Mardi 1er février 2011
de 18h30 à 20 heures
à la Salle Jean de Puybaudet du Centre Saint Ignace,
à Saint Denis de la Réunion
débat sur « Le retour des guerres de religion? »
Ces derniers mois, la religion apparaît au premier plan de tensions nationales et internationales: Irak, Egypte, Soudan, Niger, Nigéria, Côte d’Ivoire… La grille de lecture opposant chrétiens et musulmans ne suffit pas à rendre compte de situations complexes où interfèrent les notions de liberté religieuse et de laïcité avec l’exacerbation de nationalismes sur fond de crise sociale et de communautarismes. A partir de l’arc-en-ciel réunionnais, des responsables religieux apportent leur vision du monde et proposent des chemins de dialogue.
Lieu : Centre Saint-Ignace, 31 rue Sainte-Anne, 97400 Saint-Denis.
Contact : Mail : ignace974@jesuites.com Site web : www.jesuites.com.re
Articles Tagués ‘religion’
Le retour des guerres de religions ?
Publié par Hervé Moine le 30 janvier 2011
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Quelle place des religions dans nos démocraties modernes
Publié par Hervé Moine le 13 janvier 2011
Damien Le Guay
La cité sans Dieu
Rencontres avec
Luc Ferry
le cardinal Barbarin
le grand rabbin Bernheim
Une crise financière, économique et sociale, mais avant tout éthique, s’est abattue sur nous. Les ravages sont partout. Mais quand des hommes de foi appellent au partage des richesses, au respect des pauvres, à la dignité de toute personne, ils ne sont pas entendus. Les religions, pense-t-on, s’occupent de Dieu et n’ont rien à dire du monde comme il va. Et qu’importe s’il va plutôt mal…Pourquoi cet ostracisme ? Jusqu’à quel point une cité peut-elle exister sans Dieu ? Tocqueville, en 1840, se posait déjà la question. Les religions ne sont-elles pas en effet plus nécessaires à l’heure où nos démocraties déboussolées se trouvent affranchies de toute tutelle ? Prétendre chasser par la porte les Dieux et les Maîtres n’est-il pas la meilleure manière de se voir imposer, par la fenêtre, d’autres dieux et d’autres maîtres plus pernicieux ?Pour faire écho à ce questionnement, Damien Le Guay a interrogé trois personnalités éminentes – Luc Ferry, le cardinal Barbarin et le grand rabbin Bernheim – toutes trois ouvertes aux interrogations spirituelles et conscientes de la profondeur de la crise éthique actuelle. Quelles solutions ont-elles à proposer ? Quand les forces de dispersion dominent, la puissance agrégative des religions peut-elle être utile ? Et si oui, de quelle façon ?Au terme de cet échange, l’auteur en appelle vigoureusement à un new deal qui permettrait aux religions de prendre enfin ouvertement part à la conversation commune et aux débats de société. Il propose même un « Grenelle du symbolique » pour mieux préserver notre savoir vivre. Dédaigner les religions n’est-ce pas la meilleure façon de faire le jeu du marché et des fondamentalistes ?Damien Le Guay est philosophe et critique littéraire au Figaro Magazine et à CanalAcadémie. Il est l’auteur, notamment, de La Face cachée d’Halloween (2002) et de L’Empire de la télé-réalité (2006).
Au sommaire de La cité sans Dieu de Damien Le Guay
- Une spiritualité sans Dieu
- La démocratie : un corps sans tête
DE QUELLE LAICITE PARLONS-NOUS ?
- Une spiritualité, un Dieu et l’Eglise
- Une laïcité peut en cacher une autre
LES FISSURES DU BLOC SYMBOLIQUE
- Une spiritualité, un Dieu, et l’importance du symbolique
- Pour une nouvelle écologie symbolique
La cité sans Dieu
Article de Diane Gautret de Famille Chrétienne
Journaliste et philosophe, Damien Le Guay s’interroge sur la place des religions dans nos démocraties modernes. Et invite à se libérer des vieux réflexes laïcistes.
