« La philosophie, un luxe »
Article paru dans l’édition du 13 novembre 2011 de Sud Ouest, propos de Raphaël Enthoven recueillis par Jean-Paul Taillardas
http://www.sudouest.fr/2011/11/13/la-philosophie-un-luxe
Raphaël Enthoven refuse de jouer le « philosophe de service » dans les médias, où il tente plutôt de transmettre une matière menant aux vérités qui dérangent « Je déteste le mot “vulgariser”. Il s’adresse à ce que les gens ont de plus grégaire. »
« Sud Ouest Dimanche ». La philosophie sert-elle à quelque chose ?
Raphaël Enthoven. Je n’en suis pas certain. Si la philosophie est indispensable, c’est peut-être d’abord parce qu’elle nous affranchit du régime de l’utile. Elle est en cela deux fois luxueuse : non seulement on n’en a pas besoin, mais elle aide à vivre séparément du besoin.
En quoi peut-elle être utile dans la vie de tous les jours ?
Elle aide à comprendre avant de juger, à connaître avant de combattre et à douter avant de connaître. Mais surtout, elle permet de ne pas limiter le monde à la sphère étroite que trace un rapport exclusivement utilitaire aux choses et aux autres.
Pourquoi les questions sont-elles plus essentielles que les réponses ?
Certains vous diront que c’est parce que la vérité est un Graal. J’aurais tendance à penser, plus modestement, que c’est parce que répondre est plus facile que questionner.
Comment recevez-vous ce regain d’intérêt pour la philosophie ?
Comme une divine surprise et comme un malentendu qui m’oblige à faire le contrebandier.
Contrebandier de qui, de quoi ?
J’essaie de faire passer en contrebande le contraire de ce qu’on attend du philosophe, qu’on interroge à tout bout de champ sur des tas de sujets qui échappent à sa compétence. Au lieu de répondre par les certitudes, les convictions et les valeurs qu’on voudrait me voir brandir, je fais passer du doute et l’idée que la question de savoir quelles sont nos valeurs compte moins que la question de savoir ce que valent les valeurs. Faire de la philosophie, c’est aussi lutter contre le bien et toutes les façons dont le bien (c’est-à-dire l’idée qu’on en a) l’emporte parfois sur le droit dans nos démocraties. C’est tenir l’actualité à distance, au profit d’un présent plus épais, qui est à l’actualité ce que la houle est à l’écume.
Faut-il disjoindre l’actualité du présent ?
En tout cas, il est essentiel de ne pas les confondre, de distinguer les différents événements qui arrivent chaque jour avec les mêmes questions qu’on se pose tous les jours. S’il arrive au présent de croiser l’actualité, c’est toujours de manière inactuelle, comme l’occasion d’une réflexion qui en dépasse le cadre. L’idée du bien, le goût de la vérité, la soumission à l’actualité sont autant d’hypnotiques qui, parce qu’ils fascinent pour eux-mêmes, nous habituent au monde qui devrait nous surprendre.
La philosophie remplace-t-elle la foi ?
En un sens, elle s’en méfie. Car « le besoin d’une foi puissante n’est pas la preuve d’une foi puissante, mais le contraire » (Nietzsche). L’objet de la philosophie n’est pas, me semble-t-il, de trouver un sens à la vie, mais de s’interroger sur le sens même de ce besoin de sens. La philosophie n’est ni la théologie ni la psychologie. Elle dilue souvent la question du sens dans l’examen des mécanismes qui lui donnent le jour. Elle est du côté de la réalité qui dérange, plus que de celui de l’illusion qui réconforte. En un autre sens, elle est elle-même un acte de foi, un art d’aimer le monde malgré lui.
Que penser du rapport actuel à la mort, aussi omniprésente dans les médias qu’elle est absente de la sphère privée ?
À l’échelle collective, les rapports de l’homme avec la mort changent selon les lieux et les époques. Mais cela ne change rien au fait que tout homme est le premier à mourir et qu’il dispose du temps de la vie pour l’accepter. Penser la mort à l’échelle collective est une façon de savoir qu’on va mourir, mais sans y croire vraiment. Il y a une immense différence entre le fait de dire que tous les hommes sont mortels et le fait de comprendre qu’on va mourir soi-même. Or, paradoxalement, il faut faire cette différence pour ne pas mourir de son vivant.
Avec vos émissions de radio, de télévision, vous sentez-vous une mission de pédagogue ?
Je suis professeur de philosophie. J’exerce le métier d’enseignant sur d’autres supports qu’une estrade, mais ce n’est qu’une différence de lieu. L’unique objet de ma démarche est de mettre en dialogue ce qui ne fait aucun doute, d’inviter les gens à penser contre eux-mêmes et à remplacer l’invective par l’échange. Un travail de cette nature est plus facile à la radio, qui libère de l’image et de tout ce qu’elle dissimule.
« Vulgariser » est-il un gros mot ?
C’est une insulte. Qui traite le destinataire comme une foule, alors que c’est un individu. Une simplification qui s’adresse à ce que les gens ont de commun, et non à ce qu’ils ont de singulier. On peut transmettre un savoir sans l’aplatir ni l’affadir.
Quelle relation souhaitez-vous nouer avec le téléspectateur dans l’émission « Philosophie », sur Arte ?
Une estime réciproque. Une attention mutuelle. Je ne suis pas là pour répondre aux questions de chacun, mais pour poser les questions que tout le monde se pose, et montrer que ces questions méritent en elles-mêmes d’être explorées, travaillées, chéries.
Que pensez-vous des cafés philosophiques ?
Je suis sceptique. Ce sont souvent des exutoires où les participants brandissent leur petite vie comme une norme en déclarant « Moi qui ai vécu ci ou ça, je peux vous dire que… ». Or, l’opinion des gens ne m’intéresse pas plus que leur vie. Ce qui compte, c’est ce qui nous échappe, nous dépasse, nous brise et nous ouvre à d’autres discours que le nôtre.
Est-ce qu’être dans le champ médiatique actualise l’idée du philosophe-roi ?
Ou du philosophe-bouffon qui, pour ne pas marcher sur des œufs, accepte de jouer le rôle qu’on lui demande implicitement de tenir, de jouer au philosophe comme un garçon de café joue à être garçon de café. Le véritable danger, le véritable péril n’est pas dans la popularisation de la parole du philosophe, mais dans la tentation d’en simplifier la teneur pour la rendre universellement digeste. Le professeur de philosophie ne doit pas être le « philosophe de service » dont on se sert pour donner un peu de cachet aux deuxièmes parties de soirée.
Arte Éditions vient d’éditer un coffret rassemblant 30 épisodes, soit 30 thèmes de l’émission « Philosophie », diffusée sur Arte chaque dimanche à 13 h 30.
Articles Tagués ‘philosophie’
L’éternelle question : la philosophie, à quoi ça sert ?
Publié par Hervé Moine le 13 novembre 2011
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La philosophie a-t-elle le monopole de la pensée ?
