimie des protéines dans les années 1960-70. Dans ce champ de recherche, certains chimistes théoriciens tentent de comprendre les objets protéiques en construisant des modèles de leurs structures et en simulant leurs propriétés dynamiques. Le type de modèles qu’ils construisent et la nécessité de réaliser des simulations sont liés à la complexité moléculaire des protéines. Cette complexité conduit à deux types principaux de difficulté en chimie des protéines. D’une part, des problèmes expérimentaux se manifestent lorsque les scientifiques veulent utiliser, en les adaptant aux objets protéiques, un certain nombre de techniques physiques (cristallographie aux rayons, RMN, diffusion des neutrons…), et lorsqu’ils essaient d’interpréter les données expérimentales ainsi produites. D’autre part, des problèmes théoriques de complexité computationnelle se manifestent lorsque l’on essaie d’appliquer la mécanique quantique à ces objets trop conséquents. Si le premier type de difficulté a, d’un point de vue historique, conduit au développement d’approches théoriques (afin d’affiner les données empiriques et de permettre un accès à certaines propriétés des protéines très difficiles à obtenir expérimentalement), le second type de difficultés, que l’on retrouve, à l’époque, dans de nombreux autres domaines de la chimie, a pour sa part conduit les spécialistes des protéines à développer un type particulier de modèles, dits « modèles empiriques » (par opposition aux « calculs ab initio »). Afin de réussir à construire ces modèles, et à étendre leur champ d’utilisation, ces spécialistes utilisèrent de façon massive, à partir de 1960, des ordinateurs. Dans les années 1970, ces modèles informatisés furent employés dans le cadre d’une méthode de simulation élaborée précédemment en physique statistique (méthode dite de dynamique moléculaire). Ceci permit alors aux scientifiques d’accéder aux propriétés dynamiques des protéines, ce qui n’était pas possible d’un point de vue expérimental. Un changement dans la façon de concevoir ces objets macromoléculaires a ainsi été opéré. L’ordinateur, en tant qu’instrument technologique ayant un fonctionnement particulier et des capacités de calcul limitées, a influé de façon importante sur la forme des modèles ayant été construits ainsi que sur la façon dont la méthode de simulation de dynamique moléculaire a été appliquée au cas des protéines.

Après avoir rappelé en quoi ces pratiques de modélisation et de simulation étaient liées, à l’époque, à une partie de l’agenda classique de la biologie moléculaire (affinement des structures tridimensionnelles obtenues par cristallographie aux rayons X, problème du repliement des protéines), je me propose de discuter du statut et de la nature des modèles ayant été construits, en soulignant le travail d’assemblage et d’estimation de données empiriques que cette activité de modélisation nécessite. J’examinerai ensuite comment la méthode de simulation de dynamique moléculaire a été adaptée aux protéines, en précisant notamment comment plusieurs types de contraintes (précision souhaitée du modèle simulé, expression théorique employable, algorithmes efficaces et utilisables, puissance de calcul disponible en pratique), et leur ajustement réciproque, ont dû être prises en compte. Afin de réaliser cette adaptation, des spécialistes de cette méthode de simulation (provenant du champ de la physique statistique) ont collaboré avec des spécialistes de chimie des protéines, notamment, en Europe, dans le cadre d’une institution particulière, le CECAM. Je montrerai ici en quoi la question de l’accessibilité des ordinateurs a conduit à cette collaboration effective. Pour conclure, je discuterai de l’importance de la nature computationnelle de ces outils de modélisation et simulation dans l’histoire de ces pratiques.”

Frédéric Wieber

  • Lieu : Salle E21, 1er cycle, Faculté des Sciences, Université Henri Poincaré-Nancy 1, Vandoeuvre-les-Nancy
  • L’IREM, le « groupe M » et les Archives Henri Poincaré organisent à la Faculté des Sciences de l’Université Henri Poincaré un séminaire « transversal » consacré aux sciences et à la philosophie des sciences. Le séminaire a lieu les Jeudi après-midi, de 14h à 16h en Faculté des Sciences et Techniques, Université Henri Poincaré, Vandoeuvre-les-Nancy. Il est complété par des séances en groupe de travail. http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=4357

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Essais d’épistémologie aristotélicienne

Publié par Hervé Moine le 11 avril 2010

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne

Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne
Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

