Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Platon et le Japon s’invitent dans CitéPhilo et sur France Culture

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

CITEPHILO

CITÉPHILO 2013

17ème édition des semaines européennes

de la philosophie

du 6 au 26 novembre 2013

Enregistrement en public des Nouveaux Chemins de la Connaissance d’Adèle Van Reeth diffusion la semaine du 11 novembre à 10h sur France Culture 

Palais des Beaux-Arts – grand auditorium – Place de la République – Lille

Entrée libre

Vendredi 8 novembre 2013

  • 14h à 15h30 : Théorie, réalité, modèle, en présence de l’auteur : Franck Varenne, maître de conférences en philosophie des sciences à l’Université de Rouen et chercheur au Gemass
  • 16h à 17h30 : Le Sophiste de Platon (PUF) , en présence de l’auteur : Fulcran Teisserenc, philosophe

Samedi 9 novembre 2013

  • 13h30 à 15h : La fin de l’impossible. Deux ou trois choses que je sais de Gary (Christian Bourgois), en présence de l’auteur : Paul Audi, philosophe, ancien élève de l’ENS
  • 15h30 à 16h30 : Qu’est-ce que la philosophie japonaise ? avec Yasuhiko Sugimura, philosophe, professeur à l’Université de Kyôto

Dimanche 10 novembre 2013

  • 11h à 12h30 : Le faux en art avec Jacqueline Lichtenstein, philosophe, professeur d’esthétique et de philosophie de l’art à l’Université Paris 4 Sorbonne Pseudo.

Ressemblances et faux-semblants 
Si l’information, les statistiques et les sondages soumettent notre quotidien à un impératif de transparence, c’est pourtant le flou qui règne. Paradoxe d’une société où l’on parle de tout et où tout le monde parle, les discours croisés brouillent les repères tandis que les pseudo-experts jouent de l’imbrication croissante du réel et du virtuel pour mieux générer l’illusion. Dans cette guerre des faux-semblants, la philosophie doit se demander de quel droit et au nom de quoi on parle, tout en sachant reconnaître l’intérêt et la complexité du brouillage évoqué, brouillage aux nombreuses dimensions : – dimension historique d’abord, car si le monde du numérique nous confronte à la démultiplication des pseudos et des faux-semblants, c’est dans la filiation d’une histoire passée au sein de laquelle la réalité des « faits » n’a jamais été séparée de la construction imaginaire des événements. Départager les deux revient à solliciter les travaux des sciences humaines qui s’attardent sur la frontière subtile séparant la subjectivité de la mémoire collective de l’objectivité supposée du réel historique. – dimension méthodologique ensuite, car les pseudo-productions se sont souvent révélées être de vraies ruses, l’authentique ne s’imposant qu’au prix d’un déguisement préalable. La philosophie elle-même n’a cessé d’avancer masquée et de cultiver des formes savantes de duplicité, de l’ironie socratique aux pensées de la déconstruction, des utopies aux avatars littéraires. Nous ouvrir à cet art du faux-semblant nécessite alors un parcours oscillant entre la sémiologie, la philologie et la psychologie. – dimension scientifique enfin, dans la mesure où les artifices de la nature dévoilent une identité mouvante à explorer. La science contemporaine nous accoutume à lire dans les mutations imprévisibles du vivant et les dynamiques chaotiques de la matière l’indice d’une vision renouvelée du réel.

Le Japon, invité d’honneur de Citéphilo 
C’est une banalité de le constater : le Japon fascine. Il nous subjugue comme l’Ailleurs, le Lointain, le Singulier. Les préjugés ne sont pas seuls en cause. Historiquement, le Japon a lui-même cultivé cette singularité en posant son identité de manière défensive, en opposition d’abord à la Chine, puis à l’Occident. Mais quelles qu’en soient les causes, cette fascination est peut-être précisément ce qui empêche de tirer un réel profit du contact avec la culture et la pensée japonaises. C’est pourquoi la démarche de Citéphilo ne sera pas de simple curiosité, ni de seule hospitalité : il s’agira, au sens fort, de penser avec le Japon. Non pas jeter sur lui un regard de badaud ou de spectateur, mais, guidé par ses meilleurs spécialistes, le suivre à travers ses ressources créatrices les plus vives (celles de sa langue, de ses artistes, de ses penseurs, etc.), se laisser affecter et transformer par elles en empruntant autant de directions inédites sur fond de problèmes communs à notre moment présent (l’environnement et la nature, le nucléaire et les risques, le réel et le virtuel, etc.) qui attesteraient par eux-mêmes, au-delà des préjugés, de l’existence d’un universel concret.