La Cité sans Dieu ne préjuge pas de l’avenir. Ce livre ne se prononce pas sur la société multiconfessionnelle de demain. Mais il analyse les dangers d’un laïcisme larvé, tenant à la fois du nihilisme et du rationalisme le plus intransigeant. Questions : « Les religions ne sont-elles pas plus nécessaires à l’heure où nos démocraties déboussolées se trouvent affranchies de toute tutelle ? Prétendre chasser par la porte les dieux et les maîtres n’est-il pas la meilleure manière de se voir imposer, par la fenêtre, d’autres dieux et d’autres maîtres plus pernicieux ? »
Damien Le Guay a enquêté auprès de trois personnalités : le philosophe Luc Ferry, le cardinal Barbarin, primat des Gaules, et le grand rabbin Bernheim. Si le procédé nous fait un peu perdre le fil directeur, il a le mérite d’ouvrir un débat et de dégager quelques perspectives historiques, bien au-delà d’un caricatural « retour du religieux ».
On s’en doutait : Le Guay n’a aucune tendresse pour une conception froidement utilitaire des religions, selon la vision marxiste de l’« opium du peuple ». Pas plus qu’il n’apprécie les « bricolages » trompeurs de Luc Ferry, qui nous laissent sur notre soif. Face au vide des sagesses modernes ainsi qu’au spectre du multiculturalisme, Le Guay invite à une sorte de mise à plat anthropologique et historique. Et plus particulièrement du christianisme, dont nous sommes les héritiers, qu’on le veuille ou non. La Terreur de 1793 et la séparation de l’Église et de l’État, en 1905, ne furent pas sans séquelles : pourquoi pas une repentance officielle de l’État, s’interroge l’auteur ?
Ne méprisons pas trop vite « le religieux » (à distinguer du confessionnel) : une cité sans Dieu est une cité sans joie, condamnée à tourner à vide sur elle-même, comme une toupie folle, sans d’autre horizon qu’un misérable petit tas d’ego. « Ne serait-il pas urgent de parvenir à une nouvelle approche intellectuelle, une nouvelle tolérance médiatique, à de nouveaux aménagements pour permettre une meilleure mise en commun de toutes les ressources spirituelles, éthiques, poétiques, théologiques et philosophiques ? »
On ne saurait mieux dire.
Pour vous procurer l’ouvrage de Damien Le Guay La cité sans Dieu
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Religions, politique et mondialisation en Haïti (après le 12 janvier 2010)
Publié par Hervé Moine le 9 octobre 2010
Laennec HURBON
Religions, politique et mondialisation en Haïti (après le 12 janvier 2010)
Mer 17 nov (18h30-20h30)
Salle 1, Centre Parisien d’Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Cette conférence est organisée avec le soutien du Centre Parisien d’Études Critiques.
Le tremblement de terre qui a eu lieu à Port-au-Prince le 12 janvier dernier semble avoir pour premier effet de produire une suspension du « sens » (de la vie et du monde) et ainsi d’ébranler les bases de la société haïtienne, mais il aura aussi laissé entrevoir diverses faces de la mondialisation à travers les secours offerts par de nombreux États et organisations non-gouvernementales. L’on tâchera de porter tout d’abord l’interrogation sur le mode de réception de la catastrophe par les institutions politiques et religieuses, étant entendu que sont effondrés près de 90 % des bâtiments publics, églises, écoles et universités de la capitale. Ensuite, l’on tâchera de repérer dans le contexte de la mondialisation les motivations et intérêts des pays venus au chevet d’Haïti. Il s’agira, chemin faisant grâce à ces données empiriques, d’ouvrir une réflexion philosophique à la fois sur les nouvelles représentations d’Haïti, de son histoire (la révolution anti-esclavagiste : 1791-1804) dans les processus d’émancipation en général, et sur les nouveaux rapports à l’environnement. Tout se passe désormais comme si avec ce tremblement de terre l’espèce humaine comme telle était directement impliquée, et se donnait à penser dans ses manières d’habiter la terre.
- Intervenante : Laennec Hurbon, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’université Quisqueya (Port-au-Prince).
- Discutant : Mathieu Potte-Bonneville, directeur de programme au CIPh, professeur de classes préparatoires. Spécialiste de l’œuvre de Michel Foucault, il a notamment publié D’après Foucault, avec l’historien Philippe Artières (Les Prairies ordinaires, 2007), et Foucault (Ellipses, 2009).
Laënnec Hurbon

Laënnec Hurbon est sociologue haïtien. Né à Jacmel en Haïti, Laënnec Hurbon est docteur en Théologie à l’Institut catholique de Paris et en Sociologie à l’Université de Paris-Sorbonne où il est directeur de recherche au CNRS. Il estégalement directeur de recherches au CNRS et professeur à l’université Quisqueya de Port-au-Prince, dont il est l’un des membres fondateurs. En outre, Laënnec Hurbon est spécialiste des rapports entre religion, culture et politique dans la Caraïbe et auteur de plusieurs ouvrages sur le vaudou haïtien.
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Hommage à un penseur de la raison
Publié par Hervé Moine le 15 juin 2010
Hommage au philosophe marocain Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ
Article de Dominique de Courcelles, Centre National de la Recherche Scientifique, paru le 14 juin dans le site du Collège Internationale de Philosophie
Ci-contre, Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ, un penseur de la raison (1935-3 mai 2010)
En tant que directrice de programme au Collège International de Philosophie, ancienne membre de l’Ecole des Hautes Etudes Hispaniques-Casa de Velázquez, je suis heureuse de saluer ici la mémoire du philosophe marocain Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ dont l’itinéraire de la pensée est à la fois exemplaire, respectueux de l’histoire et audacieux, militant pour un islam de progrès, cet islam des Lumières et de la raison qu’admiraient tant les philosophes de l’Europe du 18ème siècle.
Né en 1935 à Figuig dans le sud-est marocain, c’est en tant qu’instituteur que Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ commence sa carrière d’enseignement et de recherche. Parallèlement à sa profession, il étudie la philosophie au Maroc à Rabat, également à Damas en Syrie, à Fouchena en Tunisie, à Paris. En 1967, il devient professeur de philosophie à l’Université Mohamed-V à Rabat, où il enseigne l’épistémologie et la philosophie. Philosophe musulman, il est l’héritier de la philosophie d’Ibn Rushd (1126-1198) et de la science de l’histoire d’Ibn Khaldoun (1332-1406).
Al-Jȃbirȋ passe l’essentiel de sa vie à explorer le patrimoine de la pensée méditerranéenne. Si sa thèse de doctorat porte sur Ibn Khaldoun (La pensée de Ibn Khaldoun : la assabiya et l’Etat : les grandes lignes d’une théorie khaldounienne de l’histoire musulmane, 1971), c’est la figure d’Ibn Rushd, originaire de l’ibérique Cordoue et célèbre dans l’Occident latin sous le nom d’Averroès, qui occupe une place centrale dans son œuvre. La pensée d’Ibn Rushd opère en effet une rupture avec la pensée orientale « mystique » et « illuministe » représentée par Avicenne (980-1037) et préfigure, en particulier dans son célèbre ouvrage Le Discours décisif , la possibilité d’une autonomisation complète de la raison au sein de la culture arabo-musulmane. Cette tradition rationaliste a connu un essor exceptionnel à Bagdad dès le 9ème siècle puis elle s’est épanouie en Afrique du Nord et en Andalousie. Ibn Rushd sait restreindre la sphère d’influence de la religion sans pour autant porter atteinte à son autorité. Le philosophe de Cordoue a inspiré de façon absolument déterminante la pensée scientifique occidentale à partir du théologien Thomas d’Aquin et du philosophe et philologue Raymond Lulle, en démontrant que la foi et la raison ne se contredisent pas. Un siècle plus tard, Ibn Khaldoun sillonne la Méditerranée de Tunis, à Bejaia, Fès, Grenade, Séville, Le Caire, et se montre attentif aux différentes cultures monothéistes des pays méditerranéens. Grand connaisseur du Coran et de la Sunna, il étudie aussi en détail les textes bibliques dans leur traduction en arabe. Il lit les textes philosophiques accessibles en son temps et construit de nouvelles méthodes d’investigation et de nouveaux concepts, anticipant sur bien des découvertes scientifiques modernes, dans la ligne d’Ibn Rushd. Al-Jȃbirȋ constate qu’après le déclin de la culture andalouse, l’islam s’est éloigné du chemin des Lumières que l’Occident a ouvert grâce à la pensée d’Ibn Rushd. C’est pourquoi Al-Jȃbirȋ estime que l’idéal des Lumières appartient aussi à la civilisation arabe.
