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Articles Tagués ‘technique’

Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir

Publié par Hervé Moine le 27 février 2011

Pascal Chabot

Les sept stades de la philosophie

PUF

Présentation de l’éditeur

Pourquoi la philosophie ? Que chercher dans cette discipline ? Quel impact peut-elle avoir sur l’existence de celles et ceux qui la pratiquent ? Ce livre enlevé et ciselé, original et éclairant, prend le parti d’affirmer que la philosophie a des fonctions précises qui traversent son histoire et nourrissent ses désirs. Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir : telles sont les sept opérations philosophiques majeures, les sept stades de ces étranges jeux où s’affrontent et se révèlent la vie et la théorie.

Pascal Chabot

Pascal Chabot

L’auteur

Pascal Chabot est philosophe.

Né en 1973, il a étudié la philosophie à l’Université de La Sorbonne-Paris I et à l’Université Libre de Bruxelles. Il a consacré sa thèse de doctorat au philosophe Gilbert Simondon et a fait paraître La philosophie de Simondon (Vrin, 2003).

Chargé de recherches au Fonds National de la Recherche Scientifique (1997-2004), il est l’auteur de plusieurs livres et de nombreux articles sur la philosophie contemporaine, l’éthique, l’esthétique et la littérature. En 2006, il rejoint la compagnie de la chorégraphe Michèle Noiret comme conseiller artistique.

En 2008, il publie un essai dans la collection Travaux Pratiques des P.U.F, intitulé Après le progrès.

Pour se procurer Les sept stades de la philosophie

Au sommaire de l’ouvrage

Première partie : Ce que je cherche en philosophie

1. Le jeu de la vie et de la théorie. 2. Eloge funèbre d’une ancienne discipline. 3. Des complices. 4. Les désirs premiers.

Deuxième partie : Sept stades.

1. Elucider. 2. Libérer. 3. Se connaître. 4. Transmettre. 5. Prospecter. 6. Transformer. 7. Réjouir.

Troisième partie : On n’est jamais trop actuel en philosophie.

1. Deux façons de progresser 2. Au-delà des visions.

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Les deux autres ouvrages majeurs de Pascal Chabot

Pascal Chabot et Hottois

Les philosophes et la technique

Vrin

Présentation de l’éditeur

Les études réunies ont été présentées au Colloque International de Bruxelles organisé sous les auspices de la FISP (Fédération Internationale des Sociétés de Philosophie) en 2002 dont le thème a été conservé comme titre du recueil.

L’intention était d’illustrer la manière dont divers philosophes ont traité ou esquivé la question de la technique. L’ampleur du champ, historique et contemporain, interdisait toute exhaustivité. Le dessein était plus anthologique qu’encyclopédique. Les analyses critiques qui composent le volume manifestent l’intérêt de cette approche appliquée à Aristote, Lulle, Salutati, Kant, Kapp, Bergson, Ortega, Schmitt, Jonas, Brun, Arendt, Foucault Simondon, Heidegger, Haraway, Fukuyama.

Et il serait fécond de l’étendre tant il est vrai qu’en notre époque très technologique, poser, aux philosophes qui nous sont les plus familiers, la question du sort qu’ils ont réservé à la technique s’avère riche en enseignements sur eux et pour nous.

Pour se procurer l’ouvrage Les philosophes et la technique

 

 

 

 

 

Pascal Chabot

Après le progrès

PUF

Présentation de l’éditeur

La tyrannie du Progrès, machine à engendrer des croyants puis des désespérés, a été maintes fois dénoncée comme une utopie néfaste (voire catastrophique), et c’est tant mieux. Mais dénoncer le Progrès ne doit pas nous entraîner vers une bien-pensance hypocrite qui nous verrait condamner a priori des progrès enregistrés dans tous les domaines techniques, quand l’homme des temps contemporains en jouit chaque jour. A partir d’une approche philosophique serrée (Francis Bacon, Henri Bergson, Gilbert Simondon…), l’auteur montre que le progrès est proprement vide de sens et qu’il ne tient qu’à l’humanité de le charger de valeur, c’est-à-dire à chaque individu de s’en constituer une conscience propre : tel est l’exigence avancée ici par l’auteur, qui l’illustre par la perception singulière qu’en ont restitué certains auteurs de fiction (Defoe, Baudelaire, Rimbaud, Reverdy…).

