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Archive for the ‘cours’ Category

Hermès, une nouvelle collection pour de grandes oeuvres

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2013

Les cours d’Ellipses, pour une philosophie vivante

Propos recueillis par Henri de Monvallier, publié le 06/11/2013 dans Le Monde des Religions

Les éditions Ellipses lancent en cette rentrée une nouvelle collection, « Hermès », proposant la transcription de leçons orales de philosophes pour s’initier aux grands auteurs et aux grandes œuvres de l’histoire de la philosophie. Son directeur, Thibaut Gress, docteur en philosophie et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur Descartes, est aussi le créateur et rédacteur en chef du site internet Actu Philosophia. Il répond à nos questions. 

Quelle est votre intention en proposant cette nouvelle collection ?

Il s’agit de remettre au goût du jour ce qui fut, à mes yeux, l’honneur de l’édition philosophique française, à savoir la publication de cours de grande qualité ; songeons par exemple aux remarquables Leçons de métaphysique allemande du regretté Jacques Rivelaygue (1936-1990) ou encore aux leçons de Ferdinand Alquié (1906-1985) consacrées à Descartes et à Spinoza, qui ont éclairé de nombreux étudiants. En essayant donc de reprendre cette belle tradition, nous souhaitons réaliser deux objectifs. D’une part aider les étudiants à entrer dans des œuvres ou des thématiques majeures de l’histoire de la philosophie à partir de l’enseignement oral souvent plus clair que le seul écrit : cette oralité est prise dans la nécessité de s’adresser à un public immédiatement présent, à l’inverse de l’écrit où l’auteur n’affronte pas directement son lecteur. D’autre part, il nous paraît important de garder une trace de ces grands cours ayant marqué beaucoup d’étudiants, et nous essayons, modestement, d’y contribuer.

Pourriez-vous nous indiquer quels sont les autres titres à venir ?

Parmi les titres à venir, figurent un cours sur le rationnel et l’irrationnel, un sur Berkeleyun autre sur Gilles Deleuze, un enfin sur l’Éthique à Nicomaque d’Aristoteainsi qu’un cours sur Nietzsche qui, je le pense, fera date.

Vous signez vous-même le premier volume, consacré aux Méditations métaphysiques de Descartes. Les leçons que vous proposez ont pour fil rouge « Baroque et art d’écrire », un axe d’interprétation assez nouveau. Pourriez-vous résumer votre démarche ?

Descartes est un auteur associé à l’idée de classicisme, c’est-à-dire de rigueur, de clarté et d’ordre. S’il fallait en donner une métaphore esthétique, je dirais qu’on pense ses écrits comme une sorte de ligne droite et ferme, rationnelle et résolue. Je ne conteste nullement cette analyse pour l’essentiel de ses œuvres mais il m’est apparu que les Méditations faisaient exception à ce schéma-là : elles mettent en effet en scène une sorte de théâtre baroque où le sinueux et le serpentin se substituent à la ligne droite ; Descartes y défend le doute, risque d’y être absorbé, avance, fait un pas de côté, revient en arrière, contourne, puis effectue de fulgurantes percées à la manière de ces coupoles baroques traversant les nuages pour découvrir Dieu, que semble imiter la troisième méditation. À cela s’ajoute le fait qu’à partir de la quatrième méditation se dévoile un nombre croissant d’incongruités, voire de raisonnements maladroits, qu’il serait délicat d’interpréter comme involontaires de la part de Descartes : je fais donc le pari qu’il s’agit de maladresses volontaires destinées à indiquer au lecteur qu’un double sens structure le texte, notamment autour de la question de la bonté divine. Je défends la thèse selon laquelle Descartes ne croit pas à cette bonté, non pas parce que Dieu serait mauvais mais parce qu’Il serait par-delà la question morale, et indifférent de ce point de vue à la créature humaine. Mais cela, Descartes ne pouvait pas l’écrire clairement : il l’a alors indiqué à mots couverts, en usant de son art d’écrire.

À qui s’adresse votre collection ? Au grand public curieux de découvrir un auteur ou une œuvre à partir d’une suite de leçons méthodiquement organisées ? Ou bien à ceux qui connaissent déjà les auteurs ou les œuvres et veulent approfondir leurs connaissances ?