C’est dans cette perspective qu’Al-Jȃbirȋ conçoit la nécessité d’une Critique de la raison arabe, selon le titre de son célèbre ouvrage paru en 1982, suivi d’une Introduction à la critique de la raison arabe paru en 1995 ; il s’attache à une relecture de l’histoire culturelle arabo-islamique avec la perspective de réinvestir cette lecture dans l’élaboration d’une « modernité arabe ». La critique naqd signifie ici « mise en crise », dans le but d’évaluer la pensée, de la mettre au défi de son histoire et de son actualité. La pensée d’Ibn Rushd, selon Al-Jȃbirȋ, représente une « relève » au sein de la raison arabe et il importe de la lui rendre présente afin que cette raison arabe puisse fondre sa modernité dans la tradition. L’itinéraire philosophique d’Al-Jȃbirȋ est alors un plaidoyer en faveur d’un rationalisme arabe à la fois ouvert et bien enraciné dans la tradition et la culture.
A l’occasion d’une réunion du Comité Averroès, créé en 1996 pour le rapprochement entre les peuples marocain et espagnol, le philosophe marocain souligne que « trois règles régissent le dialogue entre les cultures : la compréhension de l’autre dans son propre système de référence, le droit à la différence et enfin la tolérance comme indulgence ». D’où son ouvrage de 2001 La raison éthique arabe, qui fait un long détour par la morale religieuse.
Si Al-Jȃbirȋ s’est intéressé à l’histoire philosophique de l’islam, c’est aussi pour mieux comprendre le fonctionnement de la pensée politique et ses usages dans les Etats arabes modernes. Lui-même a établi sa réputation sur un grand engagement politique. Né dans une famille du parti Istiqlal qui s’opposait à la colonisation française et militait pour l’indépendance du Maroc, il a été un membre actif de l’Union Socialiste des Forces Populaires et il a donné au parti des idées modernistes, progressistes, favorables à l’émancipation citoyenne de la société. Il a été rédacteur en chef de la revue Fikr wa Naqd (Pensée et Critique), spécialisée en philosophie, littérature et sciences humaines et sociales. Al-Jȃbirȋ a la conviction que la pensée politique est liée à la pensée éthique. Il veut ouvrir la possibilité d’un renouveau démocratique de La raison politique en islam, selon le titre d’un ouvrage paru en 2007, invitant les musulmans à adopter la consultation en tant que principe directeur de l’organisation sociale. Al-Jȃbirȋ est bien l’homme de l’ijtihad moderne, soutenant que rien n’empêche l’islam d’offrir une base éthique à la liberté et aux activités humaines.Suite aux attentats de septembre 2001 et à la stigmatisation de l’islam, Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ entreprend dans plusieurs publications de faire connaître le Coran aux lecteurs musulmans et non musulmans afin d’en démontrer la contemporanéité, tout en s’appuyant sur les sciences islamiques traditionnelles. Il écrit dans sa conclusion : « On peut dire que le Coran appelle à la religion de raison, il appelle à entendre la religion où la croyance se fonde sur l’usage de la raison, à partir de l’existence de Dieu et tout ce qui en découle en matière d’éléments culturels et de lois ».
C’est ainsi que le philosophe marocain Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ s’est efforcé de renouveler le regard arabe sur la tradition et d’historiciser le rapport des Arabes à leur passé. En démontrant la possibilité d’une autonomisation de la raison au sein de la culture arabo-musulmane, en considérant dans la perspective de Ibn Rushd les rapports entre la religion, la raison, la politique, il a favorisé la possibilité juste et mesurée du dialogue des cultures, en particulier monothéistes.Dominique de Courcelles
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Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu
Publié par Hervé Moine le 24 avril 2010
Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres
Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.
Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le “la” et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.
Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.
Hervé Moine
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Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :
Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?
Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?
Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :
“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”
KANT, Critique de la raison pratique.
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Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :
Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?
Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?
Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :
Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande; les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité “technique”, qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité “technique” est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La “connaissance” cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.
RUSSELL, Science et religion.
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
1 credo : affirmation d’une croyance
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Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry
Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.
Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?
Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?
Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si [...] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.
Cicéron
Notes
* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).
** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.
Questions :
1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.
2. a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».
b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».
c) Expliquez: « si [...] tout se doit mesurer à l’intérêt, [...] il n’y a absolument plus de justice ».
3. La justice est-elle fondée sur la raison?
Publié dans Actualité, Dissertation, enseignement, Etude de texte, LPO Pointe-Noire, Philo bac, philosophe, philosophie, Term. ES, Term. L, Term. S, Term. STI | Tagué: autrui, croyance, démonstration, droit, expérience, justice, liberté, matière, morale, politique, raison, religion, respect, science, sujet, technique, théorie, travail, vérité | 1 commentaire »
L’œuvre de Teilhard peut-elle engendrer une conscience laïque ?
Publié par Hervé Moine le 11 septembre 2009
Le 26 septembre 2009 de 9h à 18h
Colloque de l’Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin sur le thème :
“L’œuvre de Teilhard peut-elle engendrer une conscience laïque ?”
- Entrée gratuite.
- Renseignements : 04 78 05 46 76 ou 06 86 10 15 49
- Renseignements pratiques : Ecole Doctorale Philosophie
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Bioéthique : Obama relancerait la recherche sur les cellules souches
Publié par Hervé Moine le 7 mars 2009
On apprend que le président des Etats-Unis est sur le point de permettre la relance des recherches sur les cellules souches obtenues à partir de l’embryon humain. Il devrait signer tout prochainement un décret allant dans ce sens. Ce décret lèverait ainsi les restrictions imposées par le prédécesseur de Barak Obama, George W. Bush. Cette décision, d’un côté, devrait contenter les scientifiques, mais de l’autre, irriter les religieux et les conservateurs pour lesquels la vie commence dès la conception.
L’affaire est donc à suivre : il convient, pour nous, d’une part, de savoir si ce décret va vraiment être signé, mais on ne voit pas pourquoi Barak Obama ne le ferait pas, lui qui avait affirmé être favorable à l’extension de la recherche sur les cellules souches lors de sa récente campagne électorale, et quelle en sera la teneur exacte, et d’autre part, de suivre les débats qui ne devraient pas manquer de s’élever et d’agiter les esprits, afin de saisir les arguments des uns et des autres. Ces débats risquent d’être particulièrement vifs, surtout dans un pays où la communauté scientifique se heurte souvent à la morale lorsque l’on touche à la vie et à l’humain, mais aussi hors des États-Unis puisque le problème que cette décision soulève a une portée évidemment universelle.
Cependant, notre attitude ne devra pas être simplement celle de l’observateur neutre des débats, mais également et sans doute même surtout celle de l’implication dans une réflexion philosophique et pourquoi pas également au bout du compte, pour chacun d’entre nous, celui de l’engagement personnel. Assurément, il y a, là, pour nous, l’occasion d’un travail de réflexion intéressant à mener sur une conciliation difficile entre ce qui semble être de l’ordre des exigences de la recherches scientifiques et celui des exigences de l’éthique.
Hervé Moine
Publié dans Actualité, Dossier, LPO Pointe-Noire, Term. ES, Term. L, Term. S, Term. STI | Tagué: bioéthique, humain, morale, Obama, religion, science, vie | Laisser un Commentaire »
Un sujet de saint Valentin : l’amour peut-il être un devoir?
Publié par Hervé Moine le 14 février 2009
Outre le texte d’Alain extrait des Arts et des Dieux, qui fait l’objet d’une étude déjà commencée, ayant pour thème l’amour, voici pour poursuivre notre travail d’apprentissage à la dissertation philosophique, un autre sujet sur ce thème tant célébré le 14 février. Libre à vous de faire votre déclaration d’amour à l’être aimé. En ce qui nous concerne, tentons de travailler ce sujet. Ce serait bien d’arriver au moins à une ébauche de dissertation philosophique.
