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De la cuisine gastronomique à la bombe atomique : La main ou l’intelligence de l’homme ?

Posted by Hervé Moine sur 15 octobre 2011

Le grand chef Guy Savoy, 3 étoiles au guide Michelin cite Anaxagore

Anaxagore Vème s av. JC : "l'homme est intelligent parce qu'il a une main"

Effectuant des recherches sur la possible fabrication de la bombe atomique iranienne, je parcourais l’espace Débattre du Point, et je fus interpellé par un titre : Guy Savoy : « C’est la main qui fait l’homme », titre accrocheur pour moi ayant donné à mes élèves, il y a quelques temps, le sujet de dissertation philosophique suivant : « l’homme est-il le plus intelligent parce qu’il a des mains ou bien est-ce parce qu’il a des mains qu’il est le plus intelligent ? »

C’est cela surfer sur le net. A l’origine, on part d’une recherche bien précise, et, au final, l’attention accrochée à de multiples reprises amène à parcourir toute sorte de chemins tant et si bien que l’on se retrouve bien éloigné du but au départ fixé. En apparence seulement !

Dans cet article du Point, où le grand chef cuisinier, grand sage également qui revient sur les raisons qui l’ont attiré dans à la cuisine affirme en substance qu’être derrière les fourneaux n’est aucunement un bagne et qu’il faut définitivement tordre le cou au préjugé selon lequel les métiers manuels n’ont rien de dégradant.

« Arrêtons de nous faire croire que les métiers manuels n’ont pas la dimension des métiers intellectuels. C’est une douce hérésie. Comme si les cols blancs dominaient de la tête… et des épaules les cols bleus. » dit Guy Savoy et de citer et d’approuver Anaxagore : « L’homme est intelligent parce qu’il a une main ».

Mais le philosophe grec a eu un détracteur de poids : Aristote.

Relisons un célèbre extrait Des parties des animaux :

"C'est à l'être capable d'acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l'outil de loin le plus utile, la main"

« Anaxagore prétend que c’est parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des animaux. Ce qui est rationnel plutôt, c’est de dire qu’il a des mains parce qu’il est intelligent. En effet, l’être le plus intelligent est celui qui est capable d’utiliser le plus grand nombre d’outils : or la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent que l’homme n’est pas naturellement bien constitué, qu’il est le plus désavantagé des animaux, parce qu’il est sans chaussures, qu’il est nu et n’a pas d’armes pour combattre, sont dans l’erreur. Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense, et il ne leur est pas possible d’en changer. Ils sont forcés, pour ainsi dire, de garder leurs chaussures pour dormir comme pour faire tout le reste, il leur est interdit de déposer l’armure qu’ils ont autour du corps et de changer l’arme qu’ils ont reçue en partage. L’homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours permis d’en changer, et même d’avoir l’arme qu’il veut quand il le veut. Car la main devient griffe, serre, corne, elle devient lance ou épée, ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir. La forme même que la nature a imaginée pour la main est adaptée à cette fonction. Elle est, en effet, divisée en plusieurs parties. Et le fait que ces parties peuvent s’écarter implique aussi pour elles la faculté de se réunir, tandis que la réciproque n’est pas vraie. Il est possible de s’en servir comme d’un organe unique, double ou multiple. »

Aristote, Des parties des animaux

Alors qu’en est-il exactement ?

L’intelligence humaine est certainement fabricatrice et créatrice pour reprendre la pensée bergsonienne de l’homo faber. Impossible de penser la main de l’homme sans l’intelligence et l’intelligence humaine sans la main ou la capacité de fabriquer. Autrement dit la main est bien davantage qu’un simple organe naturelle et l’intelligence humaine n’est pas qu’une entité immatérielle. Et quoiqu’il en soit c’est bien à la fois avec son intelligence et avec ses mains que l’homme est capable de fabriquer des armes de destruction massives, par exemple la bombe atomique. Pour ma part, je préfèrerais goûter les créations de Guy Savoy.

Hervé Moine

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Reprise des activités de l’Atelier Simondon : « Culture et Invention »

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Reprise des Activités de l’Atelier Simondon

Programme 2011/2012

L’Atelier Simondon est heureux de vous annoncer le redémarrage de ses activités.

Le cycle de séminaires de cette année, toujours organisé en partenariat avec la MSH Paris-Nord, sera intitulé « Culture et Invention« . Il s’agira ainsi de prolonger Simondon sur le terrain socio-politique, mais sans délaisser non plus les dimensions épistémologique et esthétique de la notion d’invention, ici mise en jeu comme centre d’une nouvelle culture et préférentiellement à la notion d' »innovation » – mot d’ordre dont il faudra montrer le contenu technocratique illusionnant. Dans cette perspective on proposera plusieurs confrontations de la pensée simondonienne à celles d’autres philosophes.

En voici une présentation et le programme des dix séances.

Présentation du programme de l’atelier

« Le devenir-technique de la culture est-il ce qui peut nous faire passer de la « culture du travail » à une « culture de l’invention » ? Et si oui, selon quelles modalités? Telles sont les deux questions, de type socio-politique, que ce nouveau séminaire entend prioritairement traiter, en prolongeant pour cela les pistes tracées par Simondon dans « Du mode d’existence des objets techniques » (1958) mais aussi dans le Cours de 1965-66 intitulé « Imagination et invention ». L’ère de l’information qu’anticipait Simondon est aujourd’hui devenue l’ère des réseaux numériques : la technique peut y entretenir une nouvelle relation à l’homme favorisant ce que Simondon appelait la « transindividualité ». Mais cela ne pourra se faire qu’en renonçant à une certaine « culture du travail », qui rendait impossible la compréhension de la nature profonde de la réalité technique : la transindividualité, dont l’invention technique fournit le « support », s’oppose en effet à l' »inter-individualité » mise en œuvre par les relations du travail dominées par l’organisation productiviste. C’est déjà ce qu’annonçait la très longue « Note complémentaire » à « L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information » (ILFI, 2005) ».

  • 27 septembre 2011 : Vincent Bontems : « L’éthique des techniques chez Simondon et Gonseth« 
  • 11 octobre 2011 : Jean-Hugues Barthélémy : « Les anti-substantialismes de Bachelard, Merleau-Ponty et Simondon« 
  • 8 novembre 2011 : Christian de Ronde : « Potentiality in Quantum Mechanics : a Simondonian Interpretation« 
  • 6 décembre 2011 : Bernard Stiegler : « L’invention et la bêtise. Simondon ou l’oubli de Derrida lisant Deleuze« 
  • 17 janvier 2012 : Gilles Hiéronimus : « L’imagination du mouvement chez Bachelard et Simondon« 
  • 7 février 2012 : Sarah Margairaz et Julien Rabachou : « La puissance et le préindividuel : Simondon et Aristote« 
  • 6 mars 2012 : André Tosel : « Simondon et Marx : technique et politique » (journée d’étude avec la participation probable d’Andrea Bardin, Jean-Hugues Barthélémy, Vincent Bontems, Giovanni Carrozzini, et Andrea Cavazzini)
  • 3 avril 2012 : Sacha Loeve : « Figures de la technique dans l’oeuvre de Simondon« 
  • 15 mai 2012 : Baptiste Morizot et Brice Poreau : « L’individuation biologique. Simondon, Lamarck et Darwin« 
  • 5 juin 2012 : Arne de Boever : « Simondon et Baudrillard« 

Les séances auront lieu de 18h à 20h30, pour la plupart, en Salle des Actes, au 45, rue d’Ulm.

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La Poétique d’Aristote, l’occasion d’une table ronde autour de la nouvelle traduction

Posted by Hervé Moine sur 10 avril 2011

L’aventure « Poétique »

Table ronde autour de la traduction Dupont-Roc et Lallot

de La Poétique d’Aristote

29 avril 2011 – École normale supérieure

45, rue d’Ulm – 75005 Paris

Salle W, 16h-19h

« On n’exagérerait pas beaucoup en disant que l’histoire de la poétique coïncide, dans ses grandes lignes, avec l’histoire de la Poétique », écrivait Tzvetan Todorov préfaçant Aristote. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou penser, la poétique n’est pas un « moment » de l’histoire des idées qui aurait duré vingt ans en France ; c’est une manière de parler de la littérature, forte de deux millénaires d’existence, et qui n’a cessé d’interroger et d’infléchir l’héritage de celui qui l’a portée sur les fonts baptismaux.

Il y a quarante ans étaient fondées la revue et la collection « Poétique » ; il y a trente ans paraissaient dans cette même collection la traduction et le commentaire du traité d’Aristote par Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, ouvrage qui a fait date pour toute une génération et qui reste une référence pour les théoriciens de la littérature, les hellénistes et les philosophes. Une réflexion sur le passé, le présent et (surtout) l’avenir de la poétique ne saurait trouver meilleure occasion. Conçue comme une discussion à partir de passages et de termes clefs (mimèsis, muthos, historia, catharsis…), à laquelle le public sera invité à prendre part, cette table ronde sera tout à la fois une contribution à la philologie aristotélicienne et à l’histoire de la théorie littéraire, mais aussi une réflexion sur ce que signifie pour nous le mot « poétique » et sur les manières dont, aujourd’hui, on s’intéresse aux catégories formelles et génériques qui transcendent les oeuvres littéraires singulières.

