Etre ou ne pas être carnivore ? that is the question !

On se rappelle des manifestations des défenseurs de la cause animale, qui en novembre 2016, avaient secoué l’abattoir de Limoges, retrouvée en ligne de mire des défenseurs de la cause animale et des militants de l’association L214. Les dénonciations et notamment la vidéo d’un salarié de l’abattoir, montrant des animaux agonisants sur les chaînes d’abattage, ont choqué l’opinion et beaucoup d’entre nous se pose la question de la légitimité de consommer de la viande.

Philosophie Magazine propose un dossier : L’éthique est dans le steak

L’éthique est dans le steak

Examinons d’abord les arguments, implacables, contre le carnivorisme : exploitation animale, insoutenabilité écologique, mauvais effets sur la santé. Alors, qu’est-ce qui nous retient de devenir végétariens ?

Aller sur le terrain ! c’est ce que s’est proposé Philosophie Magazine en interrogeant des témoins, éleveurs, abatteurs, bouchers, animés par un véritable respect de l’animal. Des témoignages commentés par l’anthropologue Claude FISCHLER, dans l’article « Les travailleurs de la chair« . Ils participent à la transformation de l’animal en viande et expliquent comment ils vivent ce processus, qui mêle amour et mort. Comme le constate l’anthropologue, leur expérience renvoie à une dimension fondamentale des sociétés humaines : la mise en partage de la viande.

Par son titre provocateur, un article du dossier ne manquera pas d’attirer notre attention. Il s’agit de celui d’Elisabeth DE FONTENAY qui procède à une analogie qui peut paraître osée.

Les abattoirs sont-ils les nouveaux camps de la mort ?

Les abattoirs sont-ils un « éternel Treblinka » pour reprendre les propos de Peter SINGER ? Une atrocité dont les humains du futur se demanderont comment elle a été possible ? Telle est la question à laquelle se confronte la philosophe Élisabeth de Fontenay, Présidente de la commission « Enseignement de la Shoah » de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Pour elle, qui a perdu une grande partie de sa famille à Auschwitz, il est possible de soutenir une analogie entre la mise à mort industrielle des bêtes et les camps d’extermination, à condition de reconnaître au préalable “un caractère de singularité à la destruction des Juifs d’Europe”.

« On devrait pouvoir aller le plus loin possible dans la défense du droit des animaux sans pour autant offenser les humains »

Elisabeth DE FONTENAY

Position qui n’a pas manqué de faire réagir Corinne PELUCHON, spécialiste d’éthique appliquée et partisane de la question animale.

“Ce n’est pas parce que le processus de la mise à mort est semblable dans les deux cas et que l’on constate chez les bourreaux comme chez ceux qui mangent de la viande un détachement ou un clivage de la sensibilité que le sens de la mise à mort est le même dans l’abattage en série des animaux et dans l’Holocauste. »

Corinne PELUCHON

Dans ce dossier également:

  • Et dans votre assiette, que mettez-vous ? À bien y regarder, nous pouvons relever aujourd’hui cinq positions « diététhiques » possibles. Quelle est la vôtre ?
  • Lorsqu’un scientifique carnivore ivre de cuisine moléculaire, une sociologue ex-éleveuse de brebis en quête de sagesse paysanne et une philosophe végane se retrouvent autour de « rillettes de lentilles », que vont-ils bien pouvoir se dire ?

Pour aller plus loin

Elisabeth DE FONTENAY, Boris CYRULNIK et Peter SINGER

Les animaux aussi ont des droits

Points 2015

Les animaux souffrent comme nous. Comme nous aussi, ils jouissent du bien-être. Mieux que nous parfois, ils s’imposent par la ruse et l’intelligence. Comment continuer à les traiter comme des  » choses  » dont on se contenterait de condamner l’abus ? Mais faut-il pour autant leur accorder des droits, et si oui lesquels ? Et qui veillera à leur application ?
Pour répondre à ces questions et à tant d’autres, Boris Cyrulnik l’éthologue, Élisabeth de Fontenay la philosophe, Peter Singer le bioéthicien, Karine Lou Matignon la journaliste et écrivain et David Rosane, ornithologue, croisent leurs regards et confrontent leurs savoirs sur la question animale. La voie est tracée pour que le législateur s’attelle à la rédaction du contrat qu’il nous faut maintenant passer sans délai avec nos frères en animalité, au nom de la dignité humaine.

  • Les animaux aussi ont des droits
  • Editeur : Points (21 mai 2015)
  • Collection : POINTS ESSAI
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2757853449
  • ISBN-13: 978-2757853443

Pour se procurer Les animaux aussi ont des droits


Corine PELLUCHON

Manifeste animaliste

Politiser la cause animale

Alma Editeur 2017

 » Nos rapports aux animaux sont un miroir dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus au fil des siècles. Ce ne sont pas seulement les horreurs dont notre espèce se rend coupable en exploitant d’autres êtres sensibles qui apparaissent dans ce miroir, mais le visage blafard d’une humanité en train de perdre son âme. « Soulignant l’universalité de la cause animale, Corine Pelluchon montre que les violences infligées aux animaux reflètent les dysfonctionnements de la société. Raison pour laquelle il convient de politiser la cause animale et de donner des repères théoriques et pratiques pour y parvenir. Pour commencer il convient de cesser la stigmatisation et l’ère des compromis qui ne donnent aucun résultat tangible. Stratégiquement ensuite, il faut aider les personnes travaillant dans l’élevage, l’expérimentation, l’alimentation ou la mode à se reconvertir et à innover étant entendu que la principale cause de l’exploitation animale provient d’un système économique qui étend la dérégulation sur toute la surface de la terre. Sensibiliser dès le plus jeune âge, découvrir la richesse des existences animales, enseigner l’éthique animale et l’éthologie dans le secondaire et à la faculté également. Car la culture et l’éducation sont les piliers de la justice.

L’idée poursuivie par l’auteure est de donner aux citoyens, aux représentants politiques et aux différents acteurs de l’économie les moyens d’opérer la transition vers une société juste prenant en compte les intérêts des humains et ceux des animaux.

Philosophe, professeure à l’université Paris-Est-Marne-La-Vallée, Corine PELLUCHON, spécialiste de philosophie politique et d’éthique, a écrit de nombreux ouvrages dans lesquels la question animale occupe une place centrale, comme :

  • L’autonomie brisée. Bioéthique et Philosophie (PUF, 2009, 2014),
  • Éléments pour une éthique de la vulnérabilité. Les hommes, les animaux, la nature (Le Cerf, 2011. Grand Prix Moron de l’Académie française),
  • Les Nourritures. Philosophie du corps politique (Le Seuil, 2015. Prix Édouard Bonnefous de l’Académie des Sciences morales et politiques).

Dans ce Manifeste animaliste, elle condense sa réflexion en la rendant accessible à un large public.

Se procurer le Manifeste animaliste de Corine PELLUCHON


Martin GIBERT

Voir son steak comme un animal mort

LUX

La plupart des gens désirent le bien des animaux. Mais voilà : ils aiment aussi leur steak. C’est ce qu’on appelle le paradoxe de la viande. Nous ne voulons pas voir que ce que nous mangeons, c’est de l’animal mort.

De plus en plus de chercheurs expliquent ce phénomène de «dissonance cognitive» par des pratiques sociales et des croyances qui visent précisément à occulter la souffrance animale. Tout converge pour nous convaincre, depuis l’enfance, qu’il est normal, naturel et nécessaire de consommer des produits d’origine animale. Pourtant, dans les faits, rien n’est moins vrai – tant du point de vue de la santé que de l’éthique animale et environnementale.

Dans cet essai accessible et engagé, Martin GIBERT propose une synthèse des débats contemporains sur le paradoxe de la viande. Ce faisant, il présente le véganisme, un mouvement moral et politique en pleine émergence qui lutte pour la justice animale, sociale et environnementale.

Martin GIBERT enseigne l’éthique et la philosophie du droit. Il a déjà publié L’imagination en morale (Hermann, 2014).

Se procurer Voir son steak comme un animal mort de Martin GIBERT


Florence BURGAT

L’humanité carnivore 

Seuil, 2017

Pourquoi mangeons-nous de la viande ? L’être humain a-t-il toujours été carnivore et est-il voué à le rester ? C’est à ces questions apparemment simples que Florence Burgat entreprend de répondre dans un ouvrage appelé à faire date : il s’agit d’une véritable somme sur la question de l' » humanité carnivore « .

Florence Burgat montre qu’on ne saurait se contenter de répondre, avec un haussement d’épaules,  » parce que c’est bon  » : la chair humaine est réputée aussi avoir bon goût, ce qui n’empêche pas l’anthropophagie de faire l’objet d’un interdit très largement répandu (mais lui-même non universel). Et il existe dans l’histoire et la préhistoire différents modes d’alimentation d’où la viande est absente ou marginale. Il faut interroger les mythes et les rituels, les soubassements anthropologiques de la consommation de viande – y compris un certain goût pour la cruauté, l’idée même de la mise à mort, du démembrement et de la consommation d’êtres vivants, par où l’humain éprouve sa supériorité sur les animaux. La découverte d’un principe d’équivalence au cœur de la logique sacrificielle (la substitution d’un végétal à une victime animale ou humaine) est ce sur quoi Florence Burgat prend finalement appui pour proposer une voie de sortie originale et montrer comment les viandes végétales et in vitro pourraient se substituer aux viandes animales que l’humanité a pris l’habitude de manger.

Florence BURGAT est philosophe, directeur de recherche à l’INRA, détachée aux Archives Husserl de Paris. Elle travaille sur la condition animale, notamment sous un angle phénoménologique.

Se procurer L’humanité carnivore de Florence BURGAT

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