Réflexe face à un sujet ? Son analyse. Dans quel but ? Pour lui donner du sens !
Partons de cette idée qu’un sujet de dissertation n’a pas de sens et qu’il convient de lui en donner un. Cela passe par une analyse du sujet lui-même afin d’être en mesure de formuler une question qui pose un problème philosophique. Ce problème, il s’agira ensuite de le creuser et de construire la problématique, interrogation qui jalonnera la réflexion, le dialogue entre différentes thèses. Ceci vaut pour tous les sujets de dissertation. Et c’est cette méthode qu’il convient d’acquérir par l’expérience et l’entrainement. Gageons que cette classe virtuelle de philosophie puisse autant qu’il est possible vous donner l’occasion de vous exercer à cet art difficile, mais ô combien enrichissant, de la dissertation philosophique.
L’amour peut-il être un devoir?
Je vous propose quelques pistes afin d’effectuer le travail préparatoire à l’étude de texte.
A. Tout d’abord un première remarque :
Le sujet met en rapport deux notions : amour et devoir. Sans doute voit-on dès le départ que ces deux notions ne sont pas du même registre et du coup ne semble pas faire bon ménage ensemble. On ne manquera pas d’être surpris par la formulation même du sujet. Faire son devoir c’est suivre une règle imposée, or il semble que l’amour n’est pas chose qui se décrète qui peut être imposer. Pourtant, nul ne méconnaît cette injonction “aime ton prochain!” Cette double remarque peut dors et déjà nous mettre sur la voie du problème que soulève le sujet.
B. Qu’est-ce que l’amour ? Qu’est-ce que le devoir? Il ne faudra pas omettre le “peut-il être”
1. Tout d’abord à quoi la notion d’amour peut-elle bien renvoyer? L’équivocité du terme peut renvoyer à des réalités différentes : amour maternel, amour filial, désir charnel, la charité au sens chrétien, l’amour du prochain, l’amour de la patrie, l’amour de la sagesse…
On peut remarquer le sujet évoque dans sa formulation, par l’article défini, l’amour dans un sens général. La question est alors de savoir à quoi peut bien renvoyer ces réalités différentes de manière générale?
Il est important à la fois de conceptualiser la notion d’amour afin d’en saisir un sens général permettant de penser les diverses réalités. Cependant il ne conviendra pas pour autant de les oublier dans le traitement même du sujet.
2. Un devoir est ce qui doit être. Un devoir est dans sa particularité même ce qui correspond au devoir comme forme ou idée. Qu’est-ce que le devoir? Le devoir est à distinguer du simple conseil. Il y a dans cette notion quelque chose de catégorique, d’impératif. Sur quoi se fonde sur le devoir? Le sentiment?
Une fois que la notion de devoir sera bien circonscrite, il s’agira de penser un devoir.
3. peut-il a deux sens. Lesquels ?
C. Une fois que ce travail de définition sera effectué, il s’agira d’interroger le sujet dans sa globalité, afin de ne pas en rester à une vision parcellaire, découpée. La question à laquelle on doit être en mesure de répondre c’est celle des présupposés du sujet. Si on interroge le sujet, quels sont les présupposés ?
On a déjà précédemment pressenti un présupposé lorsque nous avons remarqué une incompatibilité entre amour et devoir. Que signifie cette incompatibilité ?
D. Quel est le problème que soulève le sujet ? Travail délicat mais très important pour éviter tout hors-sujet. Mais avant d’en arriver là nous avons déjà de quoi travailler.
Ce serait bien de se mettre à plusieurs à cette tâche.
Hervé Moine
Publié dans Dissertation, Entr'aide, LPO Pointe-Noire, Philo bac, Sujet de dissertation, Term. ES, Term. L, Term. S, Term. STI | Tagué: amour, autrui, désir, devoir, morale, raison, religion | 5 Commentaires »








Ci-contre, Muḥammad ‘Ȃbid Al-Jȃbirȋ, un penseur de la raison (1935-3 mai 2010)
Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres
