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« Vacarme », une réflexion entre politique, art et sciences

Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2010

ActuPhilo se penche aujourd’hui sur une revue originale, engagée, militante dont les articles nous interpellent, nous interrogent, nous désarçonnent. Bref, Vacarme nous réveillent de nos sommeils dogmatiques. Mais qu’est-ce que Vacarmes précisément ? Pour faire vite disons que Vacarme propose une réflexion entre politique, art et sciences, réflexion dont l’éclectisme devrait permettre à chacun d’y trouver son compte. En effet, depuis sa création il y a maintenant trois ans, Vacarme mène une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique.

Comment est né Vacarme ?

Vacarme est née en 1997 de la rencontre d’individus engagés dans différents mouvements sociaux, notamment la lutte contre le sida et la défense des sans-papiers, et de leur désir de confronter ce qu’ils apprenaient du monde depuis leur expérience politique au savoir qu’ils forgeaient dans leurs travaux respectifs de chercheurs, d’enseignants, d’écrivains, de thérapeutes ou d’artistes. Ils ont voulu que Vacarme soit un lieu d’échanges entre réseaux militants, intellectuels et artistiques, un espace qui échappe aux séparations traditionnelles entre la pratique et le savoir, la politique et l’art, l’urgence d’agir et la nécessité de penser.

Pierre Zaoui…

Vacarme résolument éclectique

Vacarme est un trimestriel résolument généraliste, qui refuse de choisir entre les articles d’opinion et les textes théoriques, la philosophie et les sciences sociales, la création littéraire et les enquêtes de terrain, l’économie et la poésie, l’image et le texte. On y trouvera aussi bien une réflexion sur l’art contemporain qu’un entretien avec Mike Davis, aussi bien une enquête sur les quartiers pavillonnaires que de la poésie américaine, aussi bien un portfolio photographique qu’un dossier sur les politiques de générations, aussi bien Olivier Cadiot qu’Anne Cheng. Au-delà d’un simple voisinage, il s’agit de rapprocher les savoirs, afin qu’ils se métissent.

Comment se compose la revue ?

Vacarme s’ouvre sur un long entretien, qui invite une personnalité du champ intellectuel, militant ou artistique à partager son travail. Suit un dossier : le chantier, thématique. Le cahier, lui, est une série délibérément éclectique de textes et d’images où s’entremêlent fiction, poésie, art et critique. Enfin, les lignes creusent de numéro en numéro les obsessions politiques de Vacarme. Par exemple : les psychotropes comme enjeu politique (série «  Drogues  ») ; l’inquiétante étrangeté que prennent les politiques européennes (série «  L’Europe du pire  ») ; les débats qui traversent l’école (série «  Éducation, Institutions  »)

Quel est le style de Vacarme ?

Formellement, Vacarme est un objet hybride, qui veut concilier la rigueur de pensée et d’écriture propre aux revues, et la variété des formats — textes, entretiens, enquêtes, images — qui fait la vivacité des journaux. Ce style, comme son contenu, la situent entre les revues de recherche confinées dans leur spécificité disciplinaire et les journaux issus de groupes militants qui peinent à être lus au-delà de leurs sympathisants ; entre les magazines dont la spécialité (culturelle, politique, économique) fait obstacle à une approche transversale, et les journaux dont la course à l’actualité empêche un traitement en profondeur.

Un mot sur l’éditeur de Vacarme…

L’éditeur de Vacarme est l’association du même nom, qui regroupe une vingtaine de membres, bénévoles. Régulièrement réunis en comité de rédaction, ceux-ci assurent collégialement la conception des numéros, coordonnée par une rédaction en chef collective et tournante. Refusant une certaine division professionnelle — c’est-à-dire, souvent, sexuelle — du travail éditorial, ils participent également à la fabrication matérielle de l’objet : si la réalisation de la maquette et de la couverture sont rémunérées, le secrétariat de rédaction est bénévole et collectif, tout comme les tâches administratives. Un travail d’amateurs, en somme, dans le sens joyeux du terme.

À partir du numéro 53, Vacarme devient partenaire des éditions Les Prairies ordinaires. Ce rapprochement, fondé sur des affinités politiques et intellectuelles anciennes et fortes, entend développer une étroite collaboration éditoriale et perpétuer la mutualisation de certains moyens logistiques  : Vacarme est distribuée en librairies par le diffuseur des éditions Les Prairies ordinaires, Belles Lettres Diffusion Distribution.

A noter que le trimestriel Vacarme est publié sur papier et archivé en ligne sur son site « vacarme.org« . Vous y trouverez ce qui vous permettra de commander un numéro de la revue ou bien de vous y abonner.

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Une Réponse to “« Vacarme », une réflexion entre politique, art et sciences”

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