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Montesquieu : le lien nécesaire entre démocratie, vertu politique et éducation…

Posted by Hervé Moine sur 15 février 2009

Ce texte de Montesquieu peut nous permettre de réfléchir sur la démocratie.

Charles de Secondat, baron de La Brede et de Montesquieu

Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu

« C’est dans le gouvernement républicain que l’on a besoin de toute la puissance de l’éducation. La crainte des gouvernements despotiques  naît d’elle-même parmi les menaces et les châtiments; l’honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement à  soi-même, qui est toujours une chose très pénible.

On peut définir cette vertu, l’amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières ; elles ne sont que cette préférence.

Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié a chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde : pour le conserver, il faut l’aimer.

On n’a jamais ouï  dire que les rois n’aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.

Tout dépend donc d’établir dans la république cet amour; et c’est à l’inspirer que l’éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l’avoir, il y a un moyen sur : c’est que les pères l’aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances; on l’est encore plus de leur donner ses passions.  Si cela n’arrive pas, c’est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n’est point le peuple naissent qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus ».

Montesquieu, L’esprit des lois , Tome 1, Livre 4, chapitre 5

Dans ce texte Montesquieu commence par une thèse, celle selon laquelle la démocratie exige nécessairement la vertu politique. La démocratie c’est le « gouvernement républicain » et la vertu politique étant « l’amour des lois et de la patrie ». Il en donne ensuite l’explication. La crainte est le fondement même du despotisme. Par conséquent, la démocratie ne peut s’appuyer sur la crainte. D’autre part, elle ne peut pas non plus se fonder sur l’honneur. L’honneur favorisé par les passions est le fondement de la monarchie. La conclusion qu’en tire Montesquieu est en fait une double conséquence : la vertu politique est nécessaire à la conservation de la démocratie, l’éducation est le moyen par lequel se transmet la vertu politique.

Ce texte est intéressant philosophiquement parlant en ce qu’il nous permet de réfléchir sur le maintien de la démocratie et en articulant celle-ci avec la vertu politique et l’éducation.

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