Publié par Hervé Moine le 31 octobre 2011

Les 15èmes semaines européennes de la philosophie
Citéphilo2011
du 8 au 29 novembre 2011
“L’art de faire”
Le propre d’une civilisation technicienne est de s’appuyer sur une conception du faire conçu généralement en termes d’application, où faire ne serait qu’exécuter ce que la pensée a préalablement conçu et élaboré. Placé sous la dépendance de la pensée et sous le signe de la séparation, le faire se voit alors retirer toute fécondité, toute inventivité. Une telle conception est caractéristique d’un abaissement général des activités pratiques, à quoi n’a longtemps échappé que la sphère à la fois préservée et magnifiée de l’Art.
C’est à penser autrement et à réconcilier la pensée et le faire que la présente édition de Citéphilo aimerait s’employer, ce qui va bien au- delà d’une simple réhabilitation de l’activité pratique ou technique. Cela nous incite plutôt à concevoir, à la manière de Valéry, une sorte de « poïétique générale » où l’on s’intéresserait aux multiples façons dont la pensée – toujours simultanément pratique – et le faire – toujours simultanément théorique – élaborent, conçoivent, imaginent, en un mot : inventent.
Programme qui suppose de convoquer, plus encore que dans les éditions précédentes, toutes sortes de pratiques, d’expérimentations, de performances – cinématographiques, plastiques, paysagères, chorégraphiques, analytiques, pédagogiques, sportives, médicales, musicales, littéraires, scientifiques, historiennes – qui viennent contester à la philosophie le monopole qu’elle s’accorde parfois sur ce qu’on appelle penser.
Il en résulte du même coup un bougé dans les traçages disciplinaires que nous ne pouvions mieux illustrer qu’en choisissant cette année de nous intéresser plus particulièrement à l’œuvre de Carlo Ginzburg, l’un des historiens contemporains qui a le plus fait pour renouveler à la fois l’art de faire et l’art d’écrire l’histoire – théoricien exemplaire de sa propre pratique, capable de faire dialoguer au plus près pensée théorique et fiction.
Thématique qui est loin d’épuiser le programme de cette édition 2011, où l’on fera, comme à l’accoutumée, leur place tant à l’actualité éditoriale qu’aux interrogations qui ne cessent de travailler notre présent.
Pour de plus amples informations : http://www.citephilo.org/
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La philosophie a-t-elle encore un rôle à jouer dans la société moderne ? Raphaël Enthoven y répond !
Publié par Hervé Moine le 28 mars 2011
Raphaël Enthoven
Le philosophe de service
et autres textes
Chez Gallimard nrf
Présentation de l’éditeur
« Le philosophe de service est un épouvantail dont les grimaces montrent à tout le monde qu’elles n’impressionnent plus personne. Ses postures cérébrales sont le faire-valoir des sentences hommasses et des lieux communs. Quand on lui demande “à quoi sert la philosophie ?”, il trouve généralement à l’amour de la sagesse mille gentilles qualités : à l’entendre, la connaissance dissipe le mal, la philosophie rend l’espoir, stimule le désir, fabrique des citoyens, donne un sens à la vie… Pour un peu, elle ôterait “la peine de réfléchir et le trouble de penser” (Tocqueville). S’il s’aventure à répondre que la philosophie ne sert à rien, on le trouvera “provocateur”. On dira qu’il “fait l’intéressant”, ce qui est l’apanage des gens que la foule se plaît à trouver sans intérêt. S’il dit que la question de l’utilité de la philosophie sous-entend que quand on est inutile on ne sert à rien, il est inaudible. Si, au lieu de répondre comme on l’exige, il ne joue pas le jeu et fait entendre une parole intempestive au banquet des idées reçues, il est aussitôt congédié par le tribunal populaire de l’audimat, renvoyé à ses nuées, à l’asepsie d’une “pensée molle”, “conformiste”, “narcissique”. Pour faire partie du cénacle des philosophes de service, il faut taire (ou garder pour soi) que l’enjeu n’est pas de savoir à quoi sert la philosophie, mais de savoir quels préjugés implique une telle question ».
Pour se procurer l’ouvrage de Raphaël Enthoven Le philosophe de service et autres textes
Raphaël Enthoven : le goût de la philosophie
Article de Stéphanie Hochet paru dans bscnews.fr le 23 mars 2011
http://www.bscnews.fr/201103281465/...
Pour son livre, Le philosophe de service, le philosophe Raphaël Enthoven s’offre une balade dans la société contemporaine. Le premier chapitre, qui donne son titre au livre de Raphaël Enthoven, est un constat désabusé : la philosophe d’aujourd’hui n’est plus que ce personnage invité à la télévision pour jouer les utilités et dont le monde se moque. La philosophie a-t-elle encore un rôle à jouer dans la société moderne ?
Les dix-huit chapitres suivants répondent brillamment à cette question : Raphaël Enthoven choisit dix-huit concepts – Dieu, le jeu, la rêverie etc. – et développe chacun non pas sous l’angle de la philosophie, ce qui ne représenterait aucun intérêt, mais sous l’angle du philosophe qu’il est. Il circonscrit les concepts, écrivant par exemple au sujet du courage, qu’il n’y a pas de courage proprement dit, mais seulement des actes courageux. Il propose une définition élégante de la mélancolie : Elle est le goût d’éprouver (…) sur le mode de l’amertume le pur bonheur d’exister. Sur le mensonge, il forge ce paradoxe indispensable : qui, d’ailleurs, voudrait accorder sa confiance à quelqu’un qui n’est pas capable de mentir ? Réflexion d’une utilité concrète et quotidienne.
Au-delà de sa nécessité, ce traité philosophique de proximité se lit dans un plaisir constant, entre autres grâce à l’érudition proustienne de son auteur. Ainsi, au sujet de l’égoïsme : Telle Madame Verdurin dont l’horreur d’apprendre le naufrage du Lusitania rehausse le bonheur de tremper des croissants dans son café au lait…
Vivre en philosophie, c’est aussi vivre en la meilleure compagnie.
Stéphanie Hochet
Raphaël Enthoven est le fils aîné de l’éditeur Jean-Paul Enthoven et de la journaliste Catherine David. Ancien élève de l’École normale supérieure3, après avoir obtenu l’agrégation de philosophie, il enseigne à l’université Lyon-III pendant deux ans, puis à l’université de Jussieu-Paris VII. À sa demande, il rejoint l’Université Populaire de Caen en 2002, avant de la quitter pour incompatibilités personnelles avec Michel Onfray en 2003. Après avoir pris ses distances avec ce dernier, dans Un jeu d’enfant : La philosophie, il fait de lui « l’ami de l’homme qui enfonce des portes ouvertes avec le sentiment grisant de prendre l’assaut de la Bastille » et il considère incompatible le fait que ce dernier se revendique de Camus, alors qu’il « nourrit, dans ses textes, un désir de révolution qui, en définitive, donne bonne conscience et dispense d’agir » (dans Bénédicte Arcens, « Interview : Raphaël Enthoven » sur LeMague.net, 16 mars 2007). Il devient co-producteur de l’émission radiophonique Les Vendredis de la philosophie sur France Culture et dispense des cours comme vacataire à l’École polytechnique.
