Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

l’existence philosophique d’Henri Maldiney

Posted by Hervé Moine sur 14 juillet 2012

Henri Maldiney : une existence philosophique - 12 octobre 2012

Henri Maldiney

Une existence philosophique

Henri Maldiney : une existence philosophique

Traversée phénoménologique

12 octobre 2012

de 9h à 17h30

à l’Amphithéâtre Huvelin de l’Université Jean Moulin

Colloque organisé par l’IRPhiL (Université Lyon 3) avec le soutien de la clinique Villa des Roses et du laboratoire Santé, Individu, Société (SIS) et organisé par Jean-Philippe Pierron doyen de la Faculté de Philosophie, Université Jean Moulin Lyon 3 et Pierre Mathey, Association internationale Henri Maldiney

Au programme du colloque

  • Architecture de la présence et présence de l’architecture
  • Esthétique et psychiatrie

Pour tout renseignement supplémentaire vous pouvez contacter Valentina Tirloni, coordinatrice scientifique à L’IRPhiL EA 4187 – Institut de Recherches Philosophiques de Lyon, 18 rue Chevreul – 69007 Lyon ; valentina.tirloni@univ-lyon3.fr

Henri Maldiney : © Rajak Ohanian

Biographie de Henri Maldiney

par  Jean-Pierre Charcosset,

Président de l’AIHM

Association Internationale Henri Maldiney

Henri Maldiney est né à Meursault en 1912, a été élevé en Franche-Comté. Cela suffit peut-être à rendre compte de son accent, mais non de la singularité de sa parole et de ce qu’on a pu appeler son « tremblement de rectitude ». Homme de parole d’abord, Henri Maldiney n’a été auteur d’une œuvre écrite que tardivement. C’est donc à travers son enseignement à l’Institut des Hautes Etudes de Gand puis à l’Université de Lyon qu’il a marqué des générations d’étudiants en psychologie (puis anthropologie phénoménologique), esthétique et philosophie.

Lycéen à Besançon puis à Lyon – c’est là qu’il fut l’élève de Pierre Lachièze-Rey – normalien, agrégé de philosophie, Henri Maldiney a connu en outre l’expérience de l’Oflag : il en rapportera un exemplaire de Sein und Zeit ! Mais comment dire une vie de travail obstiné, la formation d’une pensée qui paraît se développer sur plusieurs versants alors qu’elle se veut résolument une ?

Même si ce n’est pas la solution la plus heureuse, restant fatalement extérieure, une possibilité consiste à dire ici quelques-unes des rencontres qui furent pour lui décisives et, à l’origine, de longues amitiés. Jacques Schotte (que l’on peut considérer comme le plus ancien de ses anciens élèves) lui permettra de rencontrer, en particulier Ludwig Binswanger ( le « père » de la Daseinsanalyse) et Roland Kuhn (qui fut à l’origine de la découverte des effets antidépresseurs de l’Imipramine); avec Oury et Tosquelles ils participeront aux riches débats sur la psychothérapie institutionnelle, Henri Maldiney prenant fermement position contre les thèses de Lacan ; plus tard Schotte favorisera la rencontre avec Gisela Pankow puis avec Leopold Szondi (fondateur de l’analyse du destin) qui s’inscriront dans la même direction : celle d’une anthropologie fondamentale, permettant comme le dit le titre de l’un de ses grands livres de « penser l’homme et la folie ».

Ami des peintres Duvillier, Bazaine et peut-être surtout Tal Coat, Henri Maldiney a, sitôt après la guerre, travaillé avec Georges Duthuit. C’est cette proximité qui lui permet non pas, comme beaucoup prétendent le faire, parler de la peinture mais, selon l’expression de Jean Bazaine, « parler peinture »… ajoutant parfois : « comme un peintre peut en parler ».

Ami de longue date de Francis Ponge ( au travail de qui deux de ses ouvrages sont consacrés), Henri Maldiney deviendra celui d’André du Bouchet – de nombreux textes de l’un et de l’autre témoignent de leur dialogue.

Dans l’un de ses derniers ouvrages, François Cheng, pour sa part, parle de son « maître et ami Henri Maldiney »; ils ont eu plus d’une fois l’occasion de vérifier leurs convergences de vues tant sur la peinture que sur la poésie chinoises.

Il faudrait ajouter à ces noms ceux de quelques guides de haute montagne s’adressant à lui comme à un des leurs. Henri Maldiney, alpiniste, a fait de la Barre des Ecrins un de ses “hauts lieux”.

Toujours est-il que quel que soit le prestige qu’on accorde aux porteurs de ces noms propres, Henri Maldiney – quel qu’ait été le terrain de leur rencontre – a toujours été avec eux de plain-pied.

C’est finalement au plan philosophique que Henri Maldiney peut paraître le plus seul. On peut facilement dire de lui qu’il est phénoménologue, mais encore faudrait-il reprendre à sa suite la question qu’il a posée un jour : Vers quelle phénoménologie (de l’art) ? Son débat avec Heidegger, aujourd’hui encore, n’a pas de cesse. Sa gratitude à l’égard de l’homme Ricoeur n’est pas la marque d’une véritable proximité intellectuelle. Finalement, ses véritables contemporains sont les Grecs (il est grand connaisseur de leur langue) – à commencer par les Présocratiques.

Pensée en marche, pensée en marge, la pensée de Maldiney est aujourd’hui reprise, traduite par de nouvelles générations de chercheurs – tant à l’étranger qu’en France. Il arrive toutefois qu’à vouloir la traduire on coure le risque de la trahir. En revanche nous sommes nombreux à considérer que les voies qu’elle ouvre méritent toujours d’être reprises.

Jean-Pierre Charcosset, Président de l’AIHM

=> Pour en savoir davantage sur Henri Maldiney, on pourra consulter avec profit le site de l’Association Internationale qui les est consacré : http://maldiney.wordpress.com/maldiney/

Pour obtenir les ouvrages de Henri Maldiney

Regard parole espaceHenri Maldiney

Regard Parole Espace

L’âge d’homme, Lausanne 1973

Depuis 1973, date de la publication du premier livre d’Henri Maldiney, sa pensée, d’oeuvre en oeuvre, ne cesse de faire voir le réel comme ce qu’on n’attendait pas. Le moment est donc venu, recueillant la diversité des textes, de déployer l’unité de cette pensée. Telle est la vocation de ces Oeuvres philosophiques. Regard Parole Espace, paru pour la première fois en 1973, rassemble une série d’essais rédigés, pour les plus anciens, dès le début des années 1950. Qu’ils portent thématiquement sur la peinture ou sur la psychiatrie, tous ont pour foyer central le souci de penser notre ouverture au monde à partir du sentir et de sa nécessaire spatialisation, là où la parole s’enracine. Il résulte d’une telle approche, se dressant contre toute tentation objectivante pour faire droit à la question de la forme et du rythme dans ses différentes manifestations, un renouveau de la phénoménologie. C’est pourquoi ce livre d’Henri Maldiney, très vite devenu un ouvrage de référence, s’est imposé d’emblée comme une radicale méditation de l’existence et de ses épreuves. Le lecteur trouvera, dans cette nouvelle édition, les reproductions de quelques oeuvres d’art abordées par l’auteur.

 

Penser l'homme et la folieHenri Maldiney

Penser l’homme et la folie

Editions Jérome Millon 1991

 

Penser l’homme et la folie : dans ce recueil d’études où s’est condensée, au fil des dernières années, sa réflexion, Henri Maldiney se propose de penser ensemble l’énigme de l’humanité et l’énigme de la « catastrophe » qui survient à certains d’entre nous. Double décentrement de la pensée, qui la met à la fois hors de l’anthropologie, fût-elle philosophique, et de son envers dans les théories psycho-pathologiques. Double décentrement où s’éprouvent donc au mieux la tradition philosophique et en particulier celle qui est issue de Heidegger et la tradition de la Daseins-analyse et de la Schicksalsanalyse, telle qu’elle est représentée par Binswanger, Straus. Minkowski, von Weizsücker et Szondi.
Dans une démarche authentiquement phénoménologique, où il s’agit de retourner à la « chose même » de l’humain et de la folie, de penser en va-et-vient de l’énigme à penser à ce qui en a été dit, Henri Maldiney dégage, par sa conception toute nouvelle de la transpossibilité et de la transpassibilité, une « compréhension » globale du phénomène humain qui le rend moins intraitable que par le passé. Le « séisme » de la folie, montre-t-il, vient d’un énigmatique court-circuit de la transpossibilité et de la transpassibilité, qui est seul propre à les mettre véritablement en relief comme la dimension profonde et cachée de notre expérience : celle de l' »événement » ou de l’émergence du nouveau, de la surprise de l’inattendu. La transpassibilité est une « possibilité » qui nous excède, en ce qu’elle fonde toute possibilité pour nous d’exister, parce qu’elle est en deçà de tout projet, transpossibilité de l’accueil – et de l’accueil transpassible -, y compris de l’accueil par nous-mêmes, de nous-mêmes. « Le réel répète Henri Maldiney comme un leitmotiv qui traverse tout l’ouvrage-, est toujours ce qu’on n’attendait pas ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :