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Posts Tagged ‘anthropologie’

Blumenberg. Pour une anthropologie philosophique

Posted by Hervé Moine sur 14 novembre 2011

Hans Blumenberg

Description de l’homme

Collection passages

aux éditions du Cerf

Présentation de l’ouvrage de Hans Blumenberg, Description de l’homme

Inlassablement Blumenberg explore la genèse de la phénoménologie, sa progression et sa consolidation. Ce travail est mis au service des acquis de la phénoménologie, pour l’enrichir et la rendre fructueuse. Même ses apories sont exploitées à son profit, mais jamais au profit de  » cette forme dégradée de la phénoménologie qui se nomme « ontologie fondamentale » « .

Le but de ces analyses est de montrer que l’interdit d’anthropologie qu’a édicté Husserl va à l’encontre même de son projet. C’est une contingence primordiale qui nécessite la recherche d’une anthropologie : l’absence de rapport entre l’eidos Moi avec l’eidos Homo sapiens. Il faut que soit pris en compte l’homme qui souffre, qui se cherche, s’interroge, se cultive, édifie des systèmes philosophiques et invente les sciences exactes, qui veut réussir sa vie et qui peut la rater ; l’homme qui a besoin de consolation, même si ce besoin est impossible à combler. C’est là comme un lieu vide qu’il revient à l’anthropologie d’investir. Ne subsiste alors que cette reformulation de la question de Kant :  » Comment l’homme est-il seulement capable d’exister ?  » Il l’est parce qu’il voit et, ce faisant, sait qu’il peut être vu. Voilà toute la dignité de la théorie. Pour autant, l’homme n’est jamais transparent, ni à lui-même ni aux autres.

Avec la  » description de l’homme « , la phénoménologie s’est pleinement approprié les conditions de sa propre possibilité.  » Ce qui allait de soi ne va plus autant de soi qu’avant. « 

Hans Blumenberg est né à Lübeck le 13 juillet 1920 ; il meurt à Altenbergen le 28 mars 1996. Il a été professeur de philosophie dans diverses universités allemandes, en dernier lieu à Münster. Il a obtenu le prix K Fischer et le prix S Freud pour l’ensemble de son oeuvre. La Lisibilité du monde est paru en 2007 aux Editions du Cerf.

Le dossier du dernier numéro des Cahiers Philosophiques

consacré à Hans Blumenberg.

Au sommaire de ce numéro 

  • Michèle Cohen-Halimi, “Hans Blumenberg révélateur”, pp.5-8 [à lire en pdf]
  • Denis Trieweiler, “Autour d’une coquille”, pp. 9-18
  • Jean-Claude Monod, “Métaphore absolue et mythe sans fin. La lumière, les ombres, l’aveuglement”, pp. 19-35
  • Pierre Rusch, “L’ancien et le nouveau. Sur la méthode historiographique de Hans Blumenberg”, pp. 36-47
  • Jean-Pierre Faye, “Leibniz et Mallarmé. La lisibilité du ‘jet du hasard’ selon Blumenberg”, pp. 48-56
  • Georges-Arthur Goldschmidt, “Blumenberg à Kiel”, pp. 57-59
  • Bernard Lacorre, “Bibliographie”, pp. 59-62
  • Etudes : Hamdi Mika, “Arguments d’indispensabilité et métascience chez Quine”, pp. 63-82
  • Les Introuvables : “Hans Blumenberg, “Pensivité”, traduit de l’allemand par Denis Trieweiler, pp. 83-88
  • Situations :”A propos de Hans Blumenberg”
  • Entretien avec Heinz Wismann, pp. 84-89 [à lire en pdf]
  • Entretien avec Denis Trierweiler, p. 101. [à lire en pdf]

 

Entre Darwin et la phénoménologie :

la voie étroite mais sûre d’une anthropologie.

Article de Hicham-Stéphane Afeissa paru dans nonfiction.fr le 14 novembre 2011

L’anthropologie – comprise comme enquête philosophique portant sur l’homme, sur sa vie, sur celui qui est là, en chair et en os, qui souffre, qui se cherche, qui s’interroge, qui édifie ses systèmes philosophiques et invente les sciences exactes, qui veut réussir sa vie aussi – a longtemps eu mauvaise presse en Allemagne à la fin du XIXe siècle et au cours des premières décennies du XXe siècle. Il n’est que de penser au sort que la tradition a réservé à l’Anthropologie d’un point de vue pragmatique de Kant, à laquelle fort peu d’attention a généralement été accordée – alors même que Kant faisait de la question « Qu’est-ce que l’homme ? » la question majeure que l’on peut poser en philosophie, celle en laquelle se ramènent les trois autres, à savoir « Que puis-je savoir ? », « Que dois-je faire ? », « Que m’est-il permis d’espérer ? ».

Hans Blumenberg, dans ce livre à tous égards remarquable qui vient de paraître grâce aux bons soins de son infatigable traducteur Denis Trierweiler(1), et qui inaugure la série des livres posthumes dont la composition n’a pas été exhaustivement décidée par l’auteur, raconte, au seuil de l’ouvrage, une anecdote très révélatrice. Ernst Mach, le 16 avril 1886, est invité à prononcer une conférence à la session des collèges de Dortmund, sur le thème de la valeur formatrice relative des disciplines d’enseignement philologique, et celles relevant des sciences mathématiques de la nature dans les établissements supérieurs. A cette occasion, il s’interroge sur la relation entre intérêt pour soi et intérêt pour le monde. Et la conférence tourne alors au pamphlet dirigé contre l’humanisme culturel : depuis les Grecs, dit-il, nous avons appris à élever notre regard vers l’univers, et si l’histoire a délivré une leçon, c’est bien celle qui consiste à ne pas tenir l’homme pour le centre du monde. Soit, répond Blumenberg, « mais de quel droit peut-on en déduire que du coup, l’homme ne pourrait ou ne devrait pas être également le centre de son propre intérêt ? »(2).

Anthropologie vs. Phénoménologie

Ainsi débute l’enquête de Blumenberg, sur un ton polémique qui caractérise toute la première moitié de l’ouvrage (soit les 440 premières pages), en vue de fonder la légitimité de l’anthropologie comme entreprise philosophique. Le partenaire de cette polémique est nommé rapidement : Edmund Husserl, le père de la phénoménologie – et, secondairement, Martin Heidegger.

Au fil d’analyses extrêmement denses et précises, Blumenberg s’efforce de démontrer que le manquement du thème anthropologique par la phénoménologie husserlienne est tout ce que l’on veut sauf fortuit, et que l’inspiration même de cette « philosophie comme science rigoureuse » la condamnait à ne pas pouvoir aborder la question de l’homme, en raison du privilège accordé en phénoménologie à la théorie de la connaissance. Selon Blumenberg, l’orientation des recherches conduites par Husserl en direction de l’élucidation des processus d’intellection, le rejet par ce dernier de tout naturalisme et de tout psychologisme dès les Recherches logiques au nom de l’idée selon laquelle les lois descriptibles de la conscience ne valent pour la conscience humaine que parce qu’elle valent pour toute conscience absolument, puis le tournant transcendantal pris au cours des années 1910 commandant de prendre en considération la conscience pure (et non pas la conscience humaine), ont rendu impossible l’élaboration d’une anthropologie comme discipline philosophique légitime, en dépit des vains efforts du dernier Husserl réagissant, au début des années 1930, aux « déviations » des nouveaux anthropologues issus de son école (à savoir Max Scheler et Martin Heidegger).

