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Hans Jonas, une éthique fondée dans la vie et portant sur la vie

Posted by Hervé Moine sur 9 février 2011

L’Ethique de la vie chez Hans Jonas

colloque international

25 et 26 février 2011

Organisé par PhiCo, laboratoire de philosophie contemporaine de Paris I,

Catherine Larrère et Eric Pommier


Vendredi 25 salle 1 panthéon de 13h à 17h45

Samedi 26 amphithéâtre 2B Panthéon de 9h à 18h

Centre Panthéon, 12 place du Panthéon – 75005 Paris


L’Ethique de la vie chez Hans Jonas

Alors que l’humanisme dans sa dimension pratique instaure une opposition entre l’ordre de la vie et celui du devoir, au point que seul l’homme puisse être considéré comme sujet de respect, Hans Jonas s’efforce de définir une responsabilité de l’homme, en tant que vivant et pour la vie. S’il y a « une éthique de la vie chez Hans Jonas, c’est bien à la fois dans le sens où c’est par la vie que l’homme acquiert son statut de sujet moral et à la vie qu’il montre le respect auquel, en tant qu’objet éthique, elle a droit. C’est ainsi que Hans Jonas entend réconcilier la morale et la vie dans l’impératif éthique qu’il énonce, entre autres, de la manière suivante : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre ». On peut en effet se demander si la crise environnementale sans précédent que nous connaissons aujourd’hui, ainsi que les risques de « dévalorisation » que l’homme court, notamment dans le domaine des nouvelles techniques « médicales » ne résultent pas de la forme anthropocentrique que l’éthique a prise depuis l’avènement de la modernité, en faisant de la nature et de la vie un type d’être dépourvu de valeur. Ce colloque a donc pour objectif d’interroger la pertinence du dispositif jonassien qui propose une éthique fondée dans la vie et portant sur la vie. Une des pièces centrales de cette démarche, la question de la relation au nourrisson, sera examinée ainsi que ses conséquences au plan bioéthique.

Au programme de la première journée du colloque, 4 interventions sur le thème du fondement de l’éthique jonassienne :

Jeudi 24 février 2011

M. Regenaldo Da Costa, professeur à l’Université de l’Etat du Ceara au Brésil : « L’éthique de la responsabilité comme défense morale de la vie dans le contexte de la crise écologique du XXIème siècle (A ética da responsabilidade como defesa moral da vida no contexto da crise ecologica do Século XXI). »

M. Roberto Franzini Tibaldeo, Docteur et associé scientifique de l’Université de Turin : « From Dualism to the preservation of Ambivalence. Hans Jonas « ontological revolution » as the background for his ethics of responsability. »

M. Frédérick Bruneault, Docteur en philosophie : « Fondement de la valeur et de la finalité chez Hans Jonas. Le passage du bien au devoir-être dans le Principe de responsabilité peut-il faire l’économie d’une déduction transcendantale ? »

M. Etienne Bimbenet, Maître de Conférence à l’Université de Lyon III : « Reductio ad absurdum : la structure de l’argumentation antiréductionniste chez Hans Jonas. »

Vendredi 25 février 2011

Deux thématiques partageront la deuxième journée du colloque consacré à Hans Jonas, la première intitulée « Du soin du nouveau-né au respect envers les générations futures » et la seconde, « Dans le prolongement du Principes responsabilité : cosmogonie et bioéthique ». Pas moins de 8 intervenants se succèderont :

M. Philippe Descamps, Post-doctorant au CERSES : «  Le paradigme du nouveau-né chez Jonas ».

M. Hicham-Stéphane Afeissa, Directeur de programme au CIPh : « Nos enfants nous accuseront. Négligence coupable, repantance préventive et inversion de la flèche du temps ».

Mme Sylvie Courtine-Denamy, Docteur en philosophie de l’Université de Paris IV, chercheure associée au Centre Alberto Benveniste pour les études séraphades et au CEVIPOF : Natalité chez Hans Jonas et Hannah Arendt ».

Eric Pommier, Docteur en philosophie : « Le Principe responsabilité est-il un humanisme ? »

M. Jean-Claude Gens, Professeur à l’Université de Bourgogne : « Du Principe responsabilité aux conjectures de Matière, esprit et création ».

Mme Marie-Geneviève Pinsart, Professeur à l’Université libre de Bruxelles : « Mise en perspective bioéthique de la relation entre le « bio » et la « technique » chez Hans Jonas ».

M. Jacques Dewitte, Philosophe : « La critique existentielle du clonage de Hans Jonas ».

Mme Laura Bossi, Neurologue : « Hans Jonas et la polémique sur les critères de la mort à l’ère des greffes d’organes ».

Les deux journées du colloque s’achèveront chacune par une discussion générale.

Le programme complet du colloque international sur Hans Jonas (fichier PDF)

Contacts :

L’intérêt de Hans Jonas aujourd’hui

Philosophe d’envergure paradoxalement peu étudié en France et non-inscrit au programme de philosophie des classes de terminale, une lacune à combler. Eric Pommier, spécialiste du philosophe insiste sur l’intérêt de Jonas aujourd’hui.