Conseiller de la rédaction de Philosophie Magazine, où il tient la rubrique « Sens et vie », il est toujours producteur à France Culture. Après s’être occupé du Rendez-vous des politiques, en partenariat avec le magazine L’Express, il tient une émission quotidienne dans la grille des programmes de France Culture depuis la rentrée 2008 en animant l’émission Les Nouveaux Chemins de la connaissance.
Depuis octobre 2008, il présente l’émission Philosophie, diffusée le dimanche sur Arte.
D’après wikipédia
Bibliographie
Le philosophe de service et autres textes, Éditions Gallimard 2011
L’absurde, Éditions A. Fayard 2010
Barthes, Éditions A. Fayard, 2010
Orlan, Raphaël Enthoven, Raoul Vaneigem, Unions mixtes, mariages libres et noces barbares, Éditions Dilecta, Paris, 2010
L’Endroit du décor, Gallimard, coll. « L’infini », 2009
Un jeu d’enfant : La philosophie, Fayard 2007, Pocket, 2008
Pour se procurer l’ouvrage de Raphaël Enthoven Le philosophe de service et autres textes
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Les rencontres de Sophie
Publié par Hervé Moine le 22 mars 2011
Sophie ramène sa science et sa philo au lycée
Article de Véronique Escolano paru dans Sud Ouest, mardi 22 mars 2011
Succès de la philosophie grand public ce week-end au Lieu Unique. 4 000 personnes ont assisté aux Rencontres de Sophie. Elles se sont prolongées au lycée Jean-Perrin à Rezé où la philo est enseignée dès la 1re.
Reportage
Samedi, de la philo, dimanche, de la philo et lundi, encore de la philo mais au lycée Jean-Perrin à Rezé. C’est une tradition désormais depuis cinq ans, les Rencontres de Sophie se prolongent dans l’ombre avec des conférences rien que pour les lycéens de Jean-Perrin à Rezé. Gaëlle a tout particulièrement apprécié les mini-conférences de l’Abécédaire philo, création de Sophie, avec la reprise des lettres I, M et Q (1). « C’est court, synthétique, accessible. » « Et c’est bien de ne plus avoir les profs mais une autre approche », ajoute sa copine.
Pourquoi Sophie va-t-elle à Jean-Perrin ? Parce que le lycée a tout particulièrement la philo dans la peau. Avec Guérande et Cholet, il est un des trois établissements de l’académie qui enseigne la philo dès la classe de première dans les classes littéraires à raison de deux heures hebdomadaires. Normalement, l’apprentissage débute en terminale. Cette initiative démarrée il y a six ans est inscrite dans le projet d’établissement de Jean-Perrin. « Elle apporte confiance aux séries littéraires », observe Hervé Kerhoas, professeur de philosophie. Un propos confirmé par une élève, Shannah. « En terminale littéraire, la philo, c’est 8 h par semaine pour nous et un coefficient 7. L’initiation en première permet de bien rentrer dans la philo et de dédramatiser. Et c’est bon pour la culture générale. »
Bioéthique et futurs scientifiques
Cette particularité permet de maintenir un gros îlot de résistance littéraire dans un lycée à dominante scientifique. Laquelle dominante n’est pas contraire à la philo. Bien au contraire. Et les conférences sur la bioéthique données, hier, par le professeur Gérard Dabouis du service oncologie médicale du CHU de Nantes et de Sylvie Grunwald, juriste et membre de la consultation d’éthique clinique ont passionné les élèves de terminale STL (sciences et techniques de laboratoire), autre rareté pédagogique offerte par le lycée rezéen. « C’est drôlement intéressant quand la philo aborde des sujets qui nous concernent ou parlent concrètement du quotidien », reconnaît une petite bande de terminales STL qui avoue y voir plus clair dans la procréation médicale et les dons d’organes que dans la caverne de Platon.
Véronique Escolano
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Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir
Publié par Hervé Moine le 27 février 2011
Pascal Chabot
Les sept stades de la philosophie
PUF
Présentation de l’éditeur
Pourquoi la philosophie ? Que chercher dans cette discipline ? Quel impact peut-elle avoir sur l’existence de celles et ceux qui la pratiquent ? Ce livre enlevé et ciselé, original et éclairant, prend le parti d’affirmer que la philosophie a des fonctions précises qui traversent son histoire et nourrissent ses désirs. Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir : telles sont les sept opérations philosophiques majeures, les sept stades de ces étranges jeux où s’affrontent et se révèlent la vie et la théorie.

Pascal Chabot
L’auteur
Pascal Chabot est philosophe.
Né en 1973, il a étudié la philosophie à l’Université de La Sorbonne-Paris I et à l’Université Libre de Bruxelles. Il a consacré sa thèse de doctorat au philosophe Gilbert Simondon et a fait paraître La philosophie de Simondon (Vrin, 2003).
Chargé de recherches au Fonds National de la Recherche Scientifique (1997-2004), il est l’auteur de plusieurs livres et de nombreux articles sur la philosophie contemporaine, l’éthique, l’esthétique et la littérature. En 2006, il rejoint la compagnie de la chorégraphe Michèle Noiret comme conseiller artistique.
En 2008, il publie un essai dans la collection Travaux Pratiques des P.U.F, intitulé Après le progrès.
Pour se procurer Les sept stades de la philosophie
Au sommaire de l’ouvrage
Première partie : Ce que je cherche en philosophie
1. Le jeu de la vie et de la théorie. 2. Eloge funèbre d’une ancienne discipline. 3. Des complices. 4. Les désirs premiers.
Deuxième partie : Sept stades.
1. Elucider. 2. Libérer. 3. Se connaître. 4. Transmettre. 5. Prospecter. 6. Transformer. 7. Réjouir.
Troisième partie : On n’est jamais trop actuel en philosophie.
1. Deux façons de progresser 2. Au-delà des visions.
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Les deux autres ouvrages majeurs de Pascal Chabot
Pascal Chabot et Hottois
Les philosophes et la technique
Vrin
Présentation de l’éditeur
Les études réunies ont été présentées au Colloque International de Bruxelles organisé sous les auspices de la FISP (Fédération Internationale des Sociétés de Philosophie) en 2002 dont le thème a été conservé comme titre du recueil.
L’intention était d’illustrer la manière dont divers philosophes ont traité ou esquivé la question de la technique. L’ampleur du champ, historique et contemporain, interdisait toute exhaustivité. Le dessein était plus anthologique qu’encyclopédique. Les analyses critiques qui composent le volume manifestent l’intérêt de cette approche appliquée à Aristote, Lulle, Salutati, Kant, Kapp, Bergson, Ortega, Schmitt, Jonas, Brun, Arendt, Foucault Simondon, Heidegger, Haraway, Fukuyama.
Et il serait fécond de l’étendre tant il est vrai qu’en notre époque très technologique, poser, aux philosophes qui nous sont les plus familiers, la question du sort qu’ils ont réservé à la technique s’avère riche en enseignements sur eux et pour nous.
