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Y a-t-il des recettes du bonheur ?

Posted by Hervé Moine sur 10 février 2011

«On ne donne pas sens à sa vie mais on découvre le sens de la vie». D'après une photo d'Alexandre MARCHI

Regard sur un collègue, professeur de philosophie dans ma région natale, un enseignant semble-t-il heureux. Son bonheur, il entend bien le faire partager dans un monde et une époque se caractérisant par la morosité et le pessimisme voire l’indignation, en publiant un « Petit traité de la joie« . Y aurait-il des recettes du bonheur ? La réponse certainement dans le petit traité de Martin Steffens, mais pour l’heure, nous reprenons simplement ici, l’article de l’Est Républicain rédigé par Pierre Perotto qui a rencontré notre jeune philosophe à l’occasion de la sortie de son ouvrage plein d’espoir.

Hervé Moine

Cadeau – Dans son «Petit traité de la joie», Martin Steffens, qui enseigne la philosophie à Metz, pense que « la vie mérite qu’on lui donne le meilleur de soi-même »

Professeur de bonheur

Article de Patrick Perotto paru dans l’Est Républicain du 10 février 2011

http://www.estrepublicain.fr/fr/france/info/4598250-Cadeau-Dans-son-petit-traite-de-la-joie-Martin-Steffens-qui-enseigne-la-philosophie-a-Metz-pense-que-la-vie-merite-qu-on-lui-donne-le-meilleur-de-soi-meme-Professeur-de-bonheur

SES YEUX PÉTILLENT et s’illuminent dès qu’il parle. Martin Steffens est heureux et cela se sent. La vie, il la prend comme elle vient. Un «consentement» qui ne s’apparente surtout pas à du fatalisme, mais plutôt aux petites gorgées de bière de Delerm, ces petits riens qui, mis bout à bout, finissent par écrire une destinée. «Non, il n’y a pas de recette du bonheur», sourit le professeur de philosophie. «C’est plutôt un geste qui consiste à ouvrir les bras, à écouter quelqu’un», à se laisser modeler par le cours de choses. Et accepter de croquer la vie à pleines dents sans se poser d’infinies questions : «Si on s’en pose trop, on ne tranche jamais. Il faut plutôt sauter dans le vide pour voir quelque chose se dessiner». Comme lorsque naît l’amour et que l’on se lance dans la merveilleuse aventure du couple.

«Consentir à la vie», ainsi que le dit Martin Steffens, n’est pas pour autant se résigner. L’indignation y garde toute sa place, à condition de se révolter « par amour du monde». Pour lui, Stéphane Hessel appartient à cette catégorie, alors que tant, à notre époque, sombrent dans l’individualisme. Le bonheur, la capacité à s’émerveiller, ne relève pas de «la conquête, mais de l’accueil», poursuit l’enseignant du lycée messin Georges de la Tour. «On passe sa vie à l’attendre si l’on pose des conditions. Si l’on est heureux de ce que l’on a, on obtiendra encore plus», parce que quelles que soient les épreuves, «toute vie en elle-même vaut la peine d’être vécue».

« Nous sommes dans une société des larmes et des nez qui coulent. Nous devons être des aristos de la vie quotidienne, montrer notre plus beau visage face aux difficultés »

Engagé auprès d’ATD-Quart monde, le philosophe lorrain reste attentif à la souffrance, au scandale de la misère qu’il faut combattre. Convaincu qu’«on ne souffre qu’à la mesure de ce que l’on aime», il admet dans une contradiction qu’il souhaite pleine d’espérance «la joie douloureuse de vivre». Chrétien, rockeur inspiré par le groupe américain Violent femmes et par Cure, Martin Steffens dit avoir tout appris de ses élèves du lycée technique Louis Vincent à Metz et puise son optimisme dans le film «La vie est belle» de Frank Capra. «Lorsque je me lève, je ne sais pas ce que je vais apporter aux gens, mais je vais au-devant d’eux», rappelle le jeune homme.

Spécialiste de Nietzsche, il en est l’antithèse. A la vision tragique du philosophe allemand, il préfère celle, conséquente, de Leibniz et encore plus, la sienne, chrétienne. «Si je dis merci, j’ai une relation à Dieu», convient-il. «La personne humaine est bien plus grande que la matière. Avoir la foi, c’est voir le sens de ma vie», dominée par l’amour : «Je demande à la religion de m’ouvrir le plus grand angle de perspectives, pas de m’enfermer. L’amour est plus fort que la haine. Même la souffrance reste une occasion d’aimer. Nous sommes dans une société des larmes et des nez qui coulent. Nous devons être des aristos de la vie quotidienne, montrer notre plus beau visage face aux difficultés».

Dans une France pessimiste sur son propre avenir, Martin Steffens propose un chemin opposé, à l’instar du «petit bonheur» du chanteur canadien Félix Leclerc. «Actuellement, on se prend au sérieux sans prendre la vie au sérieux, alors qu’elle mérite qu’on lui donne le meilleur de soi. Le jeu en vaut la chandelle», pense-t-il. Avec tout le monde, loin de l’individualisme ou du «No life» (pas de vie) des ados vissés à leurs jeux vidéo. Parce qu’«il n’existe pas de maillon faible. Chacun est utile». Et même si «l’homme est l’espèce la plus risquée, l’aventure vaut le coup d’être vécue».

Patrick PEROTTO, Est Républicain

Pour se procurer l’ouvrage de Martin Steffens Petit traité de la joie

Martin Steffens

Petit traité de la joie

Consentir à la vie

forum / Salvator

Présentation de l’éditeur

« Il est un fait universel : tous, nous avons reçu la vie sans l´avoir demandée. Notre propre vie ne nous est pas propre: elle s’est d´abord faite en nous, sans nous. Puis vient le jour où, l’homme ayant appris à se posséder mieux, lui revient le pouvoir de refuser cette vie passivement reçue. N’est-ce pas là la liberté proprement humaine: dire non à ce qui s’impose sans se proposer ? Mais il est une autre liberté, plus généreuse, plus pleine de risques : consentir à la vie. Non pas d’un oui du bout des lèvres : la question du consentement à l’existence est, selon le mot de Nietzsche, « la question primordiale ». D’une telle question dépend notre façon d’accueillir le passé comme d’engager l’avenir. Elle exige donc, en guise de réponse, que nous offrions à l’existence un oui à la mesure de nos vies : ample comme nos peines, plein comme nos joies. Alors le présent sera ce qu´il a toujours été : un présent, c’est-à-dire un don qui n’attendait que d´être pleinement reçu.

Biographie de l’auteur

Martin Steffens (né en 1977) est professeur agrégé de philosophie. Il est l’auteur d’études sur Descartes, Simone Weil (Gallimard 2006 et 2007) et Nietzsche (Ellipses 2008). Son appétit spirituel et philosophique le porte tout autant à penser le quotidien (Une journée philosophique Ellipses 2010) qu’à mettre ses pas dans ceux d´une grande mystique (Prier 15 jours avec Simone Weil Nouvelle Cité 2009). Père de deux enfants, il enseigne la philosophie à Metz, au lycée, en classes préparatoires ainsi qu’aux résidents d’un foyer d’accueil pour handicapés physiques. »

Pour se procurer l’ouvrage de Martin Steffens Petit traité de la joie

 

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