Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive for octobre 2010

La recherche de la sagesse et de la philosophie contemporaine

Posted by Hervé Moine sur 30 octobre 2010

Michel Puech relance la recherche de la sagesse

Article de Jean-Yves Ihuel paru dans Sud-Ouest le 29 octobre 2010

 Michel Puech sera à Tarnos le 4 novembre.  photo frédérique evrard

Michel Puech sera à Tarnos le 4 novembre. Photo de Frédéric Evrard

Jeudi 4 novembre, à 20 heures, la médiathèque Les Temps modernes de Tarnos organise une conférence philo avec Michel Puech sur le thème « La recherche de la sagesse et la philosophie contemporaine ».

Michel Puech est philosophe, maître de conférences à la Sorbonne, auteur entre autres de « Développement durable : un avenir à faire soi-même » et « Homo Sapiens Technologicus ». Selon le conférencier, la philosophie, à son commencement grec, était une recherche de sagesse personnelle et pas seulement de savoir. Les autres civilisations, notamment en Asie, ont élaboré de grandes doctrines de sagesse. Cette recherche semble avoir été oubliée, perdue, par les hommes d’aujourd’hui absorbés dans les délices de l’abondance ou par les philosophes professionnels, qui se voient comme des « sachants » et pas comme des sages. Le déficit d’éthique, le désarroi devant notre surpuissance technologique, l’irresponsabilité de notre comportement envers la nature, tout cela semble exiger une reprise du programme de recherche de la sagesse, voire l’invention d’une nouvelle sagesse, propre à « l’Homo Sapiens Technologicus ». Quels peuvent en être les objectifs et les méthodes ? Réponse le 4 novembre.

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« Vacarme », une réflexion entre politique, art et sciences

Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2010

ActuPhilo se penche aujourd’hui sur une revue originale, engagée, militante dont les articles nous interpellent, nous interrogent, nous désarçonnent. Bref, Vacarme nous réveillent de nos sommeils dogmatiques. Mais qu’est-ce que Vacarmes précisément ? Pour faire vite disons que Vacarme propose une réflexion entre politique, art et sciences, réflexion dont l’éclectisme devrait permettre à chacun d’y trouver son compte. En effet, depuis sa création il y a maintenant trois ans, Vacarme mène une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique.

Comment est né Vacarme ?

Vacarme est née en 1997 de la rencontre d’individus engagés dans différents mouvements sociaux, notamment la lutte contre le sida et la défense des sans-papiers, et de leur désir de confronter ce qu’ils apprenaient du monde depuis leur expérience politique au savoir qu’ils forgeaient dans leurs travaux respectifs de chercheurs, d’enseignants, d’écrivains, de thérapeutes ou d’artistes. Ils ont voulu que Vacarme soit un lieu d’échanges entre réseaux militants, intellectuels et artistiques, un espace qui échappe aux séparations traditionnelles entre la pratique et le savoir, la politique et l’art, l’urgence d’agir et la nécessité de penser.

Pierre Zaoui…

Vacarme résolument éclectique

Vacarme est un trimestriel résolument généraliste, qui refuse de choisir entre les articles d’opinion et les textes théoriques, la philosophie et les sciences sociales, la création littéraire et les enquêtes de terrain, l’économie et la poésie, l’image et le texte. On y trouvera aussi bien une réflexion sur l’art contemporain qu’un entretien avec Mike Davis, aussi bien une enquête sur les quartiers pavillonnaires que de la poésie américaine, aussi bien un portfolio photographique qu’un dossier sur les politiques de générations, aussi bien Olivier Cadiot qu’Anne Cheng. Au-delà d’un simple voisinage, il s’agit de rapprocher les savoirs, afin qu’ils se métissent.

Comment se compose la revue ?

