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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive for novembre 2009

Une Europe préoccupée par l’organisation de sa monnaie et de son marché ou par rayonnement de son humanisme ?

Posted by Hervé Moine sur 28 novembre 2009

Lu dans Libération du 27/11/2009

http://www.liberation.fr/monde/0101605278-que-reste-t-il-de-l-universel-europeen

Que reste-t-il de l’universel européen ?

Interview

Par MAX ARMANET

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Edgar Morin Sociologue, philosophe.

Paul Thibaud Philosophe, essayiste, ancien directeur de la revue Esprit.

En 1989, le Mur chute, l’Europe triomphe. Elle vient de mettre fin à son dernier schisme. Au nom de valeurs universelles, sa civilisation s’est mondialisée. Paradoxe : depuis 1989, l’Europe semble plus préoccupée par l’organisation de sa monnaie et de son marché que du rayonnement de son humanisme héritier de Rome, Athènes et Jérusalem. Que reste-t-il de l’universel européen ?

Paul Thibaud : 1989 a été une victoire par forfait. Après quarante ans, les deux adversaires n’étaient pas en forme. Pierre Hassner disait qu’entre communismes et démocraties c’était une course à qui se décomposerait le premier. On a vu ! Mais cette victoire a été comme la réalisation d’une utopie résignée, celle du «rien de mieux à proposer» que ce que connaissait un Occident en marasme politique, apathie civique, panne d’idées, pour réformer ou relancer son modèle socio-économique de l’après-guerre. C’est donc dans un marché que l’Europe de l’Est a été reçue. Le monde que nous connaissons a pris forme à ce moment-là, c’est celui qui a congédié la politique et vit une mondialité quasi mécanique dont l’Occident est le foyer, même (là est la différence) s’il ne la maîtrise plus.

Edgar Morin : L’effondrement du mur de Berlin fut une liesse incroyable. J’avais le sentiment d’un nouveau commencement, la démocratie triomphait. C’était l’Europe enfin unie. Il y avait une soif d’Europe dans tous les pays sous hégémonie communiste. Mais, on n’avait pas prévu le déferlement du capitalisme et ses conséquences désastreuses. La direction de l’URSS a cru candidement au message des Chicago boys, du libéralisme économique qui a introduit le déchaînement des mafias et non la libre concurrence. L’unification techno-économique du globe allait produire en réaction un phénomène contraire de recroquevillement ethno-religieux. On aurait dû être averti par la guerre de Yougoslavie. Cette nation composée de Slaves parlant la même langue, qui semblait presque accomplie, se disloque sous des poussées ethno-religieuses. Le processus d’homogénéisation suscite des résistances et des retours aux racines pour sauvegarder l’identité. Cela est stimulé par le fait que l’on perd la foi dans le progrès et dans le futur. Quand le futur est perdu, quand l’aujourd’hui est angoissé, il reste le retour aux racines vraies ou fausses. En Europe, mondialisation économique et régressions ethno-nationales ont ravagé la social-démocratie, alors que l’implosion de l’URSS a ravalé le Parti communiste à l’état d’étoile naine. La culture républicaine, la culture socialiste ont dépéri. Les enseignants ont cessé d’en être les propagateurs. Les politiques ont perdu toute culture, toute capacité de comprendre le présent donc de penser à l’avenir. En France, le peuple de gauche est mort.

Paul Thibaud : Le peuple en général ! En 1989, prévalait l’idée d’une conjonction naturelle entre l’économie de marché et la démocratie. Cette idée est aujourd’hui démentie, ne serait-ce qu’à cause de l’exemple chinois. Et pourtant nous pratiquons la mondialisation comme si nous croyions encore aux implications démocratiques du marché, comme si la démocratisation de la Chine était imminente, alors que le Parti communiste monopolise le pouvoir politique et accapare une part énorme des bénéfices. La «pensée 89» reste fixée sur l’événement de l’unification du monde, sans voir que cette unité est menacée par les nouvelles identités. Nous continuons de croire que notre manière de pratiquer la mondialisation ne peut que l’emporter. Si les inquiétantes prédictions écologiques ont tant d’écho, c’est sans doute parce qu’elles sont notre seule manière de problématiser l’avenir. Cette gloriole, celle de croire être l’universel, nous désarme devant les événements qui surviennent et les nouveaux acteurs qui se présentent. Nous nous querellons par exemple sur l’identité française sans prendre garde à ce mot qui nous met sur le terrain des autres, ceux qui veulent rester dans le grief et la répétition. Le mot qu’il faudrait employer c’est celui de peuple, parce qu’il évoque un mouvement, une espérance, donc une capacité d’intégrer des nouveaux venus. Comment le goût de préparer l’avenir ensemble a-t-il été détruit chez nous ? «L’antinationisme» des élites à travers la construction européenne est en cause. A réclamer de l’universel, comme s’il était advenu chez nous, nous devenons incapables d’affronter les autres. Cette prétention fait de nous des coupables autodésignés : les Chinois peuvent nous accuser de protectionnisme, les musulmans d’intolérance sans se croire obligés de pratiquer des principes que nous nous mettons à la boutonnière. L’universalisme, disons kantien, qui n’a pas de mains, est le poison actuel de l’Occident, il le rend incapable de réformer et de canaliser les particularités pour la préparation d’un avenir.

