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Conférence à Toul : « Vie bonne ou vie réussie ? »

Posted by Hervé Moine sur 9 mars 2010

Vie bonne ou vie réussie ?

Conférence de Florence Grumillier  agrégée de philosophie

et de Sylvie Prévost professeure agrégée de lettres

Samedi 27 mars 2010 à 17h15 salle jean Pèlerin, médiathèque de Toul

Pieter De Hooch, Garçon portant une corbeille de grenades (détail) 1662

Choisit-t-on sa vie ?

Nous avions annoncé la précédente conférence de Florence Grumillier sur la question de savoir si l’on choisit sa vie, le texte de cette conférence est disponible sur le site de Florence Grumillier :

texte de la conférence du 14 novembre 2009 : « Choisit-on sa vie ? »

« J’aurais pu, j’aurais dû…Toujours au conditionnel passé ! Si j’avais su, hélas ! j’aurais agi tout autrement. Et l’homme épilogue avec mélancolie sur les vies qu’il aurait pu avoir, la carrière qui aurait pu être la sienne, les possibles qu’il a laissé se perdre. Cette misère de la vie en pointillé, celle qu’on n’a pas eue, c’est le jeu démoralisant de l’uchronie. »

Vladimir Jankélévitch Le Je-ne-sais quoi et le presque-rien 3 La volonté de vouloir.

Qu’est-ce que choisir ? Choisir c’est d’abord disposer d’une capacité d’initiative : le mouvement réflexe ou la réaction mécanique à un stimulus ne relève pas d’un choix. C’est ensuite avoir le pouvoir d’opter, de trancher entre plusieurs possibles – là où une seule voie s’offre, là où il n’y a pas réellement alternative, il n’y a pas réellement choix – en donnant la préférence à l’un d’eux (une image familière est celle du voyageur parvenu à la croisée des chemins : deux ou plusieurs voies s’ouvrent devant lui : pour laquelle va-t-il opter?) Choisir c’est donc toujours élire, là où il y a choix il y a sélection.

La puissance de choix, ainsi définie, apparaît comme une puissance positive, en ce qu’elle permet à l’homme de vouloir au lieu de subir passivement. La conscience qui choisit s’éprouve comme active. Pour choisir véritablement il faut être libre, ne subir ni contrainte, ni pression ni entrave. Choix cependant implique engagement – choisir, c’est prendre parti – et responsabilité : j’ai à répondre des conséquences de mes choix, à les assumer. D’où le fait que le choix entraîne souvent l’angoisse, comme l’a bien montré Sartre.

D’autre part, choisir, c’est aussi renoncer – là où il y a choix, il y a exclusion – donc consentir à un sacrifice. Ajoutons qu’il n’y a pas de choix sans risque, d’abord parce que tout choix enveloppe des conséquences que je ne peux pas prévoir, met en jeu un devenir dans lequel quelque chose échappe à la prévision, ensuite parce que je peux me tromper, faire un mauvais choix (il y a de bons et de mauvais choix).

L’expression sa vie indique d’emblée qu’il n’est pas ici question de la vie en général, mais de la vie en particulier. Dans son sens individuel, la vie peut être définie comme un parcours – on parlera à ce propos du « cours de la vie » – un déroulement ou une trajectoire qui s’effectue dans le temps – la durée est la condition naturelle de toute existence – entre ces deux bornes que sont la naissance et la mort. A l’intérieur de ce cadre temporel viennent s’insérer un certain nombre d’événements, de faits, d’actes et de réalisations qui en constituent en quelque sorte le contenu – on parlera à ce propos d’une vie bien pleine ou bien remplie – C’est cet ensemble de faits, particulièrement les plus forts, les plus marquants, qu’on cherche à raconter quand on fait le récit d’une vie (la sienne ou celle d’un autre).

La question qui nous est posée est donc claire. Il s’agit de savoir si nous possédons – ou pas – un pouvoir d’initiative sur cette trajectoire temporelle que constitue notre existence individuelle et sur l’ensemble des évènements et des réalisations qui viennent s’y insérer. Ce qui suppose que nous ne sommes pas réduits à les subir passivement, mais que nous y jouons un rôle actif, que nous pouvons les vouloir.

>>>lire la suite<<<

Voir le site de Florence Grumillier : http://www.philoflo.fr/

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Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Qu’est-ce qu’une vie réussie ? de luc ferry est un livre qui traite de la réussite d’une vie, de « la vie bonne ». luc ferry nous propose ici une réflexion nouvelle sur des interrogations présentes dans la pensée philosophique depuis l’antiquité, et de quelle façon se pose la question de la vie bonne, de la vie réussie aujourd’hui. C’est-à-dire selon quels critères, et à quelles conditions une existence, une vie est-elle réussie pour nous ? Ce livre est l’histoire de grandes réponses passées, des vies idéales imaginées par nos ancêtres ; luc ferry nous fait ressortir ce que ces sagesses avaient de plus puissant, ce par quoi, aujourd’hui encore, on peut y trouver des idées qui nous parlent. L’enjeu du livre a une certaine importance, ferry appartient à cette pensée qui reconsidère le rôle existentiel et pratique de la philosophie, et il va ainsi tenter d’élaborer une sagesse pour aujourd’hui.

Depuis la naissance de la philosophie, la question de « la vie bonne » est au centre des interrogations humaines, luc ferry observe que la façon d’y répondre dépend de la vision du monde où elle s’inscrit. Il distingue alors trois grandes problématiques ; il traite, dans la première, du monde théologico-religieux, réussir sa vie revient à trouver sa place dans un ordre transcendant. Dans la seconde, il explique pourquoi avec l’avènement de l’individualisme démocratique, la question de « la vie bonne » se pose différemment. Il s’agit, en effet, de régler son salut sur des finalités non transcendantes. Et enfin, dans la troisième grande problématique, ferry se demande ce qu’il reste de cette sotériologie, de cette doctrine du salut, à l’âge de la mort de Dieu, et de la disparition des grandes eschatologies. À partir de ces trois grandes problématiques, ferry expose les principales réponses fournies par les philosophes et les religions, avec les stoïciens, le christianisme, une étude de la pensée nietzschéenne, ainsi que de la sagesse ancienne en se demandant pourquoi s’intéresser à la sagesse des Anciens si elle n’est plus d’aujourd’hui, en se questionnant sur ce que peut nous apporter aujourd’hui cette sagesse antique ; mais aussi les peintres hollandais, les écrivains du XIXe siècle.

Pour se procurer le livre de Luc Ferry,Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Les autres ouvrages de Luc Ferry

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