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Les notions du programme du bac de philo dans un manuel pas comme les autres

Posted by Hervé Moine sur 8 janvier 2011

On connaît le tableau de Magritte « Ceci n’est pas une pipe », il y a maintenant l’ouvrage de Charles Pépin « Ceci n’est pas un manuel de philosophie » qui intéressera les lycéens candidats aux épreuves de philosophie baccalauréat, mais pas seulement… Un manuel de philo comme vous n’en avez jamais lu !

Présentation de l’éditeur

Comment connaître nos vrais désirs ? Comment Descartes a-t-il pu comparer les animaux à des machines ? Pourquoi sommes-nous fascinés par le pouvoir ? Pourquoi les philosophes sont-ils si souvent incapables d’appliquer leurs idées? Peut-on vraiment se préparer à mourir ? Est-il absurde de désirer l’impossible ? Qu’est-ce qu’un authentique ami ? Voici quelques-unes des questions abordées dans ce manuel pas comme les autres… Où le programme de terminale est traité intégralement, mais au travers de « problématiques tout-terrain » permettant d’appréhender tous les sujets. Où des « bêtisiers » analysent les clichés ou contresens les plus fréquents. Où les extraits d’oeuvres sont plus courts et accessibles que dans les manuels scolaires. Où les conseils de méthodes abstraits laissent la place à des  » copies de rêve  » entièrement rédigées. Où les grandes questions philosophiques sont mises en scènes dans des petites nouvelles, saynètes de la vie quotidienne où Charles Pépin raconte « sa vie de prof »… Un manuel de philosophie ? Oui, mais comme vous n’en avez jamais lu. Aussi utile pour un bachelier que pour tous ceux qui ne veulent plus entendre parler du bac, mais aimeraient bien entendre Platon leur parler d’amour ou Hegel leur parler du bonheur.
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Article du Point

Vade-mecum – La philo pour les (pas) nuls

http://www.lepoint.fr/livres/vade-mecum-la-philo-pour-les-pas-nuls-06-01-2011-127406_37.php

Un manuel de philo pas comme les autres, écrit par un auteur, Charles Pépin, qui ne se prend pas pour un maître à penser.

Qu’est-ce qu’un véritable ami ? Pourquoi sommes-nous fascinés par le pouvoir ? Pourquoi les philosophes sont-ils si souvent incapables d’appliquer leurs idées ? Voici quelques-unes des questions abordées dans Ceci n’est pas un manuel de philosophie, un manuel de philo pas comme les autres – car écrit par un auteur, Charles Pépin (romancier, essayiste de 37 ans), qui ne se prend pas pour un maître à penser. Dans Une semaine de philosophie (Flammarion, 2006), Charles Pépin proposait, en sept jours, une découverte de la philosophie à travers sept sujets de dissertation. Dans Les philosophes sur le divan (Flammarion, 2008), Pépin confrontait de grands penseurs (Pascal, Kant, Sartre…) à l’analyse freudienne. Cette fois, toujours en employant sa méthode, mêlant vulgarisation et pédagogie, il nous incite à approfondir cinq grands thèmes (le sujet, la culture, la raison et le réel, la politique, la morale) couvrant les vingt-trois notions du programme du bac. C’est le genre de livre qui donne l’impression d’être plus intelligent après qu’on l’a lu.

GUILLAUME CHÉREL, Le Point

 

Se procurer l’ouvrage de Charles Pépin, Ceci n’est pas un manuel de philosophie

Les autres ouvrages de Charles Pépin :

Une semaine de philosophie : 7 Questions pour entrer en philosophie

Les philosophes sur le divan : Les trois patients du Dr Freud

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Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres

Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.

Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le « la » et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.

Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.

Hervé Moine

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Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”

KANT, Critique de la raison pratique.

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Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande;  les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité « technique », qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité « technique » est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La « connaissance » cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

1 credo : affirmation d’une croyance

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Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.

Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

Cicéron

Notes

* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

Questions :

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.      a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».

b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».

c) Expliquez: « si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, […] il n’y a absolument plus de justice ».

3. La justice est-elle fondée sur la raison?

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Bac philo juin 2009 : Les sujets nationaux

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2009

Je viens de recevoir par mes collègues métropolitains, les sujets de l’épreuve de philosophie du baccalauréat sur les quels ont planché, aujourd’hui, les candidats de la France hexagonale. Aussi, je vous les soumets, avant d’aller chercher mon lot de copies à corriger. C’est la 20ème session de bac que je corrige : ça se fête !