Je crois que cette collection s’adresse à tous les publics que vous mentionnez. Elle constitue d’abord un outil pour les étudiants qui, déjà familiers de la philosophie, pourront parfaire leur connaissance de tel ou tel auteur en compagnie d’un spécialiste reconnu. Mais, dans la mesure où nous avons privilégié la clarté et la pédagogie inhérentes à l’oralité, ces leçons s’adressent également au grand public soucieux de découvrir la philosophie dans un cadre rigoureux : nous avons pour cela réduit les notes de bas de page qui jalonnent les éditions scientifiques sans que l’ouvrage ne succombe pour autant au survol ni à l’imprécision. J’ajoute que, loin d’être impersonnelles et froides, ces leçons portent la marque singulière de leur auteur et constituent également des interprétations fermes et originales des philosophes abordés qui intéresseront aussi les spécialistes. Ainsi Gaspard Koenig n’hésite-t-il pas, par exemple, à comparer Gilles Deleuze à l’anarcho-capitalisme américain, ce qui brise la vulgate contemporaine et ajoute à la grande pédagogie de ses cours un fil interprétatif fort et novateur.

À découvrir dans la même collection :

  • Rosleyne Dégremont, Leçons sur la philosophie de Berkeley.
  • Gaspard Koenig, Leçons sur la philosophie de Deleuze.
  • Jérôme Laurent, Leçons sur l’Éthique à Nicomaque d’Aristote.

 

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La culture et la politique destinées aux élèves de classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES

Posted by Hervé Moine sur 26 octobre 2011

Cours particuliers de philosophie

Culture et politique

Charles-Eric de Saint Germain

Aux éditions Ellipses

Au sommaire de ce volume 1 à paraître en novembre 2011 :

  • La culture
  • L’art
  • Technologie et écologie
  • Le travail
  • Dieu et la religion
  • L’Etat et le pouvoir politique
  • La politique
  • Le droit et la justice.

Destinées aux élèves de Classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES, ces leçons offrent une présentation globale et complète de l’ensemble des questions philosophiques du programme sous une forme pédagogiquement claire et accessible.

L’auteur propose dans ce premier volume consacré à la Culture et la Politique un traitement  » exhaustif  » des grandes notions (La Culture, l’Art, Technique et Ecologie, le Travail, Dieu et la Religion, l’Etat et le Pouvoir politique, la Politique, le Droit et la Justice). Pour cela, il a mobilisé quasiment l’intégralité des philosophes de la longue tradition qui est celle de la philosophie, depuis les présocratiques jusqu’à ses développements les plus contemporains.

Outre les philosophes  » classiques « , qui nourrissent la substance de ces cours, il mobilise des sociologues dont l’étude est désormais un  » passage obligé  » pour tout candidat un peu sérieux mais aussi des philosophes contemporains dont la connaissance s’impose aujourd’hui à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec les enjeux de la réflexion contemporaine.

Leçons Particulières de Philosophie Volume 1 Culture & Politique (Culture Art Technique Ecologie)

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Un site à découvrir…

Posted by Hervé Moine sur 16 septembre 2009

Je vous propose de découvrir le site de Jacques Darriulat.

http://www.jdarriulat.net/index.html

Vous y trouverez « des leçons de philosophie générale, dont la plus grande part se rapporte à la philosophie esthétique. Elles ont été prononcées au cours de ces quinze dernières années, devant les étudiants de Paris 4, et pour quelques-unes d’entre elles, devant les élèves de classe terminale ou de Lettres Supérieures du lycée Henri IV, à Paris. Plutôt que les laisser sommeiller dans la crypte de mon disque dur, j’ai jugé qu’il valait mieux les donner à qui voudra bien les lire. (…)« 

Jacques Darriulat
Maître de conférences à Paris IV- Sorbonne
UFR de Philosophie

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°8

Posted by Hervé Moine sur 12 mars 2009

Nous terminons notre lecture de l’ouvrage de Descartes, par cette dernière partie, le deuxième volet de la « connaissance de la nature ». Et comme c’était le cas, dans les cours précédents, nous terminerons par des questions dont le but est de vous accompagner dans votre lecture et pour vous permettre de l’approfondir.