Pour se procurer l’ouvrage Les philosophes et la technique
Pascal Chabot
Après le progrès
PUF
Présentation de l’éditeur
La tyrannie du Progrès, machine à engendrer des croyants puis des désespérés, a été maintes fois dénoncée comme une utopie néfaste (voire catastrophique), et c’est tant mieux. Mais dénoncer le Progrès ne doit pas nous entraîner vers une bien-pensance hypocrite qui nous verrait condamner a priori des progrès enregistrés dans tous les domaines techniques, quand l’homme des temps contemporains en jouit chaque jour. A partir d’une approche philosophique serrée (Francis Bacon, Henri Bergson, Gilbert Simondon…), l’auteur montre que le progrès est proprement vide de sens et qu’il ne tient qu’à l’humanité de le charger de valeur, c’est-à-dire à chaque individu de s’en constituer une conscience propre : tel est l’exigence avancée ici par l’auteur, qui l’illustre par la perception singulière qu’en ont restitué certains auteurs de fiction (Defoe, Baudelaire, Rimbaud, Reverdy…).
Pour se procurer l’ouvrage Après le progrès
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Face au chaos, que peut la philosophie ?
Publié par Hervé Moine le 27 février 2011
« La philosophie ne doit point mourir car sa mort entraînera inévitablement la mort de l’Homme… » telle est la dernière phrase de l’article intitulé “La philosophie aujourd’hui”, d’Atmane Bissani, professeur à la faculté des Etudes Françaises Faculté Polydisciplinaire Errachidia, paru dans le journal marocain Libération le 24 février dernier.
Le chercheur universitaire qui a dernièrement publié “L’altérité à travers La Nausée et Huis clos de Jean-Paul Sartre“, pose ici la question de savoir si la philosophie peut encore jouer un rôle aujourd’hui dans un monde qui est proche du chaos. Par un retour à la fonction de la philosophie et notamment l’étude de son rapport à la citoyenneté, il montre qu’elle développe des comportements civiques. Les déroutes que connait le monde aujourd’hui seraient consécutifs justement au recul de la pratique de la philosophie dans la cité. Et plus particulièrement dans le cas du monde arabe, la philosophie est devenue une urgence, aujourd’hui plus que jamais, car elle purifie les esprits et cultive le raisonnement cosmopolite.
Hervé Moine, ActuPhilo
La philosophie aujourd’hui
Article d’Atmane Bissani paru le 24 février 2011 paru dans Libération-Maroc
http://www.libe.ma/Fenetre-La-philosophie-aujourd-hui_a17284.html?print=1
Face au chaos qui commence à régner dans le monde actuel, face à la montée en spirale de la violence de part et d’autre, face aux défis de la mondialisation et face à la logique de la technique qui a participé, d’une part, au/du soulèvement des peuples arabes (Internet) et qui, d’autre part, participe au massacre du peule libyen en ce moment que peut la philosophie ? Quelle leçon peut-elle avancer aux citoyens du monde ?
Fille de la cité, la philosophie avait pour leçon primordiale la civilisation des gens. Elle avait une fonction pédagogique visant la création d’une culture fondée essentiellement sur l’éthique de la discussion. A cet effet, la philosophie apprenait aux Athéniens que la seule et unique manifestation de la civilité de l’individu était sa capacité de débattre de différents sujets dans un climat de controverses garantissant aux orateurs le droit à la différence et à la distinction. Les Athéniens avaient, dès lors, le sentiment d’une citoyenneté sans laquelle leur existence aurait été superfétatoire. Comportement raffiné et civilisé, la citoyenneté était ce miroir au fond duquel se reflétait la maturité de la pensée athénienne et, de là, sa mise en pratique dans les différents contextes de la vie. Aussi le sens de citoyenneté se concrétisait-il chez les Athéniens grâce aux apports de la pensée libre et responsable que déployait la leçon philosophique. De là, à Athènes, la philosophie était pour la citoyenneté ce que l’âme est toujours pour le corps.
S’il en est ainsi, la réflexion sur la leçon de la philosophie, fondement de toute pratique citoyenne, est tellement vaste que nous allons nous contenter de rappeler ici ce qui urge pour notre situation actuelle dans le monde en tant qu’entités radicalement différentes.
Pratiquement, la philosophie, telle qu’elle se conçoit aujourd’hui, est l’art de déconstruire le quotidien, c’est dire le saisir dans son dessaisissement, dans ses lignes de fuites, dans ses métaphysiques, dans ses détails et dans ses contradictions afin de le re-penser et, ipso facto, participer à sa refonte. Un tel re-penser et une telle refonte du quotidien doivent se faire fondamentalement dans un cadre instauré sur le principe de l’espace public qui permet à tout un chacun de contribuer au devenir non seulement de son être, mais aussi de sa cité et de sa communauté à partir de la vision du monde qu’il adopte. Etre citoyen, donc, revient à dire appartenir à une communauté assurant au sujet le droit au dire et au faire loin de toute idéologie de ressentiment ou d’exclusion, c’est pouvoir mettre en exercice son droit d’être tout en reconnaissant le droit d’être des autres. Ce comportement civique doit pratiquement s’apprendre aux citoyens depuis les débuts de leur scolarisation, moment où ils commencent à apprendre leurs différences et leurs particularités. La philosophie, suivant cette logique, apprend aux petites comme aux grandes gens que la citoyenneté est avant tout la dichotomie droit/devoir, certes. Mais, la citoyenneté est aussi la promotion de la culture de pluralité, de diversité et de mansuétude.
La philosophie développe chez les individus un comportement civique qui libère leurs potentialités imaginatives et leur permet de les exposer sans crainte d’autrui. Elle a le mérite de cultiver chez eux la culture de l’Agora et par conséquent la culture de la citoyenneté qui pose que toutes les opinions sont discutables car elles sont humaines et donc leurs vérités, la logique le stipule, sont relatives. La culture de l’Agora, comme comportement policé, tend à rendre universel le sens noble que recèle l’affinité philosophie/citoyenneté. Il s’agit là de réhabiliter les déroutes et les aberrations introduites dans les sociétés humaines suite au malheureux recul qu’a connu la pratique de la philosophie dans la cité actuelle.
Cet état des lieux traduit une exclusive vérité : la récupération de l’essence de la citoyenneté est inhérente à la re-naissance de la leçon de la philosophie. Dans le cas du monde arabe, il faut dire que la philosophie est devenue une urgence aujourd’hui plus que jamais car elle purifie les esprits et cultive le raisonnement cosmopolite. Aucune autre discipline n’est habilitée à remplacer la philosophie. Par contre toutes les autres disciplines ont besoin de la trace de la philosophie pour mieux rayonner. En peu de mots disons ceci : politique, économie, littérature, histoire, etc. en tant que disciplines ne sont possibles que si elles sont fondées sir la logique de la philosophie. La philosophie ne doit point mourir car sa mort entraînera inévitablement la mort de l’Homme…
Jeudi 24 Février 2011 Atmane Bissani Source : http://www.libe.ma

L’altérité à travers
La Nausée et Huis clos de
Jean-Paul Sartre
étude analytique
Editions Universitaires Europeennes (décembre 2010)
Pour se procurer L’Altérité à travers la Nausée et Huis Clos de Jean-Paul Sartre
Le nouvel ouvrage d’Atmane Bissani : L’Altérité selon l’œuvre sartrienne
“L’altérité à travers La Nausée et Huis clos de Jean-Paul Sartre”, est l’intitulé du dernier ouvrage d’Atmane Bissani, enseignant de la littérature française à la faculté polydisciplinaire d’Errachidia, paru fin 2010, en langue française, aux éditions Universitaires Européennes.
L’ouvrage, décliné en 360 pages en format moyen, se propose de revenir sur la philosophie sartrienne, son existentialisme, et ce à partir de l’étude du roman “La Nausée” et de la pièce de théâtre “Huis Clos” du philosophe et écrivain français.
Thème philosophique majeur dans ces deux œuvres, l’Altérité est abordée dans toutes ses facettes. Sartre, étant un adepte de la phénoménologie, y examine l’existence humaine dans ce qu’elle a de plus compliqué et de plus abscons, en l’occurrence son incompréhensibilité et sa complexité. Il s’agit ainsi de repérer les ingrédients de la théorie de l’altérité tels qu’ils étaient étalés, expliqués et analysés par le père de l’existentialisme Jean-Paul Sartre, mais aussi tels qu’ils sont dégagés par l’auteur, à travers une lecture profonde d’une réflexion philosophique singulière.
Jean-Paul Sartre qui se positionne, tour à tour, comme philosophe et écrivain, réunissant ainsi le raisonnement de Spinoza et l’imagination littéraire de Stendhal, est incontestablement l’un des seuils épistémologiques incontournables dans la compréhension des grands tournants ayant traversé et fait l’Histoire du XXe siècle.
Son œuvre, diffuse et confuse, est fondée principalement sur la question de l’être en tant que conscience responsable de sa quiddité et de son devenir. En effet, Sartre interroge la condition d’”être” à partir de la mise en scène de la conscientisation comme moteur de fonctionnement.
“L’on parle de plus en plus de dialogue de cultures et de civilisations, et je pense personnellement que cette thématique relève d’abord d’une réflexion philosophique avant tout, d’où l’impérieuse nécessité de revenir aux sources de cette thématique devant régir les relations entre membres de l’espèce humaine”, estime l’auteur de “L’altérité à travers La Nausée et Huis clos de Jean-Paul Sartre”. Atman Bissani n’est pas à son premier jet en la matière, il avait déjà publié en 2009 un ouvrage intitulé “De la Rencontre, essai sur le possible”, où il décline, sur une centaine de pages, plusieurs notions liées à l’altérité telles le dialogue, l’entretien, l’échange et l’acculturation, et engageant nécessairement une volonté de s’ouvrir sur l’Autre, “comme il est et non comme on souhaite le voir”.
MAP Samedi 1 Janvier 2011
Source : http://www.libe.ma
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Stéphane Vial : Design, Kierkegaard et réduplication
Publié par Hervé Moine le 15 février 2011


Stéphane Vial
Court traité du design
PUF
Préface par Patrick Jouin
Le design, c’est quoi ? Cette activité reste difficile à définir comme si on ne voyait que son reflet troublé par les jeux de ses acteurs ou par les antagonismes de ses buts. Doit-on s’en tenir à la simple forme-fonction, si pratique mais pas si évidente à atteindre ? Ou réinventer ce qui existe déjà ? Faire de beaux objets bien stylés ? Donner envie d’acheter des produits écologiquement responsables ? Faut-il croire encore un peu au progrès ?
L’auteur nous dit que le designer serait comme un schizophrène. Il a raison. C’est aussi un équilibriste tentant d’impossibles figures où doivent s’unir des contraintes, d’un côté le marché, de l’autre l’être humain, le plastique et la nature, la fabrique et la légèreté, les pauvres et les riches. C’est infini. Voila où réside l’intérêt de ce métier, qui tente concrètement d’apporter des solutions au réel dans ce flux d’ambiguïtés. Quel designer suis-je ? Quel designer voulez-vous être ?
Le design contemporain a enfin sa philosophie par Laurent de Sutter
Le design est l’art d’enchanter l’existence quotidienne par les formes. Mais cet enchantement n’a rien de magique, ni même d’artistique : il est l’effet concret d’un certain nombre d’opérations techniques spécifiques au projet poursuivi par chaque designer. Car le designer est un projeteur. Et parce qu’il est un projeteur, l’effet qu’il cherche à produire ne se limite pas à concevoir des objets. Il implique aussi une vision complète du monde, incluant jusqu’au rêve de son futur. De ce rêve, chaque création d’un designer est la réalisation anticipée. Il ne reste plus au monde qu’à suivre. Ou pas ?
Lorsqu’il lui a soumis le manuscrit de son Court traité du design, Stéphane Vial s’est entendu répondre par le grand designer Patrick Jouin (qui en signe la belle préface) :
“C’est le livre que, étudiant, j’aurais voulu lire !”
Difficile de souligner avec plus de force combien l’ouvrage de Stéphane Vial vient combler un vide inimaginable : le design contemporain, phénomène capital de notre temps, n’avait encore fait l’objet d’aucun livre tentant d’en penser la spécificité ! Des histoires, oui des manifestes, oui mais pas encore de philosophie — pas encore de pensée. Avec ce Court traité du design, c’est désormais chose faite. Le design contemporain, dans toute sa complexité et dans toute son ambiguïté, s’y trouve pensé à la hauteur de son importance pour notre époque. Qu’il s’agisse de ses relations avec le capitalisme, la technique, le numérique ou la création tout court, Stéphane Vial en décrypte tous les enjeux avec une élégance et une originalité qui laissent pantois.
Culminant dans une magnifique théorie de « l’effet de design », ainsi que dans une théorie de la création prenant acte de ce que le design a transformé dans notre manière de comprendre l’art, son Court traité du design, seul du genre en langue française, est le livre à partir duquel tous les débats sur la question devront, dans les années à venir, prendre position.
Pour se procurer l’ouvrage de Stéphane Vial Court traité du design
Table des matières
Préface de Patrick Jouin
I. – Le paradoxe du design : Où l’on montre que le design pense, mais ne se pense pas
II. – Le désordre du discours ; Où l’on déconstruit et reconstruit le mot « design »
III. – Design, crime et marketing ; Où l’on raconte l’alliance très horrifique du design et du capital
IV. – Par-delà le capital ; Où l’on énonce la loi morale du designer
V. – L’effet de design ; Où l’on réduit la quiddité du design à trois critères
VI. – Faire du projet ; Où l’on montre que le designer n’est pas un artiste
VII. – L’idée de design numérique ; Où l’on examine les conséquences de la révolution interactive
VIII. – Inventer le futur : quelle innovation ? ; Où l’on s’interroge sur le rôle du design aujourd’hui
Postface de l’auteur. – Le système du design ; Où l’auteur ordonne ses principes dans le style géométrique
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Stéphane Vial
Kierkegaard, écrire ou mourir
PUF
De 1838, année où paraît son premier livre, à 1855, année de sa mort, Kierkegaard écrit et publie pas moins de trente-quatre ouvrages, dont dix-sept d’entre eux en l’espace de trois ans ! Sans compter cette masse énorme de notes personnelles qu’il écrit parallèlement à son œuvre publique dès 1834, et qui remplissent les treize volumes des Papiers dont on a tiré son Journal. Pourquoi Kierkegaard a-t-il donc autant écrit ? Pourquoi l’écriture occupe-t-elle dans sa vie tant de place, au détriment d’une vie amoureuse et maritale qui lui tend les bras ? Quel est le sens de “l’hypergraphie” kierkegaardienne ? Telles sont les questions qui jalonnent cette méditation très personnelle, au carrefour de la biographie philosophique et de la psychanalyse, qui transporte le lecteur au cœur du drame privé de celui qu’on a parfois appelé ” le solitaire de Copenhague “.
Pour se procurer L’ouvrage de Stéphane Vial, Kierkegaard, écrire ou mourir
La réduplication
Une nouvelle approche de la philosophie
Consulter le blog de Stéphane Vial : http://www.reduplikation.net/fr/home
La réduplication est une méthode philosophique que je tente de définir depuis 2005 et dont j’ai tiré le nom d’un concept issu de la pensée de Søren Kierkegaard : « Rédupliquer, c’est être ce qu’on dit », écrit-il dans son Journal. Cette méthode consiste, pour la philosophie, à se détourner du seul « plaisir de pensée » pour se mettre au service de la société et agir sur l’existence concrète, en renonçant à la déréalisation métaphysique et l’abstraction gratuite. C’est pourquoi je l’appelle aussi parfois plus simplement philosophie appliquée afin de souligner son intention fondamentalement « alloplastique ». En voici le texte fondateur, rédigé en 2007.
Que veut dire « réduplication » ?
Du latin reduplicatio, « redoublement, réduplication », lui-même issu du verbe duplicare, « doubler, répéter, renouveler » , le terme réduplication signifie « répétition, recommencement, redoublement ». Par exemple, on dit d’un deuxième coup d’État qu’il est la réduplication du premier. À l’origine, il s’agit en fait d’un terme de rhétorique qui désigne soit le redoublement d’un mot ou d’un élément (par ex., en latin, les termes jamjam, « à l’instant, maintenant », ou quidquid, « n’importe quelle chose, n’importe quoi ») soit une figure de style consistant à répéter consécutivement un mot dans une même phrase ou portion de phrase (par ex., en français, les expressions « ce n’est pas joli joli » ou « il est un peu fou fou »). Dans un registre plus littéraire, on trouve aussi chez Verlaine (1) :
Ô triste, triste était mon âme
À cause, à cause d’une femme
En biologie, le terme réduplication désigne l’autoreproduction des organites cellulaires, en tant que celle-ci est une caractéristique fondamentale de la vie.
On parle aussi de réplication de l’ADN pour désigner le processus par lequel une molécule d’ADN se reproduit en deux molécules d’ADN identiques. De même, en informatique, la réplication est le « mécanisme de copie automatique d’une base de données vers une autre, permettant de rapprocher des données de l’utilisateur, dans un système distribué ».
Par là, on voit bien que la notion de réduplication, quel que soit son domaine d’application, désigne l’acte de dupliquer en redoublant, c’est-à-dire l’acte répétitif de produire une réplique, une copie, un double.
La réduplication kierkegaardienne
Dans la pensée de Søren Kierkegaard, ce terme a acquis un sens très particulier, dont la portée n’a pas encore été pleinement mesurée. La réduplication, pour Kierkegaard, c’est l’acte de reproduire sa pensée dans l’existence concrète. « Rédupliquer, c’est être ce qu’on dit », écrit-il magnifiquement dans son Journal (2). Autrement dit, la réduplication, c’est ce que j’appellerais l’adaequatio vitae et intellectus (3), c’est-à-dire le redoublement de la pensée dans la vie. Pour bien en saisir la portée, il faut dire un mot de la théorie kierkegaardienne de la vérité. Pour Kierkegaard, « La vérité ne consiste pas à la savoir, mais à l’être » (4). En effet :
L’être de la vérité n’est pas le redoublement direct de l’être rapporté à la pensée […]. Non, l’être de la vérité est son redoublement en toi, en moi, en lui de sorte que ta vie, la mienne, la sienne, dans l’effort où elle s’en approche est l’être de la vérité, comme la vérité fut en Christ une vie, car il fut la vérité. (5)
Au-delà de la référence religieuse à la personne du Christ, que l’on peut ici mettre de côté si on le souhaite, il faut relever la dimension intrinsèquement existentielle de toute vérité selon Kierkegaard, ce qui n’est pas sans faire écho à l’héritage socratique. Ainsi, il n’y a de vérité que de ce qui peut être redoublé dans la vie pratique ou l’existence concrète et, en se redoublant, se dire effectivement comme vérité. Il n’y a de vérité que rédupliquée. La vérité ne peut se dire que de manière indirecte et pratique, par les actes et le comportement (6), plutôt que de cette manière directe et théorique qui est celle de la pensée et du discours.
En ce sens, la réduplication appartient à ce que Kierkegaard appelle la « communication indirecte », qui s’oppose à la simple « communication de savoir », laquelle consiste seulement à dire les choses sans mettre à exécution ce qu’on dit. La communication indirecte, en effet, c’est l’art de communiquer ses idées par des actes et non par des discours (7). Sur ce point, Kierkegaard est une fois de plus on ne peut plus socratique. On se souvient en effet avec quelle magnanimité, après avoir été condamné à mort, Socrate refuse la proposition de Criton de s’évader de la prison où il attend sa mise à mort (8) : par son comportement — le choix de subir la peine de mort par respect pour les Lois de la cité —, il communique bien mieux ce qu’est la justice que ne le ferait un traité théorique sur le même sujet. Autrement dit, en termes kierkegaardiens, il réduplique. Force est de constater d’ailleurs avec Nietzsche que le souci de rédupliquer n’est plus tellement celui des philosophes d’aujourd’hu :
[ Aujourd’hui ] on pense, on écrit, on imprime, on parle, on enseigne philosophiquement ; dans cette mesure, tout est à peu près toléré : c’est seulement dans les actes, dans la vie, comme on dit, qu’il en va autrement. […] Sont-ce là des hommes, se demande-t-on alors, ou seulement des machines à penser, à écrire et à parler ? […] Personne n’ose appliquer à soi-même la loi de la philosophie, personne ne vit en philosophe, avec cette probité simple et virile qui obligeait un Ancien, une fois qu’il avait juré fidélité à la Stoa, à se conduire toujours et partout en stoïcien. (9)
La réduplication philosophique
Si la pensée ne devient vraie qu’en se rédupliquant dans la vie, ce que je crois très juste et très profond, alors il est possible de concevoir, en allant plus loin que l’inspiration kierkegaardienne, le projet général d’une « philosophie réduplicative ». Par là, j’entends une philosophie qui se reproduit dans la vie, la société, le réel. Une philosophie qui aboutit à l’action, la réalisation, la rencontre. Une philosophie qui augmente les possibilités d’expérience vécue, d’existence agie, d’échanges interactifs. Une philosophie qui augmente la vie.