Pour se procurer l’ouvrage Après le progrès

 

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Entre le grand philosophe Emmanuel Kant et les chimpanzés, un fossé infranchissable ?

Publié par Hervé Moine le 7 février 2011

Séminaire Individuation et technique

Mardi 15 février 2011

Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord

Georges Chapouthier

Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ?

La prochaine séance du séminaire “Individuation et technique” aura lieu le mardi 15/2 de 17h à 19h30 à la Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord, 4 rue de la Croix-Faron (RER B station La Plaine-Stade de France). Nous aurons le plaisir d’accueillir le neurobiologiste Georges Chapouthier.

L’auteur de L’homme, l’animal et la machine et de Kant et le chimpanzé : Essai sur l’être humain, la morale et l’art interviendra sur le thème : “Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? Son intervention aura lieu dans la Salle A, et sera suivie d’un débat.

Rappel sur le séminaire

Le séminaire « Individuation et Technique » résulte du couplage des activités de l’atelier avec le nouveau séminaire organisé par Jean-Hugues Barthélémy dans lecadre de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, où il prolonge ses précédentes recherches sur « L’Encyclopédisme génétique de Gilbert Simondon ». Il accueille des conférences relatives à quelques chantiers théoriques ouverts par l’œuvre simondonienne :

  1. Comment penser la dérivation de la culture à partir de la nature en accord avec les récents progrès de l’éthologie ? Autrement dit, comment penser la dérivation de la culture comme sphère du sens à partir de la nature, à l’heure où l’éthologie vient bousculer les derniers îlots de résistance des philosophes du « propre de l’homme » ?
  2. Peut-on mettre en relation la pensée du vivant chez Simondon avec les dernières avancées théoriques de la biologie française ? Autrement dit, L’individuation est-elle la thématique où doit se construire cette articulation de l’homme au vivant ? Quelle est d’autre part la nature exacte du lien entre la pensée simondonienne du vivant (présence de processus internes de mort comme conditions de l’individuation vitale, mais aussi critique de la conception de l’information comme message) et les dernières avancées théoriques de la biologie française (Ameisen, Kupiec) ?
  3. Quel statut reçoit la technique au sein de ce devenir culturel de la nature ? Faut-il en faire (peut-être par-delà Simondon autant que grâce à lui) une condition générale, et définir différents régimes de technicité en fonction des différentes « phases de la culture » (science, art, etc) ?

En outre, les travaux du séminaire ont vocation à alimenter les Cahiers Simondon que dirige Barthélémy.

Pour cette année 2010/11 , Le séminaire « Individuation et technique » (MSH-Paris-Nord), en partenariat avec l’Atelier Simondon (ENS Ulm) a déjà proposé 5 séances ont déjà eu lieu : « Simondon et les différents stades de la mécanique quantique » avec Gilles Cohen-Tannoudji (CEA), « L’homme, la technique et la Polis », par Jean-Hugues Barthélémy et « L’histoire… à la limite », par Ludovic Duhem (Lille 3) ; « Simondon et les sciences sociales » avec Xavier Guchet (Paris 1) ; « Les enjeux de la postanimalité » avec Dominique Lestel (ENS) et le 20 janvier dernier « Le disegno chez Simondon » avec Giovanni Carrozzini (Université de Lecce).

5 séances, sont encore à venir

  • Mardi 16 février : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? » avec Georges Chapoutier (CNRS et MSH Paris-Nord)
  • Jeudi 17 mars : « La mécanologie du satellite Herschel » avec Vincent Minier (CEA)
  • Jeudi 7 avril : « Simondon et la psychothérapie » avec Jacques-Antoine Malarewicz (Malarewicz Conseil)
  • Jeudi 5 mai : « Repenser la politique avec Simondon » avec André Tosel (professeur émérite des universités)
  • Jeudi 26 mai : « Simondon, théoricien de l’imagination » avec Jean-Louis Déotte (Paris 8 et MSH-Paris-Nord)

