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Mort de Jacques Brunschwig

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Né en 1929, Jacques Brunschwig, professeur de philosophie ancienne à l’université Paris-I-Sorbonne est mort le 16 avril d’une maladie pulmonaire. Cet érudit discret a publié essentiellement des articles, plus proches dans leur manière des travaux anglo-saxons et de la philosophie analytique, dont il fut le premier en France à l’appliquer à des textes antiques, que des habitudes hexagonales.

Car ce qui intéressait principalement Jacques Brunschwig, dans les œuvres d’Aristote, les écrits des stoïciens ou les traités d’Epicure, c’étaient les modes d’argumentation, les démonstrations et leur pertinence. Dans ce domaine, il a ouvert des voies nouvelles aux études anciennes et renouvelé l’approche de textes que l’on croyait connaître, en opérant au moyen d’analyses d’une minutie extrême, dont la précision et la cohérence faisaient apparaître des données inaperçues.

Sur des fragments de textes grecs, il n’est pas excessif de dire que Jacques Brunsch-wig procédait, mutatis mutandis, comme Cuvier, au début du XIXe siècle, avec une dent de dinosaure : de proche en proche, il reconstituait les arguments absents.

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, il a fréquemment enseigné hors de France, d’Abidjan à Princeton, de Berlin à Padoue, Austin ou Cambridge. Si l’essentiel de son travail demeure disséminé dans une multitude de publications, revues savantes ou volumes collectifs, on peut toutefois se reporter au recueil paru en 1995 dans la collection « Epiméthée » (Presses universitaires de France) sous le titre Etudes sur les philosophies hellénistiques, épicurisme, stoïcisme, scepticisme. Il avait également dirigé, avec Geoffrey Lloyd, l’important volume collectif Le Savoir grec, paru en 1996 chez Flammarion.

D’autres facettes de cet homme ne doivent pas demeurer dans l’ombre. Cousin de l’historien Pierre Vidal-Naquet (1930-2006), avec qui il commença à s’intéresser à la pensée antique, Jacques Brunschwig était également un excellent connaisseur de la philosophie des temps modernes. Il fut traducteur de Descartes (Les Règles pour la direction de l’esprit) ou éditeur de Leibniz, avec les Nouveaux essais sur l’entendement humain.

L’aspect le moins connu de la personnalité de Jacques Brunschwig était son talent musical : il fut un pianiste de grande classe, connaisseur et interprète passionné de Bach, Schumann ou Fauré. Il avait travaillé avec une célèbre interprète, Yvonne Lefébure, proche amie de sa mère. Il avouait avoir hésité longtemps entre la musique et l’université.

Roger-Pol Droit

http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/04/23/jacques-brunschwig_1341720_3382.html

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Les Stoïciens et leur logique

La logique des Stoïciens, longtemps méprisée, a fait l’objet, depuis un demi-siècle, d’une réhabilitation spectaculaire, rendue possible par les développements de la logique moderne, et réalisée principalement par des logiciens. Ceux-ci ont étudié isolément les questions de leur compétence, et se sont généralement peu souciés de se souvenir que leurs collègues du Portique étaient aussi des Stoïciens, c’est-à-dire des physiciens, des moralistes, à la fois solidaires de leur temps et préoccupés de systématicité. L’unilatéralité de ce point de vue a souvent été soulignée par les chercheurs de formation classique.

Mais ceux-ci, rebutés par l’appareil de la logique symbolique, paraissaient hésiter sur la meilleure manière d’intégrer à leurs propres travaux les perspectives ouvertes par les logiciens. Le colloque de Chantilly, qui réunissait en 1976 quelques spécialistes français et étrangers, s’était efforcé de dépasser cette situation en faisant le point sur les relations qui unissent la logique stoïcienne et le système stoïcien dans son ensemble.

Il ne pouvait être question de reproduire à l’identique la première édition de 1978, et l’on ne pouvait évidemment pas non plus tout refaire de fond en comble; pourtant cette réédition peut se présenter comme revue, corrigée et mise à jour.

Ont contribué à ce volume : J. Barnes, H. Barreau, J. Bertier (†), J. Brunschwig(†), F. Caujolle-Zaslawsky, M. Daraki, J.-P. Dumont(†), U. Egli, V. Goldschmidt(†), R. Goulet, A. Graeser, Cl. Imbert, G. Kerferd(†), I.G. Kidd, A.C. Lloyd (†), A.A. Long, M. Mignucci(†), J. Moreau(†), P. Pachet, P. Pasquino, J.M. Rist et G. Verbeke (†)

Pour vous procurer l’ouvrage dirigé par J. Brunschwig : Les Stoïciens et leur logique

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