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Heidegger, Husserl au sommaire du numéro d’automne 2011 de Philosophie

Posted by Hervé Moine sur 26 octobre 2011

Philosophie

Numéro 111

automne 2011

Aux éditions de Minuit

Ce numéro s’ouvre sur la présentation et la traduction, par Guillaume Fagniez, de la conférence de Heidegger prononcée à Constance en novembre 1934 (juste après la période du Rectorat) sous le titre « Situation présente et tâche future de la philosophie allemande ». A partir de la question de l’essence de la philosophie, Heidegger déploie les trois questions de l’histoire, de la vérité et de la langue. Dans quelle mesure peut-on dire que le Dasein est historial, et sur le fondement de quel rapport de l’histoire au temps ? Si l’homme est historial parce qu’il est dans la vérité, que signifie le fait même d’être dans la vérité, et implique-t-il une subjectivation de la vérité ? Enfin, si le fondement de la possibilité de l’histoire réside dans la langue, qu’est-ce que cette dernière, si elle ne se réduit pas à l’expression de nos vécus ou jugements ? La conférence de Constance livre ainsi un aperçu exceptionnel sur le mouvement qui conduit la pensée heideggérienne de l' »ontologie fondamentale » à l' »histoire de l’être ».

Le numéro se poursuit avec trois études consacrées à la pensée du fondateur de la phénoménologie. Dans « Husserl et le mythe des objets », Robert Brisart met en question la célèbre lecture frégéenne de Husserl proposée par D Follesdal. Pour Husserl, l’objet n’est en effet accessible qu’à partir de sa visée par le moyen d’un sens noématique. Or, si le noème husserlien s’apparente bien à la notion frégéenne de sens, il n’en va pas ainsi pour la référence : alors que l’objet est pour Frege un en soi objectif situé hors de la conscience et de toute dimension sémantique, l’identité de l’objet est pour Husserl « intensionnelle », atteinte par une synthèse de la conscience. Bien qu’il se soit libéré du mythe du donné, Husserl serait ainsi demeuré prisonnier d’un mythe du sens. Dans « La question de la signification des propositions subjectives chez le premier Husserl », Alain Gallerand s’interroge sur le statut de ces dernières – négligées dans la tradition logique au motif qu’elles n’ont pas de valeur de vérité, et problématiques au sein de la position des Recherches logiques : vu que Husserl tient les significations pour des unités idéales par opposition à la multiplicité des actes de conscience, comment peut-il rendre compte de telles propositions, dont la signification semble intimement liée à la vie psychique ? Les concepts noétique et noématique de Bedeutung, le paradigme du jugement et de l’énoncé s’appliquent-ils à toutes les propositions – y compris celles qui ont trait aux phénomènes affectifs ? Enfin, dans « Le plaisir dans la phénoménologie de Husserl », Samuel Le Quitte s’interroge sur une notion apparemment absente de cette dernière, puisque sur son versant pratique, elle ne cesse de s’élever contre le scepticisme moral, dont l’hédonisme est l’un des représentants éminents. Cette critique de l’hédonisme signifie-t-elle ipso facto une récusation du plaisir en général et en tant que tel ? La position de Husserl à l’égard de l’hédonisme résume-t-elle sa conception générale du plaisir ? Cette dernière n’est-elle pas plus complexe qu’il n’y paraît ?

Philosophie, N° 111, Automne 2011 : Etudes sur Husserl

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