Les actes de cette table ronde paraîtront dans un numéro de la revue en ligne Fabula-LHT (http://www.fabula.org/lht) intitulé « L’aventure « Poétique » ».

La table ronde réunira autour des deux traducteurs, Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, et de leur éditeur, Tzvetan Todorov, des chercheurs en littérature générale et comparée, Bérenger Boulay, Yves Chevrel et Françoise Graziani, ainsi que des hellénistes spécialistes d’Aristote, Pierre Destrée et Claudio Veloso.

Cette table ronde organisée par Bérenger Boulay, Frédérique Fleck et Florian Pennanech et avec le soutien du Département des Sciences de l’Antiquité de l’ENS et de l’Équipe « Recherches sur la pluralité esthétique » EA 1575 (Université Paris 8).

 

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Peut-on être courageux mais injuste ? Sage mais intempérant ? Juste mais ignorant ?

Posted by Hervé Moine sur 26 février 2011

Colloque international à Bruxelles

Unité et origine des vertus dans la philosophie de l’Antiquité

Les 24 et 25 mars 2011

Peut-on être courageux mais injuste ? Sage mais intempérant ? Juste mais ignorant ? A ces questions, Socrate le premier répondit que c’était impossible. Le plongeur amateur qui se jette tête en avant dans un puits sans savoir ce qu’il fait n’est pas courageux. Seulement téméraire et stupide. Savoir. Tout est là. Mais comment savoir quand il n’y a personne pour vous instruire, seulement des charlatans ou des inspirés qui ne savent pas ce qu’ils disent, même quand il leur prend de dire vrai ? S’il n’y a personne pour enseigner la vertu, comment pourrait-elle être un savoir ? Socrate se gratte la tête et nous avec lui. Socrate n’est pas, cependant, à un paradoxe près et ce sont ses paradoxes qui vont nourrir des générations successives de philosophes, depuis Platon et Aristote jusqu’aux stoïciens et aux platoniciens tardifs. Les versions de l’unité des vertus vont ainsi se multiplier, certains assurant qu’il n’y a qu’une vertu, dont seul le nom peut changer, d’autres que les vertus sont multiples et possèdent des qualités différentes, mais n’en restent pas moins mutuellement inséparables. Quant à l’aporie sur l’origine des vertus (instruction ? inspiration divine ? nature ?), elle ne cessera de provoquer l’interrogation des philosophes, notamment à propos des prérequis nécessaires à l’émergence des vertus (éducation, bonne nature, appropriation à soi, etc.). Le présent colloque a pour but de se pencher sur l’histoire de ces questions et de faire ainsi revivre l’un des plus célèbres paradoxes de Socrate qui, aujourd’hui comme hier, ne cesse d’interpeler.

Ce colloque international est organisé par le Groupe de philosophie ancienne du Centre de Philosophie (PHI) de l’Université Libre de Bruxelles, ULB, avec le concours du Fonds National de la Recherche Scientifique (FRS-FNRS), de la Faculté de Philosophie et lettres de l’Université libre de Bruxelles, du Centre de Philosophie (PHI) de l’Université libre de Bruxelles et de l’École doctorale en philosophie près le FNRS (ED 1). Il portera sur le thème suivant : « Unité et origine des vertus dans la philosophie de l’Antiquité ». De nombreuses interventions sont au programme :

Jeudi 24 mars 2011

  • M.-A. Gavray (FNRS, ULg) : « L’unité des vertus dans le Protagoras de Platon » ;
  • D. N. Sedley (University of Cambridge) : « Unity of the virtues in Plato’s Phaedo and Republic » ;
  • A. Giavatto (Université de Nantes) : « L’unité des vertus dans le Politique de Platon » ;
  • D. Lefebvre (Paris IV Sorbonne) : « Les vertus, ni par nature, ni contre nature: Aristote et Alexandre » ;
  • S. Delcomminette (ULB) : « Unité des vertus et unité du bien chez Aristote » ;
  • B. Collette-Ducic (Université Laval) : « L’unité des vertus chez Zénon de Citium et son interprétation chrysippéenne ».

Vendredi 25 mars 2011

  • J.-B. Gourinat (CNRS, Centre Léon Robin) : « Hétérodoxies stoïciennes sur l’unité des vertus : Ariston, Apollophane, Hécaton, Panétius, Posidonius» ;
  • G. Boys-Stones (Durham University) : « Unity and unification : Platonic Oikeiosis »
  • A. Schniewind (UNIL) : « Plotin et les émotions nobles : un accès privilégié par les vertus supérieures »
  • D. Cohen (FNRS, ULB) : « L’unité des vertus dans le Néoplatonisme tardif »
  • O. Gilon (ULB) : « Vertus cardinales et théologales chez saint Augustin»
  • M. Dixsaut (Paris IV Sorbonne) : « Conception aristocratique des vertus et vertus aristocratiques : Nietzsche avec Platon »

Informations :

Le colloque est ouvert à tous.

Pour davantage de détail sur le colloque et notamment le programme et ses horaires, vous pouvez consulter  : la brochure et l’affiche du colloque, en version pdf.

Contacts :

Lieu :

Bibliothèque du Centre Interdisciplinaire d’Étude des Religions et de la Laïcité

Avenue F.D. Roosevelt 17, 1050 Bruxelles

 

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Le programme du mois de février 2011 du centre Léon Robin de Paris Sorbonne

Posted by Hervé Moine sur 2 février 2011

Actualités du Centre Robin de Paris Sorbonne

Vendredi 4 février 2011 : Séminaire Travaux en cours

Jean-Louis Labarrière (CNRS, Centre Léon Robin) : « L’homme apolitique dans les Politiques (I, 2) d’Aristote. »

ENS, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris

Salle Beckett

Jeudi 10 février 2011, 14h30-18h30 : Séminaire : l’âme et ses discours

Marie-Hélène Congourdeau (CNRS, Paris) : « L’animation de l’embryon, de l’Antiquité au VIe siècle byzantin. »

Antoine Pietrobelli (Univ. de Reims) : « Une conception médicale de l’âme : le De propriis placitis de Galien. » Université Paris-Sorbonne, Salle des Actes

Vendredi 25 février 2011, 14h00-17h30 : Conférences Léon-Robin : Le Stoïcisme, Politique et cosmopolitisme

Suzanne Husson (Université Paris-IV, Centre Léon Robin) : « Le cosmopolitisme : du Cynisme au Stoïcisme »

Valéry Laurand (Université Bordeaux III, EA SPH – IUF) : « Loi universelle et loi de la cité »

Ecole Normale Supérieure, salle de Conférence, 46, rue d’Ulm, 75005 Paris

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Essais d’épistémologie aristotélicienne

Posted by Hervé Moine sur 11 avril 2010

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne

Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne
Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

ISBN: 978-90-429-2213-6

IV-515 pages; 65 €

http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8634

Les quatorze articles traduits dans ce volume constituent la première présentation d’ensemble d’une œuvre importante dans le domaine de l’histoire de la philosophie ancienne. Ils s’étendent sur plus de vingt ans et portent tous sur ce que l’on pourrait appeler, au sens le plus large du terme, l’épistémologie aristotélicienne», en prenant «épistémologie» en son sens français et non au sens que ce terme a dans le monde universitaire anglophone. Les textes ont été rangés dans un ordre à la fois systématique et pédagogique, et non dans un ordre chronologique, parce que, malgré  d’inévitables changements de détails, les positions adoptées par Robert Bolton sont restées fondamentalement les mêmes. Il est remarquable que, alors que Bolton semblait isolé dans les années 1970-1980, ses thèses soient aujourd’hui au moins mieux comprises et même, sans doute, plus largement partagées.
Le mérite le plus immédiat de l’approche boltonienne d’Aristote, c’est de définir exactement la place de l’épistémologie aristotélicienne. Ce qui fournit un élément important pour en cerner la nature. Ce faisant Bolton applique à l’Aristotélisme lui-même l’un des traits qu’il a cru déceler dans la méthode d’Aristote : d’abord saisir un élément de l’essence de la chose que l’on veut connaître, comme premier pas vers la saisie de cette essence.