Disons sans plus tarder que nous ne partageons pas les conclusions de Blumenberg. Sans pouvoir malheureusement développer ici l’argumentation nécessaire, disons simplement, d’une part, que, contrairement à ce que prétend l’auteur, le tournant anthropologique de la phénoménologie husserlienne ne nous semble pas être de nature réactive ou circonstancielle mais répondre bien plutôt à une évolution interne profonde de toute la phénoménologie en son inflexion génétique, et d’autre part, que l’anthropologie transcendantale à laquelle Husserl aura travaillé à partir des années 1930 nous paraît avoir délivré des résultats concrets de grande valeur sous la forme, entre autres, d’une réévaluation de la biologie, d’une psychologie de la personnalité transcendantale, d’une typologie des figures de moralité et de l’esquisse d’une anthropologie transcendantale de l’habitant du monde. Il est regrettable que Blumenberg ne dise rien sur la doctrine husserlienne de l’Einströmen qui assume pourtant une fonction centrale dans l’articulation de la phénoménologie génétique à une anthropologie transcendantale (alors même que certains des passages qu’il cite de Husserl y font clairement référence(3)), et qu’il consacre l’essentiel de ses analyses critiques à une lecture de la phénoménologie de l’intersubjectivité, dans le cadre de laquelle, pensons-nous, ne se trouvent pas les éléments principaux de ladite anthropologie phénoménologique qu’il recherche dans les écrits de Husserl.

Le point d’interprétation qui, en revanche, nous paraît tout à fait exact dans la lecture de Blumenberg est qu’il existe effectivement une « résistance »(4) de Husserl à l’encontre de l’anthropologisation de la phénoménologie, mais il ne nous semble pas que l’auteur parvienne à bien en saisir les motifs, parce qu’il a eu le tort d’écarter de sa lecture de Husserl des pans entiers de sa doctrine en l’absence desquels sa démarche ne peut plus être comprise.

Anthropologie vs. Analytique existentiale

Autant les analyses critiques que Blumenberg consacre à Husserl impressionnent par leur précision et leur abondance (sans doute ne savions-nous pas, avant cette publication, que l’auteur était à ce point nourri de lectures phénoménologiques), autant les remarques réservées à l’analytique existentiale de Heidegger déçoivent par leur pauvreté et leur manque flagrant de générosité interprétative (5).

En lisant ces pages, nous songions au mot de Léon Brunschvicg au sujet de Bergson : « Ce qu’il y a de faible chez Bergson », disait-il, « ce sont ses têtes de Turc ». L’aversion de l’auteur pour Heidegger, comme le dit Denis Trierweiler dans sa Préface, est manifeste(6). Avouons que la question de l’état des relations personnelles de Blumenberg avec Heidegger nous indiffère franchement : nous espérions une confrontation philosophique, et non pas un règlement de comptes. Mais lorsque les analyses concluent bien rapidement à dire que « la question de l’être n’existe absolument pas », et que, « si elle existait, il serait permis de la disqualifier comme l’une des questions mineures, voire inintéressantes, de la philosophie »(7) ; lorsque l’analytique existentiale est bien vite qualifiée de « superficielle »(8) ; lorsque l’effort accompli dans Etre et Temps est tenu d’emblée, avant tout examen, pour « vain(9) – il ne nous semble pas que les règles élémentaires de la discussion philosophique aient été respectées, en sorte que la hâte avec laquelle le lecteur lira ces pages pour passer aux suivantes sera, par un juste retour des choses, elle aussi bien légitime.

Une anthropologie darwinienne

Et c’est alors avec émerveillement que ledit lecteur découvrira, dans la seconde partie de l’ouvrage(10), les esquisses de l’anthropologie philosophique que Blumenberg tente de développer pour son propre compte.

En quoi consiste-t-elle exactement ? La voie anthropologique que s’efforce d’ouvrir Blumenberg est d’abord darwinienne en ceci qu’elle est une anthropogenèse, laquelle vise à comprendre et à expliquer la connaissance que l’on a du monde et de ses objets comme un avantage de la sélection, comme le résultat de longs processus d’adaptation du système organique. L’anthropologie de Blumenberg est une anthropologie de l’Homo sapiens pris dans sa contingence primaire, c’est-à-dire tel qu’il aurait pu ne jamais voir le jour sous les traits sous lesquels nous le connaissons aujourd’hui. L’auteur, en des pages splendides et puissamment suggestives, invite à examiner cette possibilité de pensée consistant à « considérer la raison comme une déviation du système organique, comme un artifice et une issue de secours de tels systèmes organiques, qui se seraient retrouvés, au cours de leur développement, dans une situation si précaire et si pitoyable, dans un quasi cul-de-sac, que seul le développement de compensations plastiques (telles que l’on peut les regrouper sous le terme de « raison ») a pu les aider à survivre dans le combat pour l’existence »(11)

« L’homme », écrit Blumenberg, « est cet être qui aurait pu se rater et qui peut encore se rater »(12), en ce sens, à la fois, où ce n’est pas seulement la vie qui est une apparition relativement improbable dans l’univers, mais encore la raison, et en ce sens où l’homme est cet être qui est toujours exposé à rater sa vie – et qui le fait si souvent. De là procède une double tâche de l’anthropologie selon Blumenberg : l’une qui se consacre à l’examen de la crise dans laquelle l’homme pourrait finir, laquelle demande à être observée à la lumière de la crise dont il a procédé, et dans laquelle « la perte de la disposition à l’adaptation a engendré de force la naissance de la sphère culturelle des adaptations institutionnelles »(13) ; et la seconde qui vise à élucider les structures anthropologiques de l’existence de cet être dont l’apparition radicalement contingente permet de comprendre bien des comportements et attitudes.

Les analyses que Blumenberg développe au titre de la seconde tâche de son anthropologie philosophique sont parmi les plus belles du livre. On ne se lassera pas ainsi de lire et de relire le chapitre consacré au besoin de consolation de l’homme(14), où ce dernier est compris comme l’être qui veut avoir été voulu, selon une formule superbe qui fait irrésistiblement songer à Schopenhauer (lequel est effectivement régulièrement cité ici, ce qui constitue pour nous la seconde surprise que réservait cet ouvrage posthume : Blumenberg puise une bonne partie de son inspiration anthropologique de sa lecture de la métaphysique et de l’éthique schopenhaueriennes).

Une anthropologie phénoménologique ?

Mais en quel sens cette anthropologie peut-elle être dite phénoménologique(15) ?

Il faut avouer que, en première lecture, la réponse n’apparaît pas avec évidence. Mais à mieux y regarder il est manifeste que le thème de la visibilité, du devenir-visible, de l’être exposé à la vue des autres, de la phénoménalisation ou de la présentation de soi – ce que Blumenberg appelle « le complexe anthropologique de la visibilité, qui englobe le fait de pouvoir être vu, de se laisser voir et de se présenter »(16) – est omniprésent, au point d’assumer le rôle de cheville ouvrière entre la première et la seconde parties, non seulement parce que certaines analyses, en première partie, relèvent clairement de la phénoménologie de l’être-vu (par exemple la remarquable analyse de la quotidienneté dans laquelle, rectifiant la ligne d’interprétation adoptée par Heidegger, Blumenberg fait remarquer que la quotidienneté pourrait être comprise, dans sa globalité, comme l’effort pour passer inaperçu(17)), mais encore parce que la seconde partie entreprend, pour le fond, de mener à bien le projet d’une anthropologie phénoménologique que la phénoménologie husserlienne a précisément manqué, en procédant à ce que l’on pourrait appeler une naturalisation de la phénoménologie, par laquelle les principaux concepts de la phénoménologie font l’objet d’une réinterprétation en contexte naturaliste (par exemple le concept de conscience intentionnelle ou celui d’horizon, dont Blumenberg propose une genèse dans le cadre darwinien de la lutte pour la survie, et une interprétation dans laquelle l’accès à la visibilité joue un rôle central(18).