Les intervenants

Franck Varenne

Franck Varenne est maître de conférences en philosophie des sciences à l’Université de Rouen et chercheur au Gemass (UMR 8598 – CNRS/Paris Sorbonne). Ses recherches portent sur l’épistémologie des modèles et des simulations. Il a notamment publié Du modèle à la simulation informatique (Vrin, 2007), Qu’est-ce que l’informatique ? (Vrin, 2009), Formaliser le vivant : lois, théories, modèles ? (Hermann, 2010) et Modéliser le social (Dunod, 2011). Il a également publié dans de nombreuses revues, dont SimulationJournal of Artificial Societies and Social SimulationNatures Sciences Sociétés et la Revue d’Histoire des Sciences. Avec Marc Silberstein, il codirige le collectif Épistémologies et pratiques de la modélisation et de la simulation paru aux Editions Matériologiques.

Franck Varenne

Théorie, Réalité, Modèle, 2013

Editions Matériologiques

Pour vous procurer l’ouvrage, voir le site materiologiques.com

Dans cet ouvrage, Franck Varenne pose la question du réalisme scientifique, essentiellement dans sa forme contemporaine, et ce jusqu’aux années 1980. Il s’est donné pour cela la contrainte de focaliser l’attention sur ce que devenaient sa formulation et les réponses diverses qu’on a pu lui apporter en réaction spécifique à l’évolution parallèle qu’ont subie les notions de théories et surtout de modèles dans les sciences, à la même époque. Même si, bien sûr, on ne peut pas attribuer le considérable essor des modèles au XXe  siècle au projet qu’auraient eu les scientifiques de régler cette question, en grande partie philosophique, du réalisme – car les modèles scientifiques ont bien d’autres fonctions et ils proviennent de bien d’autres demandes techniques, cognitives et sociales –, son choix épistémologique a consisté à suivre la littérature contemporaine désormais classique, tant scientifique que philosophique, sur les théories puis sur les modèles afin d’une part, d’en rapporter l’évolution générale, mais, d’autre part aussi, afin de l’interroger de proche en proche, et systématiquement, sur ce qu’elle entend à chaque fois réévaluer ou remettre en débat au moyen de cette question persistante du réalisme et de la réalité en science. Au-delà de l’enquête historique, cette étude se révèle donc également comparative. Elle présente l’intérêt de mettre en évidence des similitudes de forme remarquables (identités, symétries, inversions, déplacements) entre des séquences argumentatives produites par des auteurs différents, dans des contextes distincts, au sujet de cette capacité qu’aurait – ou non – la science à rendre véritablement compte de la réalité.

Ainsi, via l’analyse épistémologique historique et comparative qu’en propose Franck Varenne, la question cruciale de la médiation du réel par nos outils conceptuels ou expérientiels reçoit dans ce livre l’éclairage d’auteurs dont les conceptions sont, pour certaines encore, méconnues du lecteur non anglophone : Peter Achinstein, Max Black, Ludwig Boltzmann, Nancy Cartwright, Pierre Duhem, Ian Hacking, Mary Hesse, Evelyn Fox Keller, Imre Lakatos, Ernst Mach, Ernest Nagel, Henri Poincaré, Willard V.O. Quine, Bas van Fraassen, etc.

Franck Varenne

Formaliser le vivant :

Lois, Théories, Modèles ?

Hermann

Pour vous procurer l’ouvrage : Formaliser le vivant : Lois, théories, modèles ?