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Séminaire : La cosmologie d’Ibn Ruchd

Posted by Hervé Moine sur 15 février 2010

Séminaire du Centre d’Histoire des Sciences

et des Philosophies Arabes et Médiévales

UMR 7219 – CNRS

Université Paris-7 Denis Diderot

EPHE

Université Paris I

Détail de la toile du XIVe siècle, Triunfo de Santo Tomás, de Andrea de Bonaiuto

La cosmologie d’Averroès

le Commentaire moyen au De caelo d’Aristote

  • Séance du vendredi 19 février 2010, 15h-17h par Ahmad Hasnaoui (CNRS-UMR 7219) : L’unicité du monde
  • Salle des séminaires du Centre d’études anciennes

Ecole Normale Supérieure
45 rue d’Ulm, 75005 Paris

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Pour un plaidoyer en faveur d’Aristote…

Posted by Hervé Moine sur 12 novembre 2009

Paul Jorion, « Comment la vérité et la réalité furent inventées »

Jorion vérité réalitéPaul Jorion,

Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009),

dans la Collection « Bibliothèque des Sciences Humaines »,

chez Gallimard, 400p.

ISBN 9782070126002

Cet essai ambitieux se veut une contribution à l’anthropologie des savoirs. Paul Jorion y propose un exercice de décentrement radical par rapport à nos habitudes de pensée. Il montre comment les notions de « vérité » et de « réalité », loin d’aller de soi, sont apparues à des moments précis de l’histoire de la culture occidentale.

La « vérité » est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la « réalité » (objective), dans l’Europe du XVIe siècle. L’une découle de l’autre : à partir du moment où s’impose l’idée d’une vérité, sous l’influence de Platon et d’Aristote, dire la vérité revient à décrire la réalité. Selon Paul Jorion, cette dernière résulte toutefois, sous sa forme moderne, d’un coup de force opéré à la Renaissance par les jeunes-turcs de l’astronomie moderne naissante. Ce coup de force supposait une assimilation de deux univers : le monde tel qu’il est en soi et celui des objets mathématiques. Il en résulta une confusion entre les deux, dont la science contemporaine est l’héritière.

À suivre l’auteur, nous sommes entrés dans l’époque des rendements décroissants de ces « inventions » jadis fructueuses. D’où la nécessité de débarrasser l’entreprise de construction des connaissances du mysticisme mathématique et de réhabiliter la rigueur dans le raisonnement. Celle-ci exige de réassigner au modèle, en particulier mathématique, son statut de représentation au sein de l’esprit humain. L’ouvrage constitue ainsi un plaidoyer en faveur d’un « retour à Aristote », situant l’auteur dans une tradition philosophique où l’on côtoie Hegel et Kojève, mais aussi Wittgenstein.

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Qui est Paul Jorion ?

Paul Jorion est Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a enseigné aux universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique.

Paul Jorion a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Il a publié un ouvrage en anglais relatif aux répercussions pour les marchés boursiers de la faillite de la compagnie Enron : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill : 2003). Il a publié plus récemment, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007), L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (Fayard : 2008) et La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard : 2008).

Paul Jorion est « Visiting Scholar » du Programme Interdépartemental Human Complex Systems de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Pour se procurer Comment la vérité et la réalité furent inventées

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Pour obtenir les autres ouvrages de Paul Jorion

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Etude de texte Aristote à propos du désir et du choix

Posted by Hervé Moine sur 1 février 2009

Term. S, étude de texte à rendre pour le jeudi 19 février 2009

Buste d'Aristote

Buste d'Aristote

« Le choix n’est certainement pas la même chose que le souhait, bien qu’il en soit visiblement fort voisin. Il n’y a pas de choix, en effet, des choses impossibles, et si on prétendait faire porter son choix sur elles on passerait pour insensé ; au contraire, il peut y avoir souhait des choses impossibles, par exemple de l’immortalité. D’autre part, le souhait peut porter sur des choses qu’on ne saurait d’aucune manière mener à bonne fin par soi-même, par exemple faire que tel acteur ou tel athlète remporte la victoire ; au contraire, le choix ne s’exerce jamais sur de pareilles choses, mais seulement sur celles qu’on pense pouvoir produire par ses propres moyens. En outre, le souhait porte plutôt sur la fin, et le choix sur les moyens pour parvenir à la fin : par exemple, nous souhaitons être en bonne santé, mais nous choisissons les moyens qui nous feront être en bonne santé ; nous pouvons dire encore que nous souhaitons d’être heureux, mais il est inexact de dire que nous choisissons de l’être : car, d’une façon générale, le choix porte, selon toute apparence, sur les choses qui dépendent de nous. »

Aristote, Ethique à Nicomaque.

On pourra si, vous le souhaitez, utiliser la fonction commentaire pour travailler le texte ensemble. Ce qui suppose de ne pas s’y prendre au dernier moment.

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