Edgar Morin : Il y a effectivement un universalisme européen abstrait. L’universalisme communiste était aussi abstrait, il niait les réalités singulières des nations. Pour moi, le grand universalisme européen est autocritique. C’est celui de Montaigne qui montrait que les conquistadors étaient les vrais barbares et non pas les Indiens cannibales. Son héritier est Claude Levi-Strauss. Le véritable universalisme est celui qui respecte les diversités : son trésor, c’est la diversité, mais le trésor des diversités, c’est l’unité ; c’est ça qui est oublié. La Genèse fait du Créateur un singulier pluriel : Elohim. Dès le début de l’univers, l’unité comporte la pluralité. C’est là que réside la force créatrice. Quand on se rue dans les singularités, on oublie l’universel. Lorsqu’on oublie les singularités, on reste dans l’abstrait. La pensée dominante est incapable de saisir le lien unité-diversité.

Paul Thibaud : Il y a une culture franco-européenne d’autocritique qui fait notre fierté et notre créativité. «Notre histoire n’est pas notre code», disait Rabaud-Saint-Etienne, elle ne nous enferme pas. Mais l’autocritique doit aller avec un projet d’avenir. Seule, elle devient malsaine, comme actuellement. Nous sommes incapables de dire quelles «diversités» sont acceptables ou non, parce que ne nous savons pas à quel titre nous devons les refuser ou les accepter, d’où la montée du chantage dans les pratiques sociales. Le marché contraint nos politiques, mais sa prépondérance est indissociable de notre perte de l’idée d’un avenir à faire. Nous sommes, croyons-nous, au bout de nos peines. On s’appuie sur le cadavre du christianisme pour se dire qu’on en est enfin à l’aboutissement de l’histoire. Mais cela ne nous rend pas aptes à discuter avec les autres. Notre laïcité a été non seulement un cantonnement de l’autorité religieuse, mais aussi une transposition en politique de certaines valeurs chrétiennes. Cela supposait que le politique soit assez riche de convictions pour prendre le catholicisme de front. Aujourd’hui notre suffisance confond la tolérance et l’ignorance en matière de religion. Sommes-nous capables de faire vivre la laïcité avec d’autres religions que le christianisme, non pas sur le voile ou les minarets, mais sur les valeurs humaines de base ?

Edgar Morin : L’Europe moderne est post-chrétienne. Ni la démocratie, ni la science, ni la technique ne sont chrétiennes. Qu’est-ce qui est d’origine chrétienne ? La fraternité évangélique devenue laïcisée.

Paul Thibaud : L’Europe ne vient pas seulement de la chrétienté mais particulièrement de la chrétienté parce qu’elle s’affirme celle-ci. «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» est un commandement juif énoncé dans le Lévitique auquel Jésus a donné une portée universelle. Mais l’articulation la plus importante entre le christianisme et la modernité est sans doute l’idée que chacun fait son salut personnellement, que tous nous sommes des personnes.

Edgar Morin : Le christianisme est la préhistoire de l’Europe moderne. Celle-ci procède de la renaissance qui, avec la revitalisation du message grec, a reproblématisatisé le monde, la vie, l’homme, Dieu. La laïcité à la française a été animée par la foi dans le progrès, la raison et la démocratie. Ce sont les éléments de cette foi qui aujourd’hui se désintègrent. La laïcité doit revenir à sa source, la Renaissance, et reproblématiser, y compris le progrès, la science, la raison.