ISBN: 978-90-429-2213-6

IV-515 pages; 65 €

http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8634

Les quatorze articles traduits dans ce volume constituent la première présentation d’ensemble d’une œuvre importante dans le domaine de l’histoire de la philosophie ancienne. Ils s’étendent sur plus de vingt ans et portent tous sur ce que l’on pourrait appeler, au sens le plus large du terme, l’épistémologie aristotélicienne», en prenant «épistémologie» en son sens français et non au sens que ce terme a dans le monde universitaire anglophone. Les textes ont été rangés dans un ordre à la fois systématique et pédagogique, et non dans un ordre chronologique, parce que, malgré  d’inévitables changements de détails, les positions adoptées par Robert Bolton sont restées fondamentalement les mêmes. Il est remarquable que, alors que Bolton semblait isolé dans les années 1970-1980, ses thèses soient aujourd’hui au moins mieux comprises et même, sans doute, plus largement partagées.
Le mérite le plus immédiat de l’approche boltonienne d’Aristote, c’est de définir exactement la place de l’épistémologie aristotélicienne. Ce qui fournit un élément important pour en cerner la nature. Ce faisant Bolton applique à l’Aristotélisme lui-même l’un des traits qu’il a cru déceler dans la méthode d’Aristote : d’abord saisir un élément de l’essence de la chose que l’on veut connaître, comme premier pas vers la saisie de cette essence.

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The Future of Philosophy of Science

Publié par Hervé Moine le 24 mars 2010

Une conférence intitulée

« The Future of Philosophy of Science »

aura lieu du 14 au 16 avril 2010

à Tilburg, aux Pays-Bas.

La philosophie des sciences porte sur les fondements et les méthodes de la science. La portée de la philosophie des sciences ne prête pas tellement à controverse, mais on constate de nombreux désaccords quant à sa méthodologie.

La conférence étudiera les diverses méthodologies utilisées pour explorer le sujet. L’objectif consiste à identifier les caractéristiques similaires dans les méthodologies afin de permettre aux chercheurs de mieux cerner l’avenir de la discipline.

La conférence sera entrecoupée de huit sessions plénières. Chaque session comprendra des intervenants invités qui présenteront un extrait de leur thème de recherche.

Pour de plus amples informations, consulter:
http://www.tilburguniversity.nl/faculties/humanities/tilps/FPS2010/

Philosophy of science deals with the foundations and the methods of science. While the scope of philosophy of science is rather uncontroversial, there is considerable disagreement about its methodology. A look into the relevant journals reveals that there is a plurality of approaches. Some researchers use the traditional method of conceptual analysis, others engage in formal modeling, conduct case studies and – more recently – experiments, or consult the history of science in considerable detail. Despite the differences in these approaches, there also seem to be undeniable trends in our discipline, such as the increasing specialization, and the increasing co-operation with empirical scientists and policy makers. This conference will explore the future of philosophy of science. In particular, we are interested in how the different methods philosophers of science use relate to each other, whether they can fruitfully complement each other, and whether current trends allow predictions about the development of our field. We invite contributions that combine cutting-edge individual research with a general perspective on the methods and future of philosophy of science.

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Platon et la tradition médicale

Publié par Hervé Moine le 8 mars 2010

Séminaire de la Société d’Études Platoniciennes (etudesplatoniciennes.eu)

Platon et ses prédécesseurs

“Platon et la tradition médicale”

Vendredi 12 mars, 14h-18h

Université Paris Ouest – Nanterre-La Défense

salle des conférences bâtiment K

Intervenants

  • Giuseppe CAMBIANO (Scuola Normale Superiore di Pisa) “Empeiria et techne chez Platon et les médecins de la Collection hippocratique”
  • Luc BRISSON (CNRS – UPR 76 – Centre Jean Pépin) “Les passages médicaux dans le Timée : est-il possible de déterminer leurs sources ?”

Renseignements :

Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, EA373, Institut de Recherches Philosophiques (IREPH-DIPSA)
Université de Franche-Comté, EA 2274, Laboratoire de Recherches philosophiques sur les Logiques de l’Agir
CNRS – UPR76, Centre Jean Pépin

La Société d’Études Platoniciennes

La Société d’Études Platoniciennes, fondée en 2001 par Luc Brisson, Francesco Fronterotta et Jean-François Pradeau, s’efforce de promouvoir les études platoniciennes de différentes façons. Elle a créé une publication annuelle, les Études platoniciennes, qui paraît à Paris aux éditions des Belles Lettres et rassemble dans chacun de ses numéros des études en cinq langues consacrées à l’œuvre de Platon et à l’ensemble de la tradition platonicienne.