Vacarme s’ouvre sur un long entretien, qui invite une personnalité du champ intellectuel, militant ou artistique à partager son travail. Suit un dossier : le chantier, thématique. Le cahier, lui, est une série délibérément éclectique de textes et d’images où s’entremêlent fiction, poésie, art et critique. Enfin, les lignes creusent de numéro en numéro les obsessions politiques de Vacarme. Par exemple : les psychotropes comme enjeu politique (série «  Drogues  ») ; l’inquiétante étrangeté que prennent les politiques européennes (série «  L’Europe du pire  ») ; les débats qui traversent l’école (série «  Éducation, Institutions  »)

Quel est le style de Vacarme ?

Formellement, Vacarme est un objet hybride, qui veut concilier la rigueur de pensée et d’écriture propre aux revues, et la variété des formats — textes, entretiens, enquêtes, images — qui fait la vivacité des journaux. Ce style, comme son contenu, la situent entre les revues de recherche confinées dans leur spécificité disciplinaire et les journaux issus de groupes militants qui peinent à être lus au-delà de leurs sympathisants ; entre les magazines dont la spécialité (culturelle, politique, économique) fait obstacle à une approche transversale, et les journaux dont la course à l’actualité empêche un traitement en profondeur.

Un mot sur l’éditeur de Vacarme…

L’éditeur de Vacarme est l’association du même nom, qui regroupe une vingtaine de membres, bénévoles. Régulièrement réunis en comité de rédaction, ceux-ci assurent collégialement la conception des numéros, coordonnée par une rédaction en chef collective et tournante. Refusant une certaine division professionnelle — c’est-à-dire, souvent, sexuelle — du travail éditorial, ils participent également à la fabrication matérielle de l’objet : si la réalisation de la maquette et de la couverture sont rémunérées, le secrétariat de rédaction est bénévole et collectif, tout comme les tâches administratives. Un travail d’amateurs, en somme, dans le sens joyeux du terme.

À partir du numéro 53, Vacarme devient partenaire des éditions Les Prairies ordinaires. Ce rapprochement, fondé sur des affinités politiques et intellectuelles anciennes et fortes, entend développer une étroite collaboration éditoriale et perpétuer la mutualisation de certains moyens logistiques  : Vacarme est distribuée en librairies par le diffuseur des éditions Les Prairies ordinaires, Belles Lettres Diffusion Distribution.

A noter que le trimestriel Vacarme est publié sur papier et archivé en ligne sur son site « vacarme.org« . Vous y trouverez ce qui vous permettra de commander un numéro de la revue ou bien de vous y abonner.

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La philosophie de Pierre Zaoui, une philosophie pour le meilleure et pour le pire

Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2010

« La Traversée des catastrophes. Philosophie pour le meilleur et pour le pire », de Pierre Zaoui : manuel de survie

Paru dans LE MONDE DES LIVRES le 28 octobre 2010

Une nouvelle génération de philosophes se lève, qui ne recule devant rien. Les femmes et les hommes qui lui donnent souffle partagent une même conviction : la pensée ne vaut pas une heure de peine quand elle néglige l’expérience vivante des hommes. Toute l’expérience, pour le meilleur et pour le pire – le miel et la boue, la joie comme les larmes, les lendemains qui chantent mais aussi les petits matins glauques.

Récemment, déjà, dans un bel essai intitulé Cet obscur objet du dégoût (Ed. Le Bord de l’eau), la jeune Julia Peker arpentait l’immonde, cette « zone obscure et menaçante au coeur du réel, aussi dévalorisée qu’insupportable, que nous apprivoisons par l’ignorance ». Aujourd’hui, c’est Pierre Zaoui qui s’avance en ces parages. Dans La Traversée des catastrophes, il affirme que la pensée, pour être digne de ce nom, doit pouvoir explorer les territoires les plus innommables, ceux devant lesquels les professionnels du concept ont le plus souvent reculé : « Si l’on se veut philosophe, écrit Zaoui, il faut y aller, il faut descendre dans ces expériences sombres, impudiques, vulgaires. »

