Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

De l’homme démocratique à l’homme Grégaire

Posted by Hervé Moine sur 11 février 2010

Lundi 15 février

à l’EHESS,

communication de

Monique Dixsaut

philosophe spécialiste de la philosophie antique

De « l’homme démocratique » à « l’homme grégaire »: Platon et Nietzsche

_____________________

_____________________

  • à 19h00
  • à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), salle 1, au 105 bd. Raspail,
  • Maison des sciences de l’homme.

____________________________________


Bibliographie de Monique Dixsaut

Le Naturel philosophe : essai sur les dialogues de Platon, Paris, Les Belles lettres/Vrin, 1985.
Métamorphoses de la dialectique dans les dialogues de Platon, Paris, Vrin, « Bibliothèque d’histoire de la philosophie » (poche), 2001.
Platon et la question de la pensée, Paris, Vrin, Paris, Vrin, « Bibliothèque d’Histoire de la philosophie », 2000.
Platon : le désir de comprendre, Paris, Vrin, « Bibliothèque des philosophies », 2003.
Nietzsche : par-delà les antinomies, Chatou, Édition de la transparence, 2006.

«Une pensée libératrice»

Par Monique Dixsaut

On peut lire les «Dialogues» pour y chercher des théories ou des réponses. Mais on découvre bientôt que toute thèse platonicienne est hypothèse, toute réponse en attente du réexamen qui la récusera ou en modifiera le sens. Telle est la pensée quand elle ne renonce à aucune de ses exigences: être à la fois acharnement et inspiration, ironie et enthousiasme, dur travail et seul vrai plaisir.

Lire Platon, c’est alors être sensible aux risques pris, à la diversité des chemins frayés, à la soudaineté des bifurcations, s’exposer à une pensée déroutante que ne décourage ni petit ni grand problème et que ne paralyse ou même ne semble lier aucun de ses résultats. La liberté de cette pensée a pour effet de nous délivrer de nos certitudes logiques, de nos plates convictions baptisées sagesse, de nos insignifiantes audaces. Elle se révèle être aussi le moyen de conférer unité et valeur à une vie qui autrement ne serait qu’un chaos de contradictions et de péripéties, à un discours qui ne serait qu’un défilé plus ou moins habile mais incohérent d’opinions. L’intelligence doit leur imposer sa loi mais ne doit se soumettre à aucune, qu’on la lui impose ou qu’elle se l’impose à elle-même. En d’autres termes, la liberté est la condition de rencontre avec la vérité.

La seule chose que la pensée intelligente ne soit pas libre de faire est de renoncer à comprendre. Qu’elle aboutisse ou non, sa recherche l’aura du moins débarrassée de croyances et de valeurs dont elle est incapable de rendre raison et qui sont, en conséquence, tyranniques. L’opinion aliène, le désir de savoir est libérateur si l’on comprend que savoir signifie apprendre, donc ne plus croire que l’on sait, et que désirer la vérité n’est pas vouloir la posséder mais être capable de l’engendrer. Ce savoir-là, Platon l’a à jamais nommé «science des hommes libres».

Philosophe et helléniste, professeur émérite à la Sorbonne, Monique Dixsaut, est notamment l’auteur du « Naturel philosophe. Essai sur les Dialogues de Platon » Vrin).

Monique Dixsaut


Source: «Nouvel Observateur» du 13 novembre 2008.

http://bibliobs.nouvelobs.com/20081113/8536/une-pensee-liberatrice

Publicités

Une Réponse to “De l’homme démocratique à l’homme Grégaire”

  1. BRETTON said

    Comment peut-on avoir accès au texte de la conférence de Mme Monique Dixsaut sur l’homme démocratique (Fév. 2010)?
    merci.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :