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Pour un plaidoyer en faveur d’Aristote…

Publié par Hervé Moine le 12 novembre 2009

Paul Jorion, “Comment la vérité et la réalité furent inventées”

Jorion vérité réalitéPaul Jorion,

Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009),

dans la Collection « Bibliothèque des Sciences Humaines »,

chez Gallimard, 400p.

ISBN 9782070126002

Cet essai ambitieux se veut une contribution à l’anthropologie des savoirs. Paul Jorion y propose un exercice de décentrement radical par rapport à nos habitudes de pensée. Il montre comment les notions de « vérité » et de « réalité », loin d’aller de soi, sont apparues à des moments précis de l’histoire de la culture occidentale.

La « vérité » est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la « réalité » (objective), dans l’Europe du XVIe siècle. L’une découle de l’autre : à partir du moment où s’impose l’idée d’une vérité, sous l’influence de Platon et d’Aristote, dire la vérité revient à décrire la réalité. Selon Paul Jorion, cette dernière résulte toutefois, sous sa forme moderne, d’un coup de force opéré à la Renaissance par les jeunes-turcs de l’astronomie moderne naissante. Ce coup de force supposait une assimilation de deux univers : le monde tel qu’il est en soi et celui des objets mathématiques. Il en résulta une confusion entre les deux, dont la science contemporaine est l’héritière.

À suivre l’auteur, nous sommes entrés dans l’époque des rendements décroissants de ces « inventions » jadis fructueuses. D’où la nécessité de débarrasser l’entreprise de construction des connaissances du mysticisme mathématique et de réhabiliter la rigueur dans le raisonnement. Celle-ci exige de réassigner au modèle, en particulier mathématique, son statut de représentation au sein de l’esprit humain. L’ouvrage constitue ainsi un plaidoyer en faveur d’un « retour à Aristote », situant l’auteur dans une tradition philosophique où l’on côtoie Hegel et Kojève, mais aussi Wittgenstein.

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Qui est Paul Jorion ?

Paul Jorion est Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a enseigné aux universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique.

Paul Jorion a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Il a publié un ouvrage en anglais relatif aux répercussions pour les marchés boursiers de la faillite de la compagnie Enron : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill : 2003). Il a publié plus récemment, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007), L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (Fayard : 2008) et La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard : 2008).

Paul Jorion est « Visiting Scholar » du Programme Interdépartemental Human Complex Systems de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Pour se procurer Comment la vérité et la réalité furent inventées

Jorion vérité réalité________________________________________

Pour obtenir les autres ouvrages de Paul Jorion

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Bac philo 2009 : Sujets nationaux des séries Technologiques 2009

Publié par Hervé Moine le 18 juin 2009

Sujet 1

Peut-on être sûr d’avoir raison ?

Sujet 2

La technique s’oppose-t-elle à la nature ?

Sujet 3

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

« La loi ne consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu’à le guider vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. S’ils pouvaient être plus heureux sans elle, la loi s’évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte. De sorte que, quelles que soient les erreurs commises à son propos, la finalité de la loi n’est pas d’abolir ou de restreindre mais de préserver et d’élargir la liberté ; et dans toutes les conditions des êtres créés qui sont capables de vivre d’après des lois, là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas de liberté. Car la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être lorsqu’il n’y a point de loi ; mais la liberté n’est pas ce que l’on nous dit, à savoir une liberté, pour tout homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n’importe quel homme peut nous imposer ses humeurs ?). Mais c’est une liberté de disposer et d’ordonner comme on l’entend sa personne, ses actions, ses biens et l’ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa propre volonté. »

Locke

Questions :

1. Dégagez la thèse de ce texte et mettez en évidence les étapes de son argumentation.

2.

a. Précisez la conception de la liberté à laquelle Locke s’oppose dans ce texte.

b. En vous appuyant sur l’image de la ligne 4, expliquez : « guider [un agent libre et intelligent] vers ses propres intérêts ».

c. Comment Locke définit-il la liberté ? Expliquez cette définition en vous appuyant précisément sur le texte.

3. La loi est-elle la condition de la liberté ?

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Bac philo juin 2009 : Les sujets nationaux

Publié par Hervé Moine le 18 juin 2009

Je viens de recevoir par mes collègues métropolitains, les sujets de l’épreuve de philosophie du baccalauréat sur les quels ont planché, aujourd’hui, les candidats de la France hexagonale. Aussi, je vous les soumets, avant d’aller chercher mon lot de copies à corriger. C’est la 20ème session de bac que je corrige : ça se fête !

Je n’ai pas les sujets des séries technologiques.

Hervé Moine

Série L

Sujet 1

Le langage trahit-il la pensée ?