René Descartes

René Descartes

IV CONNAISSANCE DE LA NATURE (suite)

F. Sixième partie du Discours de la Méthode

« Et en la dernière, quelles choses il croit être requises pour aller plus en avant en la recherche de la nature qu’il n’a été, et quelles raisons l’ont fait écrire. »

Le but de Descartes, dans l’ultime partie de cette préface, est de chercher à susciter la curiosité du public et de rechercher des mécènes. En douze paragraphes et deux mouvements, l’auteur déploie sa stratégie.

1°) [para.1 à 3] Le premier moment montre que la connaissance doit maîtriser la nature.

Pour Descartes, la philosophie doit être pratique et rendre maître les hommes « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Pour cela, il faut combiner les raisonnements théoriques et les observations expérimentales. Il insiste sur la nécessité des expérimentations pour la recherche scientifique.

2°} [para.4 à 12] Le second moment nous montre les hésitations de Descartes à publier ou ne pas publier.

D’abord, Descartes passe en revue les motifs qui pourraient encore le forcer à publier, puis il reprend les raisons tout aussi fortes qui le retiennent (la confrontation de ses thèses avec celles des autres lui fait courir le risque d’être attaqué et dérangé dans ses recherches), et enfin, il dit pourquoi il ne livre que des fragments et des aperçus de sa physique.

QUESTIONS

  1. Que signifie « procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes » [2ème paragraphe] ? Quel est ce bien ?
  2. Comment interpréter la célèbre formule : « nous rendre comme maître et possesseur de la nature » ? Dieu n’est-il pas le seul à maîtriser et à posséder la nature ?
  3. Un seul homme peut-il venir à bout de la connaissance des forces naturelles ? Descartes pense-t-il épuiser ces ressources à lui seul ?
  4. A quoi sert l’image du lierre, et que prouve-t-elle contre les scolastiques qui cherchent à expliquer la nature à partir des livres du maître ?
  5. Maîtrise et démiurgie : peut-on tout se permettre envers ce qu’on maîtrise ?
  6. La brièveté de la vie et ses conséquences éthiques ?
  7. Devoirs de l’homme privé, devoirs de l’homme public : que doit-on à l’humanité ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n° 7

Posted by Hervé Moine sur 11 mars 2009

Nous abordons à présent la dernière grande partie du Discours de la méthode, à savoir « la connaissance de la nature », celle-ci est traitée dans la 5ème et 6ème partie de l’ouvrage. Ce cours aura pour objectif de lire la cinquième et avant dernière partie de l’œuvre. Et pour compléter ce cours, vous trouverez des questions.

René Descartes

René Descartes

IV CONNAISSANCE DE LA NATURE

E. Cinquième partie du Discours de la Méthode

« En la cinquième, l’ordre des questions de physique qu’il a cherchées, et particulièrement l’explication du mouvement du cœur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine, puis aussi la différence qui est en notre âme et celle des bêtes. »

La cinquième partie du Discours ébauche le développement de la vision mécaniste du monde corporel par des aperçus sur la physique et sur sa physiologie. Le monde sensible étant justifié (4ème partie), il s’agit de montrer d’abord, comment l’optique de la certitude s’applique à la nature ; ensuite, comment elle permet de poser rationnellement le mécanisme ; et enfin, comment seule cette thèse permet d’effectuer une différentiation entre la machine, l’animal et l’homme. Ce triple mouvement est déployé dans cette présente partie, en onze paragraphes.

1°) [para. 1 à 3} Descartes montre, dans un premier moment, que la nature peut être connue par l’homme.

Pour éviter les controverses, Descartes indique à grands traits le contenu du Traité du Monde qu’il n’avait pu terminer en 1633, à cause de la condamnation de Galilée. Ce livre contenait les fondements de la physique : les lois de la nature, établies par Dieu en nos âmes, déduites, donc, des premières vérités métaphysiques. Descartes affirme qu’en connaissant Dieu et en suivant la raison on peut reconstruire intellectuellement le monde. Mais il se contente ici d’affirmations générales par crainte de heurter les autorités religieuses.

2°) [para.4 à 9] Le deuxième mouvement de cette partie présente la théorie du corps-machine.

