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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive for avril 2011

L’art, l’argent et la spéculation à l’époque des Impressionnistes

Posted by Hervé Moine sur 10 avril 2011

Jean-Joseph Goux

L’art et l’argent

La rupture moderniste 1860 – 1920

Editions Blusson (avril 2011)

Présentation de l’éditeur

L’art, l’argent et la spéculation à l’époque des Impressionnistes, de Manet, Monet, Émile Zola, Tzara (Dada), Cocteau, etc. — Suivi d’un entretien : « Les Chaussettes de Mondrian » « un spéculateur, un boursier, qui se moquait radicalement de la bonne peinture ». (Émile Zola)

Entre 1860 (date de la rupture moderniste en peinture : Manet, les Impressionnistes, Cézanne, etc.) et 1920 (dans le sillage des prises de position de Tzara — Manifestes Dada — ou les engagements de Cocteau en direction des valeurs de l’avant-garde), tout bascule. Les rapports entre l’art et l’argent deviennent de plus en plus « étroits » et problématiques.

Naguère sous-estimées, les cotes des peintres vont atteindre des sommets exorbitants. Le modèle boursier de la valeur des œuvres se substitue au vieux modèle marchand où la hiérarchie des peintres était fixée par la fidélité aux normes académiques.

L’Œuvre (1886) d’Émile Zola est le fidèle écho de cette mutation. Cette rupture est contemporaine de l’émergence d’une nouvelle économie et d’une culture où le capitalisme, la banque, la finance et la consommation jouent un rôle décisif.

Jean-Joseph Goux retrace la naissance et le développement de ce nouvel univers — esthétique, économique et philosophique — où nous sommes toujours engagés.

L’auteur

Jean-Joseph Goux est philosophe, professeur à l’Université de Rice (Houston, USA). Entre philosophie, économie, psychanalyse et esthétique, son travail trace le champ d’une « économie symbolique ». Principaux ouvrages : Les Monnayeurs du langage (Galilée, 1984), Frivolité de la valeur, essai sur l’imaginaire du capitalisme (Blusson, 2000), Accrochages, conflits du visuel (Ed. Des Femmes, 2007), Renversements (Ed. Des Femmes, 2009).

Pour se procurer l’ouvrage de Jean-Joseph Goux L’art et l’argent : La rupture moderniste (1860-1920)

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Les débats, querelles et autres spéculations philosophiques autour de Van Gogh

Posted by Hervé Moine sur 10 avril 2011

Florence de Mèredieu

Van Gogh

L’or, le cuivre, la couleur

Editions Blusson (avril 2011)

 

Présentation de l’éditeur

L’argent, l’or, la couleur, la dette, le sacrifice, la religion et le commerce d’art dans la vie et l’œuvre de Vincent Van Gogh.

« avec un soleil qui inonde tout d’une pluie d’or fin » (Vincent Van Gogh)

Descendant de « tireurs d’or » et de marchands d’art, Van Gogh opte pour la peinture et la pauvreté. L’argent hante cependant son œuvre et sa vie. D’où une équivalence entre la peinture et l’argent, entre la couleur (pigment, matière colorée) et la richesse. Vincent produit une peinture « riche », qui vaudra un jour de l’or, et couvre ses toiles de couleurs solaires, métalliques et dorées. De joailleries. De couleurs de bronze et d’or fondus.

La double dimension solaire et sombre de la peinture de Van Gogh se décline à l’aune de l’argent, de la dette et du sacrifice. Et s’articule ici au travers des œuvres de Claude Lévi-Strauss, Max Weber et Antonin Artaud.

Art, argent et religion se rejoignent. Vincent se retrouve écartelé entre une éducation protestante, qui justifie la richesse temporelle et le catholicisme d’un Bossuet privilégiant ce qu’il nomme une « céleste monnaie ».

Pour se procurer l’ouvrage de Florence de Mèredieu Van Gogh : L’argent, l’or, le cuivre, la couleur


Florence de Mèredieu

« L’être de l’étant », de la tatane de Van Gogh

Editions Blusson

Retour sur la fameuse querelle Heidegger, Meyer Schapiro et Derrida, autour des « Souliers » de Van Gogh. Le tout revisité sur le mode d’un décapant petit théâtre.

« Les Souliers » ou « Bottines noires » de Van Gogh (1886) ont donné lieu à des interprétations en cascade. Martin Heidegger (1935), Meyer Schapiro (1968), Jacques Derrida (1977) se commentent, s’autocommentent et se renvoient le soulier. Sans compter les innombrables reprises et commentaires du commentaire des épigones.
La relecture de ces textes a provoqué en moi un doute certain et un irrésistible fou rire. Que se passe-t-il quand la philosophie se penche sur la peinture ? Et sur une toile comme celle de Van Gogh ? Quelle relation y a-t-il entre un acte de peinture et le discours des historiens d’art et des philosophes ?
Plus prosaïquement, un philosophe peut-il avoir des pieds (et des chaussures), lui dont l’existence pourrait se résumer à celle d’un homme tronc, ou au socle d’un beau « port de tête » ?
Quels sont donc ces pieds et ces souliers qu’arborent nos philosophes ? — On tentera une analyse sociologique et critique du soulier, du godillot, de la chaussure, de la « tatane »… Celle de Van Gogh, bien sûr, mais celle aussi de nos brillants philosophes et historiens… de l’art.

L’auteur

Philosophe de formation, Florence de Mèredieu met en œuvre une histoire de l’art pluridisciplinaire. Enrichie de l’apport des sciences humaines et des techniques (Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne, Larousse, 1994-2008 ; Antonin Artaud, Portraits et Gris-gris, 1984-2008).

 

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Comment principe de gratuité et logique du don peuvent et doivent-ils trouver leur place dans l’activité économique ?

Posted by Hervé Moine sur 10 avril 2011

Caritas in Veritate

La logique du don dans l’économie

Le 30 avril 2011

Paroisse St-Pierre-du-Gros-Caillou,14h-18h30

L’encyclique Caritas in Veritate a ouvert de nombreuses pistes de réflexion et d’engagement. Pour Benoît XVI, « le grand défi est de montrer que le principe de gratuité et la logique du don peuvent et doivent trouver leur place dans l’activité économique normale ».
Cette « question décisive », nous avons voulu l’aborder dans le cadre de notre colloque annuel consacré à l’actualité de la doctrine sociale de l’Eglise, avec l’Association des économistes catholiques.
C’est l’objet de cette demi-journée de travail de comprendre ce que veut dire le pape, et d’explorer les voies ouvertes par son encyclique.
Ce colloque est ouvert à tous. Vous y êtes cordialement invité et je serai heureux de vous y retrouver.

Philippe de Saint-Germain
Délégué général de l’Association
pour la Fondation de Service politique

 

Avec Mgr Alain Castet, évêque de Luçon, chancelier de l’Institut catholique d’études supérieures (ICES, La Roche-sur-Yon)
Francis Jubert, président de l’Association pour la Fondation de Service politique
Jean-Yves Naudet, président de l’Association des Economistes catholiques, professeur à l’université Paul-Cézanne d’Aix-Marseille
Gérard Thoris, professeur à Sciences Po Paris
Jean-Didier Lecaillon, professeur à l’Université Panthéon-Assas
Jacques Bichot, économiste, professeur honoraire à l’Université de Lyon III
Nicolas Masson, consultant en ressources humaines, directeur-associé de Pragma-Management (Paris)
Thierry Boutet, Association pour la Fondation de Service politique

Un cocktail sera proposé à la fin du colloque

 

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La Poétique d’Aristote, l’occasion d’une table ronde autour de la nouvelle traduction

Posted by Hervé Moine sur 10 avril 2011

L’aventure « Poétique »

Table ronde autour de la traduction Dupont-Roc et Lallot

de La Poétique d’Aristote

29 avril 2011 – École normale supérieure

45, rue d’Ulm – 75005 Paris

Salle W, 16h-19h

« On n’exagérerait pas beaucoup en disant que l’histoire de la poétique coïncide, dans ses grandes lignes, avec l’histoire de la Poétique », écrivait Tzvetan Todorov préfaçant Aristote. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou penser, la poétique n’est pas un « moment » de l’histoire des idées qui aurait duré vingt ans en France ; c’est une manière de parler de la littérature, forte de deux millénaires d’existence, et qui n’a cessé d’interroger et d’infléchir l’héritage de celui qui l’a portée sur les fonts baptismaux.

Il y a quarante ans étaient fondées la revue et la collection « Poétique » ; il y a trente ans paraissaient dans cette même collection la traduction et le commentaire du traité d’Aristote par Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, ouvrage qui a fait date pour toute une génération et qui reste une référence pour les théoriciens de la littérature, les hellénistes et les philosophes. Une réflexion sur le passé, le présent et (surtout) l’avenir de la poétique ne saurait trouver meilleure occasion. Conçue comme une discussion à partir de passages et de termes clefs (mimèsis, muthos, historia, catharsis…), à laquelle le public sera invité à prendre part, cette table ronde sera tout à la fois une contribution à la philologie aristotélicienne et à l’histoire de la théorie littéraire, mais aussi une réflexion sur ce que signifie pour nous le mot « poétique » et sur les manières dont, aujourd’hui, on s’intéresse aux catégories formelles et génériques qui transcendent les oeuvres littéraires singulières.

Les actes de cette table ronde paraîtront dans un numéro de la revue en ligne Fabula-LHT (http://www.fabula.org/lht) intitulé « L’aventure « Poétique » ».

La table ronde réunira autour des deux traducteurs, Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, et de leur éditeur, Tzvetan Todorov, des chercheurs en littérature générale et comparée, Bérenger Boulay, Yves Chevrel et Françoise Graziani, ainsi que des hellénistes spécialistes d’Aristote, Pierre Destrée et Claudio Veloso.

Cette table ronde organisée par Bérenger Boulay, Frédérique Fleck et Florian Pennanech et avec le soutien du Département des Sciences de l’Antiquité de l’ENS et de l’Équipe « Recherches sur la pluralité esthétique » EA 1575 (Université Paris 8).

 

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Ce que nous a apporté Aimé Césaire

Posted by Hervé Moine sur 7 avril 2011

Hommage national à Aimé Césaire  au PanthéonCélébré au Panthéon,

Aimé Césaire demeure un rebelle irrécupérable

Article de Françoise Vergès, paru dans le Monde du 6 avril 2011

http://www.lemonde.fr/idees/

Le 6 avril 2011, Aimé Césaire entre au Panthéon, où reposent les « grands hommes » de la France. Désormais, les visiteurs auront l’occasion de rencontrer, rassemblées dans une même crypte, des figures associées aux combats contre l’esclavagisme et le colonialisme : Toussaint Louverture, Louis Delgrès, Victor Schoelcher, Félix Eboué et Aimé Césaire.

Ces combats, encore mal connus, et leur histoire, encore sujette à des raccourcis trompeurs et des incompréhensions, sont pourtant indissociables de l’avènement de la modernité, de la citoyenneté et de la démocratie. En effet, ces combats ont contribué à l’universalité des droits de l’homme et aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité.

A cette occasion, plutôt que de raconter la vie d’Aimé Césaire, qui, rappelons-le, ne voulait pas être « l’homme de l’étalage cérémoniel », il est sans doute plus utile de rappeler, en empruntant ses propres mots, ce qu’il nous a apporté et qui résonne toujours aujourd’hui alors que nous assistons à un nouvel « ensauvagement » du monde, à une nouvelle « fabrication de personnes jetables », qui « déshumanise l’homme même le plus civilisé ».

