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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

La philosophie a-t-elle le monopole de la pensée ?

Posted by Hervé Moine sur 31 octobre 2011

2011

Les 15èmes semaines européennes de la philosophie

Citéphilo2011

du 8 au 29 novembre 2011

« L’art de faire »

Le propre d’une civilisation technicienne est de s’appuyer sur une conception du faire conçu généralement en termes d’application, où faire ne serait qu’exécuter ce que la pensée a préalablement conçu et élaboré. Placé sous la dépendance de la pensée et sous le signe de la séparation, le faire se voit alors retirer toute fécondité, toute inventivité. Une telle conception est caractéristique d’un abaissement général des activités pratiques, à quoi n’a longtemps échappé que la sphère à la fois préservée et magnifiée de l’Art.

C’est à penser autrement et à réconcilier la pensée et le faire que la présente édition de Citéphilo aimerait s’employer, ce qui va bien au- delà d’une simple réhabilitation de l’activité pratique ou technique. Cela nous incite plutôt à concevoir, à la manière de Valéry, une sorte de « poïétique générale » où l’on s’intéresserait aux multiples façons dont la pensée – toujours simultanément pratique – et le faire – toujours simultanément théorique – élaborent, conçoivent, imaginent, en un mot : inventent.

Programme qui suppose de convoquer, plus encore que dans les éditions précédentes, toutes sortes de pratiques, d’expérimentations, de performances – cinématographiques, plastiques, paysagères, chorégraphiques, analytiques, pédagogiques, sportives, médicales, musicales, littéraires, scientifiques, historiennes – qui viennent contester à la philosophie le monopole qu’elle s’accorde parfois sur ce qu’on appelle penser.

Il en résulte du même coup un bougé dans les traçages disciplinaires que nous ne pouvions mieux illustrer qu’en choisissant cette année de nous intéresser plus particulièrement à l’œuvre de Carlo Ginzburg, l’un des historiens contemporains qui a le plus fait pour renouveler à la fois l’art de faire et l’art d’écrire l’histoire – théoricien exemplaire de sa propre pratique, capable de faire dialoguer au plus près pensée théorique et fiction.

Thématique qui est loin d’épuiser le programme de cette édition 2011, où l’on fera, comme à l’accoutumée, leur place tant à l’actualité éditoriale qu’aux interrogations qui ne cessent de travailler notre présent.

Pour de plus amples informations : http://www.citephilo.org/

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Une Réponse to “La philosophie a-t-elle le monopole de la pensée ?”

  1. A propos de citéphilo, lu dans Nord Eclair, article de Bérangère Barret

    Faire est tout un art. « Faire sans » aussi. Rater se conçoit également comme un chemin vers la réussite, d’où l’utilisation des Schadocks – ces petits bonshommes qui pompaient pompaient mais rataient -, pour illustrer cette quinzième édition de Citéphilo. « La tradition philosophique peut avoir tendance à déprécier le « faire » (on peut se référer à Platon, Aristote). Mais notre idée est qu’il y a de la pensée à l’oeuvre dans toute notion de faire… », lance Alain Lhomme, président en titre de l’association Philolille, organisatrice de Citéphilo. Du coup, quelques conférences autour de ce thème : « L’art de faire… attention », « L’art du jardin », ou encore « Les mains de l’intellect »… Les amateurs auront également l’occasion d’assister, avec, comme le veut la tradition de ce cycle d’une quinzaine de jours, qui depuis 15 ans agite les neurones des Nordistes, la présence d’un professeur de philo de la région en médiateur et deux spécialistes de la question, à une conférence sur « l’art de faire du jazz »… Parce que cette année encore, Citéphilo a renoué son partenariat avec le Festival Jazz en Nord. Un partenaire parmi tant d’autres. On en compte plus de 60. Dont le CHR, qui a même étendu l’événement en organisant une série de rendez-vous réguliers pour « inscrire la réflexion sur les sciences humaines au sein de l’hôpital ».
    Citéphilo version 2011, ce sera quelque 100 rencontres. Avec toujours le même esprit : « Fabriquer dans un lieu (Lille et la région Nord – Pas-de-Calais) et un temps (au mois de novembre) définis, une manifestation au cours de laquelle des philosophes, des scientifiques, des penseurs mais aussi des praticiens des arts de la littérature ou du cinéma, s’adressent directement à la société civile en présentant leurs recherches à un public indéterminé. » Et penser différemment, véhiculer des réflexions qui ne seraient pas venues à l’esprit du quidam, « amène un peu d’air… ». C’est Bouchaïb Miftah, directeur fondateur d’Attacafa, qui le dit. Son association est partenaire de Citéphilo pour l’exposition « Sans lieux, sans droits » sur le parcours des migrants, à voir dès le 16 novembre à la Maison folie de Wazemmes.

    Les trois axes « historiques » de Citéphilo seront respectés cette année, comme l’annonce Gilbert Glasman, délégué général de Philolille : « Le premier, c’est la thématique, donc « L’art de faire ». Le second : un invité d’honneur. Il s’agit cette année de Carlo Ginzburg, historien italien. Le troisième axe est le suivi de l’actualité éditoriale. Et le dernier, l’appui à des initiatives diverses. » Gilbert Glasman annonce pour cette année un cinquième axe : « Les rencontres articulées autour de l’actualité. Des réflexions sur le Printemps arabe vont faire quasiment l’ouverture de Citéphilo, sur la justice au quotidien aussi ou encore sur la crise économique et financière.»

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