Je n’ai pas les sujets des séries technologiques.

Hervé Moine

Série L

Sujet 1

Le langage trahit-il la pensée ?

Sujet 2

L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

Sujet 3

Un extrait du «Monde comme volonté et comme représentation» de SCHOPENHAUER.

Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau.

Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir.

Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

Série ES

Sujet 1

Que gagne-t-on à échanger ?

Sujet 2

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Sujet 3

Un extrait d’ «Essai sur l’entendement humain» de John LOCKE

Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.

Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.

La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?

Série S

Sujet 1

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Sujet 2

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Sujet 3

Un extrait de «De la démocratie en Amérique» de TOCQUEVILLE

Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.

On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d’un premier coup d’œil qu’il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier à l’intérêt général.

C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.

On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s’entraider.

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Série L

Posted by Hervé Moine sur 16 juin 2009

Sujet 1

La connaissance rationnelle comble-t-elle toutes les attentes de l’homme ?

Sujet 2

Le dialogue permet-il de surmonter les obstacles qui nous empêchent de comprendre autrui ?

Sujet 3

Expliquer le texte suivant :

Il me semble que la vertu est chose autre, et plus noble, que les inclinations à la bonté qui naissent en nous. Les âmes réglées d’elles-mêmes et bien nées, elles suivent même train, et représentent en leurs actions même visage que les vertueuses; mais la vertu sonne je ne sais quoi de plus grand et de plus actif que de se laisser, par une heureuse complexion1, doucement et paisiblement conduire à la suite de la raison. Celui qui, d’une douceur et facilité naturelle, mépriserait les offenses reçues, ferait sans doute chose très belle et digne de louange; mais celui qui, piqué et outré jusqu’au vif d’une offense, s’armerait des armes de la raison contre ce furieux appétit de vengeance, et après un grand conflit s’en rendrait enfin maître, ferait sans doute beaucoup plus. Celui-là ferait bien, et celui-ci vertueusement: l’une action se pourrait dire bonté, l’autre vertu; car il semble que le nom de la vertu présuppose de la difficulté au combat et du contraste, et qu’elle ne peut être sans partie2. C’est à l’aventure pourquoi nous nommons Dieu3, bon, fort, et libéral, et juste; mais nous ne le nommons pas vertueux; ses opérations sont toutes naïves et sans effort.

Montaigne, Essais – Livre II

1.  tempérament

2.  adversaire

3.  Comprendre: « C’est pourquoi, parmi d’autres noms, nous nommons Dieu … »

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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Dissertation : Le langage est-il une invention humaine ?

Posted by Hervé Moine sur 6 avril 2009

Je vous propose ici une introduction et une démarche possible pour le développement. Il conviendrait de poursuivre ce travail en creusant le développement et en rédigeant une conclusion.

Sujet : « Le langage est-il une invention humaine ? »

invention-langage

  • Proposition d’une introduction rédigée.

Le langage apparaît, de toute évidence, comme technique de communication. En ce sens, ne fait-il pas partie des inventions humaines, au même titre que toutes celles qui font de l’homme un être de culture, que toutes celles qui font de lui un être distinct de tous les autres êtres de la nature ? Inventer, c’est produire du nouveau, c’est faire apparaître quelque chose qui n’existait pas encore, c’est créer.

Mais, dans quelle mesure, le langage serait-il une invention proprement humaine ? S’agit-il d’une pure invention émanant de l’esprit humain, une création de quelque chose que la nature elle-même n’offrirait pas ? Pourtant, d’une part, si le langage est faculté propre à l’homme, ne doit-on pas alors penser celle-ci comme innée et donc naturelle en l’homme ? D’autre part, force est de constater que, dans la nature, l’homme est loin d’être le seul à communiquer. Et, pour ne pas aller jusqu’à dire que dans la nature tout communique, il est possible tout du moins d’affirmer que cette capacité à échanger des informations et à utiliser des codes pour des fins de communication est largement partagée.

Ainsi, peut-on alors toujours dire que le langage est une invention humaine ? En fait, toute la question est de savoir si le langage provient ou non d’une disposition naturelle, ou bien alors, s’il est de l’ordre de la création de l’esprit humain ? En un mot, le langage relève-t-il de la nature ou de la culture ?

  • Proposition d’un cheminement en vue de la rédaction du développement de la dissertation.

Nous nous proposerons de penser le problème que soulève le sujet en trois temps :

1.       Tout d’abord, il conviendra dans un premier temps de montrer que le langage est, une faculté naturelle c’est-à-dire une disposition innée que l’on trouve chez l’homme, chez tout homme mais pas seulement chez lui. Cette première partie montrera que le langage est partagé par tous les êtres de la nature et par conséquent qu’il est alors bien difficile de parler d’une invention humaine. Cette thèse, selon laquelle, l’homme ne se donne pas lui-même la faculté de langage ne résout cependant pas le problème : si en tant que faculté, il n’apparaît pas possible d’affirmer le langage en terme d’invention humaine, cela ne veut pas dire pour autant qu’en terme de réalisation, de codes de communication, il soit de l’ordre de la nature. C’est ce que s’efforcera de démontrer le deuxième temps du développement.

2.       Ensuite, dans un deuxième temps en effet, des arguments qui attestent l’idée du langage comme invention humaine seront avancés : la diversité et le caractère arbitraire et conventionnel des langues sont bel et bien signes d’invention proprement humaine. Sur le plan des codes de communication, le langage animal apparaît limité et borné à la différence de celui de l’homme sans cesse ouvert. L’aspect conventionnel du langage humain montre à l’évidence qu’il est le fait de son invention. Cependant, cette thèse qui fait de l’existence des langues la preuve même du langage humain une invention humaine ne permet pas de répondre à la difficile question de l’origine du langage humain.

3.       Enfin, peut-on vraiment penser l’origine du langage comme pure convention, pose problème. Et c’est ce problème qui sera creusé dans un dernier temps. Comment penser la langue des origines ? Celle-ci peut-elle avoir été inventée ? Cette partie montrera notamment que le langage tient en fait à la fois de la nature et de la culture.

  • Exercice : Approfondir le développement

  • Exercice proposer une conclusion rédigée.

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Sujet : Le pouvoir de l’Etat est-il facteur de liberté ou d’oppression ?

Posted by Hervé Moine sur 4 avril 2009

Je vous propose sur ce sujet des éléments pour rédiger une dissertation. Il s’agit d’une démarche possible qui demande à être travailler davantage. D’ailleurs c’est l’exercice que je demande, celui, de développer, notamment l’analyse conceptuelles des différentes notions importantes : « pouvoir », « État », « liberté », « oppression », « démocratie », « totalitarisme », « individu », « société », « état de nature » et « état de société, « pacte social », « volonté générale », « séparation des pouvoirs »… d’articuler ces notions dans le cadre du problème que soulève le sujet. D’autre part, il est possible de nourrir ce travail par l’étude de certaines références : l’état de nature selon Hobbes et selon Rousseau ; la nécessité d’un pacte social, selon Hobbes et selon Rousseau ; la critique anarchiste de l’État ; la critique marxiste de l’État ; La volonté générale selon Rousseau… Bien sûr cette liste n’est aucunement exhaustive et exclusive…

Autrement dit, au lieu de prendre ce qui suit comme un corrigé, il est préférable d’y voir l’occasion de travailler à la fois sur le plan des connaissances des notions et des auteurs et sur le plan de la méthode de la dissertation, l’expérience pour ce type d’exercice.

Sujet : Le pouvoir de l’Etat est-il facteur de liberté ou d’oppression ?

Proposition d’élément pour la construction de l’introduction :

L’État semble ou bien nous interdire ou bien nous contraindre. Ainsi est-il fréquent que l’individu ressente la présence de l’État comme un poids faisant obstacle à ses désirs spontanés, mais exigeant par contre des comportements qui ne sont pas toujours ressentis comme agréables, le paiement des impôts ou la surveillance. De tels comportements qui se fondent sur une conception immédiate, et par conséquent souvent peu réfléchie, de la liberté, suffisent-ils pour affirmer que l’État utilise tout son pouvoir pour nous opprimer et nous contraindre ? Ne doit-on pas, au contraire, admettre qu’il favorise, plutôt la liberté du citoyen ? Mais si tel est le cas qu’est-ce qui fait que l’on n’est pas persuadé ? Qu’en est-il exactement ? Le pouvoir de l’État est-il facteur de liberté ou d’illusion ?

Proposition d’une démarche possible pour la rédaction d’un développement :

Partie 1 : Hors de l’Etat, l’homme apparaît indépendant.

1°) La liberté élémentaire de l’homme naturel.

On peut vraisemblablement affirmer avec les théoriciens du droit naturel qu’il existe dans l’homme premier, une liberté élémentaire.

On peut penser, par exemple, avec Rousseau, que la solitude de l’homme à l’état de nature s’accompagne de la faculté de pouvoir satisfaire ses désirs à sa guise, sans tenir compte de la présence d’autrui.

2°) Aliénation de la liberté initiale exigée par le Contrat social

Dès que les premiers groupes sociaux se constituent, la cohabitation entraine nécessairement une transformation de cette liberté naturelle. On ne peut plus vivre comme si autrui n’existait pas. Ma liberté naturelle se heurte alors avec celle d’autrui.

Si la vie en société est nécessaire ; s’il est nécessaire d’ériger un pacte, un contrat social, il est donc nécessaire également d’aliéner sa liberté initiale. On ne vit collectivement qu’à la condition d’une aliénation absolue de la liberté initiale.

Il semble donc bien qu’à ce niveau que le pouvoir de l’Etat est plutôt facteur d’oppression que de liberté, puisque l’Etat exige la dépossession de ce bien naturel qu’est la liberté.

3°) Avantages de la vie en collectivité

Si l’homme, dans la vie en société se voit dépossédé de sa liberté originelle et que par cette dépossession n’est aucunement contrainte mais voulue de manière contractuelle, il faut bien qu’il y ait une contrepartie, un avantage. Quelle est cette contrepartie ?

On ne peut exagérer le caractère bénéfique de cette liberté naturelle. En effet, non seulement cette liberté première est hypothétique mais s’accompagne surtout de désavantages. (Cf. Hobbes, Rousseau et Kant)

Pour Rousseau, la solitude est une faiblesse ; bien difficile en effet de se défendre contre les dangers extérieurs. Pour Hobbes, l’état de nature, l’individu se retrouve sous la menace de l’autre.

[Il serait intéressant de préciser la conception de Hobbes de l’homme à l’état de nature]

Au contraire, la collectivité aura au moins, pour compenser la perte de la liberté d’origine, l’avantage d’assurer la sécurité par l’addition des forces de chacun. Si l’homme, hors de l’Etat vit dans l’indépendance et de liberté, dans l’Etat, il se voit certes dessaisi de ce bien précieux mais c’est pour recevoir, en contrepartie la sécurité (Hobbes).

Cet échange, liberté contre sécurité, n’aliène-t-il pas l’homme lui-même ? L’homme semble accepter ce « troc » pour des raisons de survie. Pour ne pas perdre la vie, l’homme ne perd-il pas son âme ?

Toujours est-il que le pouvoir ne semble pas ainsi être un facteur de liberté. Et, sur ce point, l’Ettat a souvent fait l’objet de critique.

Partie 2 : Critique de la machine étatique.

1°) Le point de vue anarchiste

L’Etat est par définition hostile à l’individu et à sa liberté (cf. Stirner ; Bakounine…). Pour la théorie anarchiste, rien ne vaut, pour l’homme, en dehors de sa liberté. L’Etat est obligatoirement contraignant. Il exige, en effet, la participation laborieuse, économique, à des tâches qui ne correspondent absolument pas aux désirs du sujet, de l’individu ;

C’est pourquoi, il faut donc détruire l’Etat, son pouvoir étant facteur d’oppression et d’aliénation. L’Etat, par la contrainte qu’il fait peser sur l’individu est liberticide, l’empêchant de se réaliser pleinement.

Il convient de substituer à l’Etat, l’association d’unités plus petites, plus limitées. Les hommes s’unissant spontanément sans qu’il soit besoin de les y contraindre ou de leur montrer qu’un pacte social est nécessaire pour leur bien.

2°) Le point de vue marxiste

On peut penser comme Marx et Engels que le pouvoir de l’Etat est forcément facteur de liberté et d’oppression, en tant que l’Etat lui-même ne représente pas d’autres intérêts que ceux de la classe dirigeante. L’Etat de son côté fait croire, grâce à l’idéologie qu’il diffuse, notamment par l’enseignement, le droit, la morale, etc., que les intérêts de l’Etat sont les intérêts universels.

Marx estime en effet que l’Etat ne peut représenter qu’une fraction d’une classe déterminée, par exemple, les financiers sous Louis-Philippe, ou qu’une classe peut contrôler l’Etat au détriment d’une autre. Dans cette optique, l’Etat n’est qu’une manifestation de la lutte des classes.

Dans cette perspective, la disparition de l’Etat est programmée après le socialisme dans le communisme, la lutte des classes devant cesser faute de combattant après la lutte finale qui voit la plus basse des classes sociale, le prolétariat, parvenir au pouvoir. La lutte des classes disparaitra avec  l’Etat lui-même : fin de l’Histoire !

Cette fin de l’Etat suppose une transformation radicale des citoyens qui devraient réagirent, après la révolution prolétarienne en termes d’intérêts immédiatement collectifs.

3°) Insuffisance de la critique anarchiste et de la critique marxiste

Le point de vue anarchiste et le point de vue marxiste s’oppose radicalement : l’anarchisme prône le tout pour l’individu alors que le marxisme, tout pour l’individu, mais, ces deux conceptions se retrouvent sur l’idée selon laquelle le pouvoir de l’Etat est facteur d’oppression et recherchent une solution pour de sortir de son carcan.

Mais, on peut voir, aussi bien dans l’anarchisme que dans le marxisme, une certaine nostalgie à l’égard d’une situation antérieure qui n’a sans doute jamais existée : le désir de l’anarchisme de retrouver un paradis perdu dans lequel l’homme en tant qu’individu est un être libre et qui aime son semblable ; le désir marxisme de retrouver un état antérieure à la lutte des classes et à l’histoire elle-même.

Certainement peut-on voir le pouvoir de l’Etat comme facteur de liberté et d’oppression, certainement peut-on en avoir l’impression. C’est justement cette impression qui fait que l’Etat a bien souvent mauvaise réputation. Il est vrai que cette impression peut se fonder sur une certaine réalité d’un Etat opprimant le citoyen. Cela est même évident dans les régimes totalitaires.

Cependant, s’il arrive que le pouvoir de l’Etat puisse être facteur de liberté et d’oppression ne devons-nous pas penser, que dans ce cas précis, il dévie de sa véritable destination, qu’il ne correspond pas à ce qu’il devrait être, à sa véritable définition ?

Le pouvoir de l’Etat ne doit-il pas être facteur de liberté, c’est-à-dire favoriser la liberté du citoyen ? La question est celle de savoir comment doit-on penser en droit l’Etat ?

Partie 3 : Etat et liberté

1°) L’Etat doit assurer l’égalité des citoyens et la liberté de tous

Si la loi est arbitraire, ou, si la loi est fondée sur l’autorité arbitraire d’un tyran, comme c’est le cas dans les pays totalitaires, il est certain que l’Etat sera facteur d’oppression et générateur d’inégalités et d’injustices en tout genre. Par contre, si la loi émane de la « volonté générale », elle assure l’égalité et la liberté. Dans ce cas, en effet, aucun désir n’est privilégié, le bonheur de chacun passe par la réalisation du bonheur collectif.

L’Etat de droit s’inscrit dans le cadre de lois qui définissent aussi bien les droits que les devoirs : à la liberté comme un droit pour chaque homme, correspond ses devoirs envers autrui. Dans un Etat de droit, il n’est pas admissible que certains puissent jouir de la liberté au détriment d’autres.  L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté, pourrait-on dire à l’instar de Rousseau.

2°) Le pouvoir de l’Etat doit défendre la volonté générale

[Cf. Rousseau, le Contrat Social]

La volonté générale est la volonté de chacun en tant que citoyen. L’Etat exige du citoyen de conformer sa propre volonté particulière à la volonté générale, comportement qui le conduit hors de lui-même, hors de l’égocentrisme et conduit vers le bonheur collectif.

Si par le contrat social les hommes perdent leur liberté originaire, ils y gagnent en liberté raisonnable (Cf. Kant)

3°) La nécessaire séparation des pouvoirs

Sur un point de vue moins philosophique, sur le plan de l’analyse sociopolitique, on peut dire que l’Etat est le garant de la liberté du citoyen lorsqu’il y a séparation des pouvoirs. En effet, les excès éventuels du pouvoir exécutif sont corrigés par le pouvoir judiciaire tandis que le pouvoir législatif est déterminé par la volonté générale.