Poète, dramaturge, écrivain, homme politique, né dans une colonie française, la Martinique, porteur d’une loi qui fit des colonies post-esclavagistes des départements d’outre-mer, incessant combattant pour la dignité et l’égalité, et qui voulut rester toute sa vie un rebelle, un Libre, Césaire fut un acteur de son siècle.

« Mon nom : offensé ; mon prénom : humilié ; mon état : révolté ; mon âge : l’âge de pierre. Ma race : la race humaine. Ma religion : la fraternité. » Cet échange entre « le rebelle » et « la mère » (Et les chiens se taisaient (Présence africaine, 1958) résume de manière lapidaire la pensée d’Aimé Césaire. Une pensée qui avait « la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent », la pensée d’un rebelle qui s’est confronté à l’histoire, mais sans jamais renoncer au rêve et à la poésie.

« Ma poésie parle pour moi », a-t-il souvent déclaré, pour couper court à toute discussion sur ses opinions, las de s’être si souvent expliqué et d’avoir été trop souvent si mal compris.

Relire Césaire, c’est entrer dans une pensée qui questionne une écriture de l’histoire qui s’énonce depuis l’Europe, une cartographie du monde qui s’ordonne sur un axe Nord-Sud ; une pensée qui pose la colonisation comme un des moments constitutifs de notre monde, car « la colonisation n’est pas un chapitre de cette histoire, mais au contraire quelque chose de fondamental ». La notion de mission civilisatrice est impossible à défendre, car, « de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie », aucune « valeur humaine » ne s’y enracine. Le contact se fait en dehors, en marge, dans la résistance à l’ordre esclavagiste et colonial. Car cet ordre est aussi mortifère, il inculque « la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme » et la « lèpre hideuse des contrefaçons ».

Loin de toute idéalisation – le monde antillais, écrit-il, est « le monde de l’insaveur, de l’inauthentique » (1975) – Césaire professe cependant un profond amour pour son pays, « lieu géométrique de l’amour et de la morale ». Cette position entre une profonde tendresse pour un peuple et sa terre et une distance pensée, affirmée, est constante chez Césaire. Il épouse la « douleur antillaise », la « nostalgie antillaise » pour retrouver son « moi profond » dépouillé des « défroques occidentales et françaises ». Il dénonce un « monde fermé, étroit » et ne cache pas la difficulté d’habiter un lieu « inhabitable », hanté par le « malaise d’un peuple qui a le sentiment qu’il n’est plus responsable de son sort, et qu’il n’est qu’un comparse dans un drame dont il devrait être le protagoniste », mais défend avec fougue l’aspiration à la dignité des colonisés et de leurs descendants.

Ainsi, dès 1948, il fait le procès d’un Etat qui refuse d’appliquer ses propres lois : « Nous avons demandé l’assimilation des droits de l’homme et du citoyen. Celle que vous nous offrez, c’est celle de la matraque et des gardes mobiles. »

Césaire étudie la solitude du pouvoir, celle d’hommes qui rêvent de porter un coup fatal à l’indignité, à la mise en esclavage, à l’exploitation la plus brutale : Toussaint Louverture, Patrice Lumumba, le roi Christophe. Le Roi Christophe, disait Césaire, « n’est pas une comédie, c’est une tragédie très réelle, car c’est la nôtre. Que fait Christophe ? Il instaure une monarchie ; il imite le roi de France, s’entoure de ducs, de marquis, d’une cour. Tout cela est grotesque, mais, derrière ce décorum, cet homme, il y a une tragédie qui pose des questions très profondes sur la rencontre des civilisations. Ces gens prennent l’Europe pour modèle. Or l’Europe se moque éperdument d’eux. C’est une évidence. »

Césaire a fait des expériences qu’il a vécues – héritages de l’esclavage, colonialisme, nazisme, décolonisation, règne du capitalisme financier, repli sur soi, émergence de nouvelles « identités meurtrières », nouvelles cartographies des luttes – le terrain de ses réflexions. Le nazisme est, pour lui, « la barbarie suprême, (celle qui) résume la quotidienneté des barbaries », un « poison instillé dans les veines de l’Europe », mais qui est le retour sur son propre sol d’une barbarie pratiquée au loin, dans les colonies.

Nous trouvons dans la lecture de l’oeuvre d’Aimé Césaire une réflexion qui nous aide à penser notre temps, une époque où de nouvelles formes de brutalité, de nouvelles formes d’esclavage nous obligent à entreprendre « une véritable révolution copernicienne » des esprits.

Ne voyons-nous pas, à sa suite, « hystérique, en plein coeur de nos forêts et de nos brousses, la formidable usine, mais à larbins, la prodigieuse mécanisation, mais de l’homme, le gigantesque viol de ce que notre humanité de spoliés a su encore préserver d’intime, d’intact, de non souillé, la machine, oui, jamais vue, la machine, mais à écraser, à broyer, à abrutir les peuples » ?

On ne saurait nier la formidable modernité de l’oeuvre anticolonialiste d’Aimé Césaire, qui est une constante réfutation d’une notion figée de l’identité nationale ou d’un récit historique eurocentré.

Il nous laisse en héritage le souci de l’écriture de l’histoire des anonymes, des disparus du monde non européen et ces mots d’ordre simples et justes : « Lutte pour la justice ; lutte pour la culture ; lutte pour la dignité et la liberté. »

Françoise Vergès, politologue, présidente du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage

Françoise Vergès

La mémoire enchaînée

Questions sur l’esclavage

Editions Hachette Littérature

Collection Pluriel

Présentation de l’éditeur

Les controverses en France sur la traite négrière te l’esclavage suscitent deux questions : pourquoi le débat public est-il si tardif ? pourquoi revêt-il un caractère si extrême ? Françoise Vergès suggère que la lenteur qui a présidé à cette prise de conscience peut être analysée comme le point aveugle de la pensée française. Elle revient sur les conditions et les causes de l’oubli, pour imaginer les conditions de son dépassement, sans céder à ceux qui veulent faire de la mémoire de la traite et de l’esclavage une rente de situation ou à ceux qui tentent de l’utiliser pour justifier des dérives populistes. Le débat montre que la majorité des descendants d’esclaves ne veulent plus être esclaves de l’esclavage qui fut imposé à leurs ancêtres. Ils refusent d’être enfermés dans le passé, mais sont convaincus que, sans un examen de l’héritage, ce passé restera un passif, une assignation à résidence.

L’auteur

Françoise Vergès enseigne les sciences politiques à l’université de Londres. Elle est notamment l’auteur, dans la collection  » Pluriel « , de La République coloniale (avec Nicolas Bancel et Pascal Blanchard) et d’un livre d’entretiens avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai (Albin Michel, 2005).

Pour se procurer l’ouvrage de Françoise Vergès La mémoire enchaînée : Questions sur l’esclavage


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Critique et défense de la psychanalyse : conférence – débat Cyrulnik / Onfray

Posted by Hervé Moine sur 6 avril 2011

Ollioules : Boris Cyrulnik et Michel Onfray discourent sur la psychanalyse

Article de K.M. paru dans Nice Matin le 6 avril 2011

L’un est neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste, à qui l’on doit le concept de « résilience ». Le second un philosophe qui, longtemps, estima qu’il « n’est de philosophie sans le bénéfice de la sociologie, des sciences et de la psychanalyse. » Boris Cyrulnik et Michel Onfray (se partageront la scène le temps d’une conférence organisée à Ollioules, vendredi en début de soirée. Ils échangeront leurs propos sur le thème « Critique et défense de la psychanalyse ».

La personnalité des deux intervenants et leur implication dans la psychanalyse moderne laisse augurer un débat de grande qualité.

Cette rencontre est organisée en partenariat avec la ville d’Ollioules, par l’association Présence infirmière ollioulaise présidée par Jean-Claude François et l’association Afreca, présidée par Boris Cyrulnik, association qui s’occupe de la psychologie de l’enfant.

En savoir davantage

« Critique et défense de la psychanalyse » conférence – débat de Boris Cyrulnik et Michel Onfray. Vendredi 8 avril 2011 à 18 h 30 au gymnase scolaire Marcel-Pagnol. Entrée : 10 euros. Ouverture de la salle à 18 h. Stationnement sur les parkings gratuits du centre-ville. 2 navettes minibus assureront le transport jusqu’au gymnase à parir de 17 h 30. Arrêts office de tourisme et place Jean-Jaurès.

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Le désir d’enfant, entre intime et politique

Posted by Hervé Moine sur 6 avril 2011

« Le désir d’enfant, entre intime et politique »

Conférence de Marie Gaille

Mercredi 6 avril 2011

à l’Université de Bordeaux 2

La prochaine conférence « l’invité du mercredi » de Bordeaux Ségalen aura lieu ce mercredi 6 avril 2011, sur le thème : « Le désir d’enfant, entre intime et politique », par Marie Gaille, philosophe, Chargée de recherches au CNRS, l’auteur de La valeur de la vie. Du désir d’enfant au droit à l’enfant, de l’aspiration personnelle au débat public, les champs de réflexion se sont considérablement élargis ces dernières années. Les progrès de la procréation médicalement assistée se sont accompagnés d’un vaste débat sur la scène publique autour du sens à donner à ce désir d’enfant. Débats d’ordre éthique, juridique, philosophique, l’intime a rejoint le politique. Quel lien existe-t-il entre ce désir personnel et l’espace public? Quels sont les enjeux sociaux et politiques autour de ces débats ? C’est à ces questions sensibles que Marie Gaille nous apportera quelques éléments de réponse et sujets de réflexion.

Infos pratiques

La conférence « Le désir d’enfant, entre intime et politique » aura lieu à 18h30, sur le site de Carreire de Bordeaux Ségalen, dans l’amphi P.A Louis de l’ISPED, 146 rue Leo Saignat à Bordeaux.

Contact :

Françoise impérial, Médiatrice Culturelle, Vice Présidente communication des Carabins de Bordeaux: service.culturel@u-bordeaux2.fr

La valeur de la vie selon Marie Gaille

Marie Gaille, docteur en philosophie, chargée de recherche au CERSES (Centre de recherche sens, éthique et société, CNRS-Université Paris Descartes), travaille depuis 1998 sur la manière dont la philosophie politique et morale est investie par la question de ses rapports avec la médecine. Elle est l’auteur de plusieurs essais sur Machiavel, traductrice d’ouvrages politiques en langue italienne, elle a co-signé avec Claire Crignon, dans la collection Médecine & Sciences humaines, A qui appartient le corps humain ? Médecine, politique et droit (2004). Paraît en février 2010, toujours dans la collection Médecine et Sciences Humaines aux édition des Belles Lettres « La valeur de la vie » de Marie Gaille :

« Ce n’est plus une vie », « je veux encore vivre, même avec cette maladie », « ma vie n’a plus de valeur » : confronté à la maladie, à la déchéance physique, à la perte provisoire ou définitive de certaines capacités, chacun d’entre nous peut être conduit à énoncer de tels propos. Quoi de plus délicat cependant, que l’évaluation de la valeur de la vie ? Cet ouvrage aborde le sens et la portée de cette réflexion dans une situation où elle s’impose dans toute sa radicalité : celle des décisions de maintien ou d’interruption de la vie prises au chevet du patient dans les hôpitaux. En choisissant d’aborder ainsi la question de la valeur de la vie, ce livre fait le pari qu’une approche philosophique nourrie par une rencontre avec l’univers de la médecine contemporaine éclairera davantage le sens de cette notion, son fondement et ses limites, qu’une approche abstraite de tout contexte.

La démarche cherche aussi à établir un dialogue entre philosophes et médecins en proposant une analyse des différents contextes thérapeutiques où une décision de maintien ou d’interruption de la vie doit être prise. À la lumière de cette analyse, l’ouvrage propose une réflexion critique sur les usages de l’idée de valeur de la vie pour en désavouer la pertinence et en nier la légitimité éthique. Les patients, malades mais aussi citoyens, doivent forger en concertation avec les médecins d’autres critères pour fonder une décision aussi déterminante que celle de maintenir ou d’interrompre le cours d’une vie humaine.

La réflexion de Marie Gaille sur le « désir d’enfant » prolonge celle menée dans La valeur de la vie au sujet de la décision de maintien ou d’interruption de la vie et l’approfondir dans le cas spécifique de la procréation. Elle se situe sur le plan de la philosophie politique et morale sur le désir d’enfant, en prenant appui, du point de vue empirique, sur une observation de consultation de conseil génétique et, du point de vue théorique, en développant une analyse des discours anthropologiques et psychanalytiques et de leur place dans le débat social contemporain sur la procréation. Dans le cadre de ce travail, Marie Gaille s’intéresse également à l’argument de la souffrance, notamment celle des parents ou de l’enfant à naître, afin d’examiner de façon descriptive et normative le rôle qu’il joue dans la décision d’interruption de grossesse ou de renoncement au projet d’enfant.

Les 5 points importants de la réflexion de Mari Gaille à propos du désir d’enfant :

  • une interrogation sur la nature et la légitimité du « désir d’enfant » et le renoncement à réaliser ce désir face au risque ou à la certitude de la transmission d’une maladie génétique
  • une réflexion sur l’identité parentale (qu’est-ce qu’être mère ? qu’est-ce qu’être père ? qu’est-ce qu’être parent ?) (engendrer/porter/mettre au monde/élever)
  • une analyse des modalités de construction de la famille autour d’un individu atteint ou susceptible d’être atteint par une maladie génétique (dans le sens des ascendants et des descendants déjà nés ou à venir)
  • un examen de la question de « l’amélioration » et notamment de la pertinence de l’idée de « bébé parfait » pour penser la manière dont le diagnostic prénatal est pratiqué dans la société contemporaine
  • une analyse des effets du droit de la filiation dans le débat bioéthique.

Le livre de Marie Gaille « Désir d’enfant, entre intime et politique » va paraître prochainement aux PUF, nous en reparlerons sur ActuPhilo. En attendant, on pourra lire avec profit l’ouvrage de Marie Gaille La valeur de la vie.

 

Le désir d’enfant

Entretien avec Marie Gaille, paru dans Sud Ouest le 6 avril 2011

La philosophe Marie Gaille analyse le passage de cette question intime vers le politique et donc le public

« Sud Ouest ». Vous êtes philosophe chargée de recherche au CNRS. Et vous animez ce soir un débat sur le désir d’enfant. Allez-vous évoquer l’évolution du désir vers le droit à l’enfant ?

Marie Gaille. Je tiens à parler de désir et pas du tout de droit à l’enfant. Cette expression pour moi n’a pas de crédit. Juridiquement, elle ne veut pas dire grand-chose. En revanche, je travaille depuis longtemps sur ce désir d’enfant que l’on peut envisager sous l’angle biologique, social ou de parcours de vie. Souvent, les différents aspects se combinent, et les situations sont différentes pour chaque personne.

J’en ai discuté avec des généticiens, mais aussi avec des psychanalystes et des psychologues. Le désir d’enfant peut tenir à celui de fonder une famille, de s’inscrire dans une chaîne générationnelle. En revanche, je n’envisage pas l’enfant comme désir d’objet de consommation, en essayant de trancher si c’est bon ou mauvais. Ce type de débat me paraît douteux.

Et je comprends mal qu’il y ait des parents qui manifestent un désir d’enfant en exigeant carrément une garantie sur facture.

« Sud Ouest ». L’expression publique de ce désir d’enfant n’est-elle pas quelque chose de relativement récent ?

Marie Gaille. Dans un premier temps, dans les années 1960-1970, le mouvement féministe a exprimé un besoin d’émancipation, d’appropriation de son corps. On parlait alors d’un enfant si on voulait, quand on voulait. Le désir d’enfant est apparu suite à ce premier temps.

« Sud Ouest ». La question touche-t-elle n’importe quelle classe sociale ou certaines en particulier ?

Marie Gaille. Cela touche surtout les femmes qui ont fait des études longues et qui ont socialement réussi un parcours professionnel. Elles se sont tardivement posé la question de l’enfant. Mais nous ne possédons pas d’enquête sur ce sujet et je ne tiens pas à réduire la question par rapport à des classes sociales.

« Sud Ouest ». Le désir d’enfant est-il réservé aux femmes ?

Marie Gaille. Pendant longtemps, il n’a été évoqué et pris en compte que par rapport aux femmes. Mais depuis dix ou vingt ans, un certain nombre d’études ont évoqué clairement le désir de paternité. C’est le cas de « La Part du père », de Geneviève Delaisi de Parseval.

« Sud Ouest ». Comment la question intime est-elle devenue publique et politique ?

Marie Gaille. Pour comprendre l’articulation, il faut redéfinir la frontière entre vie privée et politique. C’est un choix de société qui a donné la priorité à la procréation et à un certain type de vie familiale. Les pouvoirs publics ont ainsi décidé d’accompagner trois tentatives d’aide à la procréation médicalement assistée. Mais ils favorisent aussi les couples hétérosexuels. Les décisions collectives sont prises en droit et sous un certain regard social.

« Sud Ouest ». Le choix des politiques est-il moral ?

Marie Gaille. Je parlerais plutôt de mœurs sociales de fermeture. Ce n’est pas un vrai travail de gouvernants capables d’introduire une grande variabilité dans le débat. Quant à la question du non-désir d’enfant, qui est aussi développée, celles qui ne souhaitent pas être mères sont soumises à la morale diffuse de la norme majoritaire.

