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Un bol de café au lait partagé avec Socrate

Posted by Hervé Moine sur 7 janvier 2011

On sait tous que Socrate a terminé sa vie en buvant un bol de ciguë, ses amis proches en furent les témoins…

Parution de l’ouvrage de Robert Rowland Smith aux éditions du Seuil

Petit déjeûner avec Socrate. Une philosophie de la vie quotidienne

Traduit de l’anglais par Sylvie Taussig

en librairie dès le 13 janvier prochain

Présentation de l’éditeur

Publication originale : Profile Books (Grande-Bretagne), 2009. Traduit de l’anglais par Sylvie Taussig. Imaginez que votre journée est rythmée par les conseils de quelques-uns des plus grands penseurs de l’histoire : vous vous réveillez, croyez-vous. Mais comment être certain que vous ne rêvez pas ? Descartes vous aide à répondre à cette question. Plus tard, dans le métro, Hobbes vous assiste alors que vous luttez pour trouver une place assise. Et Marx vous prodigue ses conseils quand, une fois au bureau, vous cherchez à mettre fin à votre condition d’esclave salarié. Et s’il vous prend l’envie de faire du shopping, Lacan vous expliquera ce qu’est le narcissisme alors que vous vous regardez dans le miroir d’une cabine d’essayage…Une journée quelconque en compagnie de personnages pas du tout quelconques, qui est aussi une introduction très ludique à la philosophie.
Pour se procurer l’ouvrage de Robert Rowland Smith, Petit-déjeuner avec Socrate. Une philosophie de la vie quotidienne

Ci-dessous, un article Roger-Pol Droit paru dans le Monde des Livres le 6 janvier 2011 pour l’édition du 7

« Petit-déjeuner avec Socrate. Une philosophie de la vie quotidienne« , de Robert Rowland Smith : parfums de philosophes

LE MONDE DES LIVRES | 06.01.11 |

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/06/petit-dejeuner-avec-socrate-une-philosophie-de-la-vie-quotidienne-de-robert-rowland-smith_1461647_3260.html

Nos grands-mères mettaient dans leurs armoires à linge de petits sachets de lavande. Histoire, évidemment, de parfumer draps, taies et serviettes. Aujourd’hui, il est recommandé de remplacer la lavande par quelques philosophes. Rien n’empêche d’en glisser également dans la penderie, la trousse de toilette, le sac à dos. De quoi rassurer : quoi qu’il advienne, à toute heure, on aura toujours un penseur à humer. A condition, cela va de soi, de savoir comment s’y prendre.

C’est ce que Robert Rowland Smith entreprend de nous expliquer. Pour faire rencontrer les grands philosophes, il les insère dans notre quotidien. Au ras des gestes les plus banals, répartis du matin au soir, depuis un cappuccino-croissants en compagnie de Socrate, nous incitant à examiner le sens de notre existence, jusqu’à un prélude aux rêves en compagnie de Freud. Tout au long d’une journée standard, des bouffées de philosophie : réveil avec Descartes, toilette avec Lucrèce, métro avec Nietzsche, boulot avec Marx, gym avec Foucault, sans oublier visite médicale, shopping déjeuner chez les parents et rendez-vous galant. Jamais sans mes références.

Si on en restait là, on devrait redouter le pire – quiz philo pour ado nul et arômes artificiels. Mais, comme il se doit, tout est dans la manière. Or l’auteur n’est pas malhabile, c’est le moins qu’on puisse dire. Ancien fellow d’Oxford, avec à son actif une étude sur Derrida et l’autobiographie, des chroniques au Sunday Times et des conseils pour entreprises, Robert Rowland Smith est devenu une figure médiatique de l’autre côté du Channel. Paru en anglais il y a un an, Petit déjeuner avec Socrate est traduit ou en cours de traduction dans une quinzaine de pays. Une suite, Conduire avec Platon (Driving with Plato), sort à Londres dans quelques jours.

Le charme – mineur, somme toute, mais bien réel – tient à ce ton de conversation que le livre, de bout en bout, n’abandonne jamais. Il n’épingle pas des doctrines sur les gestes de la journée mais entame à leur propos une libre méditation, bien moins superficielle qu’on ne pourrait croire, où sont en jeu l’identité personnelle, de la liberté du corps ou de la puissance du désir. Au bout du compte, si le lecteur ne devient pas à coup sûr philosophe – ni sûrement sage, ni définitivement savant -, il risque de voir le monde avec d’autres yeux qu’avant, ce qui est le but du jeu.

Il y a quelque 1 800 ans, Lucien de Samosate, dans Philosophes à vendre, suggérait qu’avoir un philosophe à la maison rend bien des services. C’était ironique, évidemment. Car on peut juger excessive, ou même trompeuse, la volonté de rendre à toute force la philosophie pratique, au risque de la transformer en outil de confort. Ou en sachets de lavande. Avec cette différence essentielle : personne, quand il s’agit de penser, n’est en mesure de prévoir les effets, réels et inattendus, qui parfois s’ensuivent. C’est d’ailleurs ce qui aide à distinguer les idées et les plantes aromatiques.

Roger-Pol Droit, article paru dans l’édition du 07.01.11


PETIT DÉJEUNER AVEC SOCRATE. UNE PHILOSOPHIE DE LA VIE QUOTIDIENNE de Robert Rowland Smith. Traduit de l’anglais par Sylvie Taussig. Seuil, 286 p., 18 €. (En librairie le 13 janvier.)

 

 

 

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