Cela implique un renoncement au jargon schizophrénique de l’ontologie et aux objets déréalisants de la métaphysique. En ce sens, la philosophie réduplicative est une « philosophie positive » car elle se propose d’étudier dans sa pleine positivité tout objet psychologique, social ou culturel constitutif du réel humain. Par positivité, il faut entendre ici « consistance de réalité » par opposition à la déréalité métaphysique. La philosophie réduplicative est donc une « philosophie de l’homme », comme l’on parle de « sciences de l’homme » ou une « philosophie culturelle », comme jadis l’on parlait inversement de « philosophie naturelle ». C’est une philosophie de la culture, et non de la nature.
Une telle philosophie ne peut se porter que sur des objets exogènes, c’est-à-dire qui lui sont extérieurs et étrangers. Ainsi le premier axiome de la philosophie réduplicative tient tout entier dans cette déclaration de Georges Canguilhem : « La philosophie est une réflexion pour qui toute matière étrangère est bonne, et nous dirions volontiers pour qui toute bonne matière doit être étrangère » (10). En effet, la philosophie académique n’a guère de contenu propre et « positif ». Celui qu’on lui attribue généralement en Sorbonne n’est soit qu’un exercice scolastique et stérile — l’histoire de la philosophie et sa dérive commentariste qui fait que les « philosophes » de notre temps ont tendance à n’être plus que des auteurs de fiches de lecture savantes — soit une forme de pensée fantomatique et déréalisante inaccessible aux mortels — la métaphysique et sa vacuité psychique, qui n’est la plupart du temps que le résultat indigeste d’une intellectualisation et d’une rationalisation de fantasmes et d’idéaux inconscients.
À l’opposé de cela, la philosophie réduplicative déclare que le seul objet légitime de la philosophie est le réel humain dans sa pleine positivité et que sa tâche consiste à révéler les logiques invisibles qui oeuvrent en lui.
Investir le champ exceptionnel que l’Internet ouvre aux possibilités de l’intelligence collective est l’une des manières par laquelle la philosophie elle-même parvient à se « rédupliquer », pour une culture à la fois actuelle et virtuelle, locale et mondiale, individuelle et collective.
Stéphane Vial, http://www.reduplikation.net/fr/reduplication
Notes
1. P. Verlaine, Romances sans paroles, Gallimard, 1973, coll. Poésie, « Ariettes oubliées », VII, p. 132.
2. S. Kierkegaard, Journal, Paris, Gallimard, 1941-1961, vol. II, p. 292.
3. Traduisez : « l’adéquation de l’intellect et de la vie ». Pastiche de la célèbre phrase de Thomas d’Aquin définissant la vérité comme adaequatio rei et intellectus (« adéquation de l’intellect et de la chose »).
4. S. Kierkegaard, L’École du christianisme, in Oeuvres Complètes, éd. de l’Orante, 1982, vol. 17, p. 180-182.
5. Ibid.
6. Sur ce point, Kierkegaard n’est pas tellement éloigné de la conception pragmatiste de la vérité selon William James. D’après James, en effet, « La vérité d’une idée n’est pas une propriété qui se trouverait lui être inhérente et qui resterait inactive ». Au contraire, « la vérité est un événement qui se produit pour une idée. Celle-ci devient vraie ; elle est rendue vraie par certains faits ». Autrement dit, l’idée vraie, c’est l’idée véri-fiée, c’est-à-dire, étymologiquement, l’idée qui est faite vraie. Et James de conclure : « La vérité est une chose qui se fait ».
7. S. Kierkegaard, La dialectique de la communication, Paris, Payot et Rivages, 2004, p. 54 et 73-76. La « dialectique de la communication » consiste alors dans le mariage de la communication directe et de la communication indirecte, ibid., p. 64 et 76.
8. Lire à ce sujet le Criton de Platon, in Apologie de Socrate – Criton, Paris, GF-Flammarion, 1997, p. 201-228.
9. F. Nietzsche, Considérations inactuelles, Seconde considération, Paris, Gallimard, coll. folio-essais, 1990, p. 124.
10. G. Canguilhem, Le normal et le pathologique (1966), Paris, PUF, Quadrige, 1996, p. 7.
Stéphane Vial est né en Isère à Bourgoin Jailleu en 1975. Philosophe, enseignant et designer interactif, il est directeur de création et architecte Drupal au sein de LEKTUM. Il enseigne la philosophie appliquée au design à l’École Boulle (en DSAA design d’espace et design de produits) et le multimédia interactif à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, au sein de l’UFR Arts plastiques et sciences de l’art (en Licence 3 et Master 1 “Métiers des Arts et de la Culture”). Ses thèmes de recherche sont les suivants : la philosophie du numérique et de la technologie, la philosophie du design et du design interactif et la psychologie de la créativité et l’intellectualité

«Nos états d’âme n’ont rien à voir avec la philosophie»Article de Pascal Senk, paru le 15 février 2011 dans le Figaro
Ci-contre Stéphane Vial: «La philosophie nous donne le courage d’affronter la complexité des choses.»INTERVIEW – Stéphane Vial, professeur de philosophie à l’école Boulle et ancien psychologue clinicien à l’hôpital Tenon, a publié Kierkegaard, écrire ou mourir et Court traité du design aux PUF.
LE FIGARO. – Dans votre parcours personnel, vous avez fait des allers-retours entre philosophie et psychologie. Pourquoi ?
Stéphane VIAL. – Comme beaucoup, à l’adolescence, je suis entré en philosophie comme on entre en religion. La sagesse des stoïciens, le réalisme existentiel de Sartre, tout cela m’aidait à l’époque à comprendre ce que je croyais être et croyais devoir être dans un monde que je ne comprenais pas. J’en ai donc fait un métier, en devenant prof de philo. Mais quand, des années après, j’ai vécu des événements vraiment difficiles, la philosophie ne m’a été d’aucun secours.
J’en ai été profondément déçu. Nos états d’âme n’ont rien à voir avec la philosophie. Ils ont à voir avec nous-mêmes, notre enfance, notre histoire, nos souffrances et nos échecs personnels. Seule une psychanalyse, longue et attentive, peut conduire à modifier ces états d’âme, chez ceux qui y sont prêts ou préparés. Fatigué et rebuté par la pure spéculation intellectuelle des philosophes, je me suis donc tourné vers la psychologie et notamment la psychanalyse.
Pourtant, la psychanalyse aussi peut être abstraite et jargonnante…
C’est vrai, parce que pour faire entendre des idées nouvelles il faut parfois jargonner! Mais les concepts psychanalytiques sont toujours étayables, observables sur des cas concrets alors que les constructions théoriques de certains philosophes, qui s’apparentent parfois à des délires, naissent seulement dans la vie mentale et obscure de leurs auteurs.
Si ceux-ci nous fascinent ou nous délectent, c’est en partie grâce à ce que la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor, elle-même de formation philosophique, appelle «le plaisir de pensée», c’est-à-dire «la capacité dont font preuve certains sujets pour retirer du plaisir de leur fonction d’intellection et de leur activité discursive».
Autrement dit, c’est le plaisir pur que l’on prend à l’abstraction pure. Ceux qui n’y ont pas accès appellent cela «masturbation intellectuelle» ou «prise de tête». Il faut dire qu’un tel plaisir est difficile à obtenir. Pour pouvoir se donner, le plaisir de pensée requiert du travail, de la méthode, de la rigueur. Et le simple fait de réussir à l’atteindre devient, par fierté, un plaisir qui s’ajoute au plaisir.
Reconnaissez-vous encore à la philosophie quelques effets bénéfiques ?
Bien sûr! Elle nous donne le courage d’affronter la complexité des choses et de «nuire à la bêtise», comme disait Nietzsche. Parfois même, elle peut être le «quelque chose qui sauve»: mais, dans ce cas, ce n’est pas selon moi en raison de ce qu’elle est ou de ce qu’elle a à offrir en tant que philosophie. C’est seulement en proportion de ce que l’on vient chercher en elle. Elle peut donc nous aider à aller mieux si l’on s’accroche à elle comme quelque chose à quoi on s’accroche pour survivre. Mais, dans ce cas, elle ne fait rien de plus pour nous aider à aller mieux que ce que peut faire le sport, l’art ou le travail.
Et aujourd’hui vous êtes revenu vers elle…
Oui, mais je ne crois désormais qu’à la philosophie appliquée à des objets concrets ou à des secteurs tangibles de la vie sociale: philosophie du soin dans les hôpitaux ou philosophie appliquée au design, telle que je l’enseigne aujourd’hui.
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A la recherche de recettes pour l’épreuve de philosophie du baccalauréat
Publié par Hervé Moine le 12 février 2011
Vous préparez l’épreuve de philosophie du baccalauréat ? Commencer par vous interroger sur les sujets suivants : Doit-on croire au miracle ? Peut-on se passer de tout effort ?
Christian Godin
Le Bac Philosophie pour les Nuls
=> Tout le programme des séries générales et technologiques,
=> Des conseils de méthode pour apprendre et réviser,
=> Des fiches de synthèse et des exercices d’entraînement,
=> Sont inclus les sujets de philosophie des épreuves du baccalauréat des sessions 2009 et 2010.
L’épreuve de philosophie est sans nul doute la plus redoutée de l’examen du baccalauréat des élèves de terminale. C’est en effet une épreuve exigeante qui requiert un long et patient travail de préparation. Autrement dit, en aucun cas, on ne peut prétendre à l’improvisation en comptant sur son petit génie singulier ou sur la chance ou même encore sur l’inspiration. Sur ce dernier point, s’il serait possible de dire que l’inspiration compte, cela n’est que dans juste proportion de 1% si et seulement si, préalablement on peut conter sur 99% de transpiration dû à l’exercice cérébrale. C’est dire également, qu’il n’y a pas d’astuce, ni de recette. Face à l’épreuve de philosophie, on ne peut feindre ou dissimuler, ce qui d’ailleurs constitue la principale raison de la crainte on son égard.
Maintenant, si on se trouve en quête d’un ouvrage dans le but de se sécuriser peut-être que le bac philo 2011 pour les nuls pourra faire l’affaire. Il reprend toutes les notions du programme, les auteurs indispensables, les courants de pensée. On y trouvera des conseils, des fiches de méthode de la dissertation philosophique et de l’étude philosophique de textes philosophiques, des exercices, tout cela concocté par Christian Godin, un professeur de terrain qui sait ce qui est exigé à l’examen et donc ce que veulent exactement les examinateurs. Cet ouvrage devrait en principe répondre aux attentes des candidats.
Pour terminer, nous dirons que la possession d’un tel ouvrage ne suffit pas si l’on ne met pas du cœur à l’ouvrage, l’accroche de cet ouvrage “avec les nuls tout devient facile” est, à cet égard, plutôt trompeur. Qu’il ne dispense pas de travailler le cours de votre professeur, de lire les œuvres et de s’entraîner à la dissertation et à l’étude de texte. La “patience du concept” doit être le maître mot !
L’auteur
Christian Godin (né en 1949), professeur agrégé de philosophie est actuellement maître de conférences de philosophie à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Il notamment connu pour ses multiples ouvrages pédagogiques.
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Adelino Braz
L’épreuve de philosophie au baccalauréat
Méthodologie
Cours
Exemples corrigés
Mise en Examen aux Editions Ellipses
Présentation de l’éditeur
La préparation à l’épreuve de philosophie au baccalauréat se confronte à trois difficultés majeures : d’abord, il s’agit d’une matière qui est uniquement enseignée pendant l’année de terminale, ce qui implique de la part de l’élève un redoublement d’efforts pour comprendre et répondre aux exigences de la réflexion philosophique. Ensuite, le programme est à la fois dense et varié, ce qui représente aussi bien pour l’élève que pour l’enseignant un défi dans le domaine de l’acquisition des connaissances. Enfin, la méthodologie relative à la dissertation et à l’explication de textes comporte des difficultés spécifiques qu’il convient d’appréhender rapidement afin de pouvoir être efficace. C’est précisément pour lever ces difficultés que cet ouvrage aborde chacun de ces points, de façon détaillée et rigoureuse. Il s’agit d’offrir un outil de travail complet qui puisse préparer le candidat au baccalauréat dans les meilleures conditions. A cet effet, notre réflexion analyse aussi bien les difficultés de méthode sur chacune des épreuves que les articulations qui permettent d’élaborer une pensée, claire, rigoureuse et concise. C’est pourquoi ce travail est complété par les cours de philosophie portant sur les notions au programme, pour disposer d’un contenu indispensable pendant toute l’année de préparation.
L’auteur
Adelino Braz est Docteur en philosophie de l’université de Paris I Panthéon Sorbonne et professeur titulaire de philosophie. Il est l’auteur de L’universel et le singulier dans la saudade, une philosophie de l’interculturel (Paris, Lusophone, 2005), Droit et éthique chez Kant (Paris, Publications de la Sorbonne, 2006) et Dissertation de culture générale aux concours commerciaux (Paris, Ellipses, 2006). Actuellement, il est détaché au ministère des Affaires étrangères et occupe le poste d’attaché de coopération pour le français à l’Ambassade de France en Espagne.
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45 sujets qui couvrent tout le programme.
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Une préparation à l’oral.
Des conseils de méthode et des propositions de parcours dans l’ouvrage, adaptés à chacun.
Avant de se jeter immédiatement sur le corrigé proposé, il est vivement conseillé de travailler le sujet : analyse du sujet de telle manière à faire apparaître le problème qu’il soulève, construire une réflexion qui fait dialoguer différentes thèses possibles. Autrement dit, les sujets de baccalauréat proposés sont des occasions de s’exercer, de s’entraîner, d’éprouver la démarche. Le corrigé n’est qu’une proposition, un exemple. La proposition de corrigé peut ensuite faire l’objet de tout un travail, comprendre et prolonger la réflexion par des lectures.
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Sophie ramène sa science et sa philo au lycée











