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Alès. Conférence de l’auteur de « C’est une chose étrange à la fin que le monde »

Posted by Hervé Moine sur 30 mars 2011

Jean d'Ormesson d'après une photo de Georges Seguin (Okki)

Une conférence animée par Jean d’Ormesson

Annonce paru dans  l’édition de Midi libre le mercredi 30 mars 2011

Le 1er avril à 17 h, dans l’amphithéâtre Pasteur de l’Ecole des Mines, en partenariat avec la librairie Sauramps-en-Cévennes, le normalien et agrégé de philosophie Jean d’Ormesson, de l’Académie française , traitera la question « La vie a-t-elle un sens ? » lors d’une conférence-débat.

Le tout nouveau parrain des deux promotions entrantes à l’EMA en 2011 a, en effet, ajouté à l’importante liste de sa production livresque un roman intitulé : C’est une chose étrange à la fin que le monde (août 2010, 314 pages, 21 , aux éditions Robert Laffont).

C’est dire qu’il réfléchit à la question posée, d’abord avec une autre interrogation précise : « Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? », répondant dans une sorte de dialogue entre « le rêve du Vieux », créateur du monde (s’il existe), et le déroulement d’un fil du labyrinthe. Et de constater que le monde beau, inépuisable est une énigme où pensent les hommes dans un présent quasi éternel qui se déroule depuis des millions d’années, des savants ayant essayé de l’expliquer depuis relativement peu de temps, mais en accélération dans la modernité. Que de savoir a été apporté par des êtres pensants découvrant la vérité en détruisant les systèmes précédents, alors que ceux utilisant leur imagination créent de la beauté sans détruire les œuvres des prédécesseurs. Et il y en eut au cours du temps des scientifiques et des artistes dans maints domaines.

Et parce que le monde n’est pas seul, l’écrivain parle ensuite de l’histoire des hommes, dans : « La mort : un commencement ? », puisque naître, souffrir, mourir caractérise l’humaine condition. Alors, l’académicien français soulève l’idée « d’un bon livre qui change un peu les lecteurs ». Et lorsqu’on ajoute l’écoute de l’auteur à la lecture….

Réjouissons-nous de la venue alésienne de Jean d’Ormesson.

H. CH de Midi libre

Jean d’Ormesson

de l’Académie française

C’est une chose étrange à la fin que le monde

Robert Laffont

 

Présentation de l’éditeur

Qu’est-ce que la vie et d’où vient-elle ? Comment fonctionne l’univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s’efforcent de répondre à ces questions.

L’histoire s’est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l’âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l’ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants? Est-il permis d’espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ?

Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d’Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l’univers et des hommes.

Pour se procurer l’ouvrage de Jean d’Ormesson C’est une chose étrange à la fin que le monde

 

« C’est une chose étrange à la fin que le monde« : Jean d’Ormesson, l’homme qui « doute en Dieu »

Article de Franz-Olivier Giesberg paru dans Le Point, le 26 août 2010

http://www.lepoint.fr/culture/c-est-une-chose-etrange-a-la-fin-que-le-monde-jean-d-ormesson-l-homme-qui-doute-en-dieu-26-08-2010-1228995_3.php

C’est toujours quand on croit l’avoir percé qu’on a cessé de le comprendre. Depuis des décennies, j’allais dire des siècles, Jean d’Ormesson est l’incarnation vivante de l’esprit français, sa quintessence exquise, qu’on lit comme on boit du champagne et qui pétille dans la tête. On l’a rangé à jamais dans la catégorie des écrivains joyeux, ce qui n’est pas tout à fait exact. Mais bon, c’est toujours mieux que d’être relégué dans le tiroir réservé aux rasoirs ou aux austères. Frappé de cette estampille, il poursuit avec son éternel sourire une conversation ininterrompue avec ses lecteurs. C’est l’avantage de l’écriture : personne ne peut vous couper le sifflet.

En l’espèce, on aurait bien tort de le lui couper. De livre en livre, Jean d’Ormesson se bonifie et prend de la hauteur. Son dernier opus, C’est une chose étrange à la fin que le monde, relève du tour de force. Il ose tout. Il se met dans la peau de Dieu, ni plus ni moins, et nous raconte carrément le roman du monde. Des idées, surtout, et puis aussi des sciences et des systèmes philosophiques. On pourrait y voir la marque d’une boursouflure terminale d’académicien statufié, mais non, l’auteur mène cette titanesque entreprise sans enflure ni moulinets, avec la vraie modestie des vrais érudits. Si la culture est ce qui reste quand on a tout oublié, alors il s’agit là d’un monument à sa gloire.

Démarche d’une vie

Chez l’homme, le bureau de travail dit tout : notre vérité est toujours dessus, impossible de se cacher derrière. Ainsi celui que Jean d’Ormesson a longtemps occupé à l’Unesco, où il officia comme secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines : son foutoir a longtemps fait le bonheur des photographes. Il trahissait le lecteur boulimique, le dévoreur compulsif de livres et de revues comme l’exigeante Diogène, dont il fut le rédacteur en chef. Il y a donc quelque chose de profondément sincère dans la démarche de C’est une chose étrange à la fin que le monde, toute sa vie est là pour le prouver.

En exergue de son livre, il aurait pu mettre cette belle formule d’Oscar Wilde, qu’il cite : « Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles. » Non seulement Jean d’Ormesson les regarde, mais en plus il voit les galaxies et même le big bang derrière. Il se sent donc infiniment petit et remet sans cesse l’humanité à sa place, manie de philosophe postsocratique. Certes, elle a entre 200 000 et 300 000 ans d’âge, mais qu’est-ce au regard des 3 milliards d’années de vie sur la Terre ou des 13 milliards et plus d’existence de l’Univers avant nous ? Il y a ceux qui ne veulent pas entendre parler de cela et ceux qui en ont conscience du matin au soir. D’un côté, les vaniteux, les imbéciles et, de l’autre, tous ceux dont ce livre entend élargir encore le cercle.

Ormessonismes

Jean d’Ormesson dit avoir eu envie d’écrire cet essai, présenté drôlement comme un roman, un jour d’été, sur une côte méditerranéenne : alors que, « fragment du paysage », il sortait de la mer, où il avait nagé « dans une espèce de ravissement », il s’est demandé, soudain, assis sur un tronc mort, ce qu’il fichait là. Le monde était devenu une question : pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?

Dans cette brève histoire de nos croyances, il répond par un credo, mais un credo à la saint Augustin, qu’il cite au demeurant trois fois, signe qui ne trompe pas : « credo quia absurdum » (« je crois parce que c’est absurde »). A la fin du livre, il résume sa pensée en deux magnifiques ormessonismes : « Je doute de Dieu parce que j’y crois. Je crois à Dieu parce que j’en doute. Je doute en Dieu. » Et cet autre : « A la fin de ce monde et du temps (…), il n’y aura plus que ce rien éternel qui se confond avec tout, dont le monde est sorti, où il retournera, et que nous appelons Dieu. »

Entre-temps, Jean d’Ormesson aura fait défiler tous ceux qui ont fait ce que nous sommes dans nos têtes : Homère, Socrate, Newton, Darwin, Einstein et quelques autres. Même si on peut regretter qu’il expédie Nietzsche un peu vite ou qu’il ne s’attarde pas trop sur Spinoza, il reste que son livre, plein de gaieté, de gratitude, de nostalgie, fait du bien et même, comme aurait dit Giono, un plein bon Dieu de bien. Jean Giraudoux, rappelle-t-il, affirmait : « Rien n’est plus vieux que le journal du matin et Homère est toujours jeune. » C’est pourquoi l’auteur de C’est une chose étrange à la fin que le monde est sans doute le plus vert de cette rentrée littéraire.

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