De quoi s’agit-il ? De la maladie endurée, de la mort à venir, de l’être aimé qui disparaît. Chacune de ces expériences, Zaoui les parcourt à petits pas. Il progresse bien lentement, point par point, avec une rigueur impeccable et une grande sensibilité. Il sait bien que la philosophie, dès qu’elle prétend gloser sur les corps en souffrance, risque à tout moment de basculer dans une posture de surplomb, obscène à force d’abstraction. Mais il préfère courir le risque, convaincu qu’à la fin des fins, seule l’analyse conceptuelle peut rendre raison de la détresse humaine, y compris dans ses aspects les plus charnels, les plus concrets. Telle est la vieille leçon du Parménide de Platon, qui exhortait le philosophe à unir théorie et pratique, spéculation et éthique, afin de bâtir une métaphysique « du poil, de la boue et de la crasse ».

Nulle complaisance, ici, nulle tentation de se vautrer dans le pire. Au contraire, si Zaoui décrit le drame, la douleur, la déchéance, c’est d’abord pour proposer un « manuel de survie » où le lecteur apprendrait non seulement à « vivre avec » ses catastrophes intimes, mais encore à les subvertir pour inventer une sur-vie, c’est-à-dire une vie supérieure, tout à la fois plus haute, plus intense et plus belle.

Comme tous les manuels, celui-ci se laisse mal résumer. Chacun le découvrira, y reviendra, se l’appropriera à son rythme, selon les épreuves endurées et les espérances endossées, pour sortir de tel mauvais pas, repartir d’un bon pied, s’autoriser à nouveau une échappée belle. Contentons-nous d’énoncer ses références et ses principes, afin d’en souligner l’exaltante singularité.

Celle-ci doit beaucoup à une prise de parti résolument empiriste. Ce souci de l’expérience ne date pas d’hier, bien sûr, et Pierre Zaoui se réclame d’une tradition qui court depuis les sagesses grecques jusqu’à l’éthique de Spinoza, à laquelle il a déjà consacré une étude (Spinoza, la décision de soi, Bayard, 2008). Au sommet de cette lignée, il place la philosophie vitaliste de Gilles Deleuze (1925-1995), qui irrigue toute sa réflexion. Mais il convoque aussi Nietzsche et Levinas pour décrire la vie humaine et en faire toute une maladie : « Etre ou avoir été malade, c’est perdre pour de bon le fantasme infantile de l’éternelle jeunesse comme le fantasme de petit actionnaire d’un « capital santé » que l’on pourrait infiniment faire fructifier. (…) Devenir malade, c’est apprendre la vérité de la vie, non seulement dans son terme, mais depuis son départ : vivre, c’est tomber malade », écrit Zaoui.

A l’horizon d’une telle démarche, il y a la tentative de fonder rationnellement une existence précaire, sans garantie aucune, et donc de bâtir ce que l’auteur nomme une « éthique du dehors« . Autrement dit, une doctrine destinée aux athées sérieux, qui s’interdisent de trouver refuge dans la maison d’un dieu protecteur. Ceux-là ont comme seul recours la puissance de la philosophie et la subtilité de la littérature. Du reste, cette alliance se trouve au coeur du travail entrepris par Zaoui. Ainsi mobilise-t-il Kafka et Beckett dans le but de restituer la complexité des désastres subjectifs : « On doit parler d’un mouvement de pendule infernal dans lequel on oscille sans cesse non seulement de la plainte à la colère, de l’abandon à la hargne de se redresser, de la défaite à la résistance, mais aussi bien de la compassion à la dureté, du besoin éperdu d’être reconnu et pris en charge à la haine. »

Orgueil de la pensée

Ecrit d’une plume élégante, ce livre n’en refuse pas moins les purs effets de style, et s’efforce de déjouer les sortilèges de la métaphore. Contre ceux qui voudraient réduire la prose philosophique à un bavardage, Zaoui réaffirme l’orgueil et la souveraineté de la pensée théorique. A mille lieux de l’étalage narcissique, son propos se déploie selon une logique solide, à la fois extrêmement incarnée et absolument impersonnelle. Telle est la condition pour repérer l’universelle vérité au creux de chaque malheur singulier.

