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Qu’est-ce qu’être gentil aujourd’hui dans notre monde ?

Publié par Hervé Moine le 13 novembre 2011

Le 13 novembre 2011

3ème édition de la Journée de la gentillesse

Touche mon coeur

C’est la troisième édition de la Journée de la Gentillesse lancée en France par le magazine « Psychologies ». Cette année, pendant une journée, « le monde professionnel » et les « écoles » sont visés, avec « le lancement de l’Appel à plus bienveillance au travail et et les écoles avec la création de la valisette Spéciale Gentillesse. » http://journee-de-la-gentillesse.psychologies.com/

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Le 13 novembre, je l’ignorais, est la Journée de la Gentillesse. Il y a une journée pour tout alors pourquoi pas de la gentillesse. Cela ne mange pas de pain comme on dit. Une journée de la gentillesse, cela apparaît gentil voire gentillet. Dans notre monde d’aujourd’hui, la gentillesse est considérée à la fois comme une sorte de faiblesse et de naïveté, alors une journée de la gentillesse ressemble à une niaiserie. Etre gentil revient à être un perdant. Mais qu’est-ce au juste que la gentillesse ? Y a-t-il un sens à faire l’éloge de la gentillesse ? Et aujourd’hui, dans notre monde, en quoi consiste “être gentil” ? Cela apporte-t-il quelque chose à la société ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre Emmanuel Jaffelin, auteur d’un Eloge de la gentillesse, chez François Bourin éditeur.

Hervé Moine

Emmanuel Jaffelin Photo : R. Battistini

Emmanuel Jaffelin, pourquoi faire l’éloge de la gentillesse ?

Parce que notre monde est cynique. Autrui est devenu un produit, une matière première qu’on manipule pour ce qu’on croit être son propre bénéfice. Aujourd’hui, le cynique, qui utilise les armes de la gentillesse pour abuser des autres, est une espèce très répandue. Et difficile à discerner, car s’il propose “gentiment” ses services, c’est en fait pour créer une dette envers lui. Le cynisme est d’autant plus présent dans les sociétés occidentales qu’elles ont refoulé la violence. Donc on utilise des moyens qui peuvent être doux pour arriver à des fins qui ne le sont pas.

Aujourd’hui, “être gentil”, ça consiste en quoi ?

A rendre service sur la base d’une demande. Ce n’est pas de la sollicitude, qui est le fait de vouloir le bien des gens malgré eux. Ce n’est pas non plus du respect, qui est de l’empathie froi­de régie par des règles. La gentillesse est à mi-chemin entre les deux : on fait un geste sans envahir autrui. C’est indiquer son chemin à quel­qu’un, aider une femme avec une poussette dans le métro, etc. En ce sens, la gentillesse est une sorte de servitude volontaire et donc une force morale, une forme d’intelligence du cœur.

Est-ce que cela apporte quelque chose à la société ?

Vous connaissez l’effet papillon ? L’idée que des peti­tes causes peuvent provoquer de grands effets. Etre gen­til ne coûte pas grand chose mais peut rapporter gros car cela tapisse la société d’une bonne humeur et crée du lien social, une affection sociale.

Paru dans Métro sous le titre “La gentillesse est une forme d’intelligence du coeur”http://www.metrofrance.com/culture/

La gentillesse à “Cité Philo” à Lille

Mardi 15 novembre de 15h à 17h

Eloge de la gentillesse en présence de l’auteur

Emmanuel Jaffelin

“Reconquérir la gentillesse comme vertu fondamentale n’est-il pas devenu une nécessité pour notre société ? Dans un ouvrage qui retrace l’histoire de la gentillesse, Emmanuel Jaffelin propose de la considérer comme une vertu à part entière et d’abandonner le mépris qui la frappe. Il l’associe à ce qu’il nomme une « morale praticable » en soulignant la facilité avec laquelle elle peut être dispensée. Un livre très frais et novateur qui vaut la peine d’être lu et relu par des lecteurs de tous âges et de toute provenance.” Présentation de Cathy Leblanc, maître de conférences en philosophie à l’UCL.

Emmanuel Jaffelin

Eloge de la gentillesse

Collection philosophie

Chez François Bourin éditeur

Présentation de l’ouvrage d’Emmanuel Jaffelin, Eloge de la gentillesse

Méprisée par l’élite et les intellectuels, la gentillesse est aujourd’hui reléguée au rang des petites vertus. Son histoire est celle d’un discrédit: née dans la noblesse romaine, dénigrée dans le christianisme, réhabilitée à la Renaissance, elle s’étiole comme une fleur fanée dans la démocratie marchande.

Emmanuel Jaffelin démonte les rouages de cette histoire contrariée et montre que la gentillesse est une vertu postmoderne. Entre sagesse et sainteté, elle offre aux hommes une morale praticable au quotidien et fondatrice d’un nouveau rapport à l’autre. Vertu caressante, véritable libido voluptatis, la gentillesse forge une morale pour notre temps, à portée de main, dont les petits gestes déploient de grands effets et préfigurent l’avènement d’un nouveau gentilhomme.

Biographie de l’auteur

Agrégé de philosophie, Emmanuel Jaffelin enseigne aujourd’hui au lycée Lakanal de Sceaux et anime un atelier à la prison de Sequedin, dans le nord de la France.

Alternativement à ses activités d’enseignement, il a été diplomate en Amérique latine et en Afrique.

