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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive for septembre 2011

La morale une histoire entre adultes consentants ou la quête de la réalisation de soi comme citoyen du monde

Posted by Hervé Moine sur 21 septembre 2011

Ruwen Ogien

L’influence de l’odeur des croissants chauds

sur la bonté humaine

et autres questions de philosophie morale expérimentale

Grasset

« La plupart des philosophes prétendent que, si l’on s’intéresse à la pensée morale, il faut commencer par lire et relire les grands textes de l’histoire des idées pour avoir des « bases solides ». Il n’est pourtant pas évident que le meilleur moyen d’inviter le lecteur à la réflexion éthique soit de lui donner le sentiment qu’il peut se reposer tranquillement sur les doctrines élaborées par les « géants de la pensée ».

Partant de ce principe, Rowen Ogien propose, dans un livre qui se présente comme une sorte d’antimanuel de philosophie, une série de problèmes concrets, de dilemmes, de paradoxes, afin de mettre à l’épreuve les jugements du lecteur. Nous y trouvons des expériences de pensée dont les conclusions nous font douter de la robustesse ou de l’universalité de nos intuitions morales.
Ces matériaux forment le corpus d’une philosophie morale expérimentale qui nous aide à comprendre que rien dans les concepts et les méthodes de la philosophie morale n’est à l’abri de la contestation et de la révision. Pourquoi en effet faudrait-il « fonder la morale » sur un principe unique et inaltérable ? Qui a besoin d’une telle « sécurité » ? Telle est la question que ce livre alerte, drôle et profond, nous invite à poser. »

Marc Escola pour fabula.org http://www.fabula.org/

Présentation de l’ouvrage de Ruwen Ogien par l’éditeur

Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage  qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n’a envie d’utiliser, de tramways fous qu’il faut arrêter par n’importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.

Vous y lirez des récits d’expériences montrant qu’il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d’autres expériences prouvant qu’il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu’on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu’on respire en passant.
Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : « ma vie est digne d’être vécue, mais j’aurais préféré de ne pas naître » ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d’un poulet d’élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?
Cependant, le but de ce livre n’est pas de montrer qu’il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots (« Dignité », « vertu », « Devoir », etc.), et les grandes déclarations de principe (« Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen », etc.).
C’est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l’éthique librement.

« L’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine et autres questions de philosophie morale expérimentale« , de Ruwen Ogien : loufoque éthique

Article de Roger-Pol Droit, paru dans le Monde du 15 septembre 2011

http://www.lemonde.fr/livres/

Un matin, au réveil, curieuse surprise. Non seulement il y a un inconnu dans votre lit – ce sont des choses qui arrivent -, mais il est branché dans votre dos par un réseau de tubes qui, entre vous et lui, font circuler du sang et d’autres liquides – ce qui est quand même plus rare. L’homme est un grand violoniste, un génie absolu. Il est atteint d’une maladie des reins, et vous étiez le seul organisme compatible. Ses admirateurs vous ont donc kidnappé, endormi, opéré. Vous en avez pour neuf mois. Si vous le débranchez, le violoniste mourra. Mais, après tout, vous n’avez vraiment rien demandé. En un sens, c’est même un cas de légitime défense. Si vous exigiez qu’on le débranche, seriez-vous moralement monstrueux ? Quelle que soit votre réponse, sachez qu’elle sera transposable à la question de l’avortement…

Ne vous croyez pas trop vite sorti d’affaire. En effet, si vous résolvez ce dilemme, dix-huit autres vous attendent. Celui du tramway fou, qui va écraser cinq traminots, sauf si vous déviez la machine sur une voie où ne travaille qu’un seul homme. Celui du type qui pique le parapluie d’un inconnu à la sortie du restaurant, juste parce qu’il n’a pas envie de se mouiller. Celui des adolescents, frère et soeur, qui font l’amour un soir d’été en étant sûrs de n’avoir pas d’enfant et que personne n’en saura rien. Chaque fois, les questions sont : que faire ? Au nom de quoi approuver ou condamner ? Quel genre de règles, de raisonnements et d’évidences mettez-vous en oeuvre pour vous prononcer ?

C’est échevelé, mais seulement en apparence. Ruwen Ogien, spécialiste de philosophie morale, chercheur au CNRS, auteur d’une douzaine d’essais incisifs, est un délirant méthodique. Les machineries mentales qu’il construit sont des expériences de pensée, des praticables destinés à vous faire réfléchir. Dire qu’on ne trouve jamais de violoniste branché dans son dos le matin serait donc la meilleure façon de montrer qu’on n’a rien compris. Car ce qui est réel, dans ces loufoques histoires, ce ne sont évidemment pas les circonstances, mais les problèmes qu’elles posent. Ce sont des casse-tête, mais à solutions multiples, avec presse-évidences intégré.