Descartes explique le mouvement du sang en faisant du cœur une chaudière qui chauffe le sang et le rend fluide. Le mouvement du sang s’explique de façon purement mécanique, ce qui signifie par extension que tous les corps sont des machines.

3°) [para. l0 et 11] Le troisième mouvement a pour idée essentielle que seul l’homme est doté d’une âme.

Selon Descartes, si les animaux ne sont que des machines, car ils ne sont que corps et n’ont point de raison (d’ailleurs, le fait qu’ils n’aient pas de langage en est la preuve), seul l’homme a une raison et donc une âme. L’homme est un être composé d’un corps et d’une âme.

QUESTIONS

  1. Une fois établi le principe de la vérité de la pensée, pourquoi la connaissance de la nature devient-elle possible ?
  2. Comment Descartes entend-il traiter des lois de la nature et dans quelles limites ?
  3. Y a-t-il un enjeu de méthode à concevoir le mouvement du coeur comme l’effet d’un bouillonnement du sang ?
  4. La physique est-elle rendue possible par la véracité divine ?
  5. La distinction de l’étendue et de la pensée permet-elle de mieux comprendre le mouvements des corps ?
  6. Qu’est-ce qu’une interprétation mécaniste de la vie ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°6

Posted by Hervé Moine sur 10 mars 2009

Dans ce 6ème cours consacré à la lecture du Discours de la Méthode de Descartes, après avoir abordé les fondements de la connaissance, la morale provisoire, il nous faut maintenant envisager les fondements métaphysiques à travers la lecture de la quatrième partie. A la fin, de ce cours, vous trouverez des questions pour vous accompagner.

René Descartes

René Descartes

III. LES FONDEMENTS METAPHYSIQUES

D. La quatrième partie du Discours de la Méthode

« En la quatrième, les raisons par lesquelles il prouve l’existence de Dieu et de l’âme humaine, qui sont les fondements de sa métaphysique. »

Dans cette partie, Descartes nous présente un enchaînement serré et continu de raisons en huit paragraphes, dont on peut distinguer trois moments.

1°) [para. 1 et 2] Ce premier moment montre que pour prouver quelque chose d’absolument certain, il faut douter de tout : le doute absolu fait découvrir une vérité et une existence : « je pense donc je suis ».

Descartes pose d’abord cette entente préalable de l’existence (« je pense donc je suis ») à partir de l’expérience fondamentale du rêve, qui permet d’effectuer le mouvement fondamental du doute radical ; puis, il fait nettement réaliser que cette existence est celle d’un entendement pensant. Pour Descartes, la certitude de l’existence devient modèle pour penser toute vérité.

2·) [para.3 à 5] Ce moment est un appel à Dieu.

Descartes prend acte de cette existence pensante imparfaite, ce qui le renvoie à ce dont elle dépend, et qui existe donc aussi : une existence pensante parfaite, Dieu. Descartes énonce trois preuves de l’existence de Dieu.

2·) [para.6 à 8] Ce dernier moment montre en particuliers que Dieu met fin au doute radical.

Pour Descartes, Dieu garantit l’existence (la réalité du monde) et la vérité de notre idée du monde. Il assure que les idées des hommes (ou l’image qu’ i la ont en leur pensée) correspondent à ce qu’est le monde réel. Dieu met ainsi fin au doute.

QUESTIONS

  1. Quelle différence Descartes reconnait-il exister entre les réflexions qui précèdent et celles qui commencent ici ? Que signifie l’expression « méditations métaphysiques » que l’on trouve au tout début de cette troisième partie ?
  2. Quel est l’argument qui autorise Descartes à s’éloigner des maximes provisoires fixées antérieurement et à rejeter toutes ses opinions, même probables ?
  3. Quelles sont les différentes entre la nature corporelle et notre vraie nature ?
  4. Comment Descartes parvient-il à concevoir ce qui fait que nos pensées sont vraies ou fausses ?
  5. Par quel raisonnement Descartes établit-il que l’idée d’un Dieu, être plus parfait que je ne suis, n’a pas sa cause en moi mais en Lui-même ? En quel sens est-ce une preuve ?
  6. S’il y a une « assurance morale » de l’existence des corps sensibles et s’il est extravagant d’en douter ? Pourquoi Descartes le fait-il ?
  7. Pourquoi n’est-il plus nécessaire de douter une fois le principe de la pensée établi ? Comment les arguments du début (le songe de l’erreur de raisonnement, les sens trompeurs) sont-ils réfutés à la fin ?
  8. Qu’est-ce que conduire ses pensées par ordre ?
  9. En quel sens le doute est-il une épreuve ?
  10. L’existence de Dieu a-t-elle besoin de preuves ? Et l’existence du monde ?
  11. La géométrie démontre-t-elle l’existence des êtres de raison ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°5

Posted by Hervé Moine sur 9 mars 2009

Dans ce cours, nous ouvrons le deuxième volet important du Discours de la Méthode, celui de ce que l’on appelle communément « la morale provisoire » qui est abordé dans la troisième partie de l’œuvre. Et, comme précédemment, suite à ce cours, vous trouverez des questions pour vous aider dans votre lecture et pour aller plus loin.

René Descartes

René Descartes

II. LA MORALE PROVISOIRE

C. La troisième partie du Discours de la Méthode

« En la troisième, quelques unes de celles de la morale qu’il a tiré de cette méthode. »

La troisième partie du Discours est comme un repos que s’accorde Descartes pour s’inquiéter de vivre malgré tant de rigueur. La vie ne peut être mise en sursis jusqu’au moment où chacun des problèmes qu’elle rencontre sera pourvu d’une solution certaine. Il faut donc adopter une morale d’urgence, une morale provisoire, en attendant la vraie morale qui n’est possible qu’une fois les sciences constituées. Après les quatre règles de la méthode (2éme partie), Descartes énonce les maximes de la morale provisoire, dans cette troisième partie. Celle-ci contient sept paragraphes et on peut y voir trois moments.

1°) [para.1] Ce premier moment énonce principalement la différence entre la morale et la connaissance.

Descartes montre que la vie quotidienne réclame qu’on agisse sans attendre d’avoir complètement réfléchi sur le monde. Il est donc impératif de se donner une morale non fondée en raison, une morale provisoire qui permet à l’entendement d’orienter la volonté, à l’homme d’agir et de chercher la science. Cette morale précède la science qu’elle permet précisément de constituer et elle cédera la place à la future morale issue de cette science qu’elle a rendue possible.

2°) [para. 2 à 4] Le deuxième moment énonce les trois maximes de la morale provisoire.

La première maxime (para.2) soutient et délimite le conformisme (« obéir aux lois et aux coutumes de son pays »).

La deuxième maxime (para.3) oblige à la résolution (il faut savoir ce que l’on vent).

La troisième maxime (para.4) commande à la résignation ou plutôt salon la tradition stoïcienne, l’amour de la nécessité.

30) [para.5 à 7] La troisième partie est en quelque sorte la conclusion de cette morale provisoire.

Descartes nous fait la confidence d’une conviction (qui, celle-ci n’est pas provisoire) à savoir, qu’il a choisi le meilleur genre de vie qui soit qui est celle de se consacrer à la connaissance et à elle seule. L’acquisition des connaissances permet d’élargir le jugement : un jugement plus instruit est plus capable de régir la volonté et de la mener vers le bien moral. La fin de cette partie retourne à l’autobiographie afin de confirmer cette idée intellectualiste de la sagesse.

QUESTIONS

  1. La première maxime prescrivant de suivre les opinions les plus sensées, est-elle un e application du principe du bon sens ?
  2. Descartes recommande-t-il de s’en tenir fermement à une règle de conduite douteuse ? Quel avantage retire-t-il de la seconde maxime ?
  3. La troisième maxime qui préconise de changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde, est-elle une maxime de bon sens ? En quoi constitue-t-elle un renoncement ?
  4. La conclusion tirée par Descartes de sa morale provisoire n’est-elle inspirée que par la prudence et l’aversion pour le changement inutile ?
  5. Quelle valeur exemplaire ont les hommes de bon sens dans une période troublée ?
  6. Comment peut-on changer ses désirs ?
  7. La vie peut-elle se conformer à la raison ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la méthode Cours n°4

Posted by Hervé Moine sur 6 mars 2009

Dans ce 4ème cours nous lirons la deuxième partie du Discours. Ce sera le deuxième volet concernant les conditions de la connaissance. Comme pour le cours précédant vous trouverez des questions pour vous aider dans votre travail de lecture.

LES CONDITIONS DE LA CONNAISSANCE (suite)

René Descartes

René Descartes

B. La deuxième partie du Discours de la Méthode

« En la seconde, les principales règles de la méthode que l’auteur à cherché »,

Cette partie comporte dix paragraphes et se comprend trois moments :

1°) [para. 1 à 4] Le premier moment est l’annonce du projet de rebâtir la connaissance.

Le 10 novembre 1619, alors qu’il se trouvait en Allemagne, Descartes a comme l’illumination qu’il peut atteindre la vérité à la condition de refondre entièrement l’édifice des sciences. Il s’agira de reconstruire les sciences selon un plan qui les unifie, les installe sur leurs vrais fondements et les articule les unes aux autres selon qu’elles dépendent les unes des autres. Cela suppose tout d’abord que l’on fasse table rase des opinions et ensuite que l’on se fixe une méthode afin de repartir sur des bases certaines. Descartes s’inspire de trois sciences, la logique, la géométrie et l’algèbre, dont il tente de rassembler les qualités en rejetant leurs défauts.

2°) [para. 5 à 7] Le deuxième moment est l’exposé de la méthode cartésienne.

La méthode comprend seulement quatre règles.

La première est dite « de l’évidence ». Elle permet de ne pas donner son assentiment à ce qui est douteux.

La deuxième expose l’analyse où l’esprit va du complexe au simple

La troisième la synthèse où l’esprit va du simple au complexe.

Enfin, la dernière est celle du dénombrement qui permet de voir si l’on n’a rien oublié.

3°) [para. 8 et 9] Le troisième moment énonce en quelque sorte les conséquences de cette méthode.

La méthode définie dans ces quatre préceptes doit beaucoup à la pratique des mathématiques. Elle permet ainsi de progresser par ordre, en enchaînant les connaissances.

QUESTIONS

  1. Quelle est la fonction de l’image des architectes dans la démonstration que Descartes entreprend ici ?
  2. Chacun peut-il rejeter tout l’édifice des lois et des moeurs? Est-ce possible ?
  3. A quels savoir préexistants la méthode emprunte-t-elle ses éléments? Les transforme-t-elle en profondeur ?
  4. Quel avantage présentent les quatre préceptes de la méthode ? Sont-ils « la méthode » ?
  5. En quoi vérité en général et vérité en mathématiques coïncident-elles? En quoi divergent-elles ?
  6. Réformer, est-ce détruire ?
  7. La pensée suit-elle nécessairement des règles ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°3

Posted by Hervé Moine sur 4 mars 2009

Dans ce cours nous lirons la première partie du Discours de la Méthode. Première partie que l’on peut considérer comme le premier volet des conditions de la connaissances telles que l’envisage le philosophe Descartes. A l’issue de ce cours, vous trouverez des questions pour vous aider à lire cette première partie.

René Descartes

René Descartes

I. LES CONDITIONS DE LA CONNAISSANCE

A. La Première partie du Discours de la Méthode

« En la première on trouvera diverses considérations touchant les sciences ».

Cette partie se compose de quinze paragraphes, et comprend trois moments:

1°) [para. 1 à 5] Le premier moment est un préambule où est présenté le thème de la Méthode.

Descartes en appelle à la raison que tout homme possède et qui peut être indépendante. C’est sur cet acte de confiance en la capacité d’universalité et de vérité inhérente à l’esprit humain que s’ouvre Discours ; mais c’est pour devoir constater aussitôt qu’en l’absence d’une conduite méthodique de la raison, cette possibilité peut rester vide et se perdre dans la diversité des opinions.

Descartes annonce avoir découvert une méthode féconde pour guider la connaissance. Toutefois, il limite la portée de son livre en disant qu’il ne propose pas de modèle. En effet, il précise qu’il va faire voir sa vie « comme un tableau », et que son dessein n’est pas d' »enseigner » la méthode mais de proposer son écrit « comme une fable », au libre jugement du lecteur.

2°) [para. 6 à 14] Le deuxième moment, le plus important de part sa longueur, est un bilan critique de son éducation.

Descartes raconte l’histoire de son esprit, l’histoire d’un désir et d’une déception : désir de connaitre, d’atteindre la vérité ; déception quant à ses connaissances acquises lors de son instruction, qui lui semblent bien éloignées de la vérité. Il analyse l’écart entre le système d’éducation, pourtant dans un excellent collège, et les exigences nouvelles du moi.

Descartes tire un bilan quasiment entièrement négatif de ses études. Seules les mathématiques étaient en mesure de lui donner goût de certitude et d’évidence, mais il s’étonne que, sur ces fondements solides, l’on n’ait « rien bâti dessus de plus relevé ».

3°) [para.15] Le troisième moment termine la première partie du Discours sur une « note d’espoir ».

Descartes prend acte de cette dispersion spirituelle où demeure l’esprit, aussi longtemps, qu’il ne s’est pas résolu un jour à « étudier aussi en lui-même ». Ici, c’est l’adieu de Descartes au scepticisme.

QUESTIONS

  1. Quel est le point commun à tous les hommes, et en quoi se différencient-ils ?
  2. Outre le bon sens, y at-il des qualités d’esprit qui contribuent à permettre de distinguer le vrai du faux ?
  3. Où commencent le récit dans le texte ?
  4. « J’ai été nourri aux lettres dès mon enfance » : comment comprendre cette formule, et que signifie ici « les lettres » ?
  5. Quelle valeur Descartes accorde-t-il aux fables ? Pourquoi doit-on lire le Discours « comme une histoire » ou « comme une fable » ?
  6. Pourquoi Descartes renonce-t-il à parler de théologie dans le Discours ?
  7. Quelles leçons tirer sur des voyages ? Est-ce une occasion de douter de tout ?
  8. Selon Descartes, les hommes sont-ils égaux ou inégaux entre eux ?
  9. L’homme désire-t-il par nature savoir ?
  10. Comment distinguer scepticisme, relativisme et esprit critique ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : le Discours de la Méthode Cours n°2

Posted by Hervé Moine sur 3 mars 2009

Poursuivons notre étude du Discours de la Méthode de Descartes en entrant cette fois si dans l’oeuvre elle-même.

Quand on lit cette oeuvre, on peut être quelque pu désorienté par une certaine apparence d’hétérogénéité. La question de la cohérence du Discours de la Méthode sera traité en premier lieu. Cela nous mènera au contenu même de l’œuvre, à son objet et au projet de Descartes. Enfin nous terminerons sur le plan général du discours, qui sera d’ailleurs celui de notre étude.

René Descartes

René Descartes

A. Problème de la cohérence du Discours de la Méthode

Le titre du Discours ne ment-il pas sur son contenu dans la mesure où, la deuxième partie mise à part, le reste traite peu de la méthode?

En fait, Descartes n’avait nullement l’intention d’enseigner la méthode, mais avait seulement pour dessein d’en parler. Selon lui, la méthode consiste plus en pratique qu’en théorie, et, c’est pourquoi, nous soumet-il simplement un aperçu de la méthode; les essais qui suivent ce Discours sont des tentatives réussies de la mise en œuvre de la méthode cartésienne.

C’est justement parce qu’il n’est pas entièrement consacré à la méthode que le Discours ne semble pas vraiment homogène. On y parle d’itinéraire personnel (1ère partie), de morale (3ème partie), de métaphysique (4ème partie), de médecine (5ème partie) et de progrès que pourraient faire les sciences si le public soutenait la recherche des savants (6ème partie).

Comment rendre compte de cette hétérogénéité?

Ce qu’il faut comprendre c’est que l’ordre du Discours n’est pas un enchaînement logique mais celui d’un cheminement en quête de connaissance. L’unité des six parties vient du fil conducteur de l’autobiographie qui relie ces pensées diverses en les rapportant toujours à celui qui les a pensées. Comme le dit M.Beyssade. « le « je » personnel et individualisé de l’autobiographie s’élève dans le Discours à l’universalité du sujet de toute connaissance », ou comme le résume F. Alquié, « son ouvrage [celui du philosophe Descartes] est l’histoire de son moi pensant. »

Disons que, le fil conducteur de l’ouvrage est la méthode à suivre pour accéder à la vérité.

Pour mettre au point cette méthode, Descartes va examiner ce que peut la raison humaine dans différents domaines ou elle opère (1ère et 2éme parties). Il va la confronter à l’opinion, c’est-à-dire à la connaissance spontanée et non réfléchie. Puis il va voir à quels résultats elle peut parvenir relativement à la morale (3ème partie), à la foi (4ème partie), et à la connaissance de la nature (5ème et 6ème parties).

B. Quel est l’objet du Discours de la Méthode ?

« L’objet du Discours de la Méthode est d’acheminer le lecteur vers la Méthode en lui racontant quelques-uns des doutes et des tournants par lesquels est passé son inventeur. On lui montre aussi l’efficacité de la procédure une fois mise au point. Ce texte n’est pas l’exposé d’une science révolutionnaire, physique ou médecine, encore moins l’inauguration d’une nouvelle morale. Un philosophe tente ici de penser – à travers la narration de son expérience – le bouleversement des questions par la nouvelle physique. Il relit son propre questionnement, ses refus ainsi que ses espoirs dans une connaissance enrichie de la Méthode, consciente d’elle-même et libérée de la prétention d’une vérité absolue. « Je n’oserais pas affirmer que les choses que j’énonce soient les vraies principes de la Nature, mais je dirai tout au moins qu’en les prenant pour principes j’ai coutume de me satisfaire en toutes choses qui en dépendent » (Fragment daté de 1633-1635). Et paradoxalement, c’est une amère déception qui, comme Descartes le confie dès les premières pages, a été l’origine de sa recherche » (E. Brauns).

C. Quel est le projet général de Descartes dans le Discours de la Méthode ?

Le projet général de Descartes dans le Discours est d’examiner ce que peut être la connaissance humaine, de répondre à la question suivante: la connaissance de la Nature est possible, mais à quelle condition est-elle possible ?

Pour mener à bien cette entreprise, il va d’abord éliminer tout ce qu’on lui a appris, faire table rase. En effet, la première partie du discours retrace la biographie intellectuelle de l’auteur, il récuse le savoir livresque, l’histoire, la théologie ; seules les mathématiques trouvent grâce à ses yeux en raison de la « certitude et de l’évidence de leurs raisons ». Il va se donner ensuite des principes nouveaux, une méthode. Les règles de cette méthode sont énoncées dans la deuxième partie de l’ouvrage sous forme de quatre préceptes : préceptes de l’évidence, de la division des difficultés, de l’ordre, du dénombrement complet. Elles ont pour condition de réussite le doute actif, volontaire. Et il va enfin organiser et unifier le savoir humain.

En effet, la quatrième partie du Discours présente un abrégé de la métaphysique cartésienne: le fameux « Je pense donc je suis » est proposé comme le modèle achevé de l’idée claire ; la cinquième partie traite de l’ordre des questions de physique et expose les principes de la circulation sanguine ; la sixième et dernière partie propose comme idéal à l’activité humaine la conquête technique du monde. Cependant Descartes ne peut rompre complètement avec son époque dont il respecte les mœurs et les croyances. C’est ce qu’il veut montrer dans la troisième partie du Discours qui est un exposé de morale provisoire d’inspiration stoïcienne : alors que, lorsqu’il s’agit de connaissance, il faut suspendre son jugement jusqu’à ce que l’on soit assuré de la vérité, le domaine, de l’action ne souffre pas de délai, il faut la faire confiance aux préceptes des gens sensés et aux lois de son pays, tout en sachant dans l’absolu qu’elles ne valent sans doute pas mieux que « celles de la Chine ».

D. Plan de l’étude du Discours de la Méthode

Nous étudierons quelques passages importants de l’ouvrage après avoir étudié la structure de la partie dans laquelle ils s’insèrent. Notre étude se décomposera en quatre moments qui suivent le déroulement du Discours de la Méthode :

  • Les conditions de la connaissance ;
  • La morale provisoire ;
  • Les fondements métaphysiques ;
  • La connaissance de la nature

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