Retranscrit par Anastasia Vécrin

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Jules Vuillemin et les systèmes philosophiques

Posted by Hervé Moine sur 26 novembre 2009

Journée d’études

JULES VUILLEMIN ET LES SYSTEMES PHILOSOPHIQUES

samedi 12 décembre 2009, 10h15-17h30

Salle internationale
MSH Lorraine
91 avenue de la Libération
54000 Nancy

Cette journée d’étude sur Jules Vuillemin est organisé par le Laboratoire d’Histoire des Sciences et de Philosophie – Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS/Nancy-Université) et le Master Philosophie, Sciences et Arts, avec le soutien de l’Institut Universitaire de France et dans le cadre des Archives Jules Vuillemin.

Le Programme de la journée

  • 10h15 Gerhard Heinzmann (Univ. Nancy 2, directeur de la MSH Lorraine) : Ouverture de la journée
  • 10h30 Jacques Bouveresse (Collège de France) : Vuillemin et Gueroult
  • 11h45 Joseph Vidal-Rosset (Univ. Nancy 2) : Jules Vuillemin et la fin des systèmes philosophiques
  • 14h30 Marwan Rashed (ENS, Paris) : Le « critère de vérité » comme outil hellénistique de classification des systèmes philosophiques
  • 15h45 Thomas Bénatouïl (Univ. Nancy 2 et IUF) : La genèse antique des systèmes philosophiques selon Jules Vuillemin
  • 16h45-17h30 Discussion générale

Participeront aux discussions G. Vuillemin-Diem, H. Barreau, H. Bouchilloux, G. Heinzmann, R. Pouivet

Contact : Thomas.Benatouil@univ-nancy2.fr
Page web de la journée : http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=6745
Page web des Archives Jules Vuillemin : http://poincare.univ-nancy2.fr/Outilsetfonds/?contentId=1477

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La pensée utopique dans l’Antiquité

Posted by Hervé Moine sur 25 novembre 2009

Université Paris-Sorbonne-Paris IV

Rome et ses renaissances

Table-ronde

La pensée utopique dans l’Antiquité

Vendredi 11 décembre 2009

Cette table ronde tournera autour de Chiara Carsana, Maria Teresa Schettino (ed.), « Utopia e utopie nel pensiero storico antico ». Centro di Ricerche e Documentazione sull’Antichità Classica. Monografie 30. Roma: « L’Erma » di Bretschneider, 2008.

Au programme de cette table ronde

Vendredi 11 décembre

  • de 14h30 à 16h30, à l’INHA, salle EPHE (RDC, Galerie Colbert, 2 rue Vivienne 75002)
  • 14h 30-14h 50: Présentation de l’ouvrage par G. Zecchini (Università Sacro Cuore, Milano)
  • 14h50-15h30 : « Les enjeux de l’utopie antique » C. Carsana (Università di Pavia) et M. T. Schettino (Université de La Rochelle, CRHIA)
  • 15h30-16h : « Questions aux utopistes antiques » C. Lévy (Université Paris-Sorbonne)
  • 16h-16h30 : Débat

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La cosmologie d’Averroès

Posted by Hervé Moine sur 24 novembre 2009

Séminaire du Centre d’Histoire des Sciences et des Philosophies Arabes et Médiévales

(UMR 7219 – CNRS/ Université Paris-7 Denis Diderot/ EPHE/ Université Paris I)

 

La cosmologie d’Averroès : le Commentaire moyen au De caelo d’Aristote

Séance du vendredi 27 novembre 2009, 15h-17h:

Ahmad Hasnaoui (CNRS-UMR 7219)

L’unicité du monde

Salle des séminaires du Centre d’études anciennes
Ecole Normale Supérieure
45 rue d’Ulm, 75005 Paris

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La morale stoïcienne de Panétius et d’Hécaton de Rhodes

Posted by Hervé Moine sur 23 novembre 2009

Cycle de conférences Léon-Robin 2009 – 2010

Le stoïcisme

27 Novembre 2009

Traditions et transformations de l’éthique stoïcienne : Panétius et Hécaton

de 14h00 à 17h30

  • Emmanuele VIMERCATI de l’Université du Latran à Rome : « L’éthique de Panétius et la tradition classique »
  • Christelle VEILLARD de l’Université de Paris X-Nanterre : « Le Portique et le problème de l’amour – Enquête sur une sentence d’Hécaton de Rhodes : Amicus esse mihi coepi »

Le séminaire a lieu à l’Ecole Normale Supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris, salle Celan

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Programme du séminaire de philosophie hellénistique et romaine

Posted by Hervé Moine sur 17 novembre 2009

Programme 2009-2010 du Séminaire de philosophie hellénistique et romaine

La nature à Rome : le point de vue éthique

Axiologie, mos maiorum (moeurs des anciens) et vie heureuse

Université de Paris Est Créteil, LISEA 4395

Université Paris Sorbonne, EA 4081

ENS LSH Lyon

Centre d’Etudes sur la philosophie hellénistique et romaine

Responsables : B. Besnier, A. Gigandet, C. Lévy, P.-M. Morel

Les séances auront lieu le samedi de 10h à 12h à l’Université Paris Sorbonne ou à l’Université de Paris 12 Val de Marne, 94 Créteil, ou à l’E.N.S. Ulm, 45 rue d’Ulm, Paris 5e.

28 novembre 2009

  • I. HADOT, CNRS

Par quels moyens les stoïciens pensent-ils pouvoir devenir vertueux ? Réflexions sur le chap. X de B. Inwood, Reading Seneca

30 janvier 2010

  • A. BRANCACCI, Université de Roma Tor Vergata

Dion Chrysostome entre cynisme et Platonisme. Axiologie, mos maiorum et vie heureuse dans l’Euboïque

13 février 2010

  • L. MONTEILS-LAENG, U. de Caen

Les intermittences de la voluntas dans l’oeuvre de Sénèque

  • T. BENATOUÏL, Université de Nancy 2, IUF

Disciplina et débat philosophique dans le De finibus

20 mars 2010

  • F. ARONADIO, Université de Roma Tor Vergata

Félicité et condition humaine dans l’Alcion pseudoplatonicien. Sur de possibles développements de la tradition académicienne

  • S. ALEXANDRE, Université de Grenoble 2

Ataraxie du sujet, troubles dans les normes. Les enjeux d’une allégeance performative

08 et 09 avril 2010

  • à l’ENS LSH – Lyon : Atelier de lecture de l’Adversus Colotem de Plutarque

T. Bénatouïl (Nancy), M.Bonazzi (Milan), L. Castagnoli (Durham), M. Erler (Würzburg), A. Gigandet, J.-B. Gourinat (Paris), A.-M. Ioppolo (Rome), V. Laurand (Bordeaux), C. Lévy, P.-M. Morel, J. Opsomer (Cologne), G. Roskam (Leuven), E. Spinelli (Rome), J. Turpin, J. Warren (Cambridge).

15 mai 2010

  • C. CODONER, Université de Salamanque

L’évolution du mos maiorum dans la philosophie de Sénèque

  • C. LEVY, Université de Paris 4

L’éthique de la transcendance chez Cicéron du De republica aux Tusculanes

12 juin 2010

  • M. NIEHOFF, Université de Jérusalem

Réflexions sur Philon et Sénèque

  • F. GROS, Université de Paris 12

Sur le concept de securitas

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Platon et ses prédécesseurs

Posted by Hervé Moine sur 16 novembre 2009

Séminaire de la Société d’Études Platoniciennes

etudesplatoniciennes.eu

Programme 2009-2010

Platon et ses prédécesseurs


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  • Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, EA373,Institut de Recherches Philosophiques (IREPH-DIPSA)
  • Université de Franche-Comté, EA 2274,Laboratoire de Recherches philosophiques sur les Logiques de l’Agir
  • CNRS – UPR76, Centre Jean Pépin
  • avec la participation du « Centre Tradition de la pensée classique » (EA2482) de l’Université de Paris 1

=> Le vendredi 27 novembre 2009 à l’Université de Franche-Comté, Besançon, de 14h à 18h

Séance d’introduction

– Arnaud Macé (Université de Franche-Comté) : « Platon et l’historia peri physeôs »
– Luc Brisson (CNRS-UPR 76) : « Platon et la médecine ».
– Olivier Renaut (Université Paris Ouest) : « Platon et la psychologie de ses prédécesseurs ».

=> Le vendredi 15 janvier 2010 à l’Université Paris 1, salle communiquée ultérieurement de 14h à 18h

« Platon et la tradition de l’historia peri physeôs »

– Catherine Darbo-Pechanski (CNRS, Lille)
– Gerard Naddaf (York University, Toronto)
– Daniel W. Graham (Brigham Young University, Provo)

=> Le vendredi 12 mars 2010 à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, salle communiquée ultérieurement de 14h à 18h

« Platon et la médecine »

– André Laks (Université Paris Sorbonne, Paris IV)
– Jacques Jouanna (Université Paris Sorbonne, Paris IV)
– Giuseppe Cambiano (Scuola Normale Superiore di Pisa)

=> Le vendredi 7 mai 2010 à l’Université de Franche-Comté, Besançon de 14h à 18h

« Platon et la psychologie de ses prédécesseurs ».

– Douglas Cairns (University of Edinburgh)
– Filip Karfik (Université de Fribourg)
– Jaap Mansfeld (Professeur émérite, Université d’Utrecht)

Renseignements :

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La revue de l’Association des Professeurs de Philosophie de l’Enseignement Public

Posted by Hervé Moine sur 13 novembre 2009

« L’ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE »

SOMMAIRE DU DERNIER NUMÉRO

SEPTEMBRE – OCTOBRE 2009

– Simon PERRIER, Péché originel

ESSAIS
– Benoît SCHNECKENBURGER, Une philosophie épicurienne de la politique ?
– Anne BAUDART, Naissances de le philosophie politique : Athènes, Rome
– Charles BOYER, Agamben et Auschwitz
– François WARIN, La haine de l’Occident et les paradoxes du postcolonialisme
– Charles COUTEL, Europe et traduction : Dialogue avec François Ost
– Cablanazann Thierry Armand EZOUA, Sens et intérêt de la métaphysique aujourd’hui

INFORMATIONS ET DOCUMENTS
– Inspection de philosophie

BULLETIN DE L’ASSOCIATION
– Bureau National du 10 octobre 1009
– Courrier de l’association et Audience au ministère
– Conférence des présidents d’associations de professeurs spécialistes
– Communication de Régionale

BIBLIOGRAPHIE
– Livres reçus en hommage des auteurs et des éditeurs

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Pour un plaidoyer en faveur d’Aristote…

Posted by Hervé Moine sur 12 novembre 2009

Paul Jorion, « Comment la vérité et la réalité furent inventées »

Jorion vérité réalitéPaul Jorion,

Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009),

dans la Collection « Bibliothèque des Sciences Humaines »,

chez Gallimard, 400p.

ISBN 9782070126002

Cet essai ambitieux se veut une contribution à l’anthropologie des savoirs. Paul Jorion y propose un exercice de décentrement radical par rapport à nos habitudes de pensée. Il montre comment les notions de « vérité » et de « réalité », loin d’aller de soi, sont apparues à des moments précis de l’histoire de la culture occidentale.

La « vérité » est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la « réalité » (objective), dans l’Europe du XVIe siècle. L’une découle de l’autre : à partir du moment où s’impose l’idée d’une vérité, sous l’influence de Platon et d’Aristote, dire la vérité revient à décrire la réalité. Selon Paul Jorion, cette dernière résulte toutefois, sous sa forme moderne, d’un coup de force opéré à la Renaissance par les jeunes-turcs de l’astronomie moderne naissante. Ce coup de force supposait une assimilation de deux univers : le monde tel qu’il est en soi et celui des objets mathématiques. Il en résulta une confusion entre les deux, dont la science contemporaine est l’héritière.

À suivre l’auteur, nous sommes entrés dans l’époque des rendements décroissants de ces « inventions » jadis fructueuses. D’où la nécessité de débarrasser l’entreprise de construction des connaissances du mysticisme mathématique et de réhabiliter la rigueur dans le raisonnement. Celle-ci exige de réassigner au modèle, en particulier mathématique, son statut de représentation au sein de l’esprit humain. L’ouvrage constitue ainsi un plaidoyer en faveur d’un « retour à Aristote », situant l’auteur dans une tradition philosophique où l’on côtoie Hegel et Kojève, mais aussi Wittgenstein.

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Qui est Paul Jorion ?

Paul Jorion est Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a enseigné aux universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique.

Paul Jorion a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Il a publié un ouvrage en anglais relatif aux répercussions pour les marchés boursiers de la faillite de la compagnie Enron : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill : 2003). Il a publié plus récemment, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007), L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (Fayard : 2008) et La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard : 2008).

Paul Jorion est « Visiting Scholar » du Programme Interdépartemental Human Complex Systems de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Pour se procurer Comment la vérité et la réalité furent inventées

Jorion vérité réalité________________________________________

Pour obtenir les autres ouvrages de Paul Jorion

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Régis Debray, un penseur hors catégorie pour un moment de fraternité

Posted by Hervé Moine sur 12 novembre 2009

Jeudi 12 novembre 2009 à 17 heures

Rencontres Sciences-Po – Sud-Ouest

Régis Debray, philosophe et écrivain

Cette rencontre avec Régis Debray aura lieu à l’amphi Montesquieu Institut d’études politiques, 11, allée Ausone à Pessac, sur le campus.

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Un article de Thomas La Noue pour le quotidien Sud-Ouest sur ce « penseur solitaire ».

Pour voir l’article dans le site de Sud-Ouest : http://www.sudouest.com/accueil/loisirs-culture/livres/article/766732/mil/5349769.html

Le penseur solitaire

Régis Debray. (Photo Philippe taris)

Ci-contre une photo de Régis Debray. © Philippe taris

Ne dites pas à Régis Debray qu’il est un intellectuel. Le pourfendeur des « intellocrates » pourrait en prendre ombrage. Il préfère se définir et être reconnu comme philosophe et écrivain. Pas d’objection. Philosophe, il l’est par sa formation à l’École normale supérieure, par ses travaux et la réflexion qu’il développe depuis des décennies sur le pouvoir, le politique, le sacré et le rôle des religions dans le monde actuel. Pour faire bonne mesure, on peut ajouter une culture encyclopédique et une réflexion toujours renouvelée sur l’art sous toutes ses formes. Quant à sa position d’écrivain, nul ne saurait la lui dénier : l’homme a du souffle et du style, manie l’essai avec brio et le pamphlet avec vigueur.

Mais il est aussi ce promeneur solitaire qui, dans son dernier ouvrage, « Le Moment fraternité », réfléchit longuement sur le troisième terme de la devise républicaine, sur sa place capitale dans le dispositif politico-social, mais déclare sans ambages : « Penser, c’est toujours se dissocier. »

Itinéraire singulier

Régis Debray, c’est aussi un itinéraire singulier qui, au mitan des années 60, conduit un jeune homme qui aurait pu se lancer dans une carrière universitaire, ou pourquoi pas, médiatique, vers les hauts plateaux boliviens à la rencontre d’Ernesto « Che » Guevara. Celui-ci mène là-bas un combat qui fait rêver une partie de la jeunesse de la Vieille Europe. On connaît la suite. La mort du Che, l’arrestation de Debray et quatre années de prison. À sa libération, obtenue en 1971, il part pour le Chili, où Salvador Allende mène dans un cadre démocratique une politique de gauche alors terriblement isolée et qui sera brutalement interrompue par le coup d’État du général Pinochet, le 11 septembre 1973.

À ce moment-là, Régis Debray est déjà rentré en France. Les années suivantes seront celles de la tentation littéraire sous sa forme romanesque, du travail dans le sillage de François Mitterrand, premier secrétaire du PS, puis auprès du président à l’Élysée, entre 1981 et 1985. Il sera l’inspirateur du discours de Cancún, perçu en son temps comme l’acte fondateur de nouvelles relations entre la France et l’Europe et le sous-continent latino-américain.

Il occupera encore par la suite quelques fonctions officielles, retrouvera l’université à Lyon, se consacrera à la conception d’une discipline nouvelle, la médiologie, et enseignera même au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Sa prise de position au moment de la guerre du Kosovo et un témoignage très contesté le placeront en 1999 au coeur d’une féroce polémique. Parallèlement, Régis Debray ne cesse de publier, d’interroger le monde, la création et sa propre expérience.

Celui qu’une imagination paresseuse voudrait voir statufié dans sa posture de guérillero d’il y a quarante ans ne cesse de surprendre, pratiquant volontiers l’art du contre-pied. Il dérange souvent, irrite parfois, mais trace sa route hors des contingences définies par l’air du temps.

C’est ce penseur décidément difficile à caser qui sera ce soir l’invité des Rencontres Sciences Po-« Sud Ouest ». Entre les réflexions sur la République, la nation, l’action politique, les pratiques des médias, la création artistique en général, littéraire en particulier, et sur le besoin de transcendance qui traverse toutes les sociétés, la matière ne manquera pas.

Thomas La Noue
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Pour en savoir davantage sur Régis Debray

Vous pouvez aller consulter le site de Régis Debray

debray site
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Les ouvrages de Régis Debray

Pour se procurer « Le moment fraternité » de Régis Debray

debray fraternitéLe moment fraternité

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Pour vous procurer les ouvrages de Régis Debray

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