Il est impossible de restituer l’étonnante richesse des analyses que propose Blumenberg, lesquelles concernent aussi bien le phénomène de la santé, que l’expérience de l’ennui, le sentiment de la honte, l’exhibition de la nudité, les émotions amoureuses, etc., que l’auteur développe d’une plume très élégante en mobilisant une vaste culture philosophique, psychanalytique et littéraire. Le livre de Blumenberg est l’un des grands livres de philosophie parus ces dernières années. Lucien Febvre notait, au terme de son compte rendu de la Méditerranée de Braudel, que ce livre n’était pas seulement un livre qui instruit, mais un livre qui grandit. Celui de Blumenberg fait partie de ce genre de livres – assurément très rare. .

Hicham-Stéphane AFEISSA, Critique à nonfiction.fr

Illustration : http://www.flickr.com/photos/periegese/4364180083/

Notes :

  1. Auquel l’on devait déjà la traduction de La lisibilité du monde, paru aux éditions du Cerf, en 2007.
  2. p. 31-32.
  3. Voir ainsi le texte de Husserl daté de 1932, qu’il cite p. 433.
  4. p. 241, p. 431.
  5. Voir notamment p. 203-16.
  6. p. 15.
  7. p. 206.
  8. p. 203.
  9. p. 28.
  10. p. 443-821.
  11. p. 459-60.
  12. p. 490.
  13. p. 516.
  14. p. 579-608.
  15. D. Trierweiler note dans sa Préface que l’ouvrage devait s’intituler Anthropologie phénoménologique avant que l’auteur ne se ravise et opte pour Description de l’homme. Voir la Préface p. 21
  16. p. 719.
  17. p. 200-2.
  18. p. 522 sq.

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Il a inventé l’humain et il lui reste à devenir humain

Posted by Hervé Moine sur 28 octobre 2011

« L’humain est bien une invention des hommes, mais n’est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n’est pas humain de fait. Il a inventé l’humain et il lui reste à devenir humain, ce qui sera fait lorsqu’il regardera le monde qui l’entoure avec humanité. »

Cette citation du paléanthropologue français Pascal Picq donne à penser sur notre vision du monde, sur notre lien à la nature et à l’humanité elle-même, dans l’entreprise par exemple.

Pascal Picq

Un paléoanthropologue dans l’entreprise

S’adapter et inover pour survivre

Aux éditions Eyrolles

A priori sans lien aucun, l’entreprise et la paléoanthropologie partagent pourtant un terrain de réflexion commun. Cet ouvrage original et brillant, illustré d’exemples historiques et récents, est plongé dans l’actualité économique et financière. Pascal Picq y démontre comment le courant darwiniste de l’évolution peut aider à faire sauter les blocages de l’entreprise en France, prisonnière des vieux réflexes lamarckiens.

De Lucy au développement durable, des solutions innovantes et une autre façon de penser sont envisagées.

Auteur de grands succès comme Au commencement était l’homme et Lucy ou l’obscurantisme, Pascal Picq est maître de conférences à la chaire de paléoanthropologie et préhistoire du Collège de France.

Pour se procurer l’ouvrage de Pascal Picq, Un paléoanthropologue dans l’entreprise

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La vie, la société, la politique

Posted by Hervé Moine sur 1 octobre 2011

Colloque

Vendredi 28 octobre 2011  à Paris (75013)

L’anthropologie philosophique et son potentiel critique. La vie, la société, la politique

Leben, Gesellschaft, Politik. Philosophische Anthropologie und ihr kritisches Potential

L’anthropologie philosophique constitue dans la pensée contemporaine un paradigme sui generis qui semble promis aujourd’hui à une actualité nouvelle. Le projet se fixe pour objectif d’en étudier la spécificité et l’actualité dans une double perspective : historique et franco-allemande.

Au Programme

Vendredi / Freitag, 28.10.2011

  • 9h00 Gérard RAULET (Paris), Politische Herausforderungen. – Lehren aus einem Forschungsprojekt.
  • 9h40 Joachim FISCHER (Dresde), Philosophische Anthropologie als kritische Theorie?

10h20 Discussion

  • 11h00 Guillaume PLAS (Paris), Bergsons Anthropologie und die Suche nach der deutschen kulturellen Identität in der Weimarer Zeit.

11h40 Discussion

  • 14h00 Alexis DIRAKIS (Potsdam / Paris IV), Plessner et la tralectique humaine. Une anthropologie biopolitique de la juste mesure
  • 14h40 Hans-Peter KRÜGER (Potsdam), Plessners Philosophische Anthropologie als Selbstkritik der westlichen Moderne.
  • 15h20 Mario MARINO (Poznan), Voegelin, Plessner und Gehlen auf der Probe von alten und neuen Rassismen.

16h00 Discussion

  • 16h30 Julia CHRIST (Paris / Francfort), Aux sources de l’anthropologie philosophique en France. Georges Bataille et « l’être hors de soi comme lieu de la critique ».
  • 17h10 Francesco GREGORIO (Lausanne), Héroïsme et pessimisme de l’homme philosophe. L’anthropologie philosophique de Castoriadis
  • 18h00 Heike DELITZ (Bamberg), „Die wahre soziale Beziehung ist die der technischen Aktivität“. – Philosophische Anthropologie und Gesellschaftstheorie bei Gilbert Simondon.

18h45 Discussion

Samedi / Samstag, 29.10.2011

  • 9h15 Ada NESCHKE (Lausanne), Die « Natur » des Menschen und das Recht – La « nature » de l’homme et le droit.
  • 10h00 Matthias SCHLOSSBERGER (Potsdam), Anthropologie der Menschenrechte
  • 11h00 Karl-Siegbert REHBERG (Dresde), Kunst als Erkenntnismedium. Arnold Gehlens
    Kunstsoziologie als anthropologisch fundierte Zeitdeutung.

Organisation

Groupe de recherche sur la culture de Weimar

190 avenue de France

75013 Paris

Tél.: 01.49.54.22.58

groupe.weimar@msh-paris.fr


Lieu

  • Paris (75013)

Dates

  • vendredi 28 octobre 2011
  • samedi 29 octobre 2011

Contact

  • Gérard Raulet
    courriel : groupe [point] weimar (at) msh-paris [point] fr

Url de référence

Source de l’information

  • Annette Schläfer
    courriel : schlafer (at) ciera [point] fr

« L’anthropologie philosophique et son potentiel critique. La vie, la société, la politique », Colloque, Calenda, publié le vendredi 30 septembre 2011, http://calenda.revues.org/nouvelle20941.html

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Le monde contemporain a-t-il rompu le contrat moral tacite entre l’homme et l’animal ?

Posted by Hervé Moine sur 19 mars 2011

La question animale

Entre science, littérature et philosophie

Presses Universitaires de Rennes

Sous la direction de Jean-Paul, Lucie Campos, Catherine Coquio et Georges Chapouthier

Présentation de l’ouvrage

Y a-t-il eu un jour entre les animaux et les hommes un contrat moral implicite que l’homme aurait détruit ? Ici, l’articulation de la littérature et des sciences fait problème, tandis que les philosophes sont loin de s’accorder entre eux : les débats internes à l’éthique animale anglo-saxonne reposent sur des prémisses étrangers à la déconstruction que radicalise aujourd’hui la philosophie continentale de l’animalité. Réouvrir la question de l’animal, longtemps sacrifiée au primat d’un logos anthropocentrique, c’est comme l’a dit Derrida réouvrir la « question du pathos » pour se diriger ailleurs : un ailleurs reconnu et parcouru déjà en littérature.

Quatrième de couverture

Une « question animale » se pose avec insistance aujourd’hui : découvertes majeures en éthologie, avec la mise en évidence de cultures animales ; prolifération de discours philosophiques, d’essais littéraires, de récits consacrés aux bêtes, multipliant les protocoles de relecture qui questionnent les rapports entre la raison et le sensible ; développement d’une « éthique animale » et « environnementale ». Car cet intérêt se dessine sur fond de catastrophe écologique et d’extinction des espèces. Alors que les avancées scientifiques font apparaître des mondes perceptifs communs aux animaux et aux hommes, que l’imagination littéraire avait sondés autrement, leurs communautés vécues reculent, voire disparaissent, produisant une inquiétude nouvelle. L’idée surgit d’un « contrat » moral entre humains et animaux que l’époque moderne aurait rompu. Faut-il construire un tel contrat pour notre présent, et avec quels instruments ? Ou faut-il repenser de fond en comble nos rapports avec le monde animal ? Sur ces questions se confrontent utilitarisme anglosaxon et déconstruction continentale, les uns parlant de droits, de devoirs et d’intérêts mutuels, les autres oeuvrant à « rouvrir la question du pathos » et faisant entendre le « silence des bêtes », tandis qu’une nouvelle littérature, fictionnelle ou non, requestionne les pouvoirs et les limites de l’empathie et de la compassion. Au risque d’alimenter un nouveau mythe : celui de l’animal victime, témoin muet d’une faute humaine universelle, qui viendrait rejoindre et représenter les victimes des catastrophes historiques du XXe siècle. Ce livre tente d’accompagner ces questions et ce mythe sur un mode critique, qui nous invite à penser à nouveaux frais nos similitudes et nos différences.

Pour se procurer La question animale : Entre science, littérature et philosophie

Les auteurs

5 philosophes, parmi 19 auteurs, ont participé à La question animale : Entre science, littérature et philosophie et en particulier Georges Chapouthier pour lequel nous avions notamment dresser un portrait à l’occasion d’une de ses interventions  Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? en février dernier.

Georges Chapouthier, de double formation biologiste et philosophe, est directeur de recherches au CNRS.

Georges Chapouthier a notamment publié L’homme, ce singe en mosaïque (Odile Jacob, 2001) et Kant et le chimpanzé. Essai sur l’être humain, la morale et l’art, (Belin, 2009).

dans La question animale : Entre science, littérature et philosophie, Georges Chapouthier à écrit l’article qui s’intitule En morale, sommes-nous des philosophes ou des chimpanzés ?

Florence Burgat est directrice de recherche en philosophie (INRA-RITME/Paris I-ExeCo). Elle travaille actuellement sur les approches phénoménologiques de la vie animale et a publié sur ce thème Liberté et inquiétude de la vie animale (Kimé, 2006) ainsi qu’un volume collectif Comment penser le comportement animal ? Contribution à une critique du réductionnisme (Paris MSH/Quæ, 2010).Article dans La question animale : Entre science, littérature et philosophieLa disparition

Catherine Larrère est professeur à l’université de Paris I-Panthéon Sorbonne et spécialiste de philosophie morale et politique. Elle s’intéresse aux questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale et aux nouvelles technologies (protection de la nature, prévention des risques, développement des biotechnologies). Elle a publié notamment Les Philosophies de l’environnement (PUF, « Philosophies », 1997), Du bon usage de la nature, Pour une philosophie de l’environnement, (en collaboration avec Raphael Larrère), Aubier, 1997 (rééd. Champs-Flammarion, 2009) et co-dirigé La Crise environnementale (en collaboration avec Raphael Larrère, Éditions de l’INRA, 1997) et ature vive (MNHN Fernand Nathan, 2000).

Article dans La question animale : Entre science, littérature et philosophieEthique environnementale et éthique animale avec Raphaël Larrère

Lucie Campos, docteur en littérature comparée, enseigne à l’université de Poitiers. Ses travaux portent sur le traitement de la conscience historique dans la pensée contemporaine, sur l’histoire de la critique et de la théorie littéraire aux XIX e et XX e siècles, et sur la relation entre littérature et philosophie. Elle a publié divers articles portant sur la politique de la mémoire et du patrimoine, sur W. G. Sebald, I. Kertész, et J. M. Coetzee, sur la pensée de G. Agamben, sur les questions de l’interprétation et de la traduction, ainsi que sur différents aspects de la pensée postcoloniale.

Article dans La question animale : Entre science, littérature et philosophie : Poétiques philosophiques de l’animal avec W. G. Sebald & J. M. Coetzée

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, est maître de conférences en relations internationales au département de War Studies du King’s College de Londres. Il est l’auteur d’Éthique animale (PUF, 2008, préfacé par Peter Singer), L’éthique animale (PUF, Que sais-je ?, 2011) et Apologies des bêtes. Anthologie historique d’éthique animale (PUF, 2011).

Article dans lLa question animale : Entre science, littérature et philosophieLes principaux courants en éthique animale

 

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Entre le grand philosophe Emmanuel Kant et les chimpanzés, un fossé infranchissable ?

Posted by Hervé Moine sur 7 février 2011

Séminaire Individuation et technique

Mardi 15 février 2011

Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord

Georges Chapouthier

Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ?

La prochaine séance du séminaire « Individuation et technique » aura lieu le mardi 15/2 de 17h à 19h30 à la Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord, 4 rue de la Croix-Faron (RER B station La Plaine-Stade de France). Nous aurons le plaisir d’accueillir le neurobiologiste Georges Chapouthier.

L’auteur de L’homme, l’animal et la machine et de Kant et le chimpanzé : Essai sur l’être humain, la morale et l’art interviendra sur le thème : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ?«  Son intervention aura lieu dans la Salle A, et sera suivie d’un débat.

Rappel sur le séminaire

Le séminaire « Individuation et Technique » résulte du couplage des activités de l’atelier avec le nouveau séminaire organisé par Jean-Hugues Barthélémy dans lecadre de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, où il prolonge ses précédentes recherches sur « L’Encyclopédisme génétique de Gilbert Simondon ». Il accueille des conférences relatives à quelques chantiers théoriques ouverts par l’œuvre simondonienne :

  1. Comment penser la dérivation de la culture à partir de la nature en accord avec les récents progrès de l’éthologie ? Autrement dit, comment penser la dérivation de la culture comme sphère du sens à partir de la nature, à l’heure où l’éthologie vient bousculer les derniers îlots de résistance des philosophes du « propre de l’homme » ?
  2. Peut-on mettre en relation la pensée du vivant chez Simondon avec les dernières avancées théoriques de la biologie française ? Autrement dit, L’individuation est-elle la thématique où doit se construire cette articulation de l’homme au vivant ? Quelle est d’autre part la nature exacte du lien entre la pensée simondonienne du vivant (présence de processus internes de mort comme conditions de l’individuation vitale, mais aussi critique de la conception de l’information comme message) et les dernières avancées théoriques de la biologie française (Ameisen, Kupiec) ?
  3. Quel statut reçoit la technique au sein de ce devenir culturel de la nature ? Faut-il en faire (peut-être par-delà Simondon autant que grâce à lui) une condition générale, et définir différents régimes de technicité en fonction des différentes « phases de la culture » (science, art, etc) ?

En outre, les travaux du séminaire ont vocation à alimenter les Cahiers Simondon que dirige Barthélémy.

Pour cette année 2010/11 , Le séminaire « Individuation et technique » (MSH-Paris-Nord), en partenariat avec l’Atelier Simondon (ENS Ulm) a déjà proposé 5 séances ont déjà eu lieu : « Simondon et les différents stades de la mécanique quantique » avec Gilles Cohen-Tannoudji (CEA), « L’homme, la technique et la Polis », par Jean-Hugues Barthélémy et « L’histoire… à la limite », par Ludovic Duhem (Lille 3) ; « Simondon et les sciences sociales » avec Xavier Guchet (Paris 1) ; « Les enjeux de la postanimalité » avec Dominique Lestel (ENS) et le 20 janvier dernier « Le disegno chez Simondon » avec Giovanni Carrozzini (Université de Lecce).

5 séances, sont encore à venir

  • Mardi 16 février : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? » avec Georges Chapoutier (CNRS et MSH Paris-Nord)
  • Jeudi 17 mars : « La mécanologie du satellite Herschel » avec Vincent Minier (CEA)
  • Jeudi 7 avril : « Simondon et la psychothérapie » avec Jacques-Antoine Malarewicz (Malarewicz Conseil)
  • Jeudi 5 mai : « Repenser la politique avec Simondon » avec André Tosel (professeur émérite des universités)
  • Jeudi 26 mai : « Simondon, théoricien de l’imagination » avec Jean-Louis Déotte (Paris 8 et MSH-Paris-Nord)

Portrait du prochain intervenant du séminaire le neurobiologiste, Georges Chapouthier

Article de Marie Lescroart du Journal du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/4649.htm

rencontre avec
Georges Chapouthier © S. Godefroy/CNRS Photothèque

Passion double

Entre biologie et philosophie, Georges Chapouthier n’a pas voulu choisir. Neurobiologiste, directeur de recherche CNRS au Centre émotion-remédiation et réalité virtuelle1, spécialiste des liens entre anxiété et mémoire, l’homme est aussi auteur d’essais sur l’animalité, le droit de l’animal, et l’éthique de nos relations à la nature. Paru chez Belin en 2009, l’un de ses derniers ouvrages, Kant et le chimpanzé, traite de la continuité entre animal et être humain, et des racines « naturelles » de concepts aussi évolués que l’art et la morale. Le débit est rapide, les idées fusent, précises : Georges Chapouthier n’est pas homme à perdre de temps. C’est qu’il a dû optimiser son agenda pour mener de front ses deux carrières ! « Après mes journées au laboratoire, la philosophie occupe le plus clair de mon temps libre. Mais en fait, j’y pense continuellement, avoue-t-il. D’ailleurs, je vois mal comment j’aurais pu avoir ce parcours sans cette passion pour ces deux disciplines ! »

Ce double attrait ne date pas d’hier. « Nous sommes tous conditionnés par notre enfance », estime-t-il. La sienne fut marquée par une double influence. Son côté littéraire, un appétit pour les livres qu’il dévore depuis son plus jeune âge, il le doit à son père, archéologue et professeur de grec à la Sorbonne, et à sa mère qui enseignait les lettres classiques dans un lycée. Son intérêt pour les sciences est, lui, un avatar de « cette appétence pour les animaux qui, pour des raisons mystérieuses, touche certaines personnes ». Enfant, il se réjouissait de retrouver les animaux de la ferme de son grand-père, en Charente, connaissait par leur nom tous les chiens du village, passait des heures avec les chats. « Cet amour des bêtes est à l’origine de ma volonté de comprendre leur comportement », analyse-t-il rétrospectivement.

En terminale, le jeune homme doit bien faire un choix. Il opte pour les sciences. « J’aimais les lettres, mais pas le latin », justifie-t-il. S’ensuit une classe préparatoire en biologie, puis l’École normale supérieure. C’est avec son sujet de thèse de troisième cycle, sur l’apprentissage des vers plats, qu’il entame sa carrière d’explorateur de la mémoire. Une exploration fructueuse. Dans les années 1980, avec Jean Rossier, au laboratoire de physiologie nerveuse du CNRS, à Gif-sur-Yvette, il montre qu’à dose très faible, une molécule, la b-CCM, facilite l’apprentissage chez la souris, tandis qu’à dose plus forte, elle le perturbe et provoque l’anxiété. Ces travaux, qui suggèrent qu’anxiété et mémoire reposent sur un même mécanisme, lui valent deux publications, coup sur coup, dans la revue Nature. En 1989, il rejoint le groupe de génétique du comportement de Pierre Roubertoux à la faculté de médecine de Paris. Et c’est là qu’il met en évidence certains facteurs génétiques conditionnant la sensibilité à l’anxiété, en produisant deux lignées de souris dont l’une est sensible, et l’autre est résistante à la b-CCM. Enfin, en 1995, il intègre son unité actuelle, le laboratoire de Roland Jouvent, afin de poursuivre ses recherches sur l’action des molécules sur l’anxiété et la mémoire des rongeurs.

Beaucoup se seraient contentés de cette carrière bien remplie de biologiste. Mais à peine l’avait-il entamée que le littéraire en lui souffrait déjà d’être délaissé. Goût pour les études oblige (encore un coup du conditionnement familial), il entreprend, juste après sa nomination au CNRS, un cursus complet en philosophie, parallèlement à son activité de jeune chercheur. « Je me disais que mes futurs travaux de philosophe pourraient se nourrir de mes recherches en biologie. » Ce spécialiste de la mémoire soutiendra donc une thèse de troisième cycle en philosophie sur le concept d’information. Plus tard, il explorera l’apparent paradoxe qu’il y a à expérimenter sur les animaux, quand on est depuis toujours défenseur de leur cause, dans sa thèse d’État sur le respect de l’animal. Publié en 1990 aux éditions Denoël sous le titre « Au bon vouloir de l’homme, l’animal », ce travail est devenu une référence en matière d’éthique et de droit de l’animal.

À deux ans de la retraite, Georges Chapouthier n’est pas prêt de se retirer du monde des idées. Côté sciences, il entame un nouveau chapitre de ses recherches pour étudier, sous la direction du professeur Jouvent, les rapports entre anxiété et mémoire chez l’être humain, sans oublier des projets de livres sur le cerveau. Ensuite, il aimerait se consacrer pleinement aux lettres, voire à la littérature. « J’aimerais m’essayer à la science-fiction », confie-t-il. Et, peut-être, se retirer à la campagne, avec des compagnons à quatre pattes.

Marie Lescroart

Notes : 1. Unité CNRS / APHP Pitié-Salpêtrière / Université Paris-VI.

George Chapouthier et Frédéric Kaplan

L’homme l’animal et la machine

CNRS Editions

Présentation de l’éditeur

Les animaux ont-ils une conscience ? Sont-ils intelligents ? Et les machines ? Peuvent-elles avoir un cerveau ? La culture, qui a fait l’intelligence de l’homme, fera-t-elle l’intelligence des machines ? Les ordinateurs remplaceront-ils un jour les humains ? Et l’homme ? Est-il une machine ? Un animal ? Les deux ? Autant de questions qui, au final, n’en font qu’une : comparé aux machines et aux animaux, quel est le propre de l’homme ? Chaque nouvelle découverte des biologistes, chaque nouvelle invention des ingénieurs nous invite à reconsidérer cette vertigineuse interrogation. Voici réunis, en un volume clair et didactique, les analyses des deux grands spécialistes d’un sujet qui n’en finit pas d’alimenter les débats entre scientifiques, zoologistes, informaticiens, philosophes, théologiens… Sont ainsi explorés les concepts clés à partir desquels l’homme s’est comparé aux animaux et aux machines : apprentissage, intelligence, conscience, capacité à ressentir la douleur, à construire une culture ou une morale. Sont aussi analysées les relations complexes qui nous lient à notre alter ego biologique et artificiel : attachement, sexualité, droit, hybridation. Sans oublier les traits qui semblent encore spécifiques à l’homme : le rire, l’imaginaire, l’âme ou le sens du temps. Un ouvrage passionnant qui explore les méandres de la nature humaine à l’aune des dernières avancées de la science.

Le co-auteur de Georges Chapouthier, Frédéric Kaplan  est spécialiste des interfaces homme-machines et de l’intelligence artificielle, est chercheur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il a notamment publié Les machines apprivoisées (Vuibert, 2005) et La métamorphose des objets (Fyp, 2009)

Pour se procurer l’ouvrage de Georges Chapouthier et de Frédéric Kaplan, L’homme, l’animal et la machine

 

Georges Chapouthier

Kant et le chimpanzé

Essai sur l’être humain, la morale et l’art

Editions Belin / Pour la science

Présentation de l’éditeur

Nous, êtres humains, sommes issus d’une longue évolution, minérale et cosmique d’abord, biologique et terrestre ensuite. Pour certains, nous aurions définitivement rompu avec un héritage ancestral qui faisait de nous des bêtes. Nous seuls serions capables du sens du bien et du sens du beau. Nous seuls serions doués de morale. Il existerait ainsi un fossé infranchissable entre le grand philosophe Emmanuel Kant et nos cousins les chimpanzés ! Ou bien, au contraire, faut-il considérer que la morale et l’esthétique chez l’homme plongent leurs racines dans le terreau de la « nature »? Les animaux ne sont-ils pas eux aussi capables de dévouement pour leurs proches? Nos cousins les primates ne peuvent-ils pas éprouver eux aussi des sentiments en face d’une belle (d’un beau) chimpanzé ? Bref, la découverte des « cultures animales » n’amène-t-elle pas à concevoir davantage de continuité entre l’homme et l’animal ?

Pour se procurer l’ouvrage de Georges Chapouthier, Kant et le chimpanzé : Essai sur l’être humain, la morale et l’art

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À côté du genre. Le sexe, une question d’épistémologie

Posted by Hervé Moine sur 1 janvier 2011

Geneviève FRAISSE

À côté du genre. Le sexe, une question d’épistémologie

Mer 5 jan (18h30-20h30)

Amphithéâtre 45 B, Université Paris 6-Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris

Cette conférence organisée avec le soutien de l’université Paris 6-Pierre et Marie Curie.

Entre l’invention remarquable du concept de genre et le modèle usagé de la dualité nature/culture, il faut faire place à un questionnement propice à l’historicité, à l’histoire possible des sexes. Entre l’ambition conceptuelle et la ritournelle anthropologique, on peut tracer un chemin qui ne soit pas seulement à rebours : le social fabriquant le biologique, l’identité triomphant du politique. Comment l’historicité peut-elle alors déjouer le rappel permanent de l’atemporalité des sexes, l’injonction à la répétition immuable de leur rapport ; comment permet-elle d’échapper à la « ritournelle » ?

  • Intervenante : Geneviève Fraisse
  • Discutante : Rada Ivekovic, ancienne directrice de programme au CIPh, philosophe, féministe, indianiste ; CRESPPA-GTM, UMR 7217 ; université de Saint-Etienne.

Geneviève Fraisse est philosophe, directrice de recherche au CNRS, a publié de nombreux livres sur la controverse des sexes, épistémologique et politique, dont Muse de la raison (1989, Folio Gallimard 1995), Les deux gouvernements, la famille et la cité (2000, Folio Gallimard 2001), Du Consentement (Seuil 2007), Le Privilège de Simone de Beauvoir (Actes sud 2008). A côté du genre paraît aux éditions Le Bord de l’eau à l’automne 2010.

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Pour un plaidoyer en faveur d’Aristote…

Posted by Hervé Moine sur 12 novembre 2009

Paul Jorion, « Comment la vérité et la réalité furent inventées »

Jorion vérité réalitéPaul Jorion,

Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009),

dans la Collection « Bibliothèque des Sciences Humaines »,

chez Gallimard, 400p.

ISBN 9782070126002

Cet essai ambitieux se veut une contribution à l’anthropologie des savoirs. Paul Jorion y propose un exercice de décentrement radical par rapport à nos habitudes de pensée. Il montre comment les notions de « vérité » et de « réalité », loin d’aller de soi, sont apparues à des moments précis de l’histoire de la culture occidentale.

La « vérité » est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la « réalité » (objective), dans l’Europe du XVIe siècle. L’une découle de l’autre : à partir du moment où s’impose l’idée d’une vérité, sous l’influence de Platon et d’Aristote, dire la vérité revient à décrire la réalité. Selon Paul Jorion, cette dernière résulte toutefois, sous sa forme moderne, d’un coup de force opéré à la Renaissance par les jeunes-turcs de l’astronomie moderne naissante. Ce coup de force supposait une assimilation de deux univers : le monde tel qu’il est en soi et celui des objets mathématiques. Il en résulta une confusion entre les deux, dont la science contemporaine est l’héritière.

À suivre l’auteur, nous sommes entrés dans l’époque des rendements décroissants de ces « inventions » jadis fructueuses. D’où la nécessité de débarrasser l’entreprise de construction des connaissances du mysticisme mathématique et de réhabiliter la rigueur dans le raisonnement. Celle-ci exige de réassigner au modèle, en particulier mathématique, son statut de représentation au sein de l’esprit humain. L’ouvrage constitue ainsi un plaidoyer en faveur d’un « retour à Aristote », situant l’auteur dans une tradition philosophique où l’on côtoie Hegel et Kojève, mais aussi Wittgenstein.

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Qui est Paul Jorion ?

Paul Jorion est Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a enseigné aux universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique.

Paul Jorion a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Il a publié un ouvrage en anglais relatif aux répercussions pour les marchés boursiers de la faillite de la compagnie Enron : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill : 2003). Il a publié plus récemment, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007), L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (Fayard : 2008) et La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard : 2008).

Paul Jorion est « Visiting Scholar » du Programme Interdépartemental Human Complex Systems de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Pour se procurer Comment la vérité et la réalité furent inventées

Jorion vérité réalité________________________________________

Pour obtenir les autres ouvrages de Paul Jorion

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De nombreuses langues en danger

Posted by Hervé Moine sur 20 octobre 2009

Doit-on assister, sans rien faire, à la mort inéluctable de nombreuses langues ?

the death of language

« Unicité de l’espèce, pluralité des langues »

article d’Hervé Moine

La mort en 2008 du Chef Marie Smith Jones la mort de sa langue

Avec la mort en 2008 de Marie Smith Jones disparaît l'Eyak / © photo AP

« Unicité de l’espèce, pluralité des langues » [1]

« Alors que l’anglais s’internationalise, la richesse linguistique s’amenuise. En effet, d’après certaines prédictions, 90% des langues parlées cesseraient d’exister d’ici 90 ans[2]. Sommes-nous en train de vivre un retour à l' »anté-babel »? La diversité des langues qui est perçue dans la Bible comme un châtiment, peut être ressentie, comme une barrière entre les hommes, une entrave à une commune communication. Si bien que cet appauvrissement annoncé ne semble pas nous apitoyer outre mesure. Mis à part quelques marginaux, qui peut honnêtement considérer grave ce phénomène ? La mondialisation de la langue de Shakespeare ou de Bill Gates est non seulement un fait indiscutable mais un bienfait pour les échanges entre les hommes quelque soit leur origine. En effet, si une langue meure c’est tout simplement parce qu’elle n’est plus parlée, et si l’anglais progresse doit-on envisager, pour autant, cette progression comme la fossoyeuse des langues minoritaires.  Si de nombreuses langues sont appelées à se taire, la diffusion de l’anglais apparaît bel et bien salutaire, ceci semblant répondre à l’éternel désir d’une langue universelle.

Cependant, cette passivité généralisée n’est-elle pas dommageable pour l’ensemble de l’humanité ? Devons-nous assister à la mort de la plupart des langues sans réagir. Cet appauvrissement n’est-elle pas celle de l’humanité elle-même ? Lorsqu’une espèce animale est menacée, publicité est faite et stratégies sont dessinées. Il est de bon ton aujourd’hui de verser dans l’écologie et de crier gare à la catastrophe généralisée. C’est ainsi que le rhinocéros blanc ou le panda devient le symbole de la richesse naturelle qu’il nous faut préserver à tout prix. Sans vouloir remettre en question le bien-fondé et les bons sentiments des luttes écologiques pourquoi le Toroto,  le Chipaya ou le Bikya ne deviendraient-ils pas le symbole de la richesse culturelle ?

Selon notre linguiste national Claude Hagège, « si l’on ne prend pas garde à la progression de l’anglais, il pourrait bien tuer la plupart des autres langues. » Or, chaque langue est précieuse et la pluralité des langues fait la richesse culturelle de l’humanité, celle-ci n’ayant vraisemblablement jamais connue une langue unique. De même que la langue universelle est la solution à un faux problème, une langue unique originelle est de l’ordre du mythe, l’homme n’étant pas fait pour cette unicité, certes imaginée et espérée, mais impossible sans détruire la diversité culturelle. « Et la chair se fit verbe. Contrairement à l’idée courante, il est très probable que l’immense diversité des idiomes aujourd’hui attestés ne se ramène pas à une langue originelle unique pour toute l’humanité. S’il y a unicité, c’est celle de la faculté de langage propres aux hominiens, et non celle de la langue elle-même. » [3]

Hervé Moine

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Notes :

[1] « Unicité de l’espèce, pluralité des langues » est le titre du chapitre 1 du célèbre ouvrage de Claude Hagège, l’homme de parole.

[2] Voir ci-dessous l’article « Et si les langues disparaissaient » paru sur slate.fr, rédigé à partir d’un article de la BBC auquel on pourra se référer.

[3 ] Claude Hagège, L’homme de paroles, Contribution linguistique aux sciences humaines, 1985, chez Fayard, Folio Essais, p. 15

A propos de Marie Smith Jones :

Marie Smith Jones (1918-2008), chef de la nation Eyak, en Alaska, était le dernier locuteur de la langue eyak. « Elle avait participé, entre 2000 et 2005, à l’élaboration du « Eyak Language Project », projet visant à créer un mode d’apprentissage de la langue eyak accessible à tous. Elle travailla avec le linguiste Michael Krauss qui créa un dictionnaire et une grammaire de la langue. La dernière personne avec qui elle échangeait en eyak mourut dans les années 90. Après cela, Marie Smith Jones s’investit pour la défense des langues indiennes et la protection de l’environnement. Elle s’exprima deux fois aux Nations unies. » extrait de Wikipédia.

En savoir davantage sur Marie Smith Jones et la langue eyak :

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Halte à la mort des langues

Nous pourrons nous référer au dernier ouvrage de Claude Hagège, Halte à la mort des langues, traitant, comme le titre l’indique, ce phénomène d’extinction qui pèse sur de nombreuses langues. Nous ne manquerons pas également de lire ou de relire sa célèbre « contribution de la linguistique aux sciences humaines » qu’est L’homme de paroles.

Hagège Halte à la mort des langues

Claude Hagège, Halte à la mort des langues, chez Odile Jacob.

«Dans la mythologie hindoue, l’extinction marque la fin du désespoir et de la souffrance. Salutaire, elle fait place à un monde nouveau et meilleur. Je ne suis pas certain que ceux qui parlent des langues menacées envisagent leur extinction comme la promesse d’un monde meilleur.Les linguistes, eux, sont le plus souvent inquiets de la situation actuelle des langues .» Claude Hagège

Chaque année, vingt-cinq langues s’éteignent. Et, avec elles, disparaissent des communautés, des cultures.

Pourquoi autant de langues s’éteignent-elles ?

Comment peut-on expliquer ce processus d’extinction ?

Y a-t-il quelque chose à faire contre ce processus ? Que peut-on faire pour l’enrayer ?

Heureusement, peut-in remarquer, d’autres langues, parfois, naissent ou renaissent.

Toute la question est de savoir si nous parviendrons à conjurer le danger d’uniformisation qui menace l’humanité ?

Halte à la mort des langues de Claude Hagège, qui résonne comme un signal d’alarme, «Ce beau livre se lit aussi comme une longue méditation poétique inspirée par l’amour des langues. » Le Monde.

Homme de parole

Claude Hagège, L’homme de paroles, Contribution linguistique aux sciences humaines, chez Fayard, Folio/Essais.

« Cet ouvrage offre, sur le rapport entre l’homme et le langage à travers la diversité des langues humaines, une synthèse théorique nouvelles.

La première partie expose l’état présent de certaines des recherches principales sur le langage : unicité de la faculté de parler et pourtant diversité originelle des langues ; importance des créoles comme laboratoires naturels de naissance d’une langue ; enseignements qu’apporte la recherche des universaux linguistique ; intérêt historique et actuel de la relation entre l’écriture et l’oralité dans l’histoire.

La deuxième partie propose une visée anthropologique : elle étudie le signe linguistique, lieu des pressions contraire de l’expressif et de l’arbitraire, puis les rapport entre la langue d’une part, le réel, la logique d’autre part et le problème de l’ordre des mots comme distinct de l’ordre du monde, enfin l’utilisation de la parole à des fins de domination.

La troisième partie définit une théorie descriptive des langues qui fait sa place à la relation entre les participants du dialogue et à la production de sens, ainsi qu’à la variation.

Le tout s’achève sur un hymne aux langues, ces objets chatoyants d’une passion sans fin. » Fayard, Folio/Essais

L’homme de parole a reçu le prix de l’Académie française, 1986 ainsi que le prix de la Société des Gens de Lettres, 1986

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Slate.fr

Et si les langues disparaissaient ?

LU SUR LA BBC

Slate.fr [1]

Sunday, 18 October 2009

7000 langues sont aujourd’hui parlées dans le monde, mais ce nombre pourrait bien se réduire rapidement et considérablement, dans les décennies à venir [2].

En 1992, un linguiste américain prédit que d’ici l’année 2100, 90% des langues parlées cesseraient d’exister, rapporte la BBC. Mais le sujet ne fait pas encore réagir, et demeure à la marge, selon le linguiste français Claude Hagège, qui prévient de ce que «si l’on ne prend pas garde à la progression de l’anglais, il pourrait bien tuer la plupart des autres langues»

Selon l’association américaine Ethnologue, 473 langues sont actuellement considérées comme en danger. Le Lipan Apache n’est plus parlé, par exemple, que par deux individus vivant aux Etats-Unis; le Totoro compte quatre locuteurs en Colombie et le Bikya n’en aurait plus qu’un seul, au Cameroun.

Claude Hagège souligne qu’avec la disparition d’une langue, c’est tout un système qui disparaît. Pas seulement des mots, mais «la façon dont une communauté exprime son humour, son amour, sa vie. C’est le témoignage de communautés humaines, extrêmement précieux».

Le philosophe Gaston Bachelard explique que la langue maternelle, celle de l’éducation, conditionne notre perception du monde. Une langue, par la richesse, la pauvreté, les nuances de ses signes, découpe le monde d’une façon ou d’une autre. Apprendre une autre langue, c’est apprendre à découper le monde autrement. Ainsi, certaines langues ont des nuances de couleurs innombrables : dès lors, il est possible de percevoir le monde de façon plus nuancée. Les bretons n’ont qu’un mot pour le bleu et le vert. Les Inuits ont 17 mots pour la neige. Les rapports sociaux peuvent aussi être transformés. Dans certaines cultures, le «je» n’existe pas, on n’existe alors que dans le rapport aux autres, on se définit comme étant le fils de quelqu’un, le frère, la femme.

A travers une langue, une communauté atteste de sa différence, et de sa variété. Dans son petit opuscule Race et Histoire, l’ethnologue et philosophe Claude Lévi-Strauss [3] expliquait ainsi que le progrès n’est possible, dans l’humanité, que grâce à l’échange de différentes valeurs et de différents talents des communautés. C’est du cumul de ces différences que naît le progrès. Les langues marquent ces différences.

Paul Lewis, de l’association Ethnologue, interviewé par la BBC, la culture et la langue d’une communauté sont si étroitement liés, que si une communauté commence à penser sa langue comme inutile, elle peut se sentir inutile elle-même. Et sombrer dans la dépression, ce qui conduit alors à une rupture du lien social, à des taux de suicide, de consommation de drogue, de dépression élevés, et à des problèmes de transmissions.

Jusqu’à mars dernier, à la Fondation Cartier, à Paris, le photographe Raymond Depardon [4]présentait un petit film d’une demie-heure [5] présentant des populations de toute la planète parlant des langues en voie de disparition [4]. Qu’il s’agisse de l’occitan ou de langues plus exotiques comme le chipaya de Bolivie, toutes les personnes filmées disaient leur douleur et leur angoisse à voir leur langue et donc leur culture, en voie de disparition.

[Lire l’article complet sur la BBC [2]]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d’actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de Une: capture d’écran du film de R. Depardon, Terre natale


Source URL: http://www.slate.fr/story/11803/et-si-les-langues-disparaissaientLinks:
[1] http://www.slate.fr/source/slatefr
[2] http://news.bbc.co.uk/today/hi/today/newsid_8311000/8311069.stm
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Lévi-Strauss
[4] http://www.evene.fr/culture/agenda/raymond-depardon-paul-virilio-26165.php
[5] http://www.dailymotion.com/video/x84d38_terre-natale-fondation-cartier_creation

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Conférence à la MSH de Lorraine : « Pour une anthropologie historique des savoirs »

Posted by Hervé Moine sur 14 octobre 2009

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Mercredi 25 Novembre 2009

Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine

“Pour une anthropologie historique des savoirs: acteurs, pratiques, traditions”

par Christian JACOB

Laboratoire d’Histoire des Sciences
et de Philosophie
Archives Henri Poincaré

UMR 7117 CNRS / Nancy-Université

cnrs Nancy 2__________________________________________

Est-il possible de constituer en un champ d’études unifié la diversité des savoirs humains (scientifiques, humanistes, pratiques, spirituels) ?

Quel peut être l’apport d’une anthropologie historique qui ne placerait pas les contenus au centre de l’enquête, mais s’attacherait aux gestes et aux opérations, aux acteurs individuels ou collectifs, aux dynamiques de circulation et de transmission ?

On s’efforcera de dégager quelques enjeux théoriques et méthodologiques d’une telle perspective de recherche interdisciplinaire, qui inspire le projet éditorial des Lieux de savoir, en cours de publication aux éditions Albin Michel.

Cette conférence est organisée par les Archives Henri Poincaré, le Département de Philosophie de l’Université Nancy 2, par le Colloque permanent transfrontalier Nancy-Saarbrücken et MSH Lorraine

Elle aura lieu le mercredi 25 novembre 2009 dans la Salle Internationale de la Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine (91 avenue de la Libération, Nancy, 3e étage, salle 324). L’intervenant sera Mr. Christian JACOB et chercheur au CNRS et directeur d’études à L’EHESS (École des hautes études en sciences sociales).

msh lorraine

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Colloque : « L’homme et l’animal » organisé par la Société Française de Philosophie

Posted by Hervé Moine sur 3 octobre 2009

société française de philosophie

La Société française de philosophie

organise un colloque

« L’homme et l’animal »

Mercredi 14 octobre 2009

à l’Ecole Normale Supérieure

45 rue d’Ulm, 75005 Paris, Salle Dussane

  • Exposés : Georges Chapouthier, Florence Burgat, Jean-Yves Goffi, Elisabeth de Fontenay
  • Table ronde : Thierry Gontier, Jean-Luc Guichet, Francis Wolff, Lakshmi Kapani, François Frimat.

société française de philosophie2

La Société française de philosophie

La Société française de philosophie est une société savante très ancienne (fondée en 1901 sur l’initiative de Xavier Léon et André Lalande). Elle a pour objet de réunir les travaux philosophiques en créant un centre de communication et d’information, de travailler au rapprochement des savants et des philosophes, d’instituer des discussions pour préciser le sens et la position des différents problèmes, de critiquer et de déterminer le langage philosophique, de s’occuper des questions relatives à l’enseignement, de préparer l’organisation de congrès.
Ses conférences ont vu passer la plupart des grands philosophes et scientifiques du XXe siècle – Bergson, Husserl, Einstein, Langevin, Poincaré, Sartre, Foucault, Lacan, Derrida.

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