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Réfléchir sur la mort avec Michel Fromaget

Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2011

Le temps de la Toussaint, l’occasion de réfléchir sur la mort… avec Michel Fromaget

Michel Fromaget

Naïtre et Mourir

Anthropologie spirituelle et accompagnement des mourants 2007

Editions François-Xavier de Guibert

Présentation de l’éditeur

La grande initiatrice du mouvement de soins palliatifs, Cicely Saunders, l’a magnifiquement montré : la souffrance qui accompagne la fin de la vie est, le plus souvent, une souffrance totale. C’est une souffrance qui, non seulement vient du corps et du mental, mais aussi de l’esprit. La douleur physique engendrée par la vie du corps et la souffrance psychique par celle de l’âme (du mental ou du psychisme puisque ces trois-là sont un) sont, de nos jours, bien connues et, lors des dernières heures, mieux soignées. Il en va différemment de la souffrance spirituelle qui est trop souvent mal comprise, quand elle n’est pas ignorée par les praticiens des soins palliatifs et de l’accompagnement des mourants.

Quelle est cette souffrance spirituelle qui, lorsqu’elle n’a pas été suffisamment entendue et comprise durant la vie, s’exacerbe à l’approche de la mort ? Comment l’exprimer ? Qu’a-t-elle à dire et, notamment, à celui qui va mourir ? Quel est cet esprit, quel est ce composant de l’homme dont elle porte si haut le témoignage et qu’en même temps elle réclame avec tant de force et d’insistance puisque, sans lui, aucun mourant ne saurait certainement bien mourir ? Quelle est, au-delà du corps et de la psyché, cette troisième dimension de l’être, si nécessaire à l’accomplissement de l’homme, et dont l’oubli, selon le mot de Zundel, inéluctablement fait de la mort un gouffre ? Telles sont les principales questions que ce livre, destiné à un large public, mais enraciné dans une conception de l’homme souvent niée, se propose d’éclairer aussi loin qu’il se peut. Coïncidence non dépourvue de sens, cet ouvrage, écrit sans le savoir durant les derniers mois de la vie de Cicely Saunders, développe cette même anthropologie tripartie dont elle avait une intuition très vive et qui, sans cesse, inspira son admirable travail.

Michel Fromaget

La drachme perdue 2010

L’Anthropologie « Corps, Ame, Esprit » expliquée

Editions Grégoriennes

Présentation de l’éditeur

Michel Fromaget reprend ici et enrichit considérablement une précédente version d’un ouvrage témoignant d’une compréhension très profonde de l’émerveillement et de l’amour, du vieillissement et de la mort et dont le contenu appartient en propre à l’anthropologie ternaire  » Corps, Âme, Esprit « .

La drachme perdue présente et explique avec la plus grande clarté qu’il se peut, à un large public, les principales affirmations de l’anthropologie  » Corps, Âme, Esprit « , qui aboutissent à une compréhension de l’être humain essentielle et vivante, quoique tombée en désuétude en raison des choix actuels de notre civilisation.

Le fait de refuser ou de consentir à cette conception de l’homme, et donc de nous-mêmes, conditionne en profondeur, sans que nous en ayons nulle conscience, jusqu’aux plus modestes pensées, paroles et gestes de notre vie quotidienne. Le lecteur pourra apercevoir l’immensité de l’enjeu psychologique et existentiel inhérent à cette anthropologie, ainsi que le poids de l’espérance qui l’habite.

Puisse la drachme retrouvée aider chacun à cultiver et récolter les fruits dont elle parle.

Michel Fromaget

Mort et émerveillement

dans la pensée de Maurice Zundel

Aux éditions Lethielleux

Résumé de l’ouvrage de Michel Fromaget

Présentation de la vision de l’homme et de la conception de la mort du théologien mystique, reposant sur une exégèse de l’émerveillement. Il ne s’agit pas ici de la vie et de la mort biologiques, mais de la « vraie vie » et de la « vraie mort », totales, absolues.

Présentation de l’éditeur

 » Maurice Zundel est un mystique immense. Certainement l’un des plus grands des temps modernes. Ses intuitions, ses illuminations sont fulgurantes. Ainsi que l’avait bien compris le pape Paul VI, qui le connut très tôt, Zundel est un véritable génie spirituel. Là est sans doute la raison, paradoxale, pour laquelle il fut totalement incompris par ses supérieurs et demeure encore aujourd’hui si peu connu du monde. Car, l’histoire nous l’apprend, il faut aux hommes ordinaires souvent des dizaines d’années, voire plusieurs siècles, pour se familiariser avec de tels génies et commencer à en prendre la vraie mesure ».


En 4ème de couverture

Qui ne s’émerveille pas ne naît pas à la vie et qui ne naît pas à la vie se destine à la mort… « Maurice Zundel est un mystique immense. Certainement l’un des plus grands des temps modernes. Ses intuitions, ses illuminations sont fulgurantes. Ainsi que l’avait bien compris le pape Paul VI, qui le connut très tôt, Zundel est un véritable génie spirituel. Là est sans doute la raison, paradoxale, pour laquelle il fut totalement incompris par ses supérieurs et demeure encore aujourd’hui si peu connu du monde. Car, l’histoire nous l’apprend, il faut aux hommes ordinaires souvent des dizaines d’années, voire plusieurs siècles, pour se familiariser avec de tels génies et commencer à en prendre la vraie mesure. »

Michel Fromaget

Qui est Michel Fromaget ?

Anthropologue et Maître de conférences à l’Université de Caen.

Licencié en sociologie, couronné d’un D.E.S. en sciences économiques, docteur en psychologie (psychologie sociale), et Docteur d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines, Michel Fromager est par ailleurs le correspondant pour la France à l’IATS (International Association of Thanatology and Suicidology).

Outre les trois ouvrages précédemment cités, Michel Fromaget est l’auteur de :

  • Eros, Philia, Agape. Nouveaux essais d’anthropologie spirituelle, (Paris, Editions Romaines, 2008)
  • Les cadavres extraordinaires Essai de thanatologie mystique (2006, l’Esprit du Temps)
  • Majestas Domini. Les Quatre Vivants de l’Apocalypse dans l’art, (Turnhout, Brépols Publishers, 2003, 12 ill. n/b, 31 ill.c., 105 p.)
  • Dix essais sur la conception anthropologique « Corps, Ame, Esprit », (Paris, L’Harmattan, 2000, 240 p.)
  • « Corps, Ame, Esprit ». Introduction à l’anthropologie ternaire, (Bruxelles, Editions Edifie, 1999, 2ème édition, deux volumes, 265 p. et 240 p.)
  • L’homme tridimensionnel, (Paris, Albin Michel, Question De, 1996, 250 p.)
  • Le symbolisme des Quatre Vivants, (Paris, Editions du Félin, 1992, 203 p.)
  • « Corps Ame Esprit » Introduction à l’anthropologie ternaire, (Paris, Albin Michel, Question De, 1991, 383 p.)
  • Individuation et idée de mort. Essai d’anthropologie de l’imaginaire, (thèse de doctorat d’Etat, Université de Paris V, 1981, 903 p.)

Quelle vision chrétienne de la mort ?

propos recueillis par Marie Moure – publié le 28/10/2011

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/quelle-vision-chretienne-de-la-mort-28-10-2011-21398_16.php

Michel Fromaget, l’anthropologue a travaillé sur les représentations de la mort. Nous l’avons interrogé sur la symbolique de la croix.

© trisagion

© trisagion

Le corps, l’âme et l’esprit, Michel Fromaget s’intéresse aux trois dimensions de l’homme. Maître de conférences à l’université de Caen, il a écrit Naître et mourir, anthropologie spirituelle et accompagnement des mourants (éd. François-Xavier de Guibert, 2007), et Mort et Émerveillement dans la pensée de Maurice Zundel (éd. Lethielleux, 2011).

Pourquoi le christianisme a-t-il choisi un symbole mortifère, le Christ en croix ?

Au temps de Jésus, le crucifiement est une mort atroce et socialement infamante. Il représente donc le comble de la souffrance physique et psychologique. Or, si Dieu, incarné en Jésus-Christ, a tenu à mourir de cette manière-là, c’est précisément pour enseigner aux hommes qui Il est. À savoir un Dieu solidaire, qui souffre avec les hommes des mêmes peines qu’eux et les accompagne à chaque instant, jusque dans leurs pires agonies. C’est pour cette raison que le christianisme a choisi comme emblème l’image du Christ en croix. Non tant pour la mort de Jésus qu’il représente, mais parce que cette mort dévoile l’Amour qui est en Dieu, ou le Dieu qui est Amour.

Comment expliquer le passage d’une vision apaisée de la mort du Christ à des représentations plus sombres dans l’art chrétien ?

La mort n’inquiétait pas les premiers chrétiens, qui se croyaient sauvés du fait de leur baptême et ­pensaient l’enfer réservé aux seuls païens. Puis, à partir du Ve siècle environ, il apparaît que l’enfer guette tous les pécheurs, donc les chrétiens aussi. Alors, le doute s’installe, ainsi que la peur d’une mort susceptible de s’ouvrir sur la damnation et l’horreur. Le deuxième facteur explicatif est un mouvement de fond qui modifie la psyché occidentale en la rendant plus « cérébrale », à partir du XIIIe siècle. Celle-ci devient davantage sensible aux douceurs de la vie et vulnérable aux affres de la mort. Les horreurs de la peste du XIVe siècle renforcent une telle évolution, dont on suit le sillage dans l’art funéraire. En témoignent les gisants éthérés et apaisés de l’art roman et les « transis » répugnants de la Renaissance. Aujourd’hui, la stylisation de la Croix est poussée jusqu’à l’effacement du Christ. Cela correspond à la même logique, à la différence près que la mort est devenue si angoissante qu’elle est niée.

Au-delà de ces représentations, quelle vie la tradition chrétienne laisse-t-elle espérer après la mort ?

Saint Augustin distingue deux visions de l’immortalité en opposant les affirmations « Je peux ne pas mourir » (« Posse non mori ») et « Je ne peux pas mourir » (« Non posse mori »). La première sous-entend : « Si je le veux. » Cette conception conditionnelle et totalement libre de l’immortalité domine la Bible et le Nouveau Testament, comme le résume le livre de l’Ecclésiastique : « Devant les hommes sont la vie et la mort et ce qui plaît à chacun lui sera donné. » (Siracide 15, 17). Elle s’oppose frontalement à la proposition « Je ne peux pas mourir », sous-entendant qu’il est impossible que l’homme, en cette vie ou en une autre, disparaisse totalement. Cette seconde compréhension est notamment celle des religions grecque et gnostique, pour lesquelles l’être humain n’est pas une créature, mais une émanation de Dieu, de sorte qu’il participe de l’immortalité divine. Seule la première conception conditionnelle est authentiquement chrétienne. Mais, en raison de l’influence de la philosophie grecque, la seconde s’est imposée entre le IIe et le IVe siècle.

Quelle conception de l’immortalité prévaut encore aujourd’hui ?

Même dans une société profondément déchristianisée comme la nôtre, le souhait d’immortalité demeure. Mais il trouve d’autres formes d’expression, à l’image de cette aspiration à une vie biologique éternelle qui anime les partisans du « transhumanisme ». Pour ces derniers, le corps est une machine dont les pièces seront éternellement renouvelées. Mais cette vision caricaturale comporte le risque immense dont Jésus nous avertit : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » (Matthieu 16, 25).

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