Dans cette revue, les membres de la Société d’Études Platoniciennes rédigent chaque année un “Bulletin Platonicien” international, composé de comptes rendus qui tentent de couvrir au mieux les publications récemment consacrées au platonisme, en France comme à l’étranger. Chaque numéro des Études Platoniciennes comporte en outre une “Bibliographie Platonicienne”, qui pour sa part s’attache à donner la liste presque exhaustive de toutes les publications platoniciennes.

La Société d’Études Platoniciennes organise une “Journée d’Études Platoniciennes”, qu’elle consacre le plus souvent à la présentation d’un ouvrage marquant, en compagnie de son auteur.

Enfin, la Société s’attache à promouvoir les colloques et séminaires consacrés à la tradition platonicienne, et c’est à ce titre qu’elle promeut l’organisation d’un “Séminaire de la Société d’Etudes Platoniciennes“, mis en oeuvre par le CNRS, l’Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense et l’Université de Franche-Comté, avec la collaboration, pour l’année 2009-2010, de l’Université Paris-I.

Programme 2009-2010 du séminaire de la Société des études platoniciennes : http://etudesplatoniciennes.eu/pdf/seminaire2009_2010.pdf

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Qu’est-ce qu’une courbe ?

Publié par Hervé Moine le 14 février 2010

Vendredi 19 février 2010

Journée Nancy-Wuppertal

d’histoire des mathématiques

Qu’est-ce qu’une courbe ?

Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine

Salle internationale

Au programme de cette journée

10h 30 – 12h

René Guitart, Paris 7 – Centre Viete : La coordination curviligne de Lamé à Darboux

La coordination est une double question : générale d’abord, quand elle est liée à l’approche a priori de tout problème physique, de tous les corps, des formes quelconques dans l’espace et de la forme de l’espace lui-même ; et particulière ensuite, quand il faut déterminer quelles sont les coordinations analytiquement les plus simples suffisantes pour la résolution des problèmes physiques qui se présentent réellement.

Le premier aspect conduit à l’idée générale de variété, et sera par là utile à la mise en place notamment de la relativité générale, et le second aspect pointe sur les fonctions elliptiques et les équations fuchsiennes, par où s’exprimeront les équations précises de toutes les questions physiques classiques.

Dans cette conférence on va se limiter à pointer les origines historiques de cette double problématique au seul plan mathématique.

On va donc précisément articuler ce qui se passe à partir de l’invention des coordonnées curvilignes /générales/ par Lamé, et de l’invention des coordonnées curvilignes/ particulières/ cruciales que sont les coordonnées elliptiques, par le même Lamé, et du rapport qu’il expose entre celles-ci et les fonctions et courbes elliptiques. Puis on verra comment Darboux reprend la question générale dans l’ensemble de sa théorie des surfaces, et la question particulière autour des ovales cartésiennes, des cyclides et des courbes cycliques, et partant invente les coordonnées pentasphériques qui, si l’on peut dire, linéarise le circulaire, de sorte que la théorie des cyclides s’y métamorphose en théorie des quadriques. Avec ces outils, à savoir les coordonnées curvilignes générales et particulières adéquates dans l’espace, l’étude des problèmes physiques relève alors (et c’est encore une idée qui, dans sa forme générale systématique est due à Lamé) d’une analyse spectrale, de la détermination de fonctions propres d’un problème, et la résolution consiste en une décomposition (on pourrait dire encore une coordination du second ordre) des solutions dans la base des fonctions propres.

14h 15 – 15h 45

Evelyne Barbin, Nantes – Centre Viete, Interactions critiques entre courbes et fonctions de Leibniz à Jordan

L’instauration d’un concept de courbe au XVII^e siècle passe par la délimitation d’un univers d’objets nommés courbes et d’un procédé d’identification des différents objets dans cet univers. Dans les deux siècles suivants, les questions de délimitation, d’identification et de classement des courbes sont étroitement liées à l’introduction de la notion de fonction et à ses transformations, aux propriétés des fonctions et à leurs mises en relation. Nous examinerons de ce point de vue des interactions où, à différents moments historiques et chez certains mathématiciens, sont opposées, d’une part, une représentation géométrique de l’objet que l’on considère comme une courbe, et, d’autre part, une écriture symbolique qui a pour « fonction » de délimiter l’univers des courbes en identifiant et en classant ce même objet en tant que courbe.

16h – 17h 30

Jean Delcourt, Cergy-Pontoise, Qu’est ce qu’une courbe gauche au 18ème siècle ?

On sait que l’étude générale des courbe gauches a été initiée au dix-huitième siècle par Alexis- Claude Clairaut dans son traité sur les courbes à double courbure. Outre l’adaptation à l’espace des notions planes (tangente, courbure et cercle osculateur), des problèmes spécifiques à ces courbes se dégagent rapidement :

  • Comment reconnaître qu’une courbe de l’espace est une courbe plane (étudié par Clairaut,Tinseau, D’Alembert, Monge…) ?
  • Comment définir une seconde courbure, qui, avec la première, caractériserait une courbe de l’espace (Monge, Lacroix, Fourier, Lancret) ?
  • Comment généraliser la notion de développée, sachant que ce n’est plus l’ensemble des centres de courbure (Monge) ?

Nous allons nous intéresser à un autre aspect, celui du rapport entre les courbes de l’espace et les équations différentielles. Sachant qu’une équation aux dérivées partielles représente des surfaces, Monge affirme, dans un article aussi long que son titre : /Supplément où l’on fait voir que les équations au différences ordinaires, pour lesquelles les conditions d’intégrabilité ne sont pas satisfaites, sont susceptibles d’une véritable intégration, & que c’est de cette intégration que dépend celle des équations aux différences partielles élevées, que ce sont certaines équations différentielles ordinaires qui représentent les courbes de l’espace/.

Après avoir rappelé le cas des équations linéaires, cas traité par Clairaut et Euler, nous examinerons en détail l’article de Monge et ses prolongements dans certains textes de Lacroix.

La journée Nancy-Wuppertal d’Histoire des mathématiques est organisée par les Archives Poincaré et supportée par la Région Lorraine, les universités de Nancy et Wuppertal, la MSH Lorraine et l’ANR.

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Faites de la science, fête de la science…

Publié par Hervé Moine le 11 novembre 2009

Du 16 au 22 novembre 2009

XVIIIème édition de la fête de la science

Aux origines de la vie et de l’univers : quelles révolutions ?

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Présentation de l’édition 2009 de la fête de la science

La 18ème édition de la fête de la science, organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, se déroule cette année du 16 au 22 novembre 2009.

La thématique de la 18ème édition : Aux origines de la vie et de l’univers : quelles évolutions, quelles révolutions ? commémore deux grands anniversaires : le 400ème anniversaire des premières observations faites avec une lunette astronomique par Galilée et le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin.

C’est une bonne occasion de mettre en place des actions pédagogiques et des animations au Centre de Documentations et d’Informations des établissement scolaires, en collaboration avec les enseignants des disciplines scientifiques, techniques et philosophiques pour valoriser la culture scientifique et technique à l’école. La plupart des Centre de Documentations Pédagogiques proposent animations et conférences thématiques, mais également différents lieux dont il possible de trouver le programme sur le site de la fête de la science”.

C’est  une bonne occasion également, pour les parents d’élèves mais aussi pour le grand public de partir à la conquête des origines de l’univers et de la vie, et fêter ainsi la science. Être de son temps, n’est-ce pas s’intéresser à la science ?

Pour en savoir plus

  • Fête de la science site officiel avec le programmes des manifestations et la présentation des événements.
  • Sciences actualités espace de la cité des sciences proposant des dossiers scientifiques . Une mine de ressources.
  • Promouvoir la culture scientifique au CDI brève de Docs pour docs avec sélection de ressources pour le CDI.
  • Enseigner l’évolution avec les TICE Sur EducNet, dans le cadre de l’année Darwin, un Mini dossier publié en avril 2009 sélectionne des pistes pédagogiques pour enseigner et sensibiliser les élèves à la théorie de l’évolution des espèces. Disciplines concernées : SVT – Langues – Philosophie – Activités interdisciplinaires… D’autres entrées sont proposées : 009 : année Darwin, comment enseigner l’évolution ? outils et ressources.
  • 2009 Année mondiale de l’astronomie brève de Docs pour Docs proposant des ressources sur Galilée.

 

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