Emmanuel Jaffelin, auteur de «L'Éloge de la gentillesse», anime un atelier à la prison de Sequedin.« Une morale intermittente »

Article paru dans le Républicain Lorrain du dimanche 13 novembre 2011

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2011/11/13/une-morale-intermittente

L’enseignant et philosophe, auteur d’un Petit éloge de la gentillesse, redonne ses lettres de noblesse à cette valeur délaissée.

Cette Journée de la gentillesse a dû vous valoir bien des appels ?

Emmanuel Jaffelin : « Je ne suis pas gentil que le 13 novembre et je m’autorise à ne pas l’être le 13. Je défends une morale de l’intermittence. J’y oppose les morales impressionnantes, qui sont issues des monothéismes ou des sagesses païennes, qui nous obligent à nous porter tous les matins à des hauteurs vertigineuses. Je fais le constat que ces morales ont échoué. Tout le monde ne peut être un saint ou un sage. La gentillesse n’est pas quand on doit, c’est quand on veut et quand on peut. Je prône une morale impressionniste, par petites touches. »

La gentillesse ne semble pas être une valeur d’aujourd’hui, mais vous dites que si.

« Elle est une valeur de tout temps mais elle est surtout une forme d’intelligence négligée dans notre société. Nous sommes passés du couple noble-vilain au couple bon-méchant puis au gentil-cynique. Dans notre monde cynique, chacun veut instrumentaliser autrui et utilise pour ce faire le visage de la gentillesse, la douceur. Je montre que la gentillesse est un pouvoir doux, l’intelligence par la douceur : là, le but est d’être doux, mais elle ne devient pas un moyen. Elle est la fin et le moyen. »

Je peux réussir en société même si j’ai un comportement gentil ?

« Cela dépend de ce que vous appelez réussir. S’il s’agit de prendre la place de votre collègue, pas forcément. Il n’est pas exclu que vous soyez victime de la même logique, plus vieux. Vous aurez réussi votre vie sur une certaine période. Je crois qu’on ne réussit pas sa vie dans le cynisme. On la réussit par la bienfaisance, dont la gentillesse est un visage. Notre société ne valorise pas la bienfaisance. Une étude de sociologues américains montrait que les gentils en entreprise ne réussissaient pas. Cela me paraît une analyse fausse parce qu’elle ne prend la vie de l’individu que sur une période. Etre gentil n’est pas une forme de faiblesse. »

Le gentil dit oui à tout ?

« Pas du tout ! C’est une force, une morale du pouvoir. Je ne suis jamais pris en faute. Il y a des circonstances dans lesquelles je ne peux pas être gentil. Quand vous prenez le métro à Paris, vous ne faites pas la charité à tous les mendiants. La gentillesse est une forme d’intelligence qui répond à la demande que formule autrui, mais pas à toutes les demandes. »

La route est un exemple récurrent de manque de gentillesse, non ?

« La route est l’image même du cynisme, où on arrive à être soi en dominant autrui. Ne pas laisser passer un piéton ne permet pas de gagner du temps. La gentillesse est une occasion de se siphonner soi-même, de s’oublier au profit d’autrui. »

Propos recueillis par Ju. B. pour le Républicain Lorrain

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Revenir au face-à-face, délaisser quelque peu les écrans, les relations “virtuelles” de type Facebook

Publié par Hervé Moine le 9 novembre 2011

Paul-Marcel Lemaire

Communiquer

Pour quoi faire ?

Cerf

Présentation de l’ouvrage de Paul-Marcel Lemaire : Communiquer : Pour quoi faire ?

“La communication a été dépouillée de ses traits propres, pour mieux envahir la culture collective”.

Cette observation, apparemment banale, provient d’une longue expérience de l’auteur, vécue au Canada surtout, puis en France, où il a enseigné les sciences sociales, fréquenté les milieux sociaux, religieux, politiques, celui des médias traditionnels, et approché celui des nouvelles technologies. Cette observation est ici décortiquée scrupuleusement, avec les instruments des sciences humaines, ceux de la psychologie, de la sociologie et de la philosophie, principalement. L’enquête se développe librement, sur des terrains aussi variés que la filmographie de Bergman, la communication interculturelle ou des textes de Paul Ricoeur… Trois appréhensions complémentaires président à cette recherche : les pratiques rhétoriques de la parole ont supplanté celles du dialogue ; l’information et la transmission ont prévalu depuis longtemps sur la communication proprement dite ; les technologies récentes ont favorisé les télécommunications, c’est-à-dire les rencontres à distance, au détriment du “corps-à-corps” que constitue la communication interpersonnelle, premier facteur constitutif du lien social et de la personnalité elle-même. Les divers abus de la “communication” contemporaine, notamment en politique et dans les technologies de réseaux, nous invitent à revenir au face-à-face, à délaisser un peu les écrans, les relations “virtuelles” créées par Facebook (ou n’importe quel autre réseau social), pour le réinventer. Il s’agit en quelque sorte de repartir de zéro, de s’initier de nouveau à l’élémentaire commerce humain, qui ne va plus de soi aujourd’hui, même s’il a toujours été exigeant.

Né en 1928, Paul-Marcel Lemaire est spécialiste de la philosophie du langage. Il  a été professeur au Département de Communication de l’Université d’Ottawa.

Pour se procurer l’ouvrage de Paul-Marcel Lemaire : Communiquer : Pour quoi faire ?

L'actualité du livre et du DVD

Il y a communiquer et communiquer…

A la fin des années 1960, le philosophe Marshall McLuhan théorisait ce qu’il appelait «le village planétaire» (Global Village). Il s’agissait alors de rendre compte des effets du développement de la mondialisation et des progrès des médias et des technologies de l’information et de la communication sur la vie des hommes. Ceux-ci vivraient dans un monde unifié. Il n’y aurait plus qu’une culture. Le monde ne serait qu’un seul et unique village, une seule et même communauté, «où l’on vivrait dans un même temps, au même rythme et donc dans un même espace».

Cette façon de considérer le monde parait optimiste à bien des égards. D’aucuns n’hésitent pas à brocarder son excessive naïveté, son caractère bel et bien utopique. C’est notamment le cas de Paul-Marcel Lemaire, qui dans son récent ouvrage Communiquer. Pour quoi faire ? défend l’idée que «la communication a été dépouillée de ses traits propres, pour mieux envahir la culture collective». Car si la communication, dans son acceptation la plus large et la plus sibylline, est l’un des domaines les plus labourés et retournés en tous sens, un certain nombre de questions essentielles sont rarement traitées.

C’est cette sorte d’érème, ce territoire délaissé à la fois par les études savantes et par les manuels de confection rapide que Paul-Marcel Lemaire aborde dans cet essai. Les grandes interrogations auxquelles l’enseignant s’efforce de répondre relèvent tant des sciences humaines que de la philosophie. En effet, l’auteur combine diverses perspectives, si bien que son approche est multidisciplinaire. Toutefois, prévient l’essayiste au cours de son propos introductif, il répugne à employer franchement cette épithète tant elle a été galvaudée. «Plus modestement, écrit-il, nous nous rattachons à l’écriture d’essai, à l’école des grands maîtres de ce genre littéraire, comme Montaigne, Pascal et d’autres, avec tous les risques de l’engagement personnel que comporte cette décision».

Suivant cette méthode, Paul-Marcel Lemaire consacre son ouvrage à la préoccupation constante de desserrer les liens des langages spécialisés. Il s’agit au surplus de retourner à l’usage du langage courant et ordinaire pour l’amener à exprimer des questions capitales. En cela, l’auteur entend se situer dans la continuité de Ludwig Wittgenstein. Au fil des pages, sont abordés de nombreux thèmes comme les ailleurs de la communication, l’indépassable principe d’incertitude, les enseignements à tirer de la féconde réflexion de Paul Ricœur, les liens entre relation(s) et communication ainsi que la place finalement très résiduelle de la communication dans le monde actuel.

Si le constat parait sombre, Paul-Marcel Lemaire esquisse quelques pistes éthiques afin de retrouver la communication, laquelle se fonde entre autre sur une sage modération, sur la reconnaissance de l’altérité et de «la transcendance de l’autre». P.-M. Lemaire recommande en sus de «privilégier la parole chercheuse de sens». L’auteur affirme d’autre part qu’il n’est pas de communication «sans sensibilité spirituelle» ni «courage de l’espérance». Il s’agit finalement de résoudre les tensions inhérentes à l’insociable sociabilité des hommes. Pour ce faire, indique l’auteur, il importe de se replonger dans la Bible et plus spécialement dans les textes du Livre de la Genèse…

Jean-Paul Fourmont ( Mis en ligne le 08/11/2011 )

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2011

www.parutions.com

Pour se procurer l’ouvrage de Paul-Marcel Lemaire : Communiquer : Pour quoi faire ?

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Pour un multiculturalisme à la française

Publié par Hervé Moine le 7 novembre 2011

Rencontre avec Joël Roman

Publié dans La Voix du Nord, ce lundi 07 novembre 2011

Dans le cadre des Rendez-vous d’Archimède, une rencontre sur le thème « Quel devenir pour le travail social ? » est proposée avec Joël Roman, philosophe, essayiste, directeur de la collection Pluriel chez Fayard, membre de la rédaction de la revue Esprit.

Cet agrégé de philosophie prône « un multiculturalisme à la française » qui reconnaisse le pluralisme social et culturel de la société française, l’empreinte durable des immigrations post-coloniales, et sache adapter le modèle républicain à la multiplicité individuelle, à la nouvelle question sociale des banlieues et à la présence de l’islam de France. Rarement, estime-t-il, le travail social n’aura été aussi nécessaire.

Rarement, son devenir n’est apparu aussi incertain… Les conséquences sociales engendrées par le développement du chômage de masse ont radicalement changé le travail social. Il pose la question : comment reconstruire une fonction essentielle à la vie démocratique ?

Mardi 8 novembre à 18 h 30 à l’Espace culture de la Cité scientifique à Villeneuve-d’Ascq. Entrée libre. Renseignements au 03 20 43 69 09.

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Que peut la philosophie face à la colère des exclus ?

Publié par Hervé Moine le 5 novembre 2011

Le philosophe et les SDF

Article d’Isabelle Castéria paru dans Sud-Ouest du samedi 5 novembre 2011

http://www.sudouest.fr/2011/11/05/le-philosophe-et-les-sdf

Jeudi soir, à la fac Montesquieu, la conférence sur l’exclusion a ouvert la parole aux exclus.Vies ordinaires, vies précaires

 Les SDF ont échangé hier soir avec le philosophe Guillaume le Blanc sur la souffrance de la rue.  L T.

Les SDF ont échangé hier soir avec le philosophe Guillaume le Blanc sur la souffrance de la rue. L T.

Les SDF ont échangé hier soir avec le philosophe Guillaume le Blanc sur la souffrance de la rue. L T.

