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Les actes du colloque « Les modalisations du réel » en ligne

Posted by Hervé Moine sur 9 septembre 2014

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Les Actes du colloque de doctorants et de jeunes chercheurs, organisé en mai 2013 sur le thème des modalisations du réel sont désormais en ligne à l’adresse suivante :

Modalisations du réel : nécessité, possibilité, contingence

Actes du colloque de doctorants et de jeunes chercheurs en philosophie ancienne et en sciences de l’Antiquité « Modalisations du réel : nécessité, possibilité, contingence. Expression, conceptualisations, usages et enjeux éthiques et dramatiques ». Université Paris I & Université Paris Ouest – Nanterre-La défense, 23 et 24 mai 2013

Faisant suite au colloque sur le réel, le colloque de 2013 poursuivait la réflexion entamée alors en abordant une thématique qui entretient avec le réel un rapport bien particulier, qui ne relève ni de l’identité ni de l’opposition mais de la modalisation du réel. Le colloque prenait en effet pour thème les notions de possibilité, de nécessité et de contingence qui renvoient, comme l’indique leur appartenance au champ de la modalité, à des manières d’être du réel. La modalisation est une manière significative d’approcher et d’interroger le réel qui complète des approches fondées sur l’opposition entre l’être et le non être, le moindre être ou le paraître et qui charrie des enjeux différents et particulièrement importants. En effet, si les notions invoquées peuvent immédiatement faire songer, et à juste titre, à la réflexion logique sur les « théories modales », l’enjeu du colloque consistait, tout en prenant en compte cet aspect, à ne pas l’y restreindre mais à mettre cette approche en parallèle avec des perspectives grammaticales, éthiques et dramatiques.

Les deux premières contributions abordent le thème des modalités chez Platon d’un point de vue théorique – avec Karine TORDO-ROMBAUT – et figuratif ou perceptif – avec Diogo MESTI. La première nous invite à interroger, à travers Charmide en particulier, « la modalisation de l’objet d’examen » dans les dialogues en général et défend l’hypothèse selon laquelle le mode d’être de l’examen entre dans le caractère de son objet. Le second s’intéresse à la « simultanéité de la perception des images » dans la République et propose notamment une relecture de la division de la ligne que Platon fait à la fin du livre VI de la République (510c-511 e). Toujours dans le cadre du corpus platonicien, Chad JORGENSEN s’est intéressé quant à lui aux usages politiques de la modalisation. L’auteur part du fait selon lequel la nature précise du rapport entretenu par les deux cités idéales, dans la République et dans les Lois, représente un problème central pour les interprètes de la philosophie politique de Platon. Sans nier la complexité du passage d’un modèle à l’autre, qui comprend une multiplicité de facteurs, Chad Jorgensen affirme que la notion de « possibilité », peut être comprise comme une notion clé permettant de résoudre ce problème. Avec une conception adéquate de la possibilité il lui paraît possible de rendre compte à la fois des affirmations apparemment contradictoires émises par Socrate dans la République quant à la possibilité de réaliser Callipolis et d’atténuer, sinon d’éliminer, les tensions principales entre la République et les Lois. Le deux dernières communications qui figurent dans ces actes se sont concentrées pour leur par sur un cas spécifique de modalisation : les rapports du réel et de la fiction dans la pensée stoïcienne. Le sage stoïcien est-il réalité ou fiction ? Une étude fine de la Pharsale de Lucain permet à Diane DEMANCHE d’apporter des pistes de réflexion intéressantes. Si le sage s’incarne dans le contexte de faits historiques, ce serait donc au prix d’une transformation de la vertu. L’écriture poétique fait coexister la sagesse de Caton et sa révolte contre le destin. Mais le choix de Lucain reflète-t-il une difficulté philosophique ou la nécessité poétique de mettre en scène un personnage aux prises avec un conflit intérieur ? Marion BOURBON s’interroge quant à elle sur la manière dont l’usage stoïcien de la métaphore du jeu, et en particulier du jeu théâtral, redistribue la différenciation modale entre le réel, le possible et le nécessaire au sein d’une théorie du destin et propose par là même une modalisation tout à fait particulière du réel, au croisement du possible et du nécessaire. La métaphore du jeu, qui appartient au domaine de l’éthique répondrait ainsi à une thèse logique, celle du maintien de l’existence du possible au sein d’un déterminisme, maintien qui permet de sauver la liberté que le jeu, et en particulier le jeu théâtral, illustre au plus haut point.

Sandrine ALEXANDRE & Esther ROGAN

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