Portrait du prochain intervenant du séminaire le neurobiologiste, Georges Chapouthier

Article de Marie Lescroart du Journal du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/4649.htm

rencontre avec
Georges Chapouthier © S. Godefroy/CNRS Photothèque

Passion double

Entre biologie et philosophie, Georges Chapouthier n’a pas voulu choisir. Neurobiologiste, directeur de recherche CNRS au Centre émotion-remédiation et réalité virtuelle1, spécialiste des liens entre anxiété et mémoire, l’homme est aussi auteur d’essais sur l’animalité, le droit de l’animal, et l’éthique de nos relations à la nature. Paru chez Belin en 2009, l’un de ses derniers ouvrages, Kant et le chimpanzé, traite de la continuité entre animal et être humain, et des racines « naturelles » de concepts aussi évolués que l’art et la morale. Le débit est rapide, les idées fusent, précises : Georges Chapouthier n’est pas homme à perdre de temps. C’est qu’il a dû optimiser son agenda pour mener de front ses deux carrières ! « Après mes journées au laboratoire, la philosophie occupe le plus clair de mon temps libre. Mais en fait, j’y pense continuellement, avoue-t-il. D’ailleurs, je vois mal comment j’aurais pu avoir ce parcours sans cette passion pour ces deux disciplines ! »

Ce double attrait ne date pas d’hier. « Nous sommes tous conditionnés par notre enfance », estime-t-il. La sienne fut marquée par une double influence. Son côté littéraire, un appétit pour les livres qu’il dévore depuis son plus jeune âge, il le doit à son père, archéologue et professeur de grec à la Sorbonne, et à sa mère qui enseignait les lettres classiques dans un lycée. Son intérêt pour les sciences est, lui, un avatar de « cette appétence pour les animaux qui, pour des raisons mystérieuses, touche certaines personnes ». Enfant, il se réjouissait de retrouver les animaux de la ferme de son grand-père, en Charente, connaissait par leur nom tous les chiens du village, passait des heures avec les chats. « Cet amour des bêtes est à l’origine de ma volonté de comprendre leur comportement », analyse-t-il rétrospectivement.

En terminale, le jeune homme doit bien faire un choix. Il opte pour les sciences. « J’aimais les lettres, mais pas le latin », justifie-t-il. S’ensuit une classe préparatoire en biologie, puis l’École normale supérieure. C’est avec son sujet de thèse de troisième cycle, sur l’apprentissage des vers plats, qu’il entame sa carrière d’explorateur de la mémoire. Une exploration fructueuse. Dans les années 1980, avec Jean Rossier, au laboratoire de physiologie nerveuse du CNRS, à Gif-sur-Yvette, il montre qu’à dose très faible, une molécule, la b-CCM, facilite l’apprentissage chez la souris, tandis qu’à dose plus forte, elle le perturbe et provoque l’anxiété. Ces travaux, qui suggèrent qu’anxiété et mémoire reposent sur un même mécanisme, lui valent deux publications, coup sur coup, dans la revue Nature. En 1989, il rejoint le groupe de génétique du comportement de Pierre Roubertoux à la faculté de médecine de Paris. Et c’est là qu’il met en évidence certains facteurs génétiques conditionnant la sensibilité à l’anxiété, en produisant deux lignées de souris dont l’une est sensible, et l’autre est résistante à la b-CCM. Enfin, en 1995, il intègre son unité actuelle, le laboratoire de Roland Jouvent, afin de poursuivre ses recherches sur l’action des molécules sur l’anxiété et la mémoire des rongeurs.

Beaucoup se seraient contentés de cette carrière bien remplie de biologiste. Mais à peine l’avait-il entamée que le littéraire en lui souffrait déjà d’être délaissé. Goût pour les études oblige (encore un coup du conditionnement familial), il entreprend, juste après sa nomination au CNRS, un cursus complet en philosophie, parallèlement à son activité de jeune chercheur. « Je me disais que mes futurs travaux de philosophe pourraient se nourrir de mes recherches en biologie. » Ce spécialiste de la mémoire soutiendra donc une thèse de troisième cycle en philosophie sur le concept d’information. Plus tard, il explorera l’apparent paradoxe qu’il y a à expérimenter sur les animaux, quand on est depuis toujours défenseur de leur cause, dans sa thèse d’État sur le respect de l’animal. Publié en 1990 aux éditions Denoël sous le titre « Au bon vouloir de l’homme, l’animal », ce travail est devenu une référence en matière d’éthique et de droit de l’animal.

