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John White. La philosophie comme ce qui nous prépare à mieux faire face à la vie

Posted by Hervé Moine sur 7 août 2012

John White 1945-2012

« Bonjour, je suis marié, père de trois enfants et deux petits enfants. J’ai été professeur de philosophie pendant 37 années dans un Cégep. Je vois la philosophie comme un moyen de s’attarder aux réalités de tous les jours avec un regard qui part de plus haut : en essayant de les comprendre, voir les principes sous-jacents qu’elles impliquent. De plus, la philosophie nous prépare à la vie, à mieux y faire face. Depuis toujours j’ai un grand désir de comprendre l’être humain et ses comportements. Vous avez là les grands thèmes de ma réflexion soit l’être humain, son comportement, les grandes idées sous-jacentes dans les débats de société. Je dois ajouter que suis un catholique sincère et éclairé (du moins je l’espère), très confortable avec sa foi. Dans les textes que je vous présente j’aime partir des faits, de l’expérience et non de théories philosophiques. J’apporte généralement quelques arguments simples pour appuyer ce que j’avance. Je ne prétends pas posséder la vérité, mais je crois cependant qu’elle existe. Elle s’impose d’elle-même avec autant de force que de douceur au terme d’une recherche sérieuse. Je vois les échanges comme un moyen de mettre en commun nos observations pour se rapprocher de cette vérité que nous cherchons tous. »

C’est ainsi que John White se présente sur son blog : http://philo-pratique.net/

John White est décédé le 15 janvier dernier, à l’âge de 77 ans des suite d’une longue maladie, une tumeur au cerveau. Il a laissé un ouvrage avant de mourir un ouvrage qui est « un héritage à la fois spirituel et positif qui fera du bien et mettra un peu plus de lumière sur le chemin de la vie » (note de l’éditeur).

Livre Volontairement bonJohn White

Volontairement bon

Petites histoires philosophiques

Chez Publistar

Un ouvrage contre la morosité

Volontairement bon, un titre qui transforme la formule socratique « nul n’est méchant volontairement »

C’est au moment de déposer son manuscrit final à l’éditeur que John White meurt. Cet ouvrage de philosophie pratique, destiné au grand public ou pour des lecteurs en quête de texte pouvant les inspirer à sortir de la pensée morose, constitue en quelque sorte son héritage.

Dans Volontairement bon, John White raconte les effets néfastes de s’attarder au mal, pour souligner ensuite l’élan fondamental de l’être humain vers le bien.

L’auteur mêle à des éléments philosophiques un retour sur les épisodes d’une vie bien menée, la sienne. Aujourd’hui, affirme-t-il, nous avons tendance à broyer du noir car nous faisons face à des idées reçues persistantes : l’égoïsme des uns, la paresse des autres.

Se sachant atteint d’une maladie incurable, John White aurait été en droit de sombrer dans la déprime. Il a écrit plutôt un témoignage qui prône la générosité, en reconnaissant qu’il ne verra probablement pas paraître son livre.

Volontairement bon est à paraîtreprochainement.

Un extrait de Volontairement bon de John White

Les effets de l’euthanasie sur les proches

Texte de John White, écrit sur son blog, le 25 mars 2011

http://philo-pratique.net/2011/03/les-effets-de-leuthanasie-sur-les-proches/

L’euthanasie est un sujet complexe qui peut être abordé sous différents angles. Il faut le considérer d’abord en soi au niveau des principes qui le sous tendent, dans son rapport avec celui qui en fait la demande. Il y a aussi l’angle plus secondaire quoique réel de son impact sur les proches. La mort est un acte ayant une portée sociale, on ne peut faire l’économie de cette dimension.

Bien que nous soyons certains de mourir, nous ne savons pas quand la mort se présentera. Nous ne sommes pas maîtres du moment de notre mort. Tant mieux! En ne choisissant pas le moment, nous ne sommes pas responsables de la peine que nous causons à nos proches. En effet, il est déjà difficile de voir partir un proche, il est encore plus difficile de l’accepter lorsque cette mort est volontaire. L’euthanasie va à l’encontre de l’amour naturel de la vie. Elle trouble les proches qui comme dans le cas du suicide se questionneront longtemps sur la pertinence de ce choix, sur ce qu’ils auraient pu faire pour l’éviter. Étant en contradiction avec l’amour naturel de la vie les proches ne peuvent s’empêcher d’y voir une forme d’abandon : «nous n’étions pas assez importants à ses yeux pour qu’il reste avec nous, sa douleur comptait plus que nous».

Émus par ce choix ils commenceront, même, à douter de leur propre capacité de surmonter les épreuves : «si lui n’a pas été capable, pourquoi moi je le serais». Voilà pour le plan individuel. Au plan social, d’observer les couples se faire et se défaire a engendré à la longue une génération doutant de sa capacité de réussir la vie de couple. Est-ce que de voir de plus en plus d’adultes faire appel à l’euthanasie, en plus de l’effet d’entraînement, ne risque pas d’ébranler la confiance que chacun se doit de posséder pour faire face aux grandes épreuves de la vie?

