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Archive for mars 2011

Alès. Conférence de l’auteur de « C’est une chose étrange à la fin que le monde »

Posted by Hervé Moine sur 30 mars 2011

Jean d'Ormesson d'après une photo de Georges Seguin (Okki)

Une conférence animée par Jean d’Ormesson

Annonce paru dans  l’édition de Midi libre le mercredi 30 mars 2011

Le 1er avril à 17 h, dans l’amphithéâtre Pasteur de l’Ecole des Mines, en partenariat avec la librairie Sauramps-en-Cévennes, le normalien et agrégé de philosophie Jean d’Ormesson, de l’Académie française , traitera la question « La vie a-t-elle un sens ? » lors d’une conférence-débat.

Le tout nouveau parrain des deux promotions entrantes à l’EMA en 2011 a, en effet, ajouté à l’importante liste de sa production livresque un roman intitulé : C’est une chose étrange à la fin que le monde (août 2010, 314 pages, 21 , aux éditions Robert Laffont).

C’est dire qu’il réfléchit à la question posée, d’abord avec une autre interrogation précise : « Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? », répondant dans une sorte de dialogue entre « le rêve du Vieux », créateur du monde (s’il existe), et le déroulement d’un fil du labyrinthe. Et de constater que le monde beau, inépuisable est une énigme où pensent les hommes dans un présent quasi éternel qui se déroule depuis des millions d’années, des savants ayant essayé de l’expliquer depuis relativement peu de temps, mais en accélération dans la modernité. Que de savoir a été apporté par des êtres pensants découvrant la vérité en détruisant les systèmes précédents, alors que ceux utilisant leur imagination créent de la beauté sans détruire les œuvres des prédécesseurs. Et il y en eut au cours du temps des scientifiques et des artistes dans maints domaines.

Et parce que le monde n’est pas seul, l’écrivain parle ensuite de l’histoire des hommes, dans : « La mort : un commencement ? », puisque naître, souffrir, mourir caractérise l’humaine condition. Alors, l’académicien français soulève l’idée « d’un bon livre qui change un peu les lecteurs ». Et lorsqu’on ajoute l’écoute de l’auteur à la lecture….

Réjouissons-nous de la venue alésienne de Jean d’Ormesson.

H. CH de Midi libre

Jean d’Ormesson

de l’Académie française

C’est une chose étrange à la fin que le monde

Robert Laffont

 

Présentation de l’éditeur

Qu’est-ce que la vie et d’où vient-elle ? Comment fonctionne l’univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s’efforcent de répondre à ces questions.

L’histoire s’est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l’âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l’ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants? Est-il permis d’espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ?

Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d’Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l’univers et des hommes.

Pour se procurer l’ouvrage de Jean d’Ormesson C’est une chose étrange à la fin que le monde

 

« C’est une chose étrange à la fin que le monde« : Jean d’Ormesson, l’homme qui « doute en Dieu »

Article de Franz-Olivier Giesberg paru dans Le Point, le 26 août 2010

http://www.lepoint.fr/culture/c-est-une-chose-etrange-a-la-fin-que-le-monde-jean-d-ormesson-l-homme-qui-doute-en-dieu-26-08-2010-1228995_3.php

C’est toujours quand on croit l’avoir percé qu’on a cessé de le comprendre. Depuis des décennies, j’allais dire des siècles, Jean d’Ormesson est l’incarnation vivante de l’esprit français, sa quintessence exquise, qu’on lit comme on boit du champagne et qui pétille dans la tête. On l’a rangé à jamais dans la catégorie des écrivains joyeux, ce qui n’est pas tout à fait exact. Mais bon, c’est toujours mieux que d’être relégué dans le tiroir réservé aux rasoirs ou aux austères. Frappé de cette estampille, il poursuit avec son éternel sourire une conversation ininterrompue avec ses lecteurs. C’est l’avantage de l’écriture : personne ne peut vous couper le sifflet.

En l’espèce, on aurait bien tort de le lui couper. De livre en livre, Jean d’Ormesson se bonifie et prend de la hauteur. Son dernier opus, C’est une chose étrange à la fin que le monde, relève du tour de force. Il ose tout. Il se met dans la peau de Dieu, ni plus ni moins, et nous raconte carrément le roman du monde. Des idées, surtout, et puis aussi des sciences et des systèmes philosophiques. On pourrait y voir la marque d’une boursouflure terminale d’académicien statufié, mais non, l’auteur mène cette titanesque entreprise sans enflure ni moulinets, avec la vraie modestie des vrais érudits. Si la culture est ce qui reste quand on a tout oublié, alors il s’agit là d’un monument à sa gloire.

Démarche d’une vie

Chez l’homme, le bureau de travail dit tout : notre vérité est toujours dessus, impossible de se cacher derrière. Ainsi celui que Jean d’Ormesson a longtemps occupé à l’Unesco, où il officia comme secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines : son foutoir a longtemps fait le bonheur des photographes. Il trahissait le lecteur boulimique, le dévoreur compulsif de livres et de revues comme l’exigeante Diogène, dont il fut le rédacteur en chef. Il y a donc quelque chose de profondément sincère dans la démarche de C’est une chose étrange à la fin que le monde, toute sa vie est là pour le prouver.

En exergue de son livre, il aurait pu mettre cette belle formule d’Oscar Wilde, qu’il cite : « Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles. » Non seulement Jean d’Ormesson les regarde, mais en plus il voit les galaxies et même le big bang derrière. Il se sent donc infiniment petit et remet sans cesse l’humanité à sa place, manie de philosophe postsocratique. Certes, elle a entre 200 000 et 300 000 ans d’âge, mais qu’est-ce au regard des 3 milliards d’années de vie sur la Terre ou des 13 milliards et plus d’existence de l’Univers avant nous ? Il y a ceux qui ne veulent pas entendre parler de cela et ceux qui en ont conscience du matin au soir. D’un côté, les vaniteux, les imbéciles et, de l’autre, tous ceux dont ce livre entend élargir encore le cercle.

Ormessonismes

Jean d’Ormesson dit avoir eu envie d’écrire cet essai, présenté drôlement comme un roman, un jour d’été, sur une côte méditerranéenne : alors que, « fragment du paysage », il sortait de la mer, où il avait nagé « dans une espèce de ravissement », il s’est demandé, soudain, assis sur un tronc mort, ce qu’il fichait là. Le monde était devenu une question : pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?

Dans cette brève histoire de nos croyances, il répond par un credo, mais un credo à la saint Augustin, qu’il cite au demeurant trois fois, signe qui ne trompe pas : « credo quia absurdum » (« je crois parce que c’est absurde »). A la fin du livre, il résume sa pensée en deux magnifiques ormessonismes : « Je doute de Dieu parce que j’y crois. Je crois à Dieu parce que j’en doute. Je doute en Dieu. » Et cet autre : « A la fin de ce monde et du temps (…), il n’y aura plus que ce rien éternel qui se confond avec tout, dont le monde est sorti, où il retournera, et que nous appelons Dieu. »

Entre-temps, Jean d’Ormesson aura fait défiler tous ceux qui ont fait ce que nous sommes dans nos têtes : Homère, Socrate, Newton, Darwin, Einstein et quelques autres. Même si on peut regretter qu’il expédie Nietzsche un peu vite ou qu’il ne s’attarde pas trop sur Spinoza, il reste que son livre, plein de gaieté, de gratitude, de nostalgie, fait du bien et même, comme aurait dit Giono, un plein bon Dieu de bien. Jean Giraudoux, rappelle-t-il, affirmait : « Rien n’est plus vieux que le journal du matin et Homère est toujours jeune. » C’est pourquoi l’auteur de C’est une chose étrange à la fin que le monde est sans doute le plus vert de cette rentrée littéraire.

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Elisabeth de Fontenay : l’énigme de l’animalité, la fragilité humaine, l’identité juive après la Shoah, l’engagement politique, la souffrance des exclus

Posted by Hervé Moine sur 30 mars 2011

Elisabeth de Fontenay

Entretiens avec Stéphane Bou

Actes de naissance

Seuil (mars 2011)

Présentation de l’éditeur

Elisabeth de Fontenay, ou comment une double appartenance (ici : juive par la mère, aristocrate et catholique par le père) peut déterminer le cours d’une vie, contrarier, notamment, le projet d’écrire un jour… son autobiographie. Car si cette femme déterminée n’y est pas parvenue toute seule, s’il lui a fallu, pour dire les tourments de sa vie personnelle et intellectuelle, un accoucheur de 30 ans son cadet, c’est d’abord sans doute pour cette raison qu’elle livre au milieu du livre :  » Malgré mon irréprochable père [il fut un grand résistant], j’ai l’impression d’être une scène où s’affrontent le christianisme antisémite et le judaïsme persécuté, je peux me raconter que c’est ma famille vychissoise qui a persécuté ma famille juive… « .

Tous les grands sujets auxquels la philosophe se sera mesurée, et qu’elle revisite ici d’un œil neuf, sont habités par cette tension originelle : l’énigme de l’animalité, la fragilité humaine, l’identité juive après la Shoah, l’engagement politique, la souffrance des exclus.

Ce voyage éclairé dans les idées contemporaines passionnera tous ceux, et ils sont nombreux, qui savent que seule l’intelligence humaine peut faire obstacle à la toute-puissance du conformisme de marché.

Pour se procurer l’ouvrage d’Elisabeth de Fontenay Actes de naissance

Elisabeth de Fontenay d'après une photo de Remi Jouan

Elisabeth de Fontenay

Née en 1934, Élisabeth de Fontenay est la fille d’Henri Bourdeau de Fontenay, grand résistant.

Maître de conférence émérite de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle s’intéresse d’abord à Marx auquel elle consacre un ouvrage intitulé Les Figures juives de Marx. Marx dans l’idéologie allemande (1973). En 1984, elle fait paraître un livre qui a fait date sur le matérialisme de Diderot (Diderot ou le Matérialisme enchanté).

Comme ses ouvrages ultérieurs, cette contribution s’interroge sur les rapports entre les hommes et les animaux dans l’histoire. Cette réflexion culmine avec la parution de son magnum opus Le Silence des bêtes paru chez Fayard en 1998, un ouvrage qui repose la question de ce qu’est le « propre de l’homme » et remet en cause l’idée d’une différence arrêtée entre l’homme et l’animal. Privilégiant la longue durée, cet ouvrage interroge les conceptions de l’animal des Présocratiques jusqu’à nos jours en passant par Descartes et sa célèbre hypothèse de l’animal-machine.

Cette réflexion peut être rapprochée du courant actuel de la pensée post humaniste représenté notamment par Peter Sloterdijk ou Donna Haraway. Parmi les auteurs qui ont influencé ses travaux, on peut mentionner notamment Vladimir Jankélévitch, Michel Foucault et Jacques Derrida.

Juive par sa mère dont une grande partie de la famille a été exterminée à Auschwitz, Élisabeth de Fontenay est restée très attachée à cette culture. Elle est actuellement présidente de la « Commission Enseignement de la Shoah » de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et membre du comité de parrainage de l’association La paix maintenant pour la promotion du mouvement israélien Shalom Archav.

Parallèlement, elle fait partie du Comité d’éthique ERMES aux côtés notamment d’Henri Atlan. Préoccupée par les questions éthiques concernant le traitement de animaux, elle a publié en collaboration avec Donald M. Broom Le Bien-être animal (Éditions du Conseil de l’Europe, « Regard éthique », 2006) qui expose les problèmes d’éthique soulevées par ce sujet en exposant les points de vue religieux et les positions des différents pays.

D’après wikipédia

Critique de Télérama

Article de Nathalie Crom paru dans le n° 3194 de Télérama

http://www.telerama.fr/livres/actes-de-naissance,67109.php

Il relève à la fois de l’exercice autobiographique et du « ce que je pense » – plutôt que « ce que je crois » -, ce long entretien passionnant avec la philosophe Elisabeth de Fontenay, auteur du Silence des bêtes (éd. Fayard, 1998), mené par l’universitaire et journaliste Stéphane Bou.

Les premières questions guident Elisabeth de Fontenay vers l’enfance : née en 1934, grandie dans une famille catholique engagée dans la Résistance durant l’Occupation, elle dut attendre d’être une jeune femme pour apprendre la judéïté de sa mère et l’extermination de toute la famille de cette dernière à Auschwitz. Farouchement entretenu par sa mère elle-même, ce secret fonde son existence, sa volonté initiale d’investir intellectuellement « les choses juives », puis, prenant acte « du nouage dans l’histoire contemporaine entre les animaux et les Juifs », sa décision de déplacer le centre de gravité de sa réflexion philo­sophique vers la question de l’animal – son statut, sa place, le regard et l’attitude des hommes à son endroit.

Extrêmement riche, et d’une clarté constante, l’entretien examine de près ce « nouage », pour s’ouvrir vers une réflexion à la fois rigoureuse et très émouvante sur la « vulnérabilité des vivants ». Inscription dans la tradition philosophique, souci éthique et volonté politique vont ensemble pour cette femme qui, en tant qu’individu, se définit comme un « processus », une conscience et une intelligence toujours en « équilibre précaire et en devenir » – une subjectivité et une pensée en mouvement.

Nathalie Crom, Télérama n° 3194


Métamorphose d’une philosophe

Article de Jérôme Garcin paru dans Le Nouvel Observateur du 10 mars 2010

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110308.OBS9314/metamorphose-d-une-philosophe.html

Très tôt, Elisabeth de Fontenay a rompu avec le catholicisme paternel pour épouser le judaïsme maternel. Elle s’en explique dans ces «Actes de naissance»

Elle n’avait encore jamais si clairement désigné sa déchirure originelle, ontologique. Elle cachait bien la blessure dont la souffrance a pourtant déterminé toute sa pensée philosophique, partagée entre la rhétorique enchantée de Diderot et le douloureux mutisme des bêtes. Elle a attendu d’avoir atteint l’âge où l’enfance réclame son dû pour formuler enfin le conflit d’où elle est née, en 1934, et qui la fonde: «Malgré mon irréprochable père et deux de ses cousines qui ont fait de la Résistance, j’ai l’impression d’être une scène où s’affrontent le christianisme antisémite et le judaïsme persécuté, je peux me raconter que c’est ma famille vichyssoise qui a persécuté ma famille juive.»