Désir d’enfant et maladie génétique

Marie Gaille, participait, il y a quelques mois en novembre 2010 à l’état des lieux de bioéthique. Elle évoquait alors la notion du désir d’enfant. Nous publions les prises de notes de Caroline Laplace-Jourdain et de Patrice Fabre

La notion du désir d’enfant ne concerne qu’une très petite fraction de la population mondiale car cela suppose l’accès à la contraception et à l’assistance à la procréation. L’enfant devient un choix, l’absence d’enfant, peut donc aussi l’être. Ce discours sur le désir d’enfant a donc émergé dans les années 70 avec les techniques de contraception et elle est devenue une revendication. Le désir d’enfant s’inscrit dans le temps, succédant à un temps où il était inévitable d’avoir un enfant : il était naturel pour la femme de se réaliser dans la procréation, naturel pour le couple de procréer, naturel pour l‘espèce de se perpétuer. C’est une conception très naturaliste. Aujourd’hui le désir est mis au devant de la scène car ces notions de naturel ont partiellement vécu à travers la technique. On a la tendance aux désirs, recevables ou non.

Les objets du désir d’enfant sont multiples : une femme peut avoir le désir de l’expérience de la grossesse, de l’enfantement, d’avoir un enfant sans ces étapes (problématique des mères porteuses, voire de l’utérus artificiel si c’était possible) ; femme ou homme peuvent vouloir fonder une famille avec des variations très importantes dans la conception de ce qu’est la famille (seul, en couple homo ou hétérosexuel, avec un ou plusieurs enfants), que la famille soit le fruit de mes gènes et donc refuser l’adoption ou les donneurs génétiques ou encore peu importent les gènes et avoir recours à un donneur mais au moins un des deux du couple restant géniteur ou encore à travers l’adoption afin de garder une « transmission culturelle ». Bref tous les cas sont imaginables, cette énumération montre l‘extrême diversité des objets possibles du désir d’enfant. Quelques niveaux sont toutefois importants : la continuité génétique et l’appartenance sociale et psychique (situation de l‘individu dans le groupe d’appartenance).

Les fluctuations du désir d’enfant : si l’enfant est l’expression du narcissisme, comme le suggère Freud, le bébé peut se trouver dans un rapport de soi à soi et donc avoir la possibilité de décevoir les attentes narcissique du parent. Le désir peut donc varier selon le diagnostic établi pendant la grossesse. Sur des diagnostics prénataux spécifiques (liés à recherche de pathologie à cause d’histoires familiales) : l’annonce d’un diagnostic de problème génétique peut susciter un désinvestissement maternel et briser le rêve de maternité, cet état est réversible. Il y a ambivalence, un enfant oui… mais anormal… Blessure narcissique difficilement surmontable, incapacité à faire aussi bien que ce que sa propre mère a fait… miroir brisé. Divers cas possibles : le maintien du désir d’enfant aussi fort ; désir plus instable voire qui disparaît.

Pour se procurer l’ouvrage de Marie Gaille La valeur de la vie

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La cité du plus célèbre encyclopédiste accueille un festival de philosophie de portée nationale

Posted by Hervé Moine sur 6 avril 2011

Rencontres philosophiques de Langres

Sur le thème de la vérité

en septembre 2011

Langres, cité des Lumières, aura ses « Journées de la philosophie »

La cité natale de l’encyclopédiste Denis Diderot faisait partie des villes de France en lice pour accueillir les “Journées de la philosophie” annuelles et de portée nationale. Cette initiative de créer une manifestation philosophique d’importance est à ramener à l’apparente volonté qu’a le ministère de l’Éducation nationale, de donner une place accrue à l’enseignement de la philosophie, notamment avec l’annonce d’introduire l’enseignement de la philosophie dès les classes de secondes. Et c’est bien la ville de Langres qui recevra ce festival de philosophie, et ce, dès septembre prochain, pour sa première édition. C’est d’ailleurs Luc Châtel lui-même qui l’a annoncé. Il s’agit d’une manifestation de niveau natio­nal et à fréquence annuelle. Cette pre­mière édition sera consa­crée au thème de la vérité. Un comité scientifique pré­sidé par le phi­lo­sophe aca­dé­mi­cien Jean-Luc Marion animera la manifestation qui accueillera les ensei­gnants en phi­lo­so­phie dans le cadre de leur pro­gramme de formation, mais égale­ment le grand public avec débats et conférences.

La philosophie, véritable engouement en France

Avec la création de ce festival de philosophie à Langres, force est de constater que la philosophie connaît un véritable engouement en France depuis deux décennies. Depuis le premier « café philo » en 1992 au café « des Phares », place de la Bastille à Paris initié par feu Marc Sautet, la philosophie est sortie des classes de terminale des Lycées et des amphis de l’Université pour se populariser. Les villes et villages reçoivent leurs Cafés-Philo, et, sous l’impulsion notamment du philosophe, à la fois populaire et souvent controversé, Michel Onfray et de son uni­ver­sité popu­laire,on voit la mul­ti­pli­ca­tion forums de dis­cus­sion et de festivals, citons, par exemple, l’organisation à Lille de la 15ème édition de CitéPhilo avec des confé­rences, ani­mées par plus de 200 inter­ve­nants de haut niveau et le fes­ti­val « Philosophia de la cité viti­cole de Saint-Emilion.

Hervé Moine, ActuPhilo

Langres, lieu de Rencontres philosophiques

Article paru dans le Journal de la Haute-Marne, le 6 avril 2011

http://www.jhm.fr/EVENEMENT,41523

Il y a le festival international de la géographie à Saint-Dié-des-Vosges ou encore les Rendez-vous de l’Histoire de Blois. Et il y aura désormais les Rencontres philosophiques de Langres. Une initiative du ministre de l’Education nationale dont la première édition aura lieu fin septembre.