But du jeu : montrer que tout, en morale, peut et doit être questionné. Que les intuitions dont on se réclame ne sont jamais si claires qu’on croit ni si assurées qu’on dit. Que les doctrines se contredisent toujours, les principes parfois. Et que l’entraide et la bénévolence tiennent à peu de chose : dans un centre commercial, montre une étude savante, les gens exposés aux effluves du four du boulanger rendent significativement plus de menus services que les autres. On pourrait en tirer cette conclusion économique : ne donnez pas de croissants aux gens bons, l’odeur suffit à les moraliser. On attend l’aérosol.

Roger-Pol Droit

Se procurer l’ouvrage de Ruwen Ogien : L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine

La morale introuvable de Ruwen Ogien

Article de Philippe Chevallier, paru dans l’Express le 20 septembre 2011

http://www.lexpress.fr/culture/livre/l-influence-de-l-odeur-des-croissants-chauds-sur-la-bonte-humaine_1031744.html

Le philosophe français Ruwen Ogien confronte les théories aux expériences sur la morale. L’américaine Martha Nussbaum, elle, recherche ce que peut bien être la « vie bonne ».

Ruwen Ogien, spécialiste de philosophie morale et de philosophie des sciences sociales

Il doit y avoir de bonnes raisons de faire ceci plutôt que cela. Même s’ils se chamaillent depuis des siècles, les philosophes qui croient à l’existence d’un bien absolu et ceux qui préfèrent évaluer au cas par cas les gains et les pertes en termes de bonheur collectif sont d’accord sur un point : les problèmes moraux ont leur solution. Les premiers sont majoritairement issus d’une tradition européenne, avec Kant en figure tutélaire ; les seconds, plus pragmatiques, parlent l’anglais de John Stuart Mill. A ces deux approches traditionnelles Ruwen Ogien, chercheur au CNRS, oppose une philosophie expérimentale.

Pas de grands principes, juste des petits faits têtus permettant de répondre le plus concrètement possible. Existe-t-il des intuitions morales universelles ? La culture ou l’éducation influent-elles sur nos jugements ? Sa conviction : la philosophie morale, obnubilée par ce que l’on doit faire, a oublié de regarder ce que les gens faisaient. Kant marchait confiant dans les rues de Königsberg, la loi morale dans son coeur et le ciel étoilé au-dessus de sa tête ; Ogien avance à tâtons, ses contemporains devant les yeux.

« Frankenstein ministre de la Santé »

Démonstration par l’exemple, avec 19 casse-tête moraux ayant fait l’objet d’études statistiques, simples enquêtes d’opinion ou véritables reality-shows scientifiques. Ogien revient sur l’expérience de Milgram, débutée en 1960, au cours de laquelle de bons pères de famille américains acceptèrent d’administrer des décharges de 450 volts à leur concitoyen – en fait un excellent acteur, capable d’imiter les hurlements de l’agonisant. Moins sensationnelles, les enquêtes d’opinion n’en sont pas moins raffinées dans leurs scénarios : Tueriez-vous un homme pour en sauver 10 ? 100 ? Et si cet homme était un salaud ? Et s’il vous fallait le tuer de vos propres mains ?

Voici le premier livre de philosophie adaptable au cinéma, catégorie série Z, comme l’indiquent les titres de chapitres : « Le tramway qui tue », « Frankenstein ministre de la Santé ». Au final : non seulement tous les raisonnements moraux volent en éclats, mais l’humanité se révèle veule, lâche, inconséquente.

Avec un sérieux implacable, Ogien découpe nos morales au scalpel, cherchant leur plus petit commun dénominateur, cet atome de certitude qu’il ne trouve pas. Finalement, entre adultes consentants, tout serait moralement acceptable.

Fichier:Nussbaum Martha2.jpg

Martha Naussbaum par Jerry Bauer

D’autres approches restent possibles, comme en témoigne l’oeuvre déjà riche de Martha Nussbaum, professeure de droit et d’éthique à Chicago, dont l’avant-dernier ouvrage vient d’être traduit (« La connaissance de l’amour » paru aux éditions du Cerf note d’ActuPhilo) : la morale n’est pas seulement une question d’actes permis ou défendus, mais également de réalisation de soi comme citoyen du monde.

Une vie bonne n’a pas seulement besoin de savoirs rationnels pour se développer, mais également d’émotions et d’imagination. Son plaidoyer en faveur d’une éducation qui réhabilite les arts et les humanités convainc, et permet de ne pas désespérer de la créativité en philosophie morale.

Philippe Chevallier pour l’Express

Le 20 septembre 2011

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Martha C. Nausbaum

La connaissance de l’amour

Essai sur la philosophie et la littérature

Cerf

Sur certains sujets, la quête de connaissance ne peut se passer de la littérature. Quand il s’agit de réfléchir sur ce qu’est la vie bonne pour un être humain, sur ce que les émotions – et l’amour tout particulièrement – peuvent avoir de déconcertant et d’éclairant, la philosophie ne peut se satisfaire d’un style plat et analytique. Elle doit se mettre à l’école d’une forme littéraire qui cherche à capturer, dans son mouvement même, la surprise, la confusion, l’illumination propre à une vie humaine et à la richesse des sentiments qui y trouvent place. Dans La Connaissance de l’amour, Martha Nussbaum entreprend ainsi un double exercice. Il s’agit d’abord de défendre une thèse de philosophie morale. Une thèse qui insiste sur la complexité irréductible des situations, sur l’importance des choses et des êtres particuliers, sur le fait que la vie humaine bonne n’est ni réductible à un critère unique du bien, ni exempte de vulnérabilité et de conflits. La  » connaissance de l’amour  » consiste à la fois à tenter de comprendre quelle place occupe l’amour dans une vie humaine accomplie, mais également à être attentif à l’enseignement propre de l’amour, parce qu’il est sensible à ce que les choses et les êtres ont d’irréductiblement singulier. Mais il s’agit, ensuite, de mettre en lumière l’importance du style pour la connaissance philosophique : au fil de ces essais, qui interrogent successivement les oeuvres de Platon et d’Aristote, les romans de Henry James. de Proust ou encore de Beckett, se dessine une philosophie attentive à la narration, à la pluralité des voix, à la diversité de leur adresse au lecteur.

Pour se procurer l’ouvrage de Martha C. Naussbaum La connaissance de l’amour : Essais sur la philosophie et la littérature

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Etat des lieux sur la relation entre les arts et les sciences

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Colloque Arts et Sciences

« La relation entre Arts et Sciences dans les territoires »

7 octobre 2011

à l’amphi MINATEC à Grenoble

Ce colloque se propose d’interroger la relation entre les arts et les sciences et vise d’abord à constituer un état des lieux actuels de cette relation ; le périmètre de cet état des lieux inclut les expériences rhône-alpines, et aussi nationales et internationales. Il repose sur la volonté de convoquer quelques témoignages considérés comme des propositions fortes, qui serviront à la fois de points de départ pour documenter le registre arts-sciences et de matériau pour une mise en problèmes lors de tables rondes-ateliers. La restitution et l’analyse des expériences offre l’opportunité d’une réflexion soucieuse de contourner l’illusion d’une théorisation définitive de celles-ci.

Les points sur lesquels la réflexion se concentrera sont de plusieurs sortes. Premièrement, il s’agit de préciser la place respective des artistes, des scientifiques, des industriels et des politiques dans le système de création, de production et de dégagement de valeur et de richesses propre à la relation arts-sciences. Dans celle-ci, ces acteurs aux intérêts très variés s’associent et interagissent de manière originale dans un même type d’activités, dont l’analyse s’avère de ce fait très intéressante.

Cette dimension recouvre de plus un aspect géopolitique fondamental du monde actuel : comme Rhône-Alpes, d’autres site dans le monde semblent capables de constituer à un haut niveau des synergies arts-sciences susceptibles de coordonner création artistique, production industrielle et dégagement de valeur économique – il s’agit ici de comprendre la manière dont des acteurs différents organisent un territoire innovant grâce à la relation arts-sciences. A cet égard, l’Atelier Arts-Sciences de Grenoble s’inscrit dans un modèle qu’il est intéressant de comparer avec les autres modèles. Une comparaison de la dynamique de ces sites et de leur évolution récente apparaît d’un grand intérêt pour comprendre les relations entre création, innovation et production dans le monde aujourd’hui.

Deuxièmement, il apparaît opportun de questionner le type d’engagement esthétique propre à la relation arts-sciences. La science et la technologie interviennent-elles de la même manière dans le processus de création ? L’artiste maîtrise-il souverainement son travail lorsqu’il recoure à la science et utilise la technologie ? Ou bien celles-ci interviennent-elles dans le processus de création ? Comment s’ouvrent des horizons à partir de la relation arts-sciences ? Peut-on constituer une même séquence, qui considère de manière homogène le design des produits, celui des existences et celui des politiques ?

Enfin, quelle est la place de l’entreprise dans le processus de mise en lien entre art et industrie ? De quelles manières la création stimule-t-elle l’innovation sur le plan entrepreneurial ? Que révèlent sur ce point les exemples d’entreprises ayant réussi à un haut niveau à associer les artistes et les scientifiques ?

Au programme de ce colloque :

Thierry Ménissier et Valérie Chanal, acteurs universitaires de l’innovation présideront cette journée de conférences et de tables-rondes.

  • Introduction par Yann Moulier-Boutang, économiste et Gilles Roussi, artiste : « Comment crée-t-on un espace créatif dans la société ? »
  • Table-ronde animée par Philippe Quinton, Maison de la Création. « Quelle vision nationale pour la relation Arts-Sciences en France ? » Avec Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène nationale de Meylan, Grégoire Harel, chargé du programme Arts et Sciences à Universcience (Paris) et Pierre-Alain Four, docteur en science politique.
  • Intervention de Fabienne Martin-Juchat, professeur des universités, Institut de la Communication et des Médias. « Sciences humaines et sociales et Arts-Sciences »
  • Intervention de Thierry Ménissier, maître de conférence de philosophie politique. « L’innovation entre conquête et invention. Un point de vue géopolitique sur la R&D »
  • Table-ronde animée par Laurent Chicoineau, directeur du CCSTI-La Casemate. « Les expériences européennes Arts-Sciences » Avec Pia Arebald, responsable développement Tillt (Suède), Horts Hörtner, directeur du Futurelab d’Ars Electronica (Autriche), Pascal Keiser, directeur du Centre des Ecritures Contemporaines et Numériques (Belgique).
  • Conclusion de Dominique DAVID, chercheur au CEA

Programme à télécharger

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La ville de Sète célèbre le plus philosophe des poètes

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Les Journées Paul Valéry

Regards Internationaux sur l’oeuvre de Paul Valéry

du 23 au 25 septembre 2011

Musée Paul Valéry

à Sète

 

Cahier des premiers poèmes de Paul Valéry 1884-1886 (c) Eric Teissèdre

Cahier des premiers poèmes de Paul Valéry 1884-1886 (c) Eric Teissèdre

Le plus philosophe des poètes ou le poète des philosophes, Paul Valéry sera célébré du 23 au 25septembre 2011, au musée qui porte son nom. En effet, le Musée Paul Valéry de Sète lui consacre la première édition des Journées Paul Valéry. Celles-ci auront pour thème « Regards internationaux sur l’oeuvre de Paul Valéry ».

Les Journées réunissent des spécialistes internationaux de Paul Valéry. Aux côtés des spécialistes sont également conviés des poètes français et étrangers s’inscrivant dans une mouvance valéryenne. Ils feront partager leur regard sur l’oeuvre de Paul Valéry. Ce sera aussi l’occasion pour des musiciens de proposer des créations à partir et autour de l’oeuvre du poète.

A l’occasion de ces Journées, le Musée inaugurera la salle Paul Valéry entièrement réaménagée. La collection, qui rassemble au total près de 300 documents et oeuvres du poète, réunit des manuscrits originaux, 41 lettres autographes, des peintures, 80 dessins, pastels et aquarelles, et également des sculptures de Valéry.

Site du Musée Paul Valéry de Sète :

 http://www.museepaulvalery-sete.fr/Les_Journees_Paul_Valery.php

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Luc Ferry à propos d’Internet

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Que pensez-vous d’Internet ?

« C’est un excellent outil mais dangereux. Certains disent que c’est la liberté ; pour moi, c’est davantage Vichy ! Rien ne s’efface, j’ai un sentiment mitigé. L’anonymat permet toutes les horreurs. » Luc Ferry dans TV Mag du Figaro du 1er septembre 2011.

Pour lire l’intégralité de l’interview : http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/people/64106/luc-ferry-se-paye-zemmour-et-naulleau.html

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Reprise des activités de l’Atelier Simondon : « Culture et Invention »

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Reprise des Activités de l’Atelier Simondon

Programme 2011/2012

L’Atelier Simondon est heureux de vous annoncer le redémarrage de ses activités.

Le cycle de séminaires de cette année, toujours organisé en partenariat avec la MSH Paris-Nord, sera intitulé « Culture et Invention« . Il s’agira ainsi de prolonger Simondon sur le terrain socio-politique, mais sans délaisser non plus les dimensions épistémologique et esthétique de la notion d’invention, ici mise en jeu comme centre d’une nouvelle culture et préférentiellement à la notion d' »innovation » – mot d’ordre dont il faudra montrer le contenu technocratique illusionnant. Dans cette perspective on proposera plusieurs confrontations de la pensée simondonienne à celles d’autres philosophes.

En voici une présentation et le programme des dix séances.

Présentation du programme de l’atelier

« Le devenir-technique de la culture est-il ce qui peut nous faire passer de la « culture du travail » à une « culture de l’invention » ? Et si oui, selon quelles modalités? Telles sont les deux questions, de type socio-politique, que ce nouveau séminaire entend prioritairement traiter, en prolongeant pour cela les pistes tracées par Simondon dans « Du mode d’existence des objets techniques » (1958) mais aussi dans le Cours de 1965-66 intitulé « Imagination et invention ». L’ère de l’information qu’anticipait Simondon est aujourd’hui devenue l’ère des réseaux numériques : la technique peut y entretenir une nouvelle relation à l’homme favorisant ce que Simondon appelait la « transindividualité ». Mais cela ne pourra se faire qu’en renonçant à une certaine « culture du travail », qui rendait impossible la compréhension de la nature profonde de la réalité technique : la transindividualité, dont l’invention technique fournit le « support », s’oppose en effet à l' »inter-individualité » mise en œuvre par les relations du travail dominées par l’organisation productiviste. C’est déjà ce qu’annonçait la très longue « Note complémentaire » à « L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information » (ILFI, 2005) ».

  • 27 septembre 2011 : Vincent Bontems : « L’éthique des techniques chez Simondon et Gonseth« 
  • 11 octobre 2011 : Jean-Hugues Barthélémy : « Les anti-substantialismes de Bachelard, Merleau-Ponty et Simondon« 
  • 8 novembre 2011 : Christian de Ronde : « Potentiality in Quantum Mechanics : a Simondonian Interpretation« 
  • 6 décembre 2011 : Bernard Stiegler : « L’invention et la bêtise. Simondon ou l’oubli de Derrida lisant Deleuze« 
  • 17 janvier 2012 : Gilles Hiéronimus : « L’imagination du mouvement chez Bachelard et Simondon« 
  • 7 février 2012 : Sarah Margairaz et Julien Rabachou : « La puissance et le préindividuel : Simondon et Aristote« 
  • 6 mars 2012 : André Tosel : « Simondon et Marx : technique et politique » (journée d’étude avec la participation probable d’Andrea Bardin, Jean-Hugues Barthélémy, Vincent Bontems, Giovanni Carrozzini, et Andrea Cavazzini)
  • 3 avril 2012 : Sacha Loeve : « Figures de la technique dans l’oeuvre de Simondon« 
  • 15 mai 2012 : Baptiste Morizot et Brice Poreau : « L’individuation biologique. Simondon, Lamarck et Darwin« 
  • 5 juin 2012 : Arne de Boever : « Simondon et Baudrillard« 

Les séances auront lieu de 18h à 20h30, pour la plupart, en Salle des Actes, au 45, rue d’Ulm.

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Quels moyens pour réduire le divorce entre la science et la société ?

Posted by Hervé Moine sur 2 septembre 2011

Peut-on réduire le divorce entre science et société ?

Mardi 27 Septembre 2011

Observatoire Midi-Pyrénées

14 avenue Edouard Belin 31400 Toulouse

A 11h, Salle Coriolis

Résumé de la conférence :

À la demande du Premier Ministre, le Haut Conseil de la Science et de la Technologie a été chargé d’engager, en 2010, une vaste réflexion sur « les moyens de réduire le divorce existant entre la science et la société ». Sollicité pour participer à ces travaux, Philippe Solal a rédigé un rapport qu’il fut ensuite appelé à exposer devant les membres de cette instance.

Cette communication se situe dans le prolongement de ce travail, en rappelant d’abord les données qui ont permis d’établir le diagnostic d’un tel divorce. Si les axes qui furent privilégiés par le Haut Conseil furent ceux liés à la notion de « perception des risques » par le grand public, en particulier dans le domaine de la chimie, il faudra se demander si l’effort porté sur le travail de « médiation scientifique », constitue la réponse la mieux adaptée aux peurs qui hantent la société française, vis-à-vis d’une science souvent perçue comme un instrument confisqué par une élite indifférente aux dangers que ses pouvoirs font peser sur les citoyens.

Avec Philippe Solal, Agrégé de Philosophie, enseignant-chercheur en Histoire des Sciences à l’INSA de Toulouse , et représentant l’INSA au bureau du service de Diffusion de la Culture des Sciences et des Techniques à l’Université de Toulouse.

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