Une rencontre d’intellos. A priori. Des intellectuels fort intelligents qui pensent la fragilité sociale, la nôtre, celle des exclus, qu’ils soient SDF, sans papiers, sans voix. Jeudi soir, l’amphithéâtre Duguit de Bordeaux 4, place Pey-Berland était bondé. Il fallait s’asseoir par terre faute de sièges, pour écouter le philosophe bordelais Guillaume le Blanc prendre la parole à la place de ceux qui ne l’ont plus.

Les discours didactiques, pourtant fort opportuns et emplis d’empathie, n’ont visiblement pas convaincu la petite poignée « d’exclus » qui se sont invités à la soirée, organisée par le collectif Les Bruits de la rue. En préambule à la conférence dite dialoguée, une vidéo a été projetée qui met en présence des personnes en situation de grande précarité. « On ne connaît pas notre chance d’avoir un toit sur la tête », dit l’un. « On dérange la société », lâche l’autre. « Moi, admet une jeune femme, j’ai toujours peur d’être jugée : pas assez propre, pas assez belle. » Encore un : « On envoie de l’argent en Grèce et nous en France ? Les nécessiteux ? » ou : « Je suis toujours en train de fouiller en moi, pour chercher une qualité. »

Sortir des poncifs

Guillaume le Blanc, auteur de plusieurs ouvrages sur la question sociale, remarque la diversité des personnalités qui s’expriment, laquelle donne plusieurs approches de la précarité. « Une voix, une vie, commente-t-il. Chaque vie a sa stratégie propre. Les paroles ne se laissent pas enfermer dans une logique sociologique. Cela rend la tâche modeste, je ne vous dirai pas ce que sont les vies fragilisées. Prendre soin des exclus, c’est chercher au-delà du côté spectaculaire de la mise en scène médiatique, à les accompagner au quotidien. »

Sortir des poncifs qui entourent l’image du SDF, éviter les lieux communs pour tenter une réflexion plus vaste. Les hommes qui sont intervenus en fin de soirée, ont demandé le micro. Ils étaient en fond de salle et n’ont pas bronché pendant deux heures, attendant leur tour. Le micro a tremblé. « Ce serait pour poser une question au philosophe, a lancé le premier. Êtes-vous allé rencontrer vraiment les gens dans la rue ? » Guillaume le Blanc est visiblement sensible au ton réprobateur. Il fait remarquer : « Vous avez l’air en colère ? » « Oui je suis en colère ! Je sais pas pourquoi, enfin si », a répondu son interlocuteur. « J’ai posé un diagnostic certes, a repris le philosophe, mais mon propos est forcément aléatoire. »

« Eh bien moi, ajoute une autre voix dans le public, j’aimerais bien pouvoir discuter avec des gens comme vous. Ce soir, alors qu’on est tous là bien au chaud, il y a 150 personnes qui dormiront dehors dans les rues de Bordeaux. Je suis un SDF et je parle en leur nom ! »

Une dame prend le relais : « Monsieur le philosophe, êtes-vous allé dans les structures offrir votre livre aux exclus, qui n’ont pas les moyens de se le payer ? »

Guillaume le Blanc : « Je ne suis pas la bonne parole. Oui je rencontre des gens sur le terrain, je discute, j’écoute, je veux maintenir l’échange. Votre colère est légitime… » Mais.

Mais, le discours forcément se heurte au réel. Et même si le discours est bienveillant, intelligent, porteur d’espoirs et de leçons, puisqu’il parle de tolérance, de soutien et de prise en compte de l’autre comme un égal, il n’est qu’un discours. Des mots face à des personnes qui souffrent, vivent la mise à l’écart de la société comme un rejet viscéral. « Vous dites prendre soin, vous parlez de nous comme si nous étions malades ! », tonne un auditeur. « Prendre soin n’est pas à prendre au sens médical, il s’agit d’accompagnement », plaide Guillaume le Blanc.

Guillaume Le Blanc

Vies ordinaires

Vies précaires

aux éditions du Seuil

Collection : la couleur des idées

Présentation de l’ouvrage

Banalisée, inscrite désormais dans le décor de notre quotidien, la précarité bouleverse notre rapport aux normes sociales.

Sait-on simplement aujourd’hui ce qui distingue une vie ordinaire d’une vie précaire ? A-t-on seulement noté que les chômeurs, les surnuméraires, les inutiles, cette armée de sans-voix, s’inventent une nouvelle langue à laquelle nous restons sourds ?

Si la philosophie peut espérer contribuer à la critique sociale, il lui revient de traduire ces expériences d’inexistence et de redonner droit de cité à ces voix discordantes, participant ainsi à la construction d’une ” société décente “.

Non point un programme, mais une exigence : parce que les voix des précaires sont l’ultime voix de la démocratie, leur faire une place dans le bruit ordinaire de nos vies.

Se procurer l’ouvrage de Guillaume Le Blanc Vies ordinaires, vies précaires

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Coup de projecteurs renouvelés sur les rapports entre pouvoir et violence

Publié par Hervé Moine le 28 octobre 2011

Jan Philipp Reemtsma

Confiance et violence

Essai sur une configuration particulière de la modernité

Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary.

“NRF essais”, Gallimard

Présentation de l’éditeur

Cet ouvrage est une exploration de la modernité occidentale hors de nos cartographies habituelles. Sans pareil, il déroutera d’aucuns, comme peuvent dérouter Masse et Puissance d’Élias Canetti ou Création littéraire et connaissance d’Hermann Broch. Pour traiter son sujet, en effet, il ne recourt pas à une méthodologie propre à une discipline établie, mais à une technique descriptive. De vastes survols alternent avec une concentration sur des détails, afin de compenser ce que la vue d’ensemble a inévitablement de trop schématique.

Les approches sociologiques ou historiographiques, autant que les développements empruntés aux philosophies politique et morale, alternent avec des analyses philologiques et le traitement de matériaux extraits de la littérature, de la poésie et du théâtre. Il n’en fallait pas moins pour aborder de front le paradoxe essentiel de la modernité : celui des rapports que nos sociétés contemporaines nouent entre confiance et violence.

Trois questions sont tramées.

Premièrement : comment en est-on arrivé à cette spécificité de la modernité, européenne et transatlantique, issue des crises des XVIe et XVIIe siècles, qui la distingue apparemment de toutes les autres configurations culturelles, à savoir son besoin spécifique de légitimer le recours à la violence ?

Deuxièmement : comment cette modernité parvient-elle à concilier ce besoin de légitimation et la confiance qu’elle nourrit d’aller vers un avenir où la violence serait la plus réduite possible, avec la violence effective qu’elle exerce ?

Troisièmement : pourquoi les excès de violence du XXe siècle, s’ils ont certes gravement entamé la confiance que la modernité a en elle-même, ne l’ont, pour le moment, pas amenée à se détourner de sa voie spécifique ?

Cette étude sur la confiance au fondement de tout pacte social, sur la violence corporelle, ou encore les rapports entre pouvoir et violence, est de ces travaux qui changent notre éclairage, ils braquent en quelque sorte les projecteurs sur un terrain connu mais d’une façon nouvelle, et veulent ainsi faire ressortir des zones restées dans l’obscurité, modifiant et les ombres portées et plus en profondeur nos perspectives communes. Elle ne concurrence pas d’autres regards sur la modernité, elle les complète. À condition que l’on en accepte le dépaysement premier.

Se procurer l’ouvrage de Jan Philipp Reemtsma Confiance et violence : Essai sur une configuration particulière de la modernité

Jan Philipp Reemtsma : quand la violence est pur caprice

Article de Nicolas Weill, paru dans le Monde des livres le 27 octobre 2011

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/10/27/jan-philipp-reemtsma-quand-la-violence-est-pur-caprice_1594655_3260.html

“Toute philosophie a ses obsessions d’ordre privé”, dit le sociologue hambourgeois Jan Philipp Reemtsma, un peu égaré dans ce grand hôtel parisien où il est descendu pour la sortie de son livre en français. Une somme consacrée au double phénomène de la confiance et de la violence dans la modernité, et que l’on peut comparer, par son style mi-littéraire mi-savant, à Masse et puissance d’Elias Canetti.

Jan Philipp Reemtsma est de ceux qui, avec Wolfgang Sofsky ou Harald Welzer, ont renouvelé l’approche de la violence et du pouvoir d’une façon très différente de celle des Français, et en particulier de Michel Foucault, “même si naturellement c’est un précurseur”, concède-t-il. Pour Reemstma, en effet, on ne saurait confondre domination, violence et sexualité. D’où son désintérêt pour Sade qu’il ne trouve “pas très éclairant du point de vue philosophique”.

La violence, Jan Philipp Reemtsma a pu, enfant, en observer les traces dans les ruines non encore déblayées du bombardement d’Hambourg par les alliés. Il a vu, encore intacte, l’entrée du camp de concentration implanté dans la ville hanséatique. Héritier d’une famille enrichie dans la fabrication de cigarettes, la dynastie dont il est issu paraît taillée sur le modèle des chevaliers d’industrie qui peuplent les Buddenbrook ou Felix Krull, ces romans de Thomas Mann qui d’ailleurs apparaissent dans Confiance et violence.

Dès 1980, Jan Reemtsma vend toutes ses parts de la firme familiale pour consacrer sa fortune au mécénat. Ce littéraire et philosophe crée, en 1984, le Hamburger Institut für Sozialforschung (Institut hambourgeois de recherche sociale), qui va patiemment mettre en concepts l’héritage multiforme de la génération née dans l’immédiat après-guerre, confrontée à la mémoire purulente et silencieuse du IIIe Reich.

Né en 1952, il appartient aussi à la génération 1968, et le travail de l’Institut a consisté d’abord à étudier les premiers rapports sur la torture pratiquée par les dictatures sud-américaines. Personnage sensible, ironique, d’une extrême retenue, Jan Reemtsma se crispe quand on évoque l’autre événement qui l’a exposé à la violence, quand, en mars 1996, il fut agressé à son bureau d’Hambourg, blessé au visage et enlevé. De cette captivité de trente-trois jours, il parle sans tabou (Dans la cave, Pauvert, 2000). Sans tabou, mais non sans souffrance. “La vie a parfois de l’esprit car très peu de temps avant mon enlèvement, j’avais écrit un éditorial sur la question du traumatisme dans la revue de l’Institut, Mittelweg 36″, commence-t-il par souligner.

Si, pour lui, la violence doit se comprendre moins en termes moraux ou psychologiques que comme rapport au corps déplacé, violé, torturé ou anéanti, ce terrible moment biographique l’explique aussi. De ses ravisseurs, Jan Philipp Reemtsma a en effet subi le pouvoir absolu. Il a vu affleurer une violence de pure destruction, de pur caprice, ne se laissant ni réduire ni expliquer par l’objectif poursuivi (la rançon).

“Avant d’entrer dans la cave où j’étais séquestré, raconte-t-il, le ravisseur s’annonçait de deux coups frappés à la porte et ce bruit m’a longtemps accompagné. Une cruauté m’a été imposée du fait que l’homme m’avait dit qu’il viendrait à 8 heures du matin. Or il n’arrivait pas. En regardant ma montre, je me mettais à penser qu’on m’avait abandonné, que j’allais mourir de faim ou plutôt de soif. Fallait-il tenter une évasion ? Mais en cas d’échec, je serais ligoté…”. En fait, le ravisseur faisait tout simplement la grasse matinée, comme Jan Philipp Reemtsma s’en apercevra au procès. “Voilà les conséquences que peut avoir le simple fait, chez quelqu’un, d’aimer dormir tard : l’angoisse et la terreur que cela pouvait déchaîner en moi.”

Si son travail sur la violence n’est pas une conséquence directe du rapt, ce traumatisme-là l’a incontestablement nourri, au même titre que les activités de son institut, devenu célèbre dans le monde entier à la faveur d’une exposition controversée, en 1995, sur les crimes de la Wehrmacht.

Les vétérans de l’armée allemande eurent soudain, sous les yeux, les photos complaisantes du meurtre de masse auquel beaucoup avaient participé – et non les seuls SS. Le scandale fut énorme : en Allemagne comme en Autriche, il y eut un avant et un après.

La violence qui ne vise qu’à l’annihilation du corps, Jan Reemtsma lui a inventé un nom : “violence autotélique”. C’est surtout cette dernière que la modernité derrière le droit et le monopole de la violence par l’Etat s’obstine à ne pas voir, tout comme l’opinion d’après-guerre a renâclé à contempler la tête de Méduse du génocide.

La brandir, voilà pourquoi Jan Philipp Reemtsma fait de la sociologie, en citant abondamment Shakespeare, “le plus grand sociologue du pouvoir de tous les temps”. Savoir exhiber, art du metteur en scène, n’est-ce pas aussi celui du sociologue ?

Nicolas Weill à propos de Confiance et violence de Jan Philipp Reemtsma

Jan Philipp Reemtsma
Jan Philipp Reemtsma

L’auteur Jan Philipp Reemtsma

Jan Philipp Reemtsma né en 1952 est philologue et essayiste allemand. Il a enseigné la littérature allemande moderne à l’Université de Hambourg.

Il est fondateur et membre du comité directeur du Hamburger Institut für Sozialforschung et de la Arno Schmidt Stiftung.

Se procurer l’ouvrage de Jan Philipp Reemtsma Confiance et violence : Essai sur une configuration particulière de la modernité

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Pourquoi tant de silence ?

Publié par Hervé Moine le 28 octobre 2011

Le silence fait son show dans un monde bruyant

Article paru dans 20mintes.ch le 27 octobre 2011

http://www.20min.ch/

Stress et cacophonie sont les démons de notre époque. Une philosophe explique pourquoi le calme est devenu un but ultime.

Elsa Godart, philosophe et psychanalyste

Le mot silence est sur toutes les lèvres, cet automne. Les preuves ? «The Artist», actuellement à l’affiche, est un film muet où le héros, campé par Jean Dujardin, est un acteur des années 1930 incapable d’émettre un son. La mode de la «silent party» fait un tabac à Paris. Depuis quelques semaines, la presse francophone tartine sur le silence radio de l’écrivain Michel Houellebecq, qui se planque dans un lieu secret, ou celui du satellite «Rosat», qui s’est échoué sur terre sans faire de bruit.

Pourquoi ce thème est-il dans l’air du temps aujourd’hui ? Pour la philosophe Elsa Godart, «le silence n’est jamais rien, c’est un langage à part entière. Au-delà des non-dits angoissants et pesants­, le silence invite au retour sur soi et au recueillement­.» Sonneries, vrombissements, chaos : l’homme moderne est assailli par le bruit. Perçu comme l’expression de la vie, il est désormais, à haute dose, synonyme de stress. Le contemporain aspire à ce luxe qu’est la sérénité. «Certes, l’angoisse du silence est liée à la peur du vide. Mais rompre avec le rythme effréné de la vie urbaine permet d’entendre mieux», ajoute l’intellectuelle, qui évoque la dimension collective de cette quête : «Etre ensemble dans le silence est une forme extrême d’intimité.»

Mutisme élevé au rang d’art de vivre

A la fin du XXe siècle, «Le monde du silence», comprenez l’univers sous-marin, était le champ d’action du commandant Cousteau, un célèbre explorateur. Au XXIe, c’est un cinéaste, David Lynch, qui sonde, lui aussi, les profondeurs, mais celles de l’âme. Nul besoin d’un sous-marin: l’artiste s’est fait le chantre de la méditation aux Etats-Unis et a ouvert une fondation où ses disciples distillent, sans bruit, une technique originale pour atteindre la paix intérieure. Cette aspiration au zen est aussi en vogue dans le domaine professionnel en France. Des entreprises (L’Oréal, Ikea, Areva, hôpitaux, etc.) ont recours à un sophrologue qui réunit les employés pour des séances de relaxation et de silence. Le but est la gestion du stress, qui pousse 30% des salariés français à envisager de quitter leur emploi.

En piste contre le boucan

Le Silencio fait beaucoup de bruit à Paris. La boîte de nuit, inaugurée récemment, est la plus courue de la capitale française. L’établissement s’est notamment spécialisé dans la «silent party». Le principe ? Les joyeux drilles écoutent les sons du DJ dans des casques sans fil. Vu de l’extérieur, le spectacle est surréaliste. Ces réjouissances silencieuses­ avaient été lancées en Grande-Bretagne en l’an 2000. Leur but était de lutter contre la pollution sonore en milieu­ urbain.

Qu’il est rassurant, le bruit de l’auto !

Volvo s’intéresse au silence de ses nouveaux modèles électriques, jugé «oppressant» par des testeurs. Depuis 2009, ces voitures font l’objet d’essais acoustiques en laboratoire afin «de créer une ambiance agréable à l’oreille, dans et hors de la voiture», dit le constructeur. De nombreux piétons malvoyants, inquiets de cette absence de sons «avertisseurs», se plaignent. Ils craignent pour leur sécurité.

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La peur comme ciment de l’union sociale

Publié par Hervé Moine le 10 octobre 2011

La société.

La peur est-elle au fondement du lien social ?

Conférence de Florence Grumillier

Samedi 15 octobre 2011

à 17h15

Salle Jean Pellerin à Toul

Peur ou angoisse

Article de Martine Schoenstein paru dans l’Est Républicain

Après “La beauté”, “La vie”, puis “L’imagination”, place à “La société”, le nouveau thème choisi par Florence Grumillier, dans le cadre de ses rendez-vous philosophiques, proposés par la médiathèque, à l’autonme puis au printemps. Toujours ssous l’égide de l’association Phil’Arts.

Pour ce nouveau rendez-vous, l’ex-enseignante de la Doctrine Chrétienne invite le public à gagner la salle Jean Pellerin, samedi 15 octobre 2011, à 17h15 afin d’évoquer “un sujet porteur et culturel” qu’elle développera, sous forme d’un questionnement : “La peur est-elle aux fondements du lien social ?”

L’occasion pour l’agrégée de philosophie d’évoquer la distinction entre peur et angoisse; Et de proposer une thèse selon laquelle l’origine de l’angoisse est difficile à désigner, alors que la peur peut- être nommée. A l’image des grandes peurs des siècles passés, comme la peste ou le choléra. L’angoisse en revanche pouvant être considérée comme un état latent, invisible et souvent difficile à déterminer, toutefois et parfois matérialisée par des signaux concrets “comme la fameuse gorge nouée” explique l’agrégée de philosophie qui souhaite encore et toujours ouvrir cette rencontre à un large public.

Cette conférence-débat sera d’ailleurs illustrée, cette fois aussi, par des tableaux et commentaires choisis par Sylvie Prévost, professeur de lettres au lycée Majorelle. Un tandem tourné vers la volonté de transmettre sa passion pour la philosophie et les bienfaits qu’elle peut engendrer, en ce siècle mouvementé…

Un extrait de la réflexion de Florence Grummillier

Qu’est ce qui fait la cohésion d’une société, quel est son fondement, autrement dit son assise, ce qui la soutient ? Comme nous l’indique l’expression « lien social », la société en effet n’est pas un simple agrégat ou une simple somme d’individus. Vivre en société, ce n’est pas vivre simplement regroupés. Une société est une union, une alliance de plusieurs individus autour d’intérêts communs. Ces liens peuvent être des valeurs, mais aussi des affects : passions, sentiments, émotions … La peur en ferait-elle partie? La peur recouvre une gamme de sentiments et d’émotions allant de la crainte et de l’appréhension aux terreurs les plus vives. Elle est dirigée vers l’avenir dans lequel elle redoute tel ou tel objet qui constitue une menace, un danger pour la vie (réel ou imaginaire). En cela, elle diffère, comme l’a bien montré Heidegger, de l’angoisse qui porte sur l’inconnu, alors que l’objet de la peur est connu. L’angoisse est un trouble, un malaise sans objet précis, au contraire de la peur, qui le nomme, l’identifie. Soit la célèbre scène du film d’Hitchcock, Psychose, la scène dans la douche où le meurtrier s’apprête à tuer l’héroïne. Cette scène est sans surprise, pour avoir déjà vu le film ou avoir entendu raconter cette scène, chacun sait qu’elle aura lieu. Et pourtant, quand elle arrive, elle fait très peur.

La question, à savoir si la peur peut être un ciment de l’union sociale, peut paraître choquant…

Lire la suite http://www.philoflo.fr/resources/La+peur+est+au+fondement+du+lien+social.pdf

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La vie, la société, la politique

Publié par Hervé Moine le 1 octobre 2011

Colloque

Vendredi 28 octobre 2011  à Paris (75013)

L’anthropologie philosophique et son potentiel critique. La vie, la société, la politique

Leben, Gesellschaft, Politik. Philosophische Anthropologie und ihr kritisches Potential

L’anthropologie philosophique constitue dans la pensée contemporaine un paradigme sui generis qui semble promis aujourd’hui à une actualité nouvelle. Le projet se fixe pour objectif d’en étudier la spécificité et l’actualité dans une double perspective : historique et franco-allemande.

Au Programme

Vendredi / Freitag, 28.10.2011

  • 9h00 Gérard RAULET (Paris), Politische Herausforderungen. – Lehren aus einem Forschungsprojekt.
  • 9h40 Joachim FISCHER (Dresde), Philosophische Anthropologie als kritische Theorie?