« On ne se met ordinairement à penser que quand la vie s’arrête, au moins déraille, dysfonctionne, fait trop souffrir », martèle Pierre Zaoui dès l’ouverture de son magnifique essai. Au moment de le refermer, l’évidence s’impose : bien davantage que les petits conseils façon « développement personnel », c’est la puissance du concept qui nous aide à tenir bon au jour le jour, c’est l’intelligence qui nous donne le courage d’être heureux.


LA TRAVERSÉE DES CATASTROPHES. PHILOSOPHIE POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE de Pierre Zaoui. Seuil, « L’ordre philosophique », 384 p., 23 €.

Jean Birnbaum

Article paru dans l’édition du 29.10.10

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/10/28/la-traversee-des-catastrophes-philosophie-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire-de-pierre-zaoui_1432208_3260.html

© Le Monde.fr

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Pour vous procurer l’ouvrage de Pierre Zaoui : La traversée des catastrophes : Philosophie pour le meilleur et pour le pire

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Pourquoi rire ?

Posted by Hervé Moine sur 25 octobre 2010

En amont de la 24e édition du Forum Le Monde-Le Mans,

les Médiathèques du Mans proposent un nouveau rendez-vous autour de la philosophie,

mardi 26 octobre 2010

à 18 heures,

médiathèque Louis Aragon,

54 rue du Port au Mans.

Plantu


Dans l’esprit des « cafés-philo », Jean Birnbaum, journaliste au Monde et coordinateur du « Forum Le Monde-Le Mans », y lancera en effet la réflexion autour de la thématique retenue cette année : « Pourquoi rire ? ». Ce rendez-vous se veut une séance de discussion ouverte et conviviale avec le public, pour inviter chacun à aller plus loin dans sa propre réflexion.

Cette rencontre sera accompagnée d’une sélection de dessins de Plantu, exposés pour l’occasion.

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« Qu’est-ce qu’une bonne question ? » n’est-ce pas une bonne question ?

Posted by Hervé Moine sur 24 octobre 2010

Lundi 25 octobre 2010

à partir de 18h au Gambetta

à Bressuire dans les Deux Sèvres

Café Philo

Qu’est-ce qu’une bonne question ?

Le café philo sera présenté par Elie Maudet.

Le thème est le suivant : l’art de poser les bonnes questions pour un philosophe.

« Qu’est-ce qu’une bonne question ? Entre le dédain des uns qui estiment que la philosophie accumule les questions sans jamais y donner de réponse, et la soif des autres, qui se ruent sur elle en croyant naïvement qu’elle pourrait porter remède à tous leurs maux, que reste-t-il de sérieux dans le domaine de la pensée ? On réfléchit assez rarement sur ce qu’est en elle-même la philosophie. Et il est effectivement extrêmement difficile de la définir. Pour autant, après plus de trente siècles de pensées et de penseurs […] si la philosophie a conservé son influence, sa force de conviction générale et son intérêt, n’est-ce pas parce qu’elle s’applique d’abord à des objets de la vie et du monde ? D’où la nécessité de pouvoir distinguer le questionnement philosophique d’un autre qui ne l’est pas ! »

L’Entrée à ce café philo est gratuite.

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Religions, politique et mondialisation en Haïti (après le 12 janvier 2010)

Posted by Hervé Moine sur 9 octobre 2010

Laennec HURBON

Religions, politique et mondialisation en Haïti (après le 12 janvier 2010)

Mer 17 nov (18h30-20h30)

Salle 1, Centre Parisien d’Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris

Cette conférence est organisée avec le soutien du Centre Parisien d’Études Critiques.

Le tremblement de terre qui a eu lieu à Port-au-Prince le 12 janvier dernier semble avoir pour premier effet de produire une suspension du « sens » (de la vie et du monde) et ainsi d’ébranler les bases de la société haïtienne, mais il aura aussi laissé entrevoir diverses faces de la mondialisation à travers les secours offerts par de nombreux États et organisations non-gouvernementales. L’on tâchera de porter tout d’abord l’interrogation sur le mode de réception de la catastrophe par les institutions politiques et religieuses, étant entendu que sont effondrés près de 90 % des bâtiments publics, églises, écoles et universités de la capitale. Ensuite, l’on tâchera de repérer dans le contexte de la mondialisation les motivations et intérêts des pays venus au chevet d’Haïti. Il s’agira, chemin faisant grâce à ces données empiriques, d’ouvrir une réflexion philosophique à la fois sur les nouvelles représentations d’Haïti, de son histoire (la révolution anti-esclavagiste : 1791-1804) dans les processus d’émancipation en général, et sur les nouveaux rapports à l’environnement. Tout se passe désormais comme si avec ce tremblement de terre l’espèce humaine comme telle était directement impliquée, et se donnait à penser dans ses manières d’habiter la terre.

  • Intervenante : Laennec Hurbon, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’université Quisqueya (Port-au-Prince).
  • Discutant : Mathieu Potte-Bonneville, directeur de programme au CIPh, professeur de classes préparatoires. Spécialiste de l’œuvre de Michel Foucault, il a notamment publié D’après Foucault, avec l’historien Philippe Artières (Les Prairies ordinaires, 2007), et Foucault (Ellipses, 2009).

Laënnec Hurbon

Laënnec Hurbon est sociologue haïtien. Né à Jacmel en Haïti, Laënnec Hurbon est docteur en Théologie à l’Institut catholique de Paris et en Sociologie à l’Université de Paris-Sorbonne où il est directeur de recherche au CNRS. Il estégalement directeur de recherches au CNRS et professeur à l’université Quisqueya de Port-au-Prince, dont il est l’un des membres fondateurs. En outre, Laënnec Hurbon est spécialiste des rapports entre religion, culture et politique dans la Caraïbe et auteur de plusieurs ouvrages sur le vaudou haïtien.

 

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Pour une anthropologie historique des pratiques savantes

Posted by Hervé Moine sur 1 octobre 2010

Christian JACOB

Pour une anthropologie historique des pratiques savantes

Mer 10 nov (18h30-20h30)

Amphithéâtre 45 B, Université Paris 6-Pierre et Marie Curie,

4 place Jussieu, 75005 Paris

Cette conférence est organisée avec le soutien de l’université Paris 6-Pierre et Marie Curie.

Les savoirs ne naissent pas dans l’univers éthéré et intemporel des idées, où tout ne serait que raison et vérité. Comme tant d’autres aspects de l’activité humaine, ils sont construits au fil de chaînes d’opérations où les gestes de la  main accompagnent les opérations de l’esprit, où les mouvements de la pensée prennent forme et matérialité dans le maniement des objets, des inscriptions et leurs différents supports.
Ces opérations et ces mouvements ont une histoire et sont déterminés par leurs ancrages dans des cultures et des communautés savantes particulières. Ils sont des objets d’apprentissages, de réflexivité, de formalisation.
Observer, prélever, fabriquer, classer, comprendre, hiérarchiser, mémoriser, calculer, construire une synthèse ou un modèle, interpréter, lire et écrire, schématiser, manier les livres, travailler sur un ordinateur, déchiffrer des signes : ces multiples opérations, inscrites dans des projets de connaissance particuliers, ouvrent le champ d’une anthropologie historique et comparée des savoirs humains et de leurs pratiques.
La parution du second volume des Lieux de savoir, Les mains de l’intellect (Albin Michel, 2010) nous offrira l’occasion d’une réflexion à deux voix sur les enjeux d’une histoire culturelle des savoirs attentive aux acteurs et à leurs pratiques, aux objets et à leurs transformations, aux inscriptions et à leurs effets multiples.
  • Intervenant : Christian Jacob, directeur d’études à l’EHESS, Centre Anhima.
  • Discutant : Rafaël Mandressi, chargé de recherches au CNRS, Centre Koyré.

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