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La critique au crible

Posted by Hervé Moine sur 18 mars 2010

Les facultés de juger

Critique et vérité

Du 7 avril 2010 au 10 avril 2010

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Les facultés de juger, Critique et vérité

Colloque organisé par le CERILAC/ Paris Diderot

Equipe Théorie Littéraire et Sciences Humaines
Centre Roland – Barthes

Responsables scientifiques:
Evelyne Grossman/ Martin Rueff

7, 8, 9, 10 Avril 2010

Université Paris Diderot-Paris 7/ site Paris Rive Gauche

Sous le titre Les facultés de juger (critique et vérité), on propose de faire se rencontrer des journalistes, des critiques professionnels, des critiques universitaires et des écrivains, pour parvenir à une formulation adéquate de la question du jugement esthétique aujourd’hui. Il s’agit de faire le point sur l’activité et la pensée critique : sur son sens, sur sa généalogie, sur sa portée. Mais aussi sur ses ambitions et sa nécessité : critique et vérité. Rien ne sert de déplorer une perte généralisée de l’esprit (ou du sens) critique, ou de se plaindre que la situation de la littérature (comme celle de l’art) soit de plus en plus difficile. Laissons la plainte aux idéologues. Critiquons et voyons comment on critique. Soyons résolument critiques.

La place du jugement dans l’exercice critique doit être repensée. Juger ce n’est pas expertiser (cf. la charge de Milner), c’est évaluer dans un accompagnement des oeuvres et des productions qui exige du tact, mais aussi des critères qui correspondent à des règles où le sensible et l’intelligible se mêlent d’une manière certainement complexe mais que rien n’interdit, en droit, de décrire. Les étudiants sont obsédés par cette question qui travaille tous les artistes.

On se souvient qu’en 1967 Georges Poulet dirigeait un ensemble décisif intitulé Les chemins actuels de la critique : il s’agissait d’exposer les avancées de la critique littéraire, de faire se croiser des approches différentes et parfois contradictoires. Les exposants les plus remarquables de la critique psychologique, de la critique formaliste, de la psychanalyse existentielle, mais aussi de la critique d’inspiration bachelardienne ou de la sociocritique se réunissaient pour exposer leurs thèses et en discuter. La pensée critique avançait. Avec quel profit on le sait.

Certes, on ne retracera plus les chemins actuels de la critique. Question d’époque. L’effort critique nécessite cependant qu’on pense le geste critique pour aujourd’hui.

On propose donc que se tienne un colloque de plusieurs jours consacrés à faire se rencontrer plusieurs corps de métier attachés à la critique : artistes, créateurs, enseignants de diverses disciplines, critiques journalistiques, éditeurs de revue critique, critiques universitaires. On pourrait peut-être essayer de lever les malentendus.

C’est pourquoi on propose un colloque qui porte sur les concepts, les supports, les effets de la critique.

Quant aux concepts, la chose est simple : il s’agit de se demander comment on juge, de conduire les participants à réfléchir sur les règles du goût, sur les conditions de possibilité du partage esthétique. On pourrait ici proposer une généalogie du geste critique dans laquelle Kant devrait occuper une place déterminante. Cette interrogation peut bien être mise sous le signe du titre ancien de Barthes : critique et vérité à condition qu’on la pense bien comme une interrogation dialectique et politique uniment.

Quant aux supports, il faudrait faire grand cas de la différence qui existe aujourd’hui entre plusieurs supports de l’activité critique : la critique de journal (quotidien ou hebdomadaire), le magazine, mais aussi la revue spécialisée doivent se confronter aujourd’hui à la critique sur support électronique : revues internet mais aussi blogs littéraires. A ce titre, nous pourrions profiter de la présence de nos collègues de cinéma et de théâtre pour nous interroger avec eux sur le rôle de la critique dans leurs disciplines.

Quant aux effets, il serait bon de s’interroger sur le rapport de la critique et de la création aujourd’hui. C’est aussi un moyen de penser la modernité des poétiques. Des écrivains pourraient être conduits à dire, en public, la manière dont s’articulent, dans leur création, la pensée critique et le jaillissement de l’oeuvre. Inutile de rappeler combien nos étudiants sont attachés à cette question. On mettrait peut-être fin aux soupçons anti-intellectuels qui animent une part de l’opinion publique et des médias.

Au programme du colloque

Mercredi 7 avril 2010 : Les concepts de la critique et les styles de la critique

  • Julia Kristeva (Paris Diderot – IUF) « D’un discours sans objet »
  • Martin Rueff (Paris-Diderot) « Les facultés de juger »
  • Evelyne Grossman (Paris Diderot – CIPh) « En finir avec le jugement ? »
  • Patrick Hochart (Paris Diderot) Juger (Hannah Arendt)
  • Pierre Zaoui (Paris Diderot) « De la critique à la position et à l’affirmation : un voyage sans retour? »
  • Laurent Jenny (Université de Genève) « Vies et morts de la critique »
  • Eric Marty (Paris Diderot) « Barthes, critique et philosophie »
  • Marielle Macé (CNRS/ EHESS) « Le tournant esthétique de la critique »
  • Marc Escola (Paris 8 ) « Petites querelles du Grand Siècle, ou l’accent circonflexe »
  • Pierre Pachet (Paris Diderot) « A la rencontre des écrits politiques d’André Chénier »
  • Florence Dupont (Paris Diderot), Malika Bastin-Hammou (Université Grenoble 3), Pierre Katuszewski (Université Bordeaux 3 et Paris Diderot) « Quand la critique théâtrale ‘fait théâtre’ : (Aristophane, Térence. Pasolini) »

Jeudi 8 avril 2010  : L’état critique de la critique,l’état critique de la littérature, les écrivains et la critique

  • Gilles Moutot (Montpellier) « “Faire des choses dont nous ne savons pas ce qu’elles sont” : esthétique et critique selon Adorno »
  • Laurent Dubreuil (Cornell University) « Literature now »
  • Bertrand Leclair (essayiste et romancier) « La communication triomphante ou la nécessité de redéfinir l’espace critique »
  • Jérémie Majorel (Paris Diderot) « La critique d’Albert Thibaudet »
  • Philippe Beck (Nantes) « Critique et poétique (la descendance de Genette) »
  • Jean Delabroy (Paris Diderot) « La tierce voix (voix de personne, voix de quelqu’un »
  • Philippe Forest (Nantes) « Du ‘surimpressionisme’ critique »
  • Tiphaine Samoyault (Paris 8 ) « Avons-nous des modèles ? »
  • Elisa Sclaunick (Paris Diderot) « La critique d’écrivain (Dupin et les peintres) »
  • Miguel Abensour (Paris Diderot) « Pour une philosophie politique critique »

Vendredi 9 avril 2010 : Les supports de la critique

  • Jean-Louis Jeannelle (Paris IV/ Le Monde des livres) « Les valeurs de la critique »
  • Table ronde animée par Evelyne Grossman avec Patrick Kéchichian (La Croix) Jean Louis Jeannelle (Paris IV/ Le Monde des livres) Alain Veinstein (France Culture)
  • Francis Marmande (Paris Diderot) « Critiques d’objets non identifiés »
  • Intervention d’Omar Merzoug (La Quinzaine Littéraire)
  • Table Ronde des revues (P Chartier) Michel Crépu pour la Revue des deux Mondes Thierry Guichard pour le Matricule des Anges Omar Merzoug pour La Quinzaine littéraire Jean-Baptiste Para pour Europe Philippe Roger pour Critique
  • Table ronde JP Courtois/ M. Rueff la critique sur le net – singularité exemplaire du poétique, avec Pierre Le Pillouër (poète, site sitaudis), Florence Trocmé (site pozibao) Sébastien Rongier (site remue.net) et François Rannou (poète, publie.net)

Samedi 10 avril 2010  : La critique est difficile : Les objets modernes de la critique et la critique d’art

  • Christophe Bident et Christophe Triau (Paris Diderot) « Critique théâtrale : une scène désertée ? »
  • Hervé Joubert-Laurencin (Amiens) « Sans rien changer, que tout soit différent ou Le renouvellement de l’objet critique comme éternelle continuation de la critique »
  • Yannick Seïté (Paris Diderot) « Habiliter un objet nouveau : la critique et le jazz »
  • Franz Anton Cramer (Université des Arts de Berlin) « Critique de sauvetage : à propos d’objets éphémères dansés et leur construction par le discours »
  • André Gunthert (EHESS) « Pourquoi l’art ne peut pas être numérique ? »
  • Baldine Saint-Girons (Paris 10) « Inventer ou juger? La tradition rhétorique »
  • Yan Ciret (France Culture, Art Press) « Figures de la critique désoeuvrée »
  • Bertrand Clavez (Rennes II) « Fluxus, un art critique de l’art du critique d’art ? »
  • Jean Pierre Cometti (Aix-en-Provence) « Pour une critique sans jugement »
  • Nathalie Heinich (CNRS) « Topiques de la critique en art contemporain »

Responsable : M. Rueff & E. Grossma

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