Son père, Henri Bourdeau de Fontenay, un avocat acquis au Front populaire, un républicain dont le livre de chevet était «Quatrevingt-treize», d’Hugo, prit le maquis sous le pseudonyme de Seguin, fit partie du comité parisien de la Libération nationale et devint, nommé par de Gaulle, le premier directeur de l’ENA. Un parcours d’autant plus exemplaire qu’il appartenait à une vieille famille ultracatholique, Action française et antisémite. Sa mère, dont la famille fut exterminée à Auschwitz, s’appelait Nessia Hornstein. Née à Odessa, elle était dentiste, blonde et surtout silencieuse, n’évoquant jamais la tragédie qui avait emporté les siens, obligeant sa fille à vivre avec ce secret, lui léguant un devoir d’oubli qu’elle allait transformer en devoir de mémoire.

Très tôt, la moitié juive d’Elisabeth de Fontenay l’a en effet emporté sur sa moitié catholique. A 22 ans, celle qui avait été baptisée et élevée au collège Sainte-Marie abandonna la religion paternelle après avoir découvert que Pie XII «avait laissé faire les nazis sans intervenir». Sa rencontre, en 1968, avec Vladimir Jankélévitch, dont elle fut l’assistante à la Sorbonne, allait être déterminante. Engagée à la fois à gauche et en faveur d’Israël, elle écrivit, en 1973, son premier livre: «les Figures juives de Marx», où elle analysait l’antijudaïsme de l’auteur du «Capital». Après quoi, avec un éblouissement qui n’exclut pas la critique, elle se tourna vers les Lumières.

Chez Elisabeth de Fontenay, la construction de soi est indissociable de la destruction du silence. Car cette philosophe qui a enseigné à la Sorbonne (tout en considérant que la philosophie n’a plus de raison d’être après Auschwitz), porté à la scène Diderot et Michelet, embrassé la cause animale, milité à gauche, lutté contre le capitalisme, présidé la commission Enseignement de la Shoah, n’a eu de cesse de combler le silence – «le puits sans fond» – de sa mère; celui de son frère, victime d’une «maladie de l’esprit»; le sien propre, recouvert par la voix des grands philosophes ; et celui des animaux qu’on extermine à l’abattoir.

On voit par là que c’est une femme de parole, dans les deux acceptions du mot: éloquente et loyale. Stéphane Bou le sait bien, qui a réussi, au fil de cette conversation tourmentée, ardente et passionnante, à faire dire à cette intellectuelle d’exception ce qu’elle n’avait jamais dit: «Chaque âme doit au moins une fois devenir juive.»

Jérôme Garcin

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Conférence à Toul.Vers une culture et une sagesse de l’imaginaire.

Posted by Hervé Moine sur 30 mars 2011

 

Phaeton de Gustave Moreau

Faut-il éduquer l’imagination ?

Conférence de Florence Grumillier

Samedi 9 avril 2011

Médiathèque de Toul (54)

A notre époque, où, paradoxalement, la créativité est valorisée, mais, où nous ne sommes pas attentifs à une « culture et une sagesse de l’imaginaire », la question mérite d’être posée :

 

Faut-il éduquer l’imagination ?

C’est une question que Florence Grumillier se propose de traiter dans une conférence, illustrée par Sylvie Prévost, qui se tiendra le samedi 9 avril 2011, à 17h15, salle J. Pellerin, à la médiathèque de Toul. Cette conférence est organisée par l’association touloise Phil’Arts. A l’issue de la conférence un débat est possible autour d’une pot de l’amitié.

En outre, l’association Phil’arts propose un spectacle réjouissant et dérangeant à la fois, le printemps 2012, propose d’autres éléments de réponse à la question de l’éducation de l’imagination. Ce spectacle se déroulera le samedi 16 avril 2011 au Théâtre du Moulin, 2 rue des anciens combattants d’AFN à Toul, à 17h15 et à 20h30.

L’entrée libre de la conférence et du spectacle est libre.

Organisation : association PHIL’ARTS

Florence Grumillier

Florence Grumillier est agrégé de philosophie a enseigné en lycée dans les différentes séries des classes terminales et dans les classes préparatoires. Elle aide toujours à la préparation à l’épreuve de culture générale des concours d’entrée aux grandes écoles de commerce.

Nous pourrons nous référer aux réflexions sur l’imagination, notion au programme de Florence Grumillier sur son site philoflo.fr

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La philosophie a-t-elle encore un rôle à jouer dans la société moderne ? Raphaël Enthoven y répond !

Posted by Hervé Moine sur 28 mars 2011

Raphaël Enthoven

Le philosophe de service

et autres textes

Chez Gallimard nrf

Présentation de l’éditeur

« Le philosophe de service est un épouvantail dont les grimaces montrent à tout le monde qu’elles n’impressionnent plus personne. Ses postures cérébrales sont le faire-valoir des sentences hommasses et des lieux communs. Quand on lui demande “à quoi sert la philosophie ?”, il trouve généralement à l’amour de la sagesse mille gentilles qualités : à l’entendre, la connaissance dissipe le mal, la philosophie rend l’espoir, stimule le désir, fabrique des citoyens, donne un sens à la vie… Pour un peu, elle ôterait “la peine de réfléchir et le trouble de penser” (Tocqueville). S’il s’aventure à répondre que la philosophie ne sert à rien, on le trouvera “provocateur”. On dira qu’il “fait l’intéressant”, ce qui est l’apanage des gens que la foule se plaît à trouver sans intérêt. S’il dit que la question de l’utilité de la philosophie sous-entend que quand on est inutile on ne sert à rien, il est inaudible. Si, au lieu de répondre comme on l’exige, il ne joue pas le jeu et fait entendre une parole intempestive au banquet des idées reçues, il est aussitôt congédié par le tribunal populaire de l’audimat, renvoyé à ses nuées, à l’asepsie d’une “pensée molle”, “conformiste”, “narcissique”. Pour faire partie du cénacle des philosophes de service, il faut taire (ou garder pour soi) que l’enjeu n’est pas de savoir à quoi sert la philosophie, mais de savoir quels préjugés implique une telle question ».

Pour se procurer l’ouvrage de Raphaël Enthoven Le philosophe de service et autres textes

Raphaël Enthoven : le goût de la philosophie

Article de Stéphanie Hochet paru dans bscnews.fr le 23 mars 2011

http://www.bscnews.fr/201103281465/...

Pour son livre, Le philosophe de service, le philosophe Raphaël Enthoven s’offre une balade dans la société contemporaine. Le premier chapitre, qui donne son titre au livre de Raphaël Enthoven, est un constat désabusé : la philosophe d’aujourd’hui n’est plus que ce personnage invité à la télévision pour jouer les utilités et dont le monde se moque. La philosophie a-t-elle encore un rôle à jouer dans la société moderne ?

