Articles en rapport avec : « négationnisme »
L’évêque négationniste demande des preuves historiques de l’existence des chambres à gaz
Posté par Hervé Moine le 8 février 2009
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Un dossier : Négationnisme dans Actu Philo
Posté par Hervé Moine le 3 février 2009
Je vous soumets cet article, paru sur nonfiction.fr, le 20 janvier 2009, à propos du négationnisme.
« Absolution d’un négationniste » vous fait réagir. Je vous propose que l’on construise un véritable dossier sur le négationnisme. D’une part pour s’informer et comprendre et d’autre part pour s’engager, car je pense qu’il est nécessaire de s’engager contre ce fléau que l’on ne doit pas laisser s’installer, en France comme partout ailleurs.
Qu’en pensez-vous?
Hervé Moine
Négationnisme : pourquoi la France ?
[mardi 20 janvier 2009 - 17:00]
Après l’acclamation d’une des figures du négationnisme par un triste clown qui ne fait plus rire grand monde, voici un article qui tombe à pic. Signée par Henry Rousso, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, cette contribution à la dernière livraison de la revue Cités tente de répondre à trois questions : pourquoi le négationnisme concerne t-il particulièrement la France ? pourquoi a-t-il connu un essor dans les années 1970 ? pourquoi à l’Université ?
L’historien entame son article par un rappel des principales étapes du développement du négationnisme en France depuis la guerre, insistant de façon claire sur les évolutions et les personnages clés, comme Paul Rassinier qui postule que le génocide des juifs n’est qu’une « rumeur » inventée de toutes pièces par ceux-ci, inversant de cette manière la charge de la preuve (c’est désormais aux survivants qu’il incomberait de prouver leurs affirmations…).
Jusqu’aux années 1970-80, les idées négationnistes restent confinées à de petits cercles. Il en est ensuite définitivement autrement : en octobre 1978, l’ancien commissaire général aux questions juives déclare dans L’Express : « À Auschwitz on n’a gazé que des poux ». Peu après, Robert Faurisson, maître de conférences en littérature affirme dans la presse : « Les chambres à gaz, ça n’existe pas ! »1. Viendront ensuite, en 1985, l’affaire de la thèse (finalement annulée) d’Henri Roques, les propos de Jean-Marie Le Pen puis des milieux islamistes (par la voix du chef d’État iranien notamment).
Henry Rousso avance plusieurs hypothèses pouvant expliquer cette forte présence de milieux négationnistes en France depuis les années 1970.
Tout d’abord la « nécessité politique » pour l’extrême droite, laminée après Vichy et la perte de l’Algérie française, de « faire sauter l’un des obstacles majeurs à [sa] renaissance ». Il faut aussi considérer le contexte post-68 favorable à la révision « des grandes mythologies de l’après-guerre ». Ainsi réévalue-t-on par exemple l’implication de l’État français dans la Collaboration. Cette dynamique aurait offert un terreau favorable au développement du négationnisme, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche2, alors que s’exprimaient parallèlement des besoins mémoriels croissants.
Reste la question de l’Université. Pour l’historien, auteur notamment du rapport sur Lyon-III, plusieurs raisons peuvent expliquer qu’elle ait pu accueillir en son sein des négationnistes. Il faut mentionner pêle-mêle l’habillage pseudo-scientifique par Faurisson des thèses de Bardèche ou de Rassinier, un esprit « anti-68″ de certaines universités, le fait que les négationnistes purent s’appuyer sur des personnes qui étaient déjà en poste (comme Faurisson), sans oublier les réticences des universitaires à sanctionner leurs pairs.
Si, comme le rappelle Henry Rousso, le négationnisme n’a jamais modifié de façon sensible les acquis de la recherche scientifique, il n’en pose pas moins d’importantes questions éthiques, épistémologiques et juridiques. « Peut-on rester vertueux en luttant contre la perversion ? ».
* Henry Rousso, « Les racines du négationnisme en France », Cités, n°36, 2008, p.51-62
rédacteur : François QUINTON, Rédacteur en chef adjoint
Illustration : confusedvision / Flickr.com
Notes :
1 – Le Matin de Paris, 16 novembre 1978, puis dans Le Monde du 29 décembre.
2 – Voir la Vieille Taupe.
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L’absolution d’un négationniste
Posté par Hervé Moine le 2 février 2009
« Pape, l’absolution qui cloche », titre aujourd’hui Libération, à propos de la décision du pape Benoît XVI de lever l’excommunication de quatre évêques intégristes, crée la polémique au sein des catholiques.
La décision de Benoît XVI de lever l’excommunication de quatre évêques intégristes membre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, crée la polémique chez les catholiques.
Ce qui crée cette polémique ce n’est pas tant la réintégration de personnes intégristes, car l’intégrisme, s’il peut s’avérer dangereux du fait de l’extrémisme dans lequel ses adhérents peuvent verser, et malgré le dogmatisme intransigeant, n’est pas un mal en soi. Il le devient lorsqu’il se fait fanatisme et terrorisme ou bien simplement lorsqu’il déborde le cadre du choix personnel en devenant public, en cherchant à s’imposer comme vérité absolue, quitte à reformuler, à réviser, à transformer, à nier la réalité historique.
Parmi les quatre prélats membres de cette Fraternité ex-excommuniés, Richard Williamson s’est ouvertement déclarer négationniste. En effet, celui-ci, le 22 janvier dernier, avait affirmé ne pas croire qu’il y ait eu des chambes à gaz, ni que 6 millions de Juifs aient été gazés.
Au cours d’une émission de TV, «Uppdrag gransning» (mission investigation), il a déclaré ceci : «Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz» et il a ajouté ceci : «Il y a certainement eu une grande exploitation (de ces faits). L’Allemagne a payé des milliards et des milliards de deutschemarks et à présent d’euros parce que les Allemands souffrent d’un complexe de culpabilité pour avoir gazé six millions de Juifs, mais je ne crois pas que six millions de Juifs aient été gazés».
Comment peut-on encore entendre de telles affirmation alors qu’on estime à six millions le nombre de Juifs qui ont péri sous le IIIe Reich, notamment dans des camps de la mort ou au cours d’exécutions massives.
Qu’est-ce que cela donne à penser? Ce fait relance, pour nous, la réflexion à propos du négationnisme.
Et cette réflexion que l’on pourrait mener ensemble ici.
Hervé Moine, professeur de philosophie
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