La philosophie sera à Langres ce que la géographie est à Saint-Dié-des-Vosges ou l’Histoire à la ville de Blois. Dans ces deux villes, ces événements respectifs, le festival international de la géographie et les Rendez-vous de l’Histoire, se sont installés durablement dans le paysage. Ils ont concouru à accroître la notoriété de ces agglomérations qui développent ces manifestations depuis de nombreuses années. Langres peut en attendre autant avec l’initiative que vient de rendre publique Luc Chatel, ministre de l’Education nationale. S’appuyant sur ces expériences réussies, il a souhaité impulser une démarche similaire mais qui concernerait cette fois-ci la philosophie. Car, selon lui, la France se distingue par son appétence pour la réflexion et le débat. « La France est un grand pays de philosophie par sa culture, par son Histoire et par ses penseurs », tient à rappeler le ministre de l’Education nationale. Selon lui, la France se distingue aussi par son enseignement de la philosophie. Il est donc nécessaire, pour le ministère de l’Education nationale, de conserver et même de cultiver cette tradition. L’engouement pour le débat philosophique est tel que Luc Chatel a souhaité inventer un lieu « un peu structuré d’échanges et de débats sur la philosophie. » L’idée lui est venue en se déplaçant aux Rendez-vous de l’Histoire à Blois, manifestation impulsée par un certain Jack Lang. Et c’est tout naturellement que le ministre de l’Education nationale a pensé à la patrie de Diderot pour abriter ce qui va devenir dès septembre les Rencontres philosophiques de Langres. « J’ai saisi le doyen de l’inspection générale de la philosophie sur la pertinence et l’intérêt d’un tel événement », raconte Luc Chatel.

Au programme de formation des enseignants

L’idée a séduit les spécialistes. Depuis fin 2010, ils y travaillent. Car Luc Chatel n’a pas vocation à orchestrer et encore moins à organiser ces rencontres. Pour ce faire, il a installé un comité scientifique, regroupant d’éminents philosophes et qui a la charge « d’organiser les débats. » Ce docte cénacle, présidé par l’académicien et philosophe, Jean-Luc Marion, aurait cette année choisi d’axer les débats sur la notion de vérité. Il est à noter que ces Rencontres philosophiques, orchestrées à Langres par l’association du “Forum Diderot” cher au président Jean-Pierre Desenne et la Ville, ont une double vocation. Elles ont l’ambition d’accueillir les enseignants en philosophie puisque ces rencontres figurent dans leur programme national de formation. Et elles comportent aussi un volet ouvert au public avec débats et conférences. On peut d’ores et déjà tabler sur la présence de 250 à 300 personnes pour ces premières Rencontres qui auront lieu le dernier week-end de septembre. Mais, on l’aura compris, l’événement à vocation nationale est imaginé pour devenir pérenne, c’est à dire qu’il aurait lieu une fois par an.

Jhm

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Camps et parcs, lieux d’entertainment et de punition, produisent des changements d’état

Posted by Hervé Moine sur 5 avril 2011

Conférence philo avec Bruce Bégout

Article de Jean-Yves Ihuel paru dans Sud-Ouest, le 4 avril 2011

http://tarnos.blogs.sudouest.fr/archive/2011/04/05/conference-philo-avec-bruce-begout.html

Jeudi 7 avril, à 20 heures, la médiathèque Les Temps modernes de Tarnos organise une nouvelle conférence philosophique dans le cadre du cycle mis au point avec Christophe Lamoure. Jeudi, il accueille Bruce Bégout, philosophe et écrivain, maître de conférences à l’université de Bordeaux. Il a publié plusieurs ouvrages philosophiques, quatre essais dont « Lieu commun. Le motel américain », « De la décence ordinaire ». Le thème de la conférence « Camps et parcs, lieux d’entertainment et de punition, produisent des changements d’état » est en relation avec l’actualité bien sûr, mais aussi l’Histoire. Selon Bruce Bégout « c’est cette expérience sensorielle de l’univers ludico-concentrationnaire qu’il tentera d’analyser, jouant délibérément d’associations incongrues d’images et d’idées monstrueuses ».

Entrée gratuite.

Renseignements au05 59 64 34 43.

Illustration : Bruce Bégout, d’après une photo de J-Y Ihuel

Bruce Bégout

Le Park

Editions Allia (2010)

Sur une île – très loin de la fantasmagorie romanesque habituelle –, le ParK est un condensé insolite de toutes les formes de parcs imaginés par les hommes. « Sa majuscule signale sa singularité absolue. Ce lieu exprime en quelque sorte l’essence universelle des parcs réels et possibles. C’est le parc de tous les parcs, la synthèse ultime qui rend tous les autres obsolètes. » S’y trouvent un parc d’attractions, un zoo, un camp de concentration, une prison, etc., mais non indépendants les uns des autres : chaque élément se télescope, se mêle aux autres, dans une parfaite organisation du chaos. « Son originalité tient à la confusion, en un seul et même lieu, des différentes espèces d’enclavement humain. »

Lire la critique de Rhinocéros : http://rhinoceros.eu/2010/05/le-park-de-bruce-begout/

Pour se procurer l’ouvrage de Bruce Bégout Le park

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Gisèle Halimi en Tunisie : « Aller de l’avant pour la consécration de la liberté de la femme et des droits humains »

Posted by Hervé Moine sur 2 avril 2011

Le Premier ministre du gouvernement transitoire, Bji Cad Essebsi recevant samedi matin  la Kasbah la militante fministe franaise d'origine tunisienne Gisle Halimi

Le Premier ministre du gouvernement transitoire, Bji Cad Essebsi recevant samedi matin la Kasbah la militante fministe franaise d'origine tunisienne Gisle Halimi

Gisèle Halimi: « Il est impératif de préserver le statut de la femme tunisienne »

LA KASBAH, 2 avr 2011 (TAP) – Il est impératif de préserver le statut avant-gardiste de la femme tunisienne, a souligné, samedi, à Tunis, la militante féministe française d’origine tunisienne Gisèle Halimi.

« Le Code du Statut Personnel garantit à la femme tunisienne le statut de citoyenne à part entière », a soutenu Mme Halimi, affirmant que la « préoccupation majeure, aujourd’hui, est de ne pas toucher à ce statut qui a fait d’elle la femme la plus libre au monde arabe ».

Mme Halimi, qui était reçue à la Kasbah par le Premier ministre du gouvernement transitoire, Béji Caïd Essebsi, a fait part de sa vive émotion de revisiter « son pays, sa terre natale », et de retrouver « un vieil ami, un homme modeste et un grand patriote qui constituera le meilleur rempart contre le désordre, l’extrémisme et surtout la régression ».

L’avocate et femme politique française a assuré avoir « toute confiance » que la Tunisie, qui entame aujourd’hui une phase « cruciale » de son histoire, parviendra à la « construction d’une vraie démocratie » à la faveur de sa direction transitoire qui « comme Bourguiba, représente l’école des lumières, de la philosophie et du respect de l’autre ».

Mme Halimi donnera une conférence dans le cadre de la manifestation « Fête de la citoyenneté et de la solidarité », samedi à la Coupole d’El Menzah et participera à une conférence-débat, dimanche matin, au Zéphyr (la Marsa).

« Il s’agit d’encourager les jeunes femmes et les jeunes hommes de la société civile qui se sentent responsables de l’avenir de leur pays à préserver l’héritage bourguibiste et à aller de l’avant pour la consécration de la liberté de la femme et des droits humains », a-t-elle estimé.

Gisèle Halimi, femme engagée

Née le 27 juillet 1927 en Tunisie, au sein d’une famille juive traditionaliste, elle entre au barreau de Tunis en 1949 et poursuit sa carrière d’avocate à Paris en 1956.

Son enfance dans une famille traditionaliste sera l’origine de son combat dans la lutte féministe. En effet, dès son plus jeune âge, elle remet en cause ses obligations de fille au sein de sa famille. C’est pourquoi, à l’âge de 13 ans, elle entame une grève de la faim afin de ne plus avoir à faire le lit de son frère. Au bout de trois jours, ses parents cèdent et elle écrira dans son journal intime de l’époque : « aujourd’hui j’ai gagné mon premier petit bout de liberté ».

Mariée en secondes noces à Paul Halimi, administrateur civil au ministère de l’agriculture (français) — dont elle porte toujours le nom sous lequel elle s’est fait connaître —, puis en troisièmes noces à Claude Faux, ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre — dont elle a été l’amie et l’avocate. Elle est la mère de Jean-Yves Halimi, avocat, Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, et d’Emmanuel Faux, journaliste à Europe 1.

Sur le plan politique Gisèle Halimi est fortement engagée. Elle milite en effet, dans plusieurs causes, notamment en faveur de l’indépendance de son pays la Tunisie et aussi pour l’Algérie, elle dénonce les tortures pratiquées par l’armée française et défend les militants du MNA (mouvement national algérien) poursuivis par la justice française. Elle cosigne avec Simone de Beauvoir Djamila Boupacha, livre dans lequel elle obtient de nombreux soutiens et la participation de grands noms comme Picasso dont le portrait de Djamila Boupacha figure sur la couverture.

Dans le même esprit, elle préside une commission d’enquête sur les crimes de guerre américains au Viêt Nam.

En 1965, Gisèle Halimi, en compagnie de Madeleine Guilbert, Marguerite Thibert, Évelyne Sullerot, Colette Audry, Andrée Michel, participèrent au Mouvement démocratique féminin, sorte d’union de la gauche avant la lettre qui soutint la candidature de François Mitterrand aux présidentielles de 1965 et veut unir socialisme et féminisme.

Féministe, Halimi est signataire en 1971 du Manifeste des 343, parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et l’avortement libre.

Aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, elle fonde en 1971 le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes » et milite en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Elle prendra la présidence de cette association à la disparition de Simone de Beauvoir.

Au procès de Bobigny en 1972, qui eut un retentissement considérable, elle défend une mineure qui s’était fait avorter après un viol, en faisant une tribune contre la loi de 1920. Ce procès a contribué à l’évolution vers la loi Veil, votée en décembre 1974 et promulguée en janvier 1975, sur l’interruption volontaire de grossesse.

De même, sa stratégie de défense médiatisée de femmes victimes d’un viol collectif devant les Assises d’Aix-en-Provence en 1978 contribuera à l’adoption d’une nouvelle loi en 1980 définissant clairement le viol et l’attentat à la pudeur.

Gisèle Halimi est également une des fondatrices de l’association altermondialiste ATTAC en 1998. L’activiste palestinien Marouane Barghouti lui a demandé d’être l’un de ses avocats.

Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Le 23 février 2010 est adoptée par le Parlement français, en sa présence, une résolution européenne sur le principe de la « clause de l’Européenne la plus favorisée » visant l’harmonisation des législations européennes concernant les droits des femmes suivant l’idée qu’elle avait émise dès 1979 lors de la première élection du parlement européen au suffrage universel.

Gisèle Halimi ne se contente pas de militer, elle fut une représentante du peuple comme députée à l’Assemblée nationale et de la nation comme Ambassadrice auprès de l’Unesco. Élue à l’Assemblée nationale en tant que députée de l’Isère à Voiron près de Grenoble de 1981 à 1984, elle siège comme apparentée au groupe socialiste. Elle constate avec amertume que ses projets n’avancent pas autant qu’elle le souhaiterait et elle dénonce un bastion de la misogynie. Son amendement instaurant un quota pour les femmes aux élections a pourtant été voté à la « quasi-unanimité » par les députés, en 1982. La mise en échec de cet amendement revient au conseil constitutionnel qui le considéra comme une entrave à la liberté du suffrage et à la libre expression de la souveraineté nationale.

Bien qu’elle fut nommée par le président Mitterrand ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO, d’avril 1985 à septembre 1986, elle se déclare déçue par cet homme qu’elle juge machiavélique.

Elle rejoindra Jean-Pierre Chevènement à l’occasion des élections européennes de 1994 (elle figure en seconde position sur la liste du MDC).

D’après Wikipédia

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