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Archive for mai 2011

Bac 2011 : les sujets des épreuves de philosophie à Pondichéry

Posted by Hervé Moine sur 18 mai 2011

C’est parti pour le bac 2011, Pondichéry a ouvert le feu ! Voici les sujets pour les séries ES, S et STG :

Série ES

Sujet 1

Suis-je responsable de ce que je suis ?

Sujet 2

L’État doit-il viser le bonheur des individus ?

Sujet 3

Expliquez le texte suivant

Quelle est la fonction primitive du langage ? C’est d’établir une communication en vue d’une coopération. Le langage transmet des ordres ou des avertissements. Il prescrit ou il décrit. Dans le premier cas, c’est l’appel à l’action immédiate, dans le second, c’est le signalement de la chose ou de quelqu’une de ses propriétés, en vue de l’action future. Mais, dans un cas comme dans l’autre, la fonction est industrielle, commerciale, militaire, toujours sociale. Les choses que le langage décrit ont été découpées dans le réel par la perception humaine en vue du travail humain. Les propriétés qu’il signale sont les appels de la chose à une activité humaine. Le mot sera donc le même, comme nous le disions, quand la démarche suggérée sera la même, et notre esprit attribuera à des choses diverses la même propriété, se les représentera de la même manière, les groupera enfin sous la même idée, partout où la suggestion du même parti à tirer, de la même action à faire, suscitera le même mot.

Henri BERGSON, La pensée et le mouvant

Série S

Sujet 1

Est-il raisonnable de vouloir tout démontrer ?

Sujet 2

Rendre les hommes meilleurs, est-ce le but de la politique ?

Sujet 3

Expliquez le texte suivant

L’homme est capable de délibération et, en vertu de cette faculté, il a, entre divers actes possibles, un choix beaucoup plus étendu que l’animal. Il y a déjà là pour lui une liberté relative, car il devient indépendant de la contrainte immédiate des objets présents, à l’action desquels la volonté de l’animal est absolument soumise. L’homme, au contraire, se détermine indépendamment des objets présents, d’après des idées, qui sont ses motifs à lui. Cette liberté relative n’est en réalité pas autre chose que le libre arbitre tel que l’entendent des personnes instruites, mais peu habituées à aller au fond des choses: elles reconnaissent avec raison dans cette faculté un privilège exclusif de l’homme sur les animaux. Mais cette liberté n’est pourtant que relative, parce qu’elle nous soustrait à la contrainte des objets présents, et comparative, en ce qu’elle nous rend supérieurs aux animaux. Elle ne fait que modifier la manièredont s’exerce la motivation, mais la nécessité de l’action des motifs n’est nullement suspendue, ni même diminuée.

Arthur SCHOPENHAUER, Essai sur le libre arbitre

Série STG

Sujet 1

Suffit-il d’être certain pour avoir raison ?

Sujet 2

Etre libre, est-ce n’obéir qu’à soi ?

Sujet 3

La sauvagerie, force et puissance de l’homme dominé par les passions, […] peut être adoucie par l’art, dans la mesure où celui-ci représente à l’homme les passions elles-mêmes, les instincts et, en général, l’homme tel qu’il est. Et en se bornant à dérouler le tableau des passions, l’art, alors même qu’il les flatte, le fait pour montrer à l’homme ce qu’il est, pour l’en rendre conscient. C’est déjà en cela que consiste son action adoucissante, car il met ainsi l’homme en présence de ses instincts, comme s’ils étaient en dehors de lui, et lui confère de ce fait une certaine liberté à leur égard. Sous ce rapport, on peut dire de l’art qu’il est un libérateur. Les passions perdent leur force, du fait même qu’elles sont devenues objets de représentations, objets tout court. L’objectivation des sentiments a justement pour effet de leur enlever leur intensité et de nous les rendre extérieurs, plus ou moins étrangers. Par son passage dans la représentation, le sentiment sort de l’état de concentration dans lequel il se trouvait en nous et s’offre à notre libre jugement. Il en est des passions comme de la douleur : le premier moyen que la nature met à notre disposition pour obtenir un soulagement d’une douleur qui nous accable, sont les larmes ; pleurer, c’est déjà être consolé. Le soulagement s’accentue ensuite au cours de conversations avec des amis, et le besoin d’être soulagé et consolé peut nous pousser jusqu’à composer des poésies. C’est ainsi que dès qu’un homme qui se trouve plongé dans la douleur et absorbé par elle est à même d’extérioriser cette douleur, il s’en sent soulagé, et ce qui le soulage encore davantage, c’est son expression en paroles, en chants, en sons et en figures. Ce dernier moyen est encore plus efficace.

HEGEL

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2. En vous appuyant sur des exemples que vous analyserez, expliquez :

a) « l’art, alors même qu’il les flatte, le fait pour montrer à l’homme ce qu’il est » ;

b) « L’objectivation des sentiments a justement pour effet de leur enlever leur intensité et

de nous les rendre extérieurs » ;

c) « ce qui le soulage encore davantage, c’est son expression en paroles, en chants, en

sons et en figures ».

3. L’art nous libère-t-il de la violence des sentiments ?

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Godard philosophe : « Je pense, donc le cinéma existe »

Posted by Hervé Moine sur 18 mai 2011

Dominique Chateau

Cinéma et Philosophie

Nathan Cinéma 2009

Présentation de l’éditeur

En exposant le mythe de la caverne, Platon prépare, sans le savoir, un rapprochement entre cinéma et philosophie que Godard formulera de façon impérative :  » Je pense, donc le cinéma existe « . Pourtant, le cinéaste fabrique des images et des sons bien matériels quand le philosophe manie des concepts invisibles et abstraits. Et lorsque le cinéma naît à la fin du XIXe siècle, il est considéré comme un divertissement populaire et les philosophes ne se précipitent guère sur son berceau. Comment ces deux domaines hétérogènes, jeune art du mouvement d’un côté, connaissance conceptuelle ancestrale de l’autre, ont-ils fini par se rencontrer ? C’est ce que Juliette Cerf nous raconte à la manière d’une  » comédie du remariage « , chère à Stanley Cavell. Passé le temps des désaccords, vient celui du  » réaccord « . André Bazin, philosophe  » d’occasion  » selon le mot de Jacques Rancière, pose la question de l’essence du cinéma. Au temps de la cinéphilie, Godard, Rivette, Rohmer, Douchet, Daney convoquent Platon, Kierkegaard ou Merleau-Ponty au chevet des  » auteurs « , Rossellini, Lang, Hawks ou Hitchcock. La philosophie investit désormais le cinéma, Deleuze, renouant avec Bergson, crée le concept de l’image-temps, et Matrix est évalué à l’aune de la pensée grecque. Cet ouvrage révèle des rapports passionnés et souvent surprenants entre Sartre et John Huston, Heidegger et Resnais, Slavoj Zizek et John Woo… Sans oublier les débats de  » cinéphilo « , qui ont pris place aujourd’hui dans ces cavernes modernes que sont aussi bien salles d’Art et d’Essai que multiplexes.

L’auteur

Juliette Cerf est critique de cinéma et journaliste à  » Philosophie Magazine « . Elle collabore au  » Magazine littéraire  » et à  » Regards « . Elle a préfacé  » Musique pour caméléons  » de Truman Capote et participé à l’encyclopédie  » La Ville au cinéma  » (Éd. Cahiers du cinéma, 2005).

Pour se procurer l’ouvrage de Dominique Chateau Cinéma et philosophie

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