Peut-on formaliser le vivant ? Peut-on réduire une plante à une simple formule mathématique ? Goethe ne l’aurait pas admis. Pour beaucoup encore, cette question ne se pose même pas tant elle peut sembler provocante et contre-nature. Dans une perspective à la fois historique et épistémologique, ce livre rend compte de travaux contemporains qui ont pourtant tous tenté de braver cet interdit.
C’est en grande partie sur ce terrain, hautement problématique, que, dans les premières décennies du XXe siècle, on voit naître puis s’épanouir la pratique des modèles mathématiques appliquée aux sciences végétales. On voit en particulier que ces pratiques nouvelles de modélisation entrent en concurrence avec une tradition ancienne de théorisation mathématique des formes du vivant. C’est même devant les limites des essais théoriques récurrents que le tournant formel des modèles se confirme et permet des avancées incontestables. A l’heure où toutes les sciences à objets complexes parlent beaucoup de modèles et moins de théories, est-ce le signe d’une victoire de la «modélisation» au détriment de la «théorie» ? Cette victoire est-elle définitive ? Cela a-t-il toujours un sens de les opposer ? Et qu’en est-il des «lois» ?
En proposant une analyse des travaux mais aussi des positions épistémologiques de certains scientifiques impliqués, en explicitant le sens de ce qui les rapproche, de ce qui les distingue ou les oppose, cet ouvrage montre que l’émergence, l’expansion puis la diversification des pratiques de modélisation formelle du vivant ont contribué, sur le terrain scientifique lui-même, à bousculer les rapports épistémologiques traditionnels entre théories, lois et modèles tels qu’ils nous ont été légués par la physique.

Pour vous procurer l’ouvrage : Formaliser le vivant : Lois, théories, modèles ? de Franck Varenne

_________________

Fulcran Teisserenc

http://gramata.univ-paris1.fr/TEISSERENC

Agrégé et docteur en philosophie, enseignant en classes préparatoires, a publié notammentLangage et image dans l’oeuvre de Platon (Vrin, 2010), les notes, dossiers et commentaires deRépublique VI-VII et du Banquet dans la collection Folioplus de Gallimard, et divers articles sur la philosophie platonicienne.

Fulcran Teisserenc

Le Sophiste de Platon

PUF

Pour se procurer l’ouvrage Le Sophiste de Platon

Par une analyse minutieuse du texte de Platon, Fulcran Teisserenc s’efforce de dégager la cohérence et la liberté du parcours suivi par le philosophe grec. Cette enquête sur le sophiste, qui met en oeuvre pour la première fois de manière continue et patiente une méthode de division du genre en ses espèces, se heurte à la mise en cause de l’existence même de l’image et du discours faux. Pour relever ce défi, la conversation entre l’Etranger et Théétète s’engage dans un vaste excursus ontologique : après avoir recensé les diverses théories de l’être disponibles et constaté leur échec, la question est reprise à nouveaux frais et les interlocuteurs proposent une analyse des grands genres et de leurs combinaisons capable d’éclairer les entrelacements parallèles du discours. La mise en place parmi les genres qui existent du non-être lui-même permet de restituer à la négation sa pertinence sémantique et de justifier la parenté du sophiste et du simulacre, qui tous deux l’oblitèrent. Chacune des étapes de cette argumentation sinueuse est discutée et mise en perspective, avec les éléments historiques et philologiques indispensables à sa compréhension.
Pour se procurer l’ouvrage Le Sophiste de Platon
_____________

Paul Audi

Né en 1963, Paul Audi est normalien, agrégé de philosophie, docteur en philosophie. Il est à ce jour l’auteur d’une thèse sur J.-J. Rousseau, d’une quinzaine d’ouvrages et d’une trentaine d’articles, dont la plupart sont consacrés aux relations entre l’éthique et l’esthétique en Occident, au cours des Temps Modernes. Estimant que ces relations ne peuvent être prises en compte sans que l’on s’interroge en même temps sur les tenants et les aboutissants de la subjectivité humaine, Paul Audi vise à fonder sur cette base une « éthique de la création » à laquelle, depuis son ouvrage Créer, il donne le nom d’ « Esth/éthique ».

