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Etude du Livre 1 du Contrat Social de Rousseau Cours n° 3

Posted by Hervé Moine sur 3 février 2009

rousseauAnalyse du Préambule

Ce qui va nous occuper dans ce présent cours, c’est la lecture et l’analyse de ce que l’on peut appeler le préambule du premier livre du Contrat Social de Rousseau.

Dans le cours précédent, nous avons étudié la formule « principes du droit politique » et nous avons vu que l’objet même du Contrat Social est de résoudre le problème des conditions de possibilité d’un ordre social légitime.

A quelles conditions un ordre social légitime est-il possible ? telle est la question de l’œuvre.

Pour répondre à cette question, notre philosophe développe sa réflexion sur plusieurs registres, autrement dit, les principes du droit politique tiennent à une triple source :

  1. Le principe de la liberté naturelle ;

  2. L’analyse de l’idée de société ;

  3. Le passage de l’état de nature à l’état civil.

Nous ne manquerons pas d’aborder et d’étudier ces trois thématiques importantes, d’autant plus qu’elles sont intriquées de bout en bout, chacune à son tour venant primer sur les autres. C’est ce que l’on peut voir au chapitre IV pour le principe de la liberté naturelle, au chapitre V pour l’analyse de la société et au chapitre VIII pour le passage de l’état de nature à l’état civil. Toutes ces thématiques convergent dans l’énoncé du « contrat social », au chapitre VI. Du coup, nous avons là une piste de lecture intéressante, nous permettant de saisir la réflexion politique du premier livre du Contrat Social. Nous verrons ultérieurement, lorsque nous aborderons, le premier chapitre « sujet de ce premier livre », la structure même du livre.

Alors lisons ce préambule. Celui-ci nous donne à voir plusieurs choses : une question, une démarche, une exigence.

Une question,

Celle de savoir si dans l’ordre civil, il peut y avoir quelques règles d’administrations légitimes et sûres.

Une démarche,

Celle de tenter de répondre à la question que l’on vient de formuler, comment ? en prenant 1°) les hommes tels qu’ils sont et 2°) les lois telles qu’elles peuvent être.

Une exigence,

Celle d’allier toujours dans cette recherche ce que le droit permet avec ce que le droit prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées.

Une réflexion légitime et légitimée

A cela, Rousseau, ajoute une remarque qui n’est pas sans intérêt. Cette remarque répond à la question de la légitimité de la réflexion de Rousseau et de son auteur. Qu’est-ce qui permet à Rousseau de réfléchir sur une question qui semble être celle de spécialiste en sciences politiques, en osant un anachronisme. Selon lui, en effet, la légitimité de sa réflexion se trouve dans le fait de sa citoyenneté. Rousseau citoyen ! Voilà la légitimité. Il n’appartient pas au Prince ou au législateur d’écrire sur la Politique ; les prérogatives de ceux-ci est d’être aux affaires, d’agir et non de discourir.

C’est donc en tant que citoyen que Rousseau entend entreprendre sa démarche.

Les quatre points que notre lecture nous a permis de dégager feront l’objet d’une analyse.

Hervé Moine

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