Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Descartes : Le Discours de la Méthode Cours n°1

Posted by Hervé Moine sur 2 mars 2009

Je vous propose maintenant l’étude d’une oeuvre majeure dans l’histoire de la philosophie, le Discours de la Méthode de Descartes. Ce cours est un cours destiné à la classe de terminale L, en ce qu’il faut présenter une deuxième œuvre pour le deuxième groupe d’épreuves, mais bien sûr elle peut intéresser tous les élèves se préparant au baccalauréat

ÉTUDE DU DISCOURS DE LA MÉTHODE DE DESCARTES.

Dans ce premier cours, je vous propose de faire connaissance avec l’œuvre elle-même. Je vous engage d’ailleurs, sans plus attendre, si cela n’est pas encore fait, de la lire ainsi que de faire des recherche à propos de Descartes. A plusieurs reprises, nous avons convoqué dans notre réflexion en cours (notamment cours sur l’existence ; sur conscience et inconscient), sans doute serait-il intéressant de profiter de l’occasion pour réviser.

En ce qui concerne le présent cours, nous verrons, dans un première partie, le contexte historique et philosophique du Discours de la Méthode ; dans une deuxième partie, que cette oeuvre pourtant très célèbre aujourd’hui n’a cependant pas eu le succès escompté par Descartes lui-même, à sa première publication ; cette première publication fera l’objet de notre troisième et dernière partie, dans laquelle nous en aborderons les circonstances.

Discours de la Méthode 1637

Discours de la Méthode 1637

A. Le contexte philosophique du discours de la méthode

Publié en 1637 à Leyde en Hollande où Descartes vivait depuis 1628, mais en français, le Discours de la Méthode succède aux Règles pour la direction de l’esprit publiées en latin en 1628 et précède l’œuvre proprement métaphysique Les Méditations de 1641.
Ce discours est en fait la préface de trois essais scientifiques, à savoir un essai sur la Dioptrique, c’est-à-dire un traité d’optique contenant la théorie de la réfraction de la lumière avec la loi du sinus, accompagné d’une étude des nouveaux instruments optiques, dont la lunette d’approche (sorte de télescope) mise au point par Galilée ; un essai sur les Météores, c’est-à-dire sur les phénomènes atmosphériques: nuages, pluie, grêle etc. expliqués par la réfraction de la lumière dans les gouttes de pluie ; enfin un essai sur la Géométrie : en fait il s’agit d’un traité d’algèbre qui établit un lien entre l’espace et le nombre : c’est la géométrie analytique ; et une théorie des équations avec une notation nouvelle, celle que nous utilisons encore (par exemple l’emploi des lettres x, y, z pour désigner les inconnues d’une équation).
« Cette préface a vite été perçue comme un manifeste, un texte fondateur de la philosophie moderne, et le Discours de la Méthode a acquis au cours des temps une renommée allant en France jusqu’à la popularité. La tradition universitaire et scolaire, le détachant des Essais, en a fait un texte classique ». (M.Beyssade)

B. Quelle est la raison de la notoriété du Discours de la Méthode ?

La principale raison vient de ce que le Discours de la Méthode est écrit en français. Si Descartes n’était pas le premier à écrire dans la langue de son pays, il déclare avoir voulu écrire en français pour « que les femmes mêmes pussent entendre quelque chose, et cependant que les plus subtils trouvassent assez de matière pour occuper leur attention » (lettre au P.Vatier du 22 février 1638), pour être lu et compris par « ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure » (Discours 6ème partie) et non pas seulement à l’intention des doctes. « Refus de l’autorité, ou plutôt indifférence à son égard, confiance en l’universalité de la raison ou du bon sens: le choix du français a pour Descartes une signification philosophique, c’est-à­-dire aussi politique » (M.Beyssade).
Derrière le choix de la « langue vulgaire », il y a l’enjeu des principes mêmes de la pensée : Descartes choisit de se fonder sur la raison et sur elle-seule. Et c’est en son nom qu’il croit pouvoir s’adresser à tous car « la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes » (Discours 1ère partie).
Cependant, ce texte devenu si célèbre ne connut pas en son temps le succès que l’auteur pouvait escompter à sa première publication.

C. Circonstance de la première publication du Discours de la Méthode

Descartes avait rédigé un traité de physique intitulé le Monde ou Traité de la lumière et s’apprêtait à le faire imprimer en 1633 quand il apprend, en novembre, que le Saint-Office vient à nouveau de condamner Galilée, qui continuait à soutenir le mouvement de la terre et la stabilité du soleil. Il renonce aussitôt à divulguer dans ce contexte, un traité qui soutenait « le mouvement défendu ». « Il est tellement lié avec toutes les autres parties de mon traité que je ne l’en saurais détacher sans rendre le reste défectueux », écrit-il à Mersenne en novembre 1633. Descartes n’avait sans doute rien à craindre, en Hollande et même en France, sinon d’interminables disputes et controverses, mais il préférait les éviter. Désireux malgré tout de présenter au public les fruits de son travail et pressé par quelques amis de ne pas les laisser cachés, il songe alors à des publications plus limitées, tout en gardant l’espoir que son Monde « puisse voir le jour avec le temps » (lettre à Mersenne, avril 1634).
Il envisage en 1635 de publier deux échantillons de sa physique, la Dioptrique et les Météores, en y ajoutant une préface ; il écrit alors ce qui deviendra la sixième partie du Discours de la Méthode, où il explique sa décision de ne pas publier son Monde. Mais la préface prend de l’ampleur et devient Projet d’une science universelle. Descartes joint aux deux essais de physique un essai de Géométrie.
« L’ensemble qui parait à Leyde en juin 1637 est ainsi une compensation d’un grand renoncement, le résultat de retranchements, d’hésitations, de reprises et de refontes de dernière minute. La préface elle-même, finalement intitulée Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, est dans cet ensemble le texte le plus hétéroclite ». (M.Beyssade) En effet, à première lecture, sa cohérence peut être mise en question et sa structure surprendre. D’ailleurs sa longueur en fait plus et autre chose qu’une simple préface.

Publicités

Une Réponse to “Descartes : Le Discours de la Méthode Cours n°1”

  1. marcel said

    re bonjour
    c’est incroyable de ne pouvoir trouver à lire rapidement les 4 préceptes de GUY DESCARTES sur GOOGLE. (j’ai jeté un livre de PIERRE CAMUSAT sur l’organisation scientifique du travail ,suite déménagement ,je le regrette)
    cordiales salutations

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :