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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive for avril 2010

Bientôt un essai de Pierre Guenancia sur l’idée de cosmopolitisme

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Rompre avec la complicité envers soi-même

Article de Roger Pol-Droit, publié dans le Monde des Livres

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/23/rompre-avec-la-complicite-envers-soi-meme_1341434_3260.html

Dans la famille des philosophes, il en est de discrets. Peu soucieux de tapages, sérieux en besogne, solides, certains, comme Pierre Guenancia, n’oublient pas pour autant d’être inventifs et singuliers. Dans cette catégorie rare, peut-être en voie de disparition, il trace son sillon de pensée depuis déjà longtemps. En 1976, il publiait un premier livre, vite remarqué et estimé par les cercles savants, Du vide à Dieu. Essai sur la physique de Pascal (Ed. François Maspero), qui fut suivi de nombreuses études sur Descartes, dont plusieurs sont rassemblées dans un beau volume récemment publié par les éditions Encre Marine, Descartes chemin faisant (302 p., 29 euros).

On aurait tort, malgré tout, de ranger hâtivement ce philosophe dans la cohorte des historiens et des commentateurs érudits. Certes, il est d’abord professeur, rôle aujourd’hui décrié, mais qu’il revendique avec fierté : « Mon métier, dit-il, c’est vraiment d’enseigner aux étudiants, à tous les niveaux, les grands auteurs et les grandes philosophies du passé. » Rien d’étonnant, du coup, à ce que cet agrégé, normalien de l’ENS de Saint-Cloud, élève du grand maître que fut Jean-Toussaint Desanti, ait beaucoup enseigné : une vingtaine d’années en khâgne à Dijon, puis une grande dizaine d’années à l’université de Bourgogne, où il est notamment responsable du master de philosophie.

Malgré tout, l’histoire de la pensée ne l’intéresse qu’à une condition simple : qu’elle permette d’avoir une prise sur les questions du présent. Sur ce point, son diagnostic est sans ambiguïté : « Aujourd’hui, la philosophie, dans son enseignement comme dans sa production, est plus ou moins dans une ornière. Elle est immobilisée par un rapport écrasant à sa propre histoire, qui l’enferme dans un commentaire indéfini. Je crois au contraire qu’il est indispensable de marier l’étude rigoureuse des systèmes et l’attention aux problèmes actuels, y compris évidemment ceux qui se posent dans d’autres domaines que la philosophie. »

« MON BUT EST ÉTHIQUE »

Montrer comment des questions que notre époque croit neuves possèdent un arrière-plan historique considérable, ou bien faire voir combien demeurent ouvertes, actives, ou toujours réactivables, les interrogations d’auteurs anciens que l’on pensait figées ou caduques, telles sont pour Pierre Guenancia les tâches premières du travail philosophique. C’est pourquoi il n’a cessé, en particulier, de souligner la nécessité de lire Descartes dans ce qu’il a d’imprévu, d’inventif, de vivant – quand il s’agit pour lui de répondre à des objections qui le surprennent, ou aux questions de la princesse Elisabeth de Bohème qui le déconcertent.

En fait, qu’il s’intéresse à « l’ordre politique » dans la pensée de Descartes, à « l’intelligence du sensible » (Gallimard, 1998), à la représentation de soi ou au cosmopolitisme, c’est toujours pour répondre à une question de notre époque que ce philosophe rédige ses essais. Ainsi, c’est bien contre le repli des individus sur eux-mêmes, et contre le mépris dangereux pour le travail intellectuel, qu’il a publié récemment Le Regard de la pensée. Il y combat les illusions de l’intuition et de l’authenticité et défend la nécessité de se faire, si l’on peut dire, une idée de ce que l’on est. « Mon but est éthique : il s’agit de rompre avec la complicité envers soi-même, afin de passer du registre de la compréhension à celui de l’intellection. Se voir « comme un autre », c’est finalement se voir en tant qu’homme plutôt qu’en tant que soi. C’est donc passer du soi, très privatif, à une aventure commune que chacun partage évidemment de son point de vue, à partir de son lieu et de son époque, mais qu’il partage malgré tout. En ce sens, la représentation de soi ouvre sur l’horizon du partage de l’existence humaine avec les autres. »

Dès lors, on ne s’étonne pas d’apprendre que Pierre Guenancia travaille actuellement à un prochain essai sur l’idée de cosmopolitisme. A ses yeux, on aplatit trop souvent cette notion cruciale. « Cosmopolitisme ne signifie pas réunion de tous les hommes dans un Etat mondial, ni même dépassement des nations. C’est trop réaliste, trop empirique. L’idée du cosmopolitisme désigne une ouverture à l’extérieur, aux autres cultures, qui renvoie en fait à l’essence toujours ouverte de l’homme. » On comprend donc mieux, au fil de ses explications, comment se conjuguent pour lui les préoccupations de notre époque et la réflexion philosophique.

En fait, il ne s’agit nullement d’une démarche forcée ni même d’une nouveauté. « La philosophie a toujours été constituée d’une attention tous azimuts au monde et aux hommes. Jamais, en fait, elle ne se désintéresse de la façon dont les hommes vivent, gouvernent et se gouvernent, se soignent ou se racontent des histoires. Sans doute le fait-elle sous une forme rigoureuse, car une démonstration philosophique n’a rien d’une simple opinion. Mais, en fait, rien n’est étranger aux philosophes. Ce sont toutes les questions humaines qu’ils doivent pouvoir aborder. » Si c’est le cas, pourquoi donc les philosophes seraient-ils dotés d’une pareille omnicompétence ? Quelle qualification les rend ainsi capables de traiter de tout ? « La pratique quotidienne des grands systèmes de la pensée fait connaître comment les concepts sont construits, comment les démonstrations s’organisent et comment la pensée se met en place. »

D’un moment passé en compagnie de Pierre Guenancia, pourquoi a-t-on l’impression de sortir ragaillardi ? Un professeur qui poursuit une oeuvre originale, un homme qui ne méprise ni l’université ni le monde qui l’entoure, un penseur qui n’abandonne pas plus la rigueur des analyses que les réalités de ses contemporains, cela devrait être fréquent chez les philosophes – mais en fait ça ne court pas les rues. Somme toute, on a l’impression de rencontrer un homme libre, qui se tient résolument à l’écart des modes et des tourbillons, pour mieux s’efforcer d’être au coeur de son temps. Voilà, comme eût dit Montaigne, qui éjouit.

Roger-Pol Droit

Article paru dans l’édition du 24.04.10

Le regard de la pensée. Philosophie de la représentation

L’ouvrage

Par le terme de représentation on désigne le plus souvent ce qu’il y a dans l’esprit de manière vague et générale, comme lorsque l’on dit que nous n’avons affaire qu’à nos représentations, ou, selon une célèbre expression, que le monde est notre représentation. Cette conception commune aplatit et méconnaît le caractère dynamique de l’acte ou de l’activité de se représenter, opération par laquelle l’esprit fait venir au-devant de lui quelque chose qui n’est pas réellement présent mais qui le devient grâce à l’effort pour se donner un modèle, une figure, un schéma de ce qui ne peut être directement saisi. Trop de lumière éblouit, dit Pascal qui avait parfaitement compris qu’il fallait un peu d’ombre pour représenter la lumière, et du recul pour voir ce qui est représenté sur un tableau. Il est aujourd’hui essentiel de souligner l’importance de la médiation dans le rapport que l’homme établit avec la réalité présente, avec les autres hommes comme aussi et surtout avec lui-même.

Table des matières

Avant-propos

Introduction. — Les trois caractéristiques de la représentation

Section I. — Pourquoi se représenter la réalité ?
La représentation comme acte de se représenter
La représentation comme réflexion
La représentation comme figuration
La représentation comme attention
La représentation et l’imaginaire
La représentation comme passion de l’admiration

Section II. — Les deux formes de la représentation
Idée générale, figure et conscience d’exemple
Le souvenir, l’humour
La représentation n’est pas une imagination (Pascal)…
… mais une intellection
L’image, le portrait (Husserl)
Le regard, le spectacle, l’espace

Section III. — La représentation de soi
Exposition du thème de cette section
Le moi peut-il être représenté ?
Le moi et les qualités (Pascal)
La représentation de soi versus l’image de soi
Moi représenté – moi réel
Le moi comme acteur et personnage
Ce que c’est qu’être soi (Pascal, encore)
Vers l’estime de soi
Du Je au Nous : élargissement de la question de la représentation

Conclusion. — Le pouvoir de la représentation

Se procurer l’ouvrage : Le regard de la pensée. Philosophie de la représentation

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Mort de Jacques Brunschwig

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Né en 1929, Jacques Brunschwig, professeur de philosophie ancienne à l’université Paris-I-Sorbonne est mort le 16 avril d’une maladie pulmonaire. Cet érudit discret a publié essentiellement des articles, plus proches dans leur manière des travaux anglo-saxons et de la philosophie analytique, dont il fut le premier en France à l’appliquer à des textes antiques, que des habitudes hexagonales.

Car ce qui intéressait principalement Jacques Brunschwig, dans les œuvres d’Aristote, les écrits des stoïciens ou les traités d’Epicure, c’étaient les modes d’argumentation, les démonstrations et leur pertinence. Dans ce domaine, il a ouvert des voies nouvelles aux études anciennes et renouvelé l’approche de textes que l’on croyait connaître, en opérant au moyen d’analyses d’une minutie extrême, dont la précision et la cohérence faisaient apparaître des données inaperçues.

Sur des fragments de textes grecs, il n’est pas excessif de dire que Jacques Brunsch-wig procédait, mutatis mutandis, comme Cuvier, au début du XIXe siècle, avec une dent de dinosaure : de proche en proche, il reconstituait les arguments absents.

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, il a fréquemment enseigné hors de France, d’Abidjan à Princeton, de Berlin à Padoue, Austin ou Cambridge. Si l’essentiel de son travail demeure disséminé dans une multitude de publications, revues savantes ou volumes collectifs, on peut toutefois se reporter au recueil paru en 1995 dans la collection « Epiméthée » (Presses universitaires de France) sous le titre Etudes sur les philosophies hellénistiques, épicurisme, stoïcisme, scepticisme. Il avait également dirigé, avec Geoffrey Lloyd, l’important volume collectif Le Savoir grec, paru en 1996 chez Flammarion.

D’autres facettes de cet homme ne doivent pas demeurer dans l’ombre. Cousin de l’historien Pierre Vidal-Naquet (1930-2006), avec qui il commença à s’intéresser à la pensée antique, Jacques Brunschwig était également un excellent connaisseur de la philosophie des temps modernes. Il fut traducteur de Descartes (Les Règles pour la direction de l’esprit) ou éditeur de Leibniz, avec les Nouveaux essais sur l’entendement humain.

L’aspect le moins connu de la personnalité de Jacques Brunschwig était son talent musical : il fut un pianiste de grande classe, connaisseur et interprète passionné de Bach, Schumann ou Fauré. Il avait travaillé avec une célèbre interprète, Yvonne Lefébure, proche amie de sa mère. Il avouait avoir hésité longtemps entre la musique et l’université.

Roger-Pol Droit

http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/04/23/jacques-brunschwig_1341720_3382.html

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Les Stoïciens et leur logique

La logique des Stoïciens, longtemps méprisée, a fait l’objet, depuis un demi-siècle, d’une réhabilitation spectaculaire, rendue possible par les développements de la logique moderne, et réalisée principalement par des logiciens. Ceux-ci ont étudié isolément les questions de leur compétence, et se sont généralement peu souciés de se souvenir que leurs collègues du Portique étaient aussi des Stoïciens, c’est-à-dire des physiciens, des moralistes, à la fois solidaires de leur temps et préoccupés de systématicité. L’unilatéralité de ce point de vue a souvent été soulignée par les chercheurs de formation classique.

Mais ceux-ci, rebutés par l’appareil de la logique symbolique, paraissaient hésiter sur la meilleure manière d’intégrer à leurs propres travaux les perspectives ouvertes par les logiciens. Le colloque de Chantilly, qui réunissait en 1976 quelques spécialistes français et étrangers, s’était efforcé de dépasser cette situation en faisant le point sur les relations qui unissent la logique stoïcienne et le système stoïcien dans son ensemble.

Il ne pouvait être question de reproduire à l’identique la première édition de 1978, et l’on ne pouvait évidemment pas non plus tout refaire de fond en comble; pourtant cette réédition peut se présenter comme revue, corrigée et mise à jour.

Ont contribué à ce volume : J. Barnes, H. Barreau, J. Bertier (†), J. Brunschwig(†), F. Caujolle-Zaslawsky, M. Daraki, J.-P. Dumont(†), U. Egli, V. Goldschmidt(†), R. Goulet, A. Graeser, Cl. Imbert, G. Kerferd(†), I.G. Kidd, A.C. Lloyd (†), A.A. Long, M. Mignucci(†), J. Moreau(†), P. Pachet, P. Pasquino, J.M. Rist et G. Verbeke (†)

Pour vous procurer l’ouvrage dirigé par J. Brunschwig : Les Stoïciens et leur logique

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Barbara Cassin : Les deux faces perméables de la philosophie

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

De la mesure critique du quotidien à l’histoire de la philosophie

Barbara Cassin La philosophie et l’offre de culture

philologue, philosophe, directrice de recherche au CNRS.

La philosophie, sous nos cieux du moins, a toujours eu deux faces, perméables l’une à l’autre.

La première face, c’est la mesure critique du quotidien, un regard distancié, plus ou moins armé conceptuellement, sur ce qui est et ce qui arrive. Ce regard est susceptible du meilleur et du pire. Le pire ? Un mélange d’hyperconformisme (« moraline » docte) et de provoc (Freud démasqué ?) qui peut faire mouche, ou mousse, médiatique, mais dont on a du mal à se passer. Le meilleur ? « Tous les hommes désirent naturellement savoir », grand fleuve tranquille par lequel commence ce qu’on appelle la Métaphysique d’Aristote  ; mais aussi, pour moi, Arendt chroniquant le procès Eichmann à rebours des attentes, ou l’Unesco créant un réseau mondial de femmes philosophes pour relier celles qui tentent de poser des questions en Europe, en Afrique ou sous les talibans – avec comme première question impertinente  : qu’est-ce que le genre a à voir avec 
la vérité  ?

La seconde face, liée, c’est l’histoire de la philosophie. Je sais pourquoi j’ai décidé de « faire » de la philosophie : j’ai trouvé stupéfiant, en classe de philosophie, que l’on puisse se demander si Dieu/des dieux existent, ou qu’est-ce que penser. Encore plus stupéfiant que l’on instruise ces questions à partir de la manière dont les autres, ceux d’ailleurs et ceux d’avant, des présocratiques à la triade d’alors Nietzsche-Marx-Freud, les ont posées et travaillées. Et définitivement magnifique que lire et penser ainsi avec d’autres puisse devenir une profession – avoir pour métier sa passion, disait Merleau-Ponty.

La culture, c’est ce que l’on offre. C’est ce qui vous intéresse sans que vous puissiez vous y attendre. C’est parce que l’on offre du théâtre ou de la philosophie que le théâtre ou la philosophie peuvent déterminer la vie de quelques jeunes gens qui n’en ont jamais entendu parler. L’offre, et non la demande, voilà évidemment ce qui définit une politique culturelle (Souligné par Actu Philo).

Paru dans l’Humanité le 23 avril 2010

http://www.humanite.fr/2010-04-23_Idees-Tribune-libre-Histoire_Barbara-Cassin-La-philosophie

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Faut-il la vérité ? Quelle vérité ?

Macadam Philo Émission de François Noudelmann qui reçoit Barbara Cassin, elle y évoque notamment la question des crimes contre l’humanité : Ne faut-il distinguer vérité et châtiment ?

Pour écouter ou réécouter l’émission :

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/macadam-philo/

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Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres

Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.

Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le « la » et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.

Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.

Hervé Moine

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Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”

KANT, Critique de la raison pratique.

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Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande;  les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité « technique », qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité « technique » est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La « connaissance » cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

1 credo : affirmation d’une croyance

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Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.

Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

Cicéron

Notes

* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

Questions :

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.      a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».

b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».

c) Expliquez: « si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, […] il n’y a absolument plus de justice ».

3. La justice est-elle fondée sur la raison?

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Epistémologie, modélisation et simulation en chimie computationnelle

Posted by Hervé Moine sur 23 avril 2010

29 avril 2010

Pratiques de modélisation et de simulation en chimie computationnelle des protéines (1960-1980)

Eléments historiques et épistémologiques

par Frédéric Wieber

Archives Henri Poincaré

Université Nancy 2

« Au cours de mon intervention, j’examinerai certaines pratiques de modélisation et de simulation ayant été développées en chimie des protéines dans les années 1960-70. Dans ce champ de recherche, certains chimistes théoriciens tentent de comprendre les objets protéiques en construisant des modèles de leurs structures et en simulant leurs propriétés dynamiques. Le type de modèles qu’ils construisent et la nécessité de réaliser des simulations sont liés à la complexité moléculaire des protéines. Cette complexité conduit à deux types principaux de difficulté en chimie des protéines. D’une part, des problèmes expérimentaux se manifestent lorsque les scientifiques veulent utiliser, en les adaptant aux objets protéiques, un certain nombre de techniques physiques (cristallographie aux rayons, RMN, diffusion des neutrons…), et lorsqu’ils essaient d’interpréter les données expérimentales ainsi produites. D’autre part, des problèmes théoriques de complexité computationnelle se manifestent lorsque l’on essaie d’appliquer la mécanique quantique à ces objets trop conséquents. Si le premier type de difficulté a, d’un point de vue historique, conduit au développement d’approches théoriques (afin d’affiner les données empiriques et de permettre un accès à certaines propriétés des protéines très difficiles à obtenir expérimentalement), le second type de difficultés, que l’on retrouve, à l’époque, dans de nombreux autres domaines de la chimie, a pour sa part conduit les spécialistes des protéines à développer un type particulier de modèles, dits « modèles empiriques » (par opposition aux « calculs ab initio »). Afin de réussir à construire ces modèles, et à étendre leur champ d’utilisation, ces spécialistes utilisèrent de façon massive, à partir de 1960, des ordinateurs. Dans les années 1970, ces modèles informatisés furent employés dans le cadre d’une méthode de simulation élaborée précédemment en physique statistique (méthode dite de dynamique moléculaire). Ceci permit alors aux scientifiques d’accéder aux propriétés dynamiques des protéines, ce qui n’était pas possible d’un point de vue expérimental. Un changement dans la façon de concevoir ces objets macromoléculaires a ainsi été opéré. L’ordinateur, en tant qu’instrument technologique ayant un fonctionnement particulier et des capacités de calcul limitées, a influé de façon importante sur la forme des modèles ayant été construits ainsi que sur la façon dont la méthode de simulation de dynamique moléculaire a été appliquée au cas des protéines.

Après avoir rappelé en quoi ces pratiques de modélisation et de simulation étaient liées, à l’époque, à une partie de l’agenda classique de la biologie moléculaire (affinement des structures tridimensionnelles obtenues par cristallographie aux rayons X, problème du repliement des protéines), je me propose de discuter du statut et de la nature des modèles ayant été construits, en soulignant le travail d’assemblage et d’estimation de données empiriques que cette activité de modélisation nécessite. J’examinerai ensuite comment la méthode de simulation de dynamique moléculaire a été adaptée aux protéines, en précisant notamment comment plusieurs types de contraintes (précision souhaitée du modèle simulé, expression théorique employable, algorithmes efficaces et utilisables, puissance de calcul disponible en pratique), et leur ajustement réciproque, ont dû être prises en compte. Afin de réaliser cette adaptation, des spécialistes de cette méthode de simulation (provenant du champ de la physique statistique) ont collaboré avec des spécialistes de chimie des protéines, notamment, en Europe, dans le cadre d’une institution particulière, le CECAM. Je montrerai ici en quoi la question de l’accessibilité des ordinateurs a conduit à cette collaboration effective. Pour conclure, je discuterai de l’importance de la nature computationnelle de ces outils de modélisation et simulation dans l’histoire de ces pratiques. »

Frédéric Wieber

  • Lieu : Salle E21, 1er cycle, Faculté des Sciences, Université Henri Poincaré-Nancy 1, Vandoeuvre-les-Nancy
  • L’IREM, le « groupe M » et les Archives Henri Poincaré organisent à la Faculté des Sciences de l’Université Henri Poincaré un séminaire « transversal » consacré aux sciences et à la philosophie des sciences. Le séminaire a lieu les Jeudi après-midi, de 14h à 16h en Faculté des Sciences et Techniques, Université Henri Poincaré, Vandoeuvre-les-Nancy. Il est complété par des séances en groupe de travail. http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=4357

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Philosophie et médecine, éthique des soins

Posted by Hervé Moine sur 17 avril 2010

Journée d’études

Jeudi 03 juin 2010  à  Paris

Institut Océanographique, Grand Amphithéâtre, 195, rue saint Jacques

Figures du soin, figures de soignants

C’est dans le cadre d’une journée d’études consacrée aux questionnements  relatifs aux figures traditionnelles du soin et des soignants qu’interviendront deux philosophes, Eric Fiat et Philippe Svandra, tous deux ayant des responsabilités dans la formation du personnel hospitalier. Les figures traditionnelles du soin et des soignants méritent d’être questionnées. Comment confronter l’idée même du soin à celles du « prendre soin », de l’aide, de l’accompagnement et, nouvelle venue, de la bientraitance ? Qui peut, et comment, prendre soin de nous-mêmes, d’autrui, de la médecine, des institutions, des soignants et de notre environnement urbain ? ainsi se résume cette journée d’étude.

Mais que peut bien apporter la philosophie à la médecine ? Cette question sera abordée par Éric Fiat dans son intervention s’intitulant Apprendre à vivre, apprendre à mourir : la philosophie comme soin de l’âme ? « La médecine comme soin du corps, la philosophie comme soin de l’âme : cette répartition des tâches, que nous ont léguée certains Anciens, est-elle toujours d’actualité ? Est-il toujours possible d’apprendre à vivre ? Et apprendre à mourir a-t-il le moindre sens, puisqu’il n’y a pas d’apprentissage sans répétition, et qu’on meure qu’une fois ? Maintenons cependant les richesses qu’apporte la philosophie, pour modestes qu’elles soient, sont aujourd’hui nécessaires que jamais… »

La réflexion de Philippe Svandra portera sur la bientraitance dans les soins, certes nécessaires mais qui ne va pas sans poser problème. « Comment être contre la bientraitance ! Pourtant, de la même manière que l’enfer est pavé de bonnes intentions, la bientraitance, sous prétexte de lutter contre la maltraitance, peut nous entraîner vers une normalisation excessive de la relation de soins. » La vigilance nous semble donc, ici comme ailleurs, toujours salutaire. Toute la question est de savoir si le soin est soluble dans la bientraitance.

Pour en savoir davantage sur cette journée et pour prendre connaissance des autres intervention :

Hervé Moine, article conçu à partir de « Figures du soin, figures de soignants », Journée d’étude, Calenda, publié le vendredi 16 avril 2010, http://calenda.revues.org/nouvelle16371.html

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Éric Fiat

Éric Fiat est agrégé de philosophie,

maitre de conférences de l’Université Paris Est Marne-la-Vallée,

Professeur au centre de formation du personnel hospitalier de l’Assistance Publique Hôpitaux de paris.

Il est l’auteur d’un petit traité de dignité :

Grandeurs et misères des hommes : Petit traité de dignité

Ci-dessous quelques articles d’Eric Fiat que l’on peut trouver sur la toile et notamment sur le site philo.pourtous.free.fr

Le mensonge, du point de vue de l’éthique

article paru dans la revue Soins Pédiatrie-Puériculture n°201 – août 2001

La tradition philosophique, pour laquelle nous éprouvons gratitude et reconnaissance, a bien souvent présenté le philosophe comme l’homme ami du vrai. Pour Platon déjà, le mensonge était un crime contre la philosophie, et le philosophe, ami du savoir (philosophos), devait l’être également de la vérité (philalethes). Il a pour tâche de lever les voiles, les masques, comme l’enfant du conte d’Andersen, qui seul dit la nudité du Roi. C’est bien, d’ailleurs, ce que Calliclès disait à Socrate : « Tu fais l’enfant… » Nous ferons donc l’éloge de la sincérité et dirons la laideur du mensonge… Mais il nous faudra également dire les dangers de l’excessive sincérité, d’une exhibition impudique de la vérité. Nous terminerons enfin par une analyse de la fiction, c’est-à-dire des rapports entre le songe et le mensonge.

Il ne faut pas mentir. Voilà une évidence du sens commun, à laquelle chacun adhère spontanément, sans même avoir lu Emmanuel Kant, sans avoir même jamais songé à le lire un jour… Et il est vrai qu’il y a bien des raisons, tant esthétiques qu’éthiques, pour condamner le mensonge.

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Le temps qui passe – Les philosophes sont-ils plus patients ?

Nous partirons de l’admirable tableau de Goya, qui se trouve au Prado, Saturne dévorant ses enfants. Qu’y voit-on ? Le vieux Cronos, fils d’Ouranos et père de Zeus, avalant de sa bouche d’ombre le corps ensanglanté d’un de ses fils, encore mal dégagé de la gangue, de la matière primitive… Et pourquoi ? Par crainte, bien sûr, par crainte qu’un de ses fils ne lui fasse ce qu’il a lui-même fait à son père : le déloger du trône où siège le dieu des dieux.
Oui, belle allégorie, qui nous dit en vérité ce qu’il en est du temps ! Car Chronos se conduit bien comme Cronos ! Tout se qu’il fait, il le défait ; tout ce qu’il construit, il le détruit ; tout ce qu’il fait apparaître dans l’être, il finit par l’en faire disparaître…

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Philosophie de la vieillesse – Réflexions sur le temps qui passe

Et certes, l’idée la plus spontanée que tout un chacun se fait du temps, est celle d’une puissance universelle, qui sur toutes choses agit : cela s’appelle, en « patois » philosophique, l’efficacité du temps, terme qui indique que le passage du temps sur un être n’est jamais sans effets. Et certes, le temps altère (rend autre), aliène, corrompt, déforme, abîme, use, transforme tout ce sur quoi il passe : toute puissance du temps ! Toute puissance qui se marque certes plus vite sur ce visage-ci que sur ce visage-là, mais se marque cependant sur eux-deux ; toute puissance qui se marque certes plus vite sur la rose que sur l’étoile, mais se marque cependant sur elles-deux. Toute puissance dont témoigne également, et au combien, son irréductible irréversibilité. Même un dieu ne peut pas faire que ce qui a eu lieu n’ait pas eu lieu, disaient les Grecs.

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Humanité, citoyenneté et soins

article paru dans la revue Espace éthique – APHP, n°7-8 hiver 1998 – printemps 1999

Cette définition de l’homme comme animal politique (et polis signifie cité en grec, et peut être faudrait-il traduire la formule du philosophe grec par animal civique) est inoubliable. Mais ne relève-t-elle pas d’une conception par trop « gréco-romaine » des choses ?
C’est à cette question massive que nous allons tenter de répondre avec précision, en nous demandant comment les deux cultures qui sont à l’origine de notre civilisation, à savoir les cultures gréco-latine d’une part, et les cultures « judéo-chrétienne » de l’autre, ont pensé le rapport entre humanité et citoyenneté.