À deux ans de la retraite, Georges Chapouthier n’est pas prêt de se retirer du monde des idées. Côté sciences, il entame un nouveau chapitre de ses recherches pour étudier, sous la direction du professeur Jouvent, les rapports entre anxiété et mémoire chez l’être humain, sans oublier des projets de livres sur le cerveau. Ensuite, il aimerait se consacrer pleinement aux lettres, voire à la littérature. « J’aimerais m’essayer à la science-fiction », confie-t-il. Et, peut-être, se retirer à la campagne, avec des compagnons à quatre pattes.

Marie Lescroart

Notes : 1. Unité CNRS / APHP Pitié-Salpêtrière / Université Paris-VI.

George Chapouthier et Frédéric Kaplan

L’homme l’animal et la machine

CNRS Editions

Présentation de l’éditeur

Les animaux ont-ils une conscience ? Sont-ils intelligents ? Et les machines ? Peuvent-elles avoir un cerveau ? La culture, qui a fait l’intelligence de l’homme, fera-t-elle l’intelligence des machines ? Les ordinateurs remplaceront-ils un jour les humains ? Et l’homme ? Est-il une machine ? Un animal ? Les deux ? Autant de questions qui, au final, n’en font qu’une : comparé aux machines et aux animaux, quel est le propre de l’homme ? Chaque nouvelle découverte des biologistes, chaque nouvelle invention des ingénieurs nous invite à reconsidérer cette vertigineuse interrogation. Voici réunis, en un volume clair et didactique, les analyses des deux grands spécialistes d’un sujet qui n’en finit pas d’alimenter les débats entre scientifiques, zoologistes, informaticiens, philosophes, théologiens… Sont ainsi explorés les concepts clés à partir desquels l’homme s’est comparé aux animaux et aux machines : apprentissage, intelligence, conscience, capacité à ressentir la douleur, à construire une culture ou une morale. Sont aussi analysées les relations complexes qui nous lient à notre alter ego biologique et artificiel : attachement, sexualité, droit, hybridation. Sans oublier les traits qui semblent encore spécifiques à l’homme : le rire, l’imaginaire, l’âme ou le sens du temps. Un ouvrage passionnant qui explore les méandres de la nature humaine à l’aune des dernières avancées de la science.

Le co-auteur de Georges Chapouthier, Frédéric Kaplan  est spécialiste des interfaces homme-machines et de l’intelligence artificielle, est chercheur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il a notamment publié Les machines apprivoisées (Vuibert, 2005) et La métamorphose des objets (Fyp, 2009)

Pour se procurer l’ouvrage de Georges Chapouthier et de Frédéric Kaplan, L’homme, l’animal et la machine

 

Georges Chapouthier

Kant et le chimpanzé

Essai sur l’être humain, la morale et l’art

Editions Belin / Pour la science

Présentation de l’éditeur

Nous, êtres humains, sommes issus d’une longue évolution, minérale et cosmique d’abord, biologique et terrestre ensuite. Pour certains, nous aurions définitivement rompu avec un héritage ancestral qui faisait de nous des bêtes. Nous seuls serions capables du sens du bien et du sens du beau. Nous seuls serions doués de morale. Il existerait ainsi un fossé infranchissable entre le grand philosophe Emmanuel Kant et nos cousins les chimpanzés ! Ou bien, au contraire, faut-il considérer que la morale et l’esthétique chez l’homme plongent leurs racines dans le terreau de la “nature”? Les animaux ne sont-ils pas eux aussi capables de dévouement pour leurs proches? Nos cousins les primates ne peuvent-ils pas éprouver eux aussi des sentiments en face d’une belle (d’un beau) chimpanzé ? Bref, la découverte des “cultures animales” n’amène-t-elle pas à concevoir davantage de continuité entre l’homme et l’animal ?

