
La Goulue et Valentin lithographie de Toulouse Lautrec
Outre le texte d’Alain extrait des Arts et des Dieux, qui fait l’objet d’une étude déjà commencée, ayant pour thème l’amour, voici pour poursuivre notre travail d’apprentissage à la dissertation philosophique, un autre sujet sur ce thème tant célébré le 14 février. Libre à vous de faire votre déclaration d’amour à l’être aimé. En ce qui nous concerne, tentons de travailler ce sujet. Ce serait bien d’arriver au moins à une ébauche de dissertation philosophique.
Réflexe face à un sujet ? Son analyse. Dans quel but ? Pour lui donner du sens !
Partons de cette idée qu’un sujet de dissertation n’a pas de sens et qu’il convient de lui en donner un. Cela passe par une analyse du sujet lui-même afin d’être en mesure de formuler une question qui pose un problème philosophique. Ce problème, il s’agira ensuite de le creuser et de construire la problématique, interrogation qui jalonnera la réflexion, le dialogue entre différentes thèses. Ceci vaut pour tous les sujets de dissertation. Et c’est cette méthode qu’il convient d’acquérir par l’expérience et l’entrainement. Gageons que cette classe virtuelle de philosophie puisse autant qu’il est possible vous donner l’occasion de vous exercer à cet art difficile, mais ô combien enrichissant, de la dissertation philosophique.
L’amour peut-il être un devoir?
Je vous propose quelques pistes afin d’effectuer le travail préparatoire à l’étude de texte.
A. Tout d’abord un première remarque :
Le sujet met en rapport deux notions : amour et devoir. Sans doute voit-on dès le départ que ces deux notions ne sont pas du même registre et du coup ne semble pas faire bon ménage ensemble. On ne manquera pas d’être surpris par la formulation même du sujet. Faire son devoir c’est suivre une règle imposée, or il semble que l’amour n’est pas chose qui se décrète qui peut être imposer. Pourtant, nul ne méconnaît cette injonction « aime ton prochain! » Cette double remarque peut dors et déjà nous mettre sur la voie du problème que soulève le sujet.
B. Qu’est-ce que l’amour ? Qu’est-ce que le devoir? Il ne faudra pas omettre le « peut-il être »
1. Tout d’abord à quoi la notion d’amour peut-elle bien renvoyer? L’équivocité du terme peut renvoyer à des réalités différentes : amour maternel, amour filial, désir charnel, la charité au sens chrétien, l’amour du prochain, l’amour de la patrie, l’amour de la sagesse…
On peut remarquer le sujet évoque dans sa formulation, par l’article défini, l’amour dans un sens général. La question est alors de savoir à quoi peut bien renvoyer ces réalités différentes de manière générale?
Il est important à la fois de conceptualiser la notion d’amour afin d’en saisir un sens général permettant de penser les diverses réalités. Cependant il ne conviendra pas pour autant de les oublier dans le traitement même du sujet.
2. Un devoir est ce qui doit être. Un devoir est dans sa particularité même ce qui correspond au devoir comme forme ou idée. Qu’est-ce que le devoir? Le devoir est à distinguer du simple conseil. Il y a dans cette notion quelque chose de catégorique, d’impératif. Sur quoi se fonde sur le devoir? Le sentiment?
Une fois que la notion de devoir sera bien circonscrite, il s’agira de penser un devoir.
3. peut-il a deux sens. Lesquels ?
C. Une fois que ce travail de définition sera effectué, il s’agira d’interroger le sujet dans sa globalité, afin de ne pas en rester à une vision parcellaire, découpée. La question à laquelle on doit être en mesure de répondre c’est celle des présupposés du sujet. Si on interroge le sujet, quels sont les présupposés ?
On a déjà précédemment pressenti un présupposé lorsque nous avons remarqué une incompatibilité entre amour et devoir. Que signifie cette incompatibilité ?
D. Quel est le problème que soulève le sujet ? Travail délicat mais très important pour éviter tout hors-sujet. Mais avant d’en arriver là nous avons déjà de quoi travailler.
Ce serait bien de se mettre à plusieurs à cette tâche.
Hervé Moine