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Affronter l’angoisse, affronter le tragique en fin de vie

Un effort pour rendre le tragique moins tragique : telle est notre définition de l’éthique, définition qui indique assez que nous ne pensons certes pas qu’il puisse jamais exister une éthique qui mette fin au tragique. Car il y a dans toute vie une part de tragique, et qu’elle se manifeste tout particulièrement dans les derniers moments n’a rien qui doive surprendre…

Non, en vérité, nulle éthique, nulle pratique, et même celle des soins palliatifs, ne saurait dissoudre ce que la vie humaine contient de tragique, dissoudre ce que la vie humaine contient d’angoissant. Aussi notre propos vise-t-il à en appeler à une pratique palliative qui respecte le tragique et l’angoisse, qui ne les considère pas comme ce qui doit à toute force être supprimé, mais ce avec quoi il faut composer, au sens musical, si l’on veut, du terme. Car s’il est vrai qu’il y a du tragique, ou de l’angoisse pathologiques, il n’en demeure pas moins que toute tragédie, toute angoisse ne relèvent pas du pathologique !

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Philippe Svandra

Philippe Svandra est cadre de santé,

formateur au pôle formation du centre hospitalier Sainte Anne,

Docteur en philosophie, chargé d’enseignement à l’université Paris Est / Marne-la-Vallée .

Ouvrages de Philippe Svandra

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Les lauriers de Philosophie Magazine

Posted by Hervé Moine sur 16 avril 2010

Philosophie Magazine, élu meilleur magazine de l’année

Dans le cadre de la Semaine de la presse Magazine, Philosophie Magazine a été élu ce 15 avril, Meilleur magazine de l’année, lors de la remise des prix organisée par le Syndicat de la Presse Magazine et d’Information (SPMI). A noter également que le magazine consacré à la philosophie remporte également le prix du Meilleur magazine de Culture et de découverte. Et même si les honneurs ne sont pas ce qui est le plus rechercher en philosophie, saluons et félicitons cependant tout le travail de l’équipe de philomag.

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Atelier Simondon : Les enjeux de la modulation

Posted by Hervé Moine sur 13 avril 2010

9e séance du séminaire de l’Atelier Simondon

Individuation et technique

ENS/MSH Paris-Nord

L’Atelier Simondon de l’ENS organise son séminaire de recherche « Individuation et Technique » en collaboration avec la Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord.

La neuvième séance de l’Atelier Simondon, présentée par Frédéric Pascal et Vincent Bontems sur « les enjeux de la modulation » aura lieu Mardi 27 Avril 2010 de 18h à 20h30 au 29, rue d’Ulm, dans la salle Lapie au 2ème étage, à gauche en haut de l’escalier.

Lors de cette neuvième séance, Frédéric Pascal présentera des éléments de comparaison et de réflexion sur la définition de l’information par Simondon, son utilisation du concept de modulation, et les exemples tirés du domaine de l’acoustique. Il dialoguera avec Vincent Bontems au sujet de la valeur opératoire de ces notions.

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Platon et Aristophane sur les planches de la Comédie française

Posted by Hervé Moine sur 12 avril 2010

Leçons de philosophie à La Comédie-Française

Annonce paru le 11 avril 2010 dans Planète Campus par Françoise Krief

http://www.planetecampus.com/culture/11123-lecons-de-philosophie-a-la-comedie-francaise

Le Banquet de Platon et Les Oiseaux d’Aristophane.

Ce sont des récits philosophiques mythiques, lus, étudiés, décortiqués…mais très rarement représentés théâtralement. Pourtant, les deux œuvres se prêtent tout à fait à une adaptation sur scène, pour autant que le metteur en scène et les comédiens usent d’imagination et de créativité pour mettre en valeur les mots, le sens profond du discours et apporter de la théâtralité aux dialogues. Pari très réussi !

Pour le Banquet, trois acteurs se partagent les rôles de tous les convives, dont Socrate, Aristophane ou le poète Agathon qui décident de faire le concours du meilleur éloge de l’amour. La mise en scène précise et originale de Jacques Vincey apporte humour et vitalité au texte de Platon.

Les Oiseaux est une comédie antique  du poète athénien Aristophane (445-385 av JC) et raconte la déchéance des Dieux de l’Olympe au profit d’hommes devenus volatiles qui veulent retrouver leur pouvoir. C’est Alfredo Arias qui met en scène cette œuvre avec lyrisme, drôlerie et modernité.

«Le Banquet», à déguster au français

Article paru dans le Figaro, le 6 avril 2010

http://www.lefigaro.fr/theatre/2010/03/31/03003-20100331ARTFIG00774-le-banquet-a-deguster-au-francais-.php

Crédits photo : Pacome POIRIER/Wikispectacle

Jacques Vincey adapte Le Banquet de Platon (428-347 avant J.-C.) avec la troupe de la Comédie-Française. Traité de façon incroyablement moderne et vivante, le sujet touche plusieurs générations. À Athènes, Agathon offre un banquet pour fêter un concours de tragédie qu’il a remporté. Parmi les convives se trouvent Socrate, Phèdre, Diotime, Aristophane, Eryximaque, Apollodore – qui rapporte les propos des uns et des autres -, Aristodème et Alcibiade. Au menu, des libations, puis des beuveries mêlées à des discours. Et surtout plusieurs éloges de l’amour. Dont le vrai, le pur, un dépassement de soi, dont Socrate – considéré comme le père de la philosophie occidentale – fait l’apologie. « Les yeux de l’esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser. » Quand arrive son tour, passablement éméché, au lieu d’Eros, Alcibiade célèbre Socrate, dont il est amoureux.

Aristophane entre au répertoire du Français

Le 10 avril, Aristophane entrera au répertoire de la Comédie-Française avec Les Oiseaux, dans une traduction et une mise en scène d’Alfredo Arias. Le grand poète (environ 445-385 avant Jésus-Christ) a donné ses lettres de noblesse à la comédie en en composant une quarantaine, dont onze seulement sont parvenues jusqu’à nous. Ses « oiseaux », qui ressemblent étrangement aux Athéniens, lui permettent d’épingler les travers de ses contemporains. Catherine Salviat, Catherine Hiegel, Alain Lenglet, Nicolas Lormeau ou Céline Samie joueront la pièce.

Critique

Traduit en français par Luc Brisson, ce dialogue, voire cette joute philosophique, se prête très bien à l’art du théâtre. Sous la houlette de Jacques Vincey, qui a opté pour une mise en scène sobre et épurée, et une dramaturgie dépouillée de Frédéric Vossier, il prend ici toute sa saveur. Comédien lui-même, le premier est au service des mots de Platon. Tous vêtus de noir, les trois interprètes sont ainsi au plus près du texte. Chacun incarne impeccablement plusieurs « personnages ».

Thierry Hancisse prête notamment sa verve à Socrate et à Phèdre, Pierre Louis-Calixte est un Alcibiade passionné, et Serge Bagdassarian divertit, dans le sens que lui donnera plus tard Pascal, dans le costume d’Agathon, puis dans celui d’Aristophane. Le hoquet de ce dernier, entrecoupé d’éternuements intempestifs, interrompt le discours d’Eryximaque et arrache des rires au spectateur. Plus sérieusement, le poète s’attarde sur l’idée que chaque homme est à la recherche de sa moitié. Une pensée qui parle au public, lequel s’interroge à son tour sur sa propre définition de l’amour.

À la sortie du Studio-Théâtre, les conversations vont bon train. Les plus jeunes ont envie de se précipiter dans une bibliothèque ou une librairie à la recherche du Banquet, leurs aînés se remémorent leurs cours de philosophie.

Le Banquet, Studio-Théâtre de la Comédie-Française, Galerie du Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli (Ier). Tél. : 01 44 58 98 58. Horaires : à 18 h 30, du mercredi au dimanche, exceptionnellement, le 30 avril à 18 heures. Relâches les 3 et 4 avril et 1er mai. Places : de 8 à 17 €. Durée : 1 h 30. Jusqu’au 9 mai.

Pour en savoir davantage voir le site de la Comédie Française :

http://www.comedie-francaise.fr/saison_spectacles.php?spid=180

Dossier de presse :

http://www.comedie-francaise.fr/images/telechargements/presse_banquet0910.pdf

Le programme

http://www.comedie-francaise.fr/images/telechargements/programme_banquet0910.pdf

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Essais d’épistémologie aristotélicienne

Posted by Hervé Moine sur 11 avril 2010

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne

Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne
Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

ISBN: 978-90-429-2213-6

IV-515 pages; 65 €

http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8634

Les quatorze articles traduits dans ce volume constituent la première présentation d’ensemble d’une œuvre importante dans le domaine de l’histoire de la philosophie ancienne. Ils s’étendent sur plus de vingt ans et portent tous sur ce que l’on pourrait appeler, au sens le plus large du terme, l’épistémologie aristotélicienne», en prenant «épistémologie» en son sens français et non au sens que ce terme a dans le monde universitaire anglophone. Les textes ont été rangés dans un ordre à la fois systématique et pédagogique, et non dans un ordre chronologique, parce que, malgré  d’inévitables changements de détails, les positions adoptées par Robert Bolton sont restées fondamentalement les mêmes. Il est remarquable que, alors que Bolton semblait isolé dans les années 1970-1980, ses thèses soient aujourd’hui au moins mieux comprises et même, sans doute, plus largement partagées.
Le mérite le plus immédiat de l’approche boltonienne d’Aristote, c’est de définir exactement la place de l’épistémologie aristotélicienne. Ce qui fournit un élément important pour en cerner la nature. Ce faisant Bolton applique à l’Aristotélisme lui-même l’un des traits qu’il a cru déceler dans la méthode d’Aristote : d’abord saisir un élément de l’essence de la chose que l’on veut connaître, comme premier pas vers la saisie de cette essence.

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