Paul Audi

La fin de l’impossible

Pour se procurer l’ouvrage La fin de l’impossible

Dans cet essai au ton personnel, Paul Audi tente de dégager et d’éclaircir, parmi toutes les idées que le romancier Romain Gary a cherché à mettre en valeur, celles qu’il lui paraît urgent que nous entendions dans le contexte présent de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance. En prenant pour fil conducteur la phrase énigmatique de Gros-Câlin, le roman de Gary signé Émile Ajar : « J’attends la fin de l’impossible », il s’interroge en priorité sur cette étrange utopie qui se dissimule à l’arrière-plan de tous les écrits de Gary et que cet idéaliste désenchanté, ce « clown lyrique », disait vouloir poursuivre dans la vie envers et contre tout. Ce faisant, il parvient à mettre en perspective – comme pour mieux se la réapproprier – l’espérance qui fut celle de Gary, comme elle est au fond celle de tout un chacun, de voir l’homme, cet être profondément inhumain, naître un jour à son humanité, qui n’est autre que la reconnaissance de son essentielle fragilité.

Dans cette nouvelle édition, complétée de trois essais, inédits pour deux d’entre eux, Paul Audi, tout en réfléchissant sur le sens de ses partis pris philosophiques, approfondit les raisons de l’importance qu’il convient selon lui d’accorder à cette « attente », à cette vive espérance, déjà en elle-même impossible, qui soutient de part en part l’oeuvre de Gary comme elle soutient peut-être aussi l’existence même de l’être humain. Il tâche aussi de dégager, parmi toutes les idées que Gary a cherché à défendre, celles qui lui paraissent urgent d’entendre dans le contexte actuel de la culture dominante, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la « réjouissance ».

Pour se procurer l’ouvrage La fin de l’impossible

___________

Yasuhiko Sugimura

Yasuhiko Sugimura est professeur à l’université de Kyoto (japon)

Michel Dalissier,

Nagai Shin

et Sugimura Yasuhiko (dir.)

La Philosophie japonaise

Le néant, le monde et le corps

Pour se procurer l’ouvrage Textes clés de philosophie japonaise

L’acte de la philosophie japonaise est celui d’un évidement de soi : acte d’accueil des traditions philosophiques du monde, acte en résonance, créateur d’une terminologie, d’une logique, d’une conceptualité originales, s’alimentant aux sources d’une pensée mythique jamais tarie. Les textes présentés ici en feront sentir l’inclassable nouveauté : cette philosophie n’est ni purement shintoïste, bouddhique, chrétienne, néoconfucianiste ; elle n’est ni « orientale » ni « occidentale », mais proprement japonaise.

Avec des textes de Dôgen, Izutsu Toshihiko, Motoori Norinaga, Nakae Chômin, Nishi Amane, Nishida Kitarô, Ogyû Sorai, Ômori Shôzô, Tanabe Hajime, Tosaka Jun.

Pour se procurer l’ouvrage Textes clés de philosophie japonaise

________________

Jacqueline Lichtenstein

Jacqueline Lichtenstein est Professeur des universités et responsable du Master Esthétique et philosophie de l’art à l’université de Paris-Sorbonne. Elle a enseigné plusieurs années aux Etats-Unis, notamment à l’université de Californie à Berkeley. Elle a dirigé la revue Traverses au Centre national Georges Pompidou, et dirige actuellement la collection Essais d’art et de philosophie chez Vrin. Elle est Membre du Conseil scientifique du grand établissement du Louvre.

Jacqueline Lichtenstein,

Carole Maigné

Arnauld Pierre (dir.)

Vers la science de l’art

PUPS 2013

Pour se procurer l’ouvrage Vers la science de l’art : L’esthétique scientifique en France 1857-1937

L’ouvrage revient sur le projet de l’esthétique dite « scientifique », qui se constitue comme telle dans la 2e moitié du XIXe siècle : dépasser les postulats kantiens et spiritualistes au nom d’un rapprochement de l’esthétique avec les sciences expérimentales de son temps (psychologie, physiologie, psychophysique, anthropologie…). Croisant les approches de la philosophie et de l’histoire de l’art, l’ouvrage étudie en outre l’articulation de cette esthétique avec l’art de son temps, du néo-impressionnisme aux débuts de l’abstraction, de l’art nouveau à la géométrie sensible des puristes, et des réformateurs des arts du geste et de la danse aux zélateurs des synesthésies et de l’oeuvre d’art totale.

Pour se procurer l’ouvrage Vers la science de l’art : L’esthétique scientifique en France 1857-1937

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :