Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Archive for novembre 2013

Un doodle de Google pour Camus le centenaire

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2013

Il y a 100 ans naissait Albert Camus

Il n’y aura pas de célébrations officielles et nationales à l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus, en revanche, à sa manière on ne manquera pas d’avoir une petite pensée pour lui si l’on va sur la page du célèbre moteur de recherche.

 

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Hermès, une nouvelle collection pour de grandes oeuvres

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2013

Les cours d’Ellipses, pour une philosophie vivante

Propos recueillis par Henri de Monvallier, publié le 06/11/2013 dans Le Monde des Religions

Les éditions Ellipses lancent en cette rentrée une nouvelle collection, « Hermès », proposant la transcription de leçons orales de philosophes pour s’initier aux grands auteurs et aux grandes œuvres de l’histoire de la philosophie. Son directeur, Thibaut Gress, docteur en philosophie et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur Descartes, est aussi le créateur et rédacteur en chef du site internet Actu Philosophia. Il répond à nos questions. 

Quelle est votre intention en proposant cette nouvelle collection ?

Il s’agit de remettre au goût du jour ce qui fut, à mes yeux, l’honneur de l’édition philosophique française, à savoir la publication de cours de grande qualité ; songeons par exemple aux remarquables Leçons de métaphysique allemande du regretté Jacques Rivelaygue (1936-1990) ou encore aux leçons de Ferdinand Alquié (1906-1985) consacrées à Descartes et à Spinoza, qui ont éclairé de nombreux étudiants. En essayant donc de reprendre cette belle tradition, nous souhaitons réaliser deux objectifs. D’une part aider les étudiants à entrer dans des œuvres ou des thématiques majeures de l’histoire de la philosophie à partir de l’enseignement oral souvent plus clair que le seul écrit : cette oralité est prise dans la nécessité de s’adresser à un public immédiatement présent, à l’inverse de l’écrit où l’auteur n’affronte pas directement son lecteur. D’autre part, il nous paraît important de garder une trace de ces grands cours ayant marqué beaucoup d’étudiants, et nous essayons, modestement, d’y contribuer.

Pourriez-vous nous indiquer quels sont les autres titres à venir ?

Parmi les titres à venir, figurent un cours sur le rationnel et l’irrationnel, un sur Berkeleyun autre sur Gilles Deleuze, un enfin sur l’Éthique à Nicomaque d’Aristoteainsi qu’un cours sur Nietzsche qui, je le pense, fera date.

Vous signez vous-même le premier volume, consacré aux Méditations métaphysiques de Descartes. Les leçons que vous proposez ont pour fil rouge « Baroque et art d’écrire », un axe d’interprétation assez nouveau. Pourriez-vous résumer votre démarche ?

Descartes est un auteur associé à l’idée de classicisme, c’est-à-dire de rigueur, de clarté et d’ordre. S’il fallait en donner une métaphore esthétique, je dirais qu’on pense ses écrits comme une sorte de ligne droite et ferme, rationnelle et résolue. Je ne conteste nullement cette analyse pour l’essentiel de ses œuvres mais il m’est apparu que les Méditations faisaient exception à ce schéma-là : elles mettent en effet en scène une sorte de théâtre baroque où le sinueux et le serpentin se substituent à la ligne droite ; Descartes y défend le doute, risque d’y être absorbé, avance, fait un pas de côté, revient en arrière, contourne, puis effectue de fulgurantes percées à la manière de ces coupoles baroques traversant les nuages pour découvrir Dieu, que semble imiter la troisième méditation. À cela s’ajoute le fait qu’à partir de la quatrième méditation se dévoile un nombre croissant d’incongruités, voire de raisonnements maladroits, qu’il serait délicat d’interpréter comme involontaires de la part de Descartes : je fais donc le pari qu’il s’agit de maladresses volontaires destinées à indiquer au lecteur qu’un double sens structure le texte, notamment autour de la question de la bonté divine. Je défends la thèse selon laquelle Descartes ne croit pas à cette bonté, non pas parce que Dieu serait mauvais mais parce qu’Il serait par-delà la question morale, et indifférent de ce point de vue à la créature humaine. Mais cela, Descartes ne pouvait pas l’écrire clairement : il l’a alors indiqué à mots couverts, en usant de son art d’écrire.

À qui s’adresse votre collection ? Au grand public curieux de découvrir un auteur ou une œuvre à partir d’une suite de leçons méthodiquement organisées ? Ou bien à ceux qui connaissent déjà les auteurs ou les œuvres et veulent approfondir leurs connaissances ?

Je crois que cette collection s’adresse à tous les publics que vous mentionnez. Elle constitue d’abord un outil pour les étudiants qui, déjà familiers de la philosophie, pourront parfaire leur connaissance de tel ou tel auteur en compagnie d’un spécialiste reconnu. Mais, dans la mesure où nous avons privilégié la clarté et la pédagogie inhérentes à l’oralité, ces leçons s’adressent également au grand public soucieux de découvrir la philosophie dans un cadre rigoureux : nous avons pour cela réduit les notes de bas de page qui jalonnent les éditions scientifiques sans que l’ouvrage ne succombe pour autant au survol ni à l’imprécision. J’ajoute que, loin d’être impersonnelles et froides, ces leçons portent la marque singulière de leur auteur et constituent également des interprétations fermes et originales des philosophes abordés qui intéresseront aussi les spécialistes. Ainsi Gaspard Koenig n’hésite-t-il pas, par exemple, à comparer Gilles Deleuze à l’anarcho-capitalisme américain, ce qui brise la vulgate contemporaine et ajoute à la grande pédagogie de ses cours un fil interprétatif fort et novateur.

À découvrir dans la même collection :

  • Rosleyne Dégremont, Leçons sur la philosophie de Berkeley.
  • Gaspard Koenig, Leçons sur la philosophie de Deleuze.
  • Jérôme Laurent, Leçons sur l’Éthique à Nicomaque d’Aristote.

 

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Alain et les philosophes face à la Grande Guerre

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2013

« Alain et les philosophes face à la Grande Guerre »
Mardi 19 novembre 2013
10h30-16h15

Journée organisée par Natalie Depraz,
avec le soutien d’Emmanuel Faye et d’Annie Hourcade,

en partenariat avec l’Institut Alain, Les amis d’Alain et Les amis du Musée Alain et de Mortagne

Université de Rouen, MDU, Salle Divisible Nord

Alain, Emile Chartier

Alain, Emile Chartier

Au programme

  • Pierre Heudier, vice-président de l’association Les amis d’Alain, « Alain : l’engagement d’un pacifiste. Lecture de textes »
  • Cécile-Anne Sibout, maître de Conférence en histoire contemporaine à l’Université de Rouen, « Un citoyen pacifiste mais patriote face à la guerre : l’engagement volontaire d’Alain en 1914 »
  • Natalie Depraz, Professeure de philosophie à l’Université de Rouen, « Alain face à Husserl et à Bergson : quel engagement ? Variations sur des positions philosophiques »
  • Thierry Leterre, professeur de Science Politique à Miami Ohio, président de l’association Les amis d’Alain, « Comment dire la guerre ? »

Présentation d’ensemble de la journée

La présente journée se situe dans le cadre d’un projet de recherche centré sur la figure d’Alain et son rôle dans l’enseignement de la philosophie, son inscription dans la philosophie française, dans l’histoire du début du XXème siècle, à la fois locale et globale, ainsi que dans sa réception littéraire dans les pays européens limitrophes.
Notre « propos » dans le cadre de cette troisième rencontre est de mettre en exergue la spécificité de la position d’Alain face à la Grande Guerre, en la situant dans le contexte de l’époque, aussi bien d’un point de vue historique que philosophique.
Aussi sera-t-il prioritairement question durant cette journée de faire ressortir la conception de la Guerre que se fait le philosophe Alain, pour lui-même et par rapport à d’autres philosophes de chaque côté du Rhin, mais aussi le sens de son engagement concret durant le premier conflit mondial, ce qui permettra de mesurer également la position respective de ses contemporains au même moment.

Résumés des Conférences

Pierre Heudier : « Alain : l’engagement d’un pacifiste. Lecture de textes »

La position d’Alain avant, pendant et après la Grande Guerre : lecture commentée de textes-clé (Propos de 1913 sur la loi des 3 ans, ou sur la montée des périls en Europe, extrait de sa correspondance ; célèbre Propos « Massacre des meilleurs » ; chapitres de Mars (Le trou, le cadavre…)

Cécile-Anne Sibout : « Un citoyen pacifiste mais patriote face à la guerre : l’engagement volontaire d’Alain en 1914 »

Dans ses Propos (publiés à Rouen dès 1903), Alain soutient fréquemment des positions antimilitaristes, voire pacifistes, surtout à partir de 1911, moment de la crise d’Agadir et plus encore après 1913, quand une loi allonge le service militaire à 3 ans. L’armée est pour lui une institution antidémocratique. Quant à la guerre, Alain la définit comme une explosion de passions à la fois basses et folles. Pourtant en août 1914, le philosophe de 46 ans s’engage volontairement dans le service actif. L’exposé tentera d’expliquer ce qui peut apparaître comme une contradiction, mais qui a constitué un acte réfléchi de sa part.

Natalie Depraz : « Alain face à Husserl et à Bergson : quel engagement ? Variations sur des positions philosophiques »

Au fil de l’examen des attitudes des trois philosophes avec la guerre, je voudrais m’attacher à identifier les modalités spécifiques du conflit personnel que le conflit historique suscite en eux. Comment un événement de cette ampleur engendre une collusion pour la pensée et brise le rythme de sa temporalité continue, comment la guerre s’inscrit dans une dynamique interne qui la précède et produit des effets en termes tout à la fois de prises de conscience mais aussi de rationalisations. Du vécu de la guerre à sa réflexivité dans l’après-coup, que se passe-t-il ? Lucidité, tragique et non-savoir tissent ensemble des modes de conscience, qui caractérisent chacun à leur tour ces philosophes à mesure de l’irruption du non-sens dans une conscience hantée par sa brisure interne et par ce qu’il faut bien appeler avec la guerre une « mauvaise surprise ».

Thierry Leterre : « Comment dire la guerre ? »

Contrairement aux philosophes de sa génération, et à la plupart des intellectuelles et intellectuels s’exprimant sur la question de la guerre, Alain n’est pas un philosophe « face à » la guerre : c’est un philosophe « en » guerre, qui possède une expérience directe du combat. Cette situation inédite est encore renforcée par sa position d’homme de troupe, au bas de l’échelle d’une hiérarchie militaire particulièrement brutale. Pour Alain, l’expérience de la guerre est donc double. C’est l’expérience du danger au combat, mais aussi l’expérience de « l’esclavage militaire ».

Mais la guerre n’est pas seulement une expérience ; c’est aussi une série de questions tragiques pour le philosophe. L’une d’elles est particulièrement angoissante. A la guerre, et précisément dans cette guerre dont l’organisation systématique est particulièrement impressionnante, Alain fait l’expérience de ce qu’on pourrait appeler l’absolu antiphilosophique. La guerre, et particulièrement la guerre de 1914-1918, par son absurdité, par son ampleur, par la pression idéologique inédite du « bourrage de crâne », est autant un massacre d’hommes, qu’un massacre d’idées. Dès lors, Alain retrouve avec une intensité sans égale un problème de l’expression sur lequel il bute depuis ses premiers écrits : comment prendre la parole ? Qu’est-ce que l’énonciation d’une philosophie ? Ces interrogations sont redoublées à la fois parce qu’il est hanté par le silence qui happe les anciens combattants qui ne trouvent pas les mots pour dire l’horreur à laquelle ils ont survécu, et parce qu’il cherche à dépasser « l’anecdote » des souvenirs d’ancien combattant. Ultimement, la première guerre mondiale confronte Alain à la double énigme du sens philosophique de l’expérience personnelle, et du sens philosophique de l’anti-philosophie.

Programme PDF : Alain et les philosophes face à la Grande Guerre

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Les supports collectifs dont l’individu a besoin

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2013

FabienneBrugère

La politique de l’individu

Collection La République des Idées

Seuil(octobre 2013)

Se procurer l’ouvrage de Fabienne Brugère La politique de l’individu

C’est entendu : nous vivons dans une « société d’individus ». Mais on peut entendre ce diagnostic de deux manières. D’un côté, l’individu serait un être absolument indépendant par rapport aux appartenances collectives; de l’autre, il sacrifierait au culte du moi et au narcissisme. Dans ces deux formes d’individualisme négatif, le sujet n’accepte rien à part lui-même. C’est évidemment un leurre, car l’individu en société ne « tient » pas tout seul. Une politique de l’individu doit donc passer par le soutien, au niveau des politiques tant publiques que locales. Plus fondamentalement, la question du lien social doit devenir un objet politique, afin que les capacités de chacun et la protection de la vulnérabilité soient prises en compte dans la définition du bien-être collectif.

Se procurer l’ouvrage de Fabienne Brugère La politique de l’individu

L’auteur

Fabienne Brugère est une philosophe française spécialisée en histoire de la philosophie moderne (XVIIIe siècle), en philosophie morale et politique, et en philosophie anglo-américaine. Elle est actuellement professeur à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, et a publié de nombreux ouvrages, dont Le Sexe de la sollicitude (Seuil, 2008) et Dictionnaire politique à l’usage des gouvernés (collab., Bayard jeunesse, 2012).

Se procurer l’ouvrage de Fabienne Brugère La politique de l’individu

Fabienne Brugère, philosophe : “L’individu a besoin de supports collectifs”

Article de Jean-Marie Durand, le 6/11/2013 dans Les Inrocks

Voir l’article dans Les InRocks

Dans son ouvrage “La politique de l’individu”, la philosophe Fabienne Brugère réfléchit à un individualisme positif, et imagine des dispositifs politiques permettant d’émanciper les individus.

Fabienne Brugère, philosophe, enseigne à l’université Bordeaux III. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur l’esthétique et la philosophie politique, mais elle est aussi un intellectuelle impliquée dans la cité. Proche de Martine Aubry – elle a travaillé avec elle sur la notion du “care”, l’éthique du soin –,  elle n’hésite pas à confronter ses recherches théoriques et philosophiques à l’action politique et sociale. Dans son nouveau livre La Politique de l’individu, s’appuyant sur les travaux de sociologues comme Robert Castel, elle propose une nouvelle définition de l’individualisme, dépassant le narcissisme et le repli sur soi de la vision néolibérale, et imagine des outils politiques qui favoriseraient l’implication et la protection de l’individu moderne dans la collectivité.

La notion d’individualisme reste souvent mal définie. Quelle définition en donnez-vous ?  

BrugèreFabienne Brugère – Ce livre procède d’une analyse des diverses formes de l’individualisme : l’individualisme néolibéral fondé sur l’image de l’individu performant et riche ; l’individualisme moral qui pose le soi comme valeur indépendante des relations sociales ; un troisième qui consacre le culte de soi, le narcissisme, théorisé par Christopher Lasch ; et puis un quatrième, la société des modes de vie, avec pour slogan, “cultivons notre jardin” : on y privilégie des relations choisies (amis, collègues) sur le mode de l’élection. Cette société des modes de vie est particulièrement forte en France où l’on parle souvent d’un bonheur privé et d’un malheur public.

Pourquoi invitez-vous à dépasser ces quatre usages courants de l’individualisme ?

A partir de cet inventaire des diverses formes de l’individualisme, j’ai construit un autre usage de l’individu, qui passe par une politisation de la question de l’individu, à comprendre en même temps comme une politisation de la philosophie. Le titre doit beaucoup de ce point de vue à l’histoire magistrale de l’individu par Robert Castel, à travers ce qu’il a appelé d’abord “la première modernité” aux XVIIe et XVIIIe siècles : le moment où l’individu commence à se constituer politiquement à travers la question du droit à la propriété. Cette première modernité laisse pourtant de nombreux individus en dehors du filet des protections politiques : c’est alors que se joue la deuxième modernité qui attribue des droits sociaux, crée un système de protection de tous les citoyens. Mais cette deuxième modernité s’est aussi effilochée : beaucoup d’individus n’entrent plus dans les grilles définies par les droits sociaux de l’Etat-providence. Le chômage et la précarité de masse, mais également les transformations de la famille, font vaciller une identité de l’Etat-providence. Une troisième modernité est en train de s’inventer. Comment la transcrire politiquement ? L’individu a besoin de supports collectifs qui facilitent l’accomplissement de sa vie.

Etes-vous surprise par l’aveuglement de nombreux citoyens qui revendiquent leurs libertés et s’élèvent en même temps contre tout principe d’intervention collectif, comme l’éclaire le sempiternel débat sur la fiscalité ?

C’est un mauvais usage de la liberté, et en même temps un ras-le-bol face à une société bloquée. Beaucoup d’individus ne comprennent plus en quoi ils se rattachent à un collectif, en quoi ils sont reliés aux autres. Je défends une conception autre de l’individu. Tout d’abord, l’individu est un être relationnel et nous sommes de plus en plus dans une société de relations avec toutes les interdépendances qu’elle implique, bonnes et mauvaises. La question est : comment développer des relations satisfaisantes ? Je pense aux travaux de Pierre Rosanvallon et à son livre La Société des égaux ; je pense aussi à Patrick Chamoiseau et à Edouard Glissant, à leur définition de l’identité relationnelle. Quand on défend cette conception de l’individu relationnel, on pose une évolution dans la compréhension de la République française. Je défends un universel de la distinction.

Comment expliquer l’incapacité de la gauche à penser cette question de “l’égaliberté”, théorisée par Etienne Balibar ?

Il y a bien dans la tradition intellectuelle de la gauche une histoire de la conciliation de la liberté et de l’égalité. La Révolution française, si elle a pensé les deux, a échoué sur quelques points : sur le droit de vote par exemple, la Constituante a exclu les femmes et les esclaves. Mais il y a une prise de conscience de cette question de la conciliation dans la pensée philosophique contemporaine ; je pense à Balibar mais aussi à la théorie des capabilités d’Amartya Sen et de Martha Nussbaum, qui est précisément une tentative de définir une liberté positive, qui soit pour tous, qui mette tout le monde à égalité dans les moyens à sa disposition. Il faut penser une liberté d’accomplissement dans les politiques publiques. On a assimilé ces dernières années la conception de l’individu à celle de l’individu néolibéral. Or, l’individu se réalise à partir de supports, à travers des politiques à différentes échelles qui le construisent. Ce que la gauche doit penser, c’est l’épanouissement de l’individu hors du marché, en même temps que l’individu dans le marché. Par exemple, l’ouverture des médiathèques et des bibliothèques le dimanche plutôt que celle des hypermarchés.

Certains pointent le risque d’un “paternalisme moral de l’Etat”. Etes-vous sensible à cet argument ?

C’est une question importante ; la troisième modernité à laquelle je m’intéresse est associée à l’idée du soutien qui est une inflexion de la protection, plutôt un accompagnement et sans jugement moral. Mon idée est de penser un autre type d’Etat social que l’Etat paternaliste, qui est un risque de l’Etat-providence. Une nouvelle modernité, qui serait celle du soutien, ce sont des politiques d’accompagnement qui ne sont pas à visée verticale ; elles ne s’adressent pas à des catégories mais à des individus, pas à des histoires interchangeables qu’il faut faire entrer dans des cases mais à des vies à construire à travers un ensemble d’épreuves. Cela suppose de ne pas penser l’Etat tout seul, mais avec la société et un véritable pouvoir des différents acteurs du monde social. Ce qui veut dire concrètement que l’Etat doit être ouvert, que les citoyens, dans des cadres légaux beaucoup plus larges, doivent être écoutés. Le soutien, c’est faire travailler l’Etat avec la société, c’est continuer à donner du pouvoir à la société.

Comment percevez-vous la crispation du débat public en France ?

La France est partagée entre un pays ouvert et un pays fermé, partagée entre une politique de l’individu et de l’égaliberté et une politique de l’identité. On l’a bien mesuré à l’occasion du mariage pour tous. C’est vrai que le côté identitaire frappe plus parce qu’il a mis au point son arsenal idéologique ; il y a un risque à ce qu’il gagne encore plus de cerveaux car c’est lui qui arrive à frapper et à fabriquer un imaginaire. Le problème de l’autre côté, c’est qu’il est enfermé dans des politiques technocratiques qui ne savent pas ce qu’est l’imaginaire et qui ne parlent que de chiffres. Il manque actuellement des symboles, des récits. Ils sont à inventer au nom du progrès. La gauche devrait avoir en tête que la politique n’est pas seulement une affaire d’ingénieurs. C’est aussi une affaire d’artistes et d’orfèvres… La démocratie est une affaire de belles formes.

Pourtant, il existe aujourd’hui, dans le monde, un vrai foisonnement d’idées. Comment expliquer cet écart entre la production intellectuelle et l’impuissance politique ?

La production intellectuelle n’est pas atone en effet. Mais on souffre d’une absence de circulation d’un milieu à un autre. Chaque milieu est replié sur lui et produit ses propres normes et conduites ; en France, cela circule mal entre les sphères de vie, de travail. Du coup, on observe des identités de repli, pas du tout du côté d’une évolution des valeurs, d’une pluralité des voix, d’une compréhension de la République comme une démocratie.

Jean-Marie Durand

Fabienne Brugère, La Politique de l’individu (Seuil, La République des idées)

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Une mine pour les professeur de philosophie

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

Le Portique, une revue de philosophie et sciences humaines accessible en ligneLe Portique

Revue dédiée à la philosophie

http://leportique.revues.org/index.html

Tous les anciens numéros en accès libre.

Le Portique, une revue dédiée à la philosophie et aux sciences humaines, propose sur son site l’intégralité des articles de ses numéros deux ans et demi après sa parution papier. Aux 17 numéros actuellement disponibles, s’ajoute le Portique, une version électronique qui présente « des textes et des travaux inédits ou intéressant l’actualité récente qui peuvent rencontrer rapidement les attentes des chercheurs.». Une mine de ressources pour les professeurs de philosophie ou toute personne désireuse de s’initier à cette discipline.

Les premiers numéros présentent deux rubriques : Études (réunissant les articles) et Lectures (consacrée aux recensions, notes de lecture ou travaux bibliographiques) ;  les suivants portent sur un thème particulier : « Soin et éducation » et « Altérités, identités».

Le site comporte également une rubrique d’archives contenant des résumés de thèses et des publications antérieures.

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Cycle de conférences Entrer en « raisonnance » Saison 2013-2014

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

Université Catholique de Lyon

Communiqué le 06/11/2013

Le cycle de conférences créé en 2012 par la Faculté de Théologie et la Faculté de Philosophie de l’Université Catholique de Lyon, revient pour une deuxième édition. Pour cette année ce cycle propose un regard croisé grâce à des approches riches et variées : spiritualité, littéraire et artistique, scientifique et éthique, sciences du langage et informatique, science et foi. Les chercheurs rendent ainsi accessible, à tous, leur travail.

Pour cette nouvelle saison 6 dates à retenir, trois pour la Faculté de Théologie et trois pour la Faculté de Philosophie. Pour la théologie le 14 novembre 2013, le 13 février et le 10 avril. Pour la philosophie, le 12 décembre, le 20 mars et le 22 mai.
Ces conférences auront de nouveau lieu les jeudis soir à la bibliothèque universitaire du site Bellecour de l’Université Catholique de Lyon, 25 rue du Plat, Lyon 2ème. Cette année un nouvel horaire, de 19h30 à 21h00.

La première conférence du cycle aura lieu le 14 novembre. Elle sera organisée par la Faculté de Théologie et  servira de conclusion à la journée d’étude organisée par le Centre Chrétien pour l’Étude du Judaïsme : Le bonheur dans le judaïsme : bonheur et sagesse.
La conférence peut être suivie indépendamment de la journée d’étude.

Inscriptions pour le cycle entier 20 euros, ou 5 euros par conférence, auprès de la Faculté de Philosophie, philo@univ-catholyon.fr, ou de la Faculté de Théologie, theo@univ-catholyon.fr.

>> Demande de renseignements

En savoir plus : www.univ-catholyon.fr/ecoles-fac-instituts/faculte-de-theologie/le-livre-de-ruth-entre-exegeses-et-representations–1086

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le vrai opus magnum de Heidegger en français

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

MARTIN HEIDEGGER

Apports à la philosophie. De l’avenance

Trad. de l’allemand par François Fédier

Collection Bibliothèque de Philosophie, Série Œuvres de Martin Heidegger,

Gallimard, 2013

Pour se procurer Apports à la philosophie: De l’avenance de Martin Heidegger

Environ neuf ans après la publication d’Être et Temps, entre 1936 et 1938, Heidegger entreprend la rédaction de son second «grand livre», Apports à la philosophie. De l’avenance. Il y travaille environ deux ans, l’achève, puis le range parmi les livres à publier «plus tard». Le moment propice pour la publication ne venant jamais, le philosophe a décidé que ces textes ne devraient paraître qu’après sa mort. Le volume a paru en 1989, pour le centenaire du philosophe.

De quoi s’agit-il avec les Apports à la philosophie ? De continuer ce qui avait été entrepris avec Être et Temps – mais en prenant un tout autre point de départ. Il n’y a de fait, au premier abord, pas la moindre continuité entre les deux livres. Le premier est encore un traité, alors que le deuxième se construit selon une architecture nouvelle et pour le moins originale : huit parties en tout, composées de six fugues, que précède le préalable d’un regard jeté sur l’ensemble et que suit, en une sorte de coda, le bilan récapitulatif qui clôt le livre.

Dans les Apports à la philosophie, Heidegger ne redit plus ce qu’il estime avoir suffisamment exposé et expliqué avec Être et Temps. Il s’agit désormais de ce que l’ouvrage nomme en toutes lettres l’autre commencement.

Loin d’être une mise en cause de la philosophie, le travail de Heidegger peut ainsi être considéré comme l’effort le plus consciencieux pour entériner ce que cette dernière n’a cessé d’être depuis son commencement grec. C’est en ce sens que peut être apporté à la philosophie ce qui manque encore au plein essor de son premier commencement.

Pour se procurer Apports à la philosophie: De l’avenance

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Philo pour tous

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

« Des discussions avisées», se réjouissent les élèves. Photo ER

« Des discussions avisées», se réjouissent les élèves. Photo ER

L’école en marche

La philo en SEGPA

article de Karine FRELIN publié le 5/11/13 dans Vosges Matin

http://www.vosgesmatin.fr/

Faire de la philo avec des classes de Segpa (section d’enseignement général professionnel adapté), Fatima Mammar, professeur des écoles qui enseigne depuis deux ans au collège Vauban, à Belfort, caressait l’idée mais « la philo », pensait-elle, « c’est, dans tous les esprits, lié au bac ». Jusqu’à ce qu’elle découvre les travaux de Michel Tozzi, spécialiste de la philosophie avec les enfants. « On enseigne les savoirs », dit-il, « mais on oublie de se questionner dessus ». Tout naturellement, ces cours informels ont commencé à la fin de l’année dernière : « Les troisièmes se demandaient ce qu’ils allaient faire au lycée et l’un d’eux a répondu : ‘’ De la philo ! ‘’ Pendant une demi-heure, j’ai eu des débats élevés qui ont dérivé jusqu’à la liberté d’agir, on était dans le débat du mariage pour tous. Les élèves se sont réapproprié des notions abordées en éducation civique. Si l’on n’est pas dans l’enseignement professionnel adapté, il y a des questions, très spontanées, qui ne viennent pas. »

Cette année, de la 6e à la 3e , Fatima intègre des « discussions avisées de philosophie » dans ses cours de biologie et de maths. « Ça a du lien et du sens puisqu’on leur pose des questions sur ce qu’on leur donne à apprendre. Et la philosophie, c’est en permanence la recherche de la vérité. » Chez ces élèves qui éprouvent des difficultés de comportement et/ou d’apprentissage, Fatima incite, à partir de phrases, de mots, de textes, à réfléchir mais aussi à travailler l’oral. « La première phrase que j’ai donnée aux 3e en biologie, c’est : ‘’ Tu seras un homme, mon fils’’, de Kipling. Nous devons aborder la génétique, cette phrase va nous suivre toute l’année. »

Pour l’enseignante, le travail de préparation est conséquent, puisque la philosophie, à son niveau, « ne peut devenir une matière propre : c’est pour cela que nous parlons de ‘’ discussions avisées philosophiques ‘’. Mon souci, c’est que je ne suis pas spécialisée en philo. Alors je construis mon bagage seule, et je m’autorise aussi à me planter. »

Karine FRELIN

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Philo en scène. La peur a réuni des enfants philosophes

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

Du théâtre à la philosophie

Publié le 30/10/2013 dans Sud-Ouest, par Christine Ciesielski

Hervé Parpaillon a guidé le public et les enfants dans leur cheminement philosophique.

Ci contre, Hervé Parpaillon a guidé le public et les enfants dans leur cheminement philosophique. (Photo C. C.)

Pour la deuxième édition de Philo en scène, qui a eu lieu vendredi soir à la salle polyvalente de Saint-Émilion, le pôle enfance et jeunesse de la CdC du Grand Saint-Émilionnais jouait cette année à 22, incluant dans l’aventure les quatre centres de loisirs du territoire.

Le principe de la manifestation reste, lui, inchangé. Une pièce de théâtre reprend une thématique particulière, elle est suivie d’une intervention d’Hervé Parpaillon, philosophe, qui amène les enfants et le public à réfléchir sur ce qu’ils viennent de voir, et à dépasser, via des questions, le simple point de vue du spectateur.

« Des amis de la sagesse »

Cette année, Philo en scène s’est penchée sur la peur. La remarquable mise en scène d’Aurélie Giraud, qui travaille avec la compagnie Ad Astra, à Saint-Sulpice-de-Faleyrens, a réussi la prouesse, grâce à des coupures soigneusement amenées, à faire jouer chaque enfant dans la pièce. Le public ne s’y est pas trompé : les spectateurs étaient venus en nombre de Vignonet, Sainte-Terre, Belvès-de-Castillon et Puisseguin. Les enfants ont naturellement pris le relais, de la pièce à la discussion philosophique, devenant, selon les termes d’Hervé Parpaillon, « des amis de la sagesse », tels que l’étymologie du terme « philosophe » les désigne.

Guidé par ce dernier, chacun a découvert les mécanismes de la peur, les façons de l’exorciser, mais a pu aussi s’interroger sur les raisons profondes de ce jeu qui consiste à se faire peur « pour de rire ». Le théâtre, ainsi, retrouvait sa fonction originelle, celle qu’il remplissait dans la Grèce antique, berceau des philosophes : celle d’une catharsis.

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Platon et le Japon s’invitent dans CitéPhilo et sur France Culture

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

CITEPHILO

CITÉPHILO 2013

17ème édition des semaines européennes

de la philosophie

du 6 au 26 novembre 2013

Enregistrement en public des Nouveaux Chemins de la Connaissance d’Adèle Van Reeth diffusion la semaine du 11 novembre à 10h sur France Culture 

Palais des Beaux-Arts – grand auditorium – Place de la République – Lille

Entrée libre

Vendredi 8 novembre 2013

  • 14h à 15h30 : Théorie, réalité, modèle, en présence de l’auteur : Franck Varenne, maître de conférences en philosophie des sciences à l’Université de Rouen et chercheur au Gemass
  • 16h à 17h30 : Le Sophiste de Platon (PUF) , en présence de l’auteur : Fulcran Teisserenc, philosophe

Samedi 9 novembre 2013

  • 13h30 à 15h : La fin de l’impossible. Deux ou trois choses que je sais de Gary (Christian Bourgois), en présence de l’auteur : Paul Audi, philosophe, ancien élève de l’ENS
  • 15h30 à 16h30 : Qu’est-ce que la philosophie japonaise ? avec Yasuhiko Sugimura, philosophe, professeur à l’Université de Kyôto

Dimanche 10 novembre 2013

  • 11h à 12h30 : Le faux en art avec Jacqueline Lichtenstein, philosophe, professeur d’esthétique et de philosophie de l’art à l’Université Paris 4 Sorbonne Pseudo.

Ressemblances et faux-semblants 
Si l’information, les statistiques et les sondages soumettent notre quotidien à un impératif de transparence, c’est pourtant le flou qui règne. Paradoxe d’une société où l’on parle de tout et où tout le monde parle, les discours croisés brouillent les repères tandis que les pseudo-experts jouent de l’imbrication croissante du réel et du virtuel pour mieux générer l’illusion. Dans cette guerre des faux-semblants, la philosophie doit se demander de quel droit et au nom de quoi on parle, tout en sachant reconnaître l’intérêt et la complexité du brouillage évoqué, brouillage aux nombreuses dimensions : – dimension historique d’abord, car si le monde du numérique nous confronte à la démultiplication des pseudos et des faux-semblants, c’est dans la filiation d’une histoire passée au sein de laquelle la réalité des « faits » n’a jamais été séparée de la construction imaginaire des événements. Départager les deux revient à solliciter les travaux des sciences humaines qui s’attardent sur la frontière subtile séparant la subjectivité de la mémoire collective de l’objectivité supposée du réel historique. – dimension méthodologique ensuite, car les pseudo-productions se sont souvent révélées être de vraies ruses, l’authentique ne s’imposant qu’au prix d’un déguisement préalable. La philosophie elle-même n’a cessé d’avancer masquée et de cultiver des formes savantes de duplicité, de l’ironie socratique aux pensées de la déconstruction, des utopies aux avatars littéraires. Nous ouvrir à cet art du faux-semblant nécessite alors un parcours oscillant entre la sémiologie, la philologie et la psychologie. – dimension scientifique enfin, dans la mesure où les artifices de la nature dévoilent une identité mouvante à explorer. La science contemporaine nous accoutume à lire dans les mutations imprévisibles du vivant et les dynamiques chaotiques de la matière l’indice d’une vision renouvelée du réel.

Le Japon, invité d’honneur de Citéphilo 
C’est une banalité de le constater : le Japon fascine. Il nous subjugue comme l’Ailleurs, le Lointain, le Singulier. Les préjugés ne sont pas seuls en cause. Historiquement, le Japon a lui-même cultivé cette singularité en posant son identité de manière défensive, en opposition d’abord à la Chine, puis à l’Occident. Mais quelles qu’en soient les causes, cette fascination est peut-être précisément ce qui empêche de tirer un réel profit du contact avec la culture et la pensée japonaises. C’est pourquoi la démarche de Citéphilo ne sera pas de simple curiosité, ni de seule hospitalité : il s’agira, au sens fort, de penser avec le Japon. Non pas jeter sur lui un regard de badaud ou de spectateur, mais, guidé par ses meilleurs spécialistes, le suivre à travers ses ressources créatrices les plus vives (celles de sa langue, de ses artistes, de ses penseurs, etc.), se laisser affecter et transformer par elles en empruntant autant de directions inédites sur fond de problèmes communs à notre moment présent (l’environnement et la nature, le nucléaire et les risques, le réel et le virtuel, etc.) qui attesteraient par eux-mêmes, au-delà des préjugés, de l’existence d’un universel concret.

Les intervenants

Franck Varenne

Franck Varenne est maître de conférences en philosophie des sciences à l’Université de Rouen et chercheur au Gemass (UMR 8598 – CNRS/Paris Sorbonne). Ses recherches portent sur l’épistémologie des modèles et des simulations. Il a notamment publié Du modèle à la simulation informatique (Vrin, 2007), Qu’est-ce que l’informatique ? (Vrin, 2009), Formaliser le vivant : lois, théories, modèles ? (Hermann, 2010) et Modéliser le social (Dunod, 2011). Il a également publié dans de nombreuses revues, dont SimulationJournal of Artificial Societies and Social SimulationNatures Sciences Sociétés et la Revue d’Histoire des Sciences. Avec Marc Silberstein, il codirige le collectif Épistémologies et pratiques de la modélisation et de la simulation paru aux Editions Matériologiques.

Franck Varenne

Théorie, Réalité, Modèle, 2013

Editions Matériologiques

Pour vous procurer l’ouvrage, voir le site materiologiques.com

Dans cet ouvrage, Franck Varenne pose la question du réalisme scientifique, essentiellement dans sa forme contemporaine, et ce jusqu’aux années 1980. Il s’est donné pour cela la contrainte de focaliser l’attention sur ce que devenaient sa formulation et les réponses diverses qu’on a pu lui apporter en réaction spécifique à l’évolution parallèle qu’ont subie les notions de théories et surtout de modèles dans les sciences, à la même époque. Même si, bien sûr, on ne peut pas attribuer le considérable essor des modèles au XXe  siècle au projet qu’auraient eu les scientifiques de régler cette question, en grande partie philosophique, du réalisme – car les modèles scientifiques ont bien d’autres fonctions et ils proviennent de bien d’autres demandes techniques, cognitives et sociales –, son choix épistémologique a consisté à suivre la littérature contemporaine désormais classique, tant scientifique que philosophique, sur les théories puis sur les modèles afin d’une part, d’en rapporter l’évolution générale, mais, d’autre part aussi, afin de l’interroger de proche en proche, et systématiquement, sur ce qu’elle entend à chaque fois réévaluer ou remettre en débat au moyen de cette question persistante du réalisme et de la réalité en science. Au-delà de l’enquête historique, cette étude se révèle donc également comparative. Elle présente l’intérêt de mettre en évidence des similitudes de forme remarquables (identités, symétries, inversions, déplacements) entre des séquences argumentatives produites par des auteurs différents, dans des contextes distincts, au sujet de cette capacité qu’aurait – ou non – la science à rendre véritablement compte de la réalité.

Ainsi, via l’analyse épistémologique historique et comparative qu’en propose Franck Varenne, la question cruciale de la médiation du réel par nos outils conceptuels ou expérientiels reçoit dans ce livre l’éclairage d’auteurs dont les conceptions sont, pour certaines encore, méconnues du lecteur non anglophone : Peter Achinstein, Max Black, Ludwig Boltzmann, Nancy Cartwright, Pierre Duhem, Ian Hacking, Mary Hesse, Evelyn Fox Keller, Imre Lakatos, Ernst Mach, Ernest Nagel, Henri Poincaré, Willard V.O. Quine, Bas van Fraassen, etc.

Franck Varenne

Formaliser le vivant :

Lois, Théories, Modèles ?

Hermann

Pour vous procurer l’ouvrage : Formaliser le vivant : Lois, théories, modèles ?

Peut-on formaliser le vivant ? Peut-on réduire une plante à une simple formule mathématique ? Goethe ne l’aurait pas admis. Pour beaucoup encore, cette question ne se pose même pas tant elle peut sembler provocante et contre-nature. Dans une perspective à la fois historique et épistémologique, ce livre rend compte de travaux contemporains qui ont pourtant tous tenté de braver cet interdit.
C’est en grande partie sur ce terrain, hautement problématique, que, dans les premières décennies du XXe siècle, on voit naître puis s’épanouir la pratique des modèles mathématiques appliquée aux sciences végétales. On voit en particulier que ces pratiques nouvelles de modélisation entrent en concurrence avec une tradition ancienne de théorisation mathématique des formes du vivant. C’est même devant les limites des essais théoriques récurrents que le tournant formel des modèles se confirme et permet des avancées incontestables. A l’heure où toutes les sciences à objets complexes parlent beaucoup de modèles et moins de théories, est-ce le signe d’une victoire de la «modélisation» au détriment de la «théorie» ? Cette victoire est-elle définitive ? Cela a-t-il toujours un sens de les opposer ? Et qu’en est-il des «lois» ?
En proposant une analyse des travaux mais aussi des positions épistémologiques de certains scientifiques impliqués, en explicitant le sens de ce qui les rapproche, de ce qui les distingue ou les oppose, cet ouvrage montre que l’émergence, l’expansion puis la diversification des pratiques de modélisation formelle du vivant ont contribué, sur le terrain scientifique lui-même, à bousculer les rapports épistémologiques traditionnels entre théories, lois et modèles tels qu’ils nous ont été légués par la physique.

Pour vous procurer l’ouvrage : Formaliser le vivant : Lois, théories, modèles ? de Franck Varenne

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Fulcran Teisserenc

http://gramata.univ-paris1.fr/TEISSERENC

Agrégé et docteur en philosophie, enseignant en classes préparatoires, a publié notammentLangage et image dans l’oeuvre de Platon (Vrin, 2010), les notes, dossiers et commentaires deRépublique VI-VII et du Banquet dans la collection Folioplus de Gallimard, et divers articles sur la philosophie platonicienne.

Fulcran Teisserenc

Le Sophiste de Platon

PUF

Pour se procurer l’ouvrage Le Sophiste de Platon

Par une analyse minutieuse du texte de Platon, Fulcran Teisserenc s’efforce de dégager la cohérence et la liberté du parcours suivi par le philosophe grec. Cette enquête sur le sophiste, qui met en oeuvre pour la première fois de manière continue et patiente une méthode de division du genre en ses espèces, se heurte à la mise en cause de l’existence même de l’image et du discours faux. Pour relever ce défi, la conversation entre l’Etranger et Théétète s’engage dans un vaste excursus ontologique : après avoir recensé les diverses théories de l’être disponibles et constaté leur échec, la question est reprise à nouveaux frais et les interlocuteurs proposent une analyse des grands genres et de leurs combinaisons capable d’éclairer les entrelacements parallèles du discours. La mise en place parmi les genres qui existent du non-être lui-même permet de restituer à la négation sa pertinence sémantique et de justifier la parenté du sophiste et du simulacre, qui tous deux l’oblitèrent. Chacune des étapes de cette argumentation sinueuse est discutée et mise en perspective, avec les éléments historiques et philologiques indispensables à sa compréhension.
Pour se procurer l’ouvrage Le Sophiste de Platon
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Paul Audi

Né en 1963, Paul Audi est normalien, agrégé de philosophie, docteur en philosophie. Il est à ce jour l’auteur d’une thèse sur J.-J. Rousseau, d’une quinzaine d’ouvrages et d’une trentaine d’articles, dont la plupart sont consacrés aux relations entre l’éthique et l’esthétique en Occident, au cours des Temps Modernes. Estimant que ces relations ne peuvent être prises en compte sans que l’on s’interroge en même temps sur les tenants et les aboutissants de la subjectivité humaine, Paul Audi vise à fonder sur cette base une « éthique de la création » à laquelle, depuis son ouvrage Créer, il donne le nom d’ « Esth/éthique ».

Paul Audi

La fin de l’impossible

Pour se procurer l’ouvrage La fin de l’impossible

Dans cet essai au ton personnel, Paul Audi tente de dégager et d’éclaircir, parmi toutes les idées que le romancier Romain Gary a cherché à mettre en valeur, celles qu’il lui paraît urgent que nous entendions dans le contexte présent de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance. En prenant pour fil conducteur la phrase énigmatique de Gros-Câlin, le roman de Gary signé Émile Ajar : « J’attends la fin de l’impossible », il s’interroge en priorité sur cette étrange utopie qui se dissimule à l’arrière-plan de tous les écrits de Gary et que cet idéaliste désenchanté, ce « clown lyrique », disait vouloir poursuivre dans la vie envers et contre tout. Ce faisant, il parvient à mettre en perspective – comme pour mieux se la réapproprier – l’espérance qui fut celle de Gary, comme elle est au fond celle de tout un chacun, de voir l’homme, cet être profondément inhumain, naître un jour à son humanité, qui n’est autre que la reconnaissance de son essentielle fragilité.

Dans cette nouvelle édition, complétée de trois essais, inédits pour deux d’entre eux, Paul Audi, tout en réfléchissant sur le sens de ses partis pris philosophiques, approfondit les raisons de l’importance qu’il convient selon lui d’accorder à cette « attente », à cette vive espérance, déjà en elle-même impossible, qui soutient de part en part l’oeuvre de Gary comme elle soutient peut-être aussi l’existence même de l’être humain. Il tâche aussi de dégager, parmi toutes les idées que Gary a cherché à défendre, celles qui lui paraissent urgent d’entendre dans le contexte actuel de la culture dominante, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la « réjouissance ».

Pour se procurer l’ouvrage La fin de l’impossible

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Yasuhiko Sugimura

Yasuhiko Sugimura est professeur à l’université de Kyoto (japon)

Michel Dalissier,

Nagai Shin

et Sugimura Yasuhiko (dir.)

La Philosophie japonaise

Le néant, le monde et le corps

Pour se procurer l’ouvrage Textes clés de philosophie japonaise

L’acte de la philosophie japonaise est celui d’un évidement de soi : acte d’accueil des traditions philosophiques du monde, acte en résonance, créateur d’une terminologie, d’une logique, d’une conceptualité originales, s’alimentant aux sources d’une pensée mythique jamais tarie. Les textes présentés ici en feront sentir l’inclassable nouveauté : cette philosophie n’est ni purement shintoïste, bouddhique, chrétienne, néoconfucianiste ; elle n’est ni « orientale » ni « occidentale », mais proprement japonaise.

Avec des textes de Dôgen, Izutsu Toshihiko, Motoori Norinaga, Nakae Chômin, Nishi Amane, Nishida Kitarô, Ogyû Sorai, Ômori Shôzô, Tanabe Hajime, Tosaka Jun.

Pour se procurer l’ouvrage Textes clés de philosophie japonaise

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Jacqueline Lichtenstein

Jacqueline Lichtenstein est Professeur des universités et responsable du Master Esthétique et philosophie de l’art à l’université de Paris-Sorbonne. Elle a enseigné plusieurs années aux Etats-Unis, notamment à l’université de Californie à Berkeley. Elle a dirigé la revue Traverses au Centre national Georges Pompidou, et dirige actuellement la collection Essais d’art et de philosophie chez Vrin. Elle est Membre du Conseil scientifique du grand établissement du Louvre.

Jacqueline Lichtenstein,

Carole Maigné

Arnauld Pierre (dir.)

Vers la science de l’art

PUPS 2013

Pour se procurer l’ouvrage Vers la science de l’art : L’esthétique scientifique en France 1857-1937

L’ouvrage revient sur le projet de l’esthétique dite « scientifique », qui se constitue comme telle dans la 2e moitié du XIXe siècle : dépasser les postulats kantiens et spiritualistes au nom d’un rapprochement de l’esthétique avec les sciences expérimentales de son temps (psychologie, physiologie, psychophysique, anthropologie…). Croisant les approches de la philosophie et de l’histoire de l’art, l’ouvrage étudie en outre l’articulation de cette esthétique avec l’art de son temps, du néo-impressionnisme aux débuts de l’abstraction, de l’art nouveau à la géométrie sensible des puristes, et des réformateurs des arts du geste et de la danse aux zélateurs des synesthésies et de l’oeuvre d’art totale.

Pour se procurer l’ouvrage Vers la science de l’art : L’esthétique scientifique en France 1857-1937

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