Les dix-huit chapitres suivants répondent brillamment à cette question : Raphaël Enthoven choisit dix-huit concepts – Dieu, le jeu, la rêverie etc. – et développe chacun non pas sous l’angle de la philosophie, ce qui ne représenterait aucun intérêt, mais sous l’angle du philosophe qu’il est. Il circonscrit les concepts, écrivant par exemple au sujet du courage, qu’il n’y a pas de courage proprement dit, mais seulement des actes courageux. Il propose une définition élégante de la mélancolie : Elle est le goût d’éprouver (…) sur le mode de l’amertume le pur bonheur d’exister. Sur le mensonge, il forge ce paradoxe indispensable : qui, d’ailleurs, voudrait accorder sa confiance à quelqu’un qui n’est pas capable de mentir ? Réflexion d’une utilité concrète et quotidienne.

Au-delà de sa nécessité, ce traité philosophique de proximité se lit dans un plaisir constant, entre autres grâce à l’érudition proustienne de son auteur. Ainsi, au sujet de l’égoïsme : Telle Madame Verdurin dont l’horreur d’apprendre le naufrage du Lusitania rehausse le bonheur de tremper des croissants dans son café au lait…

Vivre en philosophie, c’est aussi vivre en la meilleure compagnie.

Stéphanie Hochet

 

L’auteur

Raphaël Enthoven est le fils aîné de l’éditeur Jean-Paul Enthoven et de la journaliste Catherine David. Ancien élève de l’École normale supérieure3, après avoir obtenu l’agrégation de philosophie, il enseigne à l’université Lyon-III pendant deux ans, puis à l’université de Jussieu-Paris VII. À sa demande, il rejoint l’Université Populaire de Caen en 2002, avant de la quitter pour incompatibilités personnelles avec Michel Onfray en 2003. Après avoir pris ses distances avec ce dernier, dans Un jeu d’enfant : La philosophie, il fait de lui « l’ami de l’homme qui enfonce des portes ouvertes avec le sentiment grisant de prendre l’assaut de la Bastille » et il considère incompatible le fait que ce dernier se revendique de Camus, alors qu’il « nourrit, dans ses textes, un désir de révolution qui, en définitive, donne bonne conscience et dispense d’agir » (dans Bénédicte Arcens, « Interview : Raphaël Enthoven » sur LeMague.net, 16 mars 2007). Il devient co-producteur de l’émission radiophonique Les Vendredis de la philosophie sur France Culture et dispense des cours comme vacataire à l’École polytechnique.

Conseiller de la rédaction de Philosophie Magazine, où il tient la rubrique « Sens et vie », il est toujours producteur à France Culture. Après s’être occupé du Rendez-vous des politiques, en partenariat avec le magazine L’Express, il tient une émission quotidienne dans la grille des programmes de France Culture depuis la rentrée 2008 en animant l’émission Les Nouveaux Chemins de la connaissance.

Depuis octobre 2008, il présente l’émission Philosophie, diffusée le dimanche sur Arte.

D’après wikipédia

Bibliographie

Le philosophe de service et autres textes, Éditions Gallimard 2011

L’absurde, Éditions A. Fayard 2010

Barthes, Éditions A. Fayard, 2010

Orlan, Raphaël Enthoven, Raoul Vaneigem, Unions mixtes, mariages libres et noces barbares, Éditions Dilecta, Paris, 2010

L’Endroit du décor, Gallimard, coll. « L’infini », 2009

Un jeu d’enfant : La philosophie, Fayard 2007, Pocket, 2008

Pour se procurer l’ouvrage de Raphaël Enthoven Le philosophe de service et autres textes

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Journée mondiale contre le racisme. Peut-on encore croire à la citoyenneté du monde ?

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Vincent Cespedes

Vincent Cespedes : « Eric Zemmour ou Nicolas Sarkozy sont lepénistes sans même le revendiquer »

http://www.streetpress.com/sujet/2200-vincent-cespedes-eric-zemmour-ou-nicolas-sarkozy-sont-lepenistes-sans-meme-le-revendiquer

Interview. Pour le philosophe Vincent Cespedes nous sommes « au stade final d’une phase de lepénisation accélérée ». Ça tombe mal pour La journée mondiale contre le racisme. Mais le philosophe croit encore au « citoyen du monde ».

Que pensez-vous de l’initiative de faire du 21 mars la journée mondiale contre le racisme ?

Il s’agit d’une journée symbolique qui nous oblige à réfléchir sur le thème du racisme qui reste un problème omniprésent et indolore. Commémorer certains évènements historiques afin de diffuser des idées est judicieux au même titre que d’autres fêtes telles que la journée de la femme ou la Saint-Valentin.

Y a-t-il un nouveau racisme aujourd’hui en France ?

On peut parler d’une forme de microracisme qui résulte d’un enclenchement du mouvement de lepénisation en 2002. Des individus tels qu’Eric Zemmour ou Nicolas Sarkozy sont lepénistes sans même le revendiquer, et le discours du gouvernement en est affecté. Bien évidemment, submergés par les médias de masse, on finit par assister à une lepénisation des esprits dont la logique est l’image dorée du français « blanc » tandis qu’on pointe du doigt « l’étranger ». Inversement, certaines chaînes de télévision, préétablissent un critère qui est d’avoir par exemple, une présentatrice de JT maghrébine. Un choix fondé sur l’apparence et non pas sur les compétences est discriminatoire.

Les débats sur l’identité nationale, « la laïcité », sont-ils utiles ?

Ce genre de débat est obscène et ne contribue aucunement à la cohésion de la société. Il s’agit surtout de recadrer les populations noires et arabes en remettant en question leur légitimité à être français. Une telle question ne devrait même pas avoir lieu, et ne devrait pas poser débat car le fait d’être français se résume au simple fait d’avoir une carte d’identité française. Ce raisonnement peut être qualifié de raciste car on substitue à la grille de lecture sociale, une grille de lecture ethno-raciale. On ne tient plus compte des disparités sociales et économiques mais seulement de l’origine ethnique pour expliquer la délinquance.

Peut-on être français sans ressentir une appartenance à la nation ?

Rien ne nous oblige à soumettre notre âme à un pays. Un français peut être très critique envers la France, et avoir une attitude désinvolte en sifflant la marseillaise ou en évoquant le déclin de la puissance française. D’ailleurs, les enfants d’immigrés nés sur le territoire français sont généralement intégrés puisqu’ils baignent dans la culture française. Lorsqu’on parle de communautarisme, le terme est inapproprié. Le regroupement de certaines communautés, s’explique par un système d’entraide et de solidarité qui se justifie lorsqu’on regarde l’accueil qu’on leur réserve en France.

Que vous inspire la bonne santé du FN ?

Depuis 10 ans, nous sommes entrés dans une phase de lepénisation accélérée et aujourd’hui nous en sommes au stade final car les gens n’ont même plus conscience d’avoir une logique lepéniste. De plus, les débats médiatiques sur l’Islam, la burqa, où l’identité nationale, ainsi que l’ébranlement économique, ont de toute évidence encouragé la lepénisation des esprits et le cliché que l’étranger vole le travail du français.

Le citoyen du monde, vous y croyez ?

Je pense que cela existe déjà, et ça s’appelle être instruit. Dans la communauté scientifique, il y a une fusion des idées scientifiques ; une découverte profite à tous les membres sans exclusion. Internet qui sera le premier vecteur des médias, renverse les barrières et on peut le constater dans des forums d’échanges à l’échelle internationale. En plus, avec la mondialisation, on sait très bien qu’il y a une forte acculturation puisqu’on mange chinois, on part en vacances en Tunisie, on regarde des films américains etc…

Cela dit, une nation unique et uniforme au monde me paraît dangereuse si on était tous dirigé par un « Kadhafi ». Il faut préserver les nations mais ouvrir les frontières comme avant 1974, afin d’avoir des flux humains qui circulent librement avec une régulation modérée de l’Etat pour éviter les dictatures économiques. Je ne pense pas qu’un homme qui vivait sous le soleil et qui s’installe loin de sa famille à envie de se sédentariser définitivement en France, avec des gens qui lui font la gueule et qui le traitent de bougnoul. Pour résumer je citerai Socrate qui disait : « Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du monde. »

Ornella Dullelari StreetPress

Lu dans le Blog de Vincent Cespedes à propos du débat sur l’identité nationale

http://www.vincentcespedes.net/blog/index.php?2009/12/08/30-tremble-francite#co

Tremble, francité !

On aurait tort de voir dans l’appel au débat sur l’identité nationale une invitation à une grand-messe fraternisante : ce genre de débat-là, tombé d’en haut et encadré par les préfets, est fait pour déchirer. Le concept même d’identité (ce qui reste toujours le même) est d’essence défensive et offensive. Conçu pour agiter mille menaces et résister aux identités adverses, il réaffirme la victoire de Parménide sur Héraclite, de l’Être absolu sur le Flux changeant. Et l’identité nationale étend cette paranoïa à la nation. Comment garder son calme ? Faut-il trouver à tout prix un consensus sous peine d’être taxés d’« antinationaux » par le front des anti-antiracistes, des déclinologues et les adeptes du « Nous » contre « Eux » ?

Problème. À l’instar de l’arabité, de l’ivoirité ou de la belgitude, la francité reste introuvable dans les souches généalogiques, les patrimoines génétiques et les pedigrees. Malgré les efforts d’un Brice Hortefeux, nul n’a réussi à ce jour à distinguer un bon Français d’un Auvergnat. Et près d’un tiers des mariages contractés en France sont mixtes, qu’ils soient « roses » (d’amour), « blancs » (truqués) ou « gris » (extorqués), cette nouvelle catégorie étant qualifiée « d’escroquerie sentimentale à but migratoire » par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Éric Besson.

Solutions ? S’agit-il de brandir fièrement les valeurs de la République (indivisible, laïque, démocratique et sociale, d’après la Constitution) ? De fait, les paniqués du péril multiculturaliste-communautariste mettent bien peu de zèle pour faire le grand écart entre un jeune à capuche et Sarkozy Jr. Faut-il en outre jeter en prison notre Renaud national pour avoir chanté « la Marseillaise même en reggae, ça m’a toujours fait dégueuler… et votre République, moi, j’la tringle » ?
Il y a deux mille ans, le géographe Strabon critiquait les Gaulois pour leur morgue et leur obsession de la parure. Si l’identité nationale verse inévitablement dans la caricature, laissons donc aux étrangers le soin de nous brosser le cliché ! Certains nous voient cartésiens, d’autres sensuels et rouleurs de pelles, d’autres encore, arrogants, gonflés d’un anarchisme de pacotille que contredisent des tendances foncièrement bourgeoises.

Cauchemar. L’historien Fernand Braudel démontre que l’identité de la France se nourrit historiquement de sa diversité foisonnante. Or, celle-ci a toujours été le cauchemar des administrations. Dans son abstraction militante, la phraséologie française de l’universalisme sert avant tout de paravent à un nationalisme gallocentré qui refuse de dire son nom. Mais la langue françoise ? Ailleurs, elle se dit « québécoise » ; et Aimé Césaire en exprime bien la nature polymorphe lorsqu’il parle « des francophonies » au pluriel. Et l’histoire de France ? Elle justifie ce que l’on veut, dit pertinemment Paul Valéry : « Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout. »
Dès lors, si l’on boudait le débat anxiogène sur l’identité nationalepour laisser à chacun le choix de définir sa propre identité ? Le 8 décembre, quand l’Assemblée s’empêtrera à son tour, que les députés pensent bien à Nathalie Sarraute, Française juive d’origine russe : « Vu de l’intérieur, l’identité n’est rien. »

Vincent Cespedes

Vincent Cespedes

Mélangeons-nous

Enquête sur l’alchimie humaine

Libella Maren Sell (2006)

 

Présentation de l’éditeur

 » Se mélanger socialement, ce n’est pas prendre un bain de foule, c’est prendre un bain d’autres, ayant chacun un visage, un nom, une dignité « . Rompant avec l’individualisme crispé sur les faux bonheurs de la culture de masse, Mélangeons-nous invite à une rencontre respectueuse et créative avec cet homme, cette femme, cet étranger, capables de nous transformer et de nous conduire jusqu’à des versants ignorés de nous-mêmes.

Plus encore qu’un hymne à l’ouverture, Mélangeons-nous est un Manifeste pour les années à venir. Il s’agit de faire du XXe siècle le premier siècle  » mixophile  » de l’Histoire. Une ère d’entraide, d’hospitalité et de disponibilité assez puissante pour dépasser la volonté d’assujettir, le management des névroses, et les terrorismes de démence ou d’Etat. Rendre les relations plus fécondes et fluidifier les identités, tel est l’horizon qui s’offre à nous. C’est sur ce nouveau territoire que nous convie Vincent Cespedes, nous frayant un passage entre les pensées, sagesses et auteurs auxquels il s’est lui-même mélangé. Au cours d’un voyage passionnant dans l’alchimie des rapports humains, où pointent les dérives fusionnelles du sécuritaire et du repli sur soi, Mélangeons-nous réinvente des formes de mixité intime, culturelle et sociale. Au-delà du simple essai philosophique, ce livre propose de vivre autrement.

Pour se procurer l’ouvrage de Vincent Cespedes Mélangeons-nous : Enquête sur l’alchimie humaine

 

 

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Créolisation. La littérature du Tout-Monde

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Mardi 29 mars à 19h

NYU Paris, 56 rue de Passy, Paris 16e

Conférence d’Emily Apter

Le « monde » de la Littérature-monde

Emily Apter est une philosophe américaine, professor of French and Comparative Literature à NYU. Elle est une importante théoricienne de la traduction, et a écrit notamment The Translation Zone: A New Comparative Literature (Princeton University Press, 2006), Continental Drift: From National Characters to Virtual Subjects (University of Chicago Press, 1999), Feminizing the Fetish: Psychoanalysis and Narrative Obsession in Turn-of-the-Century France (Cornell University Press, 1991).

Cette conférence fait partie du Séminaire de l’Institut du Tout-Monde 2010-2011 « La créolisation des pensées,imaginaires et écritures » en partenariat entre l’Institut du Tout-Monde, l’Université de Paris 8 et l’Agence Universitaire de la Francophonie.

La créolisation est un processus distinct du métissage. Elle dessine un schème de relation qui transforme les éléments réunis et les mobilise dans un devenir de l’échange. L’étude de ce phénomène culturel et linguistique doit s’exercer à l’écart d’une morale et d’un progressisme qui valorisent le mélange par principe. Observer puis comprendre ces dynamiques imprévisibles, souvent violentes, supposent une attention intellectuelle, visuelle et auditive aux figures de pensée et d’imaginaire telles que l’hétérogenèse, la greffe et la métamorphose.

Cette notion de créolisation a été initiée par Edouard Glissant. Elle a été développée sous d’autres noms et par d’autres théoriciens pour penser les identités postcoloniales (hybridation, liminalité, interstices…). À partir d’une écologie de la mondialité, elle permet de concevoir des modélisations pour la philosophie et les sciences du vivant. Elle inspire aussi des créations littéraires et artistiques aux dénominations encore incertaines (littérature-monde, baroques, art relationnel…). L’enjeu de ce seminaire sera d’interroger les extensions de la créolisation, sa pertinence descriptive et sa puissance manifestaire.

 

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Avènement prometteur et périlleux d’une véritable modernité planétaire

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Jean-Claude Guillebaud Photo J.R.

Débat à Jarnac avec Jean-Claude Guillebaud

Le Commencement d’un monde

Vendredi 1er avril 2011

« Le Commencement d’un monde » fera débat

Article de Jacques Rullier paru dans Sud-Ouest mercredi 23 mars 2011 06h00

http://www.sudouest.fr/2011/03/23/le-commencement-d-un-monde-fera-debat-350767-937.php

Chaque année, le groupe œcuménique du Pays de Jarnac invite une grande pointure du journalisme, philosophe ou essayiste pour « nous aider à réfléchir », confie un de ses membres.

Sont déjà venus l’académicien René Raymond, Jean-Claude Guillebaud une première fois, Olivier Roy, spécialiste de l’Islam, Jean Boissonnat et Jacques Duquesne, ou encore François Soulage, président du Secours catholique.

« Modernité métisse »

Le vendredi 1er avril, à 20 h 30, au premier étage de la mairie de Jarnac, Jean-Claude Guillebaud reviendra partager, cette-fois, une réflexion engagée dans « Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse », paru en 2008, rendez-vous inéluctable et sans équivalent dans l’histoire humaine. Sous-titré « Vers une modernité métisse », cet ouvrage, a nécessité trois années de préparation à son auteur.

Alarmé par l’immensité des changements auxquels nous devons faire face, Jean-Claude Guillebaud écrit : « Nous, Occidentaux, nous ne sommes plus devant le vaste monde, comme nous le fûmes pendant des siècles ». La globalisation ne se résume pas à la simple ouverture des frontières.

« On annonce un choc de civilisation alors que c’est une rencontre progressive. On s’inquiète d’une aggravation des différences quand les influences n’ont jamais été aussi fortes », confie Jean-Claude Guillebaud en décrivant l’avènement prometteur – et périlleux – d’une véritable modernité planétaire.

Né à Alger en 1944, journaliste au quotidien « Sud Ouest », puis au journal « Le Monde » et au « Nouvel Observateur », il a également dirigé « Reporters sans frontières ». Lauréat du prix Albert-Londres en 1972, il est membre du comité de parrainage de la coordination française pour la « décennie de la culture de paix et de non-violence ». Il signe chaque semaine l’édito politique du « Nouvel Observateur » et une chronique d’observation de la société et de la vie politique françaises dans l’hebdomadaire catholique « La Vie ». Dans les colonnes du « Sud Ouest dimanche », il assure la chronique Paris-Province.

Au printemps 2007, il parraine l’agence de presse associative « Reporters d’espoirs ». Depuis juin 2008, il est membre du conseil de surveillance du groupe de presse Bayard Presse.

Jean Claude Guillebaud

Le commencement d’un monde

Vers une modernité métisse

Seuil broché 2008

ou

Seuil Points Essais 2010

Présentation de l’éditeur

Nous sommes au commencement d’un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l’ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée.

Le monde « nouveau » qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l’émergence d’une modernité radicalement « autre « . Elle ne se confond plus avec l’Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l’événement.

On annonce un  » choc des civilisations », alors même que c’est d’une rencontre progressive qu’il s’agit. On s’inquiète d’une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences n’ont jamais été aussi fortes. De l’Afrique à la Chine et de l’Inde à l’Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l’état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l’avènement prometteur – et périlleux – d’une véritable modernité planétaire.

Un rendez-vous inéluctable et sans équivalent dans l’histoire humaine.

Résumé de l’ouvrage de Jean-Claude Guillebaud

Nous sommes au commencement d’un monde.

Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l’ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde  » nouveau » qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l’émergence d’une modernité radicalement « autre ». Elle ne se confond plus avec l’Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles.

Une longue séquence historique s’achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l’événement. On annonce un « choc des civilisations « , alors même que c’est d’une rencontre progressive qu’il s’agit. On s’inquiète d’une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences réciproques n’ont jamais été aussi fortes.

Le discours dominant est trompeur. En réalité, au-delà des apparences, les « civilisations » se rapprochent les unes des autres. De l’Afrique à la Chine et de l’Inde à l’Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l’état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l’avènement prometteur – et périlleux – d’une véritable modernité planétaire. Ce rendez-vous pourrait connaître des revers et engendrer des violences.

Il est pourtant inéluctable et sans équivalent dans l’histoire humaine.

Se procurer l’ouvrage de Jean-Claude Guillebaud Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Seuil 2008 OU Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Points Seuil 2010

Interview : Jean-Claude Guillebaud et « le commencement d’un monde »: en route vers une modernité métisse

Propos recueillis par Joel Aubert pour aqui.fr

http://www.aqui.fr/cultures/interview-jean-claude-guillebaud-et-le-commencement-d-un-monde-en-route-vers-une-modernite-metisse,1337.html

Après avoir mis à nu sa foi dans « Comment je suis redevenu chrétien »? publié en 2007, Jean-Claude Guillebaud, dans la lignée de « La Trahison des Lumières » de « la Refondation du Monde » de « La Force de conviction » nous entraîne, au fil de son dernier ouvrage, sur les chemins escarpés mais qui méritent d’être empruntés, de ce qu’il appelle « une modernité métisse ». Le « commencement d’un monde : Vers une modernité métisse » ne règle pas son compte à l’Occident; il le remet à sa place comme « une province du monde » avec des accents de vérité dont nos gouvernants pourraient parfois s’inspirer- on pense à certain discours prononcé à Dakar- et il propose à la délibération de tous, citant le philosophe allemand Habermas, la vision qu’on se fait de l’universel.

@qui! : La venue de Benoît XVI en France, l’empressement du pouvoir français à son égard, cette revendication des valeurs de la chrétienté participent-ils, selon vous, de » cette réapparition de la religion comme sujet d’avenir »? Singulier acte de foi alors que la « fille aînée de l’Eglise » s’éloigne chaque jour un peu plus de la pratique religieuse.

La question religieuse est devant nous

Jean-Claude Guillebaud : Une chose est sûre : la « question religieuse » est devant nous, et non derrière. Cela peut être pour le pire avec la virulence des fondamentalismes de tous ordres qui prennent, aujourd’hui, le relais de fondamentalismes idéologiques (et athées) du siècle dernier. Mais cela peut-être aussi pour le meilleur, c’est-à-dire une exigence de sens, de transcendance et de bienveillance partagée. Pour prendre un exemple américain, le candidat démocrate Barack Obama est sûrement plus fermement chrétien que son adversaire républicain. On avait trop pris l’habitude, chez nous, de monter en épingle la « droite chrétienne » en Amérique. Le succès d’Obama nous rappelle qu’il y a aussi, en Amérique, des chrétiens résolument « à gauche », du moins selon les critères américains. Concernant la France, c’est vrai que la pratique a beaucoup diminué. Mais d’une part cette diminution semble bien avoir cessé; la pratique est désormais stationnaire. Et puis, surtout, il faut perdre l’habitude d’évaluer la sensibilité chrétienne d’un pays comme on compte les entrées dans les cinémas. Crise de la pratique et des vocations ne signifie pas disparition annoncée du christianisme.

Des formes nouvelles se cherchent, dans l’Église comme ailleurs. Enfin, je suis frappé par le fait que la Russie, soumise pendant trois quarts de siècle à une éradication volontaire et parfois violente du religieux, la Russie où la plupart des Églises avaient été désaffectées ou transformées en étables dans les années 1920 et 1930, s’est rechristianisée à très grande vitesse depuis 1980. Il y a aujourd’hui 400 monastères en activité et les églises sont pleines.

@qui! : Votre analyse se fonde, à la fois, sur la fin du primat de l’Occident et le constat qu’un monde nouveau et multiple émerge de façon irrésistible…

Jean-Claude Guillebaud : Pendant quatre siècles, la culture européenne, puis euro-américaine, a été hégémonique. Vers la fin du XVIe siècle, elle a commencé à rattraper le grand retard qu’elle avait par rapport aux autres grandes civilisations, par exemple chinoise ou indienne. Les Chinois ont inventé l’imprimerie huit siècles avant nous et les astronomes indiens ont découvert la réalité du mouvement des astres plusieurs siècles avant Galilée. Dès le milieu du XVIIe siècle la culture européenne avait effacé ce retard et même distancé les civilisations concurrentes. Ainsi a-t-elle pu devenir la véritable « organisatrice » du monde. Elle a régné par la conquête coloniale, la supériorité économique et militaire, mais aussi par le rayonnement culturel. De ce point de vue, on peut dire que le monde entier est déjà bien plus occidentalisé qu’on ne le croit. Même la Chine. Même l’Inde. Mais ce qui s’achève aujourd’hui, c’est cette « séquence » purement occidentale. Les autres civilisations se réveillent et accède, à leur façon, à la modernité. Cette dernière ne pourra plus se confondre avec le seul « Occident ». La modernité devra intégrer ces apports venus d’ailleurs.

C’est d’ailleurs ce qui se passe dans les faits.

L’Occident ne devra pas renoncer à ses valeurs mais…

@qui! : Vous nous proposez en quelque sorte d’entrer joyeusement et de façon volontariste vers cette « modernité métisse » qui correspond au »commencement d’un monde ». Et de le faire par le biais de la délibération de tous. Faut-il comprendre, quand on considère l’état de la démocratie dans le monde, qu’il y faudra beaucoup de temps encore et que ce sera au prix d’inévitables et graves convulsions?

Jean-Claude Guillebaud : Quand je parle de modernité métisse, je ne veux pas dire par là que l’Occident devra renoncer aux valeurs qu’il porte (droits de l’homme, démocratie, etc.), même s’il est souvent le premier à les trahir. Cela veut dire que ces valeurs, ces concepts, ce rapport au monde seront désormais « pluriels », pourront être enrichis, complétés, transformés par des approches venues de la périphérie. Prenons un exemple simple. Au milieu des années 1980, l’Afrique a élaboré une « Charte africaine des droits de l’homme » qui reprend à son compte le concept occidental de « droits individuels » mais lui ajoute une valeur trop négligée chez nous : la solidarité. Je vois cela comme un enrichissement. Deuxième remarque. Ce que j’appelle une modernité « métisse », ne signifie pas que le monde va s’uniformiser, bien au contraire. Nous devons garder nos racines particulières, notre identité mais apprendre à l’ouvrir au reste du monde, à refuser la clôture angoissée, le barricadement. Je pense souvent à cette très belle phrase du Portugais Miguel Torga, aujourd’hui disparu : l’universel, c’est le « local » moins les murs. Et puis, voyez comme chez nous, les plus jeunes ont déjà pris l’habitude d’évoquer la « world music » ou la « world littérature », c’est-à-dire des formes « métisses » de création. Dernière remarque : quand je parle de « modernité métisse », cela ne doit pas être confondu avec « société métisse ». Si vous prenez le cas du Japon, il s’agit d’une société non métissée, ou très peu, mais d’une modernité qui, elle, l’est beaucoup. Le Japon a su concilier ses traditions avec une modernité venue d’Occident, et qui s’en est trouvée transformée.

Pour répondre à la fin de votre question, je suis optimiste sur le long terme mais je ne suis ni irénique ni béat. Dans le court terme, cette marche des civilisations les unes vers les autres, cette « rencontre » inévitable, va continuer à susciter des réactions de replis, des refus, des crispations identitaires et fondamentalistes. Autrement dit, en passant ce « cap des tempêtes », nous devrons certainement affronter des violences, des menaces dont le terrorisme est un bon exemple. Il faudra faire face, mais avec sang froid.


Se procurer l’ouvrage de Jean-Claude Guillebaud Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Seuil 2008 OU Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Points Seuil 2010

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La vérité est-elle une valeur comme les autres ?

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

 

Agora des savoirs :

Ce mercredi au Centre Rabelais de Montpellier, rendez-vous hebdomadaire de l’Agora des savoirs sur le thème : « La vérité est-elle une valeur comme les autres ? ».

En 29 conférences gratuites, destinées au grand public, et animées par les plus grands spécialistes de l’hexagone, l’Agora des savoirs, mise en place par la Ville de Montpellier en partenariat avec la librairie Sauramps, se propose de questionner le mystère du monde et de ses origines.
C’est par une conférence « La vérité est elle une valeur comme les autres » d’Olivier Tinland, Maître de conférences en Philosophie contemporaine à l’Université Montpellier 3 Paul-Valéry, que se poursuivra ce rendez-vous hebdomadaire qu’est l’Agora des savoirs, le mercredi 23 mars 2011, à 20h30 au Centre Rabelais.
De tout temps, le philosophe en quête de sagesse a trouvé sur sa route un obstacle de taille : le relativisme. S’il n’est de vérité que « construite » dans tel contexte par tel individu ou tel groupe, toute vérité semble condamnée à n’être que relative, précaire, provisoire. Une vérité relative peut-elle être une authentique vérité (universelle et nécessaire) ou se réduit-elle à une simple opinion (particulière et contingente) dont la validité varierait au gré des ??uctuations aléatoires de la bourse des valeurs ? Si la quête de vérité butte sur la diversité irréductible des points de vue, cela implique-t-il que le désir de savoir débouche fatalement sur le scepticisme ? Peut-on résister au relativisme, et si oui, comment ?
Avec la participation de Vincent Taissère, libraire à Sauramps, responsable de la Fabrique de Philosophie, étudiant en philosophie contemporaine.
Agora des savoirs, ce soir à 20h30 au Centre Rabelais.

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L’étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Réforme des études ecclésiastiques de philosophie

Article de Guillaume de Thieulloy paru dans Chrétienté Info le 22 mars 2011

http://www.chretiente.info/201103223921/reforme-des-etudes-ecclesiastiques-de-philosophie/

Mgr Bruguès secretaire de la Congrégation pour l’éducation catholique

 

Présentant ce matin, avec le cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, le décret de réforme des études ecclésiastiques de philosophie, Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation, a déclaré : «  Les disciplines strictement philosophiques devront constituer au moins 60 % des cours de première et deuxième année. »

Le RP Charles Morerod, recteur de l’Université pontificale St Thomas d’Aquin, a ajouté que « L’étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques, à les évaluer en évitant d’imposer à sa théologie ou à sa prédication un cadre conceptuel incompatible avec la foi. Pour être juste, la réflexion critique sur les systèmes philosophiques doit rechercher la vérité au delà des apparences. »

Les futurs prêtres seront mieux formés à la philosophie

Article de Frédéric Mounier paru dans La Croix le 22 mars 2011

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2459362&rubId=4078#

La Congrégation pour l’Éducation catholique, le «ministère» du pape en charge, notamment, des séminaires et de l’enseignement catholique supérieur, a publié hier une réforme visant à renforcer, tant sur le fond que sur la forme, les études de philosophie dans ces établissements

Dans quel contexte se situe cette réforme ?

«L’effondrement actuel de la culture générale, et plus précisément de la culture religieuse, impose de notre part un effort plus grand en direction des séminaristes. La plupart d’entre eux, avant d’entrer au séminaire, n’ont en effet jamais pu approcher la philosophie.» Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire (numéro 2) de la Congrégation pour l’éducation catholique, motive en ces termes la réforme des études ecclésiastiques de philosophie annoncée mardi 22 mars à Rome, devant les recteurs et doyens des universités pontificales.

Pour sa part, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la même congrégation, a lui aussi expliqué cette réforme, fruit d’une large réflexion entamée en 2004, par «la faiblesse de la formation philosophique dans de nombreuses institutions ecclésiastiques, avec l’absence de points de références précis, notamment en ce qui concerne les matières à enseigner et la qualité des enseignants.»

Il a poursuivi : «Cette faiblesse est accompagnée de la crise des études philosophiques en général, à une époque où la raison est menacée par l’utilitarisme, le scepticisme, le relativisme et l’abandon de la métaphysique, lui rendant difficile de prendre en compte la vérité sur les problèmes fondamentaux de la vie». L’idée est aussi de rééquilibrer un enseignement qui, selon les responsables romains, s’est ces dernières années trop orienté vers les sciences humaines.

Quelles en sont les modalités ?

Trois catégories d’établissements sont concernées. Les facultés ecclésiastiques de philosophie devront faire passer leur premier cycle de deux à trois ans. Les programmes devront inclure la métaphysique et la logique. Le corps enseignant en philosophie devra désormais être «stable», qualifié par des titres universitaires ecclésiastiques, et composé au minimum de sept enseignants.

Les premiers cycles des facultés ecclésiastiques de théologie et les instituts affiliés en théologie, par exemple les séminaires, devront veiller à ce que la philosophie constitue au moins 60% des crédits des deux premières années. Celles-ci doivent donc être «principalement dédiées à la philosophie».

Par ailleurs, afin d’éviter un corps enseignant trop externalisé, ou insuffisamment qualifié en philosophie car spécialiste d’autres disciplines, ces établissements devront compter au moins deux enseignants philosophes «stables». Enfin, le nombre des enseignants stables d’un institut affilié en philosophie (notamment les séminaires) doit être d’au moins cinq, avec les qualifications requises.

Quelles en seront les conséquences ?

Sur le fond, il s’agit pour la Congrégation de remédier au constat déjà dressé par Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio , qui stigmatisait «une fragmentation du savoir qui entrave l’unité intérieure de l’homme contemporain, parce qu’elle entraîne une approche parcellaire de la vérité et que, par conséquent, elle en fragmente le sens».

Sur la forme, les 50 facultés catholiques de philosophie et les 400 facultés de théologie présentes dans le monde devront, pour certaines d’entre elles, se livrer à un sérieux effort, notamment matériel, de mise en conformité.

Frédéric Mounier, de Rome

 

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Les rencontres de Sophie

Posted by Hervé Moine sur 22 mars 2011

Sophie ramène sa science et sa philo au lycée

Article de Véronique Escolano paru dans Sud Ouest, mardi 22 mars 2011

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Sophie-ramene-sa-science-et-sa-philo-au-lycee-_-1735812——44109-aud_actu.Htm

Succès de la philosophie grand public ce week-end au Lieu Unique. 4 000 personnes ont assisté aux Rencontres de Sophie. Elles se sont prolongées au lycée Jean-Perrin à Rezé où la philo est enseignée dès la 1re.

Reportage

Samedi, de la philo, dimanche, de la philo et lundi, encore de la philo mais au lycée Jean-Perrin à Rezé. C’est une tradition désormais depuis cinq ans, les Rencontres de Sophie se prolongent dans l’ombre avec des conférences rien que pour les lycéens de Jean-Perrin à Rezé. Gaëlle a tout particulièrement apprécié les mini-conférences de l’Abécédaire philo, création de Sophie, avec la reprise des lettres I, M et Q (1). « C’est court, synthétique, accessible. » « Et c’est bien de ne plus avoir les profs mais une autre approche », ajoute sa copine.

Pourquoi Sophie va-t-elle à Jean-Perrin ? Parce que le lycée a tout particulièrement la philo dans la peau. Avec Guérande et Cholet, il est un des trois établissements de l’académie qui enseigne la philo dès la classe de première dans les classes littéraires à raison de deux heures hebdomadaires. Normalement, l’apprentissage débute en terminale. Cette initiative démarrée il y a six ans est inscrite dans le projet d’établissement de Jean-Perrin. « Elle apporte confiance aux séries littéraires », observe Hervé Kerhoas, professeur de philosophie. Un propos confirmé par une élève, Shannah. « En terminale littéraire, la philo, c’est 8 h par semaine pour nous et un coefficient 7. L’initiation en première permet de bien rentrer dans la philo et de dédramatiser. Et c’est bon pour la culture générale. »

Bioéthique et futurs scientifiques

Cette particularité permet de maintenir un gros îlot de résistance littéraire dans un lycée à dominante scientifique. Laquelle dominante n’est pas contraire à la philo. Bien au contraire. Et les conférences sur la bioéthique données, hier, par le professeur Gérard Dabouis du service oncologie médicale du CHU de Nantes et de Sylvie Grunwald, juriste et membre de la consultation d’éthique clinique ont passionné les élèves de terminale STL (sciences et techniques de laboratoire), autre rareté pédagogique offerte par le lycée rezéen. « C’est drôlement intéressant quand la philo aborde des sujets qui nous concernent ou parlent concrètement du quotidien », reconnaît une petite bande de terminales STL qui avoue y voir plus clair dans la procréation médicale et les dons d’organes que dans la caverne de Platon.

Véronique Escolano

 

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