Sujet 2

L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

Sujet 3

Un extrait du «Monde comme volonté et comme représentation» de SCHOPENHAUER.

Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau.

Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir.

Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

Série ES

Sujet 1

Que gagne-t-on à échanger ?

Sujet 2

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Sujet 3

Un extrait d’ «Essai sur l’entendement humain» de John LOCKE

Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.

Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.

La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?

Série S

Sujet 1

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Sujet 2

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Sujet 3

Un extrait de «De la démocratie en Amérique» de TOCQUEVILLE

Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.

On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d’un premier coup d’œil qu’il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier à l’intérêt général.

C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.

On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s’entraider.

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Série ES

Publié par Hervé Moine le 16 juin 2009

Sujet 1

Pourquoi vouloir à tout prix connaître la vérité ?

Sujet 2

Le droit doit-il être fondé sur la nature ?

Sujet 3

Nous sentons la douleur, mais non l’absence de douleur; le souci, mais non l’absence de souci ; la crainte, mais non la sécurité. Nous ressentons le désir, comme nous ressentons la faim et la soif ; mais le désir est-il satisfait, aussitôt il en advient de lui comme de ces morceaux goûtés par nous et qui cessent d’exister pour notre sensibilité, dès le moment où nous les avalons. Nous remarquons douloureusement l’absence des jouissances et des joies, et nous les regrettons aussitôt; au contraire, la disparition de la douleur, quand bien même elle ne nous quitte qu’après longtemps, n’est pas immédiatement sentie, mais tout au plus y pense-t-on parce qu’on veut y penser, par le moyen de la réflexion. Seules, en effet, la douleur et la privation peuvent produire une impression positive et par là se dénoncer d’elles-mêmes : le bien-être, au contraire, n’est que pure négation. Aussi n’apprécions-nous pas les trois plus grands biens de la vie, la santé, la jeunesse et la liberté, tant que nous les possédons ; pour en comprendre la valeur, il faut que nous les ayons perdus, car ils sont aussi négatifs. Que notre vie était heureuse, c’est ce dont nous ne nous apercevons qu’au moment où ces jours heureux ont fait place à des jours malheureux. Autant les jouissances augmentent, autant diminue l’aptitude à les goûter : le plaisir devenu habitude n’est plus éprouvé comme tel. Mais par là-même grandit la faculté de ressentir la souffrance; car la disparition d’un plaisir habituel cause une impression douloureuse. Ainsi la possession accroît la mesure de nos besoins, et du même coup la capacité de ressentir la douleur.

Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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Bac Blanc de Philosophie pour la terminale S

Publié par Hervé Moine le 16 avril 2009

Vous traiterez l’un des trois sujet suivant :

Durée : 4 heures

  1. Faut-il chercher à tout démontrer ?

  2. La vérité dépend-elle de nous ?

  3. Le bonheur est-il la finalité de la politique ?

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T.ES & T.S Devoir à rendre pour le 30 avril 2009

Publié par Hervé Moine le 13 avril 2009

Vous traiterez l’un des deux sujets au choix. Ce devoir est à rendre pour le 30 avril 2009.

  1. Peut-on identifier œuvre et travail ?

  2. Les sciences progressent-elles vers la vérité ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire çi-dessous pour apporter vos contributions et réflexions sur ces sujets.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°3

Publié par Hervé Moine le 4 mars 2009

Dans ce cours nous lirons la première partie du Discours de la Méthode. Première partie que l’on peut considérer comme le premier volet des conditions de la connaissances telles que l’envisage le philosophe Descartes. A l’issue de ce cours, vous trouverez des questions pour vous aider à lire cette première partie.

René Descartes

René Descartes

I. LES CONDITIONS DE LA CONNAISSANCE

A. La Première partie du Discours de la Méthode

“En la première on trouvera diverses considérations touchant les sciences”.

Cette partie se compose de quinze paragraphes, et comprend trois moments:

1°) [para. 1 à 5] Le premier moment est un préambule où est présenté le thème de la Méthode.

Descartes en appelle à la raison que tout homme possède et qui peut être indépendante. C’est sur cet acte de confiance en la capacité d’universalité et de vérité inhérente à l’esprit humain que s’ouvre Discours ; mais c’est pour devoir constater aussitôt qu’en l’absence d’une conduite méthodique de la raison, cette possibilité peut rester vide et se perdre dans la diversité des opinions.

Descartes annonce avoir découvert une méthode féconde pour guider la connaissance. Toutefois, il limite la portée de son livre en disant qu’il ne propose pas de modèle. En effet, il précise qu’il va faire voir sa vie « comme un tableau », et que son dessein n’est pas d’”enseigner” la méthode mais de proposer son écrit “comme une fable”, au libre jugement du lecteur.

2°) [para. 6 à 14] Le deuxième moment, le plus important de part sa longueur, est un bilan critique de son éducation.

Descartes raconte l’histoire de son esprit, l’histoire d’un désir et d’une déception : désir de connaitre, d’atteindre la vérité ; déception quant à ses connaissances acquises lors de son instruction, qui lui semblent bien éloignées de la vérité. Il analyse l’écart entre le système d’éducation, pourtant dans un excellent collège, et les exigences nouvelles du moi.

Descartes tire un bilan quasiment entièrement négatif de ses études. Seules les mathématiques étaient en mesure de lui donner goût de certitude et d’évidence, mais il s’étonne que, sur ces fondements solides, l’on n’ait “rien bâti dessus de plus relevé”.

3°) [para.15] Le troisième moment termine la première partie du Discours sur une « note d’espoir ».

Descartes prend acte de cette dispersion spirituelle où demeure l’esprit, aussi longtemps, qu’il ne s’est pas résolu un jour à “étudier aussi en lui-même”. Ici, c’est l’adieu de Descartes au scepticisme.

QUESTIONS

  1. Quel est le point commun à tous les hommes, et en quoi se différencient-ils ?
  2. Outre le bon sens, y at-il des qualités d’esprit qui contribuent à permettre de distinguer le vrai du faux ?
  3. Où commencent le récit dans le texte ?
  4. “J’ai été nourri aux lettres dès mon enfance” : comment comprendre cette formule, et que signifie ici “les lettres” ?
  5. Quelle valeur Descartes accorde-t-il aux fables ? Pourquoi doit-on lire le Discours “comme une histoire” ou “comme une fable” ?
  6. Pourquoi Descartes renonce-t-il à parler de théologie dans le Discours ?
  7. Quelles leçons tirer sur des voyages ? Est-ce une occasion de douter de tout ?
  8. Selon Descartes, les hommes sont-ils égaux ou inégaux entre eux ?
  9. L’homme désire-t-il par nature savoir ?
  10. Comment distinguer scepticisme, relativisme et esprit critique ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : le Discours de la Méthode Cours n°2

Publié par Hervé Moine le 3 mars 2009

Poursuivons notre étude du Discours de la Méthode de Descartes en entrant cette fois si dans l’oeuvre elle-même.

Quand on lit cette oeuvre, on peut être quelque pu désorienté par une certaine apparence d’hétérogénéité. La question de la cohérence du Discours de la Méthode sera traité en premier lieu. Cela nous mènera au contenu même de l’œuvre, à son objet et au projet de Descartes. Enfin nous terminerons sur le plan général du discours, qui sera d’ailleurs celui de notre étude.

René Descartes

René Descartes

A. Problème de la cohérence du Discours de la Méthode

Le titre du Discours ne ment-il pas sur son contenu dans la mesure où, la deuxième partie mise à part, le reste traite peu de la méthode?

En fait, Descartes n’avait nullement l’intention d’enseigner la méthode, mais avait seulement pour dessein d’en parler. Selon lui, la méthode consiste plus en pratique qu’en théorie, et, c’est pourquoi, nous soumet-il simplement un aperçu de la méthode; les essais qui suivent ce Discours sont des tentatives réussies de la mise en œuvre de la méthode cartésienne.

C’est justement parce qu’il n’est pas entièrement consacré à la méthode que le Discours ne semble pas vraiment homogène. On y parle d’itinéraire personnel (1ère partie), de morale (3ème partie), de métaphysique (4ème partie), de médecine (5ème partie) et de progrès que pourraient faire les sciences si le public soutenait la recherche des savants (6ème partie).

Comment rendre compte de cette hétérogénéité?

Ce qu’il faut comprendre c’est que l’ordre du Discours n’est pas un enchaînement logique mais celui d’un cheminement en quête de connaissance. L’unité des six parties vient du fil conducteur de l’autobiographie qui relie ces pensées diverses en les rapportant toujours à celui qui les a pensées. Comme le dit M.Beyssade. “le “je” personnel et individualisé de l’autobiographie s’élève dans le Discours à l’universalité du sujet de toute connaissance”, ou comme le résume F. Alquié, « son ouvrage [celui du philosophe Descartes] est l’histoire de son moi pensant.”

Disons que, le fil conducteur de l’ouvrage est la méthode à suivre pour accéder à la vérité.

Pour mettre au point cette méthode, Descartes va examiner ce que peut la raison humaine dans différents domaines ou elle opère (1ère et 2éme parties). Il va la confronter à l’opinion, c’est-à-dire à la connaissance spontanée et non réfléchie. Puis il va voir à quels résultats elle peut parvenir relativement à la morale (3ème partie), à la foi (4ème partie), et à la connaissance de la nature (5ème et 6ème parties).

B. Quel est l’objet du Discours de la Méthode ?

“L’objet du Discours de la Méthode est d’acheminer le lecteur vers la Méthode en lui racontant quelques-uns des doutes et des tournants par lesquels est passé son inventeur. On lui montre aussi l’efficacité de la procédure une fois mise au point. Ce texte n’est pas l’exposé d’une science révolutionnaire, physique ou médecine, encore moins l’inauguration d’une nouvelle morale. Un philosophe tente ici de penser – à travers la narration de son expérience – le bouleversement des questions par la nouvelle physique. Il relit son propre questionnement, ses refus ainsi que ses espoirs dans une connaissance enrichie de la Méthode, consciente d’elle-même et libérée de la prétention d’une vérité absolue. “Je n’oserais pas affirmer que les choses que j’énonce soient les vraies principes de la Nature, mais je dirai tout au moins qu’en les prenant pour principes j’ai coutume de me satisfaire en toutes choses qui en dépendent” (Fragment daté de 1633-1635). Et paradoxalement, c’est une amère déception qui, comme Descartes le confie dès les premières pages, a été l’origine de sa recherche” (E. Brauns).

C. Quel est le projet général de Descartes dans le Discours de la Méthode ?

Le projet général de Descartes dans le Discours est d’examiner ce que peut être la connaissance humaine, de répondre à la question suivante: la connaissance de la Nature est possible, mais à quelle condition est-elle possible ?

Pour mener à bien cette entreprise, il va d’abord éliminer tout ce qu’on lui a appris, faire table rase. En effet, la première partie du discours retrace la biographie intellectuelle de l’auteur, il récuse le savoir livresque, l’histoire, la théologie ; seules les mathématiques trouvent grâce à ses yeux en raison de la “certitude et de l’évidence de leurs raisons”. Il va se donner ensuite des principes nouveaux, une méthode. Les règles de cette méthode sont énoncées dans la deuxième partie de l’ouvrage sous forme de quatre préceptes : préceptes de l’évidence, de la division des difficultés, de l’ordre, du dénombrement complet. Elles ont pour condition de réussite le doute actif, volontaire. Et il va enfin organiser et unifier le savoir humain.

En effet, la quatrième partie du Discours présente un abrégé de la métaphysique cartésienne: le fameux « Je pense donc je suis » est proposé comme le modèle achevé de l’idée claire ; la cinquième partie traite de l’ordre des questions de physique et expose les principes de la circulation sanguine ; la sixième et dernière partie propose comme idéal à l’activité humaine la conquête technique du monde. Cependant Descartes ne peut rompre complètement avec son époque dont il respecte les mœurs et les croyances. C’est ce qu’il veut montrer dans la troisième partie du Discours qui est un exposé de morale provisoire d’inspiration stoïcienne : alors que, lorsqu’il s’agit de connaissance, il faut suspendre son jugement jusqu’à ce que l’on soit assuré de la vérité, le domaine, de l’action ne souffre pas de délai, il faut la faire confiance aux préceptes des gens sensés et aux lois de son pays, tout en sachant dans l’absolu qu’elles ne valent sans doute pas mieux que “celles de la Chine”.

D. Plan de l’étude du Discours de la Méthode

Nous étudierons quelques passages importants de l’ouvrage après avoir étudié la structure de la partie dans laquelle ils s’insèrent. Notre étude se décomposera en quatre moments qui suivent le déroulement du Discours de la Méthode :

  • Les conditions de la connaissance ;
  • La morale provisoire ;
  • Les fondements métaphysiques ;
  • La connaissance de la nature

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L’évêque négationniste demande des preuves historiques de l’existence des chambres à gaz

Publié par Hervé Moine le 8 février 2009

Williamson, l'évêque négationniste

Williamson, l'évêque négationniste

L’évêque négationniste Richard Williamson ne semble pas vouloir revenir sur ses déclarations niant l’existence des chambres à gaz, malgré, pourtant, l’ultimatum que lui avait posé le pape Benoît XVI qui lui demandait de “prendre sans équivoque et publiquement ses distances” avec ses déclarations sur la Shoah avant d’être admis aux fonctions épiscopales dans l’Église catholique. Selon le prélat, il faut qu’on lui apporte d’abord des “preuves” historiques avant de retirer éventuellement ses déclarations, dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel.

“Il s’agit de preuves historiques, pas d’émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai (les propos tenus). Mais cela va prendre du temps”, a-t-il affirmé.

Hervé Moine

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