Pour se procurer l’ouvrage de Georges Chapouthier, Kant et le chimpanzé : Essai sur l’être humain, la morale et l’art

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dialogue entre scientifiques et philosophes à la Cité des sciences et de l’industrie

Publié par Hervé Moine le 6 janvier 2011

Les sixièmes rencontres de Futura Sciences

avec le Collège international de philosophie

Pour la sixième saison, trois rencontres organisées en partenariat avec le Collège international de philosophie

font dialoguer scientifiques et philosophes sur des questions qui leur sont communes :

Qu’est-ce que vouloir une action, la réaliser et l’assumer ?

Qu’est-ce qu’apprendre ? Une simple imitation ou davantage ?

Quel rapport entretenons-nous avec la machine ?

Conseiller scientifique : Frédéric Vengeon, vice-président du Collège international de philosophie.

Au programme

Le 22 janvier 2011 : L’acte volontaire

  • David Dubois, directeur de programme de recherche, Collège international de philosophie, spécialiste de la pensée indienne.
  • Marc Jeannerod, professeur émérite de physiologie à l’université Claude-Bernard, fondateur de l’Institut des sciences cognitives et membre de l’Académie des sciences.
  • Pascal Séverac, vice-président du Collège international de philosophie, directeur de programme de recherche, spécialiste de Spinoza.

Modération : Roland Schaer, Universcience

Le 26 mars 2011 : Apprendre – Imiter

  • Emmanuel Brassat, professeur à l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Versailles, spécialiste en philosophie de l’éducation.
  • Ghislaine Dehaene-Lambertz, pédiatre, directrice de recherche au CNRS, laboratoire de neuro-imagerie du CEA.
  • Martine Hausberger, directrice du laboratoire d’éthologie animale et humaine, CNRS, Rennes.
  • Aurélie Névot, chercheure au CNRS, Centre d’études himalayennes.

Modération : Frédéric Vengeon

Le 28 mai 2011 : Les machines

  • Antoine Danchin, professeur à l’Université de Hong Kong, fondateur de AMAbiotics SAS, conseiller scientifique au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.
  • Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, chercheur au laboratoire d’informatique de Paris-VI (LIP6).
  • Patrick Juignet, directeur de programme au Collège international de philosophie, spécialiste des rapports de la machine et de l’esprit.
  • Frédéric Vengeon, directeur du programme Machine.

Modération : Bénédicte Leclercq, Universcience

Lieu

Cité des sciences et de l’industrie
30, avenue Corentin Cariou
75019
Paris

Contact

Tel : +33 (0)1.40.05.70.00

Site internet de Futura Sciences

http://www.futura-sciences.com

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Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu

Publié par Hervé Moine le 24 avril 2010

Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres

Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.

Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le “la” et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.

Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.

Hervé Moine

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Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”

KANT, Critique de la raison pratique.

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Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande;  les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité “technique”, qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité “technique” est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La “connaissance” cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

1 credo : affirmation d’une croyance

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Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.

Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si [...] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

Cicéron

Notes

* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

Questions :

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.      a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».

b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».

c) Expliquez: « si [...] tout se doit mesurer à l’intérêt, [...] il n’y a absolument plus de justice ».

3. La justice est-elle fondée sur la raison?

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Atelier Simondon : Les enjeux de la modulation

Publié par Hervé Moine le 13 avril 2010

9e séance du séminaire de l’Atelier Simondon

Individuation et technique

ENS/MSH Paris-Nord

L’Atelier Simondon de l’ENS organise son séminaire de recherche “Individuation et Technique” en collaboration avec la Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord.

La neuvième séance de l’Atelier Simondon, présentée par Frédéric Pascal et Vincent Bontems sur “les enjeux de la modulation” aura lieu Mardi 27 Avril 2010 de 18h à 20h30 au 29, rue d’Ulm, dans la salle Lapie au 2ème étage, à gauche en haut de l’escalier.

Lors de cette neuvième séance, Frédéric Pascal présentera des éléments de comparaison et de réflexion sur la définition de l’information par Simondon, son utilisation du concept de modulation, et les exemples tirés du domaine de l’acoustique. Il dialoguera avec Vincent Bontems au sujet de la valeur opératoire de ces notions.

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La 6ème séance du séminaire “Individuation et technique”

Publié par Hervé Moine le 1 mars 2010

La 6ème séance du séminaire “Individuation et technique” (ENS/ MSH Paris-Nord),

présentée par Anne Sauvagnargues et Jean-Hugues Barthélémy

sur “Gilbert Simondon et Gilles Deleuze”,

aura lieu Mardi 9 Mars de 18h à 20h30 au 29, rue d’Ulm,

dans l‘AMPHITHEATRE JULES FERRY au sous-sol.

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Lors de cette séance, Anne Sauvagnargues (auteure notamment de Deleuze. L’empirisme transcendantal aux PUF) reviendra sur la question des rapports de la philosophie deleuzienne avec l’oeuvre de Simondon, afin de faire une synthèse de ses travaux sur cette question. Jean-Hugues Barthélémy animera ensuite la discussion, en se basant notamment sur les deux chapitres consacrés par son ouvrage à Simondon et à son rôle majeur chez Deleuze.

L’Atelier Simondon

L’Atelier Simondon est un séminaire de recherche soutenu par le GHPS et lelaboratoire « Pensée des sciences » et accueilli dans les locaux du 29, rue d’Ulm par le CAPHES. Dirigé, par Vincent Bontems, philosophe des techniques au Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière (LARSIM-CEA), il propose des séances de travail sur les concepts de Gilbert Simondon tels qu’ils reçoivent une valeur opératoire dans des travaux académiques comme dans les pratiques de l’ingénieur, du design ou de l’informaticien. L’Atelier Simondon se consacre aussi à établir la généalogie de ces concepts, à clarifier l’interprétation decertains textes et à étudier la diffusion de l’œuvre en France et à l’étranger. L’Atelier Simondon bénéficie cette année de la participation de Frédéric Pascal (Institut Nicod), spécialiste de la philosophie analytique des techniques.

Le séminaire « Individuation et Technique » résulte du couplage des activités del’atelier avec le nouveau séminaire organisé par Jean-Hugues Barthélémy dans lecadre de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, où il prolonge ses précédentes recherches sur « L’Encyclopédisme génétique de Gilbert Simondon ». Il accueille des conférences relatives à quelques chantiers théoriques ouverts par l’œuvre simondonienne :

Comment penser la dérivation de la culture à partirde la nature en accord avec les récents progrès de l’éthologie ?

Peut-on mettre en relation la pensée du vivant chez Simondon avec les dernières avancées théoriques de la biologie française ?

Quel statut reçoit la technique au seinde ce devenir culturel de la nature ?

Les travaux du séminaire ont vocation àalimenter les Cahiers Simondon que dirige Barthélémy.

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L’écologie dans la pensée contemporaine : enjeux philosophiques et politiques

Publié par Hervé Moine le 27 septembre 2009

CIPh

Séminaire au Collège International de Philosophie

L’écologie dans la pensée contemporaine : enjeux philosophiques et politiques

Antonioli Manola

  • Les lundis 9,  16,  23,  30 novembre, 7 et 14 décembre
  • de 18h30 à 20h30
  • à la Salle JA05,
  • Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Tous les idéaux de la modernité (le progrès, la croissance, la technique, la maîtrise de l’homme sur la Nature) ont contribué à imposer pendant plusieurs siècles un humanisme non écologique et un développement techno-économico-scientifique peu soucieux de la préservation des ressources naturelles de la planète. L’urgence environnementale et les débats autour du « développement durable » ont mis récemment l’écologie au cœur de l’actualité. Mais la question écologique ne peut se cantonner à la sphère restreinte des experts et des savants ni s’énoncer exclusivement dans un vocabulaire technocratique ; elle implique une nouvelle philosophie des rapports entre l’homme, la technique et la Nature, mais aussi de nouvelles orientations dans tous les champs de l’activité humaine (politique, économie et culture). Le séminaire se propose d’exposer les axes principaux de cette problématique transversale, à partir de l’analyse des travaux des philosophes (Félix Guattari, Edgar Morin, Bernard Stiegler, Peter Sloterdjik, Thierry Paquot), des économistes (Serge Latouche), des sociologues (Bruno Latour), des paysagistes (Gilles Clément) qui nous invitent depuis longtemps à bâtir une relation riche de sens avec toutes les composantes (naturelles, sociales, techniques, urbaines) de notre environnement.