Sans cette séparation des pouvoirs, tous les excès sont possibles.

La démocratie semble ainsi être le régime étatique le meilleur, ou, en tout cas celui dans lequel, il y a plus de chance que soit garanties liberté et égalité.

Proposition d’un bilan en vue de la construction d’une conclusion :

Nous savons que l’Etat a bien souvent mauvaise réputation, et si tel est le cas, c’est certainement du fait même qu’il ne correspond pas toujours à ce qu’il devrait être. Il est vrai, que son pouvoir peut très bien être facteur d’oppression. Le cas est évident dans les régimes despotiques.

Sauf à verser dans une utopie ou dans la nostalgie d’un bonheur perdu, on doit considérer l’Etat comme une nécessité dès lors que l’être humain vit en collectivité. Toute la difficulté dans la pratique est d’empêcher l’Etat de ne devenir que le représentant d’une minorité, et de garantir qu’il défend, au contraire les intérêts de tous. Dans ce cas, sans doute idéal, il est facteur de liberté réelle puisque c’est lui qui en définit le cadre et l’exercice possible.

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TL : Suffit-il pour être juste d’obéir aux lois et coutumes de son pays ?

Posted by Hervé Moine sur 2 avril 2009

Tel est le sujet sur lequel je vous demande de réfléchir afin de produire une dissertation. Ce travail devra être rendu vendredi 24 avril 2009.

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Bac Blanc de philosophie pour la terminale L

Posted by Hervé Moine sur 28 mars 2009

Vous traiterez l’un des trois sujets de dissertation :

1. Le langage est-il une invention humaine ?

2. Une culture peut-elle être porteuse de valeurs universelles ?

3. Le pouvoir de l’Etat est-il facteur de liberté ou d’oppression ?

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Kant : L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation ?

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2009

Emmanuel Kant

Emmanuel Kant

« L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce que l’éducation fait de lui. Il faut bien remarquer que l’homme n’est éduqué que par des hommes et par des hommes qui ont également été éduqués. C’est pourquoi le manque de discipline et d’instruction (que l’on remarque) chez quelques hommes fait de ceux-ci de mauvais éducateurs pour les éléves. Si seulement un être d’une nature supérieure se chargeait de notre éducation, on verrait alors ce que l’on peut faire de l’homme.

Mais comme l’éducation d’une part ne fait qu’apprendre certaines choses aux hommes et d’autre part ne fait que développer en eux certaines qualités, il est impossible de savoir jusqu’où vont les dispositions naturelles de l’homme. Si du moins avec l’appui des grands de ce monde et réunissant les forces de beaucoup d’hommes on faisait une expérience, cela nous donnerait déjà beaucoup de lumières pour savoir jusqu’où il est possible que l’homme s’avance? »

Kant Traité de pédagogie

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Obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2009

Proposition d’une introduction

Il apparaît évident que l’obéissance s’oppose à la liberté. En effet, obéir est se soumettre à une volonté, à une loi extérieure à soi, alors qu’être libre c’est être soi-même le sujet de sa propre volonté, de sa propre loi.

Cependant, à y réfléchir de plus près, on peut faire apparaître un jugement tout à fait inverse. On peut également observer en effet que la soumission à la volonté étrangère peut ou bien volontaire ou bien forcée. Si elle est volontaire, elle est donc acceptée, et, dans ce cas, il n’y a pas renonciation à la liberté, puisque l’obéissance provient d’un choix qui a été fait à partir d’une libre décision du sujet. Et, si elle est au contraire forcée, il n’y a pas plus renonciation à la liberté, celle-ci ne pouvant plus simplement s’exercer. Ou bien j’accepte volontairement d’obéir et je renonce nullement à ma liberté ou bien on me force par la contrainte d’obéir et je ne peux l’exercer ce qui ne veut pas dire que j’y ai renoncé.

Mais n’est-il pas un type d’obéissance remettant en cause la liberté ? Puis-je décider à mon gré d’obéir ou de ne pas obéir aux lois du déterminisme naturel ? Les lois de la nature ne me laissent pas le choix. Et les lois politiques et juridiques ainsi que les lois morales ne me mettent-elles pas, de la même manière, dans l’obligation de m’y soumettre ? Y a-t-il contradiction entre être libre et être soumis aux lois ? En d’autres termes, obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?

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