Le suicide est généralement causé par un mal de vivre. L’expérience nous apprend que ce type de peine est difficile à maîtriser, d’où un mélange de tristesse et de compassion envers le suicidé. L’euthanasie concerne davantage une douleur physique. Il existe plusieurs remèdes pour la soulager et un art de vivre pour l’apprivoiser. Si les proches peuvent compatir à la douleur, ils ont cependant beaucoup plus de difficulté à vivre avec l’image d’un des leurs qui a démissionné devant la souffrance. En plus de décevoir, il envoie le message qu’il ne vaut pas la peine de lutter. En contrepartie, lorsqu’un des leurs a lutté contre une longue maladie les proches affirment fièrement que c’était un battant, qu’il a combattu avec courage, qu’il s’est tenu debout jusqu’à la fin.

Celui qui a recours à l’euthanasie se rend-il compte qu’il met un fardeau supplémentaire sur les épaules de ses proches, alors que par sa mort naturelle il n’en n’est rien? Est-ce vraiment la façon la plus digne de mourir que de faire vivre cela à ceux qui restent? D’autre part, peut-on comme pays favoriser une législation qui aura pour effet de troubler, d’insécuriser et de nourrir le sentiment d’abandon de ses citoyens?

Pourquoi attendre sa mort naturelle même si c’est douloureux? Par amour pour les siens. Pour semer la paix plutôt que de les troubler par un choix en contradiction avec l’amour de la vie, par notre exemple conforter leur courage dans les épreuves qui les attendent et montrer à quel point on tient à eux.

Une Réponse to “John White. La philosophie comme ce qui nous prépare à mieux faire face à la vie”

  1. Younis said

    Le refoulé originaire
    Très chers camarades,
    Bonjour.
    Œdipe n’a pas seulement tué son père et épousé sa mère : il a aussi tué sa mère ! Œdipe est aussi « coupable » de la mort de sa mère : n’est-ce à cause de lui que sa mère s’est suicidée ? Mieux : je crois que la corde avec laquelle Jocaste s’est pendue symbolise le cordon ombilical, que le mot « coupable » provient du verbe couper et du suffixe able et signifie donc : « qui peut être coupé », que mon sentiment de culpabilité s’origine dans la coupure de mon cordon ombilical, car l’enfant croit (et il en a raison !) qu’on lui a coupé le cordon en punition des horribles douleurs qu’il a causées à sa mère en naissant, ― que toute religion ne tend, au fond, qu’à la ligature du cordon ombilical (le mot religion vient du verbe latin religare qui signigife relier) ― et que mon « refoulé originaire » est le désir de relier le cordon ombilical par peur de la mort, car l’enfant sait que les morts ne respirent pas et il croit que, pour ne jamais mourir après l’arrêt de son souffle, il lui suffirait de relier son cordon et laisser sa mère respirer à la fois pour elle et pour lui. Mais l’enfant qui est en moi m’a aussi dit qu’il se sent « coupable » d’avoir non seulement fait souffrir, mais d’avoir même tué un très grand nombre de ses arrières grand-mères qui sont mortes en accouchant, car, anciennement, beaucoup de femmes mouraient en couches…
    Je suis parvenu à ces découvertes grâce à une sorte d’auto-analyse du mythe de la chute d’Adam et Ève, analyse pénible et laborieuse qui a duré plusieurs mois et qui m’a révélé, entre autres, que le « sage » serpent de la Genèse symbolise le cordon ombilical et la sage-femme et le souffle (sifflement), ― et que la pomme d’Adam et Ève symbolise le nombril qui ressemble parfaitement au trou d’où sort le pédoncule de la pomme (voir photo ci-joint).
    Telles sont quelques unes des idées principales de mon livre Psychanalyse de la Bible qui vient d’être publié chez Edilivre et qui est désormais disponible sur les sites http://www.edilivre.com et http://www.rueducommerce.com , et bientôt sur http://www.amazon.fr et chez beaucoup d’autres libraries en France et au Liban.
    Dans ce livre, mes idées sont argumentées avec des preuves que je permettrai de qualifier d’incontestables, preuves tirées d’innombrables auteurs anciens et modernes dont Hugo, Kafka, Freud, Nietzsche, et Platon qui, dans Le banquet, dit que notre ombilic est le souvenir de notre coupure, par Zeus, en « deux moitiés », en punition de notre faute originelle…
    Vos commentaires sur cet e-mail sont les bienvenus.
    Bien cordialement
    Nabil Younis
    Remarque : pour des raisons commerciales, mais aussi scientifiques, il m’importe de préciser que je suis libanais né de parents chrétiens grecs orthodoxes…

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