Intervenants :

  • Lundi 30 novembre : Alain Milon (philosophe, professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre) : Aux fondements de l’écologie urbaine : Georg Simmel
  • Lundi 7 décembre : Thierry Paquot (philosophe, professeur à l’IUP de Créteil) : Retour sur Emerson et Thoreau
  • Lundi 14 décembre : Benoît Goetz (philosophe, professeur à l’Université de Metz) : Toucher Terre : Nietzsche, Deleuze, les Straub

=> Pour connaître le programme des séminaires

=> Le site du Collège International de Philosophie

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Bac philo 2009 : Sujets nationaux des séries Technologiques 2009

Publié par Hervé Moine le 18 juin 2009

Sujet 1

Peut-on être sûr d’avoir raison ?

Sujet 2

La technique s’oppose-t-elle à la nature ?

Sujet 3

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

« La loi ne consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu’à le guider vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. S’ils pouvaient être plus heureux sans elle, la loi s’évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte. De sorte que, quelles que soient les erreurs commises à son propos, la finalité de la loi n’est pas d’abolir ou de restreindre mais de préserver et d’élargir la liberté ; et dans toutes les conditions des êtres créés qui sont capables de vivre d’après des lois, là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas de liberté. Car la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être lorsqu’il n’y a point de loi ; mais la liberté n’est pas ce que l’on nous dit, à savoir une liberté, pour tout homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n’importe quel homme peut nous imposer ses humeurs ?). Mais c’est une liberté de disposer et d’ordonner comme on l’entend sa personne, ses actions, ses biens et l’ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa propre volonté. »

Locke

Questions :

1. Dégagez la thèse de ce texte et mettez en évidence les étapes de son argumentation.

2.

a. Précisez la conception de la liberté à laquelle Locke s’oppose dans ce texte.

b. En vous appuyant sur l’image de la ligne 4, expliquez : « guider [un agent libre et intelligent] vers ses propres intérêts ».

c. Comment Locke définit-il la liberté ? Expliquez cette définition en vous appuyant précisément sur le texte.

3. La loi est-elle la condition de la liberté ?

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Bac philo juin 2009 : Les sujets nationaux

Publié par Hervé Moine le 18 juin 2009

Je viens de recevoir par mes collègues métropolitains, les sujets de l’épreuve de philosophie du baccalauréat sur les quels ont planché, aujourd’hui, les candidats de la France hexagonale. Aussi, je vous les soumets, avant d’aller chercher mon lot de copies à corriger. C’est la 20ème session de bac que je corrige : ça se fête !

Je n’ai pas les sujets des séries technologiques.

Hervé Moine

Série L

Sujet 1

Le langage trahit-il la pensée ?

Sujet 2

L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

Sujet 3

Un extrait du «Monde comme volonté et comme représentation» de SCHOPENHAUER.

Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau.

Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir.

Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

Série ES

Sujet 1

Que gagne-t-on à échanger ?

Sujet 2

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Sujet 3

Un extrait d’ «Essai sur l’entendement humain» de John LOCKE

Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.

Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.

La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?

Série S

Sujet 1

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Sujet 2

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Sujet 3

Un extrait de «De la démocratie en Amérique» de TOCQUEVILLE

Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.

On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d’un premier coup d’œil qu’il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier à l’intérêt général.

C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.

On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s’entraider.

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T.ES & T.S Devoir à rendre pour le 30 avril 2009

Publié par Hervé Moine le 13 avril 2009

Vous traiterez l’un des deux sujets au choix. Ce devoir est à rendre pour le 30 avril 2009.

  1. Peut-on identifier œuvre et travail ?

  2. Les sciences progressent-elles vers la vérité ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire çi-dessous pour apporter vos contributions et réflexions sur ces sujets.

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