10h20 Discussion

  • 11h00 Guillaume PLAS (Paris), Bergsons Anthropologie und die Suche nach der deutschen kulturellen Identität in der Weimarer Zeit.

11h40 Discussion

  • 14h00 Alexis DIRAKIS (Potsdam / Paris IV), Plessner et la tralectique humaine. Une anthropologie biopolitique de la juste mesure
  • 14h40 Hans-Peter KRÜGER (Potsdam), Plessners Philosophische Anthropologie als Selbstkritik der westlichen Moderne.
  • 15h20 Mario MARINO (Poznan), Voegelin, Plessner und Gehlen auf der Probe von alten und neuen Rassismen.

16h00 Discussion

  • 16h30 Julia CHRIST (Paris / Francfort), Aux sources de l’anthropologie philosophique en France. Georges Bataille et « l’être hors de soi comme lieu de la critique ».
  • 17h10 Francesco GREGORIO (Lausanne), Héroïsme et pessimisme de l’homme philosophe. L’anthropologie philosophique de Castoriadis
  • 18h00 Heike DELITZ (Bamberg), „Die wahre soziale Beziehung ist die der technischen Aktivität“. – Philosophische Anthropologie und Gesellschaftstheorie bei Gilbert Simondon.

18h45 Discussion

Samedi / Samstag, 29.10.2011

  • 9h15 Ada NESCHKE (Lausanne), Die “Natur” des Menschen und das Recht – La “nature” de l’homme et le droit.
  • 10h00 Matthias SCHLOSSBERGER (Potsdam), Anthropologie der Menschenrechte
  • 11h00 Karl-Siegbert REHBERG (Dresde), Kunst als Erkenntnismedium. Arnold Gehlens
    Kunstsoziologie als anthropologisch fundierte Zeitdeutung.

Organisation

Groupe de recherche sur la culture de Weimar

190 avenue de France

75013 Paris

Tél.: 01.49.54.22.58

groupe.weimar@msh-paris.fr


Lieu

  • Paris (75013)

Dates

  • vendredi 28 octobre 2011
  • samedi 29 octobre 2011

Contact

  • Gérard Raulet
    courriel : groupe [point] weimar (at) msh-paris [point] fr

Url de référence

Source de l’information

  • Annette Schläfer
    courriel : schlafer (at) ciera [point] fr

« L’anthropologie philosophique et son potentiel critique. La vie, la société, la politique », Colloque, Calenda, publié le vendredi 30 septembre 2011, http://calenda.revues.org/nouvelle20941.html

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Quels moyens pour réduire le divorce entre la science et la société ?

Publié par Hervé Moine le 2 septembre 2011

Peut-on réduire le divorce entre science et société ?

Mardi 27 Septembre 2011

Observatoire Midi-Pyrénées

14 avenue Edouard Belin 31400 Toulouse

A 11h, Salle Coriolis

Résumé de la conférence :

À la demande du Premier Ministre, le Haut Conseil de la Science et de la Technologie a été chargé d’engager, en 2010, une vaste réflexion sur « les moyens de réduire le divorce existant entre la science et la société ». Sollicité pour participer à ces travaux, Philippe Solal a rédigé un rapport qu’il fut ensuite appelé à exposer devant les membres de cette instance.

Cette communication se situe dans le prolongement de ce travail, en rappelant d’abord les données qui ont permis d’établir le diagnostic d’un tel divorce. Si les axes qui furent privilégiés par le Haut Conseil furent ceux liés à la notion de « perception des risques » par le grand public, en particulier dans le domaine de la chimie, il faudra se demander si l’effort porté sur le travail de « médiation scientifique », constitue la réponse la mieux adaptée aux peurs qui hantent la société française, vis-à-vis d’une science souvent perçue comme un instrument confisqué par une élite indifférente aux dangers que ses pouvoirs font peser sur les citoyens.

Avec Philippe Solal, Agrégé de Philosophie, enseignant-chercheur en Histoire des Sciences à l’INSA de Toulouse , et représentant l’INSA au bureau du service de Diffusion de la Culture des Sciences et des Techniques à l’Université de Toulouse.

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Chantal Delsol se frotte à l’exercice du carnet d’actualité

Publié par Hervé Moine le 13 juillet 2011

Chantal Delsol

Penser le présent : Chroniques d’actualité 1997-2010""

Editions Bourin janvier 2011

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur

Qu’est-ce qu’être français ? Faut-il avoir peur du libéralisme ? Pourquoi nos gouvernants manquent-ils de courage ? Quel rôle assigner à la famille dans notre société ? De quelles réformes l’Education nationale a-t-elle besoin ? Quel bilan tirer de l’héritage de la génération 1968 ? Où situer les frontières de l’Europe ? Faut-il boycotter les pays qui ne nous ressemblent pas ?

Les questions les plus fondamentales s’invitent régulièrement dans les journaux, mais rares sont les philosophes désireux de se frotter à l’exercice du carnet d’actualité. A cet égard, Chantal Delsol est, à droite, l’une des voix les plus précieuses de la scène intellectuelle contemporaine. Penser le présent regroupe près de cent textes publiés ces dernières années dans Le Figaro, Valeurs actuelles, La Croix et Le Monde, auxquels s’ajoutent deux articles inédits.

Une somme magistrale où l’interrogation sur notre monde se donne à lire dans une langue d’écrivain.

Pour se procurer l’ouvrage de Chantal Delsol Penser le présent : Chroniques d’actualité 1997-2010

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