« Hans Jonas est l’un des premiers, et même peut-être le premier philosophe de cette envergure, à avoir mis au cœur de sa pensée le souci de la nature et de la vie, souci qui occupe désormais une place de premier choix au sein des enjeux sociaux, économiques et politiques du moment. Sans lui nous ne parlerions probablement pas de la même façon du respect que nous devons aux générations futures, de la responsabilité que nous avons à l’égard de l’environnement ou des espèces, des précautions qu’il nous faut prendre en vue d’éviter des catastrophes qui affecteraient aussi bien l’homme que la possibilité de la vie en général.

Mais Hans Jonas est aussi paradoxalement un des philosophes qui reste assez peu étudié et assez peu travaillé en France. Il n’est d’ailleurs pas inscrit au programme de philosophie des classes de Terminale, lors même qu’il nous propose une analyse de premier plan du phénomène gnostique, une ontologie, une éthique générale et appliquée, des perspectives cosmogoniques et théologiques.

C’est cette lacune que ce colloque international, consacré à la dimension pratique de sa pensée, voudrait contribuer à combler.  » Eric Pommier

La lecture même du Principe responsabilité, convaincra assurément de l’intérêt de la pensée de Hans Jonas aujourd’hui.

En couverture : Paul Klee, Angelus Dubiosus, 1939

 

Hans Jonas

Le Principe responsabilité

Une éthique pour la civilisation technologique

Collection Champs essai chez Flammarion

En quatrième de couverture de l’édition Flammarion

Les morales traditionnelles sont devenues inopérantes en particulier pour les décideurs politiques. Hans Jonas propose une reformulation de l’éthique autour de l’idée de responsabilité, sous ses différents (naturelle et contractuelle), et voit dans les parents et les hommes d’Etat deux modèles essentiels ; il discute les idéaux de progrès et les utopies (d’où le titre qui rappelle Le Principe espérance d’Ernst Bloch) et dessine une philosophie de l' »espérance responsable » fondée sur le respect. L’accueil réservé à cette grande oeuvre – des philosophes aux décideurs politiques et des pédagogues aux scientifiques – témoigne de l’actualité d’une telle réflexion.

Présentation de Paul Klein, référence à l’édition reliée du Principe responsabilité du Cerf

L’homme moderne est désormais conscient que ses technologies peuvent aboutir à l’extinction de toute vie sur Terre. Cette éventualité n’est bien sûr qu’un possible, mais elle n’est pas improbable et la peur qu’elle provoque peut fonder une nouvelle éthique de la précaution qui invite l’humanité à empêcher que le pire ne se réalise.

Dans cet ouvrage, qui a participé au renouveau de la pensée éthique contemporaine, Hans Jonas approfondit une réflexion qui s’inscrit sans doute dans le courant écologiste, mais qui invite surtout à penser les devoirs qui nous lient aux générations futures. Si le monde nous a été prêté par nos petits-enfants, comme le rappelle un proverbe indien, il faut donc tout mettre en oeuvre pour que les conditions d’une vie future authentiquement humaine sur Terre ne soient pas compromises. Paul Klein

Extrait de la Préface

« Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui. La thèse liminaire de ce livre est que la promesse de la technique moderne s’est inversée en menace, ou bien que celle-ci s’est indissolublement alliée à celle-là. Elle va au-delà du constat d’une menace physique. La soumission de la nature destinée au bonheur humain a entraîné par la démesure de son succès, qui s’étend maintenant également à la nature de l’homme lui-même, le plus grand défi pour l’être humain que son faire ait jamais entraîné. (…) Ce que l’homme peut faire aujourd’hui et ce que par la suite il sera contraint de continuer à faire, dans l’exercice irrésistible de pouvoir, n’a pas son équivalent dans l’expérience passée. Toute sagesse héritée, relative au comportement juste, était taillée en vue de cette expérience. Nulle éthique traditionnelle ne nous instruit donc sur les normes du « bien » et du « mal » auxquelles doivent être soumises les modalités entièrement nouvelles du pouvoir et de ses créations possibles. La terre nouvelle de la pratique collective, dans laquelle nous sommes entrés avec la technologie de pointe, est encore une terre vierge de la théorie éthique. (…) La conscience croissante d’une crise qui nous menace suscite des livres tels que celui-ci. Quelle que soit la faiblesse de la parole face à la contrainte des choses et face à la poussée des intérêts, elle peut néanmoins contribuer à ce que cette conscience franchisse le pas de la crainte vers la responsabilité pour l’avenir menacé et que nous devenions ainsi un peu plus disponibles pour ce que la cause de l’humanité exigera de nous avec une urgence croissante. » Hans Jonas, Préface au Principe responsabilité, pp.15-16 et pp. 19-20 de l’édition Flammarion.

Pour se procurer l’ouvrage de Hans Jonas Le Principe responsabilité chez Flammarion ou Le principe responsabilité aux éditions du Cerf (édition relié)

 

 



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Une Réponse to “Hans Jonas, une éthique fondée dans la vie et portant sur la vie”

  1. […] invités. Suit ci-dessous le programme, qui est par ailleurs accessible à l’adresse : https://actuphilo.com/2011/02/09/hans-jonas-une-ethique-fondee-dans-la